Un Pont contre une armée…

Nous sommes il y a bien longtemps, sans doute en -505 av. JC… Alors que la ville de Rome vient de se débarrasser de la dynastie royale des Tarquins en vue d’instaurer une république, ceux-ci, voulant retrouver le pouvoir à tout prix, font appel à un très puissant voisin qui décide de marcher sur Rome pour s’en emparer : Porsenna, le roi étrusque de Clusium en Toscane actuelle. Le danger est très grand et comme l’écrit le célèbre historien Tite-Live : « Jamais, jusqu’alors, une si grande terreur ne s’était emparée du Sénat [de Rome], tant était redoutable, à cette époque la puissance de Clusium, tant était grand le nom de Porsenna. » Rome prépare alors sa défense mais il faut pour cela sécuriser un pont de bois sur le Tibre : toutes les troupes romaines sur la rive ouest reculent précipitamment devant l’irruption soudaine de la nombreuse armée étrusque qui s’empare déjà, à l’ouest du Tibre, de la colline du Janicule, l’une des sept collines de Rome. Un seul homme reste pour faire face : Horatius Coclès.

Ce guerrier, voyant les siens incapables de défendre ce pont qui peut permettre aux Étrusques de se précipiter dans Rome même, donne alors aux siens comme ordre « de mettre en usage le fer, le feu et tous les moyens possibles pour couper le pont. Quant à lui, autant que peut le faire un seul homme, il soutiendra le choc des ennemis. » (Tite-Live) D’abord accompagnés par deux amis, Horatius Coclès se poste alors sur le pont faisant face à la masse étrusque : le premier choc est repoussé mais les deux amis sont alors rappelés de l’autre côté du pont. Horatius Coclès combat désormais seul avec son bouclier comme unique compagnon. Marchant de long en large sur le pont, lançant des regards et paroles de défis aux Etrusques, il les tient à l’écart par ce courage improbable pendant quelques minutes. Alors, ceux-ci se décident à le massacrer et lui jettent une grêle de javelots que Horatius Coclès pare avec son bouclier dans lequel les projectiles viennent tous se planter… S’impatientant, les Etrusques vont se jeter sur lui en masse lorsqu’un grand vacarme a lieu en arrière : les Romains sont parvenus à faire effondrer le pont. Ayant réussi ce qu’il voulait, Horatius Coclès profite alors de la surprise des Etrusques pour se jeter dans le Tibre, avec ses armes et armures, lançant cette prière : « Dieu du Tibre, père de Rome, je t’implore. Reçois avec bonté dans tes flots ces armes et ce soldat. » Réussissant à nager malgré son armure et à éviter les flèches étrusques, « il rejoint ses concitoyens, après avoir osé un exploit qui trouvera dans la postérité plus d’admiration que de croyance. » (Tite-Live) Devenu l’une des plus grandes figures de la Rome Antique, Horatius Coclès, a pourtant été rejoint dans son exploit par quelques autres héros d’un jour qui, comme lui, ont réussi à résister, un contre tous, dans la défense d’un pont… Partons à leur découverte…

