Le traumatisme de la grippe espagnole (1918-1919)

Il est devenu quasiment impossible, aujourd’hui, d’évoquer une épidémie dans l’histoire sans penser aux temps que nous vivons nous-mêmes. En pleine pandémie de Covid-19, la comparaison avec d’autres maladies qui ont déjà meurtri la population mondiale paraît évidente. Nous ne sommes pas, en cela, les premiers à vivre dans un monde effrayé par une épidémie mondiale. Et nous ne serons vraisemblablement pas les derniers. D’ailleurs, parler d’effroi relèverait, dans certains cas, de l’euphémisme. De nos jours, le monde a vécu dans la peur lors des premiers mois de l’épidémie que nous avons traversé – peur qui s’est rapidement atténuée avec l’arrivée des vaccins[1]. Mais qu’en était-il à une époque où il n’était pas aussi aisé de trouver un remède ? S’il est tentant de croire que l’histoire se répète, ce n’est jamais vraiment le cas. Chaque événement qui vient troubler la routine publique est aussi unique que l’époque dans laquelle il survient.

Au début du XXe siècle, alors que le monde s’apprête à entrer dans un conflit sanglant, un autre événement vient troubler les mentalités des populations. Déjà apeurées par l’idée même qu’elles se faisaient de la guerre, ces dernières se sont très rapidement retrouvées face à un autre danger : celui de la maladie. En effet, au cours de la Première Guerre mondiale (1914-1918), une violente grippe a pris d’assaut les populations européennes, infligeant alors de lourdes pertes pendant et au-delà du conflit. D’abord considérée comme une banale grippe, ou « influenza[2] », elle fut rapidement rebaptisée du nom du premier pays à avoir admis son existence publiquement : l’Espagne. En outre, les rumeurs de l’époque faisaient état d’une origine espagnole de la contamination[3]. En tout cas, en France, ce sont bien les termes de « grippe espagnole » qui sont entrés dans le langage courant dès son apparition.

Inscrit dans une thématique plus large dont les traumatismes de guerre sont l’un des points d’ancrage de ce dossier, cet article ne s’arrêtera pas à une histoire de la grippe espagnole. Ses victimes et son implantation mondiale – d’où le terme de pandémie – ne seront évidemment pas omises. Toutefois, cette étude sera principalement tournée vers les conséquences psychologiques de la grippe espagnole. L’appréhension des populations envers elle, son impact sur le moral des troupes comme des civils, les moyens de la traiter et, si elle existe, sa médecine prophylactique[4]… Tous ces points seront évoqués, parmi d’autres, dans le cadre de l’analyse du traumatisme de la maladie, ou de la manière dont la peur a frappé les populations en plein conflit mondial. Pour cela, on se référera à des rapports scientifiques, médicaux et historiques, notamment de l’artillerie française, faisant état de l’impact de la grippe espagnole sur les troupes, par exemple.

Photographie du Camp Funston à Fort Riley, Kansas, pendant l’épidémie de grippe espagnole. 1918. Armed Forces Institute of Pathology/National Museum of Health and Medicine, 1918, Wikimedia Commons, File:Camp Funston, at Fort Riley, Kansas, during the 1918 Spanish flu pandemic.jpg - Wikimedia Commons
Photographie du Camp Funston à Fort Riley, Kansas, pendant l’épidémie de grippe espagnole. 1918. Armed Forces Institute of Pathology/National Museum of Health and Medicine, 1918, Wikimedia Commons, File:Camp Funston, at Fort Riley, Kansas, during the 1918 Spanish flu pandemic.jpg – Wikimedia Commons

Tout d’abord, il est nécessaire de définir le cadre de cette étude. Il s’agira de se concentrer sur la grippe espagnole en Europe – importée des Etats-Unis – et ses effets postérieurs. S’il est impossible d’avancer une date précise à laquelle les premiers cas de cette maladie furent recensés en tant que tels sur le Vieux continent, on peut toutefois constater une date d’apparition sur le continent américain. En effet, un certain Albert Gitchell[5], fermier américain appelé sous les drapeaux, s’est fait contaminer par l’un de ses oiseaux, alors lui-même malade à cause d’un volatile sauvage. Assigné à la cuisine du camp militaire dans lequel il se trouve, Gitchell propage très rapidement le virus de la grippe. C’était le 4 mars 1918, au Kansas.

En seulement trois semaines, 1100 personnes auraient été contaminées, pour un total de 40 morts. Le nombre de cas devient toutefois exponentiel. Si le taux de létalité ne s’élève qu’à 1 %, la contagiosité du virus permet sa propagation extrêmement rapide. Son arrivée en Europe se fait seulement quelques semaines après l’apparition du patient zéro. En effet, dès le début du mois d’avril, les premiers cas sont recensés en France. Au total, trois vagues de grippe espagnole ont frappé le continent européen[6]. Gardons à l’esprit l’atmosphère générale de violence qui accablait déjà les mentalités des populations. En effet, les premiers cas recensés en France, par exemple, proviennent des tranchées de Villers-sur-Coudun, entre le 10 et 20 avril 1918[7].

Pour terminer, si ce travail débute avec la date du 4 mars 1918, évoquée ci-dessus, il se conclura à l’été 1919. C’est ainsi, en ces jours d’après-guerre, que la grippe espagnole a perdu son statut de pandémie, après avoir contaminé, selon toute vraisemblance, la moitié de la population mondiale. Nous nous intéresserons à la France dans l’essentiel, mais des développements seront faits vers d’autres pays lorsque ce sera nécessaire.

