Il n’est pas possible d’aborder la question de la guerre hybride sans rappeler le tournant qu’ont amorcé les pays de l’ancien bloc soviétique après la chute de l’URSS. En effet, en 1999, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale (PECO), anciens membres du Pacte de Varsovie, ont adhéré à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), comme la République tchèque, la Hongrie et la Pologne. L’élargissement à l’Est s’est poursuivi avec une nouvelle vague d’adhésion en 2004 : Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie et Slovénie.
La Russie n’a alors pu que contester cette extension de l’OTAN aux pays qui faisaient partie de ce qu’elle considérait comme sa zone d’influence. Parmi les pays que la Russie considère comme son « étranger proche », se distingue un exemple : l’Ukraine. En effet, difficile de parler de la guerre hybride sans évoquer ce pays.
En Ukraine, en 2004, ce qu’il est coutume d’appeler aujourd’hui « les révolutions de couleur » ont constitué les premiers soubresauts des relations entre la Russie et l’Occident. En 2010, la division interne entre pro-européens, les pro-Iouchtchenko d’un côté et les pro-Timochenko de l’autre, a permis l’élection du candidat pro-russe Ianoukovitch. Les Russes avaient d’ailleurs accusé les États-Unis et l’Union européenne (UE) de vouloir influencer le vote en Ukraine, similairement à l’éviction du président serbe Milosevic en Yougoslavie[1].
En 2013, de nouvelles manifestations ont éclaté en Ukraine, sur la place de l’Indépendance à Kyiv, la place Maïdan. Les manifestations découlaient du refus du président Viktor Ianoukovitch de signer l’accord d’association prévu entre l’Ukraine et l’Union européenne, refus annoncé le 21 novembre 2013[2]. Après plusieurs mois d’émeutes et de luttes sur les barricades pour les manifestants pro-européens, un accord politique fut signé le 21 février 2014 entre le pouvoir et les représentants de l’opposition afin de mettre un terme à la crise. Le 22 février, Ianoukovitch fuit le pays et dénonça un coup d’État[3]. Européens et Russes se sont alors opposés sur la question ukrainienne : la Russie craignait que l’Ukraine se rapproche trop de l’UE et de l’OTAN, et dénonçait un coup d’État dans le pays.
En novembre 2016, Paul D. Miller, ancien directeur du département d’Afghanistan au Conseil national de sécurité américain sous les administrations Bush fils et Obama, publie un article dans la très sérieuse revue géopolitique, Foreign Policy, intitulé « How World War III could begin in Latvia ? » (« Pourquoi une troisième guerre mondiale pourrait commencer en Lettonie ? »). Miller transpose le scénario de l’annexion de la Crimée et du conflit dans l’Est de l’Ukraine aux pays Baltes. Il s’agirait d’une guerre hybride, qui impacterait la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie. Cette dernière est d’ailleurs particulièrement concernée car elle possède une minorité russophone assez conséquente.
Il s’agirait pour Vladimir Poutine, moins d’envahir militairement les pays Baltes que de déstabiliser la région, en fomentant des mouvements rebelles et en exacerbant les tensions ethnolinguistiques chez les populations baltes, par un discours nationaliste envers les minorités russophones. Ce discours s’appuie en partie sur la phrase prononcée par Poutine en 2014, face au président de la Commission européenne de l’époque, José Manuel Barroso.
Le président russe déclarait : « Si je le voulais, les troupes russes pourraient arriver en deux jours, non seulement à Kiev, mais aussi à Riga, Vilnius, Tallinn, Varsovie et Bucarest. »[4]. Pour préserver son « étranger proche », la Russie s’appuie sur une nouvelle tactique militaire, qui englobe plusieurs champs : la guerre hybride. Mais quelle est la nature de cette guerre ? Comment se traduit-elle en pratique ?
Pour y répondre, nous allons nous reposer sur l’étude du conflit ukrainien. En effet, l’Ukraine a été le théâtre d’application de la guerre hybride avec l’annexion de la Crimée et le conflit dans le Donbass. Les techniques employées par Moscou seront présentées et cette stratégie de guerre hybride définie. Un accent particulier sera d’ailleurs mis sur la « guerre de l’information ». Enfin, nous évoquerons les buts de guerres recherchés par Moscou, à savoir une déstabilisation de l’OTAN et de ses alliés.
L’Ukraine : laboratoire à ciel ouvert
En Ukraine, deux actions de type guerre hybride ont été menées, la première en Crimée et la seconde dans le Donbass.
En Crimée, le 26 février 2014, des heurts éclatèrent entre des pro-européens et des pro-russes dans la capitale Simféropol. Le 27 février, le Parlement de Crimée fut pris d’assaut par un commando de militaires ne portant aucun signe distinctif sur leurs uniformes. Le drapeau russe fut hissé sur le toit du Parlement[5]. Un nouveau gouvernement local d’orientation politique pro-russe dirigé par Sergueï Axionov, leader du parti « Unité russe », monta alors au pouvoir. La nouvelle assemblée du Parlement de Crimée décida l’organisation d’un référendum pour plus d’autonomie. Il ne s’agissait pas d’une initiative locale, mais bel et bien d’une action orchestrée par Moscou, car Guirkine, l’agent de la Direction générale des renseignements de l’état-major des forces armées de la Fédération de Russie (GRU) qui était chargé d’organiser l’opération, confirma que la décision avait été dictée par les forces russes[6].
Au Parlement, le président par intérim ukrainien, Alexandre Tourtchinov, mettait en garde la Russie contre toute action militaire de la part des troupes russes basées à Sébastopol : « Je m’adresse aux dirigeants militaires de la flotte de la mer Noire : tous les militaires doivent rester sur le territoire prévu par les accords. Tout mouvement de troupe armé sera considéré comme une agression militaire »[7]. Alors que, de son côté, la Russie, par le biais du service de presse du ministre des Affaires étrangères, indiquait que « La flotte russe de la mer Noire applique strictement les accords en question »[8] et restait donc cantonnée dans ses casernes.
