This machine kills fascists : le rock américain et l’engagement contre la guerre

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Dix-huit août 1969. Jimi Hendrix (1942-1970)[1] monte à l’aube sur la petite scène du Festival de Woodstock qu’il conclut, afin de jouer durant deux heures devant les 30 000 et quelques spectateurs restant après trois jours de météo catastrophique, de prise de drogues et de célébration de la contre-culture[2] américaine. À force de distorsions, Hendrix entama lors de sa prestation une désormais célébrissime version de l’hymne américain (« Star Spangled Banner »), simulant sifflements de missiles, explosions et cris, soit le chaos et l’horreur de la guerre du Vietnam (1955-1975)[3].

Jimi Hendrix jouant sa version de l’hymne américain à Woodstock le 18 août 1969 – https://www.youtube.com/watch?v=sjzZh6-h9fM&ab_channel=LookyLambert

Phénomène culturel protéiforme, le genre musical du « rock » est fondamentalement ambivalent. Emblème de la contre-culture, associé à la contestation, voire à l’idéologie révolutionnaire, le rock est généralement affilié à une rupture esthétique et commerciale, à une expérience d’usages sociaux différents. Pourtant, il est aussi progressivement devenu un produit de la culture dominante. Bénéficiant d’une structure commerciale professionnelle et industrielle, touchant un public de masse et comportant des stars médiatisées, il est actuellement intrinsèquement lié à l’univers capitaliste compte tenu des institutions qui le produisent et le diffusent[4].

Mais du fait de cette opposition inhérente, le rock permet d’envisager un dialogue entre les anti-commercialistes[5] et le large public. Il peut mettre en lumière certains enjeux des mouvements contestataires : lutte pour les droits civiques, lutte des classes, environnementalisme, ou encore pacifisme. Il a un impact politique, notamment en temps de guerre dans les mouvements contestataires.

Si nous recontextualisons le cas des États-Unis, lieu de naissance de ce genre musical, il n’y eut pas véritablement de mouvement contre la guerre qui fut organisé durant la Seconde Guerre mondiale, au contraire. Seul le Parti socialiste des travailleurs[6] s’est opposé à la participation à la guerre. Le pays entier semblait engagé dans l’effort militaire et dans la mobilisation patriotique afin d’obtenir une victoire totale sur les géants allemand et japonais. Néanmoins, ce n’était pas pour autant que la guerre était vue comme une chose positive : environ 350 000 personnes ont évité la conscription et plus de 40 000 ont refusé le combat[7]. Les grèves furent également nombreuses à cette époque.

À partir de la seconde moitié des années 1940, la guerre froide se mit en place, et le président Truman (1884-1972) commença la chasse aux « non-loyaux », soit aux communistes, ou toute personne soupçonnée de l’être[8]. La « culture de la victoire » se développa en parallèle, présentant la guerre sous son meilleur jour et faisant l’éloge de la puissance américaine. Les voix discordantes furent balayées par le consensus amené par la guerre froide : il fallait absolument s’opposer à l’URSS. Dans la culture populaire, le communiste rejoignit le nazi dans le camp des ennemis écrasés par les héros nationaux.

Toutefois, cette réalité se limitait principalement à la classe moyenne blanche du nord des États-Unis, la ségrégation étant toujours source de conflits et de répressions au sud. En outre, l’influence de cette culture de la victoire déclina rapidement lorsqu’il devint évident qu’une victoire totale et absolue sur l’URSS était rendue impossible par le face à face nucléaire. Ce que nous pouvons considérer comme un schéma narratif moderniste de l’intelligent et puissant Américain venant éduquer ou sauver les pauvres habitants du Tiers-Monde fut d’autant plus mis à mal par la « perte » de la Chine continentale devenue communiste en 1949[9], par la guerre de Corée (1950-1953)[10], et surtout par la guerre du Vietnam.

Au début des années 1960, s’effectua une démocratisation de l’éducation supérieure provoquée par le baby-boom de l’après-guerre et par le G.I. bill[11] qui finance l’éducation universitaire des vétérans[12]. Mais avec elle vint la montée des mouvements universitaires, en particulier après la création de l’organisation des Étudiants pour une société démocratique (SDS)[13] et son Manifeste de Port Huron[14]. En 1964, le groupe britannique les Beatles entame une tournée aux États-Unis, et l’année suivante les contestations contre la guerre du Vietnam commencèrent à prendre une ampleur nationale, tout comme la consommation de LSD.

À partir des années 1950, une certaine prospérité et un optimisme économique dominaient la classe moyenne blanche américaine, et les dépenses courantes en loisirs (y compris dans l’industrie du disque) augmentèrent pour la jeunesse. Entre les manifestations étudiantes, la prospérité générale, et les spécificités des habitudes de consommation, la place de la jeunesse dans la société fut progressivement redéfinie, avec notamment la naissance du « problème jeune », du teenager rebelle.

Affiche du film Graine de violence (Blackboard Jungle), œuvre ayant pour thème le « problème jeune ». Son générique, la chanson « Rock Around the Clock »[15] de Bill Haley, participa cependant grandement à la popularisation chez la jeunesse du rock et de ses clichés ; Loew’s Incorporated, 1955, Wikimedia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blackboard_Jungle_(1955_poster).jpg

Le rock devint rapidement un aspect majeur de ce « problème jeune ». Apparu durant les années 1950, le rock est issu d’un genre musical propre aux Noirs américains : le rythm and blues. De plus en plus fréquemment écouté par un public jeune et blanc grâce à la démocratisation des postes radio qui lui donna accès aux fréquences noires au milieu des années 1950, le rythm and blues fut progressivement entrelacé à de la country blanche et de cette fusion naquit le rock’n’roll.

Dès son commencement, ce genre musical fut associé par le milieu conservateur à des stéréotypes, spécifiquement le sexe et la délinquance. Ces préjugés étaient particulièrement racistes, les stars étant alors très majoritairement noires. La question de la jeunesse blanche attirée (« corrompue ») par la musique noire, rattachée à celle de la ségrégation raciale, était ainsi fortement présente. Le rock était touché par la peur de la mixité raciale dans les concerts, sur les pistes de danse…

De cette manière, ce genre musical fut avant tout un espace de transgression raciale, en particulier à partir du moment où des artistes blancs entrèrent sur sa scène. Elvis Presley (1935-1977) fut l’un d’entre eux. De par l’impressionnante popularité qu’il acquit durant les années 1950, son comportement suggestif (voire vulgaire pour l’Amérique puritaine de cette époque) et quelques scandales, il devint rapidement le centre de la controverse touchant le rock. Il joua alors un rôle de lien entre ce genre considéré comme noir, et un public blanc et noir. Sa musique était particulièrement transgressive pour le contexte politique des années 1950. Le succès international du King et de son sex-appeal facilita également la popularisation de ce genre de manière presque mondiale. Il devint le fer de lance de ce mouvement musical de masse identifié à la jeunesse rebelle.

En parallèle de l’émergence du rock, la scène politique américaine subit de grands changements à partir du milieu des années 1950. En 1954, le sénateur Joseph McCarthy (1908-1957) et sa croisade anti-communiste tombèrent en disgrâce et, quatre ans plus tard, le Congrès devient très majoritairement démocrate. Les républicains subirent un grand revers et le démocrate Lyndon B. Johnson (1908-1973) entreprit de nombreuses mesures fédérales.

En 1960, John Fitzgerald Kennedy (1917-1963) fut élu Président. Un renouveau politique était en cours avec en particulier la naissance de la « nouvelle gauche »[16] et une nouvelle génération de militants engagés prenait place. Les boycotts contre la ségrégation étaient, par exemple, de plus en plus rejoints par des personnes blanches, et les thèmes de l’aliénation[17] et de la quête d’authenticité s’installaient au fondement des discours sur la marginalité. Néanmoins, ce renouveau radical politique n’était pas pour autant unifié. Non-violence, idéal de la libération personnelle, antiétatisme, libéralisme anticommuniste… De nombreuses divergences d’opinions existaient sur ces sujets.

En outre, l’arrivée au pouvoir des démocrates initia une forme d’attente chez la jeunesse de la nouvelle gauche. La politique de guerre froide de Kennedy fut ainsi fortement critiquée au début de son mandat[18]. Nous retenons notamment la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté[19] le 28 août 1963, durant laquelle Martin Luther King Jr. (1929-1968) fit son discours historique « I have a dream »[20], et où plusieurs artistes se produisirent, dont Bob Dylan (1941-).

Connu dès le début des années 1960 pour ses compositions folk originales et souvent estimées contestataires[21], Dylan joua, entre autres, « Blowin’ in the wind »[22] qui pose une série de questions rhétoriques sur la paix, la guerre ou encore la liberté et qui devint un hymne de cette décennie. De par sa popularité grandissante et ses chansons critiques, Dylan a, à plusieurs reprises, mis en avant le mouvement des droits civiques, mais aussi le mouvement contre la course aux armements nucléaires entre les États-Unis et l’URSS, comme par exemple dans sa chanson « Masters of War »[23] également sortie en 1963 et qui imagine la mort des hommes organisant et profitant des guerres.

De plus, Dylan fut l’un des premiers artistes du folk à passer au son électrique durant les années 1960. La mutation – très remarquée[24] – de son style musical vers un son rock engendra l’assignation d’une dimension révolutionnaire à ce genre, lui donnant ainsi un nouveau potentiel politique.

Photographie de la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté, Gouvernement des États-Unis, 1963, Wikimedia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:IhaveadreamMarines.jpg

Le 22 novembre 1963, Kennedy fut assassiné à Dallas. Prenant sa suite, le nouvellement nommé Président Johnson entama une guerre contre la pauvreté. Mais malgré cela, dès 1964, une rupture eut lieu entre la nouvelle gauche et les démocrates lors de leur Convention, notamment à propos de la question des droits civiques. Celle de la guerre du Vietnam, qui ne cessait de gagner de l’envergure sur la scène socio-politique, polarisa alors encore plus le débat politique des États-Unis des années 1960.

De nos jours, il n’est plus à prouver que la scène artistique est un véritable lieu de débats et de contestations politiques. À partir des années 1960, comme le prouva Hendrix sur les planches de Woodstock, le milieu du rock américain devint un de ces lieux. Ainsi, dans cet article, nous nous efforcerons d’établir un panorama du mouvement anti-guerre américain à travers ses artistes de la scène rock.

La guerre est finie

Onze juin 1963. Le moine bouddhiste Hòa thượng Thích Quảng Đức (1897-1963) s’immole par le feu dans les rues de Saïgon. Lui et sa communauté contestaient la répression religieuse qu’orchestrait Jean-Baptiste Ngô Đình Diệm (1901-1963), président de la République du Viêt Nam, leader d’un régime autoritaire appuyé par le gouvernement américain face à son voisin du Nord, la République démocratique du Viêt Nam dirigée par Hô Chi Minh (1890-1969).

Cette immolation, et surtout son cliché, fit rapidement le tour du monde occidental et provoqua une vague d’émotions particulièrement puissante. Progressivement, les États-Unis cessèrent d’épauler Diêm et soutinrent un coup d’État contre lui. Ils utilisaient une politique de contre-insurrection, accompagnée de bombardements considérables et d’envois massifs de troupes. La stratégie échoua et, en 1968, l’offensive du Tết[25] prouva au monde que l’armée américaine ne contrôlait aucunement la situation et, au contraire, s’enlisait au Vietnam.

Photographie de Thích Quảng Đức s’immolant, Malcolm Browne, 1963, Wikimedia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Th%C3%ADch_Qu%E1%BA%A3ng_%C4%90%E1%BB%A9c_self-immolation.jpg

En parallèle, sur le sol américain, la colère montait. Le nombre de soldats morts sur le terrain ne cessait d’augmenter et les récits des horreurs de la guerre se diffusaient, notamment concernant les exactions américaines. Massacres de civils, napalm, tortures… Face aux mensonges de Johnson, plusieurs artistes se mirent à dénoncer la propagande gouvernementale, tel le chanteur particulièrement engagé Tom Paxton[26], qui avait déjà sorti « What Did You Learn In School Today »[27] en 1964. De nombreux mouvements contestataires se soulevèrent et s’assemblèrent afin de réclamer la fin de la guerre.

L’un des plus célèbres était celui des étudiants. Il prit naissance à partir du mouvement pour la liberté d’expression[28] qui s’installa sur le campus de l’université de Berkeley durant l’année scolaire 1964-1965 en raison de l’interdiction d’exercer une activité politique sur le campus. Un tournant fut alors marqué : une critique plus générale de la fonction sociale de l’université et de son mode de fonctionnement autoritaire prit place. Les liens entre l’université et l’armée, l’industrie militaire et l’armement furent dénoncés, et les manifestations organisées contre la guerre du Vietnam et surtout contre la conscription croissante des jeunes étudiants augmentèrent. En outre, la mobilisation commençait à être interethnique, défiant parfois la ségrégation.

Un autre mouvement ayant marqué cette époque, le phénomène hippie, naquit au milieu des années 1960 et était inspiré des écrivains de la Beat generation[29]. Rejetant les valeurs traditionnelles, conformistes et capitalistes, il était le cœur de la contre-culture des années 1960 et est principalement connu de nos jours pour sa consommation de LSD (légale jusqu’en 1966), sa sexualité libérée, son pacifisme et son militantisme environnementaliste. Les festivals et concerts organisés par ce mouvement, tout comme les manifestations, devenaient ainsi des terrains d’entente pour les protestataires culturels et politiques.

Le genre du rock était particulièrement lié au phénomène hippie, notamment à travers la pratique du psychédélisme[30]. Le 6 octobre 1966, jour d’abrogation de la pratique du LSD en Californie, le Love Pageant Rallye[31] fut organisé à San Francisco afin de défier la nouvelle loi. Parmi les têtes d’affiche, plusieurs figures du rock psychédélique comme Janis Joplin (1943-1970) ou The Greatful Dead. Le phénomène hippie s’amplifia, et, durant l’été 1967, des milliers de jeunes (et moins jeunes) gagnèrent San Francisco afin d’expérimenter ce mode de vie. De nombreux artistes de la scène rock se joignirent au Summer of Love et y firent des concerts, comme le groupe psychédélique Jefferson Airplane.

Le début des années 1960 vit aussi la continuité du mouvement pour les droits civiques. Cette décennie et la précédente furent marquées par une tendance montante vers l’égalité, en particulier grâce au travail de Martin Luther King Jr. et l’organisation de boycotts. Néanmoins, le changement se faisait lentement : la ségrégation était toujours bel et bien présente, et ce malgré les élections de démocrates au pouvoir. Le 4 avril 1967, exactement un an avant son assassinat, King prononça son véritable[32] premier discours dénonçant la guerre dans une église new-yorkaise. La gestion du budget, dédié à l’armement plutôt qu’au bien-être social, y fut particulièrement mise en avant.

La lutte pour les droits civiques se tourna alors progressivement vers la contestation de la guerre du Vietnam. De surcroît, le racisme de la conscription[33] se trouva également au centre des dénonciations. Le mouvement se fit aussi de plus en plus violent dans ses paroles et ses actes, notamment à travers le révolutionnaire Black Panthers Party for Self-Defense formé en 1966, l’organisation politico-religieuse Nation of Islam, ou encore l’œuvre de Malcolm X (1925-1965) issu de cette dernière mais ayant rompu avec elle en 1964.

