Graphisme réalisé par l’auteur pour schématiser les conséquences potentielles de la guerre cognitive sur le cerveau d’un individu et sa façon de penser.

L’attaque des cerveaux : qu’est-ce que la guerre cognitive ?

Graphisme réalisé par l’auteur pour schématiser les conséquences potentielles de la guerre cognitive sur le cerveau d’un individu et sa façon de penser.
Graphisme réalisé par l’auteur pour schématiser les conséquences potentielles de la guerre cognitive sur le cerveau d’un individu et sa façon de penser.

En 2016, plusieurs employés de l’ambassade américaine de Cuba font état de symptômes particulièrement inquiétants. Plus tard, ils rapportent de violentes migraines, nausées, vomissements, troubles du sommeil ou encore un ralentissement de leur pensée et des difficultés à se concentrer : c’est ce que les médias appelleront « le syndrome de La Havane »[1]. En réalité, ils auraient subi une exposition de plusieurs semaines à des ondes électromagnétiques. Initialement imputée à la Russie, cette attaque magnétique avait été écartée par les experts du renseignement américain en janvier 2022. Pourtant, selon certains spécialistes, c’est là l’un des événements les plus significatifs d’une potentielle concrétisation de la guerre cognitive à l’échelle internationale.

En octobre 2021, le chef d’État-Major des armées (CEMA) Thierry Burkhard[2] présentait sa stratégie interarmées pour les années à venir aux autorités militaires les plus hautes, puis aux députés. Au cours de ces prises de parole, il avait annoncé sa volonté de « gagner la guerre avant la guerre »[3]. Régulièrement reprise dans les médias et les articles géopolitiques, cette expression relativement vague trouve un écho important au sein du monde de la défense ; mais quelle est sa signification ?

En proposant cette nouvelle orientation stratégique, le général d’armée souhaitait axer l’effort sur la lutte informationnelle et le durcissement de l’entraînement pour les militaires. En effet, « gagner la guerre avant la guerre » vise à s’assurer de la victoire sur l’adversaire sans avoir eu besoin de le combattre de manière frontale. Ce schéma implique de repenser la préparation aux conflits, mais avant tout la compréhension de ces derniers. L’affrontement physique ne serait plus une fin en soi, mais bien l’ultime étape d’un conflit de longue haleine, alimenté en amont par des actions d’influence orchestrées par l’ennemi. Ce processus définit en partie une nouvelle forme de conflictualité : la guerre dans les champs cognitifs ou la guerre cognitive. Sujet complexe et peu traité, la compréhension française de la guerre cognitive n’en est pour le moment qu’à ses balbutiements. Nous tenterons ici d’en définir les grands mécanismes, puis nous nous intéresserons à son caractère stratégique pour la France au regard de ses compétiteurs traditionnels.

La guerre cognitive, qu’est-ce que c’est ?

L’émergence d’un phénomène

À la dissolution des blocs Est et Ouest qui eut lieu au début des années 1990, la perspective d’une nouvelle opposition de puissances s’estompe. Pourtant, la guerre froide se place comme l’exemple même de l’affrontement continu pour l’influence, chaque partie prenante du conflit tentant de dépasser l’autre tant sur le plan matériel (armement, économie, méthodes) que sur le plan immatériel (ascendant, attraction et dominance). Cette période symbolise la course à l’information stratégique qui permettrait de dépasser l’adversaire.

Plus récemment, la guerre qui oppose la Russie et l’Ukraine a accentué davantage l’importance de l’information et de sa manipulation au profit d’un camp donné. En ce sens, la guerre cognitive constitue le glissement logique de la guerre d’information vers une volonté de destruction des modes de pensée des individus de manière durable et à grande échelle.

