La bataille de Hakusuki no e : la défaite la plus hallucinante du Japon ancien ?

Peut-on vaincre une armée numériquement inférieure, à la seule force du nombre et de la ténacité ? Rien n’est moins sûr. L’Histoire nous offre de nombreux exemples de victoires décisives remportées par un petit nombre d’hommes capables de mettre en place des stratégies et des tactiques pertinentes. Pourtant, vers la fin du VIIe siècle de notre ère, cette réalité militaire ne semble pas être une évidence pour le Japon pré-antique de la période Asuka (592-710). En 663, le royaume du Yamato s’engage en effet dans l’une des batailles navales les plus tragiques et les plus importantes de son histoire, à la suite d’une série d’interventions en Corée, alors divisée en trois royaumes (Kudara, Shinra, Kōkuri). Après deux envois successifs de troupes visant à soutenir le royaume allié de Kudara contre l’armée coalisée sino-coréenne des Tang et de Shinra, une flotte japonaise entre, en octobre 663, dans une petite baie du sud-ouest de la Corée, pour y subir une défaite écrasante. Malgré une large supériorité numérique et cinq féroces assauts, des centaines de navires japonais sont à chaque fois coulés par les 170 bâtiments de guerre chinois de la dynastie Tang. Après deux jours d’affrontements, la bataille de Hakusuki-no-e, aussi appelée bataille de Hakusonkō (白村江の戦い), se termine par l’anéantissement des forces du Yamato, de toutes les prétentions japonaises en Corée et contribue à la chute définitive de son allié, le royaume de Kudara.

Capital pour les passionnés d’histoire militaire s’intéressant au Japon pré-antique, cet affrontement suscite, à maints égards, l’étonnement, voire l’incompréhension. Pour quelle(s) raison(s) le royaume du Yamato, alors très inexpérimenté dans les conflits extérieurs, accepte-t-il de mener une campagne entière en Corée, et in fine, de mener un combat naval contre une armée coalisée, incluant la puissante dynastie Tang ? Pourquoi, après deux envois de troupes (de 5000 puis 27 000 hommes), le Japon est-il obligé de renvoyer une troisième armée de 10 000 hommes ? Comment des centaines de navires n’arrivent-ils pas à briser une petite flottille ? Où se trouvait l’allié coréen du Japon, le royaume de Kudara, au moment décisif du combat ? D’un point de vue tactique, stratégique, et même géopolitique, cette bataille peut parfois sembler hallucinante, tant elle accumule les conflits internes, les faux-semblants, les aller-retours incessants, les erreurs opérationnelles. Examinons ainsi la genèse de ce combat déterminant dans l’histoire ancienne du Japon, pour comprendre ensemble ses tenants militaro-politiques et ses aboutissants stratégiques et tactiques. Peut-être réussirons-nous alors à cerner la réalité de cet impressionnant revers militaire.

Tout commence trois ans plus tôt, en 660. La Corée est alors divisée en trois royaumes, plus ou moins ennemis ou alliés en fonction des aléas diplomatiques. Au nord se trouve le royaume de Kōkuri – limitrophe à l’empire des Tang – tandis que les royaumes de Shinra et de Kudara se partagent le sud de la péninsule. En avril 660, Gaozong[1], troisième empereur de la dynastie Tang, s’allie au royaume de Shinra pour envahir Kudara, allié de longue date du Yamato. Il charge le général Su Dingfang (蘇定方)[2] et ses 130 000 hommes de marcher sur leur nouvel ennemi. Cette armée conséquente est rapidement rejointe en juin 660 par les 5000 hommes de Kin Yushin (金庾信) et Kin Ninmon (金仁問), fils aîné du roi Buretsu (武烈) de Shinra. Les forces Tang attaquent Kudara par la mer, tandis que celles de Shinra passent par les terres. Face à cette invasion, le roi de Kudara est totalement démuni : lui qui n’avait pas tenu compte des avertissements de ses généraux, doutant constamment de ses plus loyaux sujets, se retrouve dans une impasse. Il décide alors de rappeler l’un de ses conseillers qu’il avait exilé pendant plusieurs années, un certain Kōshu, et lui demande un plan de bataille. Cependant, ce dernier n’hésite pas à mentir sur l’avancée des troupes ennemies par haine du roi et pour se venger. Lorsque l’armée coalisée arrive, il est déjà trop tard : en août 660, le roi de Kudara envoie 5000 hommes à une mort certaine. Et, malgré une dernière résistance près de Yūshin, Shinra écrase une nouvelle fois l’armée de Kudara, avant d’attaquer le château de Fuyu le 23 août. Dans la nuit, la famille royale tente de s’échapper et fuit quelques jours avant de capituler le 29 août. Conscients du danger qu’ils pourraient encore représenter sur place, les Tang ne prennent aucun risque et décident d’éloigner la famille royale et sa suite : ils les envoient, avec le prince héritier, trois autres princes, les ministres, 808 soldats et 12 000 paysans, dans la ville chinoise de Chōan[3]. Les Tang commencent alors à organiser l’occupation du territoire de Kudara. L’empereur Gaozong charge Liu Renyuan (劉仁願)[4], un général chinois, d’occuper la capitale et nomme cinq gouverneurs pour administrer les régions de Yūshin, Bakan, Tōmei, Kinren, Tokuan.

