Rester « Number One » pendant les années 1990, ou comment motiver la jeunesse américaine à s’engager

Depuis la Première Guerre mondiale, la propagande américaine diffuse dans le monde occidental et au-delà, l’image d’un engagement patriotique au détriment de soi. Durant la Seconde Guerre mondiale, cette dernière s’est véritablement ancrée dans les consciences grâce au symbole de Captain America et à la libération de 1944 qui permettent aux étasuniens de se poser en libérateurs de l’Europe de l’Ouest occupée. Commence en 1947 la guerre froide qui plonge les Etats-Unis et ses soldats dans une longue opposition idéologique marquée, entre autres, par la Guerre du Vietnam (1955-1975). Ce conflit, stigmatisé par la médiatisation de l’extrême brutalité des méthodes étasuniennes, remet en question cette image héroïque des soldats américains ainsi que la légitimité des États-Unis à utiliser de telles pratiques. Dans les années 1980, un effort considérable est fait par l’administration Reagan pour redorer l’image de son armée et son implication dans ce conflit[1], mais le mal est fait. L’armée recrute de moins en moins de jeunes[2] et les États-Unis peinent à retrouver une image favorable. Cependant, avec la chute de l’URSS, l’idée d’une Amérique puissante se propage avec l’accélération de la mondialisation économique et culturelle. Projetés sur le devant de la scène mondiale, tout semble désormais sourire aux États-Unis d’Amérique. Internet recouvre le monde d’une toile de réseaux interconnectés servant ainsi à intensifier son rayonnement culturel ou soft power[3]. Auparavant divisé entre Est et Ouest, le monde se construit désormais comme un global village[4] où les élites américaines doivent tout faire pour légitimer leur position hégémonique face à ceux qui mettent en danger sa pérennité.

Ainsi, sans ennemi désigné, anciennement l’URSS associée au communisme, servant de vecteur d’unification nationale et internationale, les présidents Bush Père (1989-1993) et Clinton (1994-2001) doivent jongler entre ambitions nationales et responsabilités internationales pour justifier leurs engagements militaires en dehors des frontières américaines. Car, après 1990, l’heure n’est pas à un retour à l’isolationnisme[5], selon l’historien allemand M. Stürmer « Nous sommes au début d’une nouvelle ère, caractérisée par une grande insécurité, des conflits permanents et une absence de toute sorte de statu quo. . . »[6]. A partir de 1991, les théâtres de guerres se multiplient autour du globe et forcent les États-Unis à intervenir dans un grand nombre de conflits asymétriques[7]. De plus, en réponse à la tentative de domination culturelle et économique du Nord, les pouvoirs au Moyen-Orient deviennent hostiles à l’Occident, donnant une nouvelle impulsion au fondamentalisme islamique motivée principalement par une idéologie anti-américaine/occidentale.

Mais, au milieu de tous ces paradigmes, prévaut dans les années 1990 que le monde c’est l’Amérique. Non pas dans la réalité, mais dans les consciences de tous ceux et celles qui n’ont pas doutés de la légitimé américaine à incarner le Primus Inter Pares[8]. En effet, pour saisir cette pensée il faut comprendre que les Américains ont oublié la pluralité du « nous ». Le « We » dans « We the people » désigne en réalité une minorité privilégiée par le système américain. Ainsi, « the people » désigne toutes les personnes pouvant être intégrées de force ou de gré dans le système démocratique américain qui se veut universel depuis la création de la Société des Nations[9] (SDN). C’est précisément dans cette logique d’intégration à un système pensé comme universel que l’engagement américain se perpétue à l’étranger durant la décennie 1991-2001.

Dans cette perspective, nous allons essayer de définir et comprendre les différentes faces de l’engagement durant la dernière décennie du XXe siècle. Comment convaincre les jeunes générations américaines de s’engager volontairement pour leur pays ? Quelle rhétorique idéologique pour légitimer l’engagement américain ? Quelles mutations s’opèrent au cours de cette période et quels en sont les impacts ?  

Capture d’écran tirée d’une publicité issue de la campagne « Be all you can be » montrant un « First Sergeant » souriant pour la caméra après un parachutage. https://www.youtube.com/watch?v=E_OCDJIT344&ab_channel=Royce

Vendre les bénéfices de l’armée : une analyse des campagnes de recrutement publicitaires des corps armés américains

L’année 1973 marque pour les États-Unis la fin de la conscription et le début du passage à un système fondé sur l’engagement volontaire nommé All-Volunteer force. Adopté sous la présidence Nixon et développé par l’économiste Martin Anderson, l’engagement volontaire remplace la conscription vivement critiquée par la jeunesse démocrate et républicaine qui la perçoit comme une violation de leur Liberté. Motivée par des sentiments racistes et anti-racistes[10], cette réforme n’est pas la bienvenue au sein de l’institution de l’armée. Pourtant, après de longs débats, l’exécutif décide qu’il vaut mieux envoyer des hommes à la mort sur la base du volontariat plutôt que sur la base d’une conscription[11]. Ce faisant, l’armée cherche à répondre au problème de la forte baisse d’engagement de la jeunesse qui a une vision négative de cette institution percevant l’engagement comme une entreprise qui nuit à l’individualité et la liberté personnelle[12]. En d’autres termes, la logique d’héroïsme, de sacrifices personnels, de patriotisme et de sens du devoir n’est devenue qu’un récit mythique qui correspond à une minorité d’engagés. Pour pallier ce faible taux de recrutement, il est décidé d’adopter une logique néo-libérale de marché fondée sur le gain économique associé à l’engagement. Ainsi l’armée devient un marché et recrute des consommateurs.

Suivant cette logique, l’Armée subventionnée par des fonds publics met l’accent sur des campagnes publicitaires vantant les bénéfices matériels de son institution. Après avoir déterminé grâce à la sociologie ce que les jeunes générations désiraient[13], l’Army fait appel à des publicitaires pour vendre le rêve d’une expérience idéalisée à des consommateurs ou jeunes lycéens en quête de direction et de stabilité. Chose étonnante, en l’absence d’un théâtre militaire où les États-Unis engagerait ses jeunes prêts à mourir, il n’y a pas de problème moral à mentir sur la réalité de l’armée car elle n’est pas véritablement présente dans les esprits entre 1980-2001 où les États-Unis n’occupent pas de pays pour une durée indéterminée… L’invasion et l’occupation de l’Irak constituent une rupture dans ce paradigme, ou bien un retour aux visions pré 1980, puisqu’elle laisse voir un haut taux de mortalité. Quelle est donc la rhétorique publicitaire durant la période charnière que constituent les années 1990 où les soldats américains n’ont pas besoin de s’engager pour une cause qui mobilise l’ensemble de la population étasunienne ?