Discours de Malcolm X, « Le vote ou le fusil » (« The Ballot or the Bullet »), prononcé le 12 avril 1964, annoté et sous-titré par Npatou, https://www.youtube.com/watch?v=8zLQLUpNGsc&ab_channel=npatou

Ainsi, durant la première moitié des années 1960, de nombreux mouvements commencèrent à diriger leurs poings vers les actions militaires des États-Unis. Mais les manifestations se faisaient pour un changement général : mouvements féministes, pour les Amérindiens, les Chicanos, la communauté LGBTQIA+, ou même pour l’écologie. Ils s’influençaient, se soutenaient plus ou moins, convergeaient, se regroupaient, mais étaient bien distincts et parfois même en opposition. Le phénomène était multiple et annonçait une véritable révolution culturelle pour la seconde moitié de la décennie.

Cependant, contrairement aux mouvements protestataires qui appelaient majoritairement à la réforme par le biais des institutions politiques, cette révolution culturelle se fit plus radicale avec un appel à la transformation de la société qui ne relevait pas de l’action gouvernementale et souvent s’y opposait. L’année du tournant fut très probablement 1968.

Il fut tout d’abord médiatique. En janvier, l’offensive du Tết mit à mal la version du gouvernement américain : la guerre ne se déroulait pas « bien ». Puis, le 1er février, un officier du Front national de libération du Sud Viêt Nam[34] ayant participé à cette offensive (et venant de massacrer un policier et sa famille) se fit sommairement exécuter d’une balle dans la tête au milieu d’une rue de Saïgon par un général de l’armée du Sud Viêt Nam. Cette mise à mort fut photographiée et filmée par des journalistes et largement diffusée, choquant alors la société américaine. La tendance de l’opinion publique changea et le mouvement contre la guerre prit en ampleur.

Néanmoins, 1968 fut également l’année de la banalisation de la violence policière contre les manifestants. Alors que la Convention nationale démocrate devait se réunir en août à Chicago afin de déterminer quel candidat se présenterait à la prochaine élection présidentielle, le Comité de mobilisation nationale pour la fin de la guerre au Vietnam (MOBE), une organisation parapluie coordonnant une coalition d’activistes, avait idée d’organiser des manifestations, qui traverseraient notamment les quartiers où résidaient principalement la population afro-américaine. Parallèlement, le Youth International Party (les « Yippies ») annonça également qu’il organiserait des actes contestataires durant cette convention, menaçant, entre autres, de déverser du LSD dans les eaux de la ville.

Sans grande surprise, la ville de Chicago refusa les demandes de permis de manifester des deux organisations et prépara ses forces. Douze mille policiers, six mille soldats, presque six mille membres de la Garde Nationale, cinq autres milliers attendant en réserve, un millier d’agents du Federal Bureau of Investigation (FBI) et du renseignement militaire, et un millier d’agents des Services Secrets attendaient fermement les manifestants.

Bien que la Convention ne commençât que le 26, les accrochages entre forces de l’ordre et manifestants débutèrent dès le 22. Le 23, sept personnes furent arrêtées. L’une d’entre elle était Phil Ochs (1940-1976), le « journaliste chantant ». Connu pour ses chansons contestataires sur les actualités, il avait pour habitude de se produire lors des manifestations contre la guerre. L’une des chansons qu’il joua lors des évènements d’août fut « The War is Over »[35]. Inspirée de la philosophie du poète Allen Ginsberg (1926-1997) qui décida de déclarer la guerre terminée en 1966 dans le but de véritablement en finir avec cette dernière, elle fut l’une des chansons anti-guerre du Vietnam les plus puissantes des années 1960.

Une fois la guerre véritablement finie en 1975, il en fit une dernière performance dans un rassemblement à New York. Par ailleurs, durant le procès des Sept de Chicago – affaire que nous aborderons plus bas – il fut cité comme témoins et en profita pour réciter les paroles de sa chanson « I ain’t Marching Any More »[36], dans laquelle un soldat déclare ne plus vouloir servir les États-Unis[37].

Chanson « I ain’t Marching Any More » de Phil Ochs – https://www.youtube.com/watch?v=gv1KEF8Uw2k&ab_channel=JimKindheart

Country Joe and the Fish, groupe de rock psychédélique particulièrement engagé contre la guerre au Vietnam et célèbre pour son attitude satirique et pleine d’humour noir – comme dans la chanson « I feel like I’m fixin to die rag »[38] – devait également se produire à Chicago. Lorsqu’ils apprirent que les manifestations adviendraient malgré le manque de permis, ils votèrent entre eux et la décision de ne pas se rendre à la convention fut majoritaire. Le groupe craignait de voir son matériel être endommagé si cela tournait mal, ce qui ne manqua pas d’arriver.

En effet, les tensions et violences ne cessèrent d’augmenter au fil des jours et des slogans antimilitaristes, jusqu’à atteindre leur paroxysme le 28 août lors d’un affrontement de 17 minutes entre les deux partis surnommé « la bataille de l’avenue Michigan ». Plus de 600 manifestants furent arrêtés, et la brutalité policière – qui s’étendait à la presse et aux passants – fut filmée et diffusée en direct. Le slogan « Le monde entier regarde »[39] retentissait devant les caméras. Le lendemain, une nouvelle tentative de manifestation eut lieu, mais échoua également. La convention était terminée : Hubert Humphrey (1911-1973) serait celui qui se présenterait à la prochaine élection présidentielle, et échouerait face à Richard Nixon (1913-1994).

Le 20 mars 1969, huit personnes furent inculpées, puis jugées, à cause de leur rôle dans l’organisation de ces évènements. L’une d’entre elles, le Black Panther Bobby Seale (1936-), n’était pourtant qu’à peine un participant de dernière minute. Les « Chicago 8 » devinrent les « Chicago 7 » lorsqu’il fut décidé que son cas serait jugé séparément. L’histoire de ce procès politique, narrée par ailleurs dans un film sorti en 2020[40], est célèbre du fait de l’absurdité des témoignages, le nombre extrême de condamnations d’outrage à la cour, la vendetta du juge contre les inculpés, mais aussi à cause du comportement particulièrement raciste qu’eut la cour envers Seale, qui fut attaché à sa chaise et bâillonné avec du scotch durant plusieurs jours de procès.

Bobby Seale, attaché et bâilloné lors du procès des Chicago 8, Frank McMahon, 2012, Wikimedia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Constrial3.jpg

En parallèle de ce procès, durant l’année 1969, les mouvements contestataires continuèrent de prendre de l’ampleur et de se radicaliser. Entre 1969 et 1970, le mouvement étudiant contre la guerre était à son apogée, mais déclina rapidement. Le SDS fut dissous en 1969 par exemple. Le mouvement hippie, quant à lui, ne perdit en visibilité et ampleur qu’à la fin de la guerre du Vietnam.

En 1967, la comédie musicale rock Hair[41] fut créée[42] et contribua à son renouvellement dans la fin des années 1960. Issue de la contre-culture hippie et de la révolution sexuelle, elle fut un hymne du mouvement pacifiste. Elle explorait pour thèmes la race, la nudité, l’usage de drogues, la liberté sexuelle, le pacifisme, l’environnementalisme, la religion… Et ce à travers l’histoire d’un jeune hippie qui se trouve conscrit, et qui doit donc choisir entre résister comme ses amis et rester dans sa communauté, ou alors écouter ses parents conservateurs et la société, oublier ses convictions pacifistes et son mode de vie contre-culturel. Hair arriva sur les planches de Broadway dès 1968, et donna une vision positive de la lutte contre la guerre du Vietnam. Les critiques en furent majoritairement bonnes, contrastant avec l’environnement médiatique qui portrayait alors de la violence en permanence.

En effet, à la fin des années 1960, une polarisation politique extrême était en cours et une banalisation de la violence dans la vie politique s’effectuait. En 1969, un effet médiatique autour d’affaires comme celle de Charles Manson (1934-2017)[43], celle du concert meurtrier d’Altamont[44] ou encore l’assassinat du Black Panther Fred Hampton (1948-1969) par la police et le FBI[45], provoqua une juxtaposition et donc une association dans l’espace médiatique entre criminalité, violence, contre-culture et dissidence politique.

Durant cette même année, le Festival de Woodstock, rassemblement emblématique de la contre-culture, fut organisé. Sur ses planches, outre de multiples noms légendaires de la scène rock comme Jimi Hendrix que nous avons cité en introduction, se produisirent Creedence Clearwater Revival (CCR). Malheureux d’un public endormi par le groupe précédent, leur performance ne s’inscrivit pas dans la légende.

Toutefois, ce groupe a sorti de nombreuses chansons encore bien célèbres de nos jours. L’une d’entre elle, « Fortunate Son »[46], est un hymne pacifiste, une critique du patriotisme exacerbé des gens qui soutiennent la guerre mais qui refusent d’en faire les frais. Inspirée du mariage entre le petit-fils de Dwight Eisenhower (1890-1969) et la fille de Nixon, cette chanson ne parle pas tant de la guerre en elle-même que de l’injustice sociale et de classe face à elle[47]. L’année suivante, ce groupe publia également « Who’ll Stop the Rain »[48], parfaite métaphore de l’enlisement américain au Vietnam, mais se rapportant également à la météo désastreuse du Festival de Woodstock.

Un autre groupe de rock extrêmement populaire au sein du mouvement hippie à la fin des années 1960, lié à la scène psychédélique et qui aurait dû se produire à Woodstock, était The Doors. Malgré la mort de son chanteur, Jim Morrison (1943-1971), en 1971, le groupe continua ses performances jusqu’en 1973 tellement la scène de l’époque leur vouait un culte. Éminemment connu pour ses chansons engagées ou pacifistes comme « The Unknown Soldier » dont la dernière phrase « The war is over » était particulièrement reprise en tant que slogan à cette époque comme nous l’avons vu avec Ochs, mais aussi pour ce qui était considéré comme de l’obscénité pour l’Amérique conservatrice et puritaine de l’époque[49].

Cette « indécence » provoqua de nombreux problèmes juridiques pour le groupe, et en particulier pour leur chanteur. Nous notons, par exemple, que leur refus de jouer à Woodstock était principalement dû au fait que Morrison était alors en procès à Miami car il avait plus ou moins exposé ses parties génitales lors d’un concert. Néanmoins, nous remarquons surtout que ce groupe était ciblé par une enquête du FBI[50] qui souhaitait alors censurer les mœurs et donc la scène rock.

Ainsi, dans une lettre d’un haut responsable du Bureau au sénateur démocrate Sam Erwin (1896-1985) datée du 19 mars 1969 par exemple, nous pouvons trouver ce premier décrire la musique de The Doors comme étant « la chose la plus dégoûtante et la plus vulgaire que l’esprit humain puisse concevoir »[51], avant d’indiquer « Je ne sais pas quoi faire, si tant est qu’il soit possible de faire quelque chose, pour arrêter la distribution de telles immondices, mais je suis persuadé que quelque chose doit être fait. Je sais que nous ne pouvons pas – et ne devons pas – essayer de légiférer sur la moralité, mais certainement nous pouvons, et devons, essayer d’arrêter la dissémination d’excrétions pareilles. »[52].

Bien qu’elle ne nous semble pas avoir véritablement abouti, cette enquête montre à quel point la scène rock inquiétait les puissants et disposait d’une influence croissante sur les masses et sur leur vision de la guerre. Toutefois, le potentiel révolutionnaire attribué au rock semblait tenir plus à la rupture esthétique qu’il incarnait alors qu’à ses textes politiques.

Chanson « The Unknown Soldier » de The Doors – https://www.youtube.com/watch?v=JLBOjvl6i5s&ab_channel=TheDoors-Topic

En outre, comme nous avons pu le remarquer précédemment, le mouvement hippie ne survécut pas à la fin de la guerre. Il laissa sa place à une montée des communautés rurales, mais le retour des troupes américaines enleva à la contre-culture un puissant élément fédérateur, un facteur important de sa cohésion idéologique : la conscription des hommes. De plus, le premier choc pétrolier en 1973[53], la perspective de crise économique, la montée du chômage et du mouvement conservateur vinrent tempérer l’atmosphère utopique des années 1960.

À partir de la présidence de Nixon, la focalisation se tourna plutôt vers, entre autres, les mouvements de libération ethnique. En effet, à partir de la fin des années 1960, de nombreux mouvements attirèrent eux aussi les regards. Issus principalement de luttes locales et inspirés des différents mouvements du Black Power[54], des mouvements amérindiens[55] ou encore chicanos[56] prirent de l’ampleur. De même, la question du féminisme progressait lentement vers la légitimité politique, et les mouvements LGBTQIA+ regagnèrent en activisme après les émeutes de Stonewall en 1969[57].

Ainsi, durant les années 1960, se développèrent aux États-Unis un nombre considérable de mouvements de contestation du puritanisme américain. La contre-culture vint s’opposer au capitalisme, à la morale sexuelle, à l’« American way of life ». Et les groupes de rock en furent des marqueurs identitaires, bien qu’ils fassent partie intégrante du système commercial, publicitaire et industriel de la culture dominante.

Toutefois, sous Nixon, débuta un avènement du conservatisme qui continua bien après sa démission de la présidence américaine. Il détestait particulièrement les opposants à la guerre et, lorsqu’il rencontra Johnny Cash (1932-2003), l’« homme en noir »[58], en 1970, il lui aurait demandé de jouer des chansons se moquant des mouvements contestataires. Expliquant qu’il ne connaissait pas les titres demandés, Cash joua à la place « The Ballad of Ira Hayes »[59] qui raconte comment un vétéran amérindien de la Seconde Guerre mondiale fut maltraité à son retour aux États-Unis. Le parallèle pouvant alors être fait avec les vétérans du Vietnam laissés pour compte et participant de plus en plus activement aux manifestations pour la paix.

Même si le chanteur prétendit qu’il ne s’agissait pas d’un choix politique, nous pouvons remarquer que son album suivant, Man in Black, comporte cette même chanson, ainsi que d’autres textes à thèmes socio-politiques comme « Singin’ in Viet Nam Talkin’ Blues »[60], qui détaille un voyage que Cash a entrepris pour divertir les troupes et durant lequel il put observer certaines horreurs de la guerre.

Photographie de la pose du drapeau américain sur l’île d’Iwo Jima (Ira Hayes se trouve tout à gauche), Joe Rosenthal, 1945, Wikimedia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Raising_the_Flag_on_Iwo_Jima,_larger.jpeg

Comme nous avons pu le constater tout au long de cette partie, la guerre du Vietnam a provoqué l’émergence et a influencé nombre de mouvements contestataires, mais a aussi engendré beaucoup de colère. Le gouvernement mentait, le public n’avait plus confiance en lui, ni en son système. Avec le scandale du Watergate[61], Nixon s’était rapidement attiré les foudres des Américains, tout comme Johnson avant lui, et avait accentué ce sentiment d’écœurement. De par la popularisation du genre musical du rock, et l’augmentation du nombre de groupes et de sous-genres, une véritable nouvelle forme de contre-culture s’est créée, associée à la jeunesse, les hippies, la résistance face à la guerre et à la contestation de manière générale.

Durant les années 1960, le rock s’est progressivement imposé comme véritable moyen de dénonciation, principalement à travers des paroles politiques et des participations à des manifestations. Mais l’augmentation des violences, de la radicalisation et de la division, voire la mort à petit feu, de grands mouvements contestataires (notamment étudiants) fit que nombre de personnes tombèrent dans la désillusion. De même, la pratique courante du LSD engendra beaucoup de dégâts. Les mouvements contre la guerre du Vietnam se développèrent ainsi sous différentes formes de contestation, violentes ou non, et comprenaient des types de personnes très différents les uns des autres. Néanmoins, avec la fin de la guerre et la montée du conservatisme, ces groupes contestataires durent se renouveler.

