Photographie du célèbre torii 鳥居 (portail érigé pour, entre autres, indiquer l’entrée d’un sanctuaire shintô) « flottant » (car en partie immergé dans la mer) du sanctuaire d’Itsukushima

Le clan Taira et le conflit de Genpei : la quête d’omnipotence de Kiyomori (2/4)

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Dans notre article précédent, nous nous étions intéressés à la manière dont le clan Taira avait accru sa puissance économique et militaire à travers, entre autres, des relations privilégiées avec l’insei 院政, le « régime de la maison de l’empereur retiré ». Dans ce deuxième article, nous examinerons comment Taira no Kiyomori 平清盛 (1118-1181), chef de son clan, a repris les systèmes politiques et religieux des régimes précédents afin de continuer son ascension vers l’omnipotence et de tenter de mettre en place une lignée impériale Taira.

Portrait de Taira no Kiyomori, Fujiwara no Tamenobu 藤原為信, XIVe siècle, San no maru shōzōkan 三の丸尚蔵館 (« Musée des collections impériales »)
Portrait de Taira no Kiyomori, Fujiwara no Tamenobu 藤原為信, XIVe siècle, San no maru shōzōkan 三の丸尚蔵館 (« Musée des collections impériales »), Wikimedia Commons

Alliances et politiques matrimoniales

Au début des années 1160, Kiyomori était devenu l’un des hommes les plus puissants de la cour impériale, et le clan Taira le clan guerrier le plus respecté. Kiyomori se tourna alors vers l’empereur Nijō 二条天皇 (1143-1165) afin de renforcer, de nouveau, sa position sur la scène sociopolitique. En premier lieu, il nous faut remarquer que l’épouse de Kiyomori, Taira no Tokiko 平時子 (ou Nii no ama 二位尼, « la religieuse de second rang », ?-1185), fut la « nourrice », menoto 乳母, de l’empereur Nijō[1], créant ainsi un lien entre les deux hommes.

Arbres généalogiques de la lignée impériale allant de l’empereur Go-Shirakawa à l’empereur Go-Toba. Le nombre entre parenthèses indique leur ordre de règne. Notons également que cette lignée perdure encore de nos jours, elle est celle ayant régné de manière consécutive le plus longtemps au monde. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022
Arbres généalogiques de la lignée impériale allant de l’empereur Go-Shirakawa à l’empereur Go-Toba. Le nombre entre parenthèses indique leur ordre de règne. Notons également que cette lignée perdure encore de nos jours, elle est celle ayant régné de manière consécutive le plus longtemps au monde. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

De plus, à partir de 1161, Kiyomori prit le parti de l’empereur lorsque son frère, Taira no Norimori 平教盛 (1128-1185), et son beau-frère, Taira no Tokitada 平時忠 (1128-1189), tentèrent de faire nommer prince héritier le futur empereur Takakura 高倉天皇 (1161-1181)[2]. Ce dernier était le neveu de Tokitada, sa nomination en tant que prince héritier aurait renforcé la place du clan Taira. Néanmoins, Kiyomori ne se rangea pas du côté de Norimori et de Tokitada, mais défendit la position de Nijō en tant que prince héritier. Puis, après l’intronisation de Nijō et la naissance de son fils, le futur empereur Rokujō 六条天皇 (1164-1176), Kiyomori soutint, de même, Rokujō afin qu’il soit désigné prince héritier. En raison de cette opposition de Kiyomori, Takakura ne fut pas choisi. La décision de succession impériale, jusqu’alors contrôlée par l’insei, nécessitait désormais l’aval de Kiyomori.

En outre, au début de l’année 1161, Kiyomori obtint la fonction de kebi ishi bettō 検非違使別当, « intendant du bureau de police », ce qui le plaça à la tête des forces de maintien de l’ordre de la cour. Il fut également promu gon chūnagon 権中納言, « second conseiller surnuméraire »[3]. En 1162, il atteint le « deuxième rang inférieur », junii 従二位. Son influence devint telle qu’il n’avait plus la nécessité de continuer à exercer certaines de ses fonctions guerrières. Il quitta donc ses postes d’intendant du bureau de police et d’adjoint de la garde des portes, section de droite.

Pyramide représentant la hiérarchie des rangs accordés aux aristocrates à la cour impériale de l’époque Heian.
Pyramide représentant la hiérarchie des rangs accordés aux aristocrates à la cour impériale de l’époque Heian. Les trois premiers rangs sont séparés en deux échelons : supérieur et inférieur. À partir du quatrième rang, il y a quatre divisions internes : supérieur majeur, supérieur mineur, inférieur majeur et inférieur mineur. Il y avait au total huit rangs, soit vingt-six échelons. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Mais Kiyomori n’arrêta pas pour autant sa quête du pouvoir. Déjà allié avec l’insei de Go-Shirakawa et avec l’empereur Nijō, il chercha à se rapprocher de la branche principale de la maison Fujiwara. Ainsi, en 1164, il consolida sa relation avec elle et renforça sa position en mariant l’une de ses filles, Taira no Moriko 平盛子 (ou Taira no Seishi, 1156-1179), au régent Fujiwara no Motozane 藤原基実 (1143-1166), qui était à la tête de la branche principale de la famille Fujiwara.

Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Taira no Tadamori
Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Taira no Tadamori, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Durant le sixième mois de l’année 1165, Nijō se retira et laissa son titre d’empereur à son fils Rokujō[4]. Cependant, l’empereur nouvellement retiré décéda le mois suivant. Motozane fut alors nommé grand chancelier du jeune empereur et Kiyomori promu gon dainagon 権大納言, « grand conseiller surnuméraire »[5]. Toutefois, Motozane mourut le vingt-sixième jour du septième mois de l’année 1166, coupant la relation existant entre Kiyomori et le jeune empereur, et ainsi sa possibilité de tenir les rênes du pouvoir en prenant des décisions au nom de l’enfant.

Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Fujiwara no Tadamichi
Arbre généalogique non exhaustif des descendants de Fujiwara no Tadamichi, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

En effet, le fils de Motozane, Fujiwara no Motomichi 藤原基通 (1160-1233), était trop jeune pour prendre sa succession, qui fut donc cédée au frère cadet de Motozane, Fujiwara no Motofusa 藤原基房 (1145-1230), avec la position de régent de l’empereur Rokujō.

Craignant un retour en puissance des Fujiwara, Go-Shirakawa chercha du soutien dans le clan Taira afin de renforcer de nouveau son emprise sur le pouvoir. Pour cela, il fit nommer le futur empereur Takakura prince héritier. Comme nous l’avons exposé précédemment, Takakura était proche d’une partie du clan Taira, mais pas de la branche dirigée par Kiyomori. Et, si ce dernier s’était opposé à la nomination de Takakura en tant que prince héritier, cela était dû à sa proximité avec l’empereur Nijō. Celui-ci étant décédé, le conflit d’intérêt porté par cette nomination n’existait plus pour Kiyomori qui soutint alors Takakura.

Une fois ce dernier nommé tōgū 東宮, « prince héritier », Kiyomori reçut en récompense de son soutien la position de tōgū no daibu 東宮大夫, « préfet de la Maison du prince héritier »[6] et, avec lui, de nombreux Taira entrèrent à son service à divers postes. L’épouse de Taira no Shigemori, Fujiwara no Tsuneko 藤原経子 (ou Fujiwara no Keishi, dates inconnues, XIIe siècle) devint, par exemple, la nourrice de Takakura.

Kiyomori, conseillé par Fujiwara no Kunitsuna 藤原邦綱 (1122-1181), tenta alors de prendre le contrôle de la branche principale de la maison Fujiwara en établissant Motomichi à sa tête[7]. En effet, même si Motofusa reçut ce rôle de chef de famille à la mort de son frère aîné, le véritable héritier restait tout de même Motomichi. Les usages voulaient alors que la veuve de Motozane agisse en tant que régente de son fils[8] jusqu’à sa majorité. Cette veuve, Moriko, était l’une des filles de Kiyomori. Ce dernier réussit de cette manière à obtenir l’emprise sur les Fujiwara et, pour affirmer son autorité, il maria sa sixième fille, Taira no Sadako 平寛子[9] (ou Taira no Kanshi, dates inconnues, XIIe siècle), à Motomichi[10].

En 1166, Kiyomori devint naidaijin 内大臣, « tiers ministre »[11], et sa position lui permit de nommer différents membres de son clan, notamment ses fils, à des postes supérieurs[12]. L’élévation de Kiyomori et de la majorité des Taira donna lieu à une ascension de leur lignée sur l’échelle sociale et, ainsi, une intégration dans la société aristocratique de la cour impériale. Cependant, ces nominations furent considérées comme trop rapides et les Taira gardèrent une image de clan de parvenus au cœur d’une société où l’ancienneté de la lignée était extrêmement importante.

Malgré cet antagonisme croissant au sein de la cour, Kiyomori continua son ascension et, le onzième jour du deuxième mois de l’année 1167, il fut nommé « ministre des Affaires suprêmes », daijō daijin 太政大臣 – poste le plus élevé à la cour et jusqu’alors monopolisé par les Fujiwara – et atteignit le « premier rang inférieur », juichii 従一位. Le dixième jour du cinquième mois de la même année, il envoya son fils aîné Shigemori, récemment nommé grand conseiller surnuméraire du deuxième rang inférieur, réprimer brigands et voleurs sur quatre des routes principales de l’archipel[13]. En donnant cet ordre, Kiyomori fit la démonstration de sa force militaire et désigna officiellement Shigemori comme successeur.

