la bataille d’Ichi no Tani

Le clan Taira et le conflit de Genpei : la fin d’un régime (4/4)

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À travers nos trois précédents articles de ce dossier, nous avons étudié la manière dont le clan Taira s’était hissé au pouvoir grâce à des conflits armés, l’instauration de systèmes économiques et religieux, ou encore des relations matrimoniales. De cette manière, leur chef, Taira no Kiyomori 平清盛 (1118-1181), a tenté de mettre en place une lignée impériale Taira et de légitimer la place de son clan au sein de la haute aristocratie.

Néanmoins, cette ascension économique, sociale et militaire a provoqué une montée des tensions sur la scène politique de l’archipel. Malgré sa nouvelle omnipotence, le clan Taira s’était fait de nombreux ennemis. En 1180, ces derniers commencèrent à prendre les armes, s’engageant dans ce qui fut nommé, a posteriori, le « conflit de Genpei », genpei no sōran 源平の争乱[1] (1180-1185), qui vit sombrer les Taira et qui engendra la prise de pouvoir de Minamoto no Yoritomo 源頼朝 (1147-1199) et l’ouverture du shôgunat de Kamakura[2]. Cet article examinera donc les principales étapes de ce conflit qui mit fin à l’Antiquité japonaise.

Les principales batailles du conflit de Genpei
Les principales batailles du conflit de Genpei : 1 rivère Uji 宇治川 (1180) ; 2 Ishibashi-yama 石橋山 (1180) ; 3 rivière Fuji 富士川 (1180) ; 4 Nara 奈良 (1180) ; 5 Sunomata 墨俣川 (1181) ; 6 Hannyano (1183) ; 7 Kurikara (1183) ; 8 Shinohara (1183) ; 9 Mizushima (1183) ; 10 Muroyama (1183) ; 11 Uji, Seta et Awazu (1184) ; 12 Ichi no Tani (1184) ; 13 Yashima (1185) ; 14 Dan no Ura (1185). Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

L’ouverture d’un conflit généralisé

Comme nous l’avons indiqué précédemment[3], le clan Minamoto était disséminé sur l’ensemble de l’archipel et n’avait pas de réel meneur jusqu’au début des années 1180. En effet, après le conflit de Heiji 平治の乱 en 1159, nombre d’entre eux furent exilés dans différentes provinces et n’eurent que très peu de contacts durant les deux décennies qui suivirent. Toutefois, à la suite de l’appel du prince Mochihito 以仁王 (1151-1180) au renversement du régime Taira, l’ordre fut donné d’arrêter et d’exécuter les Minamoto ayant reçu l’« édit » du prince[4]. Le vingt-quatrième jour du sixième mois de l’année 1180, Minamoto no Yoritomo décida alors de rassembler les principaux groupes guerriers de son clan sous son aile en leur donnant l’ordre de mobiliser leurs troupes afin d’atteindre et de mettre à bas le régime Taira.

Néanmoins, il apparut à Yoritomo qu’il lui fallait, en premier lieu, attaquer le suppléant du gouverneur de sa province[5], Taira no Kanetaka 平兼隆 (?-1180), afin qu’il ne rassemble pas les guerriers fidèles au clan Taira pour le contrer[6]. Yoritomo prit donc la décision d’effectuer une frappe préventive sur les quartiers de Kanetaka à Yamagi 山木, le dix-septième jour du huitième mois, même s’il ne disposait que d’un nombre très restreint d’hommes. Une partie des troupes ayant été retardée, l’attaque se déroula finalement de nuit et se termina par une victoire totale de Yoritomo sur Kanetaka qui décéda sur le champ de bataille. Cet affrontement fut alors perçu par Kiyomori comme une attaque directe sur la suprématie Taira.

Carte récapitulative de la campagne de Minamoto no Yoritomo en 1180
Carte récapitulative de la campagne de Minamoto no Yoritomo en 1180, les étoiles représentent les affrontements. Comme signalé dans notre article, nous distinguons la « bataille » de la rivière Fuji du fait que Yoritomo n’y était pas contrairement à ce que plusieurs sources affirment. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Le deuxième jour du huitième mois de l’année 1180, Kiyomori ordonna à l’un de ses vassaux, Ooba Kagechika 大庭景親 (?-1180) d’attaquer les quartiers du petit-fils de Minamoto no Yorimasa 源頼政 (1104-1180), Minamoto no Aritsuna 源有綱 (?-1186)[7]. En effet, Kagechika était alors présent à la capitale avec ses troupes afin d’aider à calmer la situation politique troublée depuis le cinquième mois de la même année. Toutefois, mis au courant de l’offensive subie par Kanetaka, il prit le parti d’assaillir Yoritomo[8].

Carte de la bataille d’Ishibashi-yama dans la province de Sagami 相模国,
Carte de la bataille d’Ishibashi-yama dans la province de Sagami 相模国, l’étoile représente l’emplacement des combats, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Ce dernier, apprenant l’approche de Kagechika, décida de l’attirer à Ishibashi-yama 石橋山[9]. Cependant, peu avant la bataille, qui eut lieu durant la nuit du vingt-troisième jour du huitième mois, Kagechika sépara ses troupes en deux groupes : 3000 guerriers attaquant de front Yoritomo et ses 300 hommes, et 300 autres Taira les prenant de revers. Largement inférieurs en nombre, les Minamoto furent massacrés. Yoritomo s’échappa de justesse peu avant l’aube et se réfugia dans la province d’Awa 安房国.

Après cette cuisante défaite, du vingt-neuvième jour du huitième mois au dix-septième jour du neuvième mois de cette même année 1180, Yoritomo parcourut les provinces voisines en se dirigeant vers Kamakura 鎌倉 afin d’obtenir le soutien des différents clans guerriers locaux et de préparer sa révolte contre les Taira[10]. Il rallia plus de 2000 hommes à sa cause. Le septième jour du dixième mois, il arriva à Kamakura où il établit son quartier général[11]. Nous remarquons également que, le vingt-et-unième jour de ce même mois, son frère cadet et grand général, Minamoto no Yoshitsune 源義経 (1159-1189), le rejoignit[12].

Carte récapitulative de la campagne de Minamoto no Yoritomo en 1180
Carte récapitulative de la campagne de Minamoto no Yoritomo en 1180, les étoiles représentent les affrontements. Comme signalé dans notre article, nous distinguons la « bataille » de la rivière Fuji du fait que Yoritomo n’y était pas contrairement à ce que plusieurs sources affirment. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Alors que Yoritomo allait et venait dans l’est du pays, Kiyomori et sa cour envisageaient d’envoyer des troupes pour l’arrêter. Ainsi, le neuvième jour du neuvième mois, se tint une assemblée des hauts dignitaires où il fut décidé de diffuser un ordre impérial demandant la capture et l’exécution de Yoritomo, ainsi que l’envoi de troupes Taira menées par Taira no Koremori 平維盛 (1158-1184)[13] afin de réaliser cette injonction d’expédition punitive[14].

Quittant le quartier général Taira de Rokuhara 六波羅 le vingt-neuvième jour avec quelques milliers de cavaliers[15], Koremori recruta des combattants supplémentaires sur son chemin et atteint la province de Suruga 駿河国 le seizième jour du dixième mois. Or, cette province était alors tenue par le clan des Minamoto de Kai 甲斐源氏 qui étaient anti-Taira[16]. Ceux-ci auraient alors envoyé à Koremori une demande officielle de confrontation entre leurs armées, ce qu’aurait trouvé particulièrement arrogant l’un des généraux du camp Taira, Fujiwara no Tadakiyo 藤原忠清 (?-1185), qui aurait donc fait couper les têtes des messagers des Minamoto de Kai. Les troupes Taira étaient en expédition punitive au nom du gouvernement et les Minamoto de Kai étaient considérés comme des rebelles : Tadakiyo ne se serait pas senti obligé de respecter les coutumes et obligations guerrières dues à un égal[17].

Portrait de Taira no Koremori, Utagawa Yoshitora 歌川芳虎, 1866, Université de Waseda 早稲田大学
Portrait de Taira no Koremori, Utagawa Yoshitora 歌川芳虎, 1866, Université de Waseda 早稲田大学, Wikimedia Commons

Le dix-huitième jour, les troupes de Koremori se seraient installées sur la rive ouest de la rivière Fuji 富士川 en préparation d’un potentiel affrontement avec les Minamoto de Kai le lendemain[18]. Cependant, il semblerait que des centaines d’hommes enrôlés par les Taira sur le chemin aient profité de la nuit pour déserter, voire rejoindre le camp adverse. En soi, cela n’était pas inhabituel, mais les troupes de Koremori en furent particulièrement réduites. L’effectif total n’aurait avoisiné qu’environ 2000 hommes. Or, les Taira avaient estimé les troupes Minamoto à environ 40 000 hommes.