Janvier 1066 : le witan ou Assemblée des nobles du Royaume d’Angleterre l’a décidé : Harold Godwinson, comte anglo-saxon du Wessex, sera roi. Cette élection respecte les derniers vœux du roi Edouard qui, juste avant de mourir, est revenu sur ses accords passés antérieurs donnant sa préférence à Harold. Cette décision ne satisfait, en réalité, personne et parmi les prétendants les plus virulents, on trouve Harald Hardrada Sigurdsson, puissant roi de Norvège et qui se fonde sur un accord passé 20 ans auparavant par son prédécesseur stipulant que le roi de Norvège deviendrait roi d’Angleterre à la mort d’Edouard. Dès l’été 1066, Harald a assemblé une immense flotte et transporte plus de 15 000 guerriers scandinaves pour faire valoir ce qu’il considère ses droits légitimes au trône. Débarquant ses guerriers dans le nord de l’Angleterre (Yorkshire), Harald écrase rapidement les vassaux de Harold et installe son camp à Stamford Bridge pour y attendre Harald en vue de la confrontation décisive. Celui-ci ayant assemblé une armée imposante et motivée, a littéralement grillé les étapes pour livrer bataille à Harald et ses Scandinaves, et au matin du 25 septembre 1066, la surprise est totale dans le camp de ces derniers. Ayant divisé ses troupes en plusieurs lieux de campement de part et d’autre de la rivière Derwent, Harald Hardrada met ainsi du temps à réagir à l’attaque des guerriers anglo-saxons : ceux-ci font irruption avec grande violence et le combat se concentre rapidement sur le passage d’un ancien pont romain en bois permettant d’atteindre le camp principal du roi de Norvège. Les troupes scandinaves sur la rive sud de la Derwent sont massacrées et leurs restes doivent fuir en toute vitesse vers ce pont pour rejoindre leur roi : un petit groupe de guerriers s’occupe de faire l’arrière-garde pour ralentir les Anglo-Saxons menés par Harold en personne. C’est alors que la colonne de tête des Anglo-Saxons se trouve momentanément bloquée devant l’entrée de ce petit pont ; les combats font rage car les guerriers norvégiens savent que chaque minutes gagnée permet à leur roi de préparer sa terrible riposte… Les coups de hache fendent la masse des javelots et petites lances anglo-saxonnes, les pertes s’accumulent, le sang des deux camps inonde les abords de ce petit pont mais bientôt le nombre anglo-saxon a raison de la vaillance des guerriers scandinaves qui, tous, ont succombé… Une chronique anglaise datant du XIème siècle rapporte l’incroyable suite… Tous ont succombé, sauf un…

D’une taille gigantesque et que d’aucun décrivent comme à l’aspect terrifiant, ce dernier guerrier scandinave impose la terreur à ses adversaires… Maniant la hache comme personne, il effectue de si violents moulinets avec cette arme de destruction, envoyant un nombre trop important d’Anglo-Saxons dans la mort, que les suivants hésitent avant d’approcher ce pont… La pression augmente et des soldats anglais essayent alors de viser le guerrier scandinave au javelot mais celui-ci ne semble même pas troublé par ces javelots qui l’effleurent… Certains parlent de plus d’une quarantaine d’Anglo-Saxons tués ou blessés par ce guerrier scandinave à la force surhumaine… C’est alors qu’un soldat anglo-saxon a l’idée de sauter en dessous du pont et s’accrochant à des planches de bois qu’il fait flotter comme un petit radeau, arrive juste en dessous du guerrier scandinave : transperçant les poutres de bois, il lui plante sa lance au travers du corps lui occasionnant une blessure affreusement mortelle… Perdu dans des convulsions terribles, crachant le sang, le guerrier scandinave donne encore quelques coups de hache dans le vide avant de s’effondrer, lourdement, sur le sol du pont permettant aux troupes du roi Harald de se déverser avec fureur sur la rive nord ! Pendant ce temps, Harald Hardrada a eu le temps de préparer sa défense, d’envoyer chercher ses renforts et de disposer ses troupes en arc-de-cercle pour accueillir comme il se doit les Anglo-Saxons : la vraie bataille peut s’engager dans une violence absolue… Harald, combattant au cœur de la mêlée et finalement frappé à mort par un javelot lui transperçant la gorge et les Scandinaves sont presque entièrement massacrés par les troupes anglo-saxonnes de Harold qui obligent les survivants à reprendre la mer. Plus jamais les Scandinaves n’essaieront de reprendre pied en Angleterre… Et chaque année, le 25 septembre, les locaux du petit village de Stamford Bridge dans le Yorkshire célèbrent encore de nos jours, par une fête où l’on mange des petits gâteaux en forme de bateaux, l’exploit du soldat anglo-saxon ayant eu la présence d’esprit de passer sous le pont pour vaincre ce guerrier scandinave qui fait toujours frissonner d’effroi lorsque l’on évoque cette bataille…