De fait, la Russie possède une base navale à Sébastopol. Il est aussi possible d’y observer la position de la capitale Simféropol par rapport à cette base, et il semble clair qu’il était très facile pour les soldats russes d’intervenir directement à Simféropol en raison de la faible distance séparant les deux villes de Crimée. La répartition ethnique des habitants est également très importante puisque la Crimée est peuplée à 58,5 % de Russes contre seulement 41,5 % pour les autres groupes ethniques, dont 24,4 % d’Ukrainiens, ce qui est assez faible. Ceci explique le soutien de la population de Crimée à la Russie et l’enjeu que représente ce territoire pour Moscou, puisque Sébastopol est la seule ouverture sur la mer Noire pour la Russie.

D’après plusieurs citoyens ukrainiens, qui ont publié des photos sur leurs comptes Twitter, la présence de véhicules russes ne faisait aucun doute.
Le 28 février, Kyiv accusa Moscou d’être à l’origine de cette crise en Crimée. De son côté, l’ancien président ukrainien Ianoukovitch, réfugié en Russie, affirma être le seul président légitime et dénonça un coup d’État. Lors d’une séance au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), la Russie affirma que Ianoukovitch avait adressé une lettre au président Vladimir Poutine dans laquelle il demandait l’aide militaire de la Russie pour « défendre la population ukrainienne », car le pays était « au bord de la guerre civile ».
Pour Ianoukovitch, Kyiv menaçait les droits fondamentaux des minorités russes de l’Ukraine. Par conséquent, pour les Russes, il était légitime d’aider des populations russophones[9]. Cependant, le Conseil de sécurité de l’ONU condamna l’intervention en Crimée. L’OTAN accusa la Russie de menacer la paix en Europe, par la voix de son Secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, lors d’une conférence de presse le 2 mars 2014. Rasmussen déclara que « ce que fait la Russie en Ukraine viole les principes de la Charte des Nations unies » et « menace la paix et la sécurité en Europe »[10]. Il demanda à la Russie de « cesser ses activités militaires et ses menaces » contre l’Ukraine.
Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse tenue le 4 mars 2014, s’exprima sur la situation et, à la question d’un journaliste sur une possible intervention militaire russe, il répondit : « si nous prenons la décision d’utiliser les forces armées en Ukraine, elle sera tout à fait légitime »[11], car il s’appuyait sur « une demande du président légitime »[12]. Le président légitime pour Poutine était Ianoukovitch. Poutine considérait que sa destitution s’apparentait à « un coup d’État anticonstitutionnel »[13].
Le 6 mars 2014, le Parlement de Crimée demandait à la Russie le rattachement de la péninsule à la Russie et annonçait la tenue d’un référendum le 16 mars. Poutine précisa avec force que tout ce qui touchait de près ou de loin à des Russes, ne regardait que la Russie et restait la chasse gardée de Moscou. En effet, la sphère de la Russie s’étend à tout lieu où la présence russe est manifeste. C’est ce que rappela, le 7 mars 2014, le porte-parole du Kremlin en disant : « La Russie peut-elle rester les bras croisés lorsque les droits des Russes sont piétinés quelque part ? La Russie est le pays sur lequel repose le monde russe. Et Poutine est le garant du monde russe. »[14].
Les séparatistes pro-russes organisèrent un référendum le 16 mars 2014, dont la question était de savoir si les Criméens souhaitaient une autonomie plus large ou un rattachement à la Russie. La réponse fut nette : 97 % des votants s’exprimant en faveur d’un rattachement à la Russie[15]. L’annexion de la Crimée fut validée par Poutine et ce territoire ukrainien devint, de fait, un territoire russe. Parallèlement, des actions étaient en cours dans l’Est de l’Ukraine, dans la région du Donbass.
Des manifestations pro-russes eurent lieu dans le Donbass fin février 2014, en même temps que celles réalisées en Crimée, et se poursuivirent durant le mois de mars. Des heurts éclatèrent entre pro-européens et pro-russes lors de plusieurs rassemblements. À partir du mois d’avril, la situation prit une autre tournure : les manifestations se transformèrent en insurrections armées. Dans les trois plus grandes villes de la région (Donetsk, Kharkov et Louhansk), les militants pro-russes s’emparèrent des sièges du gouvernement régional et hissèrent sur le toit le drapeau de la Russie[16]. Des milices séparatistes pro-russes prirent les armes et luttèrent contre l’armée ukrainienne, soutenue par des groupes paramilitaires.
En avril 2014, les séparatistes pro-russes, qui avaient pris le pouvoir dans la région, proclamèrent la création de deux républiques sur le modèle de ce qui c’était produit en Géorgie en 2008, dans les républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. On vit alors la proclamation de la « République populaire de Donetsk » le 7 avril 2014 et celle de la « République populaire de Lougansk » le 11 mai 2014. Ces deux « Républiques populaires » autoproclamées fusionnèrent le 23 mai 2014 afin de créer une sorte d’ersatz d’État sous le nom de « Nouvelle Russie »[17].
Les combats firent rage entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes. Les miliciens pro-russes, formés en Crimée, étaient commandés pour une partie d’entre eux par le colonel Strelkov, officier du GRU russe[18]. Ce colonel indiqua lors d’un entretien pour le journal Komsomolskai Pravda que son armée était « composée de volontaires dont les deux tiers sont des citoyens ukrainiens. Ils sont originaires de plusieurs régions de l’Ukraine, même si beaucoup sont bien sûr originaires de Donetsk et de Loughansk. La plupart ont une expérience militaire ; certains ont combattu dans l’armée russe, en Tchétchénie ou en Asie centrale ; d’autres, sous uniformes ukrainien, en ex-Yougoslavie ou en Irak. Certains ont même combattu en Syrie ».[19]

Comme l’indique cet officier russe, les séparatistes pro-russes ont une bonne expérience de la guerre, puisque beaucoup ont été soldats dans des armées régulières ou ont servi comme mercenaires.