L’empereur Tang Gaozong (wikimedia commons)

Toutefois, la capture de la famille royale ne signifie pas l’effondrement définitif du royaume de Kudara. Loin de là. Le 11 septembre 660, les soldats en déroute se retranchent dans les châteaux de Nanshin et de Teiken, bientôt rejoints par de nouvelles recrues. Les Tang, eux, croyant leurs ennemis soumis à leur joug, se tournent vers une nouvelle cible, plus au nord : le royaume de Kōkuri. Cette réorientation des troupes chinoises est une occasion inespérée pour les soldats de Kudara. Ces derniers profitent de ce champ libre et commencent à s’organiser pour résister, tout en pillant ici et là les camps chinois. Tout au long du mois de septembre 660, des mouvements de résistance naissent : d’abord hétérogènes, ceux-ci se fédèrent peu à peu autour de la figure de Kishitsu Fukushin (鬼室福信), un militaire de carrière, qui se retrouve de facto à la tête du mouvement de restauration du royaume de Kudara. Le 5 octobre, les derniers soldats tiennent encore l’importante place forte de Ninzon ainsi qu’une vingtaine de forteresses satellites. Or, le 12 octobre, leur fragile résistance est ébranlée : le général Liu Renyuan prend en effet possession d’une forteresse importante : Shihi. Cette position est si critique d’un point de vue stratégique, que les soldats en déroute tentent alors désespérément de la reprendre le 1 novembre, avant de se retrancher peu de temps après dans la montagne de Nanrei, à la vue des forces de Shinra venues soutenir les Tang assiégés. 1500 hommes de Kudara trouveront la mort et seront décapités sur cette montagne. Enfin, en décembre 660, le roi de Kudara meurt et ne laisse aucun successeur valide à son royaume. Néanmoins, Kudara résiste, tant bien que mal, grâce au mouvement de restauration, fédéré autour de Fukushin, d’anciens nobles et de soldats en déroute.

Voici la configuration dans laquelle se trouve le royaume de Kudara, à la fin de l’année 660, lorsqu’il s’apprête à demander de l’aide au souverain du Yamato. Une mission diplomatique est rapidement montée en septembre 660, avec deux objectifs : obtenir un soutien militaire conséquent ainsi que le retour en Corée d’un des princes du royaume, alors retenu en otage au Japon depuis plusieurs années. Une lourde responsabilité pèse ainsi sur les épaules de l’émissaire envoyée auprès des Wa, qui n’hésite pas, sur place, à transformer l’instable équilibre des soldats en déroute en un victorieux mouvement de résistance[5] :   

« Kishitsu Fukushin tient le château de Ninson. Moi-même, je me trouvais retranché dans le château de Kumanori, dans la région centrale [du pays] et j’ai rassemblé nos soldats dispersés en organisant des garnisons spécifiques. A la place de nos armes usées par les batailles, nous combattions jusqu’alors avec des massues et avons écrasé les troupes de Shinra. Nous avons volé leurs armes et, désormais, nos lames sont les plus acérées, à tel point que les Tang n’osent plus nous attaquer. Fukushin et les siens mobilisent notre peuple, tout en conservant sa place forte principale. Les gens de Kudara le respectent et le nomme Sahei Fukushin ou encore Sahei Jishin ; si notre pays renaît de ses cendres par la guerre, tous les mérites lui reviendront. »[6]

Comment réagissent les japonais face à cette demande ? Croient-ils sur parole l’émissaire de Kudara qui leur présente, à dessein, un contexte militaire très favorable ? Pour rassurer et convaincre définitivement le royaume du Yamato d’intervenir dans ce conflit, en novembre 660, Fukushin renvoie au Japon quelques centaines de prisonniers Tang, et réitère sa demande, plus distinctement encore cette fois-ci :

« Les Tang ont ravagé ma terre en s’unissant à nos pires ennemis [Shinra], ont renversé mon état, ont capturé mon roi et ses sujets. Mais le pays de Kudara s’est relevé, en espérant qu’au loin, l’empereur nous secoure. Aujourd’hui, nous vous demandons humblement de nous rendre notre prince Hōshō envoyé par Kudara pour servir la cour impériale, afin qu’il redevienne le maître de son royaume. »[7]