Réveille-toi

Vingt-six janvier 2000. Le groupe protestataire Rage Against The Machine (RATM) commence à tourner le clip de leur chanson « Sleep Now in the Fire »[62]. Sous la direction de leur réalisateur Michael Moore (1954-), le groupe et ses fans dévient du lieu de tournage – le Federal Hall – pour envahir le bâtiment d’en face, le New York Stock Exchange, forçant la bourse américaine à fermer, ce qui n’était pas arrivé depuis le Krach de 1929[63]. Mais trente années avant l’avènement de RATM, c’était une vague de conservatisme qui déferlait sur les États-Unis à partir de 1969 et l’élection de Nixon.

En termes de relations internationales et de guerre froide, Nixon fit beaucoup. Il apaisa les relations avec l’URSS, accepta la parité nucléaire avec elle et ratifia des traités pour réduire l’armement[64]. Profitant de la rupture entre les deux puissances « communistes » – la Chine et l’URSS – qui aboutit à une guerre frontalière entre elles en 1969[65], le gouvernement Nixon commença petit à petit à renouer avec la Chine continentale à partir de 1971. En conséquence, les Nations Unies la reconnurent et expulsèrent Taiwan à la place. En 1972, Nixon fit même le déplacement en Chine. Cette dernière promit aux États-Unis de ne pas (plus) intervenir au Vietnam, et ces derniers ne laisseraient pas le Japon obtenir l’arme nucléaire.

Ce rapprochement fit particulièrement peur à l’URSS qui décida alors de se montrer plus sympathique envers les États-Unis. En outre, Nixon avait soutenu Kennedy dans ses actions envers Cuba. À sa prise de fonction, il intensifia les opérations contre Fidel Castro (1926-2016), provoquant l’inquiétude de Cuba et de l’URSS. En effet, à la suite de la crise des missiles, Kennedy et Nikita Khrouchtchev (1894-1971) avaient conclu un accord : les États-Unis ne peuvent envahir Cuba. Mais les actions de Nixon poussèrent les « communistes » à penser qu’il reviendrait sur cet accord. Ils lui demandèrent alors de le réaffirmer en 1970, ce qu’il fit.

Tout au long de son premier mandat, Nixon développa alors sa « doctrine », qui avait pour but de réduire l’engagement américain à l’étranger, notamment au Vietnam. Au lieu de s’engager militairement, les États-Unis favoriseraient plutôt un soutien financier et en armement. La vente d’armes à Israël[66], l’Iran, l’Arabie saoudite, ou encore le Pakistan, augmenta alors. Il retira également les derniers contingents au Vietnam en 1973 par suite de l’accord de paix de Paris[67]. Toutefois, cette doctrine n’empêcha pas un certain interventionnisme, comme par exemple au Chili et à travers la CIA[68].

Dès 1969, Nixon engagea également une « guerre contre la drogue »[69], qui se perpétua jusqu’au XXIe siècle. Il lança ainsi l’opération Interception, qui demandait la fouille de toutes les voitures venant du Mexique afin de lutter contre le trafic de cannabis. Cette opération fut un échec, mais mit en avant la problématique de la toxicomanie et de la drogue à l’échelle nationale. Cependant, entre les débuts de la guerre contre la drogue de Nixon et la fin du second mandat de Ronald Reagan (1911-1981), l’importation de drogue aux États-Unis a triplé[70]. Les États-Unis firent de nombreuses opérations, notamment en coopération avec le Mexique, mais la Central Intelligence Agency (CIA) participait parallèlement au trafic afin de financer ses activités, et ce dès la guerre du Vietnam, ce qui limitait les potentiels résultats.

Sur le plan national, Nixon continua la politique de déségrégation qu’avaient commencé ses prédécesseurs, mais ne montra aucune sympathie pour les manifestants contre la guerre. De plus, l’économie, déjà malmenée par la guerre, subit en 1973 un premier choc pétrolier. Nixon essaya de contrôler les dégâts, mais les États-Unis vécurent tout de même des pénuries alimentaires et une forte hausse du chômage. Néanmoins, de manière globale, il y eut une baisse de la pauvreté sous le mandat de Nixon.

Quelques-uns furent tout de même laissés sur le bord de la route, en particulier les vétérans de la guerre du Vietnam. Dans sa très populaire chanson « Born in the U.S.A. »[71] tirée de son album éponyme sorti en 1984, Bruce Springsteen (1949-) mit cette problématique en avant. Dès ses débuts dans l’un de ses premiers groupes (appelé Steel Mill), Springsteen chantait politiquement à propos des militaires américains rentrant de la guerre, avec par exemple « America Under Fire »[72] jouée en 1970 mais jamais publiée. Surnommé « The Boss », s’inspirant de la gestuelle d’Elvis et des textes de Dylan, Springsteen a également participé aux concerts « No Nukes »[73] organisés par le collectif Musicians United for Safe Energy (MUSE)[74] en 1979 afin de contester l’utilisation de l’énergie nucléaire. Il s’agissait alors d’une des premières, mais certainement pas dernière, manifestation de son militantisme politique.

Lorsqu’il sortit Born in the U.S.A. en 1984, il devint une inspiration pour la classe populaire patriotique. Néanmoins, beaucoup virent et voient encore en la chanson titre de cet album un texte nationaliste faisant la gloire de l’hégémonie américaine, malgré sa narration explicite parlant du retour de la guerre du Vietnam d’un vétéran et des malheurs qu’il subit aux États-Unis. Le chanteur y exprime de l’amertume et non pas de la fierté, nombre de ses amis ayant fait le Vietnam[75]. Springsteen voulait dénoncer les conséquences de cette guerre et promouvoir la paix, pas glorifier son pays. Cette chanson n’est d’ailleurs pas la seule sur cet album à parler des conséquences de la guerre du Vietnam. « Shut Out the Light »[76] par exemple, met en scène un vétéran rentré physiquement mais toujours dans l’enfer de la guerre dans ses cauchemars.

Springsteen eut ainsi une très forte présence et influence sur la scène socio-politique, et ce même à l’international. Il incita la chute du mur de Berlin quand, en 1988, il fit un concert dans Berlin-Est et annonça en allemand qu’il jouait non pas pour un gouvernement, mais dans l’espoir qu’un jour les barrières seraient abolies. En 1999, il sortit « American Skin (41 shots) », qui dénonce le meurtre raciste par 41 balles par la police new-yorkaise d’un jeune Noir de 23 ans, non-armé, car il avait été confondu avec un violeur en série. Menacé avant d’effectuer un concert à New York, il fit tout de même le déplacement et joua ce morceau de manière particulièrement intense ce jour-là. De manière générale, Springsteen militait – et milite encore de nos jours – contre la pauvreté, pour les droits LGBTQIA+, mais surtout pour la paix.

Chanson « American Skin (41 shots) » de Bruce Springsteen – https://www.youtube.com/watch?v=aQMqWAiWPMs&ab_channel=BruceSpringsteenVEVO

En 1974, avec le scandale du Watergate, Nixon démissionna et fut remplacé par son vice-président, Gerald Ford (1913-2006), qui, par ailleurs, le gracia. Durant ses quelques années de présidence, Ford entama une période de détente avec l’URSS. Il hérita également des problèmes économiques causés par le choc pétrolier, et des dernières heures de la guerre du Vietnam. Le président suivant, un démocrate du nom de Jimmy Carter (1924-), connut deux premières années de tranquillité relative, entretenant des relations quelque peu apaisées avec la Chine et l’URSS. Privilégiant les droits de l’Homme, il mit fin au soutien militaire à cinq pays d’Amérique du Sud qui ne les respectaient pas suffisamment, ce qui améliora les conditions de vie dans certains pays souhaitant s’attirer les grâces américaines.

Néanmoins, de par le soutien constant au gouvernement d’Israël et certaines actions de la CIA, les États-Unis continuèrent d’appuyer certaines dictatures, comme par exemple au Guatemala qui vécut un véritable génocide[77]. R.E.M. fut l’un des groupes qui dénonça les atrocités guatémaltèques dans son quatrième album avec la chanson « The Flowers of Guatemala »[78]. Groupe de rock alternatif populaire, R.E.M. connut un grand succès dans l’underground[79] avant de signer pour Warner Bros Record en 1988. Avec ce passage « mainstream », l’engagement politique et environnementaliste, mais aussi la vision libertaire et progressiste, des membres du groupe ressortirent progressivement. Ils aidèrent à lever des fonds de manière considérable, sensibilisèrent leur public et soutinrent des causes locales. Leur sixième album – premier avec Warner – contenait notamment une dénonciation de l’agent orange[80] et de ses effets dans « Orange Crush »[81].

De plus, en 1979, les États-Unis (et le reste du monde) subirent un second choc pétrolier, ce qui malmena leur économie. Cette même année, l’URSS voyant des changements de politique survenir en Afghanistan, s’inquiéta pour sa position en Asie centrale et décida de l’envahir. Les États-Unis, qui y soutenaient des groupes rebelles, furent particulièrement surpris de ce déploiement des forces soviétiques.

En effet, les services de renseignement américains étaient persuadés que l’URSS n’interviendrait pas militairement. Il s’agissait d’une menace sérieuse pour les intérêts américains dans la région du Golfe persique. Carter imposa donc des sanctions contre l’URSS, continua d’apporter son soutien au Pakistan, et élabora sa doctrine : les tentatives de mainmise sur le Golfe persique seraient considérées comme une offense contre les intérêts américains et provoqueraient des représailles militaires.

Cette invasion modifia drastiquement la politique de Carter, qui, jusque-là, privilégiait la mise en avant des droits de l’Homme. L’endiguement revint dans la narration de la guerre froide. Carter (et Reagan après lui) continua de soutenir les rebelles en Afghanistan, ce qui coûta trois milliards de dollars aux États-Unis. L’URSS ne quitta le pays qu’en 1989. Après cette invasion, Carter cessa de tenter de se rapprocher de l’URSS et entama un réarmement militaire. Il continua néanmoins l’amélioration des relations avec la Chine initiée par Nixon, avec, entre autres, l’autorisation de la vente de matériel militaire à celle-ci après cette invasion en Afghanistan.

Impopulaire à la fin de son mandat, et même tout du long auprès du Congrès, Carter ne fut pas réélu et laissa sa place à Reagan. Il est également intéressant de mettre en avant la crise iranienne de 1979, qui vit se développer une prise d’otages dans l’ambassade américaine durant 444 jours, du fait d’un soupçon d’espionnage de la part des employés américains[82]. Ces otages furent libérés le 20 janvier 1981, douze minutes après l’adresse inaugurale de Reagan. De nombreuses théories du complot émergèrent alors, estimant que le républicain aurait retardé la libération afin qu’il en récupère les bénéfices et que Carter ne soit pas réélu[83].

Soldats américains parachutés sur la Grenade pour son invasion, United States Army, 1983, Wikimedia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:US_Army_Rangers_parachute_into_Grenada_during_Operation_Urgent_Fury.jpg

Président de 1981 à 1989, Reagan est particulièrement connu de nos jours pour son conservatisme et ses positions radicalement anti-communistes. Responsable d’une politique de refoulement visant l’effondrement de l’URSS et donc à la fin de la guerre froide, Reagan augmenta de manière exponentielle l’arsenal américain et le budget de la Défense. En outre, ce budget fut rapidement utilisé. En effet, en 1983, Reagan lança la première opération militaire américaine d’envergure depuis le Vietnam : l’invasion de la Grenade.

L’opération Urgent Fury commença ainsi le 25 octobre 1983 et se termina le 2 novembre suivant. Faisant suite à plusieurs années de tension entre les États-Unis et la Grenade, ces premiers (soutenus par plusieurs nations des Caraïbes), envoyèrent une flotte qui débarqua sur l’île et écrasa les troupes grenadiennes et cubaines qui s’y trouvaient. Ils renversèrent le gouvernement militaire, révolutionnaire et « communiste » de la Grenade en l’espace de quelques jours. Menée en dehors de tout mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, cette opération fut condamnée par un vote de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Issu d’un mouvement pro-Cuba et d’inspiration marxiste-léniniste, le gouvernement de la Grenade provenait d’un coup d’État commis en 1979. Reagan l’accusa de construire des installations liées à la militarisation cubaine avec le soutien de l’URSS, et d’aider le transport d’armes cubano-soviétiques dans le but de soutenir les guérillas d’inspiration marxiste en Amérique centrale. Il s’agissait pour Reagan d’une occasion de continuer son combat contre le « communisme » dans les Caraïbes. Il justifia son attaque par la menace de prise d’otages qui pesait sur quelques centaines d’américains, notamment des étudiants, qui vivaient sur l’île, mettant en avant la ressemblance avec la crise iranienne. Thèse largement réfutée depuis.

Le refus de Reagan d’autorisation de la présence de la presse lors de l’intervention lui attira également beaucoup de critiques. Il considérait que la guerre du Vietnam avait été perdue à cause des critiques omniprésentes de la presse et ne lui portait donc pas de grande considération. Malgré cela, de nombreuses personnes continuèrent de soutenir ce président. Cette situation fut alors l’inspiration du groupe punk The Dicks, qui composa « I Hope You Get Drafted » après avoir entendu des jeunes faire l’apologie de cette invasion. Ce groupe chercha en particulier à combattre ce « nouveau patriotisme » qui célébrait la guerre « cool », et souhaitait remettre en avant la réalité des conflits militaires à travers cette chanson.

Chanson « I Hope You Get Drafted » par The Dicks – https://www.youtube.com/watch?v=_n5GR0757uw&ab_channel=Dicks-Topic

En plus de ce renversement direct d’un régime à tendances « communistes », Reagan établit une doctrine qui visait à aider les forces paramilitaires qui tentaient de renverser des gouvernements de gauche, et ce tout particulièrement en Amérique centrale et en Afghanistan. Néanmoins, deux grands scandales touchèrent ces pratiques. Tout d’abord avec l’affaire Iran-Contra (aussi appelée Irangate), une affaire politico-militaire qui mit en lumière le fait que plusieurs hauts responsables du gouvernement américain soutenaient le trafic d’armes vers l’Iran et ce malgré l’embargo en cours… Et ce car ils souhaitaient utiliser les revenus afin de soutenir les milices paramilitaires (les Contras) au Nicaragua[84].

En outre, en 1986, un rapport mit en cause la CIA concernant ses liens avec les barons de la drogue en Colombie, et le fait que son rôle dans leurs trafics lui permettait de financer des groupes paramilitaires anticommunistes en Amérique centrale comme le souhaitait la doctrine Reagan, mais cette fois-ci sous forme de dérive autoritaire et totalement illégale. Avec ces scandales, la politique étrangère de Reagan fut vivement critiquée, d’autant plus que les forces soutenues financièrement avaient une sérieuse tendance à ne pas respecter les droits de l’Homme.

Nous notons également que Reagan promulgua l’Anti-Drug Abuse Act en 1986, et utilisa 1,7 milliard de dollars pour financer sa lutte contre la drogue, pourtant compliquée à cause de la présence de la CIA dans ces affaires. En Amérique latine par exemple, il fut ordonné à la Drug Enforcement Administration (DEA)[85] de ne pas intervenir contre le trafic de cocaïne entre la Bolivie et l’Amérique centrale, car il contribuait au financement des Contras du Nicaragua. Entre l’interventionnisme du gouvernement américain, et le fait que beaucoup d’argent fut dépensé pour peu de résultats[86], les critiques s’amplifiaient au fur et à mesure que ces scandales étaient découverts par le grand public (et ils ne le sont pas encore tous de nos jours).