Durant la nuit du vingtième jour, les Minamoto de Kai auraient attaqué en deux endroits les Taira[19]. Ce mouvement de troupes aurait fait peur à de nombreux oiseaux qui se seraient envolés d’un seul coup, prévenant ainsi les troupes Taira de l’attaque imminente et les effrayant à un tel point qu’une grande partie des troupes se serait enfuie. Fujiwara no Tadakiyo aurait alors entrepris de battre en retraite avant même le début des combats, et les autres dirigeants des troupes Taira l’auraient suivi. Les généraux Taira furent de retour à Fukuhara le cinquième jour du onzième mois et durent y affronter l’ire de Kiyomori[20].

Néanmoins, des versions particulièrement différentes de cette « bataille » que nous venons de résumer subsistent également de nos jours. L’Azuma kagami[21] et le Dit des Heike[22] content notamment que cette « bataille » n’opposait pas les Taira aux Minamoto de Kai, mais à Minamoto no Yoritomo. Toutefois, si les troupes de Yoritomo quittèrent Kamakura vers le seizième jour du dixième mois comme l’indique l’Azuma kagami[23], il leur était alors physiquement impossible d’atteindre les rives de la Fuji à temps pour la « bataille » telle qu’elle est narrée dans les deux œuvres[24].

Ainsi, bien qu’attribuée à Yoritomo dans de très nombreux ouvrages d’histoire, et cela même de nos jours[25], ce succès fut très certainement celui des Minamoto de Kai. Cependant, ces deux groupes de guerriers Minamoto, bien que n’appartenant pas à la même branche familiale, étaient alliés par un objectif commun : la chute des Taira. Cette victoire servit les desseins de Yoritomo, qu’il y ait pris part ou non. Elle permit également de rassurer les soutiens du camp Minamoto qu’il était possible de vaincre les Taira, ceux-ci ayant lamentablement fui et étant alors affublés d’une réputation de faibles et de lâches. De ce fait, les Taira subirent une chute drastique de leur autorité à partir de 1181. Nombre de seigneurs se joignirent à Yoritomo, dont plusieurs originellement affiliés au clan Taira.

Par ailleurs, plusieurs nouvelles révoltes éclatèrent sur l’archipel, notamment celle de Minamoto no Yoshinaka 源義仲 (ou Kiso Yoshinaka 木曽義仲, 1154-1184, cousin de Yoritomo) dans la province de Shinano 信濃国 à partir du neuvième mois de l’année 1180, et qui gagna progressivement en importance[26] comme nous le verrons par la suite. Ou encore la prise d’armes des moines de Kumano dans la province de Kii 紀伊国 qui s’étendit jusqu’à la province d’Awa 阿波国 sur l’île de Shikoku 四国[27].

Kiyomori tenta alors de réduire l’antagonisme à l’encontre de son clan, qui grandissait toujours à la cour, en libérant l’empereur retiré Go-Shirakawa 後白河法皇 (1127-1192) de son isolement et en rétablissant l’insei 院政, le « régime de la maison de l’empereur retiré », le dix-huitième jour du douzième mois de l’année 1180[28]. Néanmoins, même si l’empereur retiré retrouvait sa place, il ne recouvrait pas pour autant son pouvoir politique dans son entièreté. Il s’agissait ici d’une question d’apparence. Cette réinstauration permit aux Taira de justifier leurs batailles et leur entreprise contre Yoritomo comme étant effectuées sur ordre de Go-Shirakawa, même si cela n’était pas le cas.

Portrait de l’empereur Go-Shirakawa, Fujiwara no Tamenobu, XIVe siècle, San no maru shōzōkan, Wikimedia Commons

Toutefois, dans la nuit du quatrième au cinquième jour du deuxième mois intercalaire de l’année 1181, Kiyomori, dont la santé ne cessait de décliner, succomba de maladie[29]. Son décès fut perçu comme une punition divine par le camp anti-Taira, mais aussi par de nombreux aristocrates de la cour de manière générale.

À la suite de la mort de son père, Munemori, déjà officiellement à la tête du clan Taira depuis le retrait (et le décès) de son frère aîné, eut enfin véritablement les pleins pouvoirs. En effet, comme nous avons pu le voir tout au long de ce dossier, même une fois entré en religion, Kiyomori conservait officieusement la mainmise sur son clan et sur la politique de la cour.

Dorénavant seul au pouvoir, Munemori prit pour décision de pacifier les environs de la capitale où les anti-Taira commençaient à s’imposer, et son frère cadet Shigehira se vit assigner la place de Munemori à la tête de sa branche des troupes[30]. Il obtint, durant la nuit du dixième jour du troisième mois 1181, l’une des rares victoires du clan Taira sur les Minamoto, en l’occurrence contre l’oncle de Yoritomo, Minamoto no Yukiie 源行家 (?-1186), lors de la bataille de la rivière Sunomata 墨俣川[31], durant laquelle les Taira attirèrent les Minamoto au cœur de leurs troupes avant de les encercler et de les massacrer[32].

Puis, les Taira tournèrent leur attention sur Minamoto no Yoshinaka qui s’appropriait de plus en plus de territoires, notamment dans les provinces d’Echizen 越前国 et de Shinano. Il vainquit des alliés Taira durant le sixième mois de l’année 1181, avant de défaire les forces envoyées par Munemori et menées par Taira no Michimori 平通盛 (1153-1184) lors du neuvième mois de la même année[33]. Néanmoins, une terrible famine s’abattit sur l’archipel en 1182 et ralentit sa progression. Ce désastre humanitaire empêcha également Yoritomo d’attaquer Heian-kyō 平安京[34] comme il semblait vouloir le faire. L’ensemble des belligérants cessa les combats cette année.

Cependant, Yoritomo profita de ce temps d’arrêt pour consolider sa place à Kamakura où il avait fondé, le dix-septième jour du onzième mois de l’année 1180, le samurai dokoro 侍所[35], une institution visant, entre autres, à contrôler administrativement ses vassaux en temps de guerre. Il le mit en place sur l’ensemble du territoire après sa victoire finale.

Ainsi, en 1180 et 1181, le clan Taira subit plusieurs défaites importantes et vit son pouvoir diminuer face aux nombreuses révoltes qui surgirent sur l’ensemble du territoire. La grande famine de 1182 força la totalité des parties à déposer les armes[36]. Toutefois, elle laissa le champ libre à Yoritomo pour créer de nouvelles alliances et consolider son pouvoir, alors que les Taira avaient perdu leur meneur et étaient immobilisés dans le milieu hostile que leur était la cour de Heian-kyō. Les combats reprenant en 1183, la perte totale du pouvoir par les Taira se poursuivit, accentuée par leur départ forcé de la capitale.

La perte de la capitale

L’année 1182 fut donc une période de trêve contrainte par la famine qui sévissait sur l’ensemble du territoire. Néanmoins, il s’agissait également d’une phase de montée des tensions entre les différents camps. Par exemple, après la mort de Kiyomori, une opposition prit place entre Munemori, alors entièrement à la tête du clan Taira, et l’empereur retiré Go-Shirakawa qui essayait de regagner le pouvoir. En outre, Minamoto no Yoshinaka semait la colère au sein même de son clan : son cousin Minamoto no Yoritomo était mécontent de l’accroissement de ce pouvoir militaire qui venait presque lui faire concurrence.

Portrait de Taira no Munemori, Fujiwara no Gōshin 藤原豪信, XIVe siècle, San no maru shōzōkan, Wikimedia Commons

Ainsi, lorsqu’au quatrième mois de l’année 1183, Munemori se sentit suffisamment confiant pour frapper le clan Minamoto et commença à réunir ses troupes, c’est Yoshinaka qu’il estima le plus menaçant et qu’il décida d’attaquer. Les forces armées Taira, menées par Taira no Koremori et composées d’environ 40 000 hommes, partirent de la capitale vers le vingt-troisième jour de ce même mois[37] et entrèrent dans la province de Kaga le deuxième jour du mois suivant[38]. Attaquant des avant-postes de Yoshinaka sur leur chemin, elles arrivèrent le neuvième jour du cinquième mois dans la province d’Ecchū 越中国[39].