Sept jours plus tard, soit à peine trois mois après sa nomination, Kiyomori quitta sa position de ministre des Affaires suprêmes, mais sans pour autant relâcher son emprise sur le pouvoir. De fait, Go-Shirakawa consultait Kiyomori à propos des promotions, et l’opinion de ce dernier avait un impact réel dans les décisions finales.

Cependant, durant l’année 1168, Kiyomori tomba malade[14]. Il décida d’entrer en religion et de céder sa place à la tête du clan Taira à son fils aîné, même s’il gardait l’entièreté de son influence politique et le véritable pouvoir de décision sur Shigemori. Mais, craignant la naissance d’une instabilité politique, Go-Shirakawa fit abdiquer Rokujō et Takakura devint empereur à sa suite. Kiyomori profita alors de sa proximité avec Go-Shirakawa et Takakura pour marier ce dernier à une autre de ses filles, Taira no Tokuko 平徳子 (ou Kenreimon.in 建礼門院, 1155-1213), qui devint, en 1171, « épouse impériale », nyōgo 女御, puis « impératrice », chūgū 中宮, l’année suivante[15]. En 1178, elle lui donna un fils : le futur empereur Antoku 安徳天皇 (1178-1185).

Portrait de l’impératrice Kenreimon.in, Mizuno Toshikata 水野年方, 1901
Portrait de l’impératrice Kenreimon.in, Mizuno Toshikata 水野年方, 1901, Wikimedia Commons

Avec ce mariage, Kiyomori aspirait à devenir le grand-père d’un futur empereur et, ainsi, instaurer un système de régence comme l’avaient fait les Fujiwara avant lui[16], tout en supplantant complètement l’insei de Go-Shirakawa grâce à son pouvoir économique et militaire. En effet, non seulement le clan Taira avait triomphé sur le plan guerrier face, entre autres, aux Minamoto, mais, ayant sous leur protection plus de 500 domaines privés et environ 30 provinces (sur un total de 68) sous leur emprise après le « coup d’État » de Kiyomori en 1179 (que nous analyserons dans l’article suivant), il s’était imposé économiquement face aux Fujiwara[17]. Possédant d’un côté la puissance financière et de l’autre la force militaire, l’omnipotence de Kiyomori et de son clan ne pouvait que faire céder l’insei de Go-Shirakawa.

Nous observons alors, qu’en parallèle de cette reproduction de la politique matrimoniale des Fujiwara, Kiyomori tenta également d’instaurer un « régime ritualiste » afin de gagner en prestige et de légitimer cette omnipotence.

Régime ritualiste et commerce international

Comme nous l’indique l’historienne spécialiste des religions japonaises antiques Heather Blair dans son article « Kiyomori, Itsukushima, and Fukuhara »[18], en parallèle de ses activités politiques et militaires à la cour, Kiyomori adopta un « régime ritualiste »[19] en suivant un système déjà utilisé par Fujiwara no Michinaga 藤原道長 (966-1027) ou encore par l’empereur retiré Shirakawa 白河上皇 (1053-1129).

Ce régime se base sur la création d’une association de lieux, de rites et de textes propres à une famille ou à un clan aristocratique de haut statut. La famille disposait d’un lieu de culte, généralement un temple bouddhique semi-privé dans la capitale, ou un lieu de pèlerinage en province. Elle faisait alors offrande au temple d’un texte sacré de grande valeur, le plus souvent calligraphié ou commandé par un homme de la famille[20], et établissait des rites centrés sur ce manuscrit et sur ce temple. Dans cette partie, nous mettrons en avant la manière dont Kiyomori suivit ce schéma à Itsukushima 厳島 et à Fukuhara 福原 afin de légitimer son autorité.

Carte du Japon indiquant les localisations géographiques de certains lieux, dont Itsukushima et Fukuhara
Carte du Japon indiquant les localisations géographiques de certains lieux, dont Itsukushima et Fukuhara, Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Pour cela, revenons quelques années en arrière.

Le premier jour du deuxième mois de l’année 1146, Kiyomori devint gouverneur de la province d’Aki 安芸国 où se situe le sanctuaire shintô d’Itsukushima 厳島神社[21]. Il noua des liens forts avec ce dernier et, dès 1160, commença à y faire des pèlerinages depuis la capitale.

En 1164[22], fut offert par les Taira au sanctuaire un ensemble de 32 rouleaux de sûtras[23], clôturé par un rouleau de « dédicace », ou « texte de vœu », ganmon 願文, de la main de Kiyomori[24]. Ce texte indique que la copie des sûtras fut effectuée en 1164 et qu’elle émane de Kiyomori et de l’ensemble du clan Taira. Il y est fait l’hommage de l’île d’Itsukushima, de ses divinités et de son bodhisattva[25], et comprend une liste de bienfaits dont ils ont comblé le clan Taira par le biais d’un lien karmique unissant Kiyomori au sanctuaire.