Notre définition qualifie la guerre cognitive par son objectif, les méthodes sur lesquelles elle repose, et ses conséquences. L’effet final recherché est bien de modifier ou d’altérer le schéma de raisonnement et de réflexion d’un ou plusieurs individus sur un terme que l’on espère le plus long possible, afin d’imposer sa volonté à un ennemi identifié. Les moyens reposent principalement sur les outils dits « cyber » et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). La guerre cognitive a des conséquences directes sur l’humain et le place au cœur du fait guerrier, tant sur le plan offensif que défensif. L’objectif de cette forme de conflictualité concerne un tout nouveau type d’opérateur d’importance vitale (OIV) : le cerveau des individus.

Ainsi, le but est d’attaquer le cerveau de l’ennemi, de modifier ses perceptions, ses croyances et ses modes de pensées (objectif) ; en exploitant, au besoin, ses faiblesses par le biais des informations qu’il reçoit, principalement via les NTIC (méthode). En altérant ses représentations, l’ennemi se retrouverait dans l’impossibilité de décider et d’agir ; en somme, de penser (conséquences).

En outre, il convient ici d’insister sur un autre point afin d’inscrire la réflexion dans un cadre le moins restrictif possible. La guerre cognitive dépasse la guerre de l’information : le cognitif est désormais un but à atteindre en soi et non pas une conséquence de la guerre comme cela était envisagé de manière traditionnelle (comme par exemple avec le stress post-traumatique). Par ailleurs, c’est la gravité des conséquences de ce mode d’action qu’il faut prendre en compte dans la compréhension du phénomène. La guerre cognitive entraîne des répercussions individuelles et/ou collectives importantes et potentiellement irréversibles sur le fonctionnement du cerveau. Ainsi, bien mené, ce nouveau champ guerrier s’avère particulièrement destructeur sans être nécessairement meurtrier et c’est bien là, l’importance stratégique du sujet.

La guerre cognitive qualifie donc une nouvelle forme de conflictualité qui s’avère interdisciplinaire. Elle mêle à la fois les sciences cognitives (connaissance du cerveau, fonctionnement des neurones…), la psychologie, le fait guerrier, l’utilisation des NTIC, ou encore le développement de doctrines militaires d’influence. Il s’agira maintenant d’envisager quelle en est l’application concrète.

Pour celui qui fait la guerre cognitive, en ce sens qu’il doit se défendre face à de potentielles attaques, la première nécessité est d’élaborer une stratégie claire. Pour être pertinente, cette stratégie doit être envisagée sous de nombreux prismes : philosophie, éthique, volontés, moyens réels ou encore diffusion, et compréhension auprès des individus à protéger, par exemple. L’objectif final est de protéger ce que nous appelons l’OIV des individus. Si le cerveau est touché, la première possibilité est que l’individu décède. Sinon, les nouveaux biais cognitifs dont il a hérité à la suite d’une attaque ciblée peuvent s’avérer destructeurs sur le long terme, notamment si un grand nombre de personnes sont touchées.

Celui qui se positionne dans une vision défensive devrait se munir de quatre prérequis interdépendants : 1) mesure positive du niveau de confiance des individus ; 2) connaissance individuelle de ses propres limites cognitives ; 3) être en capacité technique et matérielle de diffuser des moyens de préventions ; 4) disposer d’une capacité d’innovation forte et crédible.

Schématisation de stratégies défensives et offensives globales possibles en matière de guerre cognitive. Schéma réalisé par l’auteure, 2022
Schématisation de stratégies défensives et offensives globales possibles en matière de guerre cognitive. Schéma réalisé par l’auteure, 2022

Application – La guerre cognitive, un sujet d’importance stratégique

Pour le plan offensif, il convient de rappeler qu’un neurone mort ne se reconstruit pas. Dans les cas les plus extrêmes de contagion, c’est tout le système nerveux qui peut être atteint définitivement. Si la recherche avance sur la régénération des cellules perdues, il est aujourd’hui encore impossible, au plan médical, de faire renaître un neurone. À l’échelle d’un grand groupe d’individus, les conséquences de ce type d’actions sont extrêmement bénéfiques pour qui souhaite en tirer profit : altération du jugement, modification profonde de l’opinion, perte de confiance en l’avenir, en ses pairs…

Il semble que la capacité cognitive devienne bientôt un facteur de supériorité opérationnelle à l’échelle internationale. À ce sujet, les puissances militaires traditionnelles et leurs compétiteurs n’avancent pas tous à la même vitesse pour conceptualiser le phénomène.