Obtenir le retour du prince Hōshō (豊璋) et garantir la cohésion du mouvement de restauration de Kudara, tout en obtenant des troupes : voilà l’objectif derrière cette requête, à laquelle l’impératrice Saimei répond en ces termes :

« Jadis, vous avez demandé l’aide de nos troupes ; Vos requêtes lorsque que vous étiez en péril, vos volontés de regagner votre héritage perdu, sont depuis fort longtemps compilées dans nos annales. Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la défense ou aux paroles, car votre royaume s’est effondré ; alors vous venez humblement nous demander notre concours. La lance au chevet, traversant une terrible épreuve, vous êtes venus de loin pour implorer notre aide. Comment pourrions-nous vous ignorer ? Que l’on donne des ordres à chaque général, qu’ils se rassemblent tels les nuages, qu’ils avancent comme la foudre, qu’ils se regroupent à Shinra, qu’ils adoucissent les maux de Kudara en renversant leurs ennemis. Qu’on fasse attention au prince et qu’on envoie une mission témoigner de notre respect. »[8]

Malgré ce discours éloquent, aucune armée ne sera envoyée et le prince Hōshō restera au Japon. Kudara doit envoyer une troisième et dernière mission en mai 661 au Japon, pour finalement voir ses demandes exaucées, notamment grâce à un événement politique majeur. En effet, peu de temps avant l’arrivée de cette nouvelle mission, l’impératrice Saimei meurt le 25 août 661 et laisse sa place à l’empereur Tenji (天智天皇), qui est en réalité l’ancien prince Naka no Ōe (中大兄皇子). Le nouveau maître de la cour du Yamato, conseillé par l’une des plus puissantes figures de cette époque, Nakatomi Katamari (中臣鎌足), voit, lui, ce conflit entre Kudara et Shinra comme une occasion de créer un « petit empire de l’Est » (tōi no koteikoku 東夷の小帝国) auquel il aspire tant[9]. Les deux hommes décident de s’engager dans ce conflit, rassurés par les succès loués par l’émissaire venus en septembre 660 et par les prisonniers offerts en cadeau peu après, mais surtout  car ils connaissent la réputation militaire de Fukushin, le chef de la résistance. Pourtant, ils ignorent tout de la situation dramatique dans laquelle vient de plonger le mouvement de restauration deux mois auparavant…

L’empereur Tenji (wikimedia commons)

En mars 661, un nouveau général Tang est envoyé à Kudara pour abattre définitivement toute résistance : Liu Rengui (劉仁軌) ou en japonais Ryū Jinki. Sa première mission est simple : briser le siège menée par Fukushin et le moine Dōchin (道琛) sur la fameuse place forte de Shihi. Ces derniers, dès l’arrivée des forces coalisées des Tang et de Shinra se retirent près de Yūshin, où ils dressent des palissades. Cette stratégie est un échec : 10 000 hommes du mouvement de restauration de Kudara y trouvent la mort. Fukushin se retranche alors dans sa forteresse principale de Ninzon. Par chance, en avril 661, l’armée de Shinra se retire par manque de vivre, laissant un peu de répit aux soldats en déroute. Même les Tang semblent, pendant un moment, vouloir se désengager du conflit[10]. Toutefois, le général Liu Rengui – pour le grand malheur de Kudara – convainc l’empereur Gaozong de maintenir des troupes à Kudara et semble changer de stratégie : il quitte le château de Shihi pour occuper celui de Yūshin, une position particulièrement facile à défendre en cas de retraite puis de siège[11]. Et, bientôt, au désastre militaire de Kudara s’ajoute une querelle interne : en effet, Fukushin et le moine Dōchin nourrissent un profond désaccord stratégique et politique. Finalement, le premier tuera le second, tandis qu’à Shinra, en juillet 661, le roi Burestu meurt, remplacé par le roi Bunbu (文武), tout aussi enclin à combattre Kudara aux côtés des Tang.

Ignorants tout de cette situation, les japonais se préparent, en septembre 661, à envoyer 5000 hommes, via deux armées[12] : une première dite « de tête » (zengun 前軍) menée par Azumi no Hirafu (阿曇比羅夫) et Kawabe no Momoe (河辺百枝) ; une seconde, dite « de queue » (kōgun 後軍), menée par AbenoHiketa no Hirafu[13] (阿倍引田比羅夫), Mononobe no Kuma (物部熊), Mori no Ōiwa (守大石). Au mois de septembre, avant que les troupes ne quittent le Yamato, l’empereur Tenji s’assure la fidélité du prince Hōshō : tout en lui octroyant l’un des plus hauts rangs dans l’administration de l’époque, il lui offre en mariage sa sœur, la princesse Ō no omikomoshiki (多臣将敷). Il charge enfin deux généraux, Sai no Ajimasa (狭井檳榔) et Hada no Takutsu (秦田来津)[14] de protéger personnellement le prince grâce aux 5000 soldats du Yamato. L’objectif principal de cette armée n’est donc pas l’attaque ou la défense de positions stratégiques, mais simplement l’envoi de provisions et de matériel, ainsi que l’escorte d’une personnalité censée fédérer l’ensemble des mouvements de résistance de Kudara. Les historiens japonais estiment ainsi qu’après avoir atteint ce but précis, une grande partie de cette armée serait rentrée au Japon[15]. Néanmoins, les troupes du Yamato restée sur place auraient stationnées au château de Suru une fois arrivée en Corée[16]. Au mois de mai 661, Hōshō est intronisé, et après un désaccord sur le choix de la nouvelle capitale, il choisit la place forte de Hesashi[17] pour mener son combat contre les envahisseurs sino-coréens.