Le 14 avril 2014, le gouvernement de Kyiv lança ce qu’il appela une « opération anti-terroriste » pour reconquérir les territoires de l’Est ukrainien[20]. Pendant ce temps, la Russie maintenait ses troupes (40 000 soldats) aux frontières ukrainiennes. Craignant une invasion de l’Ukraine par Moscou, les Européens demandèrent à Poutine de retirer ses troupes et de ne pas pousser les séparatistes du Donbass à faire sécession[21].
Le 17 juillet 2014, un Boeing 777 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines fut abattu dans le ciel ukrainien. Les deux camps s’accusèrent mutuellement. D’après une enquête du parquet néerlandais, le missile à l’origine du crash du vol MH17 de la compagnie aérienne malaisienne ayant fait 298 victimes, a été acheminé en Ukraine depuis la Russie et était de fabrication russe[22]. L’enquête néerlandaise stipula également que ce furent bien les séparatistes pro-russes à l’origine du tir. Cet épisode ne fit qu’accroître les très vives tensions entre Européens et Russes.
Après des mois de combats entre les miliciens séparatistes pro-russes et les forces loyales à Kyiv, un cessez-le-feu fut signé le 5 septembre 2014 à Minsk en Biélorussie[23]. Néanmoins, les accords ne furent pas respectés et les combats reprirent en janvier 2015. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils sont toujours en cours, quoique très limités en vertu de la signature des accords de Minsk II le 12 février 2015, qui prévoyaient un nouveau cessez-le-feu (régulièrement violé) et le retrait des armes lourdes. Selon des chiffres de l’ONU, en 2015 le bilan du conflit s’élevait à plus de 9 000 morts et 20 000 blessés[24].
Les techniques employées
Les techniques employées lors d’une guerre hybride mélangent à la fois des méthodes conventionnelles et non-conventionnelles avec un effort conséquent sur la guerre de l’information, spécificité russe, toutes ces actions étant menées dans un but bien précis.

La crise ukrainienne a conduit l‘OTAN à revoir la position de la Russie, à réanalyser la façon de procéder des Russes. La guerre hybride est un concept utilisé par le chef d’état-major russe, Gerasimov, dans un article de 2013 publié dans la revue militaire russe Arsenal[25]. Guillaume Lasconjarias, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM), tente de définir l’hybridité de la guerre en constatant que « les pratiques observées en Crimée ou dans le Donbass posent de nouveaux défis, et si l’on parvient à rassembler (quoi qu’empiriquement) l’ensemble des composantes, le tout semble encore échapper à un effort de définition généralement accepté ; mais la nouveauté ne résiderait-elle pas dans cette possibilité de faire du neuf avec du vieux, d‘utiliser des méthodes passées combinées avec des technologies nouvelles ? »[26].
Il est difficile de donner une définition de « guerre hybride ». Les premiers travaux sur le concept de Frank G. Hoffman concluent que l’on peut qualifier d’hybride « tout adversaire qui emploie, simultanément et en s’adaptant, un mélange fusionné (fused mix) d’armes conventionnelles, de tactiques irrégulières, de terrorisme et d’activités criminelles dans un même champ de bataille pour obtenir des gains politiques »[27].
La situation en Ukraine correspond parfaitement à cette définition, puisque la Russie a utilisé les moyens de la guerre hybride à des fins politiques : le maintien de la Crimée et du Donbass dans sa sphère d’influence, dans le but d’éviter un rapprochement entre l’Ukraine tout entière et l’Union européenne et l’OTAN. Lasconjarias identifie trois éléments majeurs dans sa définition de la guerre hybride.
Le premier point « tient à l’effacement de la distinction entre objectifs civils et militaires »[28] ; plusieurs mécanismes sont ainsi utilisés dans la guerre hybride tels que le militaire, la technologie, les pressions économiques et diplomatiques. Lasconjarias décrit exactement les procédés qui ont été mis à l’œuvre en Ukraine :
« les opérations de désinformation ou d’espionnage sont fusionnées pour augmenter l’effet de nuisance et s’intègrent dans une stratégie plastique pouvant aller jusqu’à une invasion déguisée. »[29]
Le deuxième point concerne les forces employées :
« La deuxième dimension tient à la nature des acteurs impliqués : un large consensus se dessine sur le rôle joué par des acteurs non-étatiques comme des milices, des groupes criminels transnationaux, des mafias ou des réseaux terroristes. Ces acteurs non-étatiques peuvent cependant être soutenus et guidés en sous-main par un État, dans une relation ambiguë entre commanditaire et client, ou dans un cas de guerre par procuration (war by proxy). Cela permet ainsi à des États de jouer la carte de l’hybridité à des fins politiques, le fou entre “guerre ouverte” et “guerre couverte” servant aussi à jouer la carte du déni sur le rôle réel. »[30]
Il s’agit bien de ce processus en Ukraine : des miliciens en treillis vierges d’insignes qui ont pris possession du Parlement de Crimée et qui mènent une guerre dans le Donbass contre l’armée régulière ukrainienne. Cela permit à Vladimir Poutine de nier en bloc les accusations qui pesèrent sur le rôle joué par la Russie dans la crise ukrainienne lorsqu’il parla lors d’une conférence de presse tenue le 4 mars 2014, de « forces locales d’autodéfense »[31].
Lorsque les journalistes lui ont demandé ce qu’il pensait des similitudes entre les uniformes de l’armée russe et ceux des miliciens en Crimée, il répondit : « entrez dans n’importe quel magasin et vous y trouverez n’importe quel uniforme »[32]. Vladimir Poutine récusa les accusations à l’encontre de la Russie avec sang-froid et ironie, puisque les caractéristiques de la guerre hybride lui ont permis d’avoir une forme d’assurance dans la crise ukrainienne.
Enfin, dernier point majeur de la définition de Lasconjarias, le champ de bataille n’est désormais plus un champ de bataille classique, mais il s’élargit « pour se porter dans le champ informationnel, au travers l‘usage des médias, des nouvelles technologies de l‘information et de la communication, et dans l‘infosphère »[33].
En somme, une guerre est dite hybride lorsqu’un conflit implique des acteurs étatiques et non-étatiques, utilisant des méthodes conventionnelles et irrégulières de faire la guerre, comme c’est le cas en Ukraine. L’originalité de la méthode russe, réside dans la combinaison entre la force militaire et des moyens non-militaires dans les mains de l’État[34].