Illustration d’une publicité pour l’armée datant des années 1970  intitulée «Take the army’s european tour ». Elle vante les possibilités touristiques liées à l’engagement dans ce corps militaire. On remarquera le ton misogyne de cette image car l’Europe à découvrir est assimilée à des jeunes femmes à conquérir. Poster circa 1971. Samuel G. Michini, archive publicitaire. Consigné gracieusement à la Connelly Library par les familles Michini et DiDio. https://digitalcommons.lasalle.edu/military_advertisements_visual_history/2/

Comment commencer cette analyse sans évoquer le triptyque publicitaire le plus fantaisiste utilisé à partir de 1987 et jusque dans les années 2000 pour recruter les futurs Marines ? Sont diffusés à la télévision « Knight » (1987)[14], « Chess »(1990)[15] et « Maze » (1997)[16] qui mettent en scène un jeune homme blanc, dans un monde fantastique accomplissant un rite initiatique où il se transforme en Marines vêtu d’une tenue d’officier. La première publicité place le spectateur dans un monde médiéval fantastique où le futur Marines doit se faire adouber par le seigneur local. Dans la deuxième publicité, un personnage similaire est représenté en chevalier en armure blanche sur un plateau d’échec combattant les pions en armure noir portant un haume semblable au Stahlhelm[17]. Enfin, dans la troisième publicité, un personnage qu’on pourrait apparenter à une version masculine de Lara Croft[18] pénètre dans un vaste labyrinthe dont le centre est gardé par un monstre de pierre.

« Marine Corps Commercial: “Chess” », Washington, D. C., USMC, 1990, 1 minute – https://www.youtube.com/watch?v=yLKQUoykE1g&ab_channel=Marines

Ces publicités s’ancrent donc dans un univers semblable à celui de Dungeon & Dragons[19] d’où jaillissent des éclairs et dont le défi initiatique est réservé aux seuls « few[20] » choisis et ayant la capacité de l’accomplir. Adressées aux jeunes lycéens, ces publicités ne peuvent être plus éloignées de la réalité des Marines qui était déjà connue du grand public grâce au film de Stanley Kubrick Full Metal Jacket (1987). Pourtant, beaucoup d’utilisateurs sur Youtube et Reddit[21] admettent avec nostalgie que ce sont ces publicités mensongères qui ont motivé les jeunes générations à s’engager parmi les Marines. D’ailleurs, si l’on fait un saut dans le temps, trois ans après le commencement de la guerre d’Irak, nous ne pouvons que constater le changement radical de rhétorique dans un spot publicitaire datant de 2005 intitulé « Pride of the Nation »[22] qui succède à la dernière installation publicitaire ayant pour thème le récit initiatique avant de devenir Marines intitulé « The climb » (2001)[23].

La Navy se montre quant à elle plus réservée et pragmatique dans ses campagnes publicitaires, se permettant tout de même quelques écarts idéalisés. En effet, elle adopte dès 1976 une rhétorique axée sur la thématique d’une grande aventure autour du globe avec « Navy, It’s not Just a Job, It’s an Adventure »[24]. Cette publicité, diffusée jusqu’en 1986 est remplacée par une rhétorique à la croisée de l’aventure et l’accomplissement individuel incarné dans « Live the adventure » (1986-1988)[25] et « You Are Tomorrow; You Are the Navy » (1988-1990)[26]. On ne peut que constater l’esprit 80’s dans ces spots publicitaires aux corps idéalisés, synthétiseurs et couleurs fluos emblématiques de la période. Pourtant, en 1990, avec « You and the Navy : Full speed ahead » (1990-1996)[27] la Navy abandonne tout exotisme et axe sa communication autour du seul gain personnel en explicitant que toute nouvelle recrue aurait 30 000 $ de bourse universitaire grâce au Navy College Fund et au Montgomery G.I. Bill[28]. Finalement, en 1996, la Navy diffuse une nouvelle campagne de pub nommée « Let the journey begin » (1996-2001)[29]. Sur un fond d’instruments à vent, la thématique est celle d’un appel vers quelque chose de supérieur, d’une aventure unique autour du monde pendant laquelle la recrue se réalise en tant qu’individu. Cette réalisation est également celle d’une vie où savoirs sont acquis au nom de grands principes moraux : l’honneur, le courage et l’engagement. Cependant, comme dans le reste des publicités, la glorification de l’expérience militaire reste de mise. De plus, ces publicités nous vendent l’image d’une Amérique toute puissante pouvant circuler librement sur les mers et être accueillie dans tous les ports. Cette rhétorique sous-jacente s’inscrit dans l’héritage de la projection de la puissance maritime américaine qui apparaît dès 1907 avec le tour du monde du White Squadron organisé pour montrer la domination technologique en matière maritime.    

En 1980, l’Army lance la campagne « Be all you can be », dont le slogan et les publicités sont présents jusqu’en 2001 dans le paysage médiatique américain. Axée sur le recrutement et l’engagement par intérêt économique et personnel, cette campagne est considérée par des internautes nostalgiques comme l’une des plus marquantes et réussies de l’US Army. Pour cause, au cours des vingt années de diffusion, elle connaît d’innombrables variations mettant en scène les thèmes de la réalisation de soi, de l’aventure, de l’éducation ou celui de la professionnalisation, de manière à ce que chacune et chacun puissent s’identifier aux personnages présents sur l’écran. En effet, contrairement aux publicités précédentes, un effort est fait pour montrer la diversité des profils mais aussi la diversité des genres au sein de l’armée. Là où la Navy se contente de montrer une personne afro-américaine à la fin du générique, l’Army représente cette minorité ethnique dans plusieurs publicités afin de créer une sentiment d’inclusivité et d’opportunité chez ces recrues qui, autre part aux États-Unis, n’ont pas les mêmes chances qu’une personne blanche de peau. De plus, cette campagne de pub intègre bien plus les femmes dans des positions d’importance à égalité (ou presque) des hommes.

 Paradoxalement, « Be all you can be » est l’une des campagnes les plus controversées, souvent critiquée pour son manque d’honnêteté et son idéalisation de l’armée. Selon une étude réalisée en 1990 sur un échantillon de 100 personnes engagées dans l’armée grâce à cette campagne, aucune d’entre elles ne décrit positivement ces publicités[30]. D’ailleurs, les promesses, dont la plus connue est « From High school to flight school »[31], s’avèrent être fausses. Dans l’une de ces publicités[32], le spectateur peut apercevoir un Private saluer d’un « Hey !» familier un First Sergeant lui répondant avec « good morning ! », ce dialogue entraîne tout particulièrement la colère des individus interrogés remarquant qu’il s’agit d’une mise en scène de très mauvais goût[33]. Pourtant, il demeure que ces publicités ont été efficaces dans le sens où elles permirent à une jeune génération de plus en plus inquiète par l’incertitude du futur de trouver un cadre dans lequel elle pouvait trouver sa place, qu’elle soit agréable ou non.