Pendant presque deux ans, le conflit s’enlise et aucune des parties ne prend l’avantage. Kudara ne remporte pas de victoires significatives, malgré le fait que les Tang et le royaume de Shinra continuent de se concentrer sur Kōkuri, le troisième royaume de la péninsule, tout au nord. Mais, en juin 663, la cour du Yamato commet une erreur, qui semble participer indirectement à la sortie de ce statu quo. En effet, une mission japonaise part pour Kōkuri, afin de prévenir d’un nouvel envoi de troupes en direction de la Corée, comme marque de la volonté implacable de l’empereur Shōsei de combattre partout où elle se trouve la coalition des Tang et de Shinra. Pour le Japon, l’enjeu diplomatique et militaire est de taille : s’assurer du soutien indéfectible de son allié du nord pour permettre à Kudara, au sud, de se réorganiser jusqu’à l’arrivée de troupes Wa dans la péninsule, tout en montrant les muscles à ses ennemis. Or, cette nouvelle – perçue à juste titre comme une menace par les Tang – entraîne une conséquence imprévue : le général chinois Ryū Rengui demande presque immédiatement un renfort de 7000 hommes. Dirigés par Sun Renshi (孫仁師) ou Son Jinshi en japonais, ces derniers foncent sur Kudara, détruisent une des armées du mouvement de résistance et s’emparent sans difficulté de la place forte de Yūshin[18]. Cette nouvelle défaite éclair de Kudara s’explique notamment par une nouvelle crise interne survenue en juillet 663. Depuis peu, le prince et nouveau roi de Kudara, Hōshō, ne cesse de douter de son plus proche conseiller militaire, Fukushin, devenue la figure de proue du mouvement de résistance. Par peur de perdre son trône, Hōshō décide alors de faire exécuter ce potentiel usurpateur, et perd au moment le plus critique son seul et unique véritable stratège[19].  C’est dans ce contexte, à nouveau extrêmement désavantageux, que le Japon s’apprête à envoyer une seconde vague de troupes. Trois armées partent successivement en avril 663 : une armée de tête, menée par Kamitsuke no Nowakako (上毛野稚子) et Hashihito no Ōfuta (間人 大蓋) ; une armée dite de « corps » (chūgun 中軍), dirigée par Kosenokansaki no Osa (巨勢神前臣訳語) et Miwa no Nemaro (三輪根麻呂) ; une armée de queue sous les ordres de AbenoHiketa no Hirafu et Ōyake no Kamatsuka (大宅鎌柄). En tout, ce sont 27 000 hommes qui traversent la mer pour atteindre un objectif tout à fait nouveau : le Japon veut désormais porter un coup important au royaume de Shinra, en l’attaquant directement sur son propre territoire. Il ne s’agit donc plus d’adopter une posture défensive, mais bel et bien de passer à l’offensive. Même dans la provenance des troupes, l’ambition de la cour du Yamato transparaît : ces trois armées sont, spécialement pour l’occasion, constituées d’hommes provenant des plus grands clans de tout l’ouest du Japon[20]. Ces trois armées arrivent en juillet 663, et prennent deux places fortes, celles de Sabi et de Kinu, avant d’attaquer l’une des régions principales de Shinra, réussissant à créer un front plus ou moins stable et par la même occasion à rétablir un certain équilibre militaire dans la péninsule.

Pendant ce temps-là, les Tang réfléchissent et préparent leurs prochaines actions. Certains officiers proposent d’attaquer la place forte de Karin, une des plus importantes positions maritime et terrestres du royaume de Kudara. Mais le général Liu Rengui pense à une autre cible bien plus prioritaire, le château de Suru, et argumente ainsi :

 « La forteresse de Karin, sur une pente raide, est extrêmement difficile à assiéger ; si nous subissons une attaque surprise, beaucoup de nos hommes périront. Si elle est bien défendue, il nous faudra prévoir un long combat. Le château de Suru, lui, est le terrier de nos ennemis, et toute leur meute y est attroupée. Allons inspecter l’origine du mal, asséchons sa source, et les autres places fortes tomberont d’elles-mêmes. »[21]