L’Italie est à la fin du XVème siècle une terre de combats perpétuels. Français, Suisses, Espagnols, soldats du Pape, milices de Florence et de Venise et aventuriers au service des princes de Ferrare et de Milan, parcourent en tous sens les routes du pays pour gagner pouvoir, argent et gloire… De la gloire justement c’est avant tout ce que recherche le chevalier français Pierre Terrail seigneur de Bayard, alors âgé de 28 ans. Mis sous les ordres du marquis de Saluces, vice-roi de Naples au nom du roi de France Louis XII, Bayard participe à la désastreuse campagne qui voit les Français progressivement être chassés du royaume de Naples que Louis XII avait conquis en 1501. Louis de Saluces, Bayard et les Français ont alors fort à faire car l’ennemi est de taille : début 1503, une imposante armée espagnole débarque dans le sud de l’Italie aux ordres du plus grand capitaine de l’époque, Gonzalve de Cordoue. Multipliant les victoires grâce à ses tactiques innovantes, celui que l’on surnomme El Gran Capitan, arrive avec 15 000 hommes dans les environs de Naples : le fleuve Garigliano marque la limite entre les deux armées qui prennent leurs quartiers d’hiver à cause d’une météo trop défavorable pour combattre. C’est mal connaître Gonzalve de Cordoue qui prépare savamment son plan secondé par les meilleurs condotierre d’Italie et d’Espagne. Au 27 décembre, tout est prêt pour les Espagnols tandis que les Français ne se doutent de rien. La journée du 28 voit les Espagnols déclencher l’offensive : le Garigliano est franchi par 3200 soldats au nord là où les Français n’ont que 300 arquebusiers. Ne pouvant résister, ils sont pris de court : le marquis de Saluces décide alors de la retraite pour la forteresse de Gaeta à une vingtaine de kilomètres plus au nord. Ce mouvement prévu le 29 décembre est mis en grand danger par Gonzalve de Cordoue qui lance sa nombreuse cavalerie à la poursuite des Français. Les fantassins français, malades et démoralisés, se débandent en grand nombre et il faut compter sur le courage de quelques chevaliers pour retarder l’avancée inexorables des Espagnols. C’est dans ces combats que se situe l’exploit de Bayard.

Voyant que les Espagnols s’apprêtent avec environ 150-200 cavaliers à traverser un petit pont de pierre étroit pour continuer la poursuite, il n’écoute que son devoir et malgré le fait que ses compagnons ne soient pas encore là, se jette à la rencontre des Espagnols. Juste avant de partir, il crie à son écuyer, Le Basco, d’aller chercher du renfort tandis qu’il ‘’se charge d’amuser les Espagnols’’ Baissant la visière de son casque, il galope jusqu’au pont, abaisse sa lance et attend. Les cavaliers espagnols qui portent en croupe des fantassins, hésitent un instant, interloqués. Les fantassins, eux, n’hésitent pas et essayent de passer mais ils viennent s’encastrer sur la lance de Bayard qui en fait tomber deux à l’eau… On ne les voit pas reparaître car la rivière a augmenté à cause des intempéries… Ayant brisé sa lance, Bayard, est obligé de dégainer son épée entamant de violents moulinets envers tous ceux qui osent s’approcher : Prospero Colonna, condottiere italien au service espagnol arrive de l’autre côté du pont et s’étonne que ses cavaliers n’aient pu encore passé sur l’autre rive… Mais Bayard, jouant sur le fait que le pont soit trop étroit pour faire avancer les cavaliers à plus d’un de front, défie tous ses adversaires en duel singulier remportant à chaque fois la joute : à l’épée, personne ne peut la jouer avec Bayard ! Mais bientôt la masse s’accumule et surtout arrivent des arquebusiers qui visent le Chevalier sans Peur et sans Reproche… Il va être obligé de décrocher mais alors, heureusement, arrivent à sa rescousse ses camarades chevaliers, les Perot de Payenne, Xandricourt, Roger de Beart guidés par le Basco qui viennent couvrir la retraite de Bayard ! Celui-ci peut se dégager : ce glorieux combat du moins n’aura pas été inutile puisqu’il permet de faire gagner du temps pour faire retraiter l’armée française vers la sécurité du château de Gaeta… Un combat retardateur similaire aura d’ailleurs lieu quelques kilomètres plus loin mais cette fois, Bayard ne sera pas seul et ses amis seront avec lui… Néanmoins, tous ces exploits ne doivent pas faire oublier que la bataille du Garigliano est une défaite écrasante des Français face aux Espagnols. Gonzalve de Cordoue est alors au sommet de sa gloire et sa victoire chasse définitivement les Français du royaume de Naples… Mais côté français, on a, bien entendu, voulu uniquement retenir l’exploit du chevalier Bayard…