Instinctivement, nous pourrions avoir tendance à croire que les spots publicitaires des années 1990 auraient eu un accent bien plus idéologique, axé sur le besoin de répandre une démocratie américaine au nom de la coopération internationale. Pourtant la réalité est quelque peu ironique. Nous sommes forcés de constater que les publicités de cette décennie s’inscrivent dans la continuité des premières campagnes de l’All-Volunteer force. En ce sens, elles remplacent les logiques émotionnelles faisant appel à l’héritage historique et au sacrifice au profit de la poursuite d’ambitions et d’évolutions personnelles. Il faut donc croire que pendant les années 1990, la majorité des engagés ne cherche pas à sauver l’Amérique, ou le monde, mais bien à se sauver elle-même du système américain où aucun filet de sécurité n’est là si l’on tombe.

Le paradigme idéologique américain : les États-Unis contre le monde ou le monde contre les États-Unis ?

En l’absence d’une idée directrice, les premiers temps du nouveau monde post URSS sont marqués par la recherche d’une idéologie derrière laquelle l’Amérique peut justifier sa position d’hyper puissance hégémonique. Avec l’émergence de nouvelles puissances contestataires telles que la Chine, l’Iran ou encore la Russie, il est d’autant plus important de rallier les institutions internationales derrière une cause commune. En effet, dans un monde où l’ennemi désigné n’existe plus, comment légitimer l’engagement international d’une nation au paroxysme de sa puissance ?

Pour saisir la construction idéologique américaine de cette période, il est important d’évoquer le premier conflit des années 1990 : la première Guerre du Golfe également nommée Opération Desert Storm (17 Janvier 1991 – 28 Février 1991). Durant cette opération militaire, une coalition internationale menée par les États-Unis vise à reprendre le Koweït aux mains de Saddam Hussein qui a envahi et annexé ce pays pendant l’été 1990 entre autres pour son pétrole. L’opération est un véritable succès militaire car, en moins de deux mois, cette coalition de 34 pays réussit à faire fuir les forces irakiennes du territoire koweïtien. En l’honneur de cette victoire, est organisé à Washington le 8 Juin 1991 la plus grande parade militaire depuis la victoire de 1945[34].

Outre la victoire militaire, ce conflit offre également l’opportunité à la présidence Bush d’affirmer et d’imposer un « nouveau » paradigme idéologique qui est en réalité à la croisée de deux doctrines : l’hamiltonisme et la doctrine Truman. D’une part, théorisée par Alexander Hamilton, l’un des founding fathers[35], l’hamiltonisme prend ses sources dans la fondation de la nation américaine au XVIIIe siècle, période où les États-Unis cherchent à se définir en tant que puissance sur la scène mondiale. Selon cette doctrine, l’Amérique doit devenir une grande puissance pour rivaliser à l’international. Pour ce faire, elle doit garantir ses intérêts commerciaux et empêcher toute autre nation d’avoir la possibilité de concurrencer économiquement avec elle. Cependant, si les intérêts américains sont menacés, il est alors nécessaire d’agir en coalition afin de mettre fin à la guerre, ce qui nécessite une intervention en dehors de ses frontières. Dès les années 1940, les États-Unis sont habités par l’idée qu’ils sont les protecteurs du monde libre et garants de la démocratie. Cette idée constituant la base de la doctrine Truman subsiste durant et après la Guerre Froide. Ces deux composantes idéologiques sont donc à la base du « nouvel ordre mondial », idéologie formulée par le président Bush le 16 Janvier 1991 lors d’un discours marquant le début de l’opération Desert Storm. Ce paradigme définit le monde post URSS comme un espace commercial globalisé où les États-Unis sont omniprésents, assurant ce double rôle de garants du droit international ainsi que protecteurs du monde libre et de la liberté agissant sous l’égide d’organisations internationales telles que l’ONU et l’OTAN.

Capture d’écran montrant des étasuniens jouant au baseball en plein milieu du Koweït en feu…
DOUGLAS David, Fires of Kuwait, Black Sun Films Corporation,1992, 36 minutes montrant des étasuniens jouant au baseball au milieu du Koweït. 

Fires of Kuwait, réalisé par David Douglas en 1991, nous offre ici l’occasion parfaite d’explorer comment cette idéologie se traduit en rhétorique de propagande. Durant leurs retraites du Koweït en février 1991, les forces de Saddam Hussein mettent feu à plus de 650[36] puits de pétrole pour endiguer l’avancée américaine. Naturellement, ce désastre écologique attire les caméras du monde entier. Il est alors question pour les objectifs américains de construire un nouveau récit idéologique à partir de cet événement.

Fires of Kuwait met ainsi en scène Saddam Hussein incarnant l’Iraq comme nouvel ennemi à abattre. Il nous plonge dans le récit de la « libération » par une coalition de pompiers menés par les États-Unis ayant pour objectif d’éteindre les feux de pétrole qui font disparaître le soleil sous un épais smog. La narration amplifie la gravité de l’événement et justifie l’absolue nécessité de l’intervention de la coalition au Koweït mais aussi du maintien d’une présence internationale[37]. L’accent dans ce film est justement mis sur cette présence internationale venant de 32 pays différents aidant les Koweïtiens à faire face au désastre naturel causé par Saddam Hussein. Après de longs jours de combat et de sacrifices héroïques contre les indomptables et innombrables feux de pétroles, la coalition de pompiers parvient enfin à faire des progrès tangibles : les feux s’éteignent, la fumée se dissipe dans l’atmosphère, le soleil est à nouveau visible et les américains peuvent jouer au baseball. Le film se clôt sur un dernier plan éminemment poétique qui donne espoir aux spectateurs américains : de la verdure apparaît au milieu d’arbres calcinés, l’Amérique a vaincu les forces du mal et a aidé à reconstruire un pays grâce à la coopération internationale. Décidément, tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes.