Dès lors, on peut se demander quel a été l’impact psychologique de la grippe espagnole en temps de guerre et comment le traumatisme de la maladie a-t-il été vécu par les populations, tant civiles que militaires.

Pour répondre à ces interrogations, nous reviendrons tout d’abord sur la gestion de l’épidémie dans le domaine public. Quelles ont été les mesures prophylactiques prises par le gouvernement français ? À-t-il délégué la charge de la gestion de l’épidémie à cause de l’effort de guerre ? Quels conseils ont été donnés aux populations françaises pour éviter d’entrer en contact avec la grippe espagnole ? Dans un second temps, nous traiterons de l’impact de la grippe espagnole sur le front de la guerre, et, notamment, la manière dont elle a balayé un nombre considérable de soldats déjà affaiblis par les combats et les conditions sanitaires précaires. Enfin, nous étudierons les conséquences psychologiques et psychiatriques de la grippe espagnole.

La gestion de l’épidémie dans le domaine public

Avant d’évoquer les moyens de prévention, rappelons dans quel contexte le gouvernement a dû contrôler le virus. Occupé à l’effort de guerre, le corps médical de moins de 50 ans[8] a suivi l’armée pour servir le pays. Les seuls médecins civils restés en dehors du front, à l’intérieur du pays, sont trop peu nombreux pour être suffisamment efficaces dans la lutte contre l’épidémie. En outre, le fait que les pays d’Europe occidentale aient été les plus rapidement touchés – de manière générale – a été vécu comme un préjudice. Ne pas connaître d’autres exemples contemporains dans la gestion de l’épidémie et les moyens de la combattre a créé une vague d’angoisse à l’égard de ceux qui avaient à prendre des décisions.

Au moment de l’arrivée de la grippe espagnole en France, il a fallu que le gouvernement se rende compte des difficultés que les populations allaient traverser si elles ne suivaient pas un certain nombre de règles. Pour cela, il a mis en place plusieurs mesures prophylactiques – appelées aussi « préventives ». Mais avant d’aiguiller ce travail vers les mesures prises, tâchons d’abord d’expliquer quels étaient les symptômes. Les médecins du début du XXe siècle avaient une connaissance suffisante de l’influenza. Le virus est arrivé en France par le biais d’une importation venue de bateaux américains amarrés sur les côtes atlantiques. La maladie avait vite été identifiée en tant que grippe, la faute aux symptômes dont souffraient les malades. La citation de Louis Boillon, ci-dessous, reprend les termes trouvés dans une monographie imprimée dont la date de parution oscillerait vraisemblablement entre 1918 et 1919.

« Lorsqu’il s’agit de dyspnée[9] vraie, la cyanose est presque constante. Elle peut être légère, n’intéressant que les lèvres, cédant après quelques jours, surtout sous l’influence d’émissions sanguines locales ou générales. Parfois, elle est intense, le visage tout entier est cyanosé, les ongles sont violacés, il s’agit alors de formes asphyxiques et souvent la cyanose, apparue assez brusquement en même temps que l’expectoration diminuait ou se supprimait, nous a permis de porter un pronostic fatal à brève échéance et cela malgré l’amélioration apparente accusée par le malade lui-même.

Tels sont les signes des manifestations pulmonaires de la grippe. »[10]

La grippe était envahissante. Elle s’accrochait aux poumons et provoquait une gêne respiratoire qui pouvait très largement affaiblir les malades, sinon les tuer. La grippe espagnole, à l’instar de la grippe déjà connue auparavant, peut se manifester différemment. Toutefois, les premiers symptômes sont exactement les mêmes que pour une grippe « simple » : « courbature générale avec fièvre, et, pendant les deux premiers jours, il est vraiment difficile, même impossible de prévoir des complications pulmonaires »[11].

Ce qui n’est pas mis en exergue dans les symptômes mais qu’il est éminemment important de rappeler, c’est l’extrême contagiosité de la grippe espagnole. Selon certains chiffres actualisés récemment, la grippe espagnole toucherait presque deux personnes par personne infectée[12]. En trois phases d’infection, le total de contaminés pourrait donc se porter à sept. Cette force de propagation vive est une des raisons pour lesquelles il a été difficile, à l’origine, de percevoir une grippe à travers ces symptômes.

Face à la mort, aucun civil ne peut rester indifférent. Celle-ci est environnante. Elle sévit sans que l’on sache vraiment où ni quand. La peur est un sentiment lié au danger, que l’on ressent pour l’unique raison que l’on connaît l’existence de la mort[13]. La grippe espagnole constitue le danger de trop dans une société et un environnement qui manquent déjà de tranquillité.

L’histoire des émotions n’est pas une évidence[14]. Si l’on peut se douter que l’inquiétude était un sentiment ressenti par la population, tant sur le front que chez les civils, il faut néanmoins le prouver. Ou, du moins, apporter des preuves que la peur existait. La peur en tant qu’entité émotive est un sentiment naturel. Elle pouvait surgir pour différentes raisons au début du XXe siècle. On sait qu’environ cent ans en arrière, les populations européennes ont eu à découvrir une vie sous la menace de la mort. En effet, l’épidémie de choléra de 1832 à Paris, qui se poursuivit jusqu’en 1834 dans le sud de la France, avait été un véritable bouleversement pour les populations[15]. Gérer une épidémie dans le domaine civil, ce n’est pas plus trouver un moyen pour soigner la maladie qu’un moyen de la prévenir. Avant de s’attarder sur les différents traitements qui ont été utilisés pour tenter de soigner – ou au moins d’atténuer la douleur – les malades de la grippe espagnole, nous allons nous pencher sur les mesures prophylactiques qui existaient.