L’apprenant, Yoshinaka assaillit et détruisit l’avant-garde Taira composée de 5000 hommes qui faisait halte à Hannyano 般若野. Puis, durant la nuit du onzième jour, alors que le reste des troupes Taira entrait en Ecchū, Yoshinaka sépara ses troupes et celles de son allié, Minamoto no Yukiie, en sept groupes et attaqua les Taira en trois directions[40] au col de Kurikara 倶利伽羅峠, les forçant alors à fuir par le sud en direction de la province de Kaga[41]. La moitié des troupes de Koremori périrent dans la bataille[42].

Carte de la campagne de Minamoto no Yoshinaka
Carte de la campagne de Minamoto no Yoshinaka (flèches noires), les étoiles roses représentent ses batailles principales. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Yoshinaka se tourna alors vers la capitale et les Taira tentèrent de l’arrêter à Shinohara 篠原 le premier jour du sixième mois[43]. En vain, les Minamoto leur infligèrent une nouvelle défaite. Voyant les troupes de Yoshinaka et Yukiie s’approcher lentement de Heian-kyō, Munemori prit la décision de quitter la capitale[44]. Ainsi, le vingt-cinquième jour du septième mois, les Taira incendièrent leurs principales demeures et s’enfuirent vers l’ouest du pays[45], emportant avec eux l’empereur Antoku 安徳天皇 (1178-1185) et les trois regalia[46].

Représentation des Trois trésors sacrés du Japon, soit le sabre Kusanagi (gauche), le miroir de bronze (haut, droite), et le joyau de type magatama (bas, droite). Unclemc, 2010, Wikimedia Commons

Néanmoins, la veille, se doutant du plan de Munemori, l’empereur retiré Go-Shirakawa quitta en secret la ville afin de se réfugier au mont Hiei 比叡山[47], évitant de ce fait que les Taira ne le forcent à venir avec eux. Il rentra cependant à Heian-kyō dès le vingt-septième jour[48]. Nous notons, par ailleurs, que quelques jours auparavant, Yoshinaka s’était allié avec l’Enryaku-ji 延暦寺, l’un des principaux temples présents sur cette montagne[49].

Carte des environs de la capitale de Heian-kyō
Carte des environs de la capitale de Heian-kyō, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Profitant de l’absence des Taira, Yoshinaka et Yukiie entrèrent dans la capitale le vingt-huitième jour[50]. Le premier par le nord, le second par le sud. Ce même jour, les hauts dignitaires se réunirent afin de discuter du lancement d’une expédition punitive contre les Taira et de déterminer si ces derniers seraient pardonnés dans le cas où ils accepteraient de retourner les regalia. Go-Shirakawa prit la décision pour eux : il ordonna de dépêcher les troupes Minamoto contre les Taira. Il confia également la protection de la capitale à Yoshinaka le premier jour du huitième mois de cette année 1183[51].

Une autre assemblée des hauts dignitaires fut tenue le dix-huitième jour, mais cette fois concernant la succession impériale[52]. Antoku ayant été emporté par les Taira, il semblait nécessaire à l’aristocratie de la capitale et à Yoshinaka d’introniser un nouvel empereur, et ce malgré l’absence des regalia. Yoshinaka souhaitait transmettre le rôle d’empereur à l’un des fils du prince Mochihito. Toutefois, Go-Shirakawa reprit son pouvoir de décision sur la succession et imposa le quatrième enfant de Takakura qui devint alors, dès le vingtième jour, l’empereur Go-Toba 後鳥羽天皇 (1180-1239)[53].

Néanmoins, la présence de Yoshinaka et de ses troupes à la capitale devint rapidement un problème pour l’aristocratie, notamment du fait de violences commises par les guerriers dans la ville[54]. Au sein de la cour, naquit un désir de voir arriver les troupes de Yoritomo pour se débarrasser de celles de Yoshinaka. Des rumeurs rapportant une montée à la capitale de Yoritomo se propagèrent et nous pouvons constater leur bonne réception par l’aristocratie dans les premières entrées du neuvième mois de l’année 1183 des notes journalières de Fujiwara no Kanezane[55]. De plus, le dix-neuvième jour de ce même mois, Go-Shirakawa ordonna à Yoshinaka de poursuivre les Taira, certainement dans l’objectif de l’éloigner de la cour[56]. Il partit en direction de la province de Harima 播磨国 dès le lendemain[57].

Durant le dixième mois, Go-Shirakawa œuvra dans le but de faire venir Yoritomo à la capitale[58]. Toutefois, ce dernier ne souhaitait pas abandonner Kamakura sans défense. Il envoya finalement ses frères cadets, Minamoto no Yoshitsune et Minamoto no Noriyori 源範頼 (?-1193). Yoshinaka, ayant été mis au courant des rumeurs de l’arrivée de troupes venant de Kamakura, abandonna la poursuite des Taira et revint subitement à la capitale le quinzième jour du dixième mois intercalaire[59].

Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Minamoto no Tameyoshi 源為義 de la lignée des Minamoto de Kawa.uchi 河内源氏, descendant de l’empereur Seiwa 清和天皇 (850-881
Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Minamoto no Tameyoshi 源為義 de la lignée des Minamoto de Kawa.uchi 河内源氏, descendant de l’empereur Seiwa 清和天皇 (850-881), Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Go-Shirakawa ordonna alors de nouveau à Yoshinaka, mais cette fois-ci également à Yukiie, de traquer les Taira. Yukiie partit de Heian-kyō le huitième jour du onzième mois[60]. Néanmoins, Yoshinaka refusa d’obéir. Les troupes envoyées par Yoritomo n’étant toujours pas proches de la capitale, l’empereur retiré fit appel aux forces monastiques de l’Enryaku-ji et du Mii-dera 三井寺 afin d’éloigner Yoshinaka[61]. Toutefois, ce dernier l’apprit et attaqua en premier Go-Shirakawa au matin du dix-neuvième jour du onzième mois[62]. Il fit prisonnier l’empereur retiré et l’envoya à la résidence du régent, Fujiwara no Motomichi 藤原基通 (1160-1233), séquestrant par la même occasion l’empereur Go-Toba. Il força également Go-Shirakawa à le nommer seitō taishōgun 征東大将軍[63] le quinzième jour du premier mois de l’année 1184[64].

Par la suite, les forces envoyées par Yoritomo, menées par Minamoto no Noriyori et Minamoto no Yoshitsune, prirent la décision d’entrer dans la capitale et d’attaquer Yoshinaka. Pour cela, le vingtième jour de ce même mois, les deux frères se séparèrent en deux groupes et durent passer les forces défensives envoyées par Yoshinaka à Seta 勢多[65] (Noriyori) et à Uji (Yoshitsune)[66].

Carte de l’attaque de Yoshitsune et de Noriyori sur Yoshinaka
Carte de l’attaque de Yoshitsune et de Noriyori sur Yoshinaka, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Ils vainquirent tous deux sans grande difficulté leurs opposants. Yoshitsune, puis Noriyori, entrèrent alors dans la capitale, provoquant la fuite de Yoshinaka et de ses dernières troupes vers la région du Hokuriku 北陸[67]. Néanmoins, rattrapé le lendemain à Awazu 粟津 par les troupes de Yoshitsune, il fut tué d’une flèche[68]. Les troupes envoyées par Yoritomo s’installèrent alors à Heian-kyō.

En parallèle de cette lutte pour l’occupation de la capitale du côté Minamoto, les Taira étaient en fuite dans l’ouest du pays, notamment sur l’île de Kyūshū. Cependant, en dehors du texte épique (qui n’est donc pas une source sur laquelle nous pouvons nous appuyer) le Dit des Heike et de ses multiples variantes, il ne subsiste que très peu de documents nous renseignant sur leurs pérégrinations. Nous savons toutefois qu’ils quittèrent Kyūshū durant le dixième mois de l’année 1183 à cause de l’antipathie qu’ils suscitaient dans la région, et qu’ils passèrent par les provinces de Chikuzen 筑前国, Buzen 豊前国 et Nagato 長門国, avant de s’installer provisoirement sur l’île de Yashima 屋島 dans la province de Sanuki 讃岐国[69].