Italie, toujours, décidément le pays des exploits militaires… Nous sommes en 1797. Renversant tout sur son passage, le général Bonaparte est proche de terminer l’une des campagnes militaires les plus étonnantes des annales de la guerre moderne. Parti de la frontière franco-italienne avec 30 000 hommes en haillons et mal armés, il a, en moins d’un an, mis à terre le royaume de Piémont-Sardaigne et écrasé quatre armées autrichiennes incapable de s’opposer à l’avancée de ce général français décidément trop audacieux. De l’audace, c’est ce qu’il faut au général Joubert, l’un des meilleurs lieutenants de Bonaparte, au vu de la mission qui lui a été confiée. Contrôlant, à présent, toute l’Italie du nord, Bonaparte, a tout simplement prévu de continuer sur sa lancée en envahissant l’Autriche même, l’attaquant par le sud. Pour cela, Joubert, commandant l’aile gauche doit se rendre maître des débouchés de la très montagneuse région du Tyrol autrichien, région reconnue pour son soutien inconditionnel à la maison régnante autrichienne des Habsbourg : une entreprise donc très difficile dans un contexte hostile.

Mis à la tête d’une division, Joubert effectue cette mission avec tout le brillant que Bonaparte lui connaît durant tout le mois de février 1797. Le 26 mars 1797, l’avant-garde française de Joubert, ayant quitté Bolzano, remonte au nord pour prendre position à Brixen mais pour cela, il faut passer le pont de Clausen. Le général Thomas-Alexandre Dumas commande cette petite avant-garde composée de 50 dragons à cheval et d’une soixantaine de fantassins. gé de 35 ans, Dumas, fait figure de double exception dans l’armée française : seul officier métis et ‘’de couleur’’ (selon l’expression de l’époque) issu des colonies à avoir atteint le rang de général, il est également connu pour son courage exceptionnel, sa force d’Hercule et sa témérité. Rien ne lui résiste et Bonaparte n’est pas le dernier à l’admirer : les Autrichiens eux-mêmes l’ont baptisé le Diable Noir, Der Schwarze Teufel. Menant la chasse aux Autrichiens qui essayent de barrer la route de Clausen, Dumas n’accepte pas que le nombre et la prudence l’emportent : aussi, il fait passer le pont à ses hommes enlevant lui-même, à mains nues, les poutres mises en travers sous les balles ennemies et pousse-il ses 50 dragons au maximum alors que les escadrons autrichiens se font voir de plus en plus menaçants… Piqué au vif par un officier autrichien qui lui aurait lancé, en français dans le texte, Ah c’est toi Diable Noir ! À nous deux ! Dumas oublie de prendre ses précautions et lorsque les Autrichiens attaquent, dragons et fantassins français se débandent complètement laissant Dumas seul avec son aide de camp, Dermoncourt. Obligé de rétrograder à cause de la cavalerie autrichienne qui les charge, Dumas et Dermoncourt s’en retournent alors au petit pont qui permet une défense aisée en raison de son étroitesse ne pouvant laisser passer que trois chevaux de front… Dermoncourt, très gravement blessé à l’épaule mais ayant pu éliminer son adversaire au pistolet, est alors un spectateur impuissant de la scène mais ce qu’il voit est difficilement croyable : Dumas, à