Pour se prévenir d’attraper la grippe espagnole, un certain nombre de mesures préventives ont été prises. L’objectif était de ralentir la diffusion du virus, qui avait un taux de contagiosité extrêmement élevé. Toutes les décisions prises n’ont pas forcément aidé les populations à ralentir la transmission de la grippe. Toutefois, à l’aube de l’augmentation massive du nombre de cas, les dirigeants ont pu bénéficier du soutien des différentes académies médicales et scientifiques. Par exemple, la frontière franco-suisse était un point particulièrement dangereux. Le nombre de malades en Suisse augmentait drastiquement. Dès lors, les deux pays se sont empressés de proposer des « mesures défensives »[16]. Pour clarifier, le choix des mesures préventives était délégué aux préfectures et aux municipalités[17]. À Paris – et plus largement dans tout le département de la Seine -, par exemple, la grippe espagnole a donné lieu à trois vagues de décès entre 1918 et 1919.

Tableau de la grippe espagnole et des armistices. AttiJO, 2020, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Grippe_espagnole_et_armistices_-_PNG.png
Tableau de la grippe espagnole et des armistices. AttiJO, 2020, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Grippe_espagnole_et_armistices_-_PNG.png

La première vague de la grippe espagnole a eu lieu entre mai et juin de l’année 1918. Puis, de fin septembre à début novembre 1918, le nombre de décès a drastiquement augmenté, allant parfois jusqu’à 2 500 morts par semaine. Cette croissance considérable constitue la deuxième vague. La troisième vague, moins intense que la deuxième, s’est déroulée entre février et mars 1919 et représentait parfois près de 1 800 morts par semaine. Outre ces trois vagues, le nombre total de morts par semaine grimpait généralement à plus de 1 000, entre début septembre et fin avril (selon les chiffres du graphique affiché ci-dessus). La mort était constamment présente à cette période. Elle était l’épée de Damoclès qui planait au-dessus de la tête des civils. Comment espérer ne pas mourir quand on attrapait la grippe espagnole ? Comment ne pas prendre peur à l’apparition des premiers symptômes qui laissent croire que le virus est peut-être déjà là ? Le traumatisme, lui, était bien là. En plein contexte de guerre, la limite entre l’état psychologique normal et l’humeur angoissée était ténue. En outre, la deuxième vague se produisit juste avant la signature de l’armistice le 11 novembre 1918 qui mit fin à la Première Guerre mondiale, moment où les populations pensaient enfin pouvoir se reposer grâce au retour du front des militaires. Sans succès, car il restait encore un ennemi coriace à combattre. La grippe espagnole, on l’a dit, présentait des premiers symptômes extrêmement proches de la grippe simple et d’autres maladies pulmonaires. Par conséquent, à titre préventif, pour les personnes « présentant une fièvre élevée, une toux sèche et fréquente, quelques signes pulmonaires, et surtout un début de cyanose », il fallait « pratiquer immédiatement à titre préventif une saignée abondante »[18]. Pour cela, on prélevait du sang aux malades afin d’améliorer son état.

En France, les mesures prophylactiques ne furent pas appliquées avec toute la vigilance nécessaire. Mais était-ce volontaire ? Le contexte lié à la guerre a freiné le gouvernement dans sa lutte contre la grippe espagnole. Ou plutôt, le gouvernement français ne souhaitait pas affaiblir encore plus son économie à cause des mesures de prévention. De fait, il a délégué son autorité aux préfectures et aux municipalités. Dans un premier temps, les autorités suggéraient de fermer les frontières avec la Suisse. En effet, la région franco-suisse « paraissait plus que toute autre exposée à la contamination »[19]. Toutefois, cette idée ne fut pas mise en œuvre par celles à l’origine de celle-ci. Selon elles, il était insensé de penser que le virus ne circulait pas déjà suffisamment pour croire en l’efficacité d’une telle mesure. Si la première vague de cas n’a pas été endiguée au printemps 1918, le gouvernement a tout de même tenté de prendre les devants avant l’arrivée de la deuxième vague à l’automne de la même année.

Photographie d’hommes portant un masque durant l'épidémie de grippe espagnole à Alberta (Canada). Auteur inconnu, 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sp-flu-alberta-field.jpg
Photographie d’hommes portant un masque durant l’épidémie de grippe espagnole à Alberta (Canada). Auteur inconnu, 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sp-flu-alberta-field.jpg

En effet, une circulaire fut délivrée à tous les préfets de France, leur ordonnant d’appeler les médecins locaux à prendre des mesures préventives pour tenter de contenir la diffusion de la grippe espagnole. Enfin, le pouvoir eut peur. En septembre, la guerre n’était pas encore finie, mais le gouvernement prit finalement des décisions concernant la circulation du virus. Les préfectures s’empressèrent donc de demander un isolement des malades – mesure la plus difficile à imposer selon toute vraisemblance[20]. Peut-être que, pour les contaminés de la grippe espagnole, vivre un isolement de force a pesé sur un moral déjà fragilisé par la guerre.