Apprenant cela, Yoshinaka les attaqua à Mizushima 水島 le premier jour du dixième mois intercalaire de l’année 1183. Cette bataille, navale, fut la première défaite de Yoshinaka et redonna espoir aux Taira de pouvoir un jour rentrer à la capitale en vainqueurs. Ils se dirigèrent alors vers la province de Bizen où, le neuvième jour du onzième mois, ils vainquirent un intendant du bureau de police. Puis, ils atteignirent la province de Harima, continuant dans la direction de la province de Settsu 摂津国 où se trouvait leur ancienne capitale, Fukuhara[70]. Enfin, le vingt-neuvième jour du onzième mois de cette même année 1183, les Taira affrontèrent Minamoto no Yukiie et ses troupes à Muroyama 室山 et furent de nouveaux victorieux[71].

La rumeur d’un potentiel retour des Taira à Heian-kyō se propagea parmi l’aristocratie de la capitale. Toutefois, les Taira firent le choix de s’installer dans leur ancienne ville et d’y établir un camp militaire : Ichi no Tani 一ノ谷.

Les principales batailles du conflit de Genpei
Les principales batailles du conflit de Genpei : 1 Uji (1180) ; 2 Ishibashi-yama (1180) ; 3 rivière Fuji (1180) ; 4 Nara (1180) ; 5 Sunomata (1181) ; 6 Hannyano 般若野 (1183) ; 7 col de Kurikara 俱利伽羅峠 (1183) ; 8 Shinohara 篠原 (1183) ; 9 Mizushima 水島 (1183) ; 10 Muroyama 室山 (1183) ; 11 Uji, Seta 勢田 et Awazu 粟津 (1184) ; 12 Ichi no Tani 一ノ谷 (1184) ; 13 Yashima 屋島 (1185) ; 14 Dan no Ura 壇ノ浦 (1185). Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Ainsi, après la période de famine de 1182, les Taira tentèrent de réprimer la rébellion de Yoshinaka, mais subirent de lourdes défaites qui les forcèrent à partir en exil dans l’ouest de l’archipel. Cependant, la défaite de Yoshinaka face aux troupes de Yoshitsune et Noriyori, ainsi que les victoires Taira sur les troupes envoyées par Go-Shirakawa, permirent aux Taira d’espérer regagner leur place au sein de la scène politique de l’aristocratie de Heian-kyō. Néanmoins, les troupes envoyées par Yoritomo brisèrent cet espoir de retour à la capitale en exterminant la grande majorité du clan Taira.

La défaite finale

Deux jours après l’entrée de Yoshitsune et Noriyori dans la capitale, soit le vingt-deuxième jour du premier mois de l’année 1184, une assemblée des hauts dignitaires fut tenue au palais de l’empereur retiré Go-Shirakawa. Elle avait pour sujet la nécessité de récupérer les trois regalia[72]. Ainsi, le vingt-sixième jour de ce même mois, la cour ordonna à Yoritomo de mener une expédition punitive contre les Taira[73]. Le jour-même, Noriyori et Yoshitsune quittèrent la capitale pour se diriger vers Fukuhara[74]. En effet, des rumeurs concernant un retour des Taira dans cette ville pour l’anniversaire de la mort de Kiyomori circulaient à la cour[75].

Le cinquième jour du deuxième mois, les troupes Minamoto entrèrent dans la province de Settsu. Le camp militaire Taira d’Ichi no Tani était alors entouré par la mer au sud et des montagnes escarpées au nord. Les frères décidèrent de se séparer afin de mener leur attaque par l’est et par l’ouest durant la nuit du septième jour[76]. Noriyori, suivi de 56 000 hommes, prit la route de Saikoku 西国街道 afin d’attaquer le front du camp, soit l’est. Yoshitsune, quant à lui, menait entre 10 000 et 20 000 hommes[77] par la route de Tanba 丹波路 en direction de l’arrière d’Ichi no Tani, soit l’ouest.

Carte de la bataille d’Ichi no Tani
Carte de la bataille d’Ichi no Tani, les étoiles roses représentent les lieux des affrontements. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Apprenant l’arrivée imminente des Minamoto, les Taira organisèrent leurs défenses : à l’est, à Ikuta no Mori 生田の森, Taira no Tomomori et Taira no Shigehira[78] ; à l’ouest, à Shioya 塩屋, Taira no Tadanori ; au nord, du côté des montagnes à Yama no Te 山の手[79], Taira no Michimori ; enfin, sur des bateaux au large du camp, Taira no Munemori, le chef du clan, se chargea lui-même de la protection d’Antoku et des civils. Ce choix de placer l’empereur en mer n’était pas anodin. En effet, les environs du camp étant très montagneux, si les Taira venaient à subir une défaite, une fuite par la mer était la solution la plus sûre.

Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Taira no Tadamori
Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Taira no Tadamori, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

De plus, pour contrecarrer l’arrivée de Yoshitsune, ils postèrent Taira no Sukemori 平資盛 (1161-1185), Taira no Arimori 平有森 (1164-1185) et Taira no Moromori 平師盛 (?-1184) – respectivement les deuxième, quatrième et cinquième fils de Taira no Shigemori – à l’ouest de Mikusa Yama 三草山[80] avec 7000 hommes[81].

Arrivant par l’est de Mikusa Yama, Yoshitsune décida d’attaquer les troupes Taira durant la nuit du cinquième jour du deuxième mois. Il déclencha des feux et fit paniquer les troupes adverses, ce qui lui permit d’obtenir une première victoire aisée. Sukemori et Arimori s’enfuirent vers Yashima par la mer, Moromori retourna à Ichi no Tani[82].

Yoshitsune divisa alors ses troupes en deux groupes. Environ 3000 cavaliers passèrent par la route San.yō 山陽道 afin d’attaquer Ichi no Tani par l’ouest à Shioya, et 7000 autres descendirent le chemin de montage Hiyodorigoe 鵯越 afin de déclencher une attaque surprise sur les Taira à Yama no Te.

Carte de la bataille d’Ichi no Tani
Carte de la bataille d’Ichi no Tani, les étoiles roses représentent les lieux des affrontements. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Toutefois, les sources ne s’accordent pas quant à savoir quel groupe fut mené par Yoshitsune. En effet, l’attaque par la descente de Hiyodorigoe est un épisode très célèbre du Dit des Heike[83], un acte de bravoure extrême attribué à Yoshitsune dans celui-ci, ainsi que dans l’Azuma kagami[84]. Néanmoins, l’entrée du huitième jour du deuxième mois de l’année 1184 des notes journalières de Fujiwara no Kanezane, où est relatée la bataille d’Ichi no Tani, désigne Tada no Yukitsuna comme meneur de l’attaque[85].

L’Azuma kagami et le Dit des Heike ayant été rédigés bien des années après les notes de Kanezane, nous pouvons penser que le témoignage de ce dernier est le plus fiable. Cependant, Kanezane retranscrit dans ses notes journalières des résumés de rapports qui lui ont été faits, mais aussi des rumeurs qu’il a entendues. Il n’était pas présent sur le champ de bataille. Il est donc également possible qu’il s’agisse là d’une erreur de sa part.

la bataille d’Ichi no Tani
Partie droite d’une paire de paravents représentant, d’une part, la bataille d’Ichi no Tani (ce paravent), et d’autre part celle de Yashima (second paravent plus bas) opposant les Minamoto (bannières blanches) aux Taira (bannières rouges). Nous pouvons y retrouver l’épisode de la descente de Hiyodorigoe (en haut au milieu), ou encore observer les bateaux Taira s’échapper (en haut à gauche) vers le second paravent qui représente la bataille de Yashima et que nous présentons plus bas. Il est extrêmement courant de voir ces deux batailles représentées de cette manière. Artiste inconnu, XVIIe siècle, Minneapolis Institute of Art, Wikimedia Commons

Ainsi, les Minamoto attaquèrent simultanément le camp d’Ichi no Tani en trois points[86] et infligèrent rapidement une lourde défaite au clan Taira qui perdit nombre de ses principaux membres[87]. Notons également que Taira no Koremori s’enfuit avant de se donner la mort, et que Taira no Shigehira fut pris vivant[88]. Ce dernier fut emmené à Heian-kyō le neuvième jour du deuxième mois[89] et soumis à la torture le quatorzième jour[90]. Le dixième jour du troisième mois, il fut envoyé, sous la garde de Yoshitsune, à Kamakura où il rencontra Yoritomo le vingt-septième jour[91].

Il fut finalement remis aux moines de Nara, jugé pour les incendies de 1180 et exécuté le vingt-troisième jour du dixième mois de l’année 1185[92]. Les Taira survivants s’enfuirent d’Ichi no Tani vers l’île de Yashima à bord de bateaux[93]. Ils ne furent néanmoins suivis que d’environ 3000 de leurs guerriers.