Récemment, la cristallisation des tensions opposant l’Ukraine à la Russie a témoigné de la doctrine russe en matière de manipulation de l’information. En avril dernier, l’armée française filme par drone des images montrant des soldats de type caucasien en train de recouvrir de sable des cadavres dans la région de Gossi au Mali, affirmant qu’il s’agit de mercenaires du groupe paramilitaire russe Wagner. Après que la vidéo a fuité, elle est reprise sur Twitter par un compte affirmant que les personnes filmées sont des soldats français de l’opération Barkhane[4]. Pour l’État-Major français, il s’agit d’une tentative de « décrédibilisation de la force française »[5]. Si cette tentative est vérifiée, on peut affirmer que la Russie semble très avancée sur l’utilisation de l’information à son profit. Ce schéma correspond aux premiers pas, au regard de nos développements précédents, de la guerre cognitive.

En matière de guerre cognitive, il y aurait les pays occidentaux et les autres. Ces potentiels clans rivaux n’auraient pas les mêmes cartes pour jouer, ni la même définition de la supériorité sur la scène internationale. En ce sens, les Chinois cultivent une vision bien différente de la dialectique guerre-paix. Au plan offensif, ils ne sembleraient, compte tenu de la longévité de leur civilisation, pas effrayés à l’idée de prendre le temps de faire la guerre. Par opposition, les sociétés occidentales sont plus pressées. Ainsi, les autres seraient plus enclins à inscrire leurs stratégies dans la durée[6].

Concrétisation et enjeux : un défi pour la France

Quel organigramme pour la guerre cognitive en France ?

Afin d’esquisser une synthèse de la compréhension globale de l’enjeu que représente le champ cognitif pour la France, nous retenons plusieurs éléments. La guerre cognitive est un sujet nouveau, pas ou peu traité. La notion est éminemment scientifique et complexe, si bien qu’elle ne pourrait advenir que du seul ressort du ministère des Armées. La guerre cognitive se comprend au plan défensif et offensif, comme tout autre type de guerre. Elle est plus acceptable dans le premier cas que dans le second ; en ce sens, l’éthique du fait guerrier et/ou militaire y est intimement reliée.

Malgré cela, certaines puissances comme la Russie et la Chine sont déjà très avancées dans leur compréhension du défi que représente la guerre cognitive. Leurs philosophies des conflits s’opposeraient à la vision occidentale dans la distinction du temps de guerre ou du temps de paix, ils entretiennent un rapport à la technologie différencié[7] et les modèles politiques en vigueur offrent des possibilités contrastées à chacun d’eux en matière de guerre cognitive[8].

Pour la France, il s’agit désormais de savoir quelle place elle souhaite occuper en matière de guerre cognitive à l’échelle mondiale. Son objectif à court terme est de définir un modèle d’action en tenant compte de ses spécificités et en essayant de compenser le retard déjà pris.

Le Centre interarmées des actions sur l’environnement (CIAE) pourrait se voir confier la coordination de la stratégie choisie par le ministère des Armées. Créé en 2012, cet organisme trouve son essence dans les RETEX (retour d’expérience) issus du conflit afghan[9]. Les équipes du CIAE sont basées à Lyon et issues du regroupement du Groupement interarmées des actions civilo-militaires (GIACM) et du Groupement interarmées des opérations militaires d’influence (GIOMI). L’action du centre s’axe autour de deux missions principales : contribuer à la doctrine du Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentation (CICDE) et des centres doctrinaux des armées, ainsi que la planification des opérations et des exercices stratégiques, tactiques et opératifs.