pied car son cheval a été tué, défendant, seul le pont de Clausen contre plus de 150 dragons autrichiens ! « Je restai émerveillé : j’avais toujours regardé l’histoire d’Horatius Coclès comme une fable, et je voyais pareille chose s’accomplir sous mes yeux. » se souvient Dermoncourt… Sabrant à tout va, Dumas a pu ensuite récupérer un cheval laissé libre et ne compte déjà plus ses blessures : un coup de sabre au bras, un à la cuisse… Tandis que les fantassins autrichiens, arrivant au pas de course, font pleuvoir les balles sur lui, le manteau de Dumas compte déjà sept trous de balles… Mais rien ne l’arrête dans sa fureur et autour de lui les cadavres et les blessés s’accumulent… Plus d’une vingtaine ! Dumas reçoit alors un violent coup de sabre sur la tête qui lui entaille le chapeau et va même inciser la boîte crânienne… Accusant la fatigue, il chancelle mais se reprend bien vite et arrive à contenir la masse autrichienne pendant encore quelques minutes… Alors, arrivent les renforts français alertés par Dermoncourt qui crie aux dragons de venir sauver le général… Dumas, modeste ne reconnaît pas son exploit et une seule chose lui importe : les Autrichiens lui ont volés une paire de pistolets offerts par sa mère et il ne peut s’en remettre… Heureusement, quelques semaines plus tard, le général autrichien commandant les troupes locales lui renvoya cette paire de pistolets lui démontrant dans une lettre touchante toute l’admiration que les Autrichiens avaient pour celui qui serait désormais surnommé par Bonaparte lui-même le ‘’Horatio Coclès du Tyrol’’. L’auteur des œuvres immortelles que seront les Trois Mousquetaires ou le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas (1802-1870) avait de quoi s’inspirer en ayant eu la chance d’avoir un père pareil !

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Crédits Iconographiques :

1-Horatius Coclès repoussant les Etrusques (Source-Dessin de Severino Baraldi, crédits Look and Learn, collection de l’auteur)

2-Le guerrier scandinave du Pont de Stamford Bridge (Source-Gravure anonyme, crédits Look and Learn, collection de l’auteur)

3-Bayard au pont du Garigliano (Source-Huile sur toile de Henri-Félix Philippoteaux, 1840, Palais de Versailles, Wikimédia Commons)

4-Le général Dumas au pont de Clausen (Source-Supplément au Petit Journal du 26 mai 1912, BNF-Gallica)

Bibliographie indicative

-Aurelius Victor, Des hommes illustres de la ville de Rome, œuvre anonyme attribuée à, ~ 380, Réédition, Paris, 1846,
-Collectif, The Anglo-Saxon Chronicles, ~ 900-1100, Réedition, Londres, 1914, 211 pages.
-Dumas fils Alexandre, Mémoires, Paris, 1863, 320 pages.
-Edgard John George, Sea kings and navale heroes, London, 1861, 336 pages.
-Mailles Jacques de, Histoire du bon chevalier sans peur et sans reproches, le seigneur de Bayard, par son écuyer, 1527, Réédition, Hachette, Paris, 1872, 430 pages.
– Martinez Canales Francisco, Garellano 1503, La guerras de Napóles, tomo II, Almena, Guerreros y Batallas n°34, Madrid, 2007, 80 pages.
-Tite-Live, Histoire Romaine, Livre II, ~ -35 av JC, Paris, 1864, 120 pages.

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