Rivalité et jeux de pouvoirs européens en Afrique : militaires français et mercenaires russes

Il semble exister une spécificité des conflits en Afrique. Hormis l’imbrication permanente de causes structurelles et de facteurs conjoncturels, apparaît également une autre composante quasi commune à l’ensemble des conflits qui se déroulent sur le continent : l’absence de victoire militaire nette. La résolution des crises passe souvent par de perpétuelles et inévitables discussions et négociations qui ne permettent pas d’aboutir à l’instauration d’une paix effective et pérenne, mais conduisent parfois à alimenter les tensions entre les parties prenantes. Autre fondement des conflits sur le continent africain : l’ingérence étrangère. Les armées du continent africain, notamment du fait des constructions nationales relativement récentes, sont peu qualifiées et disposent pour la plupart de moyens parfois anecdotiques[1]. Territoires de convoitises, ressources naturelles, intérêts économiques ou diplomatiques : ce dernier apparaît comme le continent de tous les enjeux et un grand nombre d’armées nationales extérieures y sont déployées. La présence de soldats étrangers n’y est pas nouvelle. France, États-Unis ou encore Belgique, Estonie et Russie, la représentation militaire internationale y est particulièrement présente. Ces différents éléments permettent en partie de supposer une sorte de particularisme des conflits « à l’africaine ». Cette spécificité, si elle n’explique ni ne justifie les présences militaires étrangères, parfois intempestives, sur le continent offre tout du moins une clé de compréhension des conflits qui se jouent aujourd’hui sur ce territoire de plus de 30 millions de kilomètres carrés.

Lorsque l’on s’intéresse aux interventions armées qui s’y déroulent, il semble important de prendre en considération les motivations des engagés, notamment lorsqu’ils appartiennent à un pays étranger. À ce titre, l’opération extérieure (OPEX) orchestrée par le gouvernement français en Afrique subsaharienne depuis 2014 et l’intervention parallèle, sinon concurrente de celle menée par le groupe Wagner originaire de Russie sont particulièrement intéressantes à étudier. L’objectif de cet article est de dresser une comparaison de l’engagement de la France et de la Russie sur ce territoire. Il s’agira de revenir sur les motivations étatiques de la présence française dans la bande sahélo-saharienne (à travers l’exemple de l’opération Barkhane en étudiant également l’impact sur les individualités des militaires engagés au Sahel pour cette mission. Dans un second temps, nous nous déplacerons jusqu’en Centrafrique pour revenir sur l’intervention – plus vraiment – officieuse du groupe russe Wagner.

Le Mali est l’épicentre de la crise sécuritaire qui se joue au Sahel aujourd’hui. C’est au sein de ce pays que les forces françaises ont été déployées en OPEX pour la première fois dans le cadre de l’opération Serval en janvier 2013. Carte du Mali – Consignes de sécurité liées au risque sécuritaire dans le pays sur le site du Consulat général de France à Bamako disponible sur: Consignes de sécurité – La France au Mali (ambafrance.org). (CC BY-NC-ND)

L’État français et la justification de la cause nationale dans le déclenchement des OPEX


Aujourd’hui, 30 000 militaires sont mobilisés pour des missions visant à assurer la sécurité de la France. Treize mille d’entre eux participent à la protection du territoire national, notamment dans le cadre de l’opération Sentinelle. Plus d’un tiers des militaires prenant part aux opérations extérieures (OPEX) sont déployés au Sahel depuis 2013 avec l’opération Serval et depuis 2014 dans le cadre de l’opération Barkhane[2].

L’opération Barkhane succède à l’opération Serval et débute le 1er août 2014. Elle symbolise la participation militaire de Paris à la tentative de réponse internationale face à la situation sécuritaire au Sahel. Son action est basée autour de trois axes interdépendants : la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), l’aide aux populations locales et l’appui aux armées partenaires. L’objectif de cette combinaison est dans un premier temps d’assurer la sortie de crise et de gérer les urgences sécuritaires mais également de préparer l’après conflit. Au lancement de l’opération en 2014, Barkhane compte 3 000 hommes. Sept ans après son déclenchement, 5 100 militaires sont aujourd’hui déployés au Sahel et l’opération Barkhane est la plus importante OPEX française à l’heure actuelle.

Les OPEX sont qualifiées comme « des engagements de forces militaires projetées hors du territoire national, sur un théâtre de crise ou de conflit »[3]. Leur déclenchement est une prérogative régalienne qui incombe à l’exécutif et donc au Président de la République, notamment en raison de son rôle de chef des armées. L’État-major des armées a quant à lui pour mission d’assurer la partie technique du déploiement : ordres de missions, financement[4] ou encore périmètre géographique de la zone d’action.

Une fois l’action extérieure qualifiée puis déployée, le Parlement doit être informé dans les 72 heures après le début de ladite OPEX. La réforme constitutionnelle de 2008 sur la modernisation des institutions de la Ve République – plus particulièrement, dans notre cas, le fondement de l’article 35 relatif au déploiement des forces françaises à l’étranger[5] – avait notamment vocation à réaffirmer le rôle du Parlement en matière de contrôle des OPEX. Si le déclenchement des OPEX ne semble relever que d’un caractère informationnel, la prolongation de ces dernières est en revanche soumise à l’approbation du Parlement au terme des quatre premiers mois de déploiement. L’Assemblée nationale peut également être sollicitée en dernier recours. En matière de contrôle parlementaire des OPEX, le processus débuté par la réforme constitutionnelle de 2008 a été enrichi plus tard par la loi de programmation militaire (LPM) de 2009-2014 prévoyant que le Parlement sera « […] désormais informé de la conclusion de ces accords [de défense NDLR] dès lors qu’ils peuvent amener à engager au profit d’autres États les moyens de défense du pays »[6]. Les accords de défense sont rendus publics dans le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale[7].

Au-delà de la seule réforme constitutionnelle française, la révision de l’article 35 s’inscrit également dans le cadrage des conflits impulsé par les Nations Unies en raison de l’évolution de la nature des conflits. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le maintien d’une paix internationale relative réduit le nombre de conflits partout dans le monde, sauf en Afrique. Depuis 1945, 25 % des conflits se situent ou se sont situés sur le continent africain.

Au-delà de la nécessité et du caractère obligatoire de légiférer les interventions françaises à l’étranger, on peut se demander si ce cadrage suffit à légitimer les OPEX aux yeux de l’opinion publique. En 2008, un sondage IFOP pour le Journal du Dimanche révèle que 88  % des Français ont une opinion plutôt positive des militaires. 97  % d’entre eux estiment que la première vocation de l’armée française est d’assurer la sécurité de la population française[8].

En 2013, est-il concevable pour eux que Paris intervienne au Mali pour répondre à une demande de l’État malien mais que le gouvernement avance également l’impératif de protéger les quelques 5 000 ressortissants français présents dans le pays (0,007 % de la population française) ? Cette même année, 66 % d’entre eux estiment que « l’adversaire principal » de la France est le terrorisme international. Consciente de l’essor de ce dernier, cinq and plus tard, en 2013 – année de déclenchement de l’opération Serval – , 73 % d’entre eux se disaient favorables au déploiement de l’armée française au Mali en réponse aux mouvements djihadistes dans le nord du pays. En 2021, huit ans après le début de l’intervention au Sahel, ils sont plus de la moitié à désapprouver cette OPEX[9].

En août 2020, interrogés sur les thématiques qui leur semblent prioritaires pour les mois à venir et en raison de la pandémie mondiale actuelle[10], les Français répondent que la santé, la lutte contre l’épidémie de COVID-19 et celle contre la délinquance sont leurs principales préoccupations. La diminution du chômage, l’éducation et enfin la sécurité et la lutte contre le terrorisme occupent la quatrième place à égalité (68 % d’entre eux considèrent chacun de ces sujets comme « tout à fait prioritaire »). Au vu de ces éléments, on pourrait penser que l’opinion des Français sur l’engagement militaire de leur armée à l’étranger semble volatile, voire même incertaine. Pourtant, les citoyens et leur perception des priorités actuelles pour le pays apparaît simplement soumise aux éléments conjoncturels qui viennent logiquement interférer les croyances et bousculer les convictions. La gestion de l’immédiat se pose comme primordiale et il semble, sans pour autant plaider l’individualisme, émerger un besoin de se recentrer sur les questions nationales pour les Français.