Pourtant, en comparant le film de David Douglas à l’essai documentaire Leçons de Ténèbres réalisé par Werner Herzog la même année, nous voyons que l’affaire n’est pas si simple. Ici, le réalisateur allemand[38] remet en question la responsabilité de l’Amérique et fait un état de l’impact de ce front sur le paysage et la population. Ce film nous plonge dans une période sombre où les missiles guidés tuent plus de civils que d’ennemis. La Guerre est d’une grande brutalité en dépit de sa rapidité… Et pour quels résultats ? Selon Herzog, les Américains sont directement responsables des feux. Ici naît l’image d’une Amérique avide de richesses qui voit dans le Koweït une nouvelle frontière et un nouvel allié à conquérir au nom de l’argent du pétrole. Justement, Werner Herzog nous laisserait entendre que le pétrole sera notre mort malgré la fin de la Guerre Froide qui devait marquer l’entrée dans une nouvelle ère de paix internationale. Aux antipodes du film de David Douglas, les États-Unis deviennent ici un mal individualiste pilleur de ressources et oppresseurs des peuples. Herzog n’aurait pu être plus près de la réalité des échecs militaires qui caractérisent le XXIe siècle : à la fin du film nous sommes forcés de croire qu’une vie sans feux à éteindre n’est pas possible pour les États-Unis.

Capture d’écran tirée du documentaire susmentionné, dans cette scène nous pouvons voir deux étasuniens tourner le dos à un puit de pétrole en feu allumé par leur soin… Ici, le cinéaste nous offre une métaphore de l’implication des États-Unis dans les conflits au Moyen-Orient depuis 1991.
HERZOG Werner, Lektionen in Finsternis (Leçons des Ténèbres), Werner Herzog Filmproduktion, 1992, 50 minutes

Grâce à ce film, nous percevons mieux comment le discours de David Douglas construit une rhétorique idéologique qui légitime l’action américaine au Moyen-Orient. Au contraire, Herzog s’ancre dans la critique anti-américaine qui se fait de plus en plus forte durant la dernière décennie du XXe siècle. Finalement, c’est cette dualité qui caractérise les États-Unis et leur perception à la fin de ce siècle. Tandis qu’ils essayent de convaincre le monde qu’ils sont toujours les « Good guys », des voix anti-américaines s’élèvent et dénoncent l’absurdité et l’unilatéralisme dans leurs engagements internationaux, et ce malgré la mobilisation d’une idéologie fondée sur la coopération internationale. Pourtant, en 1992, personne ne semble capable de prédire quelle politique d’engagement international les États-Unis suivront réellement.

Les États-Unis et les années 1990 : quels engagements, quels buts, quels résultats ?

Justement, sortons un peu des théories idéologiques pour observer quelle est la réalité de l’engagement américain après la fin de la Guerre Froide. Ont-ils su véritablement jouer le jeu de la coopération internationale ? Ont-ils versés dans l’hubris telle qu’elle est montrée chez Herzog ? Ou bien ont-ils tenté de concilier intérêts nationaux et internationaux ?

Sans grande surprise, le modèle idéalisé d’une coopération internationale commence à s’estomper dès la bataille de Mogadiscio en Somalie ayant eu lieu en Octobre 1993. Les 3 et 4 Octobre, dix-neuf soldats américains décèdent sous commandement onusien pendant l’opération UNOSCOM II (United Nations Operation in Somalia II). Cette crise[39] est perçu d’un très mauvais œil par l’opinion publique américaine qui est instrumentalisée par les élites républicaines au Congrès et qui ne comprend pas pourquoi l’Amérique s’engage dans des guerres qui ne sont pas les siennes. Le président Clinton, pourtant publiquement très favorable à la coopération internationale, décide de retirer les troupes américaines de la mission invoquant la Doctrine Powell-Weinberger de 1984 qui définit le cadre de l’intervention selon six critères[40], dont le soutien de l’opinion publique et du Congrès. Ce premier échec marque le début d’une vague de réticences vis-à-vis de l’engagement américain dans les opérations de maintien de paix si elles ne profitent pas directement au pays. D’ailleurs, c’est selon ce principe que les États-Unis n’interviennent pas dans le conflit rwandais hormis pour sécuriser diplomates et contractors en avril 1994. Pourtant, il serait imprudent de parler d’un retour à l’isolationnisme américain durant cette période.

En effet, l’année 1994 marque le début d’une difficile cohabitation entre le Congrès majoritairement républicain et le président démocrate Clinton. Incarnant le mouvement « Revolution 94’ », les républicains, principalement menés par le commissaire des affaires étrangères du Sénat Jesse Helms, prônent une politique largement hostile au multilatéralisme coopératif préférant un « unilatéralisme arrogant » qui passe par la multiplication de lois de sanctions économiques. Les raisons de cette opposition du Congrès trouvent source dans une mauvaise compréhension des véritables sentiments américains. Steven Kull[41] et I. M. Destler[42] montrent que les élites se méprennent largement  sur la volonté multilatéraliste et internationaliste de l’opinion publique[43]. Ceci viendrait de trois faits : les membres du congrès n’ont pas une représentation réelle de l’opinion publique ; il y a dans les années 1990 une baisse de l’intensité du sentiment internationaliste car les étasuniens semblent plus captivés par les histoires d’adultère à la Maison-Blanche que la politique étrangère. Cette dernière appelée internationalisme libéral vise à développer la coopération internationale dans l’héritage du wilsonisme en renforçant les liens entre les États-Unis et les institutions internationales[44]. D’ailleurs, une étude sur le sentiment isolationniste réalisée entre 1990 et 1998 montre que 65 % des citoyens souhaitent une participation active des Etats-Unis dans les affaires du monde. Nous soulignons ici le fait que durant la présidence Clinton, l’engagement international ne semble être ni une priorité pour l’opinion publique, ni pour les élites qui y voient peu d’intérêts. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la présidence Clinton est marquée par une croissance exponentielle de l’implication américaine dans des opérations de maintien de l’ordre fidèle à l’idée d’un internationalisme coopératif wilsonien qu’on pourrait définir comme l’engagement des États-Unis aux côtés d’institutions internationales pour l’élargissement de la démocratie.

Pour essayer de cerner les tendances interventionnistes de la politique de Clinton, nous avons réalisé une analyse textométrique. Ce procédé informatique peut être comparé à un outil permettant de compter et d’enregistrer les répétitions de mots présents dans un texte. En soi, il enregistre les occurrences d’un mot « A » et d’un mot « B » sans créer un lien logique entre les deux. Cette méthode de recherche est, dans certains cas, très utile au travail de l’historien, car elle permet d’exploiter des sources écrites et matérielles afin de créer une information quantitative interprétable. Néanmoins, elle produit des données qui peuvent rester questionnables. Les conclusions tirées à partir de notre première analyse pourront potentiellement être nuancées ou infirmées dans de futurs travaux afin de mieux comprendre cette période complexe.