Les mesures demandées aux préfectures par le gouvernement ne s’arrêtèrent toutefois pas là. Premièrement, on décida de la désinfection des lieux publics et leur fermeture en cas de nécessité. Il s’agissait, à l’instar de ce que nous vivons de nos jours, de limiter les regroupements pour endiguer la circulation du virus. Dans un second temps, il fut demandé aux préfectures de limiter les déplacements et les différentes activités. Concernant le port du masque, la question n’a pas été posée : seuls les médecins le portaient.

Toutefois, les préfectures et les municipalités firent face à un mur : le manque de personnel, et plus largement le manque de moyens. Le corps médical s’est accordé a posteriori pour dire que la grippe espagnole a largement pris de court les différentes autorités. Si certaines mesures ont été prises avec succès, d’autres n’ont pas été suffisamment respectées – comme l’isolement forcé. Ces failles étaient suffisamment grandes pour permettre à la grippe espagnole de se diffuser. Et si le traumatisme de l’épidémie était en fait lié au manque de prévention ? En outre, ne pas avoir de réels traitements est un motif d’inquiétude. S’il valait mieux prévenir que guérir, les populations se seraient probablement bien gardées de connaître la raison pour laquelle elles étaient malades plutôt que des moyens de ne plus l’être.

Concernant les traitements de la grippe espagnole, il était fondamental pour les populations d’être rassurées vis-à-vis de l’existence de remèdes. Un certain docteur Gillard écrivait par exemple, en février 1919, que les gens n’avaient que faire de savoir l’origine des maladies. « Ce qu’attendait l’univers entier, ce n’était pas de connaître le nom ou les caractéristiques du microbe qui le décimait, mais bien de savoir par quel traitement l’on pouvait guérir de la grippe espagnole »[21]. Le docteur Gillard, qui a co-réalisé un rapport sur la grippe espagnole en octobre 1918, a expliqué avoir utilisé différents traitements pour tenter de soigner les malades. Il dit avoir eu recours aux « serums antidypthériques, antistreptococciques pour lutter contre cette maladie » avant la date du 25 octobre, puis est passé au « sérum de Yersin ou antipestueux »[22]. Devant l’effet immédiat du sérum antipestueux, Gillard s’est empressé de réaliser des vaccinations fondées sur celui-ci. Résultat, sur 500 vaccinés « vivant au milieu de grippés, pas un seul ne présenta les symptômes de la grippe espagnole ». Le vaccin était donc un rempart efficace à la maladie, mais aussi à la peur. Vivre dans un milieu rempli de gens en proie à la grippe en croyant ne rien risquer, c’était l’assurance d’une conscience tranquille.

Photographie de poumons autopsiés après une pleurésie induite par une grippe, durant la Première Guerre mondiale. Archives médicales du National Museum of Health and Medicine, entre 1914 et 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:3300170804_207148ab0b_oPleur%C3%A9sieGrippeEspagnole.jpg
Photographie de poumons autopsiés après une pleurésie induite par une grippe, durant la Première Guerre mondiale. Archives médicales du National Museum of Health and Medicine, entre 1914 et 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:3300170804_207148ab0b_oPleur%C3%A9sieGrippeEspagnole.jpg

Pour conclure sur la gestion de l’épidémie dans la société civile et l’impact psychologique de celle-ci sur les populations, il n’est évidemment pas chose aisée de décrire avec certitude l’état d’esprit des contemporains à la maladie. Toutefois, les mesures prises dans la hâte par le gouvernement français à l’arrivée de la deuxième vague sont une marque de panique. En outre, l’indélicatesse de certaines mesures, comme l’isolement, a ajouté à la charge morale des populations, déjà affaiblies par le contexte de la guerre, un poids supplémentaire sur leurs épaules, et sur leur conscience. Cependant, tout n’était pas imparfait pour tout le monde. La vaccination et les différents traitements proposés par certains docteurs ont permis de réduire drastiquement le nombre de morts. Mais était-ce suffisant ? Le traumatisme de la grippe espagnole était, en effet, couplé à celui de la guerre, ce que l’étude des tranchées et du front donne à comprendre.

L’impact de la grippe espagnole sur le front de la guerre

On l’a dit, parler de traumatisme en faisant une histoire des émotions est une tâche compliquée. Rares sont les récits contemporains de civils qui se seraient exprimés sur la situation. Toutefois, nous pouvons nous douter que l’héritage laissé par les épidémies du siècle précédent a marqué les esprits. Par ailleurs, le front de la guerre est, par exemple, un lieu où l’on écrit beaucoup. Les tranchées ont été des lieux particulièrement dangereux, tant à cause de leur proximité avec les combats que pour les conditions de vie déplorables qu’elles offraient. L’évidence, ici, est liée à la grande pluralité des sources écrites par les différents régiments au cours de la guerre. Le traumatisme de la grippe espagnole est sans aucun doute étroitement lié à celui du contexte militaire.

Le virus de la grippe espagnole serait arrivé en France dans le cœur des tranchées de Villers-sur-Coudun, dans l’actuel département de l’Oise, à une centaine de kilomètres de la capitale parisienne[23]. Cette maladie a d’abord été perçue comme une simple grippe par les soldats. À l’origine, un premier traitement avait été administré aux hommes qui partaient sur le front : le vaccin antivariolique. Toutefois, très rapidement, « un mal étrange, aux mystérieux symptômes, se répandait sournoisement, bénin tout d’abord, puis prenait peu à peu des proportions d’épidémie ; des légendes naissaient : grippe espagnole disaient les uns ; peste, choléra, chuchotaient d’autres »[24].