Le plan de bataille fait l’unanimité : les généraux chinois Ryū Renyuan et Sun Renshi, avec le concours de roi Bubun de Shinra, se mettent en marche pour attaquer le château de Suru par les terres ; tandis que Liu Rengui les rejoint par la mer, en prenant position dans la baie de Hakusuki, où se jouera très bientôt la scène finale du conflit. Le 24 septembre 663, les forces terrestres de la coalisation sino-coréenne encerclent le château de Suru, où se trouve retranchées l’armée de Kudara et quelques troupes japonaises. Puis, le même jour, les 170 navires de guerre de Ryū Jinki prennent positions dans la baie de Hakusuki, dix jours plus tôt que la troisième flotte japonaise naviguant encore en direction des côtes sud de la Corée.

En effet, au tout début du mois de septembre 663, la cour du Yamato envoie pour la troisième fois une armée de 10 000 hommes commandée par Iohara no Omi (廬原臣)[22]. A la différence de celle d’avril 663, cette nouvelle expédition retrouve un caractère plutôt défensif : il ne s’agit plus d’attaquer le royaume de Shinra, mais de secourir le roi de Kudara et de repousser définitivement soit les forces d’occupation soit les renforts de la dynastie Tang, dans une bataille décisive.

Assiégés, le roi Hōshō de Kudara aurait alors prononcé les mots suivants à ses généraux le 30 septembre 663, en apprenant l’arrivée imminente de son allié japonais :

« On m’informe que le général Iohara, bras armé du grand Japon, amène des milliers de braves par la mer. Que mes généraux établissent dès maintenant un plan de bataille, car je me rendrai en personne à Hakusuki, et j’y accueillerai moi-même cette armée alliée »[23].

Quelques jours plus tard, le 4 octobre 663, l’armée de tête[24] du Yamato arrive enfin. Pourtant en supériorité numérique, les navires japonais – entre 400 et 1000[25] – ne semblent techniquement pas de taille à mener le combat. Face aux véritables bâtiments de guerre des Tang[26], les Wa n’opposent, en réalité, que de petits bateaux, probablement davantage des embarcations destinées aux transports de troupes plutôt qu’à l’exécution de manœuvres militaires capables de détruire des vaisseaux ennemis. Quid de ce remarquable écart, les premiers navires du Yamato forment une sorte de longue ceinture sur plusieurs centaines de mètres et fondent ensemble, frontalement, sur les Tang, alors positionnés et prêt à encaisser l’impact. Les heures passent et les Wa battent en retraite, comme le décrit le passage suivant :

« Il y eu un affrontement entre les navires japonais arrivés en premier et la flotte des Tang. Le japon perdit, et les Tang réussirent à maintenir fermement leurs rangs. »[27]

La première tentative japonaise se solde par un échec total. Le lendemain, le 5 octobre 663, l’ensemble de la flotte du Yamato est enfin rassemblée, prête à écraser les 170 navires du général Liu Rengui. Sans tenir compte de la défaite de la veille, les navires japonais se lancent une nouvelle fois dans un violent assaut frontal[28]. Le passage suivant décrit avec une assez bonne précision ce combat qui se transforme en un carnage :

« Les généraux japonais et le roi de Kudara, sans véritablement tenir compte du climat de la bataille se concertèrent et pensèrent qu’en prenant l’initiative avec une seule attaque frontale, leur ennemi battrait naturellement en retraite ; et, sans aucune manœuvre de l’armée de corps, ni placement des navires en ordre de bataille, les japonais se lancèrent tout droit sur la flotte des Tang, fermement positionnée dans la baie. Alors, les Tang déployèrent leurs vaisseaux sur la droite et la gauche, encerclèrent l’armée des Wa, pour l’attaquer de toutes parts. Les troupes impériales furent détruites en un instant et beaucoup d’hommes tombèrent à la mer et se noyèrent ; plus aucune proue ne s’actionnait. Hada no Takutsu pria en direction du ciel, et emporta de rage quelques dizaines d’hommes, avant de tomber au combat. A ce moment-là, le roi Hōshō gagna l’un des navires et s’enfuit avec quelques soldats pour Kōkuri. »[29]

D’autres détails nous sont également livrés par Le Nihonshoki, puis par La Chronique des Trois Royaumes :

« Ryū Jinki rencontra l’armée des Wa à Hakusuki no e, l’affronta à quatre reprise, sortit à chaque fois victorieux et brûla 400 de leurs navires. La fumée et les flammes ondulaient jusqu’au ciel et toute la mer devint écarlate. Les soldats ennemis subirent une grande défaite. Les survivants fuyaient, jetant leur corps à la mer. »[30]

« Les 1000 navires des Wa stationnaient à Hakusuki no e, protégée du haut des côtés par la cavalerie d’élite de Kudara. La cavalerie légère de Shinra devança les Tang et écrasa le camp de Kudara qui se trouvait les côtés. Le château de Suru se rendit par dépit. »