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De l’engagement des soldats français en Afrique : fondements structurels, éléments conjoncturels et motivations


« Le soldat n’est pas un homme de violence. Il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller sans faillir au bout de sa parole tout en sachant qu’il est voué à l’oubli ». Ce postulat – d’auteur inconnu – peut susciter une interrogation : si un soldat, sans distinction d’arme ou de spécialité est « voué à l’oubli », pourquoi s’engage-t-il ?

L’armée regroupe des milliers de femmes et d’hommes, de tout horizon et de tout âge. La direction d’une opération militaire, à l’intérieur des frontières ou à l’extérieur, est attribuée à des hauts gradés, ayant fait leurs armes et acquis l’expérience nécessaire au commandement d’hommes. Pourtant, des militaires parfois tout juste majeurs participent aux opérations et il convient selon nous de prendre en compte cette composante lorsque l’on s’intéresse à l’engagement au sein des armées. Dans leur contribution au dossier Armée/jeunesses : vocations, engagement et « deuxième chance », Laurent Besse et Christel Coton font état d’un manque « cruel de données statistiques » sur les profils des engagés[11]. Une fois traitée la dimension salariale, ce déficit d’études sur la composition de l’armée française et plus particulièrement sur les motivations des jeunes qui rejoignent l’institution militaire conduit à s’interroger sur les véritables raisons de leur engagement. À l’heure où l’on peut faire tout combat, la cause nationale et le prestige qui peuvent lui être associé semblent parfois des éléments déclencheurs de l’intégration au sein de l’institution. Porter l’uniforme peut ainsi être un révélateur. La rigueur, la discipline et le dépassement de soi, souvent inhérents à la condition militaire donnent un sentiment de fierté, une raison jugée louable de s’engager. Pour comprendre leur engagement, notamment dans le cadre des OPEX, il apparaît ainsi pertinent de s’interroger sur la nature des différentes missions confiées aux soldats.

Lorsqu’ils sont en service, les militaires sont, bien sûr, amenés à partir à l’étranger pour assurer leurs missions. Ils sont également mobilisés sur le territoire français en régiment ou en opération intérieure (OPINT). La plus connue d’entre elles est actuellement l’opération Sentinelle mise en place en janvier 2015 suite aux attentats de Charlie Hebdo. S’ils sont indemnisés pour ce déploiement sur le territoire national, la rémunération des OPINT est bien moins avantageuse que pour les OPEX. De même, la participation à une OPINT semble moins bien perçue par les militaires eux-mêmes[12]. Après les attentats du 13 novembre 2015, 83 % des français estiment que l’emploi des forces armées pour assurer des missions de sécurité intérieure est prioritaire[13]. La pandémie mondiale de COVID-19 a conduit au lancement de l’opération intérieure Résilience le 20 mars 2020. La mission est d’appuyer les services publics dans leur lutte contre la propagation du virus et l’aide aux populations[14].

Les armées sont aussi déployées à l’étranger et les Français semblent moins alertes sur la nature de leur mission à l’extérieur, faute de pouvoir les observer eux-mêmes. Depuis 1986 et le déclenchement de l’opération Épervier au Tchad, l’Afrique de l’Ouest est un passage obligatoire pour grand nombre de militaires. Y semble aujourd’hui associées une sorte de prestige ainsi qu’une reconnaissance par le haut ; la lutte contre le terrorisme partout et sous toutes ses formes étant l’une des priorités des gouvernements successifs depuis le début des années 2000. Pour certains, l’Afrique est le premier déploiement. L’Afrique médiatisée est en effet celle des conflits. Rarement évoqué pour d’autres raisons que les crises sécuritaires systémiques qui s’y déroulent, le continent africain suscite parfois des interrogations, de même que l’engagement français sur place. À l’inverse, l’apparition d’un certain fatalisme quant à l’apaisement de la situation en Afrique pourrait quant à elle expliquer une baisse de motivation des militaires français déployés sur place. Pour le cas de l’opération Barkhane, la récente remise en question, voire la contestation, de la longueur de l’intervention militaire française sur place aurait largement pu mettre à mal la perception des rangs français sur leur propre engagement en Afrique. Malgré les soubresauts contestataires, les soldats déployés sur place sont pourtant en première ligne pour observer les avancées réalisées et permises par le maintien de l’opération.

Quatorze mille quatre cent quatre-vingt dix. C’est le nombre de militaires français déployés à l’étranger au début de l’année 2021. Forces de présences, missions maritimes, forces de l’OTAN, actions européennes ou encore intervention de l’ONU, l’armée française mène et prend part à de nombreuses missions sur toute la surface du globe. Cinq mille cent d’entre eux sont en effet présents aujourd’hui au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane. Quelle perception ont-ils de leur engagement en Afrique ? Jugent-ils l’action légitime ? Leur approbation est-elle un vecteur indispensable de la bonne conduite de l’intervention ? Comment sont-ils briefés avant de partir pour le Sahel ? La justification des OPEX est primordiale pour l’État. Tout d’abord, pour asseoir la légitimité de son pouvoir régalien, confirmer la primauté de l’exécutif dans le domaine martial et également s’assurer le soutien – ou tout du moins la non-récalcitrance – des citoyens au déploiement de leur armée à l’étranger. Si les militaires ne sont pas des citoyens comme les autres et sont soumis au devoir de réserve, leur acquisition à la cause de la mission semble pourtant centrale dans la bonne conduite de cette dernière.

Dans sa contribution à l’ouvrage Opération Barkhane des éditions l’Esprit de Tous les Combats, le Général de corps d’armée 2e section Bruno Clément-Bollé avance que « la confiance du contingent français est sans limite, forgée sur la certitude de la légitimité de l’action : rétablir la paix et la sécurité dans la région sahélo-saharienne et y éradiquer le terrorisme »[15]. En 2014, les première et quatrième de couverture du livre La Guerre de la France au Mali de Jean-Christophe Notin reprennent le propos du Général de Saint-Quentin : « Notre mission était claire : aller très vite et détruire les terroristes »[16]. La préparation d’une OPEX est l’un des temps forts de la vie d’un militaire. Cohésion, condition physique, briefing mission sont autant d’étapes préalables au déploiement. Pouvant aller jusqu’à plusieurs mois en fonction de la nature de la mission, la préparation est nécessaire et obligatoire. Cette phase se réalise en amont, souvent au sein des régiments. Si l’entraînement opérationnel semble être la composante majeure de cette période, cette étape donne également lieu à des démarches administratives qui ramènent parfois le futur déployé à la réalité de sa condition. Chaque militaire doit, en effet, partir avec sa plaque d’identité militaire. Elle permettra son identification sur le théâtre d’opération. C’est en outre l’occasion de la prise de photo pré-déploiement, celle qui pourra être diffusée en cas de décès dans l’exercice de la mission.

La fin de l’opération Barkhane: une opportunité pour les intérêts russes en Afrique de l’Ouest ?


L’engagement militaire a de cela qu’il personnifie la potentialité du sacrifice ultime pour la nation de chaque engagé. Au sein d’une armée nationale, cette dimension semble inhérente au fait guerrier. Pourtant, décéder en opération n’est évidemment pas la vocation première d’un militaire. Lorsqu’ils intègrent les rangs de l’armée française, notamment pour les postes opérationnels (type combattant), les nouveaux engagés ont conscience de cette possibilité. Ainsi pourrait-on se demander si la seule noblesse supposée de la cause nationale est la principale raison qui pousse aujourd’hui un soldat à s’engager sous le drapeau français.

La fin de l’année 2020 et le début de l’année 2021 ont marqué un véritable tournant pour l’opération Barkhane[17]. Très récemment, au début du mois de juin 2021, en raison d’un énième coup d’État au Mali, le Président Emmanuel Macron a annoncé officiellement la fin du dispositif Barkhane en tant qu’OPEX. La volonté affichée est le désengagement progressif des troupes. Il se murmure que l’effectif actuellement déployé au Sahel sera diminué de moitié d’ici janvier 2023. Un calendrier, ainsi que les modalités de retrait seront dévoilés d’ici la fin du mois de juin. Le retrait du Sahel désormais programmé entraîne avec lui de nombreuses interrogations sur la gestion de la crise sur place. Comme c’est le cas dans beaucoup de ces derniers, particulièrement en Afrique ; une ingérence étrangère en chasse une autre. Aussi se pose désormais la question des différents scénarios envisageables quant à la gestion de la crise sécuritaire dans la BSS. Parmi ces hypothèses, on peut notamment s’intéresser à l’essor du groupe russe Wagner sur le continent africain qui pourrait, au moins officieusement, prendre le leadership étranger dans la région comme il l’a déjà fait en Centrafrique.