Photographie d’un régiment français devant faire face aux bombardements ennemis malgré la fatigue liée à la grippe espagnole. Antoine Nicolas Vasse, 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Entre_Verdun_et_la_2%C3%A9me_bataille_de_la_Marne_-_le_PC_Marainviller_(secteur_de_Lun%C3%A9ville)_-_(photo_VestPocket_Kodak_Marius_Vasse_1891-1987)_(3992069063).jpg
Photographie d’un régiment français devant faire face aux bombardements ennemis malgré la fatigue liée à la grippe espagnole. Antoine Nicolas Vasse, 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Entre_Verdun_et_la_2%C3%A9me_bataille_de_la_Marne_-_le_PC_Marainviller_(secteur_de_Lun%C3%A9ville)_-_(photo_VestPocket_Kodak_Marius_Vasse_1891-1987)_(3992069063).jpg

L’épidémie de grippe espagnole était un mal supplémentaire pour ceux qui se trouvaient sur le front. Dans les tranchées ou dans les hôpitaux provisoires, chacun craignait de se faire contaminer. La grippe espagnole était placée au même niveau de violence que les coups de feu, les explosions et la fatigue. « En fin de compte, le feu, la fatigue, la maladie, qui apparaît sous le nom de « grippe espagnole », réduisent de plus en plus les effectifs du groupe »[25]. La fatigue était prenante. Elle l’était à cause des combats, de toute évidence, mais aussi à cause de l’épidémie. « Le régiment est maintenu au repos par suite de l’épidémie de grippe espagnole, qui à ce moment sévit sur les troupes »[26]. Le traumatisme de la guerre se mélange avec celui de la maladie. La tranquillité n’existe plus dans des moments où elle était déjà à peine perceptible avant même que la grippe espagnole ne se propage dans les casernements et les tranchées. Selon certaines données statistiques, la grippe espagnole aurait tué pas moins de 20 000 personnes liées à l’armée[27]. Entre 1914 et 1918, les conditions de vie dans les tranchées ont évolué. Elles se sont améliorées et ont permis de rendre meilleur, légèrement, l’environnement des soldats. Toutefois, ces conditions restaient suffisamment délétères pour qu’un virus aussi contagieux que celui de la grippe espagnole se propage à grande vitesse. « L’eau souillée, la saleté, la vermine (rats, puces, mouches), les cadavres sommairement enterrés ou déterrés par les bombardements »[28] étaient des raisons caractéristiques de la diffusion de la maladie. En outre, l’entassement des soldats dans des espaces restreints et confinés favorise fortement la contagion. « On parle beaucoup plus de la grippe, et des ravages qu’elle exerce, que de la guerre et de la paix »[29] ont avoué les Renseignements généraux dans une note livrée au Palais de Justice de Paris.

Photographie d’une cérémonie d’enterrement de membres de l’armée américaine victimes de la grippe espagnole au cimetière de Kerfautras à Brest
Photographie d’une cérémonie d’enterrement de membres de l’armée américaine victimes de la grippe espagnole au cimetière de Kerfautras à Brest. Auteur inconnu, environ 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Grippe_espagnole_Kerfautras.jpg

Le témoignage d’un paysan français envoyé sur le front, Éphraïm Grenadou[30], illustre la manière dont la grippe espagnole a été vécue par les soldats. Alors que le virus circulait et sévissait très fortement, le paysan explique avoir été placé en quarantaine et isolé du reste du groupe avec d’autres personnes suspectées d’être contaminées. Il raconte également que la grippe espagnole pouvait tuer n’importe qui, du plus grand gaillard au plus petit des hommes. En outre, Grenadou ne s’arrête pas à une simple description de ce qui était fait. Il évoque le « trac » qu’il ressentait à l’idée de pouvoir « attraper » la grippe espagnole[31]. Il mentionne également un camarade et ami qui, lui aussi, vivait avec l’angoisse de se retrouver parmi les autres malades. Il assure toutefois ne pas l’avoir contractée. Le soulagement perçu dans ses propos montre bien que l’épidémie effrayait.

À la signature de l’armistice, les soldats ont dû vivre une autre forme de soulagement : celle de la fin de la guerre. Quatre longues années après le début du conflit, les soldats encore en vie pouvaient rentrer chez eux pour de bon. Mais la joie de rentrer fut de courte durée. Pendant encore plusieurs mois, les mesures préventives pour empêcher la grippe espagnole de circuler persistaient. Les soldats qui rentraient du front étaient, par exemple, priés d’éviter les regroupements familiaux, les embrassades avec leurs proches… Un poids supplémentaire dont la date de fin était, comme pour la guerre, imprévisible. S’il est déjà difficile de comprendre exactement ce que vivaient les soldats sur le champ de bataille, il l’est encore plus de tenter de savoir à quoi ils pensaient lorsqu’ils sont rentrés chez eux.

Les conséquences psychologiques et psychiatriques de la grippe espagnole

Désormais, nous allons nous intéresser aux conséquences psychologiques et psychiatriques de la grippe espagnole. S’il est difficile de les établir factuellement, il existe néanmoins quelques traces de difficultés survenues à la fin et après sa propagation massive.