Cette lourde défaite entraîna chez les Taira une perte totale de leur espoir de reprendre un jour Heian-kyō. En outre, lorsque l’issue de la bataille fut connue, de nombreux clans guerriers, qui avaient auparavant prêté allégeance aux Taira dans l’espoir de profiter de leur influence, cessèrent définitivement de les soutenir[94].

Cependant, il ne s’agissait pas non plus d’une victoire absolue pour Yoshitsune et Noriyori. En effet, ne disposant pas de flotte, ils ne purent stopper la fuite des Taira et manquèrent ainsi de reprendre les trois regalia, objectif principal des Minamoto et de Go-Shirakawa. Par la suite, l’empereur retiré tenta de négocier le retour des insignes impériales avec Munemori, notamment en proposant de retourner vivant l’otage Taira no Shigehira, frère cadet de Munemori, mais ce dernier refusa tout échange[95].

Après cette bataille d’Ichi no Tani, Yoritomo eut pour but principal d’exterminer définitivement les Taira. Le vingt-neuvième jour du quatrième mois de l’année 1184, il ordonna la préparation d’une expédition punitive à leur encontre qui devait se tenir durant le sixième mois[96]. Les alliés des Minamoto entreprirent alors la mise en place d’une flotte militaire dans la mer intérieure de Seto 瀬戸内海 où se trouvait l’île de Yashima qui abritait la plupart des Taira[97]. Néanmoins, les forces Taira étaient majoritaires dans la région et attaquèrent à plusieurs reprises ces alliés de Yoritomo durant les cinquième et sixième mois, ralentissant ainsi les préparatifs.

Le huitième jour du huitième mois de l’année 1184, Noriyori reçut l’ordre de frapper les Taira et quitta Kamakura pour retourner dans l’ouest du pays avec un millier de guerriers[98]. Yoshitsune, quant à lui, résidait à Heian-kyō et était donc plus proche des Taira. Néanmoins, ses bonnes relations avec Go-Shirakawa et la cour aristocratique commençaient à rendre méfiant Yoritomo qui lui préféra Noriyori. Ce dernier arriva à la capitale le vingt-septième jour du huitième mois et partit en direction de Kyūshū le premier jour du mois suivant dans le but d’allier des clans guerriers de cette île à la cause Minamoto et réprimer les soutiens des Taira[99]. Il n’atteignit toutefois pas l’île, interrompu à de multiples reprises par des manques de provisions.

Carte de la campagne de Noriyori
Carte de la campagne de Noriyori, les étoiles représentent la localisation des combats. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Les Taira, quant à eux, répartirent leurs troupes sur deux îles : Yashima et Hikoshima 彦島[100]. La première, afin de garder le contrôle de la mer intérieure de Seto et pour conserver un chemin court vers la capitale s’ils décidaient de la reprendre ; la seconde, pour contrer une potentielle attaque venant de l’île de Kyūshū. Taira no Yukimori tenta également de placer un avant-poste à Kojima 児島 dans la province de Bizen avec 500 guerriers le septième jour du douzième mois de l’année 1184, mais un allié des Minamoto, Sasagi Moritsuna 佐々城盛綱 (1151-?), l’attaqua et le força à prendre la fuite par la mer[101].

Le sixième jour du premier mois de l’année 1185, Yoritomo ordonna de nouveau à Noriyori d’attaquer les Taira en s’appuyant militairement sur les clans guerriers de Kyūshū[102]. Cependant, il fut, une fois encore, immobilisé par un manque de vivres et dut renoncer à son attaque. Il retourna dans la province de Suō 周防国 dès le douzième jour. Il parvint finalement à atteindre Kyūshū le vingt-sixième jour, mais une troisième insuffisance en provisions le força à revenir sur l’île principale dès le quatorzième jour du deuxième mois[103]. Nous notons alors que, le jour précédent, Yoritomo avait expédié à Noriyori un ordre lui demandant d’attaquer les Taira directement à Yashima s’il lui était trop difficile de rallier Kyūshū.

Or, à partir du huitième jour du deuxième mois, Yoshitsune, mis de côté par son frère, tenta de convaincre Go-Shirakawa de l’envoyer attaquer les Taira à Yashima[104]. Initialement, craignant de laisser la capitale sans défense, l’empereur retiré lui refusa cette demande. Toutefois, Yoshitsune parvint rapidement à le convaincre et quitta la capitale le dixième jour[105]. Estimant qu’il était impossible d’attaquer les Taira de front, Yoshitsune décida d’effectuer un détour par la province d’Awa afin de les prendre à revers[106]. Il partit avec environ 500 guerriers sur cinq bateaux en pleine tempête la nuit du seizième jour du deuxième mois et débarqua deux jours plus tard, au matin, à Katsu Ura 桂浦.

Carte de la campagne de Yoshitsune
Carte de la campagne de Yoshitsune, les étoiles représentent la localisation des combats. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Les Taira disposaient d’environ 4000 hommes pour la défense de l’arrière de leur camp[107]. Cependant, 3000 d’entre eux étaient partis attaquer un certain Kōno Michinobu 河野道信 (1156-1222) dans la province d’Iyo 伊予国, laissant le champ libre à Yoshitsune qui avait appris cette information de Kintō Chika.ie 近藤親家 (dates inconnues, XIIe siècle)[108]. En outre, Yoshitsune avait ordonné à une petite partie de ses troupes de mettre le feu à Takamatsu 高松 sur l’île de Honshū, faisant ainsi croire aux Taira que l’attaque viendrait du côté « face » de l’île de Yashima. Cela provoqua une diversion lorsque ses troupes traversèrent l’eau peu profonde séparant Yashima de l’île de Shikoku[109].

Surprises par cette attaque, les troupes Taira furent prises de panique et décidèrent de fuir par bateaux vers Hikoshima[110]. Cet abandon de Yashima signifiait pour eux la perte dramatique du contrôle de la mer intérieure de Seto et de tout espoir de regagner un jour la capitale. Néanmoins, leur volonté première fut de protéger l’empereur Antoku et non de conserver à tout prix leur position.

bataille d’Ichi no Tani
Partie gauche d’une paire de paravents représentant, d’une part, la bataille d’Ichi no Tani (paravent présenté plus haut), et d’autre part celle de Yashima (ce paravent) opposant les Minamoto (bannières blanches) aux Taira (bannières rouges). Artiste inconnu, XVIIe siècle, Minneapolis Institute of Art, Wikimedia Commons

Yoshitsune visa ensuite Hikoshima, dernier bastion Taira, et commença la préparation d’une grande flotte militaire qui dura près d’un mois dans la province de Sanuki[111]. Réunissant 840 navires, les forces navales de Yoshitsune arrivèrent sur la plage d’Ootsu 澳津浜 à Dan no Ura 壇ノ浦 le vingt-troisième jour du troisième mois de l’année 1185, avant de continuer jusqu’à Ta no Ura 田ノ浦[112] le lendemain matin. Ayant prévu l’arrivée des Minamoto, les Taira avaient préalablement envoyé leur flotte de 500 bateaux, dirigée par Taira no Tomomori, à Ta no Ura. Elle y parvint le soir du vingt-troisième jour.

Carte la bataille de Dan no Ura
Carte la bataille de Dan no Ura, l’étoile représente la localisation de l’affrontement, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Les deux camps s’affrontèrent alors durant toute la durée du vingt-quatrième jour. Grâce à leur connaissance maritime de la région, les Taira dominèrent la bataille durant la matinée[113]. Toutefois, les courants marins changèrent de direction vers le milieu de la journée et profitèrent alors à Yoshitsune qui vainquit les Taira.

Ce changement de direction du courant ne fut toutefois pas la seule raison de cette victoire finale de Yoshitsune. En effet, la longue préparation des troupes Minamoto et leur supériorité numérique eurent elles aussi une grande influence sur l’issue de la bataille. De plus, les Taira furent trahis durant les combats par l’un de leurs vassaux, Taguchi no Shigeyoshi 田口成良 (dates inconnues, XIIe siècle), et avaient le moral au plus bas[114]. Il s’agissait pour eux d’une bataille qu’ils étaient certains de perdre dès son commencement.