Le chef Taira y exprime également son souhait de recevoir de Kannon 観音[26] un raise myōga 来世冥加, une « protection pour l’autre monde ». Les usages voulaient que les manuscrits offerts aux temples par la noblesse soient les plus beaux possibles et, de nos jours encore, cet ensemble de textes, appelé Heike nōkyō 『平家納経』, « Offrande Heike de sûtra », est réputé pour sa magnificence.

Consécutivement, Kiyomori instaura un rite annuel de 30 lectures du Sûtra du Lotus, ce qui prenait plusieurs semaines et était donc extrêmement coûteux[28]. Or, par le passé, Michinaga et le régime de l’insei avaient déjà instauré un rite semblable et, en se l’appropriant, Kiyomori chercha à se montrer leur égal.

Après avoir établi cette pratique, Kiyomori eut comme projet d’élever le statut du sanctuaire d’Itsukushima qui était peu connu et peu développé avant que les Taira ne s’y intéressent. Dans ce but, en 1168, il finança des rénovations et édifications de bâtiments. Les divinités d’Itsukushima devinrent les dieux tutélaires des Taira et leur sanctuaire dut ainsi se mettre à la hauteur du clan dont le statut social ne cessait de progresser.

Photographie du célèbre torii 鳥居 (portail érigé pour, entre autres, indiquer l’entrée d’un sanctuaire shintô) « flottant » (car en partie immergé dans la mer) du sanctuaire d’Itsukushima
Photographie du célèbre torii 鳥居 (portail érigé pour, entre autres, indiquer l’entrée d’un sanctuaire shintô) « flottant » (car en partie immergé dans la mer) du sanctuaire d’Itsukushima. Ce dernier est sis sur l’île sacrée de Miyajima 宮島, proche de l’actuelle Hiroshima 広島. Il s’agit, de nos jours, de l’un des lieux les plus touristiques du Japon. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2014

Kiyomori légitima également Itsukushima comme une destination de pèlerinage en s’y rendant régulièrement. Nous pouvons, par ailleurs, constater qu’après avoir été promu ministre des Affaires suprêmes, il s’y rendit pour une durée d’environ un mois. Par ce voyage, il faisait également la démonstration de son influence et de son pouvoir politique. En effet, avant lui, personne à ce poste n’avait quitté la capitale durant l’exercice de ses fonctions. Il montrait ainsi qu’il pouvait se permettre de passer outre les précédents et ce que pensait le reste de la cour. Après sa démission, il retourna régulièrement à Itsukushima et s’établit à Fukuhara lorsque sa santé commença à décliner en 1168.

En outre, plus Kiyomori gagnait en importance à la cour, plus il devint important pour l’aristocratie d’aller faire pèlerinage à Itsukushima et, ainsi, s’attirer les faveurs de Kiyomori. Le sanctuaire fut d’autant plus reconnu comme destination religieuse légitime lorsque Go-Shirakawa, accompagné de Kiyomori, s’y rendit durant le troisième mois de l’année 1174[29].

De plus, tout en instaurant Itsukushima comme lieu de culte des Taira et destination légitime de pèlerinage, Kiyomori commença à transformer la ville de Fukuhara en centre économique et religieux. Pour cela, il manœuvra tout d’abord afin d’obtenir le monopole sur le commerce avec la Chine des Song[30].

En effet, jusqu’alors, les bateaux de commerce chinois avaient pour habitude d’arriver à Kyūshū, au port de Hakata 博多[31]. Or, le vingtième jour du neuvième mois de l’année 1170, un premier bateau de commerce chinois débarqua au port d’Oowada 大輪田 près de Fukuhara. Go-Shirakawa s’y rendit exceptionnellement pour les accueillir. Durant le neuvième mois de l’année 1172, un deuxième bateau y accosta également, apportant avec lui des présents pour l’empereur retiré et pour Kiyomori. En débarquant à Oowada, les marchands chinois ignorèrent délibérément les autorités compétentes présentes à Kyūshū dans le but de commercer de manière directe avec les deux véritables forces politiques du pays : Go-Shirakawa et Kiyomori.

Portrait de l’empereur Go-Shirakawa, Fujiwara no Tamenobu, XIVe siècle, San no maru shōzōkan
Portrait de l’empereur Go-Shirakawa, Fujiwara no Tamenobu, XIVe siècle, San no maru shōzōkan, Wikimedia Commons

Cependant, Oowada n’était pas adapté aux bateaux chinois et, dès 1173, Kiyomori y ordonna la construction d’une petite île artificielle pour faciliter les échanges[32]. Ainsi, le commerce avec la Chine fut progressivement transféré dans les environs de Fukuhara. En outre, durant le deuxième mois de l’année 1180, une expansion d’Oowada fut imposée comme projet financé par l’État et non plus par le clan Taira. Le port obtint donc un statut national et la ville de Fukuhara devint le centre du commerce avec la Chine.