Les conséquences psychologiques de la grippe espagnole au moment de son extrême violence pouvaient se traduire par la peur de son voisin, la peur de la contagion. En Norvège, par exemple, la peur de la mort était une réalité importante[32]. Attraper la grippe espagnole était un état tellement inquiétant que la peur de la maladie devint la peur des autres. Mais au-delà toutes les oppressions psychologiques qu’ont vécu les contemporains de la grippe espagnole, il est intéressant de se pencher sur l’après. Quelles ont été les conséquences psychiatriques sur les populations touchées par la grippe espagnole ? Leur santé mentale a-t-elle été préservée ? La grippe espagnole a eu un impact physique réel au moment de son expansion. Les victimes sont comptabilisées et constatées par les médecins, hôpitaux et tous les établissements liés à la réception des patients atteints de la grippe. Mais qu’en est-il des conséquences psychologiques et psychiatriques ?

Selon le psychiatre Paul Lespérance, la grippe espagnole, à l’instar de la COVID-19, aurait eu des conséquences sur le cerveau des malades. En effet, « un survivant sur 25 a développé une “encéphalite léthargique[33]” ». Ceux dont le cerveau avait fini par être endommagé « s’endormaient partout, comme des narcoleptiques ». D’autres montraient parfois « des troubles du mouvement ou des symptômes de Parkinson »[34]. Peut-être pourrions-nous expliquer le développement d’un certain nombre de problèmes mentaux par la proéminence de la peur chez certains ? Comme si l’effroi était le déclencheur d’effets invisibles de la grippe espagnole.

Tout comme la COVID-19, de nos jours, la grippe espagnole provoque des difficultés respiratoires. Ce manque d’oxygène qui est propre aux deux virus pourrait être l’une des causes du « délirium »[35] remarqué chez certains patients touchés par le coronavirus. Par définition, la peur pourrait être un catalyseur naturel de la folie. L’émotion qui, une fois qu’elle a dépassé une certaine force et redondance, peut faire basculer le commun des mortels dans un état paranoïaque. Pour Jean Delumeau[36], la peur est « partout et toujours présente parce que la nature n’obéit pas à des lois, que tout y est animé, susceptible de volitions inattendues et surtout d’inquiétantes manipulations de la part de celles et de ceux qui ont partie liée avec les êtres mystérieux qui dominent l’espace sublunaire et sont dès lors capables de provoquer folie, maladies et tempêtes »[37].

Cette folie dépeinte par Jean Delumeau pouvait prendre différentes formes, dans le cadre de la grippe espagnole. Dans un traité de psychologie publié en 1923-1924, des spécialistes ont remarqué et noté que le virus de la grippe pouvait provoquer des perturbations cérébrales dérangeantes. En effet, le docteur Séglas, psychiatre ayant exercé et enseigné à Paris, a remarqué chez certains de ses patients en convalescence de la grippe une hyperendophasie. Pendant que les anciens malades de la grippe guérissaient, il arrivait que certains aient une lecture difficile, entendent des voix fortes et hallucinent des images en fonction des mots lus[38].

Karl Menninger, un psychiatre américain du Boston Psychopathic Hospital, avait remarqué, lui aussi, que la grippe espagnole avait trop longtemps été réduite à ses simples symptômes évocateurs et apparents. Plus de la moitié de ses patients montraient des troubles mentaux et de la psychose tandis que près d’un tiers de ces derniers avaient des hallucinations[39]. Toutefois, cet état de folie décelé chez certains patients n’était qu’éphémère. En effet, Menning a constaté que les hallucinations, et plus largement les troubles mentaux liés à la grippe espagnole, disparaissaient rapidement après leur détection.

En outre, des recherches ont été menées sur l’état des bébés nés de mères ayant été exposées au virus de la grippe espagnole[40]. Leurs résultats montrent que ces nouveaux-nés avaient plus de chance de développer des symptômes de schizophrénie lors de leur croissance jusqu’à l’âge adulte. Il reste cependant difficile de comprendre exactement ce qui lie le virus aux troubles schizophréniques. En tout cas, le fait que le virus de la grippe provoque chez certains patients des troubles mentaux est un fait qui n’est plus remis en cause aujourd’hui.

Dans la mesure où la grippe espagnole pouvait provoquer des traumatismes certains au cours de sa temporalité, nul doute qu’elle ait pu également en toucher d’autres de manières bien plus fortes en ce qui concerne la santé mentale des populations. De plus, les conséquences psychologiques peuvent être invisibles et non-quantifiables. Nous pouvons évoquer la peur de choisir, par exemple. À l’instar de ce que nous avons vécu et vivons toujours au cours de cette épidémie de COVID-19, les populations pouvaient être amenées à prendre des décisions différentes à cause du contexte. Est-il judicieux de faire un enfant en temps d’épidémie ? De s’armer de projets alors que l’avenir est incertain ? La grippe espagnole a provoqué cette peur de choisir. C’est un traumatisme difficile à étudier mais qui peut être pris en compte.

Dans les difficultés de compréhension des conséquences psychologiques, nous pouvons également retrouver le fait qu’elles aient pu se confondre avec celles de la guerre. Alors que celle-ci se terminait tout juste lorsque la grippe espagnole a lourdement frappé la France, son traumatisme était récent et se mélangeait à celui des soldats revenus du front, celui des civils angoissés. En outre, de nombreux soldats, au retour du front à partir de la fin de l’année 1918, se sont retrouvés internés dans des hôpitaux psychiatriques. En effet, les asiles se doutaient qu’ils allaient avoir à traiter un nombre important de patients au cours du conflit, mais ont vite été pris de court lorsqu’ils ont vu l’afflux massif de nouveaux malades[41]. Traumatisés de la vie sur le front, l’entrée n’était que très rarement refusée aux soldats. Ce choc émotionnel provoqué par la guerre a pu donc se confondre avec celui de la grippe espagnole. Ou du moins, nous pouvons émettre l’hypothèse que le cumul des deux événements a catalysé l’apparition de problèmes mentaux chez les patients atteints de la grippe comme chez les soldats non-touchés.