D’autant plus que Reagan autorisa un budget de Défense colossal[87], mais le fit aux dépens des aides sociales. En effet, dès 1981 il ratifia une loi supprimant le financement gouvernemental de programmes sociaux comme les bons alimentaires, les repas scolaires ou encore le medicaid[88]. La pauvreté augmentait progressivement, et l’écart entre les classes ne cessait de s’accroître. En 1980, « les hauts dirigeants des entreprises gagnaient 40 fois plus que le salaire moyen d’une personne travaillant dans une usine. En 1989, ils gagnaient 93 fois plus »[89]. De même, la distinction entre Noirs et Blancs s’accentuait de nouveau, et, à la fin de la présidence Reagan, « au moins un tiers des familles afro-américaines étaient sous le seuil officiel de pauvreté »[90].

La politique économique, sociale et militaire de Reagan lui valut une vive critique musicale, notamment de la part du mouvement punk pour qui il devint l’ennemi numéro un, lui consacrant une tournée de concerts de sept heures intitulée « Rock against Reagan », avec pour tête d’affiche le groupe Dead Kennedys, qui s’est particulièrement illustré sur ce sujet dans son second album.

Avec son premier album en 1980, ce groupe s’était déjà distingué par sa satire et ses paroles politiques, présentant un contraste entre la jeunesse américaine et celle au Cambodge au milieu du génocide commis par les khmers rouges[91] dans « Holiday in Cambodia »[92], ou encore une critique de la guerre froide et de la mort de la jeunesse dans des guerres décidées par le « Big Business » dans « When Ya Get Drafted »[93]. Sans oublier « California Über Alles »[94], une attaque satirique contre le gouverneur de la Californie, Jerry Brown (1938-), et sa vision imaginaire d’une Amérique hippie-fasciste.

Son second album, sorti en 1982, se plaça directement dans cette continuité, avec des titres comme « Bleed for Me » qui critique les pratiques de la CIA et la politique étrangère des États-Unis, ou encore « Government Flu »[95] qui dénonce la propagande du gouvernement de Reagan. À l’origine de quelques controverses, plusieurs magasins refusèrent de vendre la musique des Dead Kennedys, ce qui provoqua des débats sur la question de la censure aux États-Unis. Nous notons ainsi que, dès sa seconde année de présidence, Reagan s’attirait les foudres de la scène rock.

Chanson « Bleed for Me » par Dead Kennedys – https://www.youtube.com/watch?v=kjd0hgwqJVs&ab_channel=DeadKennedys-Topic

En 1989, George Bush (1924-2018) prit la suite de Reagan en tant que président des États-Unis. Sa gouvernance accompagna l’un des grands moments de l’Histoire : la chute du Mur de Berlin (1989) qui fut l’un des éléments fondateurs de la dissolution de l’URSS et de la fin de la guerre froide en 1991. Par ailleurs, Bush a marqué son temps principalement par sa politique étrangère militariste et interventionniste. Tout d’abord, dès le 20 décembre 1989, il lança l’opération Just Cause, une invasion du Panama qui dura jusqu’au 31 janvier 1990, et qui fut la première intervention militaire américaine non liée à la guerre froide.

Manuel Noriega (1934-2017), dirigeant militaire panaméen, avait avant cela déjoué des coups d’État, le poussant à annuler les prochaines élections. Son opposition étant soutenue par les États-Unis et, souhaitant dénoncer les mesures américaines contre son pays, Noriega annonça que le Panama et les États-Unis étaient en guerre, indiquant par là que l’Amérique faisait la guerre au Panama. Mais ses mots furent entendus comme s’il déclarait la guerre à l’Amérique.

En outre, des citoyens américains (civils et militaires) furent agressés, certains même tués, et il y eut une potentielle violation de la neutralité du Canal de Panama. Ajoutés au rôle du Panama dans le trafic international de drogues, Bush utilisa ces prétextes afin de justifier une invasion militaire et la déposition de Noriega. Certains pays estimèrent que Just Cause fut un véritable acte d’agression et de politique interventionniste de la part des États-Unis. L’Assemblée générale des Nations Unies a ainsi condamné cette invasion comme étant une flagrante violation du droit international et non pas de la légitime défense comme le prétexta le gouvernement Bush.

De surcroît, le mois d’août 1990 vit l’Irak envahir le Koweït. Après avoir exigé en ultimatum le retrait des troupes de Saddam Hussein (1937-2006) pour la mi-janvier, les États-Unis, à la tête d’une coalition internationale, lancèrent l’opération Desert Storm, qui acheva le 28 février suivant la première guerre du Golfe. Souhaitant à travers cette opération obtenir plus de pouvoir sur le contrôle du pétrole du Moyen-Orient et augmenter ses chances de réélection[96], Bush informa cependant son public que cette guerre avait pour but la libération du Koweït et d’empêcher l’obtention d’armes nucléaires par l’Irak.

Cette intervention ne dura que six semaines, mais fut suffisante pour la diffusion de beaucoup de mensonges et de propagande. En effet, Bush ne souhaitait pas que cette guerre dure suffisamment longtemps pour permettre la mise en place d’un mouvement national anti-guerre, ce qui échoua. De nombreuses voix patriotes s’élevèrent pour la guerre (notamment dans les médias utilisés pour faire la propagande gouvernementale), mais les dénonciations se firent tout de même entendre. Comparant Bush à Reagan, le groupe de punk The Offspring publièrent ainsi une reprise de leur chanson critique « Tehran »[97], mais cette fois-ci intitulée « Baghdad ». Avec la chute progressive de l’URSS entre 1989 et 1991, les États-Unis durent faire face à une problématique conséquente : des milliards de dollars avaient été investis pour une armée désormais sans ennemi.

Mais entre l’invasion du Panama et ce qui devint la guerre du Golfe entre 1990 et 1991, cette question ne fut que peu de temps à l’ordre du jour. Une autre subsiste néanmoins : Bush a-t-il déclenché deux guerres pour éviter tout nouveau reproche de gâchis d’argent et ne pas avoir à baisser le budget militaire (ce à quoi il était opposé) ? Pour justifier cet investissement et maintenir la « machine de guerre » américaine ?

Chanson « Baghdad » par The Offspring – https://www.youtube.com/watch?v=EUuQuBx2bbA&ab_channel=SelfEsteemSMASH

Vainqueur face à Bush, Bill Clinton (1946-) dirigea les États-Unis de 1993 à 2001. Rendu tristement célèbre pour un scandale sexuel en 1998, il fut l’un des rares présidents américains à connaître une période d’excellente prospérité économique durant la seconde moitié du XXe siècle. Sa présidence, parcellée de participations à des actions militaires unifiées comme dans les Balkans[98] ou en Somalie[99], vit également la montée du groupe terroriste Al-Qaïda[100], qui commençait déjà à commettre des attentats sur le sol américain[101].

En représailles, les États-Unis bombardèrent certaines de leurs bases en Afghanistan et au Soudan, ainsi que ce qu’ils ont prétendu être une usine de production d’armes chimiques et qui se révéla être… Une usine de fabrication de médicaments. Ce bombardement entraîna des conséquences désastreuses pour la population du Soudan. De même, la présidence Clinton organisa des raids sporadiques contre l’Irak durant les années 1990. Nous notons également que, à la fin du XXe siècle, les États-Unis étaient devenus les premiers fournisseurs d’armes à d’autres nations[102]. Continuant aussi de soutenir financièrement d’autres gouvernements afin de leur faire développer leurs armées, ils firent des milliards de dollars de profit sur ce commerce.

De plus, Clinton mettait clairement en avant le fait qu’il souhaitait provoquer des changements sociaux, et sur certains points cela s’est remarqué : il y eut une progression économique et les taux de pauvreté et de chômage étaient particulièrement bas. Néanmoins, les classes populaires souffrirent grandement de la mondialisation et des délocalisations d’entreprises. De plus, en 1994, il signa le Violent Crime Control and Law Enforcement Act[103], le « Crime Bill », plus grand projet de loi sur ce sujet aux États-Unis, démarrant une véritable guerre contre la criminalité.

Sur le court terme, cette loi rendit bipartisane la question du contrôle de la criminalité. En outre, nous pouvons observer qu’il y eut une baisse de celle-ci à partir de la fin des années 1990. Toutefois, même si Clinton en revendiqua le mérite, certains criminologues remettent cela en question depuis. En effet, cette loi a donné le financement pour l’embauche de 100 000 gardiens de la paix, et a fortement augmenté le budget des prisons, ce qui encouragea la continuité des incarcérations de masse ayant déjà cours depuis l’administration Reagan, mais n’implique pas forcément une baisse de la criminalité.

Par ailleurs, nous savons désormais que les inégalités économiques et la pauvreté sont en corrélation avec la criminalité[104]. L’amélioration de la situation économique des années 1990 a très probablement tout autant, si ce n’est plus, influencé cette baisse. Enfin, nous souhaiterions également mettre en avant que cette loi fut et est encore dénoncée de nos jours comme étant raciste. En effet, aux États-Unis, la pauvreté touche de manière proportionnellement plus forte les communautés Afro-Américaines, Latinos et Amérindiennes. Par corrélation, les populations de couleurs sont donc également plus proportionnellement atteintes par la criminalité.

Par ailleurs, la police américaine est particulièrement corrompue par le racisme systémique, arrêtant bien plus facilement une personne de couleur qu’une personne blanche, le même constat pouvant être fait du point de vue de la justice et du degré des sentences. L’augmentation des rangs de la police additionnée à des incarcérations de masse a ainsi provoqué des effets particulièrement néfastes dans les communautés non-blanches.

Durant les années 1990, le milieu musical s’éleva afin de dénoncer les problèmes sociétaux, et en particulier concernant le racisme systémique présent dans l’institution policière. L’un de ces groupes, Rage Against The Machine (RATM), fut particulièrement célèbre pour ses prises de positions politiques et sociales. À travers une fusion de métal et de rap, RATM explora longuement et de manière verbalement violente les thèmes du capitalisme, du racisme, de la violence policière, de la censure, ou encore des mensonges des médias. Il utilisa sa musique comme un mouvement social et politique.

En 2000 par exemple, en totale opposition avec des mouvements comme « Rock the Vote »[105], les membres du groupe organisèrent un concert mouvementé en marge de la convention démocrate de 2000 afin de critiquer le système et d’appeler à ne pas aller aux urnes. Le 26 janvier de la même année, ils avaient déjà organisé un concert ayant provoqué la fermeture de Wall Street comme nous l’avons précédemment mentionné. Tom Morello (1964-), le guitariste éminemment créatif[106] du groupe, est particulièrement vocal sur ses convictions politiques quelque peu libertaires. RATM a ainsi lancé plusieurs polémiques sur des sujets d’actualité lors de leurs concerts. Ils accrochent, par ailleurs, des drapeaux américains à l’envers[107] lors de leurs prestations.

La couverture de leur premier album, sorti en 1992, est la photographie de Malcolm Browne du moine Thích Quảng Đức s’immolant dans les rues de Saïgon en 1963. Toutes les chansons de cet album contiennent un message politiquement activiste, de la célèbre « Killing in the Name »[108] (dénonciation du suprématisme blanc dans la police), à « Bullet in the Head »[109] (mise en avant de la propagande gouvernementale à travers les médias), « Know your Enemy »[110] (message anti-guerre et anti-autorité), ou encore « Wake Up ».

Dans cette dernière, le chanteur Zach de la Rocha (1970-) dénonce le racisme du gouvernement et du FBI, appelle le premier directeur de ce dernier, Edgar Hoover (1895-1972), un « body remover » (car faisant « disparaître » des personnes), insinuant que le Bureau aurait orchestré les meurtres de Martin Luther King Jr. et de Malcolm X[111], récitant en fin de chanson des propos issus de documents officiels du FBI concernant les groupes nationalistes noirs : « Grâce au contre-espionnage, il devrait être possible de repérer et de neutraliser [les groupes nationalistes noirs] potentiellement fauteurs de troubles »[112].

Chanson « Wake Up » par Rage Against The Machine – https://www.youtube.com/watch?v=4lzqUe1Qfec&ab_channel=RATMVEVO

Leur second album, Evil Empire sorti en 1996, n’est pas en reste. Ne serait-ce qu’avec son titre se référant au surnom utilisé par Reagan pour désigner l’URSS au début des années 1980, mais en le retournant contre les États-Unis, tout autant critiquables à leur avis. La chanson « Bulls on Parade »[113] vient ainsi dénoncer comment l’industrie de l’armement encourage à la guerre, en particulier à travers les élus républicains. « Down Rodeo »[114], les inégalités de classe, « Vietnow »[115], l’extrême droite et son emprise dans les médias, la police, etc.

Leur troisième album, Battle of Los Angeles datant de 1999, contient des chansons comme « Testify »[116] (qui se réfère à 1984 de George Orwell (1903-1950) et dénonce la mauvaise représentation des médias), « Guerrilla Radio »[117] (qui porte sur les élections présidentielles de 2000 et de nouveau la mauvaise représentation des médias), ou encore « Calm like a Bomb »[118] (sur les inégalités sociales et une potentielle future révolution). Ils critiquaient donc particulièrement les politiques économiques et sociales des dernières décennies et les actions tournées vers la violence (la suprématie blanche policière et la guerre notamment), citant de nombreux exemples de l’actualité pour justifier leurs propos.

Ainsi, de la fin de la guerre du Vietnam à l’an 2000, la contestation demeura un thème majeur de l’expression du rock. Les sous-genres continuèrent de se diversifier, et les thèmes de contestation avec eux : racisme, nucléaire, condition sociale des vétérans… Mais tout peut être lié à la politique conservatrice, interventionniste et militaire américaine, qui ne s’améliora pas avec les événements du 11 septembre 2001.

Un millier de soleils

Onze septembre 2001. Trois avions détournés par l’organisation terroriste Al-Qaïda s’écrasent sur les tours du World Trade Center et sur le Pentagone, provoquant l’émotion de millions de personnes. Ces attentats entraînèrent des conséquences inimaginables sur l’Histoire du monde. Nouvellement élu, le président américain Georges W. Bush (1946-) dut modifier considérablement les priorités de son administration à tendance néoconservatrice renouant avec celle qu’avait eu Reagan. Ainsi, il créa le Département de la Sécurité Intérieure[119] et initia une « guerre contre le terrorisme »[120].

Envahissant dès octobre 2001 l’Afghanistan afin de renverser son régime Taliban, détruire Al-Qaïda et capturer Oussama Ben Laden (1957-2011), il signa également ce même mois l’USA Patriot Act, une loi particulièrement controversée qui autorise la surveillance des personnes suspectées d’être impliquées dans des activités terroristes. Cette guerre contre le terrorisme eut des conséquences dramatiques pour certaines régions du Moyen-Orient, mais également pour le respect des droits de l’Homme dans ces endroits et sur le sol américain. En 2002, Bush détailla sa doctrine : les États-Unis feraient des frappes préventives contre tout pays accueillant ou aidant un groupe terroriste hostile à l’Amérique.

Il cibla alors l’« axis of evil », comportant trois nation – la Corée du Nord, l’Irak et l’Iran – qui étaient, selon lui, la plus grande menace à la paix dans le monde car ils poursuivaient l’obtention d’armes de destruction massive et soutenaient potentiellement des groupes terroristes. En outre, Bush commença à mettre en avant l’idée de diffusion de la démocratie dans le monde par les États-Unis. Nous notons également que le budget de la défense augmenta continuellement, allant de 304 milliards de dollars en 2001 à 616 milliards en 2008.