Nous préciserons alors, qu’à cette époque, le commerce international ne servait toutefois que très peu les intérêts financiers de l’État. En effet, les objets chinois étaient conservés ou offerts, très rarement revendus. Posséder un artéfact venu du continent apportait du prestige et haussait le capital culturel de son possesseur. Néanmoins, le pouvoir économique réel de cette époque venait de la possession de domaines privés ou d’une charge de gouverneur, grâce à la perception des taxes. Ainsi, le clan Taira profitait du commerce avec la Chine, mais n’en était pas financièrement dépendant[33]. Son développement lui a toutefois apporté un grand prestige. Kiyomori fit notamment plusieurs cadeaux d’origine continentale à Go-Shirakawa et à leur petit-fils, l’empereur Antoku[34].

En parallèle de cette monopolisation du commerce avec la Chine, Kiyomori plaça progressivement Fukuhara au centre de ce système ritualiste théorisé par Heather Blair[35] que nous avons précédemment exposé, tout comme il l’avait fait pour Itsukushima. En effet, dès 1169, Kiyomori instaura à Fukuhara un sensō kuyō 千僧供養[36], une cérémonie bouddhique où de nombreux moines sont invités afin d’effectuer une lecture à voix haute d’un sûtra[37]. Il s’agit d’un rite de protection de l’État, généralement financé par la maison impériale et non pas par un aristocrate, encore moins un chef guerrier. En outre, Kiyomori aurait personnalisé ce rite en y ajoutant des éléments de bouddhisme ésotérique[38], des pratiques de bouddhisme exotérique[39] et des offrandes au bouddha Amida 阿弥陀如来[40] typiques du bouddhisme de la Terre pure[41]. De plus, il instaura une pratique semestrielle[42] de cette célébration déjà considérée comme colossale.

Représentation du bouddha Amida dans sa Terre Pure, découverte à Dunhuang (Chine)
Représentation du bouddha Amida dans sa Terre Pure, découverte à Dunhuang (Chine), auteur inconnu, VIIIe siècle, British Museum, Wikimedia Commons

Go-Shirakawa assista aux célébrations à Fukuhara, et ce dès la première instance de ce rite[43]. De cette manière, l’empereur retiré montrait qu’il était actif dans le monde bouddhique, mais légitimait en même temps Fukuhara comme ville au cœur de la vie religieuse. Ainsi, même si Kiyomori était celui qui finançait Itsukushima et Fukuhara, ce fut tout de même l’empereur retiré qui assura la légitimation de ces lieux comme véritables centres religieux. Toutefois, en les soutenant publiquement, Go-Shirakawa montrait également sa dépendance à l’égard du clan Taira qui l’appuyait militairement et financièrement.

De fait, Kiyomori a centré son attention sur la création d’un régime ritualiste tout en développant de manière directe le commerce avec la Chine, se focalisant sur les régions à l’ouest de la capitale, notamment sur Fukuhara, ville sise au cœur des domaines Taira. Nous pouvons aussi remarquer dans le développement d’Itsukushima et de Fukuhara un parallèle avec l’ascension du clan Taira au pouvoir. Ces deux lieux furent introduits pour la première fois dans les hautes sphères du monde religieux, tout comme le clan Taira le fut à la cour et, à la fin des années 1170, ces deux endroits et les Taira étaient au sommet de leurs gloires.

De plus, en continuant la pratique de certaines coutumes anciennes et en y apportant des innovations personnelles, Kiyomori put obtenir un prestige semblable à celui de Fujiwara no Michinaga ou de certains empereurs et empereurs retirés. Cependant, cette focalisation sur Fukuhara et les régions sises à l’ouest de la capitale fut une nouvelle source de tension à Heian-kyō 平安京[44], où commençaient déjà à se faire entendre des voix « anti-Taira ». Cet antagonisme croissant s’aggrava notamment lorsqu’un projet de transfert de la cour impériale à Fukuhara se mit en œuvre en 1180.

Le transfert de la cour impériale à Fukuhara

En effet, après avoir transformé la ville de Fukuhara en centre économique et religieux, Kiyomori chercha à faire de cette ville un centre politique. Pour cela, il mit en œuvre un transfert de la cour impériale de Heian-kyō à Fukuhara durant le sixième mois de l’année 1180[45], faisant ainsi de cette dernière la nouvelle capitale. Plusieurs raisons motivèrent cette décision.

Tout d’abord, un sentiment de rébellion et d’inimitié envers les Taira était de plus en plus présent à la cour et dans les environs de Heian-kyō. Nous nous intéresserons en détail à ces points dans le troisième article de notre série, mais nous indiquerons brièvement dès à présent que la scène politique en 1180 commençait à devenir instable pour le clan Taira[46]. De plus, en 1177[47] et en 1178[48], de terribles incendies avaient ravagé une grande partie de la capitale. En 1180, les reconstructions n’étaient toujours pas terminées[49].

