Le guerrier Taira no Tadanori s’apprêtant à dormir sous un cerisier

Le guerrier Taira no Tadanori s’apprêtant à dormir sous un cerisier
Trois estampes sur bois représentant Taira no Tadanori s’apprêtant à dormir sous un cerisier, son jisei no ku est inscrit en haut à droite, Kobayashi Kiyochika 小林清親 (1847-1915), 1884, Wikimedia, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Warrior_Taira-no-Tadanori_about_to_Sleep_under_a_Cherry_Tree_LACMA_M.71.100.56a-c_(2_of_3).jpg

Divisée en trois parties, cette œuvre, créée en 1884 et intitulée en français « Le guerrier Taira no Tadanori s’apprêtant à dormir sous un cerisier », représente un célèbre passage du Dit des Heike (Heike monogatari 『平家物語』) durant lequel le général Taira no Tadanori 平忠度 (1144-1184) passe sa dernière nuit sous des cerisiers, avant qu’il ne soit tué lors de la bataille d’Ichi no Tani 一ノ谷 (1184), qui fut décisive dans la défaite finale de son clan durant le conflit de Genpei 源平の争乱 (1180-1185). Sur la partie droite de l’œuvre, son auteur, Kobayashi Kiyochika 小林清親, a tracé le jisei no ku 辞世の句, le « poème d’adieu » écrit peu de temps avant la mort dans le but de le laisser à la postérité, attribué à Tadanori dans le texte épique :

行きくれて木の下かげをやどとせば花やこよひのあるじならまし

Yuki kurete ko no shita kage wo yado to seba hana ya koyohi no aruji naramashi

« Tombée de la nuit sur le chemin,

Si de l’ombrage des cerisiers

Je faisais mon abri

Alors leurs fleurs seraient-elles

Mes hôtesses d’une nuit ? »

Dans ce poème, Tadanori crée une métaphore entre son voyage et son existence. En effet, l’expression yuki kurete 行きくれて, qui signifie que le soleil se couche alors que le narrateur voyage, marque l’arrêt de ses pérégrinations, mais aussi celui de sa vie. De plus, les fleurs de ce poème sont celles d’un cerisier, et sont donc un symbole de l’impermanence. Ainsi, lorsque son voyage s’arrête avec ces fleurs, c’est la vanité du monde causant sa mort prochaine que chante Tadanori.

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Bibliographie indicative

Heike monogatari kakuichi bon zen 平家物語 覚一本 全 (Le dit des Heike), Tōkyō, Muzōno shoin 武蔵野書院, 2013, 490 p., annoté par OOTSU Yūichi 大津雄一 et HIRAFUJI Sachi 平藤幸

DAUVERGNE Cécile, L’Évolution des pouvoirs politique et poétique du clan Taira durant la seconde moitié du XIIe siècle, mémoire de fin de master LLCER spécialité « Études japonaises » parcours « Recherche » de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris, Inalco, 2018, 253 p.

Dauvergne Cécile, « La richesse de la littérature épique du Japon médiéval : le Dit des Heike et les poètes Taira », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2022/03/16/le-dit-des-heike-et-les-poetes-taira/ (dernière consultation le 14/04/2022)

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