D’après Gerasimov, les moyens non militaires sont davantage utilisés pour atteindre les objectifs politiques et stratégiques. Le moyen qu’utilise la Russie est la « guerre de l’information », avec la mise en place de « vérités alternatives »[35], ces informations étant reliées par des agences de presse. La Russie mène sa propagande et sa campagne de désinformation via les médias et le web pour sa guerre hybride. Le mouvement pro-européen de Maïdan est systématiquement qualifié de « fasciste » afin de réveiller chez le peuple russe la mémoire populaire de la lutte soviétique contre l’Allemagne nazie[36].
Le Kremlin exploite la mémoire collective de la Seconde Guerre mondiale à des fins politiques. Le 28 août 2014, le leader séparatiste Alexandre Zakharchenko a confié lors d’une entrevue à la chaîne Rossiya 24 : « Parmi nous combattent des soldats de métier, qui préfèrent prendre leurs vacances, non pas sur une plage mais avec nous, entres frères combattant pour la liberté. »[37].
Moscou utilise aussi l’argument du discours humanitaire, comme durant l’hiver 2014, lorsque l’armée ukrainienne reprenait du terrain, et pesait alors la menace de représailles contre les populations russophones du Donbass. Moscou s’est posé en défenseur des droits de l’Homme en utilisant des images de propagande qui montraient des minorités russes d’Ukraine manifestant pour l’aide humanitaire de la Russie. Or, il s’agissait en réalité de citoyens russes qui avaient été amenés par bus en Ukraine[38].
Les médias russes véhiculent le concept de Novorossiya ou « nouvelle Russie ». Ce concept fut initié le 24 mai 2014 par le gouverneur autoproclamé Pavel Gubarev. La Novorossiya serait un nouvel État composé des « Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk », autrement dit le Donbass deviendrait un nouvel État[39].
La propagande russe va loin : les médias en dévoilent des cartes, les décideurs politiques imaginent son intégration dans les manuels scolaires, on lui fabrique un drapeau, un compte Twitter et une agence d’information. La propagande russe va véhiculer le message selon lequel l’Ukraine n’existe pas en tant que nation, notamment via la télévision russe « RT »[40].
L’agence d’investigation de l’internet (Agentotvo Internet Issledtovanii), située à Saint-Pétersbourg, emploie près de 600 blogueurs et commentateurs qui travaillent au sein des réseaux sociaux pour influencer l’opinion publique[41]. Leur travail est plutôt efficace, pour preuve, les commentaires pro-russes sont de plus en plus nombreux sur l’internet depuis la crise en Ukraine.

Par exemple, le site du journal britannique The Guardian, traite jusqu’à 4000 commentaires pro-russes par jour afin de filtrer les messages de propagande rédigés par les blogueurs au service du Kremlin[42].
C’est le dernier moyen de « guerre de l’information » : les médias. Moscou a investi des sommes très importantes dans la création de plusieurs médias internationaux, qui ne sont pas seulement utilisés dans le cadre du conflit au Donbass. Nous avons déjà cité Russia Today, devenue RT, qui est une chaîne de télévision créée en 2005 et financée par le gouvernement russe. Il y a également le site internet d’informations Sputnik. Ces médias sont les porte-paroles officieux de la politique étrangère de la Fédération de Russie et de la politique de Vladimir Poutine.
D’après une étude de l’European Union Institute for Security Studies, parue en 2016, RT et Sputnik sont très suivis sur les réseaux sociaux. En 2016, il y avait 8 millions d’abonnés sur la page Facebook de RT en arabe et 2 millions sur Twitter ; pour la page de RT en anglais, ils étaient 3,5 millions d’abonnés sur Facebook et 2 millions sur Twitter. La page Sputnik France était en troisième position des pages Sputnik avec 200 000 abonnés sur Facebook et 26 700 sur Twitter[43].
La Russie est également accusée d’ingérence lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, en favorisant Donald Trump au détriment d’Hillary Clinton. Moscou aurait utilisé la technique de la « guerre de l’information ». Le 16 février 2018, la justice américaine a inculpé treize ressortissants russes, ainsi que l’Internet Research Agency. Ils sont accusés d’avoir mené une « guerre de l’information » contre les États-Unis.
L’Internet Research Agency est une entreprise privée russe, soupçonnée d’être l’un des principaux vecteurs de la propagande pro-Poutine en Occident. C’est dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence présumée de la Russie, lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, que l’agence russe et son président, Evguéni Prigojine, furent inculpés par le procureur américain, Robert Mueller. L’agence basée à Saint-Pétersbourg est accusée d’avoir interféré lors de la campagne présidentielle en aidant Donald Trump, par la création de faux profils sur les réseaux sociaux et l’envoi de courriels indésirables, afin de dénigrer son adversaire, Hillary Clinton.
D’après le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, les accusés auraient « mené ce qu’ils appellent une guerre de l’information contre les États-Unis, avec le but affiché de répandre la méfiance à l’encontre des candidats et du système politique en général »[44].
Les témoignages d’anciens membres de l’agence russe, recueillis par le Washington Post et le New York Times permettent d’en savoir davantage sur les méthodes employées. Marat Mindiyarov travaillait au département des commentaires. Son travail consistait à rédiger des posts de blogs et articles de médias russes pour créer l’illusion d’un soutien au pouvoir en place. Il décrit l’ambiance au sein de l’agence lorsqu’il y travaillait : « On était dans une usine capable de fabriquer des mensonges et des demi-vérités à une échelle industrielle. »[45]. Son travail consistait notamment à inonder de fausses informations les articles évoquant les sanctions américaines contre la Russie.
L’une des actions classiques des trolls repose sur un principe : chaque article est pris en charge par trois trolls, l’un des trois va critiquer vertement l’article en question, tandis que les deux autres vont le contredire en postant des liens pour tenter de le convaincre. Le troll qui était au départ négatif, finit par changer d’avis et ainsi créer un doute dans l’esprit des internautes.