Carte représentant en rouge les dégâts provoqués par les incendies de 1177 et 1178 dans la capitale de Heian-kyō. Les étoiles représentent les lieux de départ des incendies
Carte représentant en rouge les dégâts provoqués par les incendies de 1177 et 1178 dans la capitale de Heian-kyō. Les étoiles représentent les lieux de départ des incendies. Cécile Dauvergne, La Revue d’Histoire Militaire, 2022

Enfin, nous pouvons percevoir chez Kiyomori, et notamment dans sa politique d’alliance matrimoniale avec la maison impériale, une volonté de créer une lignée impériale Taira. Le petit-fils de Kiyomori, l’empereur Antoku, ayant été intronisé le vingt-deuxième jour du quatrième mois de l’année 1180[50], ce changement de capitale peut être considéré comme une manière de marquer le début d’un nouveau régime, d’une nouvelle époque, comme l’avait fait leur ancêtre, l’empereur Kanmu 桓武天皇 (737-806), avec Heian-kyō.

Néanmoins, même si Fukuhara semblait être un choix judicieux du fait de son activité économique et par son positionnement au cœur des territoires Taira, la ville ne faisait qu’environ un quart de la surface de l’ancienne capitale : un manque crucial de place se fit immanquablement ressentir dès l’arrivée du cortège impérial. En effet, Fukuhara ne disposait pas même d’un palais et les membres de la maison impériale furent logés dans les résidences de certains hauts membres du clan Taira[51]. Certains aristocrates furent eux aussi hébergés chez des membres du clan, d’autres dans des temples, mais, même ainsi, les logements disponibles ne furent pas suffisants en nombre. Du fait de ce manque de place, certains aristocrates ne furent pas autorisés à s’installer dans la nouvelle capitale et certains bureaux administratifs durent demeurer à Heian-kyō[52]. Une expansion de la ville, avec notamment l’édification d’un palais impérial, fut alors décidée.

Le site de Fukuhara n’avait pas été le seul endroit envisagé pour instaurer cette nouvelle capitale[53]. Cependant, le relief de la région et la présence d’eau de source poussèrent Kiyomori à choisir cet emplacement plutôt qu’un autre. Notons que la précipitation de ce départ était aussi due au désir de Kiyomori de célébrer le daijōsai 大嘗祭[54] de l’empereur Antoku dans la nouvelle capitale. Ce rite consistait en un repas entre l’empereur et la déesse Amaterasu 天照大神[55] et était tenu au cours du onzième mois de manière annuelle.

Cependant, lorsqu’il s’agissait de la première fois d’un nouvel empereur, le texte de loi Engishiki 『延喜式』[56] signalait que, si l’intronisation avait eu lieu avant ou durant le septième mois, le rite devait être célébré la même année, mais si l’intronisation s’était déroulée après, la cérémonie serait tenue l’année suivante. Antoku étant devenu empereur durant le quatrième mois de l’année 1180, le rite était donc supposé être accompli durant la même année, ce qui ne laissait que quelques mois à Kiyomori pour transférer la cour dans une nouvelle capitale.

Cette cérémonie fut alors au cœur d’un nouveau conflit. En effet, de nombreux aristocrates, dont l’auteur du Gyokuyō 『玉葉』[57], Fujiwara no Kanezane 藤原兼実 (1149-1207), s’opposèrent à ce qu’elle se déroule à Fukuhara, et d’autres souhaitèrent la différer[58]. Le fait qu’il n’y avait pas eu de daijōsai en dehors de Heian-kyō depuis environ quatre siècles et que Fukuhara ne disposait pas encore de palais impérial rendit ce souhait de Kiyomori extrêmement impopulaire au sein de la haute aristocratie. Même l’empereur nouvellement retiré Takakura s’opposa à sa demande. Kiyomori n’avait aucun soutien.

Au huitième mois, nulle solution n’ayant convaincu, il fut décidé que la cérémonie se déroulerait exceptionnellement l’année suivante, ce qui laissait le temps à Kiyomori de bâtir un palais impérial à Fukuhara. Cependant, le commencement du conflit de Genpei – que nous mettrons en avant dans l’article suivant – obligea la cour à rentrer à Heian-kyō durant le onzième mois, mettant fin à ce projet de nouvelle capitale.

Ainsi, après avoir fait de Fukuhara un centre économique et religieux, Kiyomori tenta d’en faire un centre politique et de marquer la création d’une lignée impériale Taira. Toutefois, l’opposition naissante et les circonstances politiques le forcèrent à abandonner ce projet trop précipitamment entrepris. Nous pouvons de nouveau observer ce parallèle entre Fukuhara et les Taira : ils élevèrent leur statut social bien trop rapidement, ce qui déplut fortement à l’aristocratie et provoqua leur chute finale. En effet, comme nous avons déjà pu le souligner, la cour reposait majoritairement sur les précédents et l’ancienneté des lignées. Les Taira ont tenté de s’intégrer à cette société en reprenant leurs codes et leurs systèmes, mais le firent de manière bien trop rapide et inconventionnelle, ce qui heurta les hauts aristocrates et la famille impériale.