Puisque la guerre cognitive s’intéresse avant tout à la manière dont fonctionne le cerveau et les possibilités pour influencer les façons de penser, la recherche médicale peut constituer le second pilier de la mise en œuvre d’une doctrine. À ce titre, l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) emploie des chercheurs et spécialistes en neurosciences, ou encore en psychologie, pour expérimenter des méthodes défensives comme offensives.

Photographie personnelle de l’auteure. 2022.
Photographie personnelle de l’auteure. 2022.

Les moyens face à l’éthique

Sur le plan des moyens, on retrouve deux organismes qui pourraient conjointement être chargés de mettre en œuvre et d’utiliser des techniques pour faire la guerre cognitive. L’action directe sur l’humain (action de subversion, de tromperie ou d’influence directe) serait, dans cette hypothèse, attribuée aux équipes du CIAE. L’action indirecte (utilisation de moyens technologiques pour influencer) dépendrait plutôt du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER). Enfin, si l’Agence de l’innovation de défense (AID) a été le premier véritable contributeur public à l’élaboration d’une doctrine de guerre cognitive pour la France grâce à la parution des travaux de la Red Team[10] en octobre 2021, la structure pourrait désormais constituer un organisme de soutien (aide au financement de la recherche et de l’innovation, par exemple) pour le ministère des Armées.

Dans l’esprit général, la guerre est forcément combattante : elle peut entraîner la mort. De plus, l’affrontement des volontés traduit nécessairement une confrontation réelle entre les ennemis. La guerre cognitive prend le contrepied de cette croyance. Au plan philosophique, les militaires sont-ils prêts à mener des actions à impact cognitif ? Ne penseraient-ils pas qu’elles sont trop éloignées du réel, du terrain ? Au plan psychologique aussi, la guerre cognitive pourrait freiner certains d’entre eux : c’est ici la question de l’éthique qu’il faut discuter et la capacité des militaires à effectuer des ordres qu’ils jugeraient immoraux.

À la lecture des différentes sources sur le sujet, la dimension éthique nous apparaît, en effet, comme un enjeu particulièrement déterminant lorsque l’on s’intéresse à la guerre cognitive. En ce sens, David Pappalardo – attaché français pour l’air et l’espace à l’ambassade de France aux États-Unis – avance que, pour le plan offensif notamment, la « conduite d’une véritable guerre cognitive (offensive) ne s’affranchira pas d’une réflexion poussée sur l’encadrement éthique nécessaire, tout en restant cohérente d’un point de vue stratégique »[11].

Si la compréhension de l’importance du sujet permet la mise en œuvre d’une doctrine défensive (nous parlerons de réaction), la définition d’une doctrine véritablement offensive (d’action pour celle-ci) constitue, selon nous, le frein le plus important à une réelle application militaire de la guerre cognitive par la France. En raison de l’importance prise par cette thématique ces dernières années, la définition claire d’une doctrine militaire française pour la guerre cognitive est aujourd’hui nécessaire, notamment pour se prémunir des rivalités internationales actuelles.

Conclusion :

Si, comme l’a écrit Clausewitz, la « guerre est […] un acte de force par lequel nous cherchons à contraindre l’adversaire à se soumettre à notre volonté »[12], elle semble donc cognitive dès ses origines. L’état des conflits dans le monde et la diversité des moyens employés témoignent de la pertinence des réflexions de Clausewitz encore aujourd’hui. À l’image de la guerre qui se joue actuellement en Ukraine, l’information et la distorsion de la réalité sont des modes d’actions d’actualité, utilisés par les États pour combattre.

La guerre apparaît avant tout comme psychologique : elle doit protéger les cerveaux alliés et attaquer ceux des ennemis. L’objectif recherché est de faire faillir l’adversaire, l’amener à douter de ses propres chances de victoire, attaquer les machines et surtout les hommes afin de perturber leur système de raisonnement et leurs convictions, notamment en distillant la peur. En ce sens, le combat dans le champ cognitif relève d’une dimension humaine bien sûr, mais aussi éthique. Si l’objectif final de la guerre cognitive apparaît facile dans sa compréhension, il n’en n’est pas de même pour la manière de la mettre en œuvre.

