Les maréchaux de Staline, Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri

Les maréchaux de Staline – LOPEZ Jean et OTKHMEZURI Lasha

Staline a nommé 38 maréchaux : cinq en 1935, trois en 1940, huit en 1943-1944 et un (Sokolovski) en 1946. Les auteurs en présentent donc dix-sept, ayant écarté d’une part Staline, Beria et Boulganine, d’autre part les « maréchaux d’arme » (troupes blindées, artillerie, génie, transmissions, aviation). Leur rétablissement en 1935 clôt une période d’antimilitarisme bolchevik qui avait aboli le nom même d’officier au profit des « commandants » – kombrig, komdiv, komkor, komandarm -, surveillés de près par les commissaires politiques, tant est grande chez les communistes la hantise du « généralat » comme disait Robespierre. Le contexte de 1935 explique ce changement : slogan stalinien « Les cadres décident de tout » et double menace, allemande – Hitler vient de rétablir le service militaire obligatoire – et japonaise sur la frontière de l’Amour. Continuer de lire Les maréchaux de Staline – LOPEZ Jean et OTKHMEZURI Lasha

Le phénomène Staline, Vladimir Fedorovski

Le phénomène Staline – FEDOROVSKI Vladimir

Staline « superstar » dans la Russie de Vladimir Poutine ? Il semble bien que oui, selon l’auteur, orfèvre en la matière. Le « Vojd » a inspiré d’excellents biographes — Souvarine, Volkogonov, Montefiore, Radzinski, Jean-Jacques Marie, Khlevniouk — mais V. Fedorovski apporte sur le personnage des révélations et des réflexions stimulantes. Pour Staline, le système est infaillible, l’erreur ne pouvant provenir que des cadres, et le culte marxiste-léniniste engendre son « ennemi intime », l’hérétique déviationniste, comme au temps de l’inquisiteur Bernard Gui et des Cathares – l’auteur cite ici Georges Duby[1]. Après d’intéressants aperçus sur le comportement du despote envers les femmes, Vladimir Fedorovski rappelle qu’il n’a qu’un seul modèle, Ivan IV le Terrible (1530-1584). Continuer de lire Le phénomène Staline – FEDOROVSKI Vladimir

Histoire de l’armée italienne

Histoire de l’armée italienne – Hubert HEYRIÈS

Le professeur Hubert Heyriès qui vient de disparaître prématurément a laissé à la plupart d’entre nous le souvenir d’un professeur à la fois très érudit et très simple. Il fut également très altruiste, car il n’hésitait pas à aider de manière désintéressée les jeunes officiers chercheurs, dont nous étions, sur la masse de connaissances qu’il avait acquises avec le temps sur sa chère armée italienne. Continuer de lire Histoire de l’armée italienne – Hubert HEYRIÈS

Complot a l'Italienne

Complot à l’italienne : la destitution de Mussolini – SANGUEDOLCE Alexandre

Cette tragédie en cinq actes – un heureux choix de l’auteur – relate les événements survenus à Rome le samedi 24 juillet et le dimanche 25 juillet 1943. Le débarquement allié en Sicile (10 juillet) et le bombardement de Rome par l’US Air Force (19 juillet) ont donné des ailes à ceux qui veulent escamoter le fascisme pour sauver l’Italie et le trône de Victor-Emmanuel III : Grandi, Bottai, le maréchal De Bono, Ciano, gendre du Duce… Continuer de lire Complot à l’italienne : la destitution de Mussolini – SANGUEDOLCE Alexandre

Les-epurations-de-l'Armee-francaise

Les épurations de l’armée française, 1940-1966 – BOURACHOT André & ORTHOLAN Henri

Les vicissitudes politiques de la France – une quinzaine de constitutions et de gouvernements provisoires de 1791 à 1958 – se sont traduites par des épurations successives de l’armée. La Convention jacobine a fait guillotiner des généraux suspects de royalisme ou de tiédeur sur le champ de bataille, et la Terreur blanche de 1815-1816 a coûté la vie à deux maréchaux – Ney, fusillé, et Brune, assassiné – ainsi qu’aux généraux La Bédoyère, Chartran, César et Constantin Faucher, Mouton-Duvernet, tous fusillés, et Ramel, assassiné. Le général André Zeller a fait revivre cette période (1814-1823) dans Soldats perdus (1977). Continuer de lire Les épurations de l’armée française, 1940-1966 – BOURACHOT André & ORTHOLAN Henri

