[2/4]La dissuasion avant l’ère nucléaire: l’exemple de l’armée française des années 1930 face à l’Allemagne nazie

Partie I: L’armée française, première puissance européenne continentale ?

Il s’agira ici d’observer et de comprendre ce qu’est l’armée française des années 1930, sous couvert de la problématique au sujet de sa puissance, afin de saisir son hypothétique caractère dissuasif. Nous étudierons alors la question primaire des effectifs, puis de la théorie à la pratique (matériels, stratégies, encadrement), et enfin la corrélation des problématiques politiques et militaires des années 1930, entre pacifisme, économie et crises.


  • La question primaire des effectifs

Afin de comprendre cette question primaire des effectifs, observons d’abord la question du recrutement. L’armée se base sur des volontaires et sur le service militaire obligatoire. Dans le plan E de 1938-1939, nous retrouvons deux séries : A – division d’active – et B – réserves classés. Mais il y a un problème avec la deuxième, la B, représentant le quart de l’armée de campagne, opérationnelles après de longues semaines d’instructions et en manque d’encadrement réel par des officiers compétents.

Puis, observons les effectifs en deux périodes : de 1930 à 1936, puis de 1936 à 1939 (voir les deux tableaux ci-contre[1]).

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Tableaux des effectifs français entre  1930 et 1939 (CORVISIER André, Histoire militaire de la France, Tome III, de 1871 à 1940, Paris, PUF, 1992, pp.354-361)

Pour la première période, il faut une restructuration car les effectifs sont en baisse. Cela est dû à la fin de la pacification de l’espace colonial, et surtout à la loi du 31 mars 1928. En effet, cette dernière réduit le service national à une année. Il faut également noter que le nombre d’indigènes dans l’armée diminue (passant de 252 000 en 1930 à 167 653 en 1936), alors qu’en métropole le nombre de soldat augmente légèrement. Cependant, une partie de cette armée se trouve loin de sa métropole. En 1930, 231 000 soldats se trouvent dans l’Empire, soit 42% des effectifs totaux ! Enfin, il faut soulever un problème d’encadrement : plus il y a d’hommes, moins il y a d’officiers, alors que l’armement moderne demande un certain savoir et encadrement. Cependant, les officiers semblent mieux qualifiés et surtout, ils peuvent s’appuyer beaucoup plus sur les sous-officiers, en vertu de la loi du 30 mars 1928.

La seconde période peut être définie comme une course aux effectifs? digne du lièvre et de la tortue, et surtout à l’encadrement. En effet, plus la guerre approche, plus la question du nombre d’officiers pose un problème : le taux est très faible pour une armée moderne qui se veut la première du monde. En 1936, il y a un rapport d’un officier d’active pour dix-huit sous-officiers et soldats. En 1939, ce ratio passe de 1 pour 18 à 1 pour 20 ! Cependant, il faut souligner une amélioration: en métropole, les effectifs passent de 319 000 soldats en 1930, à 438 455 en 1939, soit une augmentation relative de presque 18%.

En somme, les effectifs sont un peu plus importants, mais ils demeurent assez faibles contrairement à l’Allemagne d’avant-guerre. De plus, il y a un manque cruel d’officiers, donc d’une colonne vertébrale solide.

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Illustration du passage en revue d’un blindé par deux officiers. Ils font face au sous-officier qui doit diriger cette arme. (inconnue)

  • Stratégies, encadrement, matériels : de la théorie à la pratique

         Après avoir étudié la composition de cette armée française, observons son encadrement, son matériel et ses stratégies – autrement dit les plans d’opérations potentiels.

Nous l’avons vu précédemment, les officiers sont bons par leur dévouement et leur formation, mais ils ne sont pas assez nombreux. De plus les crises successives des années 1930 posent un problème à de nombreux officiers. En effet, nous pouvons distinguer parmi ces officiers les républicains, les monarchistes et les conservateurs. Par exemple, Weygand, Hautecloque (le fameux général Leclerc), Pétain ou de Gaulle, voyaient d’un mauvais œil les crises politiques et le Front populaire.

Puis, observons la question centrale de la stratégie, en théorie et pratique. C’est une stratégie principalement de défense avec la création d’un bouclier : la ligne Maginot (théorie), mais elle est incomplète (dans la pratique). Les budgets étaient alors consacrés à la création de ce bouclier, et à son maintien en service. En effet, les troupes de forteresse faisaient l’objet de toutes les attentions dans l’infanterie.