En effet, l’Occident cultive une conception très différente de ses rivaux systémiques concernant le champ cognitif. Ces clivages sont à la fois relatifs à l’aspect philosophique du fait guerrier, au mode de fonctionnement des régimes politiques et au rapport à la technologie que chacun entretient. Les organisations internationales se penchent sur le sujet depuis plusieurs années pour tenter de définir et de cadrer une notion pour le moment très conceptuelle dont les armées nationales pourraient s’inspirer pour concevoir leur propre doctrine. Sans être nécessairement meurtrière, la guerre cognitive vise à détruire progressivement et sur le long terme « l’appareil à penser » des individus. En cela, elle n’a pas uniquement trait au domaine martial, mais bien à l’ensemble de la société.

Pour la France, il s’agit d’établir avant tout une stratégie globale face à ce nouveau domaine afin de pouvoir espérer la mise en place de doctrines propres à chaque armée qui répondrait aux missions qui lui ont été confiées. Pour ce faire, plusieurs organismes du ministère des Armées se posent comme des leviers efficaces pour la recherche, le développement, l’innovation, mais aussi la mise en œuvre et le déploiement d’actions interarmées (AID, IRBA, CIAE…). Il est difficile de dresser des hypothèses sur la manière dont sera mise en œuvre la gestion du champ cognitif par la France dans les années à venir.

En revanche, la prise en compte de ce dernier comme un nouveau terrain d’affrontements et de conflictualités à part entière est, quant à elle, évidente. Pour l’armée française, l’enjeu sera double. Tout d’abord, être en mesure de mettre en application, de manière concrète, l’ensemble des projets initiés à ce jour. Ensuite, et cette composante apparaît primordiale, s’assurer de la compréhension, de la diffusion et de l’adhésion de tous à cet enjeu dont les conséquences véritables sur la nation, si elles commencent à être appréhendées, sont encore pour la plupart inconnues.

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Bibliographie :

AFP et GIRAUD Romain, « Qu’est-ce que « le syndrome de La Havane » », dans RTL, Neuilly sur Seine, M6 Distribution Digital, 2021, [en ligne] https://www.rtl.fr/actu/international/qu-est-ce-que-le-syndrome-de-la-havane-qui-touche-des-diplomates-americains-7900060442 (dernière consultation le 18/10/2022)

AFP et La rédaction numérique de France Inter, « Mali : pour déjouer une manipulation la France dévoile une vidéo de mercenaires russes enterrant des corps », dans Radio France, Paris, Société Nationale de Radiodiffusion Radio France, 2022, [en ligne] https://www.franceinter.fr/amp/monde/l-armee-francaise-affirme-avoir-filme-des-mercenaires-de-wagner-en-train-d-enterrer-des-corps-au-mali (dernière consultation 01/05/2022)

PAPPALARDO David, « La guerre cognitive : agir sur le cerveau de l’adversaire », dans Le Rubicon, Montréal/Paris, Le Rubicon, 2021, [en ligne] https://lerubicon.org/publication/la-guerre-cognitive/ (dernière consultation le 01/05/2022)

VINCENT Élise, « « Gagner la guerre avant la guerre », nouvelle stratégie de l’armée française », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/05/gagner-la-guerre-avant-la-guerre-nouvelle-strategie-de-l-armee-francaise_6097119_3210.html (dernière consultation le 18/10/2022)

VON CLAUSEWITZ Carl, De la guerre, Perrin, Paris, 2014 (1re éd. 1832), 448 p., traduit par MURAWIEC Laurent


[1] AFP et GIRAUD Romain, « Qu’est-ce que « le syndrome de La Havane » », dans RTL, Neuilly sur Seine, M6 Distribution Digital, 2021, [en ligne] https://www.rtl.fr/actu/international/qu-est-ce-que-le-syndrome-de-la-havane-qui-touche-des-diplomates-americains-7900060442 (dernière consultation le 18/10/2022)

[2] Nommé à l’été 2021.