Von Rundstedt le maréchal oublié

Von Rundstedtle maréchal oublié – Laurent SCHANG

Cette biographie d’un des maréchaux les moins connus de la Wehrmacht, même si chacun a entendu ou lu au moins une fois son nom lorsqu’il a étudié peu ou prou la Seconde Guerre mondiale, fut une gageure, et on peut avouer que le pari a été globalement très bien tenu. Le maréchal le plus ancien de la Wehrmacht, déjà 65 ans au début de la guerre, fut en fait le prototype et le symbole exemplaire de l’officier d’ancien régime au service du nouveau régime nazi. Continuer de lire Von Rundstedtle maréchal oublié – Laurent SCHANG

Le guide du Paris occupé

Le guide du Paris occupé – Jean-Baptiste ORDAS

Comment dire le choc ressenti en ouvrant ce guide d’un temps révolu, et souvent occulté par les nouvelles générations ? Il m’a renvoyé à celui ressenti lors de l’exposition en 2008 des photos en couleurs d’André Zucca sur les Parisiens sous l’Occupation. Zucca, un « Doisneau » compromis par ses reportages dans Signal, avait admirablement perçu la résilience du peuple de la capitale, dans toute sa diversité, face à l’omniprésence dans ses rues des soldats en vert-de-gris et des « souris grises ». On ressentait l’impression, photo après photo, que les Parisiens ne les « voyaient » même plus, tout en se méfiant bien sûr de leurs réactions. Tout le monde savait qu’un combat clandestin et dangereux contre l’occupant se jouait dans les coulisses d’un décor quotidien d’apparence paisible, mais l’essentiel pour l’immense majorité de la population française, à Paris comme ailleurs, c’était d’éviter de « prendre des coups » et d’assurer sa pitance au milieu de toutes les pénuries… en soutenant au moins moralement la Résistance, et en attendant une libération tant souhaitée. Continuer de lire Le guide du Paris occupé – Jean-Baptiste ORDAS

Ma vie sous le règne de Hitle

Ma vie sous le règne d’Hitler – Günter ALLISCH

Préfacé par le caporal Germain Nault, du régiment de la Chaudière, ce livre raconte les tribulations d’un Berlinois, né à La Charité en 1920, jusqu’en 1945, et l’on y retrouve l’esprit de la célèbre trilogie de Hans Hellmut Kirst, 08/15, où le héros, Asch, réussit à naviguer sans dommage au milieu des « juteux » obtus et des nazis jusqu’au-boutistes. Enfant pauvre, Günter Gallisch vit avec sa mère, abandonnée par son mari, à Wedding-la-Rouge, bastion du KPD où schupos et SA ne s’aventuraient qu’à leurs risques et périls. Sur trente familles de son immeuble, seuls trois hommes avaient un emploi régulier. Apprenti et nageur de haut niveau, il a refusé d’être embrigadé dans la Hitlerjugend. Il raconte La nuit de Cristal (novembre 1938), le saccage et le pillage des boutiques juives, les Juifs emmenés en camion à Oranienburg-Sachsenhausen, la grande synagogue en flammes. Ses voisins, les Schwartz, parvinrent à survivre, cloîtrés chez eux, jusqu’aux bombardements de 1945[1]. Continuer de lire Ma vie sous le règne d’Hitler – Günter ALLISCH

PORTE Rémy, 1940 : vérités et légendes

1940 : vérités et légendes – Rémy Porte

Ce livre de Rémy Porte, que l’on ne présente plus à nos lecteurs, a le mérite de faire le point 80 ans après la plus terrible défaite de nos armées par suite d’une succession d’événements tous plus dramatiques les uns que les autres en moins d’une année. Pour ce faire, l’auteur choisit de répondre à trente questions qui font encore l’objet sinon de controverses, du moins de nombreux jugements et parfois de réflexions sur ce qui a prévalu en si peu de temps à une si terrible défaite. Ainsi, la défaite française était-elle due au retrait prématuré des Britanniques ou bien alors à un complot de nos élites favorables à la victoire nazie plutôt qu’à une France bolchevisée ? Continuer de lire 1940 : vérités et légendes – Rémy Porte

1916-la-bataille-des-cinq-empires

La bataille des cinq empires : 15 mai – 28 septembre 1916 par Benoît Chenu

L’année 1916 aurait pu constituer le tournant de la Grande Guerre, telle est l’opinion de M. Benoît Chenu, étayée par les archives inédites du général de Castelnau… Continuer de lire La bataille des cinq empires : 15 mai – 28 septembre 1916 par Benoît Chenu