Article de journal représentant des femmes de la société portant des masques « à grippe »
Article de journal représentant des femmes de la société portant des masques « à grippe ». International Film Services, 1918, Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Society_Women_wearing_Flu_Masks_SF_Examiner_24_Oct_1918.jpg

Conclusion

L’existence des différents traumatismes de la grippe espagnole n’a pas caché les moyens de les combattre. Travailler sur les émotions, c’est étudier les réactions instantanées des populations à un moment de détresse inhabituelle. L’aléa de la contagiosité se mêlait à celui de la guerre. On ne savait pas plus quand les combats s’arrêteraient que le nombre de personnes que la grippe allait contaminer. Et dans un contexte de guerre comme celui-ci, il fallait à tout prix préserver la santé psychique des populations.

Dans un premier temps, celle des civils. Il s’agissait pour le gouvernement de prendre les bonnes décisions, acceptées à la fois par les préfectures et par les municipalités, et par les populations qui devaient comprendre l’importance des mesures prophylactiques. Certaines étaient difficiles voire impossibles à prendre : porter le masque, s’isoler, accepter de ne plus sortir et ne plus faire certaines activités. D’autres, qui vivaient avec la maladie, n’avaient pas le choix et étaient encadrés dans des hôpitaux pour tenter de canaliser la propagation du virus. Malgré toutes ces mesures, la grippe espagnole s’est tout de même très largement répandue en France, y faisant environ 400 000 morts au total[42].

En outre, la prophylaxie n’a pas empêché le virus d’arriver dans les tranchées. Pour rappel, c’est sur le front que la présence du virus aurait été détectée pour la première fois, en mars 1918. La grippe espagnole est devenue un ennemi invisible, qu’on ne peut pas combattre par les armes ni par la force. Il était impossible de lui faire face en la regardant, contrairement à l’ennemi allemand. La grippe espagnole représentait la mort, au même titre que la guerre. Parler de traumatisme à l’égard de l’épidémie qui circulait serait presque un euphémisme tant elle était imprégnée dans les esprits, avant de l’être dans le corps.

La façon dont l’épidémie a été perçue dans la presse est assez criante. D’abord considérée comme une « petite manifestation morbide »[43] par un médecin du Val-de-Grâce, l’existence de la grippe espagnole fut de plus en plus reprise dans les colonnes des journaux. Le traitement différait en fonction du nombre de morts. Dès la signature de l’Armistice en novembre 1918, Le Journal titrait : « La grippe est en déroute ainsi que les Boches »[44]. Il était imprudent de croire que le virus ne reviendrait pas frapper avec force quelques mois plus tard, avec une dernière vague de contaminations et de décès.

Depuis plus de deux ans, le monde dans lequel nous vivons se rapproche des réalités d’un autre temps. Les questions de prophylaxie étaient prépondérantes, mais encore fallait-il qu’elles soient respectées. La peur de la COVID-19, c’est en quelque sorte la réaction primitive et normale des populations. Lors de chaque grande épidémie de l’histoire, la peur était la première émotion ressentie par les populations. La peur fait réagir car elle rapproche l’esprit sain de sa mort. Et peut-être que grâce à ce que nous vivons de nos jours, nous pouvons tenter de mieux comprendre les émotions d’il y a un siècle ?

Bibliographie

Sources primaires

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[1]Paradoxalement, le vaccin a lui-même créé une peur chez certaines personnes.

[2]Le terme d’influenza vient de l’italien. Il était utilisé, à l’origine, pour parler d’influence du froid lors de l’apparition de symptômes. On parlait alors d’« influenza di freddo ».

[3]FREOUR Pauline, « L’origine du virus de la grippe espagnole de 1918 enfin précisée », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2014, [en ligne] https://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/04/29/22281-lorigine-virus-grippe-espagnole-1918-enfin-precisee (dernière consultation le 10/05/2022)

[4]La médecine prophylactique est la science de la prévention.

[5]BRINER Caroline, « Comment la grippe espagnole a pu faire jusqu’à 100 millions de morts », dans RTS, Genève, RTS Radio Télévision Suisse, 2020, [en ligne] https://www.rts.ch/info/monde/11270912-comment-la-grippe-espagnole-a-pu-faire-jusqu-a-100-millions-de-morts.html (dernière consultation le 02/04/2022)

[6]LAHAIE Olivier, « L’épidémie de grippe dite “espagnole” et sa perception par l’armée française (1918-1919) », dans Revue historique des armées, n°262, Vincennes, Service historique de la Défense, , 2011, p. 103, [en ligne] http://journals.openedition.org/rha/7163 (dernière consultation le 26/03/2022)

[7]DARMON Pierre, « Une tragédie dans la tragédie : la grippe espagnole en France (avril 1918-avril 1919) » dans Annales de Démographie Historique, n°2000-2, Paris, Société de Démographie Historique, 2001, 240 p., pp. 155, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/adh_0066-2062_2001_num_2000_2_1982 (dernière consultation le 15/05/2022)

[8]VINET Freddy, « La gestion de l’épidémie de grippe espagnole (1918-1919) : préfets et municipalités en première ligne », dans Revue française d’administration publique, n°176, Paris, Institut national du service public, 2020, 1078 p., p. 858 [en ligne] https://www.cairn.info/revue-francaise-d-administration-publique-2020-4-page-857.htm (dernière consultation le 15/05/2022)