Un autre ex-travailleur de Internet Research Agency, Aleksei, décrit les méthodes utilisées par le département réservé aux articles des Américains. Interrogé par le New York Times, il dit que ses anciens collègues se « vantaient d’avoir créé des milliers de faux comptes sur les réseaux sociaux » ; et en explique le fonctionnement : « Il y avait deux départements dédiés à l’écriture d’articles destinés aux Américains et aux tweets en anglais », précisant qu’il « fallait juste dire que la vie était belle en Russie sous Poutine et mauvaise aux États-Unis sous Obama »[46]. L’enquête est toujours en cours à l’heure où nous écrivons ces lignes, mais les soupçons qui pèsent indirectement sur la Russie semblent justifiés.
L’utilisation des trolls s’intègre parfaitement dans le cadre de la « guerre de l’information » menée par la Russie. Celle-ci a parfaitement compris l’intérêt des nouveaux médias, du web et des réseaux sociaux ; qui sont des vecteurs d’opinion beaucoup plus utilisés par les populations de nos jours, car il y une défiance à l’égard des médias traditionnels.
Pour Vladimir Novikov, professeur à l’Académie militaire des forces de fusées stratégiques (forces nucléaires) et l’auteur de L’arme de l’information : une arme des guerres présentes et futures, la « guerre de l’information » est une stratégie mise en œuvre pour entraîner un changement de régime. Il distingue quatre scénarios de « guerre de l’information ».
Dans le premier scénario, le but est de créer une situation d’instabilité politique dans un pays pour provoquer un changement de gouvernement, afin de favoriser la nomination d’une personnalité politique soutenue par Moscou, sans avoir recours à la force.
Le deuxième scénario se met en place si le premier échoue. Il consiste à cibler des objectifs militaires et industriels par le biais des moyens technologiques et informatiques, de commandos et d’utiliser les canaux de communication contemporains pour influencer l’opinion publique. Pour Novikov, c’est cette stratégie qui a été utilisée contre Milosevic en Serbie en 1999, contre Saddam Hussein en Irak en 2003 et contre Kadhafi en Libye en 2011.
Le troisième scénario consiste quant à lui à une intégration du pays visé, par le développement de partenariats économiques, militaires, etc. Cela permet à l’État-cible, d’être progressivement, puis totalement, dépendant de l’État-partenaire. C’est ce qui se produit en Biélorussie, depuis la prise de pouvoir d’Alexandre Loukachenko en 1994.
Enfin, le quatrième scénario consiste à exercer une influence, de quelque manière que ce soit, sur un dirigeant d’un gouvernement ou un membre éminent de l’appareil d’État[47].
Le but recherché : la déstabilisation de l’OTAN et de ses alliés
Les moyens militaires, technologiques, informationnels, diplomatiques, culturels, contrôlés par la Russie sont mobilisés pour réaliser cette guerre hybride. Le but est de faire échouer les régimes démocratiques en favorisant la prise de pouvoir par les forces d’opposition loyales à Moscou. C’est notamment le cas dans les pays limitrophes de la Russie, comme l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie.
Autre outil utilisé dans le cadre de la guerre hybride, les manœuvres militaires. Elles ont pour but de provoquer et d’effrayer l’adversaire comme lors, par exemple, des exercices « Zapad » de 2009 et 2013 qui visaient les pays baltes, la Pologne et les pays scandinaves avec un scénario qui prévoyait l’emploi de l’arme nucléaire par les forces russes[48].
Il y a aussi l’exemple de la violation de l’espace aérien ou maritime des pays de l’Union européenne comme ce fut le cas lorsque le 9 février 2017 : quatre avions de chasse de l’armée française ont intercepté deux bombardiers russes près des côtes bretonnes[49].
Une autre manœuvre, qui vise à déstabiliser les pays de l’Union européenne et de l’OTAN, est le déploiement des missiles Iskander à proximité des frontières occidentales. Face à ces provocations, les pays d’Europe centrale ont tenté de réagir mais ont été dissuadés afin de ne pas engendrer plus de tensions qu’il n’en existe déjà. Cela fait en partie le jeu de la Russie qui gagne sur le plan politique en minimisant ses ressources militaires.

Par exemple, après l’annonce par la Pologne et la Roumanie de leur intention de déployer un système de défense antimissile sur leur territoire, le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, les en a dissuadé, jugeant cette décision trop provocante à l’égard de la Russie[50]. Pour cette dernière, la diplomatie et l’appareil militaire sont inextricablement liés, car les diplomates russes peuvent avancer la menace militaire, tandis que les diplomates occidentaux recherchent davantage l’évitement de la guerre.
La Russie se sert de la guerre pour obtenir des résultats diplomatiques[51]. De son point de vue, il n’y a rien d’anormal à utiliser la guerre hybride puisque c’est cette stratégie qu’elle a imputé aux occidentaux dans le cadre des révolutions de couleur en Ukraine, comme sur la place Maidan.
À ce propos, en mai 2014, le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou, disait : « Des valeurs étrangères sont imposées aux populations sous le prétexte d’avancées démocratiques. Les problèmes socio-économiques et politiques des États sont exploités pour remplacer des gouvernements à caractère nationaux par des régimes contrôlés depuis l’étranger. Cela garantit que leurs commanditaires ont un libre accès aux ressources de ces États »[52]. Pour la Russie il s’agissait là de facteurs de déstabilisation, renvoyant exactement au même argumentaire utilisé par l’OTAN aujourd’hui pour dénoncer les actions de la Russie en Ukraine.
Les dirigeants des pays baltes craignent ces actions hybrides ; ces pays sont directement visés car, d’une part, ils sont membres de l’OTAN, comme nous l’avons déjà évoqué ; et, d’autre part, ils ont une importante population russophone – 26 % de la population en Lettonie et 28 % de la population en Estonie. Par conséquent, les pays baltes ont demandé un renforcement des capacités militaires de l’OTAN sur leur sol, car le risque majeur pour ces pays serait de se retrouver cloisonnés par les Russes en cas d’attaque militaire.