Les États-Unis accusèrent alors l’Irak de Saddam Hussein d’avoir des armes de destruction massive et d’être en collusion avec Al-Qaïda. Certains hauts responsables américains étaient persuadés que l’Irak était en partie responsable pour le 11 septembre et disposait d’armes « interdites », notamment à cause du fait que l’Irak avait expulsé en 1998 les autorités responsables des contrôles militaires exigés depuis la guerre du Golfe. L’idée d’une attaque contre l’Irak était ainsi présente dans certains esprits depuis les lendemains du 11 septembre.

Néanmoins, ils ne disposaient d’aucune preuve concrète. Ils s’appuyaient sur un dossier mensonger produit (et très mal réalisé) par un sous-traitant de l’administration de Tony Blair (1953-), le Premier ministre britannique de l’époque, sur un programme de fabrication d’armes de destruction massive en Irak. Ce dossier fut présenté aux Nations Unies par le secrétaire d’État américain Colin Powell (1937-2021) le 5 février 2003.

Sans attendre l’aval (et surtout le veto) du Conseil de Sécurité de l’ONU, les États-Unis, à la tête d’une coalition militaire d’une quarantaine de pays, rassemblèrent leurs troupes dans le Golfe persique et, sans déclarer la guerre à l’Irak et en totale violation de la Charte des Nations Unies, envahirent l’Irak le 20 mars 2003 dans le cadre de l’opération Iraqi Freedom. Les inspecteurs de l’ONU ne trouvèrent aucune preuve de la fabrication d’armes de destruction massive une fois l’invasion terminée. La guerre dura jusqu’en 2011, fut suivie d’une seconde, et leurs répercussions perdurent encore de nos jours.

Photographie d’un avion détourné par des terroristes s’écrasant sur la tour Sud du World Trade Center (la tour Nord avait été également frappée peu de temps auparavant) le 11 septembre 2001, Robert J. Fisch, New York, 2001, Wikimedia – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UA_Flight_175_hits_WTC_south_tower_9-11.jpeg

Du 11 septembre 2001 jusqu’au début d’année 2003 (voire jusqu’en 2005), une forte vague de patriotisme déferla sur l’Amérique et toucha le milieu musical, notamment l’univers de la country. Du fait de son style très patriotique, les ventes de disques country ont tendance à augmenter à chaque guerre dans laquelle les États-Unis s’engagent, mais, durant cette période, cette tendance fut bien plus forte que précédemment. Par ailleurs, la country se vendit également auprès de personnes n’en écoutant pas usuellement. De même, de nombreuses rééditions de chansons parlant d’autres guerres mais adaptées au contexte sortirent.

Cette tendance toucha également le rock, comme le groupe 3 Doors Down qui publia « Citizen/Soldier »[121], ou encore Lynyrd Skynyrd avec l’édition de « Red, White and Blue (Love it or Leave) »[122]. Nous pouvons, de même, observer que certaines chansons n’ayant pas de rapport avec les actualités furent utilisées à des fins de patriotisme, voire de propagande. Ce phénomène était déjà apparu dans le passé, tel la reprise par les républicains en 1984 de « Born in the U.S.A. » de Springsteen lorsqu’une intervention au Liban tourna à la catastrophe[123]. « Far Away » du groupe canadien Nickelback, sortie en 2003, fut ainsi l’une des chansons « enrôlées de force » dans la guerre malgré le fait qu’elle n’ait pas de rapport avec elle.

De manière quelque peu opposée, certains groupes profitèrent de cette tendance et en firent une récupération commerciale. Ce mouvement de patriotisme, voire de nationalisme[124], musical ne perdit en popularité qu’avec la chute de celle de Bush.

Cependant, cet élan de patriotisme n’a pas empêché certains groupes de marquer leur opposition à la politique de Bush ou à la volonté de vengeance qui semblait majoritaire dans le pays. RATM par exemple, accusa les États-Unis d’être coupables de violences similaires aux attentats et la CIA se mit à surveiller leur site et leur forum de discussion des fans du groupe où des messages virulents envers le gouvernement étaient publiés.

De même, le groupe libertaire et antifasciste de punk Anti-Flag, qui s’était déjà fait connaître dans les années 1990 pour la manière dont ils abordaient des questions de fascisme ou de politique étrangère, appela à la paix et à l’unification après les événements du 11 septembre, et fut boycottés pour cela. En février 2002, il sortit son album Mobilize mais certains magasins l’enlevèrent de leurs rayons, le considérant comme anti-américain. En octobre 2003, le groupe répliqua avec l’album controversé[125] The Terror State qui critique Bush et sa guerre en Irak.

Cet album fut, par ailleurs, produit par Tom Morello de RATM et ne comporte que des chansons méritant d’être citées dans cet article de par la contestation politique contre la guerre et la politique de Bush que présentent leurs paroles. Nous limiterons nos exemples à « When You Don’t Control Your Government, People Want To Kill You »[126] qui insinue que le gouvernement récolte ce qu’il sème (l’interventionnisme américain serait à l’origine des rétributions de type attentats terroristes) et « Operation Iraqi Liberation (O.I.L.) » qui dénonce l’utilisation du terme « liberation » pour désigner l’intervention militaire américaine quelque peu agressive en Irak. Elle implique, par ailleurs, le côté intéressé de cette agression américaine avec la formation du mot « oil », « pétrole », dans son titre.

Dans leurs albums suivants et encore de nos jours, Anti-Flag continua de critiquer les opérations militaires américaines, la gestion de la guerre contre le terrorisme, la montée du fascisme aux États-Unis, etc. En outre, le groupe a une volonté d’informer son public : depuis avril 2001, tous leurs albums comportent un livret comprenant des essais écrits par des historiens et des politologues.

Chanson « Operation Iraqi Liberation (O.I.L.) » par Anti-Flag – https://www.youtube.com/watch?v=Eq7iZoeTXxk&ab_channel=Anti-Flag-Topic

The Chicks, anciennement nommées Dixie Chicks, fut aussi un groupe s’étant prononcé contre l’invasion en Irak, mais cette fois-ci dans le monde de la country. Lors d’un concert en Angleterre se déroulant dix jours avant l’invasion, l’une des chanteuses annonça à son public avoir honte que Bush soit originaire du Texas, son État à elle aussi. Le contrecoup fut immédiat : accusations d’antipatriotisme, écroulement des ventes, boycotts par les radio country, vandalisme, ou encore menaces (même de mort). Bruce Springsteen fut l’une des rares personnalités à les soutenir. Les trois chanteuses décidèrent alors qu’elles appartenaient désormais à la scène rock et non plus country à cause du manque de support.

Springsteen, quant à lui, s’engagea très rapidement contre la politique réactionnaire de Bush. Lors d’un concert en 2002, avant de chanter sa fameuse « Born in the U.S.A. », il précisa qu’il chantait alors pour dénoncer les conséquences de la guerre du Vietnam et non pas pour glorifier l’Amérique. Il annonça également chanter pour la paix. Sans le dire explicitement, il condamnait la politique de Bush. Toujours en 2002, son album The Rising comportait de nombreuses chansons en rapport avec le 11 septembre, comme « Into The Fire »[127] en hommage aux pompiers, ou encore sur le syndrome du survivant et sur l’incapacité à aller en avant dans « Nothing Man »[128].

Mais surtout, sur cet album se trouve « Paradise »[129] qui parle de l’expérience d’un kamikaze depuis son point de vue. Cette chanson ne fut pas la seule de cette année à mettre en avant le point de vue d’un « méchant », mais Springsteen fut l’un des rares artistes à ne pas souffrir de contrecoup majeur[130]. Au cours de cette guerre, il s’éleva contre la politique du gouvernement Bush et participa au mouvement anti-guerre lors de l’invasion en Irak. Il prit également part à l’initiative « Vote for Change »[131] en 2004.

L’année suivante, il sortit la chanson « Devils and Dust » qui narre les doutes et questions d’un soldat servant très probablement en Irak, mais qui pourrait également être au Vietnam, un parallèle entre les deux guerres étant mis en avant. Le soldat questionne son rôle et peine à trouver un guide lors de sa mission. Cette chanson reçut une nomination pour un Grammy Award Song of the Year, ce qui marqua une nette distinction entre le patriotisme de 2001-2003 et la remise en question d’après 2005.

Chanson « Devils and Dust » par Bruce Springsteen – https://www.youtube.com/watch?v=cG8ZQkeZvzc&ab_channel=BruceSpringsteenVEVO

En outre, malgré la vague de nationalisme et le Patriot Act[132], une critique de l’invasion au sein de la population « générale » s’amorça dès ses débuts, avec ainsi une manifestation à New York en 2002. Des rassemblements pour la paix et des témoignages contre la guerre, y compris parmi les familles des victimes des attentats, commencèrent à émerger, mais une certaine censure médiatique avait cours. De plus, cette violation de la charte de l’ONU choqua une partie du monde et des manifestations furent organisées à l’étranger, comme le 15 février 2003. Par ailleurs, le début des révélations sur les horreurs de l’opération Iraqi Freedom (torture, non-respect des droits de l’Homme…) commençait déjà à influencer l’opinion publique.

Le 4 avril 2004, l’American Civil Liberties Union (ACLU) organisa un concert le 4 octobre, et John Fogerty (Creedence Clearwater Revival) y joua « Who’ll Stop The Rain », afin d’effectuer un parallèle entre l’Irak et le Vietnam. https://www.youtube.com/watch?v=T9MXNbpXQ3g&ab_channel=CreedenceClearwaterRevival

En 2004, le groupe punk Green Day, dont la carrière était alors en chute libre, sortit un album d’opéra rock intitulé American Idiot, deux mois avant la réélection de Bush. Inspiré par le 11 septembre, la guerre en Irak et la présidence Bush, cet album est empli de thématiques politiques, notamment dans sa chanson titre, « American Idiot », qui dénonce la manière dont les journaux télévisés devenaient progressivement de la TV réalité dans leur traitement de la guerre en Irak, et critique la façon dont la population continuait de regarder quand même.

La chanson « Holiday »[133] s’attaquait aussi au conservatisme et la manière dont certains hommes politiques républicains attaquaient certaines communautés – par exemple la communauté LGBTQIA+ – afin de gagner des votes, et souhaite refléter l’apathie des américains face aux actualités. Cet album a créé un lien entre les dysfonctionnements de la société contemporaine américaine et son gouvernement.

Les thématiques de la colère politique, l’anti-guerre et de l’aliénation continuèrent par ailleurs d’être exprimées à travers leurs albums suivant[134]. Green Day rejoignit également le mouvement anti-guerre contre la réélection du président, « Rock against Bush », en 2004, qui organisa des concerts et deux albums, rassemblant des groupes de la scène punk et du rock alternatif[135] et qui fut idéologiquement relativement semblable aux mouvements de la contre-culture des années 1960 qui organisèrent le concert de Woodstock. L’événement n’atteignit cependant pas son but : Bush fut réélu.

Chanson « American Idiot » par Green Day – https://www.youtube.com/watch?v=Ee_uujKuJMI&ab_channel=GreenDay

Peu après sa réélection cependant, Bush vit sa popularité en baisse. D’une part, à cause de la montée de la défiance de la population : davantage de personnes doutaient du bien-fondé de la guerre en Irak. En effet, il devenait de plus en plus apparent aux Américains que leur gouvernement avait utilisé des preuves falsifiées afin de justifier leur invasion de l’Irak et que les armes de destruction massive n’avaient jamais existé. De plus, à la fin du mois d’août 2005, les États-Unis subirent un grave désastre naturel : l’ouragan Katrina. À la suite de cette crise, une polémique commença à naître à cause de la très mauvaise gestion et la réaction particulièrement lente du gouvernement après le désastre qui fit plus de 1 800 victimes.

Avec la constante augmentation du nombre de morts en Irak, les scandales entachant le pouvoir, et les horreurs de la guerre continuellement dénoncées, les initiatives pour contester la guerre se firent toujours plus nombreuses. Un mouvement pacifiste et contestataire proche de celui qui naquit durant la guerre du Vietnam – de par ses composantes et ses expressions – se mit à croître très rapidement (mais cette croissance correspondait également au rythme de la guerre et des événements l’entourant).

En 2006, les sondages montraient qu’une majorité des Américains étaient contre la guerre et manquaient de confiance en Bush[136]. De même, sur la scène musicale, de plus en plus d’artistes se sont engagés contre la guerre à partir de cette période de 2003-2006. Par exemple, le groupe punk Rise Against, particulièrement engagé, démocrate et libertaire, a écrit de nombreux textes comprenant des critiques sociales sur des sujets très divers comme la justice économique, les droits des animaux, l’homophobie, les désastres écologiques, mais aussi la guerre moderne. Leurs paroles sont générales afin de pouvoir s’appliquer à des évènements futurs.

Dès leur second album sorti en 2003, ils dénoncèrent les conflits d’intérêts survenant après le 11 septembre – entre la surdose de patriotisme et les crimes contre l’humanité au nom du divin – dans leur chanson « Blood-Red, White, and Blue »[137]. Nous notons également plusieurs titres sur leur quatrième album qui mirent en avant de manière générale la guerre, mais insinuant que le sujet est l’administration Bush et la guerre en Irak, en particulier dans « Bricks »[138] et « Prayer of the Refugees »[139].

Leur album suivant fut, par ailleurs, bien plus explicite sur ce même sujet, mais aussi de manière plus générale sur les problèmes de société aux États-Unis. Nous pouvons y trouver « Collapse (Post-Amerika) »[140], qui dénonce la décadence morale qui gangrène la société américaine, ou encore « Hero of War », une chanson anti-guerre jouée à la guitare acoustique et émotionnellement poignante qui narre le service d’un naïf jeune américain se terminant en désillusion lorsqu’il en vient à commettre des actes de torture et tuer une personne tenant un drapeau blanc. Une fois de retour aux États-Unis, le jeune vétéran se demande alors comment son pays et les médias peuvent-ils être fiers de lui ? Le considérer comme un héros ? Il décide ainsi de ne plus servir le drapeau américain mais de faire confiance au drapeau blanc de sa victime.

Dans la continuité de cet album, leur suivant comprend « Survivor Guilt »[141] qui parle au nom d’un vétéran amer qui se demande à quoi ont servi ses actions et cette guerre.

Chanson « Hero of War » par Rise Against – https://www.youtube.com/watch?v=_DboMAghWcA&ab_channel=RiseAgainstVEVO

Un autre groupe s’est particulièrement mis en avant sur le sujet de la dénonciation de la guerre à partir de la seconde moitié des années 2000 : Linkin Park (LP). Groupe appartenant initialement au sous-genre du nu métal, LP s’est prodigieusement diversifié au cours de sa carrière, en grande partie en raison de sa volonté de tester différentes nuances du rock. Groupe très connu pour ses thématiques des traumatismes internes, de relations conflictuelles, de la dépression, ou de l’angst[142] en général, leur troisième album, Minutes to Midnight, sorti en 2007, inséra de la critique politique et de l’apologie du pacifisme dans ses textes.

Nous remarquons en premier lieu que le titre de l’album fait référence à l’horloge de fin du monde, la « Doomsday Clock », sur laquelle minuit indique la fin du monde à cause de la guerre nucléaire. Le premier single, « What I’ve Done »[143], fut promu à l’aide d’un clip vidéo comportant des images d’archive et de vidéos d’actualité dénonçant le comportement humain (guerre, notamment nucléaire, réchauffement climatique, pollution, capitalisme etc.).