L’armée française en Afrique: rappels historiques et intérêts pluridimensionnels


Le Cahier du Retex du Centre de Doctrine d’Emploi des Forces (CDEF) sur le déploiement des forces armées françaises sur le continent africain distingue quatre grandes périodes pour la présence militaire de la France postcoloniale sur ce continent : de 1960 à la fin du monde bipolaire, de 1990 à 1994, puis de cette date à celle des attentats de 2001 et enfin de 2001 à 2014 avec le lancement de l’opération Barkhane.

Des indépendances à la chute du mur de Berlin, Paris honore les accords de défense qu’elle a signés avec ses anciennes colonies. La réunification allemande laisse entrevoir l’espoir de démocraties populaires et le continent connaît alors une vague de démocratisation jusqu’en 1994, année qui marqua un tournant historique notamment avec la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Jusqu’en 2001, la politique africaine de la Ve république est intimement liée à la professionnalisation progressive de son armée voulue par le Président Chirac dès 1996. Le gouvernement français veut repenser les interventions extérieures y compris sur ce continent. Le modèle bilatéral glisse progressivement vers une prise en compte internationale et veut donner plus de place à une défense « relocalisée » : le programme RECAMP est créé en 1997 et est axé sur l’aide à la formation des armées locales. L’année 2001 scelle le retour français en Afrique et plus particulièrement au Sahel. Si elle intervient à la demande de ses partenaires, la lutte contre la nouvelle menace du terrorisme mondial post-11 septembre légitimerait le déploiement des troupes armées françaises au nom de la préservation des valeurs démocratiques mondiales.

Néanmoins, force est de constater qu’il existe un grand intérêt pour l’ancienne puissance coloniale à intervenir dans ce qui constituait son ancien empire. En effet, deux composantes de circonstances semblent majeures. Tout d’abord – et c’est l’une des motivations principales apportées par Paris pour justifier son intervention au Mali par exemple – en raison du nombre de ressortissants français présents sur le continent. Aujourd’hui, on compte environ 2,5 millions de français établis hors de l’hexagone. Près de 15 % d’entre eux sont installés au Maghreb et au Moyen-Orient et presque 8 % le sont de façon durable en Afrique subsaharienne ainsi que dans les pays jouxtant l’Océan indien[18]. Dans un second temps, en raison de l’histoire coloniale, la France reste encore très présente sur le continent : la langue, la culture ou encore la présence diplomatique y sont particulièrement développées. Pourtant la présence de Français sur le continent ou la culture francophone ne constituent que la face visible et « entendable » de l’iceberg des intérêts de Paris sur place.

En effet, les intérêts stratégiques et économiques semblent demeurer les vecteurs indicibles de certaines interventions françaises sur ce continent. Sur le plan stratégique, plusieurs bases militaires permanentes sont implantées sur le territoire depuis les années 1980-1990 (au Gabon, à Djibouti, en Côte d’Ivoire ou encore au Sénégal). En outre, l’armée française y a mené pas moins de cinquante opérations militaires. Ces données permettent, dans un premier temps, de mettre en avant ce qui apparaît comme le « postulat militaire français en Afrique » : être omniprésent. Dans un second temps, il rejoint l’une des composantes, bien que plus relative ces dernières années, de l’armée française : être déployable rapidement notamment via une présence internationale très quadrillée. Ayant évoqué les intérêts de circonstances et stratégiques, il est désormais nécessaire de poser le cadre des enjeux économiques liés à la présence militaire française sur ce continent. S’ils sont évoqués pour expliquer l’engagement de la France sur le continent, ils ne semblent que très peu explicités. L’une des causes du manque de clarté des dirigeants successifs français sur la question des intérêts économiques et financiers apparaît à ce titre. En effet, on impute souvent à la Ve République son passé colonial et sa présumée difficulté à « couper le cordon » avec ses anciennes colonies, celles mêmes qui constitueraient son « pré-carré », lui assurant certains intérêts économiques, notamment à l’Ouest (Sénégal, Guinée, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Niger ou encore au Tchad).

Au Niger, les ressources en uranium sont particulièrement abondantes. Une fois importé, l’uranium permet d’alimenter les centrales nucléaires. Orano – plus connue sous son ancien nom : Areva, une grande entreprise française, exporte depuis le Niger. Ce géant de l’industrie nucléaire, détenu en partie par l’État français, exploite deux sites au Niger depuis les années 1970, permettant ainsi d’assurer l’approvisionnement énergétique du pays. À l’automne 2010, sept membres de la société sont enlevés par l’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Quatre d’entre eux étaient encore otages trois ans après le rapt. Ils sont finalement libérés en octobre 2013. Cet enlèvement avait notamment conduit au déploiement de forces spéciales françaises pour protéger les mines d’uranium d’Areva au sein du pays au début du quinquennat du Président François Hollande. L’envoi sur place du Commandement des Opérations Spéciales (COS), avait alors trouvé toute sa justification, à peine quelques semaines après le déclenchement de l’opération Serval.

Autre acteur privé stratégique, TotalEnergies – nouvelle dénomination de l’entreprise française Total, est présent dans 40 pays sur l’ensemble du continent africain, au Niger, avec Areva, mais également en Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso, ou encore au Tchad, principaux pays où interviennent aujourd’hui les forces armées françaises sur le continent. Hormis des géants de l’industrie nucléaire, on compte également des groupes bancaires français sur le continent – comme BNP Paribas, implantée dans onze pays africains, mais aussi le groupe Vinci ou encore Orange. La course aux ressources en Afrique de l’Ouest est aussi une réalité dont la France est un acteur central. D’une part pour servir sa cause, à savoir assurer ses approvisionnements en matières premières, mais aussi pour asseoir sa capacité d’innovation industrielle en établissant des groupes français sur le continent africain de manière pérenne. Néanmoins, un élément est ici particulièrement intéressant à soulever: le pays n’est ni le premier, ni la seule puissance étrangère à convoiter les ressources disponibles en quantité – semble-t-il illimitée – en Afrique. Pétrole, cuivre, fer, uranium, ou or ; sur le continent, les richesses sont aussi nombreuses que les puissances extérieures qui les convoitent. Canada, France, Chine, Russie, Turquie, ou encore pays du Golfe. Remarquons que c’est principalement en raison de la présence de nations étrangères sur le continent que le gouvernement français ne peut plus se permettre de ne pas intervenir en Afrique. Il convient pourtant de nuancer : Paris semble se désengager de plus en plus de ses anciennes colonies. En effet, l’intérêt plus tourné vers les anciens pré-carrés anglophones et lusophones.

Évoquer les aspects économiques pour justifier l’intervention armée n’est évidemment pas une possibilité envisageable pour l’exécutif. En la matière, les présidents français successifs ont préféré mettre en avant les partenariats noués avec les différents dirigeants africains – notamment les accords de défense. Bien souvent, c’est le fer de lance mondial que constitue la lutte contre le terrorisme international qui était également avancé en premier. Il devait suffire à justifier le déploiement des forces armées françaises sur place, au moins vis-à-vis de l’opinion publique. En effet, l’adhésion populaire à une opération extérieure (OPEX) apparaît déterminante pour sa poursuite. Néanmoins, lorsqu’il est décidé, l’engagement des forces armées à l’étranger est particulièrement encadré légalement. Il s’agira désormais de savoir si le cadre juridique de déclenchement des OPEX suffit à faire adhérer la population à ces dernières.

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Wagner et l’implantation russe en Centrafrique: les loups gris russes dans la bergerie centrafricaine ?


La mort criminelle de trois journalistes russes d’investigation et issus de médias indépendants en juillet 2018 à l’occasion de leur reportage en République Centrafricaine a été le catalyseur pour mettre en lumière les vraies formes de l’implantation russe en Afrique. En effet, bien loin des discours officiels misant sur d’« amicaux » liens diplomatiques et économiques, la Fédération de Russie de Vladimir Poutine entend jouer un rôle de leadership et d’arbitre des conflits en Afrique se substituant notamment à une France visible, de plus en plus, comme déficiente en la matière que ce soit à tort ou à raison. Pour atteindre ces objectifs, la Russie a misé sur un modèle que l’on pourrait qualifier de subversif puisqu’il se fonde sur un système hors-la-loi sur le plan international : le mercenariat. Un mercenariat qui n’est, toutefois, qu’une façade pour déployer de véritables forces spéciales dans une optique claire : s’implanter dans le pays, s’y rendre indispensable et finalement se substituer à l’État de droit. Une logique qui a déjà fait ses preuves en Ukraine (Donbass) en 2014-2016 et qui tend à se développer en certains points du globe notamment en Afrique. Une logique permettant de faire rayonner l’influence de la Russie au mépris absolu des lois internationales. Une logique qui se focalise sur un groupe aussi énigmatique qu’ambigu : le groupe Wagner.