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Insigne de béret des troupes d’infanterie de forteresse, de la ligne Maginot. Nous pouvons remarquer dans la devise « on ne passe pas » et par les barbelés l’encadrant cette stratégie de défense. (Source: http://www.la-ligne-maginot.com/insignes.php#).

La stratégie d’attaque n’existe pas vraiment, même si l’état-major avec Weygand, se rend compte qu’il faudrait l’envisager. Cependant, si le bouclier s’est matérialisé, les freins au réarmement bloquent la forge d’une lance solide. En effet, cette stratégie est plus théorique que pratique. Nous retrouvons, cependant, un véritable potentiel dans la cavalerie avec la création en 1938 des D.C.R. (Division de cuirassiers), très bien organisées. Mais, comme tout au long de notre période, les finances et le matériel manquent : à la veille de la guerre, l’armée française est moins motorisée qu’elle ne l’était en 1918

Il existe trois principes de stratégie dans cette armée. Tout d’abord, l’appui sur les troupes coloniales. Puis, la recherche des alliés contre l’Allemagne. Enfin, se construire un bouclier efficace pour pouvoir porter ses efforts en dehors de la métropole. Ce sont trois principes théoriques. Dans les faits, les troupes coloniales ne jouent pas en faveur de la dissuasion. En effet, les nazis les voient comme des sous-hommes[2]. Puis, nos alliés, certes loyaux, restent assez faibles. Enfin, le bouclier a ses défauts : l’aviation peut le contourner et il existe des ouvertures comme sur les Ardennes. Enfin, les troupes françaises sont bien équipées mais mal entraînées pour intervenir en Allemagne.

L’état-major découvre les besoins en même temps que la guerre : le manque cruel de préparation, notamment sur les canons antichars qui ne sont pas assez présents, sur l’artillerie qu’on ne sait comment utiliser, et l’aviation. Observons alors cet armement.

L’aviation pose problème dans cette armée. Le 14 septembre 1928 est créé le Ministère de l’air. C’est la naissance de l’armée de l’air comme une arme à part entière. Elle est mal vue par l’armée de terre et la marine, surtout à cause des budgets alloués en sa faveur. Il nait petit à petit une flotte aérienne, comme au 1er avril 1933 où la création d’une flotte de 1 400 appareils est décidée. Mais, comme toujours, les budgets ne sont pas bien distribués. Puis, il y a un intense débat au sujet des doctrines. Un très bel élan se fait dans les

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Le général Vuillemin (1883-1963) commence en tant qu’artilleur, puis devient pilote lors de la Première Guerre mondiale. Il joue un rôle important dans la nouvelle arme aérienne. (Japy-collection)

années 1930, où nous pouvons remarquer l’importance de cette arme. La guerre civile espagnole montre son utilité dans les bombardements – comme avec le célèbre épisode de Guernica – et la France bénéficie d’un aperçue de la Luftwaffe. Par exemple, en été 1938 le général Vuillemin la visite. Il faut alors lui faire concurrence. Pour se faire, le plan V est créé. C’est une belle perspective pour l’arme aérienne avec beaucoup de demandes aux usines. Mais c’est dans ces dernières que se trouve le grain de sable dans l’engrenage bien huilé. Tout d’abord, le temps de travail est inadapté : en avril 1939, seulement 23% des avions commandés ont été livrés, et ceux de 1933 sont déjà obsolètes comparés aux autres flottes européennes. De plus, le matériel est problématique car il y a beaucoup de modèles construits. En somme, ces problèmes annoncent l’échec d’un plan ambitieux.

 

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Morane-Saulnier MS.406, début de service en 1938, meilleur chasseur français (inconnu)

Il existe trois freins au réarmement : financier (manque de budget), économique (industriel, il n’y a pas les mêmes normes, et les appels d’offres sont trop nombreux) et militaire (l’état-major et les différentes armes ne parviennent pas à s’entendre, à l’image des cavaliers et des fantassins sur la question des blindés).