De très nombreux suicides et tentatives de suicide par noyade eurent lieu au sein du clan Taira à la fin des combats[115]. Taira no Tsunemori 平経盛 (frère de Taira no Kiyomori, 1124-1185), Tomomori, Norimori, Sukemori, Arimori et Yukimori plongèrent et se noyèrent. Tokiko, la veuve de Kiyomori, prit l’empereur Antoku, ainsi que deux des trois regalia (le sabre et le joyau) et sauta aussi à l’eau. Kenreimon.in la suivit. La dame Dainagon no Suke 大納言佐 (ou Fujiwara no Sukeko 藤原輔子, dates inconnues, XIIe siècle), épouse de Taira no Shigehira, tenta, elle aussi, de se noyer, prenant avec elle le troisième Trésor : le miroir. Seules ces deux dernières furent repêchées vivantes par les troupes de Yoshitsune[116].

Des trois regalia, le sabre ne fut pas retrouvé. Munemori et son fils aîné, Taira no Kiyomune 平清宗 (1170-1185) plongèrent ensemble et furent, eux aussi, pris vivants par les Minamoto. Taira no Tokitada et le deuxième fils de Takakura, le prince Morisada, furent emprisonnés sans qu’ils aient essayé de sauter à l’eau.

Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Taira no Tadamori
Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Taira no Tadamori, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

La nouvelle de la défaite Taira parvint à la capitale le troisième jour du quatrième mois et à Kamakura le onzième jour de ce même mois. Un conflit germant depuis quelques mois entre Yoritomo et Yoshitsune, ce dernier décida d’emmener Munemori et Kiyomune à Kamakura[117], probablement dans le but d’apaiser son frère aîné. Selon le Dit des Heike, il aurait également tenté de convaincre Yoritomo d’épargner Munemori à la demande de ce dernier[118]. Mais ce fut en vain : Yoritomo renvoya Yoshitsune et ses prisonniers à Heian-kyō où les deux membres du clan Taira furent exécutés le vingt et unième jour du sixième mois de l’année 1185[119]. Par la suite, la grande majorité des Taira (masculins) survivants furent poursuivis et exterminés.

Néanmoins, bien que représentant la défaite finale des Taira, cette bataille de Dan no Ura ne marqua pas la fin des conflits armés. En effet, durant les années qui suivirent, Yoritomo entreprit l’anéantissement de tous ses rivaux potentiels, à commencer par son frère cadet Yoshitsune et leur oncle Yukiie. Il fut alors nommé seii taishōgun, titre souvent raccourci en « shōgun ». Il tenait entre ses mains les rênes du pouvoir et amorça le bakufu 幕府 (« shôgunat ») et l’époque Kamakura (1185-1333). Ainsi, ce conflit de Genpei vint marquer, non seulement l’annihilation du clan Taira et de son pouvoir politico-militaire, mais aussi le passage de la période d’apogée de la cour impériale et aristocratique, au monde féodal et guerrier du shôgunat.

Conclusion du dossier

Dans cette série de quatre articles, nous avons pu brièvement voir que l’élévation sociale du clan Taira s’est effectuée en plusieurs temps. Issus d’un petit clan provincial, les Taira profitèrent des conflits guerriers des années 1150[120] et du népotisme de certains empereurs retirés afin d’accroître leur fortune et leur autorité, mais aussi pour se constituer une place au sein de la société aristocratique japonaise du XIIe siècle. Grâce à la relation privilégiée existant entre Tadamori, Kiyomori et le régime de l’insei, les membres du clan furent promus plus rapidement que ceux issus d’autres familles, notamment les autres clans guerriers.

De cette relation privilégiée naquit une allégeance de Kiyomori envers l’insei. Cette fidélité lui permit de jouer un rôle extrêmement important dans les deux principaux conflits des années 1150. Les deux partis vainqueurs de ces affrontements furent soutenus par les moyens militaires des Taira, dont l’expansion se fit en parallèle de leurs acquisitions de domaines et de fonctions de gouverneurs de provinces.

Ils adoptèrent alors les usages de la cour pour s’y intégrer et faire progresser leur pouvoir politique, notamment grâce aux relations matrimoniales que Kiyomori noua avec l’insei et les Fujiwara. Une fois au sommet de l’échelle sociale, le chef de clan imposa sa politique et adopta un régime ritualiste afin de légitimer davantage son autorité, mais aussi avec l’objectif de créer une lignée impériale Taira dotée de sa propre capitale, Fukuhara.

Néanmoins, cette politique d’assimilation des usages de la cour impériale ne leur permit pas de s’y intégrer entièrement et provoqua, au contraire, l’irritation de l’aristocratie. La cour ne pouvait qu’à contrecœur accepter en son sein un clan d’origine guerrière. Ainsi, à la fin des années 1170 et au début des années 1180, les « anti-Taira » ne cessèrent de contrecarrer la politique de Kiyomori, allant jusqu’à faire s’effondrer son projet de nouvelle capitale impériale à Fukuhara.

De plus, à l’élévation des voix du parti « anti-Taira », Kiyomori répliqua par la répression et l’isolement forcé de hauts personnages politiques. Nous avons notamment pu observer le cas de la lutte contre l’empereur retiré Go-Shirakawa, avec le complot de Shishi ga Tani en 1177, et sa réponse, le « coup d’État » de 1179.

Après cette prise de pouvoir violente, de nombreuses nouvelles voix « anti-Taira » commencèrent à se faire entendre sur l’ensemble de l’archipel, y compris dans la capitale où le Prince Mochihito lança un appel à la révolte. Plusieurs rébellions émergèrent, mais le despote Kiyomori y répondit par de violentes représailles, aggravant alors la situation et provoquant, entre autres, la dévastation par le feu de Nara et de ses temples.

Toutefois, ces répressions des ennemis politiques du clan Taira menèrent au développement exponentiel de deux rébellions et, ainsi, au conflit de Genpei (1180-1185). En effet, Minamoto no Yoritomo en profita pour rassembler son clan et mener une campagne militaire contre les Taira. L’autre révolte, celle de Minamoto no Yoshinaka, fut d’une telle ampleur qu’elle força les Taira à fuir la capitale en 1183. De fait, la mort de Kiyomori en 1181 et les mauvais choix militaires des Taira en 1183 provoquèrent la perte de Heian-kyō pour le clan qui partit en exil et pérégrina sur l’île de Kyūshū et dans l’ouest du pays.

Les Taira furent alors pourchassés par les Minamoto qui avaient reçu l’ordre de recouvrer les regalia que ces premiers avaient emportés avec eux. Subissant de lourdes défaites entre 1184 et 1185, notamment à Ichi no Tani et Dan no Ura, presque tous les hommes du clan Taira furent exterminés ou mirent fin à leurs jours sur les champs de bataille. Les quelques survivants furent pourchassés et exécutés par les Minamoto.

Ainsi, en utilisant les conflits armés et en reproduisant les schémas politiques des Fujiwara et de l’insei, les Taira parvinrent au sommet du pouvoir. Cependant, cette progression extrêmement rapide et la répression violente de leurs rivaux entraînèrent la chute finale du clan, anéantissant leur place sur la scène politico-guerrière.

Or, avec l’annihilation du clan Taira, nous pouvons observer la fin des systèmes politiques instaurés durant l’époque Heian, mais aussi la fin de la suprématie de la cour impériale. Nous avons, en effet, constaté qu’avec la prise de pouvoir des Taira, un clan guerrier devint omnipotent sur la scène politique. Toutefois, les Taira maintinrent les anciens usages plutôt que d’inventer un nouveau schéma politique. Avec l’ouverture du shôgunat de Yoritomo, c’est l’entièreté de la hiérarchie des castes japonaises qui fut remise en question. En provoquant la prise de pouvoir de Yoritomo, les Taira engendrèrent ce changement de régime et de société. L’âge des guerriers pouvait commencer.

Malgré leur importance de taille, les Taira sont les grands oubliés des livres d’histoire en dehors de l’image réfléchie par les textes épiques, notamment le Dit des Heike. Nous espérons donc que cette série d’articles aura permis, à son niveau, de remettre en perspective la place qu’eut ce clan sur la scène politico-guerrière du Japon antique et médiéval.

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Bibliographie indicative :

Sources primaires :

Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei 吾妻鏡1頼朝の挙兵 (« Le Miroir de l’Est 1 La mobilisation de l’armée de Yoritomo »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2016 (1re éd. 2007), 210 p., compilé et traduit en japonais contemporain par GOMI Fumihiko 五味文彦 et HONGŌ Kazuto 本郷和人

Azuma kagami 2 Heishi metsubō 吾妻鏡2平氏滅亡 (« Le Miroir de l’Est 2 L’anéantissement des Heishi »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2012 (1re éd. 2008), 244 p., compilé et traduit en japonais contemporain par GOMI Fumihiko 五味文彦 et HONGŌ Kazuto 本郷和人

Genpei jōsuiki 源平盛衰記 (« Dit des vicissitudes des Taira et des Minamoto »), Tōkyō, Kokumin bunko kankōkai 国民文庫刊行會, 1910, 1210 p.