Nous avons donc analysés un document[45] écrit par le service de recherche du Congrès[46] en 2020. Ses auteures[47] y recensent toutes les interventions américaines en dehors de leurs frontières depuis 1798. Étant un document administratif, il est caractérisé par sa pauvreté en vocabulaire et son uniformité[48]. Ceci est un avantage pour nous car il nous permet d’isoler les termes qui nous aident à répondre en partie à notre question, les États-Unis et les années 1990 : quels engagements ? En l’occurrence, les mots que nous avons retenus sont ceux concernant les présidents (Bush père, Clinton, Bush Fils), les pays d’intervention, les forces en présence ainsi que les institutions internationales.

Dans un premier temps, nous constatons que les États-Unis comptent entre 1989 et 2003 98 interventions armées à l’extérieur de leur territoire. Par «intervention armée, nous entendons tout envoi de troupes sur un territoire dans un but offensif associé à une décision présidentielle. Ce premier résultat nous laisse apercevoir combien les États-Unis sont présents dans le monde à cette période. Parmi ce chiffre, Bush père et Bush fils en cumulent 36 contre 62 pour Clinton. Ce dernier, en dépit d’une prudence à l’intervention susmentionnée, semble être plus présent sur la scène internationale que son prédécesseur ou successeur cumulés.

Et pour cause, la présidence Clinton est marquée par la mise en place et la multiplication des opérations de maintien de la paix nommées Peacekeeping. Ce fut notamment le cas en Bosnie entre 1992 et 1995 et au Kosovo de 1998 à 1999. Néanmoins, il convient de nuancer cette affirmation afin de mettre en évidence une tendance sous-jacente. À partir de 1994,   l’engagement de soldats américains est sévèrement limité en nombre par la PDD (Presidential Directive Decision) – 25. Cette réforme concernant la participation aux opérations multilatérales de Peacekeeping vise à limiter l’engagement étasunien. A présent, deux conditions régissent la participation étasunienne à une opération de Peacekeeping : ces missions servent l’intérêt vital des États-Unis et d’être sous le commandement de ses généraux. Clinton, contrairement à ce que les chiffres pourraient nous laisser croire, engage moins de soldats sur les théâtres de guerre. En effet, en raison d’une excroissance de conflits asymétriques tels que ceux que nous avons évoqués précédemment, les États-Unis favorisent la multiplication des frappes aériennes afin de limiter le nombre de troupes déployées – et donc de pertes – côté américain[49].

Face à ce constat, un paradoxe apparaît : plus les États-Unis semblent s’engager pour la paix, moins ils s’engagent réellement. Bien au contraire, la coopération internationale semble servir de déguisement pour faire avancer une politique réaliste et pragmatique américaine visant à endiguer les puissances contestataires de la souveraineté de l’empire américain. Au détriment de réels intérêts internationaux cette politique inclut deux missions : le Nation building et le State Building. La première ambitionne de créer un sentiment d’identité nationale condition sine qua non de réalisation de la seconde qui vise à doter les pays d’institutions modernes afin de reproduire un système politique avantageux pour les affaires américaines.

D’après ce début de conclusion, nous pouvons dès à présent interroger la place qu’occupent les institutions internationales durant cette période. Sont-elles un outil pour faire avancer la démocratie ? Ou bien le bras droit de l’unilatéralisme américain ?

Paul-Vincent Choudy-Lartisant, 2021

Pour amorcer une réponse à cette nouvelle question, nous avons élargi notre analyse textométrique pour y inclure de nouvelles occurrences : NATO (OTAN), N (ONU), SFOR (Stabilisation Force in Bosnia and Herzegovina), KFOR (Kosovo Force). Selon le graphique tiré de nos recherches, nous pouvons constater que l’ONU est, au final, peu impliquée dans les interventions américaines, connaissant en effet un ralentissement de son utilisation dès la présidence Clinton. Au contraire, l’OTAN, ainsi que les forces opérant sous sa bannière comme le SFOR et KFOR, connaissent une croissance stable à partir de la présidence de ce dernier. Ceci est semble-t-il concordant avec la politique d’expansion de l’OTAN orchestrée par les États-Unis entre 1990 et 1999 qui vise à inclure les anciens pays satellites de l’URSS dans le but d’endiguer Moscou[50].

Cependant, en parallèle de l’implication de l’OTAN dans ces conflits, l’institution faillit de plus en plus dans la réalisation effective de ses missions de maintien de paix. L’échec des opérations militaires en Bosnie et au Kosovo provoque notamment une perte de confiance et une remise en cause de la légitimité des États-Unis opérant sous l’égide de l’Organisation du Traité d’Atlantique Nord. Fragilisé par la critique internationale qui pointe du doigt l’incapacité des États-Unis à gagner et encore plus sortir d’un conflit, Clinton décide à la fin du siècle d’abandonner son semblant de doctrine wilsonienne pour essayer de convaincre le monde, une nouvelle fois, que les États-Unis sont « Number One » et doivent le rester.

Pour ce faire, Clinton adhère en 1999 au jacksonisme, c’est-à-dire une doctrine prônant une guerre illimitée, sans réfléchir aux conséquences sur les relations internationales. La seule condition de victoire est qu’il faut gagner la guerre avec le moins de pertes possibles, ce qui implique l’intensification de l’utilisation de drones (UAV[51]) et de frappes aériennes. Cette même année Clinton adopte le War Powers Resolution Act (WPR) qui permet d’outrepasser le Congrès afin de déclarer une guerre plus rapidement. Depuis sa mise en place, cette mesure d’exception est systématiquement utilisée par les gouvernements américains pour accorder plus de moyens militaires ou intervenir car désormais le président peut se passer de l’accord du congrès.

Graphique d’occurrences montrant l’utilisation systématique du WPR  à partir de 1999 – Paul-Vincent Choudy-Lartisant, 2021

À partir de 1999, nous pouvons constater dans notre analyse une croissance systématique et exponentielle de l’occurrence de la WPR (War Powers Resolution)[52] correspondant à la relance de l’unilatéralisme américain en matière d’interventions militaires, et ce au mépris des institutions internationales.