Comment en est-on arrivé là ?


Le 30 mars 2016, l’ancien professeur de mathématiques Faustin-Archange Touadéra est élu président de la République centrafricaine à Bangui. Immédiatement, des heurts d’abord politiques mais aussi militaires l’opposent à l’ex-président Bozizé. Celui-ci, ayant quitté le pouvoir en 2013, se rattachant à des mouvances d’obédiences chrétiennes, se sert notamment des milices dites «anti-balaka » qui ont été créées lors de la guerre civile centrafricaine pour faire face aux milices musulmanes « Séléka ». La situation devient très complexe : la France, via la force Sangaris[19], qui est de plus en plus critiquée pour son action et limitée dans sa marge de manœuvre, ne peut plus être le soutien dont Touadéra aurait besoin. De plus, au 31 octobre 2016, la force Sangaris clôt sa mission et quitte le pays.

Quelles solutions alors pour Touadéra qui se retrouve presque seul face aux Séléka qui contestent le pouvoir de Bangui depuis plusieurs années mais surtout face aux anti-balaka instrumentalisés par Bozizé ? Ce qui lui reste d’armée fidèle n’est pas au niveau et les promesses d’aide militaire du Rwanda voisin ne suffiraient pas.

C’est ici qu’entre en scène le « grand frère » providentiel russe. Par suite d’accords de coopérations militaires tenus fin 2016, la Russie s’engage à envoyer des « formateurs » pour encadrer les recrues centrafricaines et donner à Touadéra les moyens d’une réplique organisée face à ses ennemis. En réalité, ces « formateurs » sont les premiers membres du groupe Wagner et n’ont rien à voir avec des formateurs comme on peut l’entendre dans d’autres pays. Il s’agit, en effet, de plusieurs centaines de « mercenaires », recrutés sous contrat par des instances grises russes rattachés au FSB (Service fédéral de sécurité de Russie) et au gouvernement de Vladimir Poutine et qui sont encadrés par des anciens ou des officiers détachés des forces spéciales (Spetsnaz), voire directement du FSB. Leur objectif : se rendre indispensable au président Touadéra pour entamer une vassalisation de la République centrafricaine à l’égard de « l’ami russe ». Il faut rappeler que Wagner est un groupe mercenaire prétendument privé, formé initialement pour la guerre dans le Donbass en 2015-2016 et récupéré par les services secrets russes pour effectuer des opérations spéciales à l’étranger en contournant les règles internationales, notamment en Syrie depuis 2016.

Pour Touadéra, l’arrivée de Wagner et des Russes est bien pratique et ce sur plusieurs plans.

En effet, dès le début, les mercenaires russes se voient utilisés dans le cadre de la formation et de l’entraînement des unités de l’armée régulière restées fidèles à Touadéra. Il s’agit souvent de jeunes recrues et l’apport de l’expertise russe en la matière est très profitable.

Le reporter français et consultant Science-Po du journal l’Express, Vincent Hugueux, donne le chiffre, pour la seule année 2018, de près de 1 600 soldats centrafricains formés, « à la dure », avec des ordres directement en langue russe et qui ressortent de ce camp tout heureux d’avoir obtenu un diplôme recherché[20].

Une expertise russe également très appréciée en ce qui concerne la surveillance de sites sensibles mais aussi de personnes : la fonction de « bodyguard » est très classique dans le cadre des mercenaires et le président Touadéra en personne semble d’ailleurs disposer d’une garde russe rapprochée. C’est évidemment majeur pour lui : les gardes du corps russes ne peuvent faire l’objet d’une tentative de corruption de la part des factions adverses comme pourraient l’être des gardes du corps locaux.

Il est intéressant de mettre en évidence toute la dimension grise que prennent ces miliciens russes au service du président Touadéra. En effet, désignés sous l’appellation fallacieuse de « réservistes » de l’armée centrafricaine, ils ont été envoyés dans un camp privé à quelque 50 kilomètres de la capitale Bangui. Un endroit de fameuse mémoire puisqu’il s’agit d’une des anciennes demeures luxueuses du dictateur Bokassa[21]. Toutefois, elle est depuis tombée à l’abandon. Ce domaine de 100 acres, éloigné de la cohue de Bangui et à l’écart des indiscrets, permet justement à Wagner d’avoir un terrain propice à la formation de centaines de soldats centrafricains fidèles à l’autorité du président Touadéra. Notons que ce camp n’hésite pas à ouvrir ses portes aux journalistes pour qu’ils puissent voir toute « la bonne volonté » de la Russie pour aider son partenaire centrafricain. C’est ainsi qu’en avril 2019, le conseiller russe du président Touadéra, Valery Zakharov, fait lui-même découvrir le camp de Berengo à une équipe de Al-Jazeera pour un reportage : le but évident de montrer de la soi-disant transparence n’est que trop gros surtout après la mort « mystérieuse »[22] de trois journalistes enquêtant sur Wagner quelques mois auparavant. Il est nécessaire pour Zakharov de rassurer les médias sur l’activité des Russes. Il déclare alors que ces « plusieurs centaines » de soldats russes sont là à titre de « réservistes de l’armée centrafricaine » et que leur volonté n’est que de participer à la reprise en main du pays par le président[23].

Officiellement, 5 officiers de l’armée russe et 175 « instructeurs civils » sont dépêchés en 2017. En réalité, ces « instructeurs civils » sont probablement déjà des mercenaires de Wagner. Quelque temps après, une soixantaine d’entre eux les rejoignent, l’effectif serait rapidement monté à 400 et certains n’excluent pas le fait que Wagner ait atteint 1 000 membres en Centrafrique pour l’année 2019[24]. En mai 2018 déjà, le chercheur canadien Andrew McGregor (Aberfoyle International Security) estimait, pour sa part, à 1 400 le nombre de contractors russes en Centrafrique en comptant dans un même lot, Wagner et la petite société militaire privée (SMP) Sewa Security Services, une SMP de « soutien » voire, hypothèse personnelle, de simple « couverture »  pour diminuer la part réelle prise par Wagner dans l’implantation russe en Centrafrique[25].

L’année 2017 n’a donc pas été la seule à voir arriver des mercenaires russes estampillés Wagner en Centrafrique ; depuis 2021, un flux ininterrompu d’hommes et de matériels a été envoyé à Bangui prenant parfois des chemins détournés bien compliqués dans le but d’éviter une publicité internationale bien trop compromettante. Un exemple frappant nous est fourni par le suivi de dix mercenaires en 2020 qui a été relaté dans le média indépendant et classé dans l’opposition centrafricaine, LeTsunami.net. En effet, les dix « Wagnériens »  sélectionnés doivent rencontrer à Liège, Dimitri Mozer, une personnalité trouble, un Européen, de nationalité russo-belge, agent diplomatique entre la Centrafrique et la Belgique et parfaitement introduit dans le milieu si fermé des diamantaires d’Anvers. Mozer et les dix hommes de Wagner avec des faux passeports indiquant des prospecteurs miniers devraient alors passer par Kinshasa puis le Cameroun avant de rejoindre Bangui pour arriver finalement en catimini au Palais présidentiel de Touadéra[26]. On peut juger, à travers ce parcours, des précautions prises pour éviter de faire publicité autour de l’usage de Wagner. Mais il ne faut pas oublier que les hommes de Wagner ne sont que des mercenaires et de fait, hors-la-loi auprès de toutes les instances internationales. Ils le savent et leurs employeurs aussi.