Moins connue que cette dernière, cet album comprend également la chanson « Hands Held High »[144], un titre uniquement rappé par Mike Shinoda (1977-), critiquant la politique du gouvernement Bush, la guerre en Irak, les hommes politiques envoyant la jeunesse militaire à sa mort, le capitalisme à l’origine de la guerre… Il y dénonce également les exactions américaines contre la population irakienne, et cite la célèbre phrase « Quand les riches font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent »[145] de Jean-Paul Sartre (1905-1980). Ce titre appelle la population civile à s’élever contre cette guerre, contre les puissants l’organisant et qui font du profit dessus. Dans une même lignée, « The Little Things Give You Away »[146], dernière chanson de cet album, dénonce l’indifférence du gouvernement face au désastre Katrina.

Album A Thousand Suns par Linkin Park – https://www.youtube.com/watch?v=nekL_dOKhttps://www.youtube.com/watch?v=nekL_dOKCdc&ab_channel=MusicHallTopRockCdc&ab_channel=MusicHallTopRock

Après ce troisième album studio empli de colère contre, entre autres, le gouvernement Bush et sa politique, LP sortit en 2009 un quatrième opus encore plus apocalyptique que le précédent. Album-concept, A Thousand Suns imagine un monde après la guerre nucléaire annoncée par Minutes to Midnight. Au nombre de quinze, les titres de cet album sont parfois des introductions ou interludes, comportant des archives de discours et/ou des messages répétés.

La première introduction, « The Requiem », chante un des refrains de l’album : « God save us everyone // Will we burn into the fires of a Thousand Suns // For the sins of our hand // Sins of our tongue // The sins of our fathers // The sins of our young »[147] en reprenant plusieurs éléments mélodiques des chansons de l’album. Puis, en directe continuité, commence la seconde introduction, « The Radiance », qui reprend une partie d’un discours de Robert Oppenheimer (1904-1967), le « père de la bombe atomique »[148], qui décrit ses impressions et celles de ses collègues lors du premier essai atomique à Alamogordo[149], citant la Bhagavad-Gita[150], poème épique indien, et notamment Vishnu[151] annonçant « Now I become Death, the Destroyer of World »[152]. Le ton est lancé : l’homme est responsable de la guerre nucléaire qui le détruira.

La première véritable chanson de l’album, « Burning in the Skies », décrit une explosion nucléaire et ses conséquences, mais évoque aussi celles du réchauffement climatique, et la responsabilité humaine. Durant seulement 18 secondes, la piste suivante – « Empty Spaces » – vient faire la transition avec la chanson d’après. Contenant le son de criquets recouverts progressivement par des bruits de guerre, elle annonce « When they come for me », qui critique principalement le fait qu’il est en permanence reproché à LP d’éloigner son style de celui de ses deux premiers albums[153], mais qui apporte également avec ses bruits robotiques, ses tambours lourds et sa batterie en « tick tick », une ambiance de poursuite, de paranoïa et de stress, mettant la personne qui écoute sous l’angoisse d’être pourchassé aussi, avant de la motiver à aller au combat et à suivre LP.

Puis, « Robot Boy » tente de rassurer une audience perdue dans un tourbillon de sentiments gardés internes que tout va bien aller. Vient ensuite l’interlude « Jornada del Muerto » (« Le voyage de l’homme mort »). Dans cet enregistrement de 1 min 34 s, la voix de Mike Shinoda récite répétitivement « mochi agete, toki hanashi », l’équivalent en japonais d’un passage d’une chanson venant plus tardivement sur l’album, « lift me up, let me go » (« The Catalyst »), la langue venant très probablement lier cet interlude aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

Mais c’est vers une autre chanson que l’interlude conduit : « Waiting for the End ». Bien que plusieurs significations puissent être comprises des paroles, comme une rupture amoureuse ou se remettre de la mort d’un proche, cette chanson peut aussi être vue comme l’expression de la fin du monde (à cause de la guerre nucléaire) comme début d’une nouvelle vie. Sont ainsi exprimés la perte d’une ancienne société, d’un ancien mode de vie, la douleur de la perte et la peur face à ce renouveau, ou encore le chaos de la destruction.

Suit alors « Blackout », qui est généralement interprétée comme écrite par Mike Shinoda afin de représenter les troubles du chanteur Chester Bennington (1976-2017) avec son addiction, mais qui peut aussi dénoncer l’éloignement des hommes politiques des conséquences qu’ils suscitent sur la population, notamment en ce qui concerne la guerre.

Ensuite, « Wretches and Kings », qui commence (et se termine) par un extrait de discours datant de 1964 de Mario Savio (1942-1996), un activiste pour la liberté d’expression. Dans ce discours très célèbre, Savio appela, à travers la reprise d’une métaphore industrielle, son public à dire que si la liberté ne leur était pas accordée, alors ils refuseraient de prendre part au système, à leur « machine ». Sur un son très industriel et robotique, « Wretches and Kings » chante alors la révolution d’un peuple face à ses dirigeants autoritaires et corrompus. À travers ces diverses chansons, LP explore donc la fin d’un monde, les angoisses qui peuvent alors surgir, mais aussi la volonté de s’élever contre les systèmes autoritaires et capitalistes : la fin d’un monde doit en amener un nouveau.

L’album s’engage ensuite dans une nouvelle phase, celle de la reconstruction de l’humanité, qui commence avec un nouvel interlude : « Wisdom, Justice, And Love ». Reprenant un extrait du discours « Beyond Vietnam » (« Au-delà du Vietnam ») de Martin Luther King Jr., premier discours anti-guerre que l’activiste des droits civils délivra en 1967 et l’accompagnant premièrement sur du piano.

« I come to this magnificent house of worship tonight
Because my conscience leaves me no other choice [...]
A true revolution of values will lay hands on the world order and say of war
“This way of settling differences is not just”
This business of burning human beings with napalm
Filling our nation's homes with orphans and widows
Of injecting poisonous drugs of hate into veins of peoples normally humane
Of sending men home from the dark and bloody battlefields
Physically handicapped and psychologically deranged
Cannot be reconciled with wisdom, justice and love »[154]
« Je viens dans cette magnifique maison de culte ce soir
Parce que ma conscience ne me laisse pas d’autre choix [...]
Une véritable révolution de valeurs va mettre ses mains sur l’ordre du monde et dira de la guerre
"Cette manière de régler nos différends n’est pas juste"
Que cette entreprise de brûler des êtres humains avec du napalm
De remplir les maisons de notre nation avec des veuves et des orphelins
D’injecter la drogue empoisonnée de la haine dans les veines de personnes normalement humaines
De renvoyer depuis les champs de bataille sombres et sanglants des hommes chez eux
Handicapés physiquement et dérangés psychologiquement
Ne peut être concilié avec la sagesse, la justice et l’amour »

Cette dernière phrase est répétée à plusieurs reprises, prenant (à partir des phrases précédentes déjà) petit à petit un son robotisé. Un air de chorale commence alors à apparaître en fond, donnant une impression très contrastée et assez religieuse au titre. La musique cesse peu à peu, et la dernière phrase, complètement robotisée, est prononcée a capella. La musique revient ensuite petit à petit, lorsque commence directement après « Iridescent ».

Dans cette chanson : tristesse, désespoir, solitude. Mais aussi renouveau, espoir, combativité à la suite du désastre de la fin du monde. Le dernier interlude commence immédiatement en prenant la suite des dernières notes d’« Iridescent ». Reprenant et répétant d’une voix premièrement robotisée un passage de « Burning in the Skies », la voix de Mike Shinoda redevient progressivement humaine. Montrant ici le fait que, malgré l’horreur de la guerre nucléaire, l’humanité peut faire rédemption. Peut rester « humaine ».

L’interlude se termine sur les premières notes de l’avant-dernière chanson de l’album, « The Catalyst ». Commençant par l’extrait repris dans « The Requiem » et se terminant (entre autres) sur la version anglaise de celui de « Jornada del Muerto », cette chanson vient parfaitement résumer le concept de l’album : la descente dans le péché de l’humanité, brûlant sous le millier de soleils, référence au même texte que citait Oppenheimer, ici les ogives nucléaires ; seul le souvenir de l’humanité survivant et s’évanouissant dans l’espace à travers les échos des ondes radio et l’évaporation des océans ; une prière demandant à être élevé et sauvé.

Mais cette chanson est aussi un avertissement, le « catalyseur » étant normalement l’évènement qui provoque quelque chose, ici se veut réveilleur des masses devant les dangers se trouvant devant elles, de la guerre « pour la paix » (comme le disait Bush) permanente, la possibilité d’un holocauste nucléaire, l’extinction de la liberté de parole, le changement climatique.

Enfin, l’album se termine sur « The Messenger », un message d’espoir et d’amour, de réassurance, après tant d’obscurité : l’homme doit continuer de se battre afin de garder son humanité et ne pas accomplir la vision apocalyptique de l’album. Si cet album-concept fut, de manière générale, critiqué de manière négative par les fans du groupe à sa sortie, il est néanmoins de plus en plus réhabilité dans les « classements ». Contrairement à la politique de Bush qui fut de plus en plus décriée dans le monde entier dans les années qui suivirent…

D’une certaine manière, cet album de Linkin Park représente relativement proprement les différents types de critique de la guerre ou de la politique internationale qu’effectua la scène rock des États-Unis ces dernières décennies. Liés par la menace des armes de destruction massive, les mouvements contestataires utilisèrent différents sous-genres allant du punk au psychédélique afin de dénoncer des thématiques variables (écologie, situation des vétérans, anticapitalisme, dénonciation du racisme…).

Comme nous avons pu le constater tout au long de cet article à travers un panorama d’artistes très loin d’être exhaustif, la scène rock américaine est un véritable lieu d’engagement et de contestation politique, mais aussi de critique de l’idéologie militaire à travers la contre-culture. De marque de marginalité à moyen de contestation mondial, le rock permet la diffusion de la lutte contre la guerre et, même si certains le pensent mort, continuera certainement de le faire.

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ZINN Howard, A Young People’s History of the United States, vol. 2, New York, Seven Stories Press, 2007, 240 p., adapté par STEFOFF Rebecca

Discographie indicative

3 Doors Down, 3 Doors Down, New York, Universal Republic, 2008, 45 min 39 s

Anti-Flag, The Terror State, San Francisco, Fat Wreck Chords, 2003, 36 min 48 s

CASH Johnny, Bitter Tears: Ballads of the American Indian, New York, Columbia, 1964, 31 min 13 s

CASH Johnny, Man in Black, New York, Columbia, 1971, 28 min 45

Country Joe and the Fish, I-Feel-Like-I’m-Fixin’-to-Die, New York, Vanguard, 1967, 44 min 56 s

Creedence Clearwater Revival, Cosmo’s Factory, San Francisco, Fantasy, 1970, 42 min 28 s

Creedence Clearwater Revival, Willy and the Poor Boys, San Francisco, Fantasy, 1969, 34 min 31 s

Dead Kennedys, Fresh Fruit for Rotting Vegetables, San Francisco, Alternative Tentacles, 1980, 32 min 57 s

Dead Kennedys, Plastic Surgery Disasters, San Francisco, Alternative Tentacles, 1982, 42 min 56 s

DYLAN Bob, The Freewheelin’ Bob Dylan, New York, Columbia, 1963, 50 min 04 s

Green Day, 21st Century Breakdown, Oakland, Reprise, 2009, 1 h 9 min 15 s

Green Day, American Idiot, Oakland, Reprise, 2004, 57 min 14 s

Green Day, Revolution Radio, Oakland, Reprise, 2016, 44 min 29 s

HALEY Bill, « (We’re Gonna) Rock Around The Clock », New York, Decca, 1954, 2 min 8 s

HENDRIX Jimi, Live at Woodstock, Woodstock, MCA, 1969, 1 h 36 min 38 s

Linkin Park, A Thousand Suns, Los Angeles, Warner Bros., 2010, 47 min 55 s

Linkin Park, Minutes to Midnight, Los Angeles, Warner Bros., 2007, 43 min 23 s

Lynyrd Skynyrd, Vicious Cycle, Nashville, Sanctuary, 2003, 1 h 10 min 40 s

Nickelback, All the Right Reason, Abbotsford, Roadrunner, 2005, 41 min 33 s

OCHS Phil, I Ain’t Marching Anymore, New York, Elektra, 1965, 50 min 54 s

OCHS Phil, Tape from California, Santa Monica, A&M, 1968, 46 min 55 s

PAXTON Tom, Ain’t That News!, New York, Elektra, 1965, 36 min 56 s

PAXTON Tom, Ramblin’ Boy, New York, Elektra, 1964, 50 min 19 s

R.E.M., Green, Memphis, Warner Bros., 1988, 41 min 1 s

R.E.M., Lifes Rich Pageant, Bloomington, I.R.S., 1986, 38 min 23 s

Rage Against The Machine, Evil Empire, Los Angeles, Epic, 1996, 46 min 37 s

Rage Against The Machine, Rage Against The Machine, Los Angeles, Epic, 1992, 52 min 48 s

Rage Against The Machine, The Battle of Los Angeles, Los Angeles, Epic, 1999, 45 min 10 s

Rise Against, Appeal to Reason, Fort Collins, DGC, 2008, 48 min 23 s

Rise Against, Endgame, Fort Collins, DGC, 2011, 46 min 5 s

Rise Against, Revolutions per Minute, Fort Collins, Fat Wreck Chords, 2003, 37 min 42 s

Rise Against, The Sufferer & the Witness, Fort Collins, Greffen, 2006, 42 min 37 s

Slayer, Christ Illusion, Los Angeles, American Recordings, 2006, 38 min 25 s

Slayer, Reign in Blood, Los Angeles, Def Jam Records, 1986, 29 min 3 s

Slayer, Undisputed Attitude, Los Angeles, American Recordings, 1996, 33 min 1 s

SPRINGSTEEN Bruce, Born in the U.S.A., New York, Columbia, 1984, 46 min 25 s

SPRINGSTEEN Bruce, Devils and Dust, New York, Columbia, 2005, 50 min 55 s

SPRINGSTEEN Bruce, Live in New York City, New York, Columbia, 2001, 2 h 23 min 58 s

SPRINGSTEEN Bruce, The Born in the U.S.A. 12” Single Collection, New York, CBS Records, 1985, 1h 13 min 38 s

SPRINGSTEEN Bruce, The Rising, New York, Columbia, 2002, 1 h 12 min 50 s

Steel Mill, « America under Fire », San Francisco, Live at the Matrix, 1970, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=Z0XH8NSxpIY&ab_channel=theiLSTER (dernière consultation le 07/11/2021)

The Dicks, « I Hope You Get Drafted », États-Unis, R Radicals, 1984, 1 min 27, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=FC1RIsIXm2Q&ab_channel=Dicks-Topic (dernière consultation le 07/11/2021)

The Doors, The Doors, New York, Elektra, 1967, 44 min 29 s

The Doors, Waiting for the Sun, New York, Elektra, 1968, 32 min 45 s

The Fugs, The Fugs, New York, ESP-Disk, 1966, 35 min 24 s

The Jimi Hendrix Experience, Band of Gypsys, New York, Capitol, 1970, 45 min 16 s

The Jimi Hendrix Experience, Electric Ladyland, Londres, Track Records, 1968, 75 min 47 s

The Offspring, Baghdad, Pasadena, Nemesis, 1991, 11 min 1 s

The Offspring, The Offspring, Santa Ana, Nemesis, 1989, 33 min 54 s

Filmographie indicative

BERTELSEN Phil et DRETZIN Rachel, Who Killed Malcolm X?, États-Unis, Fusion, 2020, six épisodes, chacun de 43 min environ

BURNS Ken et NOVICK Lynn, The Vietnam War, États-Unis, Ken Burns et Lynn Novick, 2017, 17 h 15 min, divisé en 10 épisodes

FORMAN Miloš, Hair, États-Unis, CIP Filmproduktion GmbH, 1979, 121 min

SORKIN Aron, Les Sept de Chicago (The Trial of the Chicago 7), États-Unis, DreamWorks SKG, 2020, 129 min


[1] Jimi Hendrix fut l’un des plus grands joueurs de guitare électrique au monde de par sa technique originale et son approche révolutionnaire. Audacieux et innovateur, il fut une tête d’affiche du Festival de Woodstock, où il interpréta l’hymne américain, un Guernica musical dans lequel il cristallisa toute l’ambiguïté de l’intervention américaine au Vietnam et la dénonça de manière figurative, les effets musicaux représentant des lâchers de bombes. Figure de la lutte contre la guerre au Vietnam, ses convictions politiques sont fortement représentées dans son œuvre, notamment dans « Machine Gun » sortie en 1970, ou encore dans « 1983… (A Merman I Should Turn To Be) » en 1968. De manière plus générale, il se positionnait aussi pour l’avortement, pour la condition des Amérindiens, contre le racisme… De même, sa forte consommation de drogues était un thème majeur dans ses compositions.