De fait, si l’armée russe bloquait l’accès à la Lettonie et l’Estonie par le biais d’une action militaire dite hybride, les renforts par voie aérienne ou maritime de l’OTAN ne pourraient intervenir, la seule solution serait alors la voie terrestre à travers la Pologne, la Lituanie. Cependant, primo, cela prendrait beaucoup plus de temps et, secundo, le passage à proximité de l’enclave de Kaliningrad, avec la présence de militaires russes, compliquerait très sérieusement la tâche des forces de l’Alliance, comme nous pouvons le constater sur la carte ci-après. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont géographiquement pris en tenaille entre la Russie, l’enclave de Kaliningrad et la Biélorussie qui est un État allié de la Russie. La menace pour les pays baltes est donc permanente. La carte ci-dessous l’illustre parfaitement.

Face à cette nouvelle donne qu’impose la guerre hybride menée en Ukraine, les pays membres de l’OTAN se sont organisés, principalement les États baltes craignant pour leur intégrité territoriale. L’OTAN a donc renforcé ses moyens en Europe centrale et orientale après la crise ukrainienne de 2014, mais cette décision a renforcé la Russie dans sa posture de défiance à l’égard de l’Europe et de l’Alliance. Les actions menées par la Russie, notamment dans les trois pays Baltes, résultent d’une volonté politique du Kremlin de soutenir ce qu’il appelle les « compatriotes vivant à l’étranger »[53].
Parmi les moyens que nous pouvons qualifier d’hybrides, la guerre d’information et d’influence occupe une place de premier rang. Pour contrer cette menace, l’OTAN a créé le Centre d’excellence de l’OTAN pour la communication stratégique (Stratcom COE) en 2015 à Riga, afin de protéger les États Baltes face aux menaces hybrides.
Depuis la crise ukrainienne le nombre d’incidents – avions russes survolant l’espace aérien d’un des pays de la région, demandes de déroutement de navires, soupçons d’intrusions sur le territoire, exercices militaires à proximité́ des frontières – n’a cessé́ d’augmenter entre les États baltes et la Russie comme nous l’avons déjà̀ évoqué́. L’un des pics de tension les plus hauts entre l’Estonie et la Russie fut en septembre 2014, lorsqu’un agent des services de renseignements estoniens a été arrêté par des militaires russes après avoir traversé́ illégalement la frontière entre les deux pays. L’agent estonien, Eston Kohver, fut condamné à quinze ans de prison pour espionnage, et fut échangé en 2015 contre Alexei Dressen, un membre du Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie (FSB), les services secrets russes[54].
En octobre 2014, les Suédois étaient à la recherche d’un sous-marin non identifié, soupçonné d’appartenir à l’armée russe. Le commandant des Forces armées suédoises, Sverker Göranson, parla d’une « grossière et inacceptable violation du territoire » de la Suède. Cependant, aucune preuve n’est venue établir la présence du sous-marin fantôme.
Autre incident : le 16 juin 2015, lorsque l’armée lettone a déclaré la présence de quatre bateaux de guerre et de cinq avions militaires russes à proximité de ses eaux côtières et de l’espace aérien de la Lettonie. Cet épisode n’était qu’un cas parmi tant d’autres, puisqu’en 2014, la Lettonie affirma que des manœuvres militaires de soldats russes avaient eu lieu à la frontière lettone. Les troupes du Kremlin auraient été vues à 250 reprises en 2014 et à 60 reprises au début de l’année 2015[55].
Pour les États baltes, les événements en Crimée ont rappelé le scénario de leur annexion par l’URSS en 1940 et ils comptent donc sur l’OTAN et l’Union européenne pour les aider à se prémunir d’une éventuelle tentative de déstabilisation de la part de la Russie. À ce propos, le ministre letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkèvics, a estimé en 2015 que les relations Est – Ouest n’ont jamais été aussi tendues depuis la crise des missiles de Cuba en 1962, c’est dire à quel point le niveau de tension est élevé[56].
Conclusion
Pour conclure, nous pouvons dire que la guerre hybride est un nouvel outil stratégique fortement utilisé par la Fédération de Russie. Elle s’intègre dans une stratégie globale, dans laquelle les options militaires côtoient du cyber, l’utilisation des médias, d’une propagande, d’une volonté d’influencer les opinions publiques de l’Occident. L’Ukraine a servi de terrain de jeu aux décideurs de la Défense russe et, désormais, la guerre hybride est employée dans le cadre de la guerre en Syrie, pour déstabiliser les États européens ou tenter de perturber des élections présidentielles.
Pour éviter un affrontement conventionnel à l’issue destructrice et incertaine avec les États-Unis ou l’OTAN, la Russie a décidé de miser beaucoup sur cette tactique afin de se préserver et renforcer sa puissance. De nos jours, nous pouvons constater que l’emploi de mercenaires sous contrat avec des sociétés privées est monnaie courante par Moscou. C’est le cas en Syrie et en Libye plus récemment avec la Société militaire privée (SMP) Wagner, apparue en même temps que le conflit dans le Donbass et l’intervention militaire russe au Levant.
Contrairement à beaucoup de SMP russes, ce groupe n’a pas d’existence légale à proprement dite, il n’a ni domiciliation et n’est pas enregistré dans la base de données de l’administration fiscale russe. Le groupe Wagner est, d’après Emmanuel Dreyfus, doctorant à l’IRSEM : « un bon exemple d’hybridation entre des pratiques endogènes et antérieures au lancement de la réforme et des influences extérieures, provenant notamment de l’observation par Moscou des interventions occidentales en Afghanistan ou en Irak, au début des années 2000. En l’occurrence la pratique endogène serait ici le recours à un mercenariat partiellement organisé, du moins toléré par les autorités russes, et le caractère exogène serait l’apparence d’une SMP plus classique. »[57].