Cette figure évoquée de Dimitri Mozer permet d’en introduire une autre, celle de Valery Zakharov. Ancien du KGB et élève modèle du système Poutine, il a été parachuté en 2017 comme conseiller spécial et privé du président Touadéra. Chef officieux de Wagner sur place, gérant de multiples entreprises russes s’implantant en Centrafrique, ombre du président n’hésitant pas à faire pression sur lui pour obtenir des avantages pro-russes, s’immisçant dans la politique nationale, se posant comme un diplomate qu’il n’est pas, Zakharov est révélateur d’un état des lieux qui semble clair : l’arrivée de Wagner en Centrafrique est la première étape d’une vassalisation du pays par la Russie, une vassalisation où Zakharov joue le rôle du gouverneur d’un protectorat dans lequel le président Touadéra ne serait plus qu’un prince fantoche.

Wagner : première étape de la vassalisation mafieuse de la Centrafrique par la Russie ?


En réalité, malgré les « bons mots » du gouvernement russe à l’égard de la communauté internationale sur la raison de sa présence en Centrafrique, ce à quoi l’on assiste est une véritable mise en coupe réglée du pays. Rappelons à ce titre que la Centrafrique possède l’une des plus riches réserves de matières premières dans son sous-sol en termes de métaux précieux.

Comme si tout avait été planifié, l’arrivée des miliciens de Wagner précède la signature de très importants contrats commerciaux entre le gouvernement centrafricain et des entreprises russes dont l’opacité est très bien gardée. En quelques années, les principales mines du pays sont passées sous surveillance des hommes de Wagner mais se voient de plus en plus contrôlées par des entreprises appartenant toutes à la nébuleuse de l’empire financier d’un seul homme : Evgeni Prigozhin. Personnage fascinant s’il en est, voyou des rues de Saint-Pétersbourg, ayant fait fortune dans la restauration gastronomique presque par hasard, cet oligarque de premier ordre possède désormais la confiance de Vladimir Poutine qui, depuis 2010, lui en a donné les meilleures preuves : contrats avantageux pour que ses entreprises agroalimentaires possèdent l’exclusivité pour nourrir l’armée, délégation pour diriger le bureau chargé de diffuser les fake news sur Internet et surtout à partir de 2013-2014, les coudées franches pour superviser Wagner.

Avec Prigozhin comme moteur agissant et Wagner comme bras armé, l’illégalité des actions et les manipulations dignes de la grande criminalité n’effraient pas les Russes en Centrafrique. Bien au contraire. C’est ainsi que le nouveau président de l’Assemblée nationale centrafricaine, Laurent Ngon Baba, permet, par un accord signé le 27 février 2020, à la société minière Midas Ressources d’avoir accès à des mines pour un contrat à 280 millions de francs CFA. Basée à Bangui, cette société décrite comme « société proche de la Russie »[27] par l’agence Ecofin de Genève, possède un magnifique site internet[28] mais ne dit strictement rien des activités de ladite société. En réalité, celle-ci est probablement une énième succursale de M-Invest et de fait appartient à l’inévitable Prigozhin. Il faut alors noter que cet accord minier s’est fait au détriment de toute légalité : collusion des hommes politiques, pots-de-vin, mépris des commissions centrafricaines, caution donnée très facilement par la Banque d’État, la Commercial Bank Centrafrique et surtout la manœuvre envers la société AuraAfrique qui gérait la mine de Ndassima pour le géant minier canadien Axim depuis plusieurs années : cette société s’est tout simplement fait retirer la gestion de la mine de manière arbitraire[29]. Elle crie d’ailleurs au scandale depuis.

L’on voit dès lors, un système se dessiner en Centrafrique. Sur le terrain, sur les routes, près des mines, les hommes de Wagner sécurisent les matières premières et donnent quelque crédit à l’autorité fantoche de Touadéra. Dans la capitale Bangui, le « conseiller » Zakharov dirige la main de Touadéra chaque fois qu’il s’agit de signer un contrat en faveur d’une entreprise russe ou de s’écarter de la sphère d’influence occidentale notamment de la France. De loin, tel un parrain gérant ses intérêts, Prigozhin orchestre toute la mécanique que ce soit au niveau militaire (Wagner), financier (envoi de fonds), diplomatiques (présence « grise » de Prigozhin à différents sommets africains en 2019) et bien sûr économiques avec la gestion de ses succursales centrafricaines. On ne peut conclure sans évoquer la dernière tête de cette poupée matriochka : Vladimir Poutine. En effet, le président russe ressort de ces opérations en position de force : bonne image internationale en venant en aide à un pays et en se faisant passer pour un médiateur, gains financiers et économiques avec les accords commerciaux et en fin de compte augmentation de l’influence de la Fédération de Russie sur le continent africain.

Finalement, ce qui se passe en Centrafrique fait penser à un système mafieux international. Quand on connaît le milieu d’où vient Prigozhin, on ne peut qu’en être étonné. Corruption, engrenage de la violence, extorsions, système de racket à grande échelle, illusion d’une protection contre un ennemi (rebelles de Bozizé) dont on est bien content qu’il existe… Tout y est…

De plus, la dimension de politique nationale n’est pas exclue de Wagner car le groupe, non content de servir à s’opposer aux rebelles, est aussi utilisé par Touadéra pour museler l’opposition légale qui se voit réduite à sa plus simple expression. En effet, alors que le chef de l’Assemblée nationale de Bangui, le réputé intègre et intraitable, Karim Meckassoua, brandit le 26 octobre 2018, l’article 60 de la Constitution centrafricaine qui met au-dessus de tout la souveraineté nationale sur l’exploitation minière, il est démis de ses fonctions par l’Assemblée qui se voit alors prise d’assaut par des hommes inconnus semant le chaos. Mis sur le compte des rebelles par Touadéra, ces incidents, qui confirment le président dans sa décision de démettre Meckassoua, ont des auteurs bien différents pour Meckassoua : « Parce que je les dérangeais, posant des obstacles. Ils ignorent notre constitution. Seule l’Assemblée nationale peut être responsable de la richesse du pays. En d’autres termes, aucune licence de mine, contrat financier ou exploitation du bois ne peut être délivrée sans le consentement de l’Assemblée nationale. Qui essaie de passer outre nos lois ? Les Russes »[30]. Cet exemple de déstabilisation et de pression politique par des « Wagnériens » n’est désormais plus vraiment isolé et semble devoir faire école. Touadéra y est gagnant en restant au pouvoir et les Russes aussi puisque la présence de Touadéra au pouvoir garantit leur maintien. Un type de relation de force typiquement mafieux.

Deux évènements récents et contradictoires sont venus montrer à quel point la situation semble bloquée dans le pays à cause de la mise en place de carcan russe. D’un côté, les déclarations en février 2021 de Valery Zakharov qui appelle les rebelles à déposer les armes comme s’il était la voie officielle du gouvernement centrafricain alors qu’il n’était, initialement, qu’un conseiller privé de l’ombre[31]. D’un autre côté, le tragique meurtre d’un habitant de Bria le 18 mai 2021 : voulant se défendre alors que des miliciens de Wagner tentaient de le détrousser, il s’est emparé d’un gourdin et a violemment assommé l’un des Russes. Surpris de cette riposte, les Russes ont immédiatement abattu l’homme : il est depuis le héros absolu de son village[32]. Tragique constat qui montre la déconnection complète en Centrafrique entre un pouvoir pris en otage par les Russes et un peuple en voie de se rendre compte dans quel piège il a été mis.

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Wagner en Centrafrique : la mise à l’épreuve d’un nouveau système


En conclusion, nous pouvons retenir deux choses simples à propos de l’intervention russe en Centrafrique.

Premièrement, elle a pris la forme de l’envoi d’un contingent du désormais célèbre groupe Wagner. Malgré certains démentis initiaux, le groupe a mobilisé au moins 1 500 hommes sur zone ce qui en fait une force équivalente à celle de l’opération française Sangaris qui, au maximum de son déploiement, a atteint 2 000 hommes en 2014.

Rappelons que le mercenariat international est interdit par une convention de 1989 d’où le titre pompeux de réservistes attribué aux miliciens russes qui ne sont, en réalité, même pas des mercenaires. Certes, ils combattent pour de l’argent mais pour beaucoup, une idée patriotique entre en ligne de compte. Une idée patriotique savamment entretenue par les bureaux de recrutement de Wagner, eux-mêmes supervisés- officieusement- par le gouvernement russe et le FSB. Certains miliciens sont persuadés en entrant dans Wagner qu’ils sont les éléments avancés et actifs de Vladimir Poutine dans la lutte contre l’éternel ennemi désigné, l’Occident, et plus particulièrement les États-Unis. De fait, et compte tenu du soutien « gris » apporté aux hommes de Wagner par le gouvernement russe – notamment pour la logistique et l’entraînement[33], on ne peut considérer ce groupe comme mercenaire. Il faudrait davantage les qualifier de paramilitaires de l’armée russe, voire des forces spéciales. Donc, Wagner et sa présence en Centrafrique sont l’équivalent d’une ingérence non-déclarée au niveau international de la Russie et de ses forces armées dans un pays soi-disant souverain.