[3] VINCENT Élise, « « Gagner la guerre avant la guerre », nouvelle stratégie de l’armée française », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/05/gagner-la-guerre-avant-la-guerre-nouvelle-strategie-de-l-armee-francaise_6097119_3210.html (dernière consultation le 18/10/2022)

[4] Le tweet originel provient du compte Twitter d’un certain Dia Diarra se présentant comme ancien militaire et analyste politique malien. La vidéo était accompagnée de ces propos : « C’est ce que les Français ont laissé derrière eux à #Gossi […] on peut pas garder le silence sur ça ! ».

[5] AFP et La rédaction numérique de France Inter, « Mali : pour déjouer une manipulation la France dévoile une vidéo de mercenaires russes enterrant des corps », dans Radio France, Paris, Société Nationale de Radiodiffusion Radio France, 2022, [en ligne] https://www.franceinter.fr/amp/monde/l-armee-francaise-affirme-avoir-filme-des-mercenaires-de-wagner-en-train-d-enterrer-des-corps-au-mali (dernière consultation 01/05/2022)

[6] Plus déterminant encore, sur le plan défensif, nos sociétés semblent en théorie plus vulnérables. Les moyens d’action de la guerre cognitive (information/utilisation des outils technologiques) sont ouverts et en accès libre (réseaux sociaux, internet, archives…). En opposition, certains pays non occidentaux mettent en œuvre des restrictions parfois poussées aux libertés individuelles et collectives, notamment sur l’accès aux technologies. En ce sens, la population de ces pays serait moins sujette à recevoir des attaques de guerre cognitive. À l’inverse, il convient de rappeler que cette dynamique d’exposition ou non peut aussi se comprendre à l’opposé : les populations de certains pays ont plus de possibilités de s’informer sur de potentiels conflits/attaques grâce à un accès illimité aux NTIC quand d’autres disposeraient de moins de sources, donc seraient plus vulnérables.

[7] Pour l’Ouest, la technologie constituerait davantage un moyen pour témoigner de sa supériorité et s’assurer la victoire par rapport à l’Est. Pour les pays de ce dernier, la technologie serait plutôt une fonction support des actions menées par la première arme qui fasse foi : les Hommes.

[8] Les modèles d’armées trop hiérarchisés et dont les processus décisionnels sont complexes et soumis à un contrôle extérieur au dirigeant du pays (Occident) seraient moins propices à la guerre cognitive que ceux où le pouvoir militaire est entre les mains d’un seul décideur qui fait appliquer sa volonté sans contre-pouvoir évident (Chine et Russie). C’est, en somme, le modèle du régime politique en place qui détermine, selon nous, la capacité d’un pays à mener une guerre cognitive efficace, entre autres.

[9] La mise en place d’actions civilo-militaires (ACM) et d’opérations militaires d’influence (OMI) pour résoudre le conflit, au départ dans le cadre de l’OTAN, a définitivement poussé la France à poser un cadrage autour de l’environnement humain des opérations (EHO).

[10] La Red Team est un groupe d’experts qui réunit des spécialistes de science-fiction, des scénaristes et des militaires. Ce groupe thématique a vocation à produire du contenu prospectif sur des scénarios de guerre qui pourraient advenir dans les années à venir. Cet organisme a été créé par le ministère des Armées afin d’anticiper les futures menaces qui pourraient planer sur la France.

[11] PAPPALARDO David, « La guerre cognitive : agir sur le cerveau de l’adversaire », dans Le Rubicon, Montréal/Paris, Le Rubicon, 2021, [en ligne] https://lerubicon.org/publication/la-guerre-cognitive/ (dernière consultation le 01/05/2022)

[12] VON CLAUSEWITZ Carl, De la guerre, Perrin, Paris, 2014 (1re éd. 1832), 448 p., p. 27, traduit par MURAWIEC Laurent