Cette accélération de l’interventionnisme américain marque en réalité le début des guerres sans fin au Moyen-Orient. En effet, sous la WPR, Clinton lance l’Opération Desert Fox aux côtés du Royaume-Uni en décembre 1998 qui débute la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive en Irak. Opération incroyablement impopulaire, elle fait appel à une nouvelle idéologie fondée sur l’hégémonie militaire permise par la primauté des États-Unis en matière technologique empêchant l’émergence de tout autre puissance rivale[53]. Cependant, le recul apporté par l’histoire nous permet de comprendre que cette opération est le produit d’une vision erronée de l’état du monde. Dans ces années le lobbying de l’industrie de l’armement gonflant la menace des « États-Voyous »[54], le gouvernement américain pense le terrorisme comme un groupe centralisé soutenu par un état autocratique, et sans grande surprise, l’Irak est en réalité loin de détenir des armes de destruction massive.

Cependant, tout change à la suite de l’attaque du 11 septembre 2001 qui remet en question la sûreté du territoire américain. L’image d’une Amérique toute puissante et intouchable est brisée. Pour tenter de préserver un semblant de crédibilité, Bush s’engage dans une croisade de guerres préventives nommées « War on Terror ». Bousculant le paradigme idéologique, ces guerres sont manifestement offensives et unilatéralistes car « Soit vous êtes avec nous [les États-Unis], soit vous êtes avec les terroristes »[55]. Changement idéologique majeur mettant fin au « Nouvel Ordre Mondial », ces guerres visent non pas à protéger le monde, mais, entre autres, les citoyens et intérêts américains. De plus, ce choix de guerres offensives s’explique par l’impossibilité des États-Unis à sécuriser un territoire car il est plus facile et moins coûteux d’attaquer Al-Qaïda que de défendre tout le territoire américain contre des attaques[56]. Grâce, ou à cause, d’elles, les États-Unis retrouvent une légitimité idéologique sur le plan national et international pour poursuivre et intensifier une politique agressive d’interventions militaires au Moyen-Orient comme l’invasion de l’Afghanistan en 2001 et celle de l’Irak en 2003. Ainsi, cette idée nouvelle de guerre préventive sert au maintien de l’hégémonie américaine et ce pendant une vingtaine d’années…

Qu’en est-il donc des recrues ? Au vue des changements doctrinaux et idéologiques, les pourcentages d’enrôlement ont-ils augmentés ? Le 11 septembre a-t-il provoqué une résurgence de l’engagement ?

Globalement, le système de recrutement capitalisé est efficace car il réussit à maintenir un nombre d’engagés suffisant pour faire fonctionner l’armée et permettre aux États-Unis de maintenir sa présence militaire dans le monde. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le chiffre de personnel actif baisse drastiquement entre 1954 et 2014. Là où les États-Unis enregistrent plus de 3 500 000[57] actifs en 1969, ils en comptent  1 985 000 en 1991 et 1 385 000 en 2001. La décroissance du nombre d’engagés reste cependant stable et concordante d’une part avec les politiques de désengagement du personnel militaire sous la présidence Clinton, d’autre part le passage à une armée professionnelle de volontaires. Pourtant, elles n’expliquent pas tout, car le budget de la défense étasunienne connaît une croissance exponentielle entre 1969 et 2001. Représentant 84 milliards de dollars en 1969[58], il ne cesse de grandir, atteignant 299 milliards de dollars en 1991[59]. Cette hausse du coût de l’entretien d’une telle armée est d’une part la conséquence de l’inflation du dollar et d’autre part l’investissement massif dans dans la recherche et le développement de systèmes informatiques liés au tournant technologique de l’armée entamé dans les années 1990. En effet, cette décennie marque la naissance du Network Centric Warfare visant à créer une armée interconnectée par des systèmes informatiques surpuissants assurant une domination de l’information. De plus, la hausse du coût des technologies présentes dans les navires, les avions et autres engins militaires à la fin du XXe, début du XXIe siècle n’est pas négligeable dans cette hausse du budget de la défense.

Contrairement à ce que nous pourrions croire, les attaques de 2001 et les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak n’ont pas provoqué de hausse majeure dans les chiffres de recrutement. Bush préfère inciter la population à consommer et aller à Disneyland Florida[60] plutôt que de s’engager. Et pour cause, cette incitation à la consommation est tout aussi un moyen pour les étatsuniens d’illustrer leur résilience face à ce désastre.

Ainsi, les années 1990-2000 se caractérisent par une profonde mutation de l’idéologie américaine, de la doctrine officielle en matière d’engagement militaire dans le monde ainsi que la manière américaine de faire la guerre. Mettant fin à l’ancien système basé sur l’engagement massif des jeunes générations, ces changements constituent un tournant dans lequel les États-Unis s’engagent pleinement à partir de 2001. Cette rupture est celle d’une nouvelle manière de faire la guerre, où les recrues s’apparentent plus à de la main-d’œuvre spécialisée qu’à des soldats. L’histoire du joueur de jeux-vidéo devenu pilote de drone[61] est un bon exemple illustrant cette profonde mutation : au XXIe siècle il suffit d’appuyer sur un bouton qui télécommande un avion à l’autre bout du monde pour mettre fin à la vie d’une dizaine de personnes. La question de l’engagement est donc en corrélation directe avec les mutations évoquées. Au fur et à mesure que les États-Unis sont de plus en plus contestés, le mythe de la suprématie aérienne se développe et les interventions armées se font « en distanciel ». Se brutalisant dans l’optique paradoxale de préserver le plus de vies étatsuniennes, elles ne permettent pas nécessairement une victoire stratégique décisive. Finalement, au tournant du siècle, les raisons de l’engagement dans l’armée ne sont plus les mêmes qu’avant 1975. Pour cause, les temps changent et les jeunes générations avec. Elles cherchent désormais à acquérir du savoir et à tirer profit de cette expérience devenue professionnelle. Cette « nouvelle » armée est désormais motivée, en partie, par les profits économiques et le désir de devenir individu… Nous sommes résolument loin du sacrifice individuel pour un bien commun, stéréotype véhiculé par l’image connue de Captain America. Les États-Unis, ne souhaitant plus reproduire le désastre du Vietnam et flairant la tendance à venir, ne peinent pas à s’adapter aux changements de la demande. Bien au contraire, tant que cette main d’œuvre se spécialise dans de nouvelles armes – mortelles pour les uns et sûres pour les autres – ils continuent et continueront de projeter leur puissance sur le globe.

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[1]Le film Rambo First Blood constitue un des exemples les plus marquants.  

[2]COLEMAN David, « U.S. Military Personnel 1954-2014», History in Pieces [en ligne] https://historyinpieces.com/research/us-military-personnel-1954-2014 (dernière consultation le 11/07/2021)

[3]Outil d’influence et de persuasion diffusé d’une manière non violente, le plus souvent par le biais d’une forte mainmise culturelle.