En second lieu, il faut voir que ce qui se passe en Centrafrique est la mise en place d’un système assez nouveau en ce qui concerne l’influence d’un pays dans la sphère internationale. En effet, si la Centrafrique a totalement perdu, actuellement, son statut d’État souverain, c’est justement parce que le système Wagner va bien au-delà d’une simple intervention militaire. Il y a appropriation économique, clientélisation politique, accaparation financière et même travail idéologique comme le prouve les sorties de Zakharov à des concours de miss ou le très récent film de propagande russo-centrafricain Touriste datant de mai 2021 et qui illustre à quel point « l’ami russe » est bienveillant et surtout indispensable pour lutter contre des rebelles dont la présence arrange tout le monde. Tout cela dans un but : redonner du prestige à la Russie, accroître son influence internationale et récupérer des richesses matérielles si précieuses dans la course aux ressources que se livrent les grandes puissances. Et si au passage, le maître d’œuvre Prigozhin peut récupérer un dividende sur les recettes générales, tout le monde sera content.

Néanmoins, ce système a un coût humain invisible : les miliciens de Wagner eux-mêmes envoyés combattre et parfois se faire tuer[34] dans un lointain pays d’Afrique avec la promesse d’une paye mirobolante (au début tout au moins). Une paye qui leur permettra sans doute de faire vivre leur pauvre famille des villes industrielles en friche de la Volga, de la ville-morte sur le plan social d’Iekaterinbourg, des faubourgs misérables de Saint-Pétersbourg ou des zones de non-droit autour de Moscou, ces hommes se retrouvent pris au piège d’une idéologie du chantage. Projetés dans un pays étrangers sans vraie direction, armés de manière sommaire, brisés de manière personnelle au profit du collectif[35], on ne leur donne pas le choix : ils auront de l’argent et surtout la reconnaissance certes « fantôme »  de la patrie mais ils auront agi dans le bien de la « grande nation russe »  face aux impérialismes hypocrites. Toute la question est de savoir qui se trouve derrière le « bien »  de la grande nation russe : un gouvernement présidé par un autocrate vieillissant et en mal de « coups » sur la scène internationale ? Ou bien un petit caïd des ruelles de Saint-Pétersbourg devenu l’un des plus grands chefs mafieux de Russie et ne comptant pas s’arrêter en si bon chemin dans sa quête, désormais planétaire, de conquête de nouveaux territoires à exploiter ? Entre Poutine et Prigozhin, la réponse pourrait, toutefois, se trouver entre les deux choix : si le second peut faire ce qu’il veut, c’est justement parce que le premier lui a laissé carte blanche… L’éternelle question des intérêts bien compris

Conclusion

Aujourd’hui, on estime qu’un conflit sur trois se joue en Afrique. On s’explique cette composante par l’imbrication de facteurs conjoncturels et structurels multiples. L’un de ces derniers est notamment lié aux stigmates de la colonisation[36]. L’héritage laissé par l’époque coloniale et les mouvements d’indépendance qui s’en sont suivis est notamment l’inadéquation du tracé des frontières administratives avec la répartition des communautés et des ethnies. Au vu de cette donnée, on pourrait penser que les conflits en Afrique sont interétatiques. Ils sont en réalité intra-étatiques. Armée nationale contre milice(s), milice(s) contre groupe(s) insurrectionnel(s) ou groupe(s) insurrectionnel(s) contre armée(s) étrangère(s), le continent africain est le territoire qui illustre par excellence le changement de paradigme dans la manière de faire la guerre. L’avènement du terrorisme islamiste dans les années 1970 transforme les affrontements traditionnels a notamment conduit à l’augmentation des conflits hybrides où « l’absurde gagne contre le plan »[37]. Cette (plus si) nouvelle donne prend tout son sens lorsque l’on s’intéresse aux conflits en Afrique. Aujourd’hui, les modèles OPEX et celui de Wagner illustrent la difficulté de répondre aux conflits africains. Face à un ennemi omniprésent et de plus en plus difficile à identifier, on peut s’interroger sur l’avenir du modèle OPEX par rapport à celui des milices privées.

Nous venons d’évoquer deux modèles à première vue complètement différents. En effet, si la France se fonde sur le droit international et des concertations politiques nationales, internationales et supranationales pour intervenir, la Russie, elle, déjoue toutes les règles internationales en envoyant des miliciens dans un pays souverain sans aucun autre accord que des contrats passés dans l’ombre, qui plus est, avec des intermédiaires parfois loin d’être recommandables comme Zakharov ou encore plus Prigozhin.

Toutefois, on peut trouver dans ces deux modèles des finalités communes : la mainmise et la protection de ressources essentiellement minières et du sous-sol. En effet, autant la France que la Russie déploient une force militaire en parallèle d’une exploitation intensive des ressources du sous-sol du pays en question via des entreprises privées : comme Total ou encore Areva pour la France, les entreprises prête-noms de l’empire Prigozhin pour la Russie.

Il est surprenant de trouver des discours similaires en matière d’objectifs visés : la lutte contre le terrorisme pour la France, contre les rebelles pour la Russie. Néanmoins, dans le cas de la France, le terrorisme peut se rattacher à un problème national via les attentats alors que la Russie n’a que faire des problèmes internes centrafricains. De plus, la France n’a rien à gagner d’une déstabilisation de la région : bien au contraire, c’est ce qui permettra à ses entreprises de venir signer d’importants contrats, même s’il est vrai que laisser un pays sous perfusion militaire comme le Mali permet de surveiller plus étroitement ses entreprises sur place. En revanche, dans le cas russe, l’idée est plus obscure : l’état de chaos est nécessaire pour se rendre indispensable au pays mais on présente l’intervention comme visant à supprimer cet état de chaos. En réalité, il n’en est rien et les seules négociations faites par Zakharov et même Prigozhin ont simplement eu comme finalité l’obtention de nouveaux contrats miniers. Toutefois, ponctuellement, ces derniers ont pu travailler avec les parties concernées pour établir une trêve des combats : cela permettait alors de sécuriser davantage une région minière alors trop exposée au combat.

Finalement, se pose, autant pour la version française que pour la version russe, la question des motivations pour aller combattre. Et force est de constater que, dans les deux cas, la raison majoritaire est somme toute assez proche : l’idée de combattre pour les intérêts vitaux de son pays. Alors, certes, après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, il est sans doute plus facile pour un nouvel engagé français de se dire qu’il combat vraiment pour son pays en luttant contre les terroristes au Sahel ; le milicien russe, lui, n’a sûrement jamais entendu parler du rebelle centrafricain de même que du rebelle syrien ou du milicien libyen, autres théâtres d’opérations en cours de Wagner. Chez Wagner, il existe un sentiment quasiment sacrificiel qui est presque accepté par les miliciens comme si cela allait de soi. En effet, à la différence de l’armée française qui dispose d’une des meilleures intendances du monde et un soutien logistique et matériel de premier ordre, chez Wagner rien de tout ça. Le témoignage, à visage caché, de l’un des leurs est éloquent. Même s’il parle de la guerre dans le Donbass en 2016, cela permet de se faire une idée sur la façon dont le gouvernement russe traite ses soldats de l’ombre : « Tout le matériel que l’on a sort tout droit de la Seconde Guerre mondiale, il manque juste les baïonnettes sur les AK-47. Quand nous sommes arrivés à Debaltseve, les hommes ont été sortis des véhicules, dans un champ et on nous a simplement ordonné de nous emparer d’une fortification ou d’un blockhaus. Et ensuite, comme de la chair à canon. Quand ils ont commencé à nous tirer dessus au canon de 120 mm avec des tirs de RPG sur nos véhicules, les gars… Ils ont juste vomi… Des tirs direct de RPG…Il te reste juste les mains et les pieds… Personne ne sort de Molkino sans entraînement mais ils nous apprennent seulement ce qu’il faut pour ne pas se faire tuer immédiatement »[38].