Heike monogatari kakuichi bon zen 平家物語 覚一本 全 (Le dit des Heike), Tōkyō, Muzōno shoin 武蔵野書院, 2013, 490 p., annoté par OOTSU Yūichi 大津雄一 et HIRAFUJI Sachi 平藤幸

Hōgen monogatari Heiji monogatari Jōkyūki 保元物語 平治物語 承久記 (« Le Dit de HōgenLe Dit de Heiji, Chronique des troubles de l’ère Jōkyū »), coll. Shin.nihon koten bungaku taikei 新日本古典文学大系 (« Nouvelle collection complète de la littérature classique japonaise »), vol. 43, Tōkyō, Iwanami shoten 岩波書店, 1999 (1re éd. 1992), 614 p., annoté par KUBOTA Jun 久保田淳, KUSAKA Tsutomu 日下力, MASUDA Takashi 益田宗 et TOCHIGI Yoshida 栃木孝惟

Shiryō tsūran – Heihanki 資料通覧・兵範記 (« Coup d’œil sur les sources, notes journalières du chef du département des Affaires militaires Nobunori »), vol. 2, Nihon shiseki hozon kaihen 日本史籍保存会編, Tōkyō, Yūbunsha 友文社, 1915, 346 p.

FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane 藤原(九条)兼実, Kujō kebon gyokuyō 九条家本玉葉 (« Livre des feuilles précieuses du clan de la neuvième avenue »), vol. 7, Tōkyō, Kunaichō shoryōbu 宮内庁書陵部, 2001, 343 p. 

FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane 藤原(九条)兼実, Kujō kebon gyokuyō 九条家本玉葉 (« Livre des feuilles précieuses du clan de la neuvième avenue »), vol. 8, Tōkyō, Kunaichō shoryōbu 宮内庁書陵部, 2002, 302 p.

FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane 藤原(九条)兼実, Kujō kebon gyokuyō 九条家本玉葉 (« Livre des feuilles précieuses du clan de la neuvième avenue »), vol. 9, Tōkyō, Kunaichō shoryōbu 宮内庁書陵部, 2003, 348 p.

FUJIWARA NO Michiie 藤原道家, Gyokuzui 玉蘂 (« Notes journalières de Fujiwara no Michiie »), dans Base1, Tōkyō, National Institute of Japanese Literature, 939 p., [en ligne] http://base1.nijl.ac.jp/iview/Frame.jsp?DB_ID=G0003917KTM&C_CODE=0006-027201 (dernière consultation le 03/08/2022)

JIEN 慈円, Gukanshō 愚管抄 (« Mes vues sur l’Histoire »), Tōkyō, Kōdansha 講談社, 2017 (1re éd. 2012), 445 p., traduit en japonais contemporain et annoté par OOSUMI Kazuo 大隅和夫

NAKAYAMA Tadachika 中山忠親, Sankaiki 山塊記 (« Notes journalières de Nakayama Tadachika »), coll. Zōho shiryō taisei 増補史料大成 (« Grande collection augmentée de documents historiques »), vol. 28, Kyōto, Rinsen shoten 臨川書店, 1989, 356 p.

YOSHIDA Tsunefusa 吉田経房, Kikki 吉記 (« Notes journalières de Yoshida Tsunefusa »), coll. Zōho shiryō taisei 増補史料大成 (« Grande collection augmentée de documents historiques »), vol. 29, Kyōto, Rinsen shoten 臨川書店, 1989, 338 p.

YOSHIDA Tsunefusa 吉田経房, Kikki 吉記 (« Notes journalières de Yoshida Tsunefusa »), coll. Zōho shiryō taisei 増補史料大成 (« Grande collection augmentée de documents historiques »), vol. 30, Kyōto, Rinsen shoten 臨川書店, 1989, 428 p.

Sources secondaires :

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ADOLPHSON Mikael S., The Gates of Power – Monks, Courtiers, and Warriors in Premodern Japan, Honolulu, University of Hawai’i Press, 2000, 456 p.

ADOLPHSON Mikael S., The Teeth and Claws of the Buddha – Monastic Warriors and Sōhei in Japanese History, Honolulu, University of Hawai’i Press, 2007, 232 p.

BRISSET Akiko, À la croisée du texte et de l’image : paysages cryptiques et poèmes cachés (ashide) dans le Japon classique et médiéval, Paris, Collège de France, 2009, 548 p.

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DAUVERGNE Cécile, L’Évolution des pouvoirs politique et poétique du clan Taira durant la seconde moitié du XIIe siècle, mémoire de fin de master LLCER spécialité « Études japonaises » parcours « Recherche » de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris, Inalco, 2018, 253 p.

DAUVERGNE Cécile, « La bataille navale de Dan no Ura : une transition vers la féodalité », dans La Revue d’Histoire Militaire, n°0, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2019, 27 p., pp. 6-7

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DAUVERGNE Cécile, « Le clan Taira et le conflit de Genpei : les premières remises en question du régime Taira (3/4) », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, 28 p., [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2022/09/28/le-clan-taira-et-le-conflit-de-genpei-les-premieres-remises-en-question-du-regime-taira-3-4/ (dernière consultation le 02/10/2022)

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[1] Aussi couramment appelé genpei no ran 源平の乱 et genpei kassen 源平合戦 (aussi lu genpei gassen), expressions pouvant également être traduites en « conflit de Genpei », « troubles de Genpei », ou encore « conflit entre Minamoto et Taira ». La nomination officielle japonaise est toutefois jishō – juei no ran 治承・寿永の乱, « le conflit des ères Jishō [1177-1181] et Juei [1182-1184] », du nom des ères impériales durant lesquelles ce conflit armé eut lieu. Notons que le terme de « guerre » n’est pas couramment employé en japonais pour désigner cette succession d’affrontements.

[2] expli

[3] Voir DAUVERGNE Cécile, « Le clan Taira et le conflit de Genpei : les premières remises en question du régime Taira (3/4) », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, 28 p., [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2022/09/28/le-clan-taira-et-le-conflit-de-genpei-les-premieres-remises-en-question-du-regime-taira-3-4/ (dernière consultation le 02/10/2022)

[4] Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei 吾妻鏡1頼朝の挙兵 (« Le Miroir de l’Est 1 La mobilisation de l’armée de Yoritomo »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2016 (1re éd. 2007), 210 p., pp. 6-7, compilé et traduit en japonais contemporain par GOMI Fumihiko 五味文彦 et HONGŌ Kazuto 本郷和人

[5] Province d’Izu 伊津国 dont le gouverneur était Taira no Tokitada 平時忠 (1128-1189) depuis la mort de Minamoto no Yorimasa 源頼政 (1104-1180) lors de la bataille de la rivière Uji (1180). Voir DAUVERGNE Cécile, « Le clan Taira et le conflit de Genpei : les premières remises en question du régime Taira (3/4) », art. cit.

[6] Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei, op. cit., pp. 13-16

[7] Ibid., pp. 9-10

[8] TAKEMITSU Makoto 武光誠, Jinbutsu de wakaru omoshiro Genpei kassen 人物でわかるオモシロ源平合戦 (« Comprendre l’intéressant conflit de Genpei grâce aux personnages »), Tōkyō, Kadokawa Gakugei Shuppan 角川学芸出版, 2011, 204 p., p. 96

[9] Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei, op. cit., pp. 19-20

[10] TAKEMITSU Makoto, op. cit., p. 96

[11] Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei, op. cit., p. 41

[12] Ibid., p. 49 ; les deux frères étaient exilés dans des provinces différentes et étaient donc séparés depuis le conflit de Heiji (1159).

[13] À cette époque, les troupes Taira étaient divisées en deux branches : l’une dirigée par la lignée du fils aîné de Kiyomori, Taira no Shigemori 平重盛 (1138-1179), reprise par son fils aîné, Koremori, après sa mort et comprenant Taira no Tadanori 平忠度 (1144-1184) et Taira no Tomomori 平知盛 (1152-1185), respectivement frère cadet et quatrième fils de Kiyomori ; l’autre par celle du troisième fils de Kiyomori, Taira no Munemori 平宗盛 (1147-1185).