[2] L’expression « contre-culture » désigne une nouvelle culture qui apparaît dans une société et qui va à l’encontre des normes et valeurs établies.

[3] Prenant ses sources dans la guerre d’Indochine (1946-1954), cette guerre opposa la République démocratique du Viêt Nam (le Nord, « communiste ») à la République du Viêt Nam (le Sud, « libéral »). Une intervention militaire américaine massive dans ce conflit commença en 1965, mais les États-Unis l’influençaient depuis au moins 1961.

[4] Il existe toutefois une scène indépendante : l’indie rock.

[5] L’« anti-commercialisme est un élément central de l’éthique professée par les groupes de rock, quel que soit par ailleurs leur succès commercial. Leur crédo artistique implique la liberté et la créativité de l’artiste à l’exclusion de l’appât du gain. […] S’opposant à une représentation de la musique pop professionnelle, impersonnelle et lucrative, le rock est supposé incarner l’amateurisme passionné de musiciens engagés à transformer le monde. », PLASSART Marie, La contre-culture américaine : années 1960 : révoltes et utopies, Neuilly, Atlande, 2011, 254 p., p. 137

[6] Socialist Workers Party, parti américain trotskyste.

[7] ZINN Howard, A Young People’s History of the United States, vol. 2, New York, Seven Stories Press, 2007, 240 p., adapté par STEFOFF Rebecca, p. 63

[8] Nous notons, par exemple, le tristement célèbre cas des Rosenberg, exécutés pour fait d’espionnage en 1953.

[9] Le 1er octobre 1949, Mao Zedong (1893-1976) proclama l’avènement de la République populaire de Chine après avoir gagné la guerre civile chinoise (1927-1949). Le gouvernement nationaliste s’installa sur l’île de Taiwan.

[10] À la suite de l’invasion de la République de Corée (Corée du Sud, « occidentale ») par la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord, « communiste ») en 1950, une guerre de trois ans s’engagea. Elle fit au moins deux millions de victimes et de nombreux soldats souffrirent de troubles de stress post-traumatique, notamment les anciens prisonniers de guerre qui subirent moult tortures. Souvent considérée comme une guerre « pour rien » du fait qu’il n’y eut pas de véritable vainqueur et que les frontières ne changèrent presque pas, elle donna un signe fort à l’URSS : les États-Unis étaient prêts à s’impliquer militairement pour défendre leurs intérêts, quelle que soit la taille du pays concerné.

[11] Le Servicemen’s Readjustement Act, loi américaine votée en 1944 fournissant, entre autres, le financement des études des vétérans de la Seconde Guerre mondiale.

[12] Entre 1946 et 1970, le nombre de personnes étudiant à l’université est ainsi passé de deux à huit millions. PLASSART Marie, op. cit., p. 67

[13] Students for a Democratic Society, mouvement étudiant appartenant à la nouvelle gauche et s’étant fortement impliqué dans les manifestations contre la guerre du Vietnam.

[14] Port Huron Statement, rédigé en 1962 par le militant Tom Hayden (1939-), ce manifeste appelle à la démocratie participative et promeut la désobéissance civile et la liberté. HAYDEN Tom, « The Port Huron Statement of the Students for a Democratic Society », Port Huron, Student for a Democratic Society, 1962, 57 p., [en ligne] https://www.ssc.wisc.edu/~wright/929-utopias-2013/Real%20Utopia%20Readings/Port%20Huron%20Statement.pdf (dernière consultation le 31/10/2021)

[15] https://www.youtube.com/watch?v=hzYBEJgKjv0&ab_channel=BillHaley-Topic

[16] New Left, ensemble de mouvements critiquant l’ancienne gauche principalement axée sur le travail et la lutte des classes, et adoptant une nouvelle définition du militantisme plus centré sur les valeurs sociales.

[17] En philosophie, l’aliénation renvoie à la perte de la liberté, de la maîtrise de soi. Ce concept permet une critique générale de l’organisation sociale.

[18] Notamment à cause de l’incident de la baie des Cochons en 1961 (tentative américaine d’invasion militaire de Cuba) et de la crise des missiles nucléaires de Cuba en 1962.

[19] Un groupe de défenseurs des droits civiques, dont Martin Luther King Jr., qui luttait contre la ségrégation depuis la moitié des années 1950, organisa en 1963 cette marche politique afin d’encourager Kennedy à faire des lois en faveur de la fin de la ségrégation raciale et de la discrimination. Environ 250 000 personnes participèrent.

[20] KING Martin Luther et RENAN Ernest, « I have a dream » : discours de Martin Luther King 28 août 1963. Suivi de « La nation et la race » : conférence d’Ernest Renan 11 mars 1882, Paris, Éditions Points, 2009, 53 p., traduit par HAAS Pascal

[21] Le propre de la folk de l’époque était de s’intéresser aux problèmes des petites gens de l’époque, ce qui liait fortement cette scène aux mouvements contestataires. Malgré sa réputation, Bob Dylan ne s’est jamais revendiqué comme appartenant à ces derniers.

[22] https://www.youtube.com/watch?v=MMFj8uDubsE&ab_channel=BobDylanVEVO

[23] https://www.youtube.com/watch?v=JEmI_FT4YHU&ab_channel=BobDylanVEVO

[24] Il se fit huer à plusieurs reprises par son public.

[25] En 1968, le Front national de libération du Sud Viêt Nam et l’armée du Nord Viêt Nam mènent une campagne militaire afin de pousser la population du Sud au soulèvement et de prouver que les États-Unis ne contrôlaient pas la situation.

[26] Chanteur engagé dès le début des années 1960, il prit part à et soutint des mouvements pour les droits du travail, les droits de l’Homme, les droits civiques etc. Il a ouvert la voie à l’utilisation de compositions originales dans le folk (avant Dylan même si c’est ce dernier qui l’a popularisé et démocratisé). Il s’engagea également dans le combat environnementaliste dès la fin des années 1960. Ami de Phil Ochs, il participa activement à la critique du président Johnson et de ses mensonges, notamment avec sa chanson « Lyndon Johnson Told The Nation », https://www.youtube.com/watch?v=uXcG3tXYNF8&ab_channel=VietnamWarSongProject

[27] https://www.youtube.com/watch?v=rvr30mQF9ek&ab_channel=PaulSutton

[28] Free Speech Movement.

[29] Né dans les années 1950, ce mouvement artistique et littéraire fut le précurseur de nombreuses thématiques des années 1960 comme la condition humaine ou la libération de la vie sexuelle.

[30] Mouvement de la contre-culture, le psychédélisme se base sur la liaison entre les sens et les activités psychiques, notamment à partir de la prise de psychotropes comme le LSD.

[31] Rassemblement politique et culturel organisé le 6 octobre 1966 à San Francisco afin de contester le fait que le LSD devienne illégal en Californie ce jour-là.

[32] Il s’était déjà prononcé contre mais évitait d’aborder ce thème dans ses discours afin de ne pas provoquer de conséquences négatives sur le mouvement pour les droits civiques en critiquant le gouvernement Johnson.

[33] Les hommes de couleur étant proportionnellement plus conscrits que les Blancs. ROTHMAN Lilith, « 50 Years Ago This Week: Vietnam and the Black Soldier », dans Time, Boone, Time USA LLC, 2017, [en ligne] https://time.com/4780493/1967-vietnam-race/ (dernière consultation le 06/11/2021)

[34] Aussi surnommé « Viêt-Cong » de manière péjorative par ses adversaires.

[35] https://www.youtube.com/watch?v=ZOs9xYUjY4I&ab_channel=PHILOCHSVEVO

[36] https://www.youtube.com/watch?v=uRU_ruqnR6Q&ab_channel=PhilOchs-Topic

[37] Néanmoins, Ochs tomba dans la désillusion en 1968 face aux violences, aux assassinats et à l’élection de Nixon. La pochette de son sixième album, Rehearsals for Retirement, publié en 1969, présente ainsi une pierre tombale à son nom, indiquant pour année de décès 1968.

[38] https://www.youtube.com/watch?v=F_p1JC3z2kU&ab_channel=cowdogmoof

[39] « The whole world is watching ».

[40] SORKIN Aron, Les Sept de Chicago (The Trial of the Chicago 7), États-Unis, DreamWorks SKG, 2020, 129 minutes

[41] Bande originale du film : https://www.youtube.com/playlist?list=PLf9G56EAWXKdfnzJu4Y1sLfMioDaCNGft

[42] Par Gerome Ragni, James Rado et Galt MacDermot. Adaptée également en film en 1979.

[43] Multiples assassinats commis le 9 août 1969 par la « Famille », communauté hippie vouant un culte à son dirigeant et orchestrateur des meurtres, Charles Manson. Ce dernier était, par ailleurs, persuadé que l’album The Beatles du groupe éponyme, et en particulier la chanson « Helter Skelter », consistait en un appel à la guerre raciale. GEFFROY Mélanie, « Charles Manson : son obsession pour les Beatles », dans Rolling Stone, Paris, RS France SAS, 2017, [en ligne] https://www.rollingstone.fr/charles-manson-comment-son-obsession-pour-les-beatles-inspire-des-meurtres/ (dernière consultation le 29/11/2021)

[44] Concert ayant eu lieu le 6 décembre 1969 et qui réunit 300 000 personnes en une soirée (la même années, Woodstock en réunissait 500 000 en plusieurs jours). Les têtes d’affiche étaient les Rolling Stones, Santana et Jefferson Airplane. Il y eut cependant des débordements (notamment de nature raciale de la part de la sécurité), et une personne fut tuée.

[45] Ainsi que celle d’un autre Black Panther, Mark Clark (1947-1969), durant l’assaut.

[46] https://www.youtube.com/watch?v=40JmEj0_aVM&ab_channel=CCRVEVO ; Bien que ne citant pas explicitement le Vietnam, elle fut à de nombreuses reprises réutilisée dans la culture cinématographie ou dans les jeux vidéo se déroulant durant cette guerre.

[47] L’ironie du sort a voulu qu’en 2020 elle soit jouée lors d’un rallye pour la réélection de Donald Trump (1946-), lui-même ayant échappé à la conscription grâce à une réformation.

[48] https://www.youtube.com/watch?v=T9MXNbpXQ3g&ab_channel=CreedenceClearwaterRevival

[49] En particulier la chanson « The End » qui traite explicitement du complexe d’Œdipe.

[50] Le groupe de rock underground The Fugs fut également cité dans cette enquête. Créé par des poètes beats, ce groupe utilise la satire et l’autodérision afin de critiquer les guerres américaines. Ils prirent part aux manifestations contre la guerre du Vietnam, puis contre d’autres guerres à partir des années 1980. Ils sortent notamment en 1966 « Kill for peace », qui répète à plusieurs reprise le titre de la chanson, évoquant l’idéologie des divers gouvernements américains promouvant la guerre pour la paix. https://www.youtube.com/watch?v=JvA1bKLQtbM&t=36s&ab_channel=TheRedemptionSongs

[51] « the filthiest and most vulgar thing the human mind could possibly conceive », Federal Bureau of Investigation (éd.), « Freedom of Information/Privacy Acts Section – Cover Sheet – Subject: The Doors », dans FBI Records: The Vault, Washington D. C., Federal Bureau of Investigation, 1969, 7 p., p. 3, [en ligne] https://vault.fbi.gov/The%20Doors/The%20Doors%20Part%201%20of%201/view (dernière consultation le 30/10/2021)

[52] « I don’t know what, if anything, can be done to stop the distribution of such trash, but I believe something has to be done. I realize that we cannot – and should not – try to legislate morality, but surely we can, and should, try to stop dissemination of such excretory matter as this », ibid., p. 3

[53] Pic de production du pétrole aux États-Unis ayant entraîné une crise mondiale de son prix et une forte dévalorisation du dollar.

[54] Expression recouvrant en très grande majorité les revendications et positions des mouvements contre la ségrégation des années 1960 et 1970.

[55] Avec notamment l’occupation de l’île d’Alcatraz entre 1969 et 1971.

[56] Qui organisa de nombreuses grèves pour les droits des travailleurs par exemple.

[57] Manifestations dénonçant un raid violent de la police sur le Stonewall Inn., bar servant des clients appartenant à la communauté LGBTQIA+.

[58] Chanteur initialement affilié à la country, il s’engagea peu à peu politiquement, notamment pour les prisonniers. Sa tenue, entièrement noire, était sa manière de porter le deuil des vies perdues à cause de la guerre, de la pauvreté, de la prison… Sa composition « Man in Black » explicite ce choix. https://www.youtube.com/watch?v=oDd32K-mOVw&ab_channel=JohnnyCashVEVO

[59] Ira Hayes (1923-1955) était un soldat ayant combattu durant la Seconde Guerre mondiale et notamment durant la bataille d’Iwo Jima (1945) où il participa à la pose du drapeau américain. À son retour de la guerre, il souffrit de stress post-traumatique et tomba dans l’alcoolisme. Cette balade narre son histoire et fut plusieurs fois reprises. https://www.youtube.com/watch?v=oEwSwQtSmDQ&ab_channel=JohnnyCashVEVO

[60] https://www.youtube.com/watch?v=x0mUOmE7-O0&ab_channel=jannov%C3%A1k

[61] Affaire d’espionnage politique sur le parti démocrate américain.

[62] https://www.youtube.com/watch?v=kl4wkIPiTcY&ab_channel=RATMVEVO

[63] Crise boursière ayant démarré à New York et qui impacta l’économie occidentale (entre autres) durant plusieurs années.

[64] Accords Salt I en 1972.

[65] Conflit à propos de la frontière, un accord ne fut trouvé qu’en 1991.

[66] Les États-Unis se rapprochèrent peu à peu d’Israël, puis, à partir de la guerre du Kippour en 1973, ils le soutinrent activement avec une très grande aide militaire.

[67] Signés le 27 janvier 1973, ils mirent temporairement fin à la guerre du Vietnam.