[4]Concept fallacieux selon lequel internet pourrait connecter toutes les personnes sur terre créant ainsi une unification internationale.

[5]Politique américaine de relations étrangères établie par James Monroe en 1832 visant à prévenir une nouvelle colonisation des États-Unis par les Européens. Elle prône le repli sur soi et la non-intervention dans les conflits européens afin d’éviter une intervention européenne dans les conflits étasuniens. Par la suite, cette Doctrine désigne la non-intervention des États-Unis dans les affaires militaires du monde.

[6]HOBSBAWM Eric, Age of extremes : the short twentieth century, 1914-1991, Londres, M. Joseph, 1994, 627 p., p. 558

[7]Ce type de conflit n’est pas une nouveauté du XXe siècle, il désigne des opérations militaires où une force armée professionnelle doit faire face à un ensemble non-professionnel de combattants utilisant  des tactiques de guérilla.

[8]« Les premiers parmi ses pairs », concept médiéval désignant l’idée que le roi du Royaume de France est égal aux seigneurs mais supérieur car il est appelé par Dieu.

[9]La Société des Nations est une institutions internationales créée en 1919 à la suite du Traité de Versailles. Inspirée des 14 points du président Wilson, elle vise à garantir la libre circulation sur les mers ainsi que d’amorcer une processus de désarmement.

[10]En effet, certains craignent que les rapports de domination systématiques se reproduisent au sein de cette institution d’une manière plus importante que lors de la conscription. D’autres, au contraire, craignent qu’une croissance des engagés afro-américains nuirait à l’institution car ils sont perçus comme « coléreux, dégénérés et mal éduqués ». BAILEY Beth, « The Army in the Marketplace: Recruiting an All-Volunteer Force », dans The Journal of American History, vol. 94, n°1, Oxford, Oxford University Press, 2007, 374 p., pp. 47-74, p. 65, [en ligne] https://www.jstor.org/stable/25094776 (dernière consultation le 24/06/2021)

[11]Nixon en fit également un de ses principaux arguments pour sa réélection arguant que la guerre se faisait de plus en plus violente et qu’il était nécessaire de mettre à jour les moyens de recrutement. 

[12]Ibid., p. 61

[13]De l’aventure, de la stabilité et une évolution personnelle. Ibid., p. 47

[14]« Marine Corps Commercial: “Knight” », Washington, D. C., USMC, 1987, 1 minute, [en ligne]  https://www.youtube.com/watch?v=LyYTK_hYeEo&ab_channel=Marines (dernière consultation le 11/07/2021)

[15]« Marine Corps Commercial: “Chess” », Washington, D. C., USMC, 1990, 1 minute, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=yLKQUoykE1g&ab_channel=Marines (dernière consultation le 11/07/2021)

[16]« Marine Corps Commercial: “Maze” », Washington, D. C., USMC, 1997, 1 minute 2 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=G0iuOhoQXKU&ab_channel=RaeI (dernière consultation le 11/07/2021)

[17]Porté par les soldats allemands lors des deux guerres mondiales.

[18]Célèbre protagoniste des jeux Tomb Raider dont le premier opus est sorti en 1996.

[19]Célèbre franchise de jeux de rôle.

[20]En référence à la devise des Marines « The few. The Proud »

[21]Site regroupant de multiples forums.

[22]« Marine Corps Commercial: “Pride of the Nation” », Washington, D. C., USMC, 2005, 1 minute 1 seconde, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=22b3LZIzEoE&ab_channel=Marines (dernière consultation le 11/07/2021)

[23]« Marine Corps Commercial: “The climb” », Washington, D. C., USMC, 2001, 32 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=XSBnJ7H-CAc&ab_channel=Marines (dernière consultation le 11/07/2021)

[24]« La Navy, ce n’est pas un travail, c’est une aventure ». « US Navy: Port Hong Kong Commercial », New York, Ted Bates & Company Advertising, 1976, 32 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=W5UJ_Kz4D1M&t=29s&ab_channel=InternetLurker (dernière consultation le 11/07/2021)

[25]« U.S. Navy Recruitment Commercial (1986) », New York, Ted Bates & Company Advertising, 1986, 31 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?time_continue=19&v=kq58St_amfI&feature=emb_logo&ab_channel=DarianGlover (dernière consultation le 11/07/2021)

[26]« U.S. Navy 1988 Commercial », New York, BBDO Worldwide, 1988, 30 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=F1rnJbyeQno&t=20s&ab_channel=MYSATURDAYM0RNINGS (dernière consultation le 11/07/2021)

[27]« 1994 U.S. Navy Commercial », New York, BBDO Worldwide, 1990, 19 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?time_continue=10&v=9kJejeBobDw&feature=emb_logo&ab_channel=513official4 (dernière consultation le 11/07/2021)

[28]« Navy College Fund Program », dans My Navy HR, Millington, U. S. Navy, [en ligne] https://www.mynavyhr.navy.mil/Career-Management/Education/GI-Bill/Navy-College-Fund/ (dernière consultation le 11/07/2021)

[29]« US Navy Let the journey begin 1] », New York, BBDO Worldwide, 1996, 1 minute 1 seconde, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=flzXSLT1qYM&t=58s&ab_channel=titan100ify (dernière consultation le 11/07/2021)

[30]HOCKING John E. et SHYLES Leonard, « The Army’s “Be All You Can Be” Campaign », dans Armed Forces & Society, vol. 16, n°3, Chicago, Sage Publications, Inc., 1990, 479 p., pp. 369–383,  p. 374, [en ligne] https://www.jstor.org/stable/45305171 (dernière consultation le 24/06/2021)

[31]« 1982 High school to flight school US Army Commercial », Philadelphie, N. W. Ayer & Son, 1982, 38 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=qayyOwDGr9Q&ab_channel=MemoryMuseum (dernière consultation le 11/07/2021)

[32]« Army’s « Be All You Can Be » Commercial » », Philadelphie, N. W. Ayer & Son, 1980, 30 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=E_OCDJIT344&ab_channel=Royce (dernière consultation le 11/07/2021)

[33]HOCKING John E. et SHYLES Leonard, op. cit., p. 376

[34]C-SPAN, « National Victory Celebration Parade », Washington, D. C., National Cable Satellite Corporation, 1991, 2 heures 4 minutes 34 secondes, [en ligne] https://www.c-span.org/video/?18328-1/national-victory-celebration-parade (dernière consultation le 11/07/2021)

[35]Titre donné aux pères fondateurs des États-Unis.