[14] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane 藤原(九条)兼実, Kujō kebon gyokuyō 九条家本玉葉 (« Livre des feuilles précieuses du clan de la neuvième avenue »), vol. 7, Tōkyō, Kunaichō shoryōbu 宮内庁書陵部, 2001, 343 p., pp. 197-198

[15] UESUGI Kazuhiko 上杉和彦, Genpei no sōran 源平の争乱 (« Le conflit de Genpei »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2007, 272 p., p. 84

[16] TAKEMITSU Makoto, op. cit., p. 110

[17] Ibid., p. 112 ; DAUVERGNE Cécile, « Quand l’historien privilégie la littérature : le mauvais exemple de la « bataille » de la rivière Fuji », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2020, 15 p., [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2020/02/12/quand-historien-privilegie-litterature-mauvais-exemple-bataille-riviere-fuji/ (dernière consultation le 06/08/2022)

[18] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 7, op. cit., pp. 211-212

[19] TAKEMITSU Makoto, op. cit., p. 112

[20] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 7, op. cit., pp. 211-212

[21] Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei, op. cit., pp. 47-48

[22] Heike monogatari kakuichi bon zen 平家物語 覚一本 全 (Le dit des Heike), Tōkyō, Muzōno shoin 武蔵野書院, 2013, 490 p., pp. 183-189, annoté par OOTSU Yūichi 大津雄一 et HIRAFUJI Sachi 平藤幸

[23] Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei, op. cit., p. 47

[24] FUKUDA Toyohiko 福田豊彦 et SEKI Yukihiko 関幸彦, Genpei gassen jiten 源平合戦事典 (« Dictionnaire du conflit de Genpei »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2006, 350 p., p. 9

[25] Par exemple dans ceux de Pierre-François Souyri ou de Stephen Turnbull. Voir DAUVERGNE Cécile, « Quand l’historien privilégie la littérature : le mauvais exemple de la « bataille » de la rivière Fuji », art. cit.

[26] Ibid., p. 216

[27] UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 113-114

[28] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 7, op. cit., p. 233

[29] Ibid., p. 294

[30] TAKEMITSU Makoto, op. cit., p. 136

[31] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 112

[32] Yukiie parvint néanmoins à s’échapper. FUKUDA Toyohiko et SEKI Yukihiko, op. cit., p. 11

[33] Ibid., p. 216

[34] Actuelle ville de Kyōto 京都.

[35] Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei, op. cit., p. 56

[36] TAKEMITSU Makoto, op. cit., pp. 140-141

[37] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane 藤原(九条)兼実, Kujō kebon gyokuyō 九条家本玉葉 (« Livre des feuilles précieuses du clan de la neuvième avenue »), vol. 8, Tōkyō, Kunaichō shoryōbu 宮内庁書陵部, 2002, 302 p., pp. 186-187

[38] TAKEMITSU Makoto, op. cit., pp. 141-142

[39] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 139

[40] Est, ouest et nord.

[41] TAKEMITSU Makoto, op. cit., pp. 143-144

[42] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., p. 187

[43] Ibid., p. 189 ; UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 142-143

[44] Ibid., pp. 148-149

[45] Ils essayèrent notamment de se réfugier dans leurs terres sur l’île de Kyūshū 九州. Toutefois, il y eut une montée du mouvement anti-Taira sur l’île, en particulier dans les temples et parmi les guerriers, ce qui força les Taira à se déplacer régulièrement. Ibid., p. 54

[46] Ensemble d’objets symbolisant le pouvoir royal ou impérial. Ici, il s’agit des « Trois trésors sacrés du Japon », sanshu no jingi 三種の神器, soit le sabre Kusanagi 草薙剣, le miroir de bronze, yata no kagami 八咫鏡, et le joyau de type magatama 八尺瓊勾玉. FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., pp. 197-199

[47] Sis au nord-est de Heian-kyō. L’Enryaku-ji s’y trouve.

[48] Ibid., p. 201

[49] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 145

[50] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., pp. 200-201

[51] UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 150-151

[52] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., pp. 214-215

[53] Ibid., pp. 219-220

[54] Ibid., p. 202

[55] Ibid., pp. 232-234

[56] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 157

[57] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., p. 241

[58] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 159

[59] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., p. 263

[60] Ibid., p. 281

[61] UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 167-168

[62] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., pp. 287-289

[63] Titre quelque peu équivalent à celui de seii taishōgun 征夷大将軍 (« shôgun »), « grand général pacificateur des barbares ».

[64] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane 藤原(九条)兼実, Kujō kebon gyokuyō 九条家本玉葉 (« Livre des feuilles précieuses du clan de la neuvième avenue »), vol. 9, Tōkyō, Kunaichō shoryōbu 宮内庁書陵部, 2003, 348 p., p. 13

[65] Pouvant aussi s’écrire 勢田 ou 瀬田.

[66] Ibid., pp. 14-15

[67] Région du nord du Japon.

[68] Ibid., pp. 15-16

[69] Nous notons que, bien qu’étant de nos jours rattachée à l’île de Shikoku, Yashima était, jusqu’à l’époque Edo, une île en elle-même. UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 162-163

[70] Ibid., p. 166

[71] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 8, op. cit., p. 293

[72] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 9, op. cit., pp. 16-17

[73] Ibid., p. 19

[74] Ibid., p. 21

[75] Azuma kagami 2 Heishi metsubō 吾妻鏡2平氏滅亡 (« Le Miroir de l’Est 2 L’anéantissement des Heishi »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2012 (1re éd. 2008), 244 p., p. 8, compilé et traduit en japonais contemporain par GOMI Fumihiko 五味文彦 et HONGŌ Kazuto 本郷和人

[76] Ibid., pp. 8-9

[77] Vingt mille selon l’Azuma kagami, mais l’historien Uesugi Kazuhiko estima leur nombre à seulement dix milliers. Les estimations des troupes sont généralement incertaines, voire erronées et irréalistes, concernant ce conflit. Ibid., p. 9 ; UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 186

[78] Ibid., pp. 185-186

[79] Où se trouvait le chemin de montagne Hiyodorigoe 鵯越.

[80] Appelé « Tanba jō » 丹波城 dans les notes journalières de Fujiwara no Kanezane. FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 9, op. cit., p. 24

[81] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., pp. 9-10

[82] UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 186-188

[83] Heike monogatari kakuichi bon zen, op. cit., pp. 324-325

[84] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 10

[85] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 9, op. cit., p. 24

[86] À Ikuta no Mori, Shioya et Yama no Te.

[87] Notamment Tadanori, Michimori et Taira no Tsunemasa 平経正 (fils aîné de Tsunemori, ?-1184). Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 11

[88] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 194

[89] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 9, op. cit., p. 25

[90] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 12

[91] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 9, op. cit., p. 35

[92] Ibid., p. 170

[93] Ibid., p. 28

[94] TAKEMITSU Makoto, op. cit., p. 172

[95] Ibid.

[96] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 36

[97] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 206

[98] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., pp. 47-48

[99] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 209

[100] TAKEMITSU Makoto, op. cit., p. 174

[101] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 63

[102] Ibid., pp. 66-72

[103] Ibid., pp. 75-76

[104] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 213

[105] Remarquons le fait que Yoshitsune fit sa demande à Go-Shirakawa et non pas à Yoritomo, ce qui démontre que la relation entre les deux frères commençait déjà à être conflictuelle.

[106] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 77

[107] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 216

[108] L’un des fils du moine Saikō 西光 (ou Fujiwara no Moromitsu 藤原師光, ?-1177). Pour Saikō, voir DAUVERGNE Cécile, « Le clan Taira et le conflit de Genpei : les premières remises en question du régime Taira (3/4) », art. cit.

[109] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 217

[110] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., pp. 78-79

[111] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 222

[112] À environ quatre kilomètres de Hikoshima. Très proche de Dan no Ura.

[113] UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 224

[114] Ibid., p. 225

[115] FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, Kujō kebon gyokuyō, vol. 9, op. cit., pp. 142-143

[116] UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 226-227

[117] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 92

[118] Heike monogatari kakuichi bon zen, op. cit., pp. 419-421

[119] Azuma kagami 2 Heishi metsubō, op. cit., p. 120

[120] Conflit de Hōgen en 1156 et de Heiji en 1159. Voir DAUVERGNE Cécile, « Le clan Taira et le conflit de Genpei : une ascension au pouvoir fulgurante (1/4) », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, 28 p., [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2022/08/31/le-clan-taira-et-le-conflit-de-genpei-une-ascension-au-pouvoir-fulgurante-1-4/ (dernière consultation le 31/08/2022)

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