Cérémonie de commémoration des treize militaires français morts au Mali. Crédit: A. Thomas-Trophime / DICOD via www.defense.gouv.fr disponible sur: [Album photo] Aux Invalides, la nation rend hommage aux 13 militaires morts pour la France au Mali (defense.gouv.fr).

En dernière analyse, on peut avoir l’impression que pour un grand nombre de mercenaires de Wagner ainsi que pour les familles les entourant, la notion de sacrifice a été intériorisée voire parfois mise en valeur. Comme le dit fièrement le dit un officier de Wagner, « Si nous devions affronter les Américains, nous gagnerons. Eux, ne savent pas se battre. Comme Poutine l’a dit, vous pouvez inventer toutes sortes de missiles mais vous ne pouvez inventer des gens comme ceux que nous avons en Russie. Notre peuple sait ce que veut dire de se sacrifier »[39]. On trouve ici certainement des paroles de propagande mais qui conviendraient à une certaine forme d’art de la guerre russe qui met en exergue le sacrifice individuel comme quelque chose de gratifiant qui permettra de pousser le collectif vers la victoire. Une vision aussi bien tsariste que communiste, russe avant tout.

Enfin, on peut s’essayer à envisager des scénarios pour le futur plus ou moins proche. Il est clair que le modèle OPEX conçu depuis les années 1970 semble dépassé, voire en crise. Il nécessite une urgente redéfinition notamment avec une plus grande collaboration avec les armées locales et régionales.

D’un autre côté, on a le système Wagner qui pourrait s’affirmer comme une solution low cost pour un grand nombre de chefs d’État contestés en mal de troupes de confiance : ils pourraient trouver dans Wagner la solution à certains problèmes non facilement réglables sur le plan militaro-diplomatique classique. De fait, c’est alors ouvrir les portes du pays à la Russie : va-t-on vers une augmentation de l’influence russe en Afrique ? C’est largement envisageable en particulier quand on voit que Wagner s’est signalé au Soudan (2018), au Mozambique (2019), à Madagascar (2019), en Libye (2019-en cours) et très récemment au Mali (2020), terre de présence militaire française en cours. Une passe d’arme indirecte a d’ailleurs eu lieu puisque les Russes agissent dans l’ombre pour discréditer Barkhane au profit de leurs méthodes d’action auprès de certains militaires maliens qui se sentent bridés par la présence française. Aussi, est-il certain que l’on va directement vers un confrontation, certes qui restera sans doute dans l’ombre, entre Wagner et Barkhane ou une autre OPEX du même type.

Néanmoins, il faut relativiser la montée en puissance de Wagner : dans beaucoup de cas, elle ne peut être qu’éphémère. Déjà, parce que Prigozhin et Poutine agissent sur du court terme et des coups d’éclats parfois sans lendemains comme les élections fraudées à Madagascar en 2019 : une fois le but atteint, Wagner se retire. Ensuite, parce que de nombreuses voix se font jour contre la présence de Wagner notamment en Centrafrique, pays le plus touché par le phénomène. De plus, le cuisant échec du Mozambique, les pertes lourdes en Libye et même l’expérience mitigée sur le plan militaire de la Centrafrique ont prouvé que les miliciens de Wagner n’étaient pas aussi efficaces que cela. Alors, la voix populaire aura-t-elle raison du « grand frère russe » ? Rien n’est moins sûr mais en Afrique, continent d’opportunités et de dynamismes, tout reste possible.

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Notes

[1]Au classement du budget accordé à la défense en 2019, il faut attendre la 18e place pour voir un premier pays africain, l’Algérie. L’Afrique du Sud, connue pour être une puissance militaire du continent ne culmine qu’à la 48e place du classement. Source: BONIFACE Pascal (dir.), L’année stratégique 2021 : analyse des enjeux internationaux, Paris, Armand Colin, 2020, 362 p.

[2]Le jeudi 10 janvier 2013, des groupes armés terroristes (GAT) affiliés à la mouvance islamistes font route vers Konna, une ville du centre Mali non loin de Mopti, la quatrième ville du pays. Déjà installés au Nord, la menace d’une gangrène djihadiste au Mali devient imminente avec le franchissement du fleuve Niger. Pour arrêter le convoi qui tente de rejoindre le Sud du pays, le président malien par intérim Dioncounda Traoré demande un appui militaire aux Nations Unies et notamment au président français François Hollande. Le risque imminent est « la chute du gouvernement malien et l’instauration d’un régime djihadiste dans un pays majeur d’Afrique de l’Ouest ». La France décide d’apporter son soutien à son partenaire malien, notamment en raison de la présence de 5 000 ressortissants français dans le pays. Et lance l’opération Serval. L’opération Serval a, entre autres, permis de « libérer les populations locales du joug qu’ils [les groupes djihadistes] faisaient peser sur elles ». Côté malien, la tenue des élections présidentielles et législatives en 2013 et l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) permet le retour progressif de la souveraineté de l’État au Mali. L’opération Serval s’achève en juillet 2014 et est remplacée dès le 1er août par l’opération Barkhane. Elle a mobilisé plus de 4 000 militaires français. Plus de soixante d’entre eux ont été blessés dans l’accomplissement de leur mission au Mali et dix y ont perdu la vie.

[3]BONIFACE Pascal, « Les opérations militaires extérieures », dans Pouvoirs, Paris, Seuil, n°125, 2008, 184 p., pp. 55-67, [en ligne] https://www.cairn.info/journal-pouvoirs-2008-2-page-55.htm (dernière consultation le 26/06/2021)

[4]Allocation de financement par rapport au budget opérationnel OPEX.

[5]Disponible sur : Constitution du 4 octobre 1958 – Légifrance (legifrance.gouv.fr)

[6]Source: Rapport d’exécution 2011 Loi de programmation militaire – Chapitre 3 Le recentrage de la prévention

[7]Le premier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a été publié en 1972. Ce document rendu public tous les cinq ans pose les orientations stratégiques de la défense de la France dont la mise en application est constituée par les lois de programmation militaire.

[8]BONIFACE Pascal, « Les opérations militaires extérieures », dans Pouvoirs, Paris, Seuil, n°125, 2008, 184 p., pp. 55-67, [en ligne] https://www.cairn.info/journal-pouvoirs-2008-2-page-55.htm (dernière consultation le 26/06/2021)

[9]Source: IFOP, « Les Français et l’intervention militaire au Mali, 8 ans après le déclenchement de l’opération Serval », Paris, IFOP, 2021, [en ligne] https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2021/01/117821-R%C3%A9sultats.pdf (dernière consultation le 27/06/2021)

[10]Source : IFOP, « L’état d’esprit des Français à la rentrée 2020 », Paris, IFOP, 2020, [en ligne] https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2020/08/117000-Rapport-CN-SR-N105.pdf (dernière consultation le 27/06/2021)

[11]L’abolition du service militaire obligatoire en 1997 n’a pas fait disparaître les jeunes des armées. Aujourd’hui, l’âge médian au sein des militaires est de 32 ans, « soit 8 ans de moins que pour le reste de la population active ». Source: BESSE Laurent (éd.) et COTON Christel (éd.), « Introduction – L’armée au miroir de la jeunesse», dans Agora débats/jeunesses, n°82, Paris, Presses de Sciences Po, 2019, 174 p., pp. 41-54, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-agora-debats-jeunesses-2019-2-page-41.htm (dernière consultation le 26/06/2021)

[12]Certains d’entre eux déplorent notamment leurs conditions d’hébergement et la mission réalisée en elle-même : arpenter les mêmes endroits pendant des heures tout en devant faire preuve d’une vigilance accrue à chaque instant.

[13]Haut Comité d’Évaluation de la Condition Militaire, « La condition des militaires engagés dans les missions de protection du territoire national et de la population », n°10, Paris, DICoD, 2016, 184 p., [en ligne] https://www.irsem.fr/data/files/irsem/documents/document/file/596/HCECM_10e_rapport.pdf (dernière consultation le 27/06/2021)

[14]L’une des actions la plus médiatisée de l’opération Résilience a été la création d’un hôpital militaire à Mulhouse érigé en huit jours pour désengorger l’hôpital de la ville. Il est important de souligner également que la crise sanitaire et l’implication des armées dans le soutien apporté à sa gestion ont permis d’augmenter le capital sympathie de l’institution de même que le nombre de candidats à l’incorporation en 2020.