La question très vaste de l’armement spécifique ne cesse d’évoluer au cours de la période. Prenons l’exemple des blindés. Il existe trois industries pour les construire (Renault, Hotchkiss et F.C.M.). Donc, les caractéristiques techniques et les calibres divergent en fonction de la maison de fabrication. Cela pose un problème pour les pièces de rechange par exemple. Un autre problème apparaît alors : que faire des différents types de chars ? Entre les légers et les lourds, ou bien, pour la cavalerie ou pour les fantassins ? L’exemple du char est intéressant car il montre le problème de l’armement pour l’armée française dans les années 1930, entre les problèmes techniques, économiques et d’emploi stratégique.

Mais sinon, l’armement dont dispose les troupes françaises est dans son ensemble de qualité.  Que ce soit le fusil Lebel modèle 1886 M27, ou bien dans les blindés avec le R 35 qui surclasse dans son calibre le Panzer II. Mais les problèmes restent : ils ne sont pas assez nombreux, et les techniques d’utilisation restent inadaptées.

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Lebel modèle 1886 M27 : 1m10, 4kg25, 7,5mm, 10 à 15 coups/min, portée 1000m (inconnu)
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R35 : 1935, 10t. – 20km/h – 82ch – 2 personnes – 37mm (inconnu)
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Panzer II : 1937 – 9,5t. – 40km/h – 130ch – 3 personnes – 20mm (inconnu, musée de Saumur)

  • Corrélation des problèmes politiques et militaires : entre pacifisme, économique et crise

Enfin, après avoir vu comment se constitue cette armée française des années 1930, nous devons observer la corrélation entre les problèmes politiques et militaires. Le pacifisme, certains gouvernements, et les crises ont posé des problèmes à l’armée, comme nous avons pu le voir avec les quelques exemples précédents.

Tout d’abord, nous devons observer le pacifisme en France. Suite à la très violente Première Guerre mondiale, une vague pacifiste s’étend sur l’Europe, et par extension la France. Cela se remarque avec la constitution de la S.D.N [3a]. La chambre dite « bleue horizon » – à majorité de droite – l’est également. Être pacifiste ne veut pas dire être défaitiste : c’est s’opposer à la guerre totale comme moyen pour un Etat. Nous retrouvons cette idéologie pacifiste aussi dans les associations d’anciens combattants, une force politique majeure dans l’entre-deux-guerres[3]. Cependant, cette question du pacifisme demeure compliquée et ne touche pas toutes les sphères.

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Affiche de propagande de la LICP, mouvement pacifiste qui a existé de 1931 à 1939. (Inconnu)

Or, certains politiques sont imprégnés par cette idéologie. Nous la retrouvons donc au cœur des débats politico-militaires. Par exemple, l’idée unique de défense du territoire par des moyens défensifs (ligne Maginot) et non offensifs provient tout droit de la pensée pacifiste. Il existe alors une volonté unique de défense : répondre à une agression sans l’employer en retour[4]. André Maginot disait le 14 janvier 1930 au sujet de son ouvrage défensif :

« Le béton vaut mieux à cet égard et coûte moins cher que le mur de poitrines »

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André Maginot, sergent à la fin de la Première Guerre mondiale puis homme politique et ministre des Armées. (The Librabry of Congress, ggbain.16076)

Par ailleurs, la présence de la S.D.N. ainsi que la pensée kantienne[5] chez certains politiques des années 30 entrainent un projet de paix perpétuelle en Europe, donc les budgets alloués à l’armement ne sont pas de tailles. Donc, l’idéologie politique présente dans les années 30 ne voit pas d’un bon œil l’armée moderne, alors que parallèlement, l’Allemagne se constitue une lance en  ne s’attardant pas sur l’idéologie pacifiste.

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« La brèche dans le pont », la société des nations en 1920. Le Traité de Versailles du 28 juin 1919 fait ressortir la Charte de création de la SDN, mais ce dernier n’est pas ratifié par le Congrès américain neuf mois après la signature du traité.