Même s’il est probable que les vainqueurs aient, après coup, exagérés le nombre de navires éliminés et aient accentué l’aspect dramatique de la bataille, on ne peut nier l’étrange opiniâtreté tactique des généraux japonais : en effet, pas une seule fois – sur quatre – la flotte du Yamato ne semble remettre en question son plan de bataille. Outre l’argument technique jouant en défaveur des Wa, comment expliquer que le nombre ne puisse l’emporter, à force de centaines de vaisseaux ? Un passage de la première description nous éclaire tout particulièrement : « Les généraux japonais et le roi de Kudara, sans véritablement tenir compte du climat de la bataille […] ». Dans le texte original, en japonais, on remarque l’utilisation du mot « kishō » 「気象」pour désigner le « climat », au sens météorologique du terme. Il arrive pourtant qu’on le retrouve traduit en japonais contemporain par le nom commun « senkyō » 「戦況」signifiant le « contexte de la bataille », les « conditions du combat », sans plus de détails. Or, l’usage de ce second terme militaire – finalement assez vague – met l’accent sur l’aspect purement opérationnel pour omettre un élément capital expliquant l’erreur tactique japonaise, et, in fine, la victoire de la stratégie sur le nombre : la météorologie[31]. Certes, les navires des Wa n’adoptent aucune véritable formation militaire, mais ils ne semblent surtout ne tenir compte ni de la météo du jour, ni du sens du vent, ni des courants marins. En effet, la flotte se lance à l’attaque en pleine marée haute, avant de se retrouver piégée, à la fois par la marée basse qui laissent les navires embourbés dans une gigantesque vasière[32], mais aussi par les Tang qui, observant les flux et reflux du courant, ont le temps de manœuvrer pour les encercler. Coincés et acculés, les Wa sont ainsi coulés les uns après les autres, notamment par une arme incendiaire dont les détails restent encore inconnus.

Peut-on qualifier la bataille de Hakusuki no e ou bataille de Hakusonkō d’hallucinante ? Force est de constater qu’à travers cette défaite, les personnages de l’époque – en tant qu’acteurs –, mais aussi les lecteurs d’aujourd’hui – en tant qu’observateurs –, ne cessent d’être emportés dans un flot de certitudes, bien souvent infondées. Tel est le cas du prince Hōshō qui pense être trahi par l’un de ses plus brillants généraux. Tel est aussi le cas de la cour du Yamato qui croit sur parole l’émissaire de Kudara, et s’engage ainsi dans une campagne fatidique. De la même manière, l’empereur Tenji voit en Corée – sans même avoir remporté une victoire décisive – le moyen de créer un « petit empire de l’est ». Peut-être pire, il pense, malgré l’inexpérience du Japon dans les expéditions extérieures, que son royaume détient la capacité de battre le puissant empire Tang. Enfin, les généraux des Wa n’auraient-ils pas, eux-mêmes, été convaincu de se battre contre un ennemi commun, quand le véritable objectif du souverain du Yamato était d’obtenir le prétexte nécessaire pour réformer l’ensemble du système militaire de l’époque ? Mais, 1400 ans plus tard, nous n’échappons pas, nous non plus, aux illusions qui planent encore autour de cette bataille. Lorsqu’on aimerait par exemple voir des mouvements stratégiques de troupes dans l’envoi des armées de tête, de corps et de queue, après quelques lectures, nous découvrons finalement qu’il ne s’agissait que de la simple transcription de l’ordre de départ des armées. En effet, à cette époque, les expéditions militaires japonaises sont constituées d’hommes des grands clans, sans que leurs chefs ne communiquent particulièrement, ni n’établissent de stratégies communes et globales entre eux[33]. De nouveau, nous sommes face à un faux-semblant, lorsque nous pensons que la défaite de Hakusuki no e ne tient qu’en l’absence d’une formation navale ; tandis qu’un petit mot nous apprend, dans les sources, que l’omission du fonctionnement des mers a coûté autant, voire davantage, aux navires japonais. Finalement, en étudiant l’histoire de Hakusuki no e, ses tenants politiques ainsi que ses aboutissants stratégiques et tactiques, nous avons peut-être un tout petit avantage sur ces généraux japonais de la période Asuka : nous sommes désormais bel et bien convaincus que le nombre et la force brute ne saurait toujours l’emporter sur l’habileté et la technicité. 


Avertissement

Toutes les dates données dans cet article ont été volontairement transposées dans le calendrier grégorien, en tenant rigoureusement compte du décalage avec le calendrier lunaire japonais. Les années qui apparaissent dans l’article correspondent donc aux années des ères suivantes : 660 (Saimei 6) ; 661 (Saimei 7) ; 662 (Tenji 1) ; 663 (Tenji 2)

Notes

[1] En japonais : kōsō

[2] En japonais : soteihō

[3] Le 1er novembre 660, la famille royale et sa suite est de nouveau déplacée dans la ville de Rakuyō et le roi ne tarde pas à mourir dans les deux mois qui suivent.