Faire de cette ville une capitale impériale fut donc le premier véritable échec de la politique jusqu’alors omnipotente des Taira, et il annonça leur extermination qui advint seulement quelques années plus tard. Nous observerons donc, dans notre prochain article, les circonstances qui engendrèrent de manière définitive la fin du clan Taira.

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Bibliographie indicative :

Sources primaires :

Azuma kagami 1 Yoritomo no kyohei 吾妻鏡1頼朝の挙兵 (« Le Miroir de l’Est 1 La mobilisation de l’armée de Yoritomo »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2016 (1re éd. 2007), 210 p., compilé et traduit en japonais contemporain par GOMI Fumihiko 五味文彦 et HONGŌ Kazuto 本郷和人

Azuma kagami 2 Heishi metsubō 吾妻鏡2平氏滅亡 (« Le Miroir de l’Est 2 L’anéantissement des Heishi »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2012 (1re éd. 2008), 244 p., compilé et traduit en japonais contemporain par GOMI Fumihiko 五味文彦 et HONGŌ Kazuto 本郷和人

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[1]UESUGI Kazuhiko 上杉和彦, Taira no Kiyomori 平清盛 (« Taira no Kiyomori »), Tōkyō, Yamagawa shuppansha 山川出版社, 2011, 87 p., pp. 37-39

[2]Takakura était le septième fils de l’empereur retiré Go-Shirakawa 後白河法皇 (1127-1192).

[3]Ibid., pp. 40-41

[4]JIEN 慈円, Gukanshō 愚管抄 (« Mes vues sur l’histoire »), Tōkyō, Kōdansha 講談社, 2017 (1re éd. 2012), 445 p., p. 267, traduit en japonais contemporain et annoté par OOSUMI Kazuo 大隅和夫

[5]UESUGI Kazuhiko, op. cit., pp. 43-44

[6]En charge de communiquer les rapports au prince, de s’occuper des registres des fonctionnaires servant la maison, ou encore de transmettre les instructions du prince.

[7]JIEN, Gukanshō, op. cit., p. 268

[8]En l’occurrence de son beau-fils.

[9]Peut également s’écrire 平完子.

[10]UESUGI Kazuhiko, op. cit., p. 44

[11]Le tiers ministre supervisait l’ensemble du gouvernement avec le ministre des Affaires suprêmes, le ministre de la Gauche et le ministre de la Droite. Son rang est cependant inférieur à ces trois derniers postes.

[12]Ibid., p. 46

[13]Tōkaidō 東海道, Tōsandō 東山道, San.yōdō 山陽道 et Nankaidō 南海道. Ibid., p. 47

[14]Ibid., pp. 48-50

[15]Ibid., p. 57

[16]DAUVERGNE Cécile, « Le clan Taira et le conflit de Genpei : une ascension au pouvoir fulgurante (1/4) », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, 28 p., [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2022/08/31/le-clan-taira-et-le-conflit-de-genpei-une-ascension-au-pouvoir-fulgurante-1-4/ (dernière consultation le 31/08/2022)

[17]SOUYRI Pierre-François, Nouvelle histoire du Japon, Lonrai, Perrin, 2010, 627 p., p. 236

[18]BLAIR Heather, « Kiyomori, Itsukushima, and Fukuhara », dans ADOLPHSON Mikael S. (éd.) et COMMONS Anne (éd.), Lovable Losers – The Heike in Action and Memory, Honolulu, University of Hawai‘i Press, 2015 (1re éd. 2007), 284 p., pp. 58-77

[19]« Ritual regime », ibid., p. 58

[20]Il était coutume pour les aristocrates de recopier des sûtras.

[21]BRISSET Akiko, À la croisée du texte et de l’image : paysages cryptiques et poèmes cachés (ashide) dans le Japon classique et médiéval, Paris, Collège de France, 2009, 548 p., p. 311

[22]Le don était cependant incomplet en 1164, il ne fut terminé qu’en 1167.

[23]Sûtra du lotus (Hokekyō 法華経, vingt-huit rouleaux), Sûtra d’Ouverture (Muryōgikyō 無量義経, un rouleau), Sûtra de Fermeture (Kanfugenkyō 観普賢経, un rouleau), Sûtra d’Amida (Amidakyō 阿弥陀経, un rouleau), Sûtra du Cœur de la Perfection de sapience (Hannyashinkyō 般若心経, un rouleau).