Puis, nous avons des formations politiques au pouvoir qui voient d’un mauvais œil l’enrichissement de l’armée. Par exemple, nous avons le Front populaire qui arrive au pouvoir en 1936 avec Léon Blum. Cet Alsacien est peut-être l’un des seuls à vouloir moderniser l’armée au sein du Front populaire. Il offre alors 14 milliards de francs pour le réarmement. Mais il existe deux freins. D’abord militaire, comme nous l’avons vu avant avec la question des emplois et la distribution mauvaise des budgets. Puis, un paradoxe : il existe une volonté de réarmer, mais les réformes sociales du Front populaire ont fait baisser la productivité avec la semaine de 40 heures. La production baisse, l’économie aussi. La guerre moderne s’appuyant sur le système capitaliste (avec par exemple la course aux armements, ou bien le déni de la vie humaine), s’en voit affectée en France.

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Brochure du Front populaire datant de 1936. Repose sur le triptyque Pain-Paix-Liberté, voulant s’opposer à la Guerre-Misère-Fascisme.

Cependant, il faut relativiser le rôle du Front populaire. En effet, Léon Blum et Paul Reynaud veulent un bon financement du réarmement, c’est surtout le ministre des finances puis des Affaires étrangères, Georges Bonnet qui le bloque (nous reviendrons plus tard sur cet homme, partisan de la main tendue vers l’Allemagne, à l’origine de la déclaration Bonnet-Ribbentrop du 6 décembre 1938). Mais sous P. Reynaud, même si la guerre approche et qu’il est trop tard, ce réinvestissement massif dans l’armement permet de faire peur à l’Oberkommando des Heeres, mais pas à la chancellerie allemande.

Les budgets, même s’ils s’élèvent en fonction des périodes, ne sont pas comparables à ceux de l’Allemagne ou de l’URSS. Plusieurs explications à cela : la stratégie vue avant, la crise économique du début des années 1930, ou encore le pacifisme. Donc, des dissensions politiques posent problème à l’armée.

Enfin, nous pouvons observer la crise en Rhénanie (1936) en exemple des corrélations entre problèmes politique et militaire. En vertu des articles 42 et 43 du traité de Versailles[6], il est formellement interdit à l’Allemagne d’armer cette région. Or, le 7 mars 1936, l’Allemagne la remilitarise, et en fait par ailleurs une région très bien fortifiée. Hitler a la volonté de rétablir une souveraineté sur son espace allemand, et de mettre en défense ce territoire contre la France.

Alors que le monde pense que la France va réagir, celle-ci reste passive et n’intervient pas. Le gouvernement n’a pas la volonté d’agir. Mais aussi, le souvenir des événements en Ruhr (1923-1925) est présent à la fois chez les Français, et chez les Allemands qui en ont souffert[7]. Par ailleurs, le poids de l’opinion public et la non-assistance de la Grande-Bretagne expliquent le retranchement français derrière sa ligne défensive face à la violation allemande du traité de Versailles. Pour le colonel Henry Dutailly,

« l’audace manque aux gouvernements comme aux généraux »[8].

Ce manque d’audace et de réaction prive la France d’alliés potentiels, et surtout, la déclasse de sa place de première puissance continentale jusqu’alors incontestée.

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Expansion de l’Allemagne, ici vers la Rhénanie. Retrouver l’ensemble des cartes sur l’expansion du Lebensraum allemand sur le site Internet Anne Frank timeline (http://web.annefrank.org/en/Subsites/Timeline/#!/en/Subsites/Timeline/)

  • Conclusion

Afin d’étudier le principe de dissuasion de l’armée française des années 1930 face à l’Allemagne nazie, nous avons dû observer dans un premier temps comment se constitue cette armée française. Nous avons alors vu que cette dernière, première du monde en 1918, connait de nombreux problèmes au cours des années 1930.

Si les effectifs et le recrutement ne sont pas un grand problème pour l’armée française de l’entre-deux-guerres,

« la guerre ne se fait plus à coups d’hommes, elle se fait à coups de matériels »[9].

Alors, pour qu’une armée soit considérée comme moderne et puissante (pilier essentiel dans la dissuasion), la question du matériel est centrale. Or, les crises politiques, économiques et diplomatiques ont bloquées le développement massif attendu d’une armée mécanisée. Par ailleurs, cette armée peut compter sur un bon bouclier à partir de 1928 avec la ligne Maginot. Mais des espaces restent vides ou mal protégés. D’autant plus que la question offensive n’est que survolée.