[4] En japonais : Ryū Jingan (劉仁願)

[5] Il faut garder à l’esprit que l’émissaire de Kudara, en août 660, au moment où il fait l’éloge militaire de Fukushin et de la résistance, ne sait pas encore que les Tang prendront la position stratégique de Shihi. D’où la possibilité que les propos tenus tiennent moins de l’exagération volontaire que d’un certain espoir fondé sur des réussites, certes peu nombreuses, mais réelles.

[6] Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, p. 120

[7] Ibid, p. 121

[8] Idem

[9] Idem

[10] A la suite du retrait des troupes de Shinra à cause du manque de vivre, l’empereur des Tang émet un édit demandant le retrait de ses troupes de Kudara.

[11] Le moine aurait dit à Liu Rengui : « Je vois que la grande dynastie des Tang pactise avec Shinra, et après avoir tué nos vieux et nos jeunes, nous deviendrons les esclaves du roi Buretsu. Doit-on attendre la mort sans rien faire plutôt que de se battre ? Car, ensemble [le peuple de Kudara], nous avons une cause à défendre quel qu’en soit le coup.»

[12] Selon le Nihonshoki il y aurait eu 170 navires, voir Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017

[13] Abe no Hiketa est un militaire qui, pour ses compétences de gestion, avait été nommé au poste de Tsukushi no Dazai no Sochi (筑紫の大宰帥). Les historiens supposent donc que les soldats déployés lors de ce premier envoi provenaient majoritairement de la région de Tsukushi, puisqu’ Abe no Hiketa en était le “gouverneur” (Kokuzō 国造). Cette thèse est d’autant plus plausible, qu’on ne voit pas, dans ce premier envoi de troupes, des noms de généraux des clans qui, habituellement, sont en charge des tâches militaires ou martiales, tels que le clan Ōtomo (大伴氏) traditionnellement en charge des affaires militaires, le clan Ki (記氏) spécialisé dans la diplomatie et les expéditions extérieures ou encore le clan Soga provenant du groupe Kazuraki (葛城)

[14] Ce militaire avait atteint le rang de général, après avoir été pardonné de sa participation à la rébellion de Furuhito no Ōe, durant la première année de l’ère Taika (645).

[15] En effet, Kawabe no Momoe, en l’an 4 de l’ère Tenji (665) se trouve en pleine mission diplomatique à la cour des Tang. Cela implique qu’il soit rentré au Japon avec une partie des troupes. Il est de ce fait impossible qu’il ait pris part au combat de Hakusuki no e. Même chose pour Abe no Hiketa qui est renvoyée avec la deuxième expédition. A contrario, d’autres exemples tendent à prouver que les troupes envoyées lors de la première sont restées en Corée et ont probablement été incorporées parmi les hommes des deuxièmes et troisièmes envois : tel est le cas de Hada no Takutsu qui meurt durant la bataille de Hakusuki no  e.

[16] Apparement, cette nouvelle aurait eu l’effet de maintenir les troupes des Tang en retrait, les empêchant ainsi d’attaquer.

[17] Le choix de la place forte de Hekishi ne fait pas l’unanimité immédiatement. En effet, au moment où le prince Hōshō est intronisé, la question de la sélection de l’emplacement de la nouvelle capitale fait débat entre les gens de Kudara et les généraux Wa restés sur place. En décembre, Hōshō et Fukushin critiquent fortement le choix du château de Suru proposé par Sai no Ajimasa et  Hada no Takutsu. En effet, les coréens pensent que le château de Suru est certes une place forte défensive, mais qu’elle est loin des champs, que les terres ne sont pas assez arables – agriculture et sériculture comprises – et que la population, sur le long terme, manquerait de nourriture. Hada no Takutsu aurait alors réagit ainsi : Hekishi est bien trop proche des positions de notre ennemi, une nuit leur suffirait pour s’y rendre. Si nous essuyons une attaque, il sera trop tard pour regretter [notre choix]. N’est-il pas plus important de rechercher la préservation de son pays, plutôt que de vouloir à tout prix se soucier de la famine de son peuple ?Si nos ennemis ne nous débordent pas pour le moment, nous le devons à la place de forte de Suru, qui forme une mur de roche abrupte, qui se trouve assez haute, et qui possède une vallée extrêmement étroite; pour toutes ses raisons, Suru est facile à défendre, et ardue à attaquer. Si cette place forte se trouvait en terrain plat, pensez-vous que nous aurions pu la défendre avec autant d’acharnement sans même avoir besoin de nous enfuir ? (voir page 131). Néanmoins, Hōshō campera sur ses positions et choisira Hekishi. L’historien Kuramoto Kazuhiro précise qu’on voit, à travers ce passage, la différence fondamentale entre l’objectif des deux alliés : d’une part les japonais, en tant que force extérieure, pensent d’abord aux caractéristiques stratégiques ; tandis que le roi de Kudara donne la priorité à son peuple et à ses soldats.