[24]Ibid., p. 313

[25]Un bodhisattva est un bouddha n’ayant pas encore atteint l’éveil, il le retarde afin d’aider les autres êtres sensibles à le faire également.

[26]Bodhisattva protéiforme et syncrétique incarnant la compassion ultime.

[27]Un frontispice est une illustration placée au début d’un ouvrage ou, dans le cas présent, d’un rouleau.

[28]BLAIR Heather, art. cit., pp. 63-65

[29]Ibid., p. 69

[30]Dynastie ayant régné entre 960 et 1279.

[31]VON VERSCHUER Charlotte, « Heike Trade and the Meaning of Wealth », dans ADOLPHSON Mikael S. (éd.) et COMMONS Anne (éd.), op. cit., pp. 39-57, pp. 42-43

[32]Ibid., p. 44

[33]Ibid., pp. 41-42

[34]Ibid., pp. 49-50

[35]BLAIR Heather, art. cit., pp. 58-77

[36]Ibid., p. 66

[37]Généralement le Sûtra du Lotus.

[38]Goma 護摩, des offrandes par le feu, et kaji 加持, des rituels de protection divine ; bouddhisme ésotérique : pour les initiés, les religieux.

[39]Des chants de sûtras ; bouddhisme exotérique : pour les profanes, le grand public.

[40]Amida est le nom japonais du bouddha Amitābha, réputé au Japon pour avoir fait 48 vœux avant d’atteindre l’éveil, certains promettant l’accès à sa Terre pure (sorte de paradis bouddhique) aux fidèles sous certaines conditions.

[41]Plusieurs écoles au Japon suivent le bouddhisme de la Terre pure, comme la Jōdo-shū 浄土宗 (litt. « École de la Terre pure ») fondée en 1175 et qui insiste sur l’importance de la pratique du nenbutsu 念仏 (l’idée qu’en prononçant une invocation à un Bouddha et/ou en gardant en tête son image, il serait possible de se garantir l’accès à sa Terre pure) ; ou encore la Jōdo Shinshū 浄土真宗 (litt. « École véritable de la Terre pure ») qui se développa à partir du début du XIIIe siècle et qui préconise la foi en Amida : c’est son pouvoir qui permet la renaissance, le fidèle ne peut pas se sauver seul, il doit faire confiance à Amida.

[42]Rite tenu chaque année durant le troisième et le dixième mois.

[43]Ibid., pp. 66-67

[44]Capitale impériale, actuelle ville de Kyōto 京都.

[45]FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane 藤原(九条)兼実, Kujō kebon gyokuyō 九条家本玉葉 (« Livre des feuilles précieuses du clan de la neuvième avenue »), vol. 7, Tōkyō, Kunaichō shoryōbu 宮内庁書陵部, 2001, 343 p., p. 156

[46]Nous notons notamment le complot de Shishi ga Tani 鹿ケ谷 en 1177, la rébellion du prince Mochihito 以仁王 (1151-1180) en 1180, ou encore les conflits grandissants avec certains grands temples.

[47]Le vingt-huitième jour du quatrième mois de la troisième année de l’ère Angen 安元 (1175-1177).

[48]Le vingt-quatrième jour du troisième mois de la deuxième année de l’ère Jishō 治承 (1177-1181).

[49]KITAMURA Masaki 北村優季, Heian-kyō no saigai shi – Toshi no kiki to saisei 平安京の災害史 都市の危機と再生 (« Histoire des sinistres à Heian-kyō – Situations de crises et renaissances de la ville »), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan 吉川弘文館, 2012, 198 p., pp. 182-185 ; ADOLPHSON Mikael S., « Fukuhara: Kiyomori’s Lost Capital », dans ADOLPHSON Mikael S. (éd.) et COMMONS Anne (éd.), op. cit., pp. 17-38, p. 24

[50]FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, op. cit., p. 118

[51]L’empereur Antoku chez Kiyomori, l’empereur retiré Takakura chez Taira no Yorimori, l’empereur retiré Go-Shirakawa chez Taira no Norimori. Ibid., p. 162

[52]ADOLPHSON Mikael S., art. cit., p. 20

[53]Ibid., pp. 17-38

[54]Aussi lu ōnie no matsuri, « rite de la Grande Gustation » ou de la « Gustation Solennelle ». Seule la première occurrence de cette cérémonie était nommée ainsi. Elle était appelée shinjōsai 新嘗祭 à partir de la deuxième année de célébration.

[55]Déesse du soleil, l’une des principales divinités de la religion shintô.

[56]Les Règlements de l’ère Engi (901-923), un texte de loi en cinq volumes finalisé en 927 et mis en application en 967.

[57]Les feuilles précieuses, notes journalières tenues de 1164 à 1203 par Fujiwara no Kanezane, l’un des hommes politiques les plus importants de son époque.

[58]FUJIWARA (Kujō) NO Kanezane, op. cit., pp. 163-164, 179-180 et 191-192

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