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[1] LECLERCQ Arnaud, La Russie, puissance d’Eurasie : histoire géopolitique des origines à Poutine, Paris, Ellipses, 2012, 454 p. ; LECLERCQ Arnaud, La Russie, puissance d’Eurasie : histoire géopolitique des origines à Poutine, Paris, Ellipses, 2012, 454 p., p. 309
[2] BOUTKEVITCH Bohdan, « Maïdan – La révolution des classes moyennes », dans Courrier International, Paris, Courrier International SA, 2014, [en ligne] https://www.courrierinternational.com/article/2014/03/13/maidan-la-revolution-des-classes-moyennes (dernière consultation le 01/05/2020)
[3] Courrier International, « Politique. Ukraine : chronologie d’une évolution », dans Courrier International, Paris, Courrier International SA, 2014, [en ligne] http://www.courrierinternational.com/article/2014/02/26/ukraine-chronologie-d-une-revolution (dernière consultation le 01/05/2020)
[4] POTTIER Jean-Marie, « Vladimir Poutine: “Mes troupes pourraient arriver en deux jours à Riga, Vilnius, Tallinn, Varsovie et Bucarest” », dans Slate.fr, Paris, E2J2, 2014, [en ligne] http://www.slate.fr/story/92303/poutine-troupes-russes-riga-vilnius-tallinn-varsovie (dernière consultation le 01/05/2020)
[5] IMBERT Louis, « Le drapeau russe hissé sur le Parlement de Crimée en Ukraine », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2014, [en ligne] https://www.lemonde.fr/europe/article/2014/02/27/le-parlement-de-crimee-occupe-par-des-hommes-armes_4374083_3214.html (dernière consultation le 01/05/2020)
[6] MONGRENIER Jean-Sylvestre et THOM Françoise, Géopolitique de la Russie, Paris, Presses universitaires de France, 2016, 122 p., p. 61
[7] L’Obs, « La Crimée au bord de la sécession », dans L’Obs, Paris, Nouvel Observateur du Monde, SA, 2014, [en ligne] https://www.nouvelobs.com/monde/ukraine-la-revolte/20140227.OBS7944/ukraine-la-crimee-au-bord-de-la-secession.html (dernière consultation le 01/05/2020)
[8] Ibid.
[9] MONGRENIER Jean-Sylvestre et THOM Françoise, op. cit., pp. 61-62
[10] AFP, « Ukraine: l’Otan accuse Moscou de menacer la paix en Europe, le G8 en question », dans L’OBS, Paris, Nouvel Observateur du Monde, 2014, [en ligne] https://www.nouvelobs.com/monde/20140302.AFP1312/ukraine-l-otan-accuse-moscou-de-menacer-la-paix-en-europe-le-g8-en-question.html (dernière consultation le 01/05/2020)
[11] Ibid.
[12] Ibid.
[13] DORMAN Véronika, « Pour Poutine des bandes antisémites et extrémistes rôdent encore à Kiev », dans Libération, Paris, SARL Libération, 2014, [en ligne] https://www.liberation.fr/planete/2014/03/04/pour-poutine-des-bandes-antisemites-et-extremistes-rodent-a-kiev_984395/ (dernière consultation le 01/05/2020)
[14] MONGRENIER Jean-Sylvestre et THOM Françoise, op. cit., pp. 62-63
[15] Le Parisien, « Ukraine : la Crimée passe à l’heure russe au lendemain du référendum », dans Le Parisien, Paris, Le Parisien libéré, 2014, [en ligne] http://www.leparisien.fr/international/referendum-en-crimee-96-6-pour-le-rattachement-a-la-russie-17-03-2014-3680483.php (dernière consultation le 01/05/2020)
[16] JAULMES Adrien, « À l’est de l’Ukraine, l’agitation prorusse fait craindre un coup de force de Moscou », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2014, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/international/2014/04/07/01003-20140407ARTFIG00321–l-est-de-l-ukraine-l-agitation-prorusse-fait-craindre-un-coup-de-force-de-moscou.php (dernière consultation le 01/05/2020)
[17] BASTIÉ Eugénie, « De Maïdan à Minsk : Ukraine, un an de guerre », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2015, [en ligne] http://www.lefigaro.fr/international/2015/02/11/01003-20150211ARTFIG00229-de-maidan-a-minsk-ukraine-un-an-de-guerre.php (dernière consultation le 01/05/2020)
[18] JAULMES Adrien, « Ce colonel Strelkov qui défie ouvertement Kiev », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2014, [en ligne] http://www.lefigaro.fr/international/2014/04/29/01003-20140429ARTFIG00380-ce-colonel-strelkov-qui-defie-ouvertement-kiev.php (dernière consultation le 01/05/2020)
[19] Ibid.
[20] LASSERRE Isabelle, « L’armée ukrainienne à l’assaut des séparatistes », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2014, [en ligne] http://www.lefigaro.fr/international/2014/04/13/01003-20140413ARTFIG00244-l-armee-ukrainienne-a-l-assaut-des-separatistes.php (dernière consultation le 01/05/2020)
[21] Ibid.
[22] Le Monde avec AFP et Reuters, « Le missile qui a abattu le vol MH17 en Ukraine avait été acheminé de Russie » dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2016, [en ligne] http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/28/le-missile-qui-a-abattu-le-vol-mh17-en-ukraine-avait-ete-tire-depuis-un-secteur-controle-par-les-separatistes-prorusses_5004881_3214.html (dernière consultation le 01/05/2020)
[23] BASTIÉ Eugénie, art. cit.
[24] BOHBOT Joseph, « La guerre du Donbass », dans Diploweb : la Revue géopolitique, Vincennes, Expertise géopolitique, 2017, [en ligne] https://www.diploweb.com/La-guerre-du-Dombass.html (dernière consultation le 01/05/2020)
[25] GORDADZÉ Thorniké, « Faire face à la Russie », dans Politique étrangère, n°2017/1, Paris,Institut français des relations internationales, 2017, 238 p., pp. 71-82, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2017-1-page-71.htm (dernière consultation le 01/05/2020)
[26] LASCONJARIAS Guillaume, « À l’Est du nouveau ? L’OTAN, la Russie et la guerre hybride », dans Stratégique, n°111, Institut de stratégie comparée, 2016, 220 p., pp. 107-117, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-strategique-2016-1-page-107.htm (dernière consultation le 01/05/2020)
[27] Ibid.
[28] Ibid.
[29] Ibid.
[30] Ibid.