[18] Cette force principalement navale sera celle qui, quelques mois plus tard, détruira l’armée des Wa dans la baie de Hakusuki.

[19] Selon l’historien Kuramoto Kazuhiro, Hōshō est un homme de lettres, qui arrive à Kudara sans véritablement connaître son royaume, puisqu’il réside au Japon en tant qu’otage depuis plusieurs année ; Fukushin, lui, est un homme de terrain, un militaire aguerri qui incarne le mouvement de restauration de Kudara en tant que général. Ces deux principales figure de la résistance seraient donc de base assez antinomique et seraient devenus incomptables au fur et à mesure que le conflit avançait. Hōshō craint alors que Fukushin ne soit en train de fomenter un coup d’état et, sur conseil de ses ministres – notamment un certain Tokushūtoku (徳執得) – il décide de s’en débarrasser et lui fait trancher la tête.

[20] A la différence du premier envoi où les 5000 hommes proviennent majoritairement de la région de Tsukushi, dans le sud du Japon, de l’actuel Kyūshū.

[21] Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, p. 138

[22] Dès l’année 6 de l’ère Saimei, la cour du Yamato ordonne la construction de navires dans la région de Suraga pour être en capacité d’effectuer des expéditions militaire. C’est pour cette raison que le troisième envoi de troupes est confié à Iohara no Omi qui, en tant que gouverneur de cette région, avait probablement lui-même supervisé la construction des bateaux remorqués à Suragi. Voir Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, p. 142

[23] Sur ce point en particulier, tous les historiens japonais s’accordent à dire que ce mouvement constitue une profonde erreur stratégique. Ces derniers pensent en effet que l’attachement de Hōshō pour le Japon a beaucoup joué dans ce choix de quitter la place forte de Suru. Une décision qui probablement eu un impact important sur le moral des troupes de Kudara, celles-ci ayant l’impression que leur roi les abandonnait, en quelques sorte. Voir Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, pp. 142-143

[24] L’arrivée discontinue des navires japonais s’explique par le fait que les embarcations se sont probablement distancées les unes des autres au cour de la traversée de la mer. 

[25] selon la biographie de Ryu jinki de L’ancien livre des Tang, la flotte japonais est constitués de 400 navires ; selon le texte de Shinra, La chroniques des trois royaumes, datée de 671 e envoyé au Tang par le roi Bunbu, propose le chiffre – sûrement exagéré – de 1000.

[26] Voir le Bukei sōyō (武経総要) : (Mōshō, Rōkō, Kaikotsu), in : Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017

[27] Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, p.145

[28] Il est notable de remarquer que ce manque de stratégie est assez exceptionnel dans l’histoire japonaise et que cet épisode est probablement dû au manque d’expérience dans les guerres extérieures. Le Japon, à cette époque, n’a d’ailleurs que peu d’expérience de combats de grande ampleur au sein même de son territoire. Il est donc assez naturel que les généraux Wa lancent une attaque frontale, en espérant qu’un personnage, doué de qualité exceptionnel, réussissent à remporter une victoire final au bout d’un certain nombre d’attaque. Voir : 

[29] Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, p.147

[30] Idem

[31] Ibid, p.149

[32] En marée basse, la baie de Hakusuki laisse place à un gigantesque terrain asséchés de vase

[33] Voir Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017

[34] On peut se demander où se trouvait à ce moment là les soldats envoyés lors de la deuxième expédition qui avait pour objectif d’attaquer le royaume de Shinra sur son propre territoire. En réalité, il n’y a plus aucune trace de ses hommes dans les sources historiques, après leur envoi en Corée. Selon l’historien Kuramoto Kazuhiro, le Nihonshoki ne dit rien à leur sujet pour la suite du conflit : on pense qu’ils sont alors morts au combat. Même la trace de Abenohiketa no Hirafu, après sa traversée de la mer, est perdue. Voir Voir Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, Histoire du Japon antique en guerre (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, p.143

Bibliographie

Kuramoto Kazuhiro 倉本一宏, « Histoire du Japon antique en guerre » (sensō no nihon kodai shi 戦争の日本古代史), Kōdanshagendaishinsho, Tōkyō, 2017, 302p.

Tōyama Mitsuo 遠山美都男, « Hakusonkō: l’énigme de la plus grande bataille de l’est asiatique antique » (Hakusonkō – kodai tō ajia taisen no nazo 白村江―古代東アジア大戦の謎), 中公新書, Tōkyō, 1997, 237p

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