Certes, l’armée française est de bonne qualité, son matériel également, mais ce dernier n’est pas assez nombreux et la stratégie d’emploi n’est pas adaptée. Les problèmes au sein des gouvernements et de l’état-major – que nous retrouvons parfaitement avec la crise rhénane en mars 1936 – nous montre que c’est une armée, certes puissante, mais qui n’est plus la première en Europe continentale. L’armée française des années 30 peut être considérée comme une armée défensive, restant dans les limites de ses frontières[10], et non pas une armée prête à se porter sur des théâtres d’opérations extérieurs.

         L’Allemagne nazie a-t-elle conscience de la situation de l’armée française ? Nous observerons alors la clef de la dissuasion avant l’ère nucléaire au prochain numéro : la France et son armée vue par l’Allemagne nazie. Des termes comme perception ou vision sont d’une importance majeure pour étudier le principe de dissuasion.

 

[1] Dans CORVISIER André, Histoire militaire de la France, Tome III, de 1871 à 1940, Paris, PUF, 1992; chap. XIII, « Une puissance militaire illusoire (1930-1939) par H. Dutailly, pp. 354-361

[2] En effet, le régime nazi est raciste au sens darwinien du terme. Nous pouvons observer ces mots d’Hitler pour comprendre la vision d’une armée comprenant des troupes coloniales : « Si l’évolution de la France se prolongeait de 300 ans dans son style actuel, les derniers restes du sang franc disparaîtraient dans l’Etat mulâtre africano-européen qui est en train de se constituer (…) rempli de la race inférieure qui se forme lentement sous l’influence d’un métissage prolongé » (Mein Kampf, Tome II). Lors de la débâcle de juin 1940, ces théories racistes aboutiront dans les faits à l’exécution par la Wehrmacht de tirailleurs sénégalais, qui étaient alors prisonniers.

[3a]Le pacifisme est fort en Europe avec « l’esprit de Genève ». Les termes comme « la guerre hors-la-loi » ou bien « la paix par le droit » se retrouvent dans le protocole de Genève de 1924 et dans le pacte Briand-Kellogg d’août 1928. Or, cette vision idéaliste portée par exemple par Aristide Briand se retrouve face à la réalité des années 1930. Mais, cette idéologie est trop importante dans le monde politique pour fragiliser l’outil militaire dans sa recomposition.

[3] Nous les retrouvons par exemple en force au cœur des manifestations du 6 février 1934. En janvier, l’opinion publique découvre l’escroc Alexandre Stavisky, couvert par le gouvernement dans ses affaires. Alors que pendant plus d’un mois la tension et l’antiparlementarisme augmentent, le 6 février les mouvements se retrouvent dans les rues de Paris. Le panorama est très divers en cette place de la Concorde : ligues nationalistes, l’Action française, Jeunesse patriote, solidarité française, les croix de feu du colonel La Rocque, l’U.N.C. (Union nationale des Combattants, de droite), et l’A.R.A.C. (Association Républicaine des Anciens Combattants, de gauche, venant du Parti Communiste). Le soir du 6 février, suite à l’utilisation de tirs à balles réelles par les forces de l’ordre, 19 manifestants restent littéralement sur le carreau.

[4] Alors que nous avons vu dans l’article sur l’indépendance stratégique (dossier n°1) qu’avec la force nucléaire, la politique du no first use consiste à répondre à une agression par une agression du même type.

[5] L’ouvrage du philosophe allemand des Lumières Emmanuel Kant (1724-1804), Zum ewigen Frieden. Ein philosophischer Entwurf / Vers la paix perpétuelle (paru en 1795) est d’une importance capitale dans l’établissement de la SDN. Par exemple, W. Wilson s’en inspire fortement.

[6] Art. 42. Il est interdit à l’Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications, soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l’ouest d’une ligne tracée à 50 kilomètres de ce fleuve.

Art. 43. Sont également interdits dans la zone définie à l’article 42, l’entretien ou le rassemblement de forces armées.

[7] D’autant plus qu’Hitler brode des dizaines de pages dans Mein Kampf sur cette question : la cicatrice est encore bien ouverte dans les années 1930.

[8] In Les problèmes de l’Armée de terre française, 1935-1939, Ed. du Service historique de l’armée de terre.

[9] Ibid.

[10] Un peu comme les armées suisses ou japonaises contemporaines qui ont un budget et une armée très puissante, mais uniquement axées sur la défense.

 

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