[68] Quand le candidat marxiste Salvador Allende (1908-1973) fut élu, les États-Unis essayèrent de faire émerger un coup d’État militaire à travers la CIA. Celui-ci ayant échoué, les Américains coupèrent les aides financières au Chili et convainquirent la Banque mondiale de faire de même. Ils diffusèrent beaucoup de propagande également. En 1973, Augusto Pinochet (1915-2006) réussit un violent coup d’État et instaura dix-sept années de dictature sous ses ordres.

[69] « War on Drugs »

[70] HENNETON Thibault et MARIN Cécile, « Les ramifications de l’affaire Iran-Contra », dans Le Monde diplomatique, « Manière de voir », n°158, Paris, Le Monde diplomatique SA, 2018, [en ligne] https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/iran-contra (dernière consultation le 14/11/2021)

[71] https://www.youtube.com/watch?v=EPhWR4d3FJQ&ab_channel=BruceSpringsteenVEVO

[72] https://www.youtube.com/watch?v=Z0XH8NSxpIY&ab_channel=theiLSTER

[73] Série de cinq concerts organisée contre l’utilisation d’énergie nucléaire à New York en 1979.

[74] Groupe militant fondé en 1979 afin de protester contre l’utilisation de l’énergie nucléaire.

[75] Quant à Springsteen, il a été déclaré en trop mauvaise condition physique pour participer quand il a été conscrit à 19 ans.

[76] https://www.youtube.com/watch?v=3uy1lb5s7gg&ab_channel=BruceTube

[77] RENARD Annaël, « L’ingérence américaine à l’aube de la guerre civile guatémaltèque », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2021, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/05/06/lingerence-americaine-a-laube-de-la-guerre-civile-guatemalteque/ (dernière consultation le 07/11/2021)

[78] https://www.youtube.com/watch?v=IGI0v1Ul7eo&ab_channel=Godai83

[79] La scène underground rassemble les artistes en marge de la culture dominante.

[80] Herbicide employé par les États-Unis durant la guerre du Vietnam et répandu principalement par raid aérien, il engendra de nombreuses maladies.

[81] https://www.youtube.com/watch?v=_mSmOcmk7uQ&ab_channel=remhq

[82] L’ambassade américaine à Téhéran fut prise d’assaut le 4 novembre 1979. L’Iran réclama que les États-Unis leur renvoient le Shah qui était à l’hôpital en Amérique afin qu’il soit jugé. Les otages furent finalement libérés en échange d’une promesse américaine de ne pas intervenir dans la politique intérieure du pays.

[83] Deux commissions parlementaires ont cependant conclu qu’il n’y eut pas de négociation secrète entre Reagan et les preneurs d’otages.

[84] Les Contras étaient des groupes paramilitaires luttant contre le gouvernement socialiste, militaire et « sandiniste » dirigeant le Nicaragua. L’administration américaine a fortement soutenu la lutte armée et financière contre cette direction du pays. HENNETON Thibault et MARIN Cécile, op. cit.

[85] Agence fédérale américaine luttant contre le trafic de drogues.

[86] De 1987 à 1997, cent dix milliards de dollars furent consacrés à la lutte contre la drogue. Mais entre l’argent investi par les localités et le coût de la toxicomanie pour une société, cette somme est inférieure à la réalité.

[87] Durant la présidence Reagan, plus d’un trillion de dollars fut accordé pour le budget de l’armée. ZINN Howard, op. cit., pp. 140-141

[88] Programme ayant pour but de fournir une assurance maladie aux personnes sous un certain seuil de pauvreté.

[89] « the top officers of corporations made 40 times as much in salary as the average factory worker. By 1989, they were making 93 times as much », ibid., p. 142

[90] « at least a third of African American families fell below the official poverty level », ibid., p. 143

[91] Dirigé par le dictateur Pol Pot (1925-1998), le mouvement ultranationaliste, politique militaire et d’inspiration maoïste des khmers rouges commis un génocide au Cambodge entre 1975 et 1979.

[92] https://www.youtube.com/watch?v=-KTsXHXMkJA&ab_channel=NoName

[93] https://www.youtube.com/watch?v=A95yLXVgrn4&ab_channel=SpencerVik

[94] https://www.youtube.com/watch?v=jrWflCJPM4w&ab_channel=DeadKennedys-Topic

[95] https://www.youtube.com/watch?v=Hg2A8U3YDGA&ab_channel=DeadKennedys-Topic

[96] Mais la guerre n’amena pas ce que Bush voulait : il perdit son élection.

[97] https://www.youtube.com/watch?v=TPDVA9O5gQc&ab_channel=SadisticPancake ; sur le même album, nous pouvons également trouver « Kill the President », qui appelle à tuer les chefs d’États responsables du déclenchement des guerres, https://www.youtube.com/watch?v=PlW4aIHckA4&ab_channel=Vlad

[98] Avec, par exemple, l’opération Allied Forced qui bombarda des cibles serbes en 1999 durant la guerre du Kosovo (1998-1999).

[99] Opération Restore Hope au sein de la Force d’intervention unifiée (UNITAF) de 1992 à 1993 au cours de la guerre civile somalienne (1991-).

[100] Créée en 1987 en Afghanistan, cette organisation terroriste islamiste est d’inspiration salafiste djihadiste et est anti-occidentaliste.

[101] Notamment un attentat à la bombe le 26 février 1993 au World Trade Center.

[102] ZINN Howard, op. cit., p. 164

[103] Loi parrainée par le représentant démocrate Jack Brooks (1922-2012) au Congrès. La version présentée ensuite au Sénat fut rédigée par l’actuel Président américain, Joe Biden (1942-). « Violent Crime Control and Law Enforcement Act of 1994 (Enrolled as Agreed to or Passed by Both House and Senate », Washington D. C., The Library of Congress, 1994, [en ligne] https://web.archive.org/web/20080918090644/http://thomas.loc.gov/cgi-bin/query/z?c103:h.r.3355.enr: (dernière consultation le 11/11/2021)

[104] Sur ce sujet, voir par exemple SPOHN Cassia, « Race, Crime, and Punishment in the Twentieth and Twenty-First Centuries », dans Crime and Justice, vol. 44, n°1, Chicago, The University of Chicago Press, 2015, 619 p., pp. 49-97, [en ligne] https://www.jstor.org/stable/10.1086/681550?read-now=1&refreqid=excelsior%3A66334fd4ff09e35a840d01aa20fdf3fa&seq=1#page_scan_tab_contents (dernière consultation le 24/11/2021)

[105] Organisation fondée en 1990 afin d’augmenter le taux de participation de la jeunesse aux élections et de l’impliquer dans la vie politique du pays. Des groupes comme Aerosmith, Megadeth, The Ramones, ou encore les Red Hot Chili Peppers en firent la promotion.

[106] Utilisant de nombreuses pédales différentes, il est particulièrement connu pour ses effets sonores, imitant parfois des sirènes, des bombes, ou encore des effets de platine.

[107] Acte de protestation politique, d’autant plus que le drapeau américain dispose de nombreux droits aux États-Unis.

[108] https://www.youtube.com/watch?v=bWXazVhlyxQ&ab_channel=RATMVEVO

[109] https://www.youtube.com/watch?v=v5NeyI4-fdI&ab_channel=LilaWunderbohnen

[110] https://www.youtube.com/watch?v=JukTvlrh-Wk&ab_channel=RATMVEVO

[111] « You know they went after King // When he spoke out on Vietnam » (« Tu sais qu’ils ont poursuivi King // Quand il a parlé du Vietnam » et « Ya know they murdered X // And tried to blame it on Islam » (« Tu sais qu’ils ont assassiné [Malcolm] X // Et ont essayé de le mettre sur le dos de l’islam »). Par ailleurs, nous notons que deux des trois personnes condamnées pour le meurtre de Malcolm X et issues de son ancienne organisation politique – Nation of Islam – furent très récemment innocentés et une nouvelle enquête a été ouverte par le parquet de New York après la sortie d’un documentaire (Who Killed Malcolm X?) mettant en doute la version officielle et mettant en avant le rôle du FBI dans l’affaire. Agence France-Presse et Le Monde, « Mort de Malcolm X : deux hommes condamnés pour son meurtre ont été innocentés », dans Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/17/mort-de-malcolm-x-deux-hommes-condamnes-pour-son-meurtre-vont-etre-innocentes_6102466_3210.html (dernière consultation le 19/11/2021)

[112] « Through counter-intelligence it should be possible to pinpoint potential trouble-makers and neutralize them », JONES Nate, « MLK Document Friday: “Through counter-intelligence it should be possible to pinpoint potential trouble-makers and neutralize them…” », dans Unredacted, Washington D. C., The George Washington University, 2011, [en ligne] https://unredacted.com/2011/01/14/mlk-document-friday-through-counter-intelligence-it-should-be-possible-to-pinpoint-potential-trouble-makers-and-neutralize-them/ (dernière consultation le 13/11/2021)

[113] https://www.youtube.com/watch?v=3L4YrGaR8E4&ab_channel=RATMVEVO

[114] https://www.youtube.com/watch?v=qDZV8TdnCoo&ab_channel=RATMVEVO

[115] https://www.youtube.com/watch?v=ffV7z5JdIRM&ab_channel=RATMVEVO

[116] https://www.youtube.com/watch?v=Q3dvbM6Pias&ab_channel=RATMVEVO

[117] https://www.youtube.com/watch?v=Rm1nCYOZB-s&ab_channel=RATMVEVO

[118] https://www.youtube.com/watch?v=h2TLwwrLKbY&ab_channel=RATMVEVO

[119] United States Department of Homeland Security, comprenant 22 agences fédérales, ce département a pour objectif d’organiser et d’assurer la sécurité intérieure.

[120] War on Terror, nom donné aux entreprises militaires menées par le gouvernement Bush suite aux attentats du 11 septembre 2001.

[121] https://www.youtube.com/watch?v=pgV6VUinDEA&ab_channel=3DoorsDownVEVO

[122] https://www.youtube.com/watch?v=7Ewc5XIQew4&ab_channel=LynyrdSkynyrd-Topic

[123] Attentats contre la Force multinationale de sécurité de Beyrouth mandatée par l’ONU pour maintenir la paix durant la guerre civile libanaise (1975-1990).

[124] Nous pouvons décrire ces chansons comme étant nationalistes car elles sont destinées au seul public américain motivé à soutenir les conflits par le biais de ce genre musical.

[125] Notamment à cause de sa couverture qui présente la nièce du guitariste principal dans des décombres et portant une arme automatique. L’album dû ressortir paré uniquement d’un logo de son titre.

[126] https://www.youtube.com/watch?v=i522D42i-v8&ab_channel=Anti-Flag-Topic

[127] https://www.youtube.com/watch?v=NE02BunFtbo&ab_channel=BruceSpringsteen-Topic

[128] https://www.youtube.com/watch?v=y6C1FKzkRlc&ab_channel=BruceSpringsteen-Topic

[129] https://www.youtube.com/watch?v=ONsko-rfGQA&ab_channel=BruceSpringsteen-Topic

[130] Nous notons ainsi le contre-exemple de Slayer qui sortit « Jihad » sur son dixième album Christ Illusion en 2006, une chanson narrant le 11 septembre depuis le point de vue des terroristes et qui fit polémique au sein des familles des victimes. Ce ne fut pas leur unique controverse, notamment à cause d’« Angel of Death » qui parle des expérimentations du criminel de guerre SS Josef Mengele (1911-1979) sans les condamner explicitement, ou encore de la parodique « Guilty of Being White ». Néanmoins, de par leur usage particulièrement courant de thématiques satanistes, de narration depuis le point de vue de serial killers ou encore les diverses références explicites à des meurtres, le public américain s’est progressivement habitué aux provocations de ce groupe et se choque de moins en moins.

[131] Tournée organisée afin d’encourager les Américains à voter contre Bush lors des élections présidentielles.

[132] Cette loi rend la critique du gouvernement difficile car des répercussions directes et concrètes surviennent régulièrement.

[133] https://www.youtube.com/watch?v=A1OqtIqzScI&ab_channel=GreenDay

[134] Nous notons par exemple les chansons « 21 Guns », « Know Your Enemy », « Bang Bang », « Troubled Times »…

[135] Se trouvaient au sein des participants : The Offspring, Rise Against, Anti-Flag, Green Day etc.

[136] ZINN Howard, op. cit., p. 203

[137] https://www.youtube.com/watch?v=5pacmEDK7vA&ab_channel=RiseAgainst-Topic

[138] https://www.youtube.com/watch?v=ILcIB6gQJe4&ab_channel=RiseAgainst-Topic

[139] https://www.youtube.com/watch?v=9-SQGOYOjxs&ab_channel=RiseAgainstVEVO

[140] https://www.youtube.com/watch?v=nk91Yo7Jt1A&ab_channel=MarcelSchalk

[141] https://www.youtube.com/watch?v=-IjkSMXywgg&ab_channel=RiseAgainst-Topic

[142] Anxiété, angoisse, sentiment de malaise… Émotion parfois liée à la crise d’adolescence.

[143] https://www.youtube.com/watch?v=8sgycukafqQ&ab_channel=LinkinPark

[144] https://www.youtube.com/watch?v=gG4P3ayBzVY&ab_channel=LinkinPark

[145] Traduit par « When the rich wage war, it’s the poor who die » dans la chanson. SARTRE Jean-Paul, Le diable et le bon Dieu, Gallimard, 1951, 252 p., p. 23, [en ligne] http://moodle.stoa.usp.br/file.php/1082/LE_DIABLE_ET_LE_BON_DIEU.pdf (dernière consultation le 14/11/2021)

[146] https://www.youtube.com/watch?v=Gs0t8LXH6lw&ab_channel=LinkinPark

[147] « Que Dieu nous sauve nous tous // Allons-nous être brûlés dans les flammes de Dix Mille Soleils // Pour les péchés de nos mains // Péchés de nos langues // Les péchés de nos pères // Les péchés de nos enfants »

[148] Physicien américain, Oppenheimer fut le directeur scientifique du Projet Manhattan, nom de code donné au programme de recherche sur la bombe atomique des États-Unis.

[149] Site du premier essai d’arme nucléaire (Trinity) mené par le Laboratoire de recherche national de Los Alamos.

[150] Partie centrale du récit Mahâbhârata, texte fondamental de l’hindouisme et plus long poème épique indien, elle est principalement composée d’un dialogue entre Krishna – incarnation du dieu Vishnu – et le prince guerrier Arjûna. La divinité y rappelle au combattant son devoir de participation à la bataille et y prononça cette phrase.

[151] L’une des plus grandes divinités de l’hindouisme.

[152] En français dans l’édition Albin Michel (2006) : « Je suis le Temps, le puissant destructeur, Et j’accomplis ici ma tâche d’anéantissement des mondes. », p. 336. Le terme « death » en anglais vient désigner le temps qui détruit les mondes. Oppenheimer fait une faute grammaticale : « I am become » devrait être « I have become ».

[153] Ce qui devint une critique constante à chacune des sorties de leurs albums suivants et qui ne diminua qu’après que leur chanteur principal, Chester Bennington, se soit donné la mort le 20 juillet 2017, deux mois après la sortie de leur septième album studio.

[154] KING Martin Luther Jr., « Beyond Vietnam – A Time to Break Silence », New York, American Rhetoric, 1967, [en ligne] https://www.americanrhetoric.com/speeches/mlkatimetobreaksilence.htm (dernière consultation le 14/11/2021)

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