[15]Le 28 décembre 2020, une attaque à l’EEI cause le décès de trois personnels de l’armée de Terre. Quatre jours plus tard, trois militaires perdent la vie lors d’une mission de renseignement. En moins d’une semaine, le bilan de perte humaine porte à cinquante morts le nombre de militaires décédés au Sahel. Les premiers mois de l’année 2021 semblent avoir plongé Barkhane dans la tourmente. Le 3 janvier 2021, l’armée française mène un raid aérien au-dessus de Bounti dans la province de Mopti (Mali). Les bombardements visent un groupe d’une quarantaine d’individus et font vingt-deux morts. Quelques jours après, une ONG déclare que l’attaque a été conduite à l’encontre de civils lors de la célébration d’un mariage au sein du village. Pour la première fois, on parle de « bavure de l’armée française » dans le cadre de l’opération Barkhane et la France doit rendre des comptes devant les Nations Unies. Plus généralement, c’est la condition militaire dans son ensemble qui semble prise dans la tournante depuis quelques mois. Le 10 décembre 2020, Mediapart publie une enquête révélant des failles de sécurité émanant des militaires français via leurs propres réseaux sociaux. En effet, les journalistes auraient pu remonter la trace de 1 000 soldats déployés à l’étranger via leurs profils sur différentes applications, compromettant ainsi le secret des opérations. En mars dernier, le même média publie une investigation sur la présence de néonazis au sein de certains régiments français. Plus récemment, en avril 2021, la lettre ouverte des généraux rendue publique par le magazine Valeurs Actuelles appelant à « un retour de l’honneur et du devoir au sein de la classe politique » a secoué la hiérarchie militaire, et relancé le débat sur le devoir de réserve. Article de Valeurs Actuelles : Jean-Pierre Fabre-Bernadac, « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme, Valeurs Actuelles, publié le 21 avril 2021 via www.valeursactuelles.com, disponible sur : « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme – Valeurs actuelles

[16]BRACQUEMART Sophie, Opération Barkhane, Paris, L’Esprit de tous les combats, 2020 (1re éd., 2018), 142 p.

[17]Première de couverture, NOTIN Jean-Christophe, La Guerre de la France au Mali, Paris, Tallandier, 2014, 650 p.

[18]Source: Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, « La communauté française à l’étranger en chiffres », Paris, France Diplomatie, 2021, [en ligne] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francais/l-action-consulaire-missions-chiffres-cles/la-communaute-francaise-a-l-etranger-en-chiffres/ (dernière consultation le 27/06/2021)

[19]Sangaris était la force d’intervention de la France en Centrafrique entre 2013 et 2016 dans le but de mettre fin à la guerre civile.

[20] HUGUEUX Vincent, « Afrique : comment Moscou supplante la France », dans L’Express, Paris, Groupe L’Express, 2018, [en ligne] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-comment-moscou-supplante-la-france_2051136.html (dernière consultation  le 27/06/2021)

[21]Jean-Edel Bokassa (1921-1996), a été un très célèbre dictateur centrafricain entre 1966 et 1979.

[22]Ce n’est certes pas la première fois que des journalistes russes paient de leur vie le fait de travailler sur Wagner. Citons ainsi le cas de Maksim Borosdin, défenestré le 15 avril 2018 alors qu’il enquêtait sur Wagner et se savait menacé. Comme l’écrit dans une interview Roman Burko, un journaliste d’investigation ukrainien du Donbass obligé d’apparaître uniquement cagoulé et qui a fait de l’investigation sur Wagner dans le Donbass une priorité : « Si je ne tombe pas accidentellement d’une fenêtre comme le journaliste russe Maxim Borodin, vous apprendrez bientôt de nouvelles choses sur Wagner.

[23]Al Jazeera English, La Russie en Afrique : à l’intérieur d’un centre de formation militaire en RCA, Doha, Al Jazeera Media Network, 2019,  23 min., [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=1tECHzB-uCM (dernière consultation le 27/06/2021)

[24]HUGUEUX Vincent, « Afrique : comment Moscou supplante la France », dans L’Express, Paris, Groupe L’Express, 2018, [en ligne] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-comment-moscou-supplante-la-france_2051136.html (dernière consultation  le 27/06/2021)

[25]MCGREGOR Andrew, « How Russia is Displacing the French in the Struggle for Influence in the Central African Republic », dans Aberfoyle International Security, Toronto, Aberfoyle International Security, 2018, [en ligne] https://www.aberfoylesecurity.com/?tag=berengo (dernière consultation le 27/06/2021)

[26]YAMALE Edouard, « Bruxelles/Bangui : 10 mercenaires recrutés par Dimitri Mozer du Groupe Wagner pour assurer la sécurité rapprochée de Touadéra », dans LeTsunami.net, 2020 [en ligne] https://letsunami.net/bruxelles-bangui-10-mercenaires-recrutes-par-dimitri-mozer-du-groupe-wagner-bientot-a-bangui/ (dernière consultation le 27/06/2021)

[27]Agence Ecofin, “Centrafrique : Axmin dénonce la réattribution de son permis minier pour la mine d’or de Ndassima”, 12 août 2020 [en ligne] https://www.agenceecofin.com/or/1208-79143-centrafrique-axmin-denonce-la-reattribution-de-son-permis-minier-pour-la-mine-d-or-de-ndassima (dernière consultation le 27/06/2021)

[28]Site officiel de Midas Ressources, société minière, site officiel: https://midasrs.com/

[29]YAMALE Edouard, « Centrafrique : Ngon Baba, l’agent de la mafia russe des mercenaires du Groupe Wagner à la manœuvre », dans LeTsunami.net, 2020 [en ligne] https://letsunami.net/centrafrique-ngon-baba-lagent-de-la-mafia-russe-des-mercenaires-du-groupe-wagner-a-la-tete-de-lassemblee-nationale/ (dernière consultation le 27/06/2021)

[30]Karim Meckaoussa, cité dans Al Jazeera English, La Russie en Afrique : à l’intérieur d’un centre de formation militaire en RCA, Doha, Al Jazeera Media Network, 2019,  23 min., [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=1tECHzB-uCM (dernière consultation le 27/06/2021)

[31]Radio Ndeke Yuka, Centrafrique: Valery Zakharov appelle les combattants rebelles à livrer leurs leaders, 13 février 2021, [en ligne] Centrafrique: Valery Zakharov appelle les combattants rebelles à livrer leurs leaders – Radio Ndeke Luka(dernière consultation le 27/06/2021)

[32]Corbeaunews Centrafrique, Bria, un braquage tourne mal, l’un des malfaiteurs, un mercenaire russe, a été violemment agressé, 19 mai 2021, [en ligne] Bria, un braquage tourne mal, l’un des malfaiteurs, un mercenaire russe, a été violemment agressé – Corbeau News Centrafrique ou si b il LPP Corbeau News Centrafrique ou si b il LPP (corbeaunews-centrafrique.com) (dernière consultation le 27/06/2021)

[33]La base de Molkino dans le Kouban, (sud-ouest de la Russie), centre névralgique de Wagner a été « prêtée » par l’armée russe au groupe ; le FSB (services secrets) gère son recrutement et sa logistique en Afrique est assurée notamment par un détachement de l’armée de l’air russe.

[34]Le Figaro, « Centrafrique : trois paramilitaires russes et deux policiers tués par un engin explosif », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2021, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/international/centrafrique-trois-paramilitaires-russes-et-deux-policiers-tues-par-un-engin-explosif-20210530  (dernière consultation le 27/06/2021)

[35]Au sein de Wagner, les noms et prénoms sont bannis au profit de surnoms de guerre ; de même, rien ne favorise la camaraderie et l’on essaye au maximum de casser les liens privés pour éviter une cohésion des miliciens. Ils doivent uniquement agir comme des chiens de garde.

[36]Sur le continent, seul deux pays n’ont jamais été colonisés, l’Ethiopie et le Libéria.

[37]BARRO Abdoulaye, « Mali. Les Français dans une guerre sans visage », dans Courrier International, Paris, Courrier International S. A., 2013 [en ligne] https://www.courrierinternational.com/article/2013/01/11/les-francais-dans-une-guerre-sans-visage (dernière consultation le 27/06/2021)

[38]https://www.interpretermag.com/fontanka-investigates-russian-mercenaries-dying-for-putin-in-syria-and-ukraine/

[39]Sergei Khazov, op.cit., https://www.rferl.org/a/russian-mercenaries-vagner-commanders-syria/29100402.html

Marine Bignon et Raphaël Roméo

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