[31] Le Monde avec AFP et Reuters, « Vladimir Poutine nie la présence de soldats russes en Crimée », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2014, [en ligne] https://www.lemonde.fr/europe/article/2014/03/04/vladimir-poutine-nie-la-presence-de-soldats-russes-en-crimee_4377232_3214.html (dernière consultation le 01/05/2020)
[32] DORMAN Véronika, art. cit.
[33] LASCONJARIAS Guillaume, art. cit.
[34] Ibid.
[35] GORDADZÉ Thorniké, art. cit.
[36] NOCETTI Julien, « Guerre de l’information : le web russe dans le conflit en Ukraine », Russie Nei Reports, n°20, Paris, Institut français des relations internationales, 2015, 35 p., [en ligne] https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/ifri_rnr_20_julien_nocetti_guerre_information_septembre_2015_0.pdf (dernière consultation le 01/05/2020)
[37] Ibid.
[38] Ibid.
[39] Ibid.
[40] NOCETTI Julien, art. cit.
[41] Ibid.
[42] Ibid.
[43] MISSIROLI Antonio (dir.), Strategic Communications: East and South, n°30, Paris, EU Institute for Security Studies, 2016, 55 p., pp. 9-10, [en ligne] https://www.iss.europa.eu/content/strategic-communications-%E2%80%93-east-and-south (dernière consultation le 01/05/2020)
[44] HOUEIX Romain, « Dans les coulisses de l’usine à trolls russe, l’Internat Research Agency », dans France 24, Paris, France Médias Monde, 2018, [en ligne] https://www.france24.com/fr/20180219-etats-unis-russie-coulisses-internet-research-agency-usine-trolls-russe-mueller-trump (dernière consultation le 01/05/2020)
[45] Ibid.
[46] Ibid.
[47] MARANGÉ Céline, « Les stratégies et les pratiques d’influence de la Russie », Études de l’IRSEM, n°49, Paris, IRSEM, 2017, 58 p., [en ligne] https://www.irsem.fr/data/files/irsem/documents/document/file/1135/Etude_IRSEM_n49_2017.pdf (dernière consultation le 01/05/2020)
[48] Ibid.
[49] Ouest-France, « Incursion de deux bombardiers russes au large des côtes françaises », dans Ouest-France, Rennes, Société Ouest-France, 2017, [en ligne] https://www.ouest-france.fr/politique/defense/incursion-de-deux-bombardiers-russes-dans-le-golfe-de-gascogne-4791144 (dernière consultation le 01/05/2020)
[50] GORDADZÉ Thorniké, art. cit.
[51] Ibid.
[52] Ibid.
[53] KALIBATAITÉ Živilié, « Le spectre des menaces russes dans les Pays baltes », dans Les Champs de Mars, n°30 et supplément, Paris, Presses de Sciences Po, 2018, 644 p., pp. 139-146, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-les-champs-de-mars-2018-1-page-139.htm#:~:text=Le%20spectre%20des%20menaces%20militaires,l’intervention%20des%20alli%C3%A9s%20des (dernière consultation le 01/05/2020)
[54] DE LABARRE François, « La menace de la Guerre Froide », dans Paris Match, Paris, Lagardère Media News, 2017, [en ligne] https://www.parismatch.com/Actu/International/La-menace-de-la-guerre-froide-1194592 (dernière consultation le 01/05/2020)
[55] BAYOU Céline, « Sécurité. Avis de tempête sur la Baltique », dans P@ges Europe, Paris, La Documentation française, 2015
[56] Ibid.
[57] DREYFUS Emmanuel, « Les sociétés militaires privées en Russie : à l’Est, quoi de nouveau ? », Note de Recherche, n°63, Paris, Institut de recherche stratégique de l’École militaire, 2018, 11 p., [en ligne] https://data.over-blog-kiwi.com/1/18/83/09/20181016/ob_7de7f5_nr-irsem-n63-2018-blog83629.pdf (dernière consultation le 01/05/2020)

Je constate avec amusement que vous sombrez dans la propagande otanienne la plus grossière et la plus malhonnête… Rien que votre bibliographie pour ce papier est édifiante. Toutes vos « sources » ne sont que des textes de pure propagande provenant d’un seul côté. C’est tout sauf de l’analyse et de la pensée stratégique. Par ailleurs, on aimerait que vous sachiez déployer autant de zèle « intellectuel » pour analyser les manips de Washington…
Monsieur Henninger, nous vous remercions de votre commentaire.
Ici, nous laissons la place libre au débat. Nous ne pensons pas qu’il n’existe qu’une parole véridique et sommes désolés si la liste des ressources employées par ce contributeur vous semble inadéquate. Il est vrai que certaines peuvent prêter à débat.
Nous avons publié cette contribution, qui présente une doctrine militaire, et ne vise pas à critiquer mais à expliquer, ce qui peut être très tendancieux il est vrai concernant ce sujet, en fonction du point de vue.
Les sources employées sont certes des journaux grand public, mais aussi des publications de l’ISC, de l’IRSEM ou de l’IFRI. Libre à vous de les trouver orientées. Concernant Washington, nous avions justement un article en préparation sur la politique américaine au Moyen-Orient, notamment en Irak et les conséquences de celles-ci.
Par ailleurs, d’autres documents ont aussi été utilisés comme celui-ci : https://www.c-dec.terre.defense.gouv.fr/images/documents/retex/20161206_NP_CDEC_ukraine_30.pdf
Alors oui, le manque de sources russes est un soucis que nous avons souligné de notre côté. Nous espérions d’ailleurs obtenir ce genre de remarques. En effet, nous cherchons cette émulation intellectuelle que seules les critiques sont à même de nous offrir. Elles ne peuvent être que constructives.
Nous serions ravis de pouvoir disposer de votre avis détaillé sur la question de la guerre hybride ou de la nouvelle doctrine russe. Pour information, au sein même de notre équipe, tout le monde n’est pas d’accord sur cette question. Personnellement, je trouve le terme assez ambiguë et ne suis pas d’accord sur le caractère novateur que certain(e)s tendent à lui conférer.
Cordialement,
Cyril Blanchard