[36]GRAY Ellen, « NASA, Landsat Top Ten – Kuwait Oil Fires », 23 Juillet Washington, D. C., NASA, 2012 [en ligne] https://www.nasa.gov/mission_pages/landsat/news/40th-top10-kuwait.html (dernière consultation le 11/07/2021)

[37]La même année est révélée que l’affaire des couveuses, qui, en 1990-1991, provoque un émoi international et pousse la coalition à intervenir, est en réalité une campagne médiatique de relations publiques soigneusement orchestrée pour inciter une contre attaque occidentale contre l’Irak.

[38]Connu pour avoir réalisé, entre autres, Aguirre la Colère de Dieu (1972).

[39]Qui deviendra le sujet principal du film Black Hawk Down réalisé par Pietro Scalia (2001).

[40]L’identification de l’intérêt national, la volonté d’obtenir la victoire militaire, un but politique précis et la clarté des objectifs militaires, l’adéquation des buts politiques aux moyens militaires, le soutien de l’opinion et du Congrès, l’épuisement de tous les moyens non militaires.

[41]Psychologue politique qui étudie l’impact de l’opinion publique dans les politiques publiques.

[42]Professeur de politiques publiques à l’université du Maryland, il est associé à la Peterson Institute for International Economics depuis 1985.

[43]MELANDRI Pierre et VAÏSSE Justin, L’empire du milieu : Les États-Unis et le monde depuis la fin de la Guerre froide, Paris, Odile Jacob, 2001, 550 p., p.

[44]Il ne s’agit pas ici de l’idéologie communiste mais selon la définition de Justin Vaïsse, l’internationalisme dit llibéral se comprend ici dans un contexte post guerre froide référant à la politique extérieure américaine. Celle-ci vise à développer la coopération internationale dans l’héritage du wilsonisme en renforçant les liens entre les États-Unis et les institutions internationales. VAÏSSE Justin, « Les États-Unis sans Wilson. L’internationalisme américain après la guerre froide », dans Critique internationale, n°3, Paris, Presses de Sciences Po, 1999, 170 p., pp. 99-120, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/criti_1290-7839_1999_num_3_1_1597#xd_co_f=ZWMzYTI4NzctODE4Ni00ZDk0LWFlOWYtMmVjM2MzMTQ3MzEw~ (dernière consultation le 10/07/2021)

[45]PLAGAKIS Sofia et SALAZAR TORREON Barbara, « Instances of Use of United States Armed Forces Abroad, 1798-2020 », Washington, D. C., Congressional Research Service, 2020, 49 p., [en ligne] https://fas.org/sgp/crs/natsec/R42738.pdf (dernière consultation le 10/07/2021)

[46]Congressional Research Service

[47]PLAGAKIS Sofia, bibliothécaire de recherche et SALAZAR TORREON Barbara, bibliothécaire de recherche sénior.

[48]Exemple stipulant une intervention tirée de notre document : « Iraq. On January 18, 1991, President Bush reported that he had directed U.S. Armed Forces to commence combat operations on January 16 against Iraqi forces and military targets in Iraq and Kuwait, in conjunction with a coalition of allies and U.N. Security Council resolutions. On January 12 Congress had passed the Authorization for Use of Military Force against Iraq Resolution (P.L. 102-1). Combat operations were suspended on February 28, 1991.» Ibid., p 13.

[49]Et ce malgré les imprécisions de ces bombardements.

[50]VAÏSSE Justin, « Les États-Unis sans Wilson. L’internationalisme américain après la guerre froide », dans Critique internationale, n°3, Paris, Presses de Sciences Po, 1999, 170 p., pp. 99-120, p. 109, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/criti_1290-7839_1999_num_3_1_1597#xd_co_f=ZWMzYTI4NzctODE4Ni00ZDk0LWFlOWYtMmVjM2MzMTQ3MzEw~ (dernière consultation le 10/07/2021)

[51]Unmanned Aerial Vehicle.

[52]Exemple tiré du document stipulant l’utilisation de la WPR : « Bosnia. On July 19, 1999, President Clinton reported to Congress, “consistent with the War Powers Resolution,” that about 6,200 U.S. military personnel were continuing to participate in the NATO-led Stabilization Force (SFOR) in Bosnia, and that another 2,200 personnel were supporting SFOR operations from Hungary, Croatia, and Italy. He also noted that U.S. military personnel remain in the Former Yugoslav Republic of Macedonia to support the international security presence in Kosovo (KFOR). » PLAGAKIS Sofia et SALAZAR TORREON Barbara, op. cit., p. 18

[53]MELANDRI Pierre et VAÏSSE Justin, op. cit., p.

[54]Un Etat qui ne respecte pas les lois internationales les plus essentielles, organise ou soutient des attentats, ou viole de manière systématique les droits les plus élémentaires de l’être humain.

[55]Célèbre phrase « Either you’re with us, or you’re with the terrorists » prononcée par Bush le 20 Septembre 2001 lors d’une conférence à la maison Blanche. AP Archive, « Presidential address to Congress on terrorism plus reax », New York, The Associated Press, 2001, 6 minutes 8 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=zB145D3XJzE&ab_channel=APArchive (dernière consultation le 11/07/2021)

[56]LINDEMANN Thomas, « Les guerres américaines dans l’après-guerre froide. Entre intérêt national et affirmation identitaire », dans Raisons politiques, vol. 1, n°13, Paris, Presses de Sciences Po, 2004, 192 p., pp. 37-57, p. 41, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2004-1-page-37.htm (dernière consultation le 10/07/2021)

[57]COLEMAN David, op. cit., [en ligne] https://historyinpieces.com/research/us-military-personnel-1954-2014 (dernière consultation le 11/07/2021)

[58]Macrotrends, « U.S. Military Spending/Defense Budget 1960-2021 », Seattle, Macrotrends LLC, 2021 [en ligne] https://www.macrotrends.net/countries/USA/united-states/military-spending-defense-budget (dernière consultation le 11/07/2021)

[59]Il atteint 330 milliards de dollars en 2001, connaissant par la suite une croissance de 400 milliards de dollars atteignant les 752 milliards en 2011.

[60]FEAVER Peter, « Now I remember why President Bush urged people to go about their daily lives », dans Foreign Policy, Washington, D. C., Graham Holdings Company,17 Avril 2013 [en ligne] https://foreignpolicy.com/2013/04/17/now-i-remember-why-president-bush-urged-people-to-go-about-their-daily-lives/ (dernière consultation le 11/07/2021)

[61]VICE, « The Gamer Who Flew “Killer Drones” for the US Army | Super Users », Brooklyn, Vice Media LLC, 2020, 6 minutes 36 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=JyaRfhBBYTI&ab_channel=VICE (dernière consultation le 11/07/2021)

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