[9]Difficulté se traduisant par l’augmentation des mouvements respiratoires ou de leur fréquence. Définition issue de « Dyspnée », dans Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), Nancy, CNRTL, [en ligne] https://www.cnrtl.fr/definition/dyspn%C3%A9e#:~:text=Difficult%C3%A9%20se%20traduisant%20par%20l,inspiratoire%3B%20dyspn%C3%A9e%20laryng%C3%A9e%2C%20pulmonaire (dernière consultation le 02/04/2022)

[10]BOILLON Louis, Considérations cliniques sur l’épidémie de grippe observée dans l’arrondissement des Pontarlier (Doubs) pendant l’année 1918, Lyon, A. Rey, 1918, p. 28., [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9799472n (dernière consultation le 15/05/2022)

[11]Ibid., p. 21

[12]BALL Andy et EVERSHED Nick, « La contagiosité du Covid-19 comparée à celles de la grippe espagnole, d’Ebola ou de la rougeole », dans Courrier International, Paris, Courrier International SA, 2021, traduit par Courrier International, [en ligne] https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-la-contagiosite-du-covid-19-comparee-celles-de-la-grippe-espagnole-debola (dernière consultation le 11/05/2022)

[13]DELUMEAU Jean, « 2. La peur est naturelle », La peur en Occident (XIVe-XVIIIe siècles). Une cité assiégée, Fayard, 1978, p. 15

[14]DELUERMOZ Quentin, FUREIX Emmanuel, MAZUREL Hervé et OUALDI M’hamed, « Écrire l’histoire des émotions : de l’objet à la catégorie d’analyse », dans Revue d’histoire du XIXe siècle, n°47, Paris, La Société de 1848, 2013, 246 p., pp. 155-189, [en ligne], http://journals.openedition.org/rh19/4573 (dernière consultation le 11/05/2022)

[15]MALLET Quentin, Vivre avec la peur en temps d’épidémie. Le choléra de 1832 à Paris, Gif-sur-Yvette, Université Paris-Saclay, 2021, 88 p.

[16]BOILLON Louis, Considérations cliniques sur l’épidémie de grippe observée dans l’arrondissement des Pontarlier (Doubs) pendant l’année 1918, Lyon, A. Rey, 1918, 52 p., p. 10, [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9799472n (dernière consultation le 15/05/2022)

[17]VINET Freddy, op. cit., p. 858

[18]Journal officiel de la République française. Lois et décrets, n°276, Paris, Journaux Officiels, 1918., pp. 8803-8838, [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6371827k/f0.item (dernière consultation le 08/04/2022)

[19]BOILLON Louis, op. cit., p. 10

[20]VINET Freddy, op. cit., p. 863,

[21]FOLLEY et GILLARD J.-V., Rapports sur la grippe espagnole. Ses symptômes cliniques, son microbe, son traitement, Nice, imprimerie Rosenstiel, 1919, 12 p., p. 1, [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1417170k (dernière consultation le 15/05/2022)

[22]Ibid., p. 1

[23]BOURON Françoise, « La grippe espagnole (1918-1919) dans les journaux français », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 233, n°1, Paris, Presses Universitaires de France, 2009, 144 p., pp. 83-91, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2009-1-page-83.htm#:~:text=Les%2027%20et%2028%20octobre,grippe%20entame%20vraiment%20sa%20d%C3%A9croissance. (dernière consultation le 17/05/2022)

[24]Mémorial administratif de la guerre, t. 4, part. 1-3, Dijon, imprimerie R. de Thorey, 1916, p. 150., [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9721949q/f998.item (dernière consultation le 15/05/2022)

[25]Historique résumé de l’artillerie divisionnaire 14 pendant la guerre 1914-1918, Nancy, Berger-Levrault, date inconnue, 39 p., p. 28, [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6242646g.texteImage (dernière consultation le 15/05/2022)

[26]Historique du 23e régiment d’artillerie coloniale : 1914-1918, Paris, Librairie Chapelot, date inconnue, 20 p., p. 16, [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6261391h/f9.item (dernière consultation le 08/04/2022)

[27]LAHAIE Olivier, « L’épidémie de grippe dite « espagnole » et sa perception par l’armée française (1918-1919) », Revue historique des armées, p. 103, [en ligne], http://journals.openedition.org/rha/7163262 (dernière consultation le 07 avril 2022)

[28]Ibid.

[29]BECKER, « 20 millions de morts ! La grippe espagnole a frappé », dans L’Histoire, n°40, Paris, Les Éditions Croque Futur, 1981, p. 83, [en ligne] https://www.lhistoire.fr/20-millions-de-morts-la-grippe-espagnole-frapp%C3%A9#:~:text=la%20grippe%20espagnole%20a%20frapp%C3%A9,-Jean%2DJacques%20Becker&text=la%20Premi%C3%A8re%20Guerre%20mondiale%20a,entier%20en%201918%20et%201919. (dernière consultation le 15/05/2022)

[30]« Témoignage du paysan Éphraïm Grenadou, à propos de l’expérience qu’il a eue de la grippe espagnole dans les tranchées en Belgique », dans JEANNENEY Jean-Noël, Grippe espagnole 1914-1918 : comprendre l’épidémie, Paris, Société Nationale de Radiodiffusion Radio France, 2020, 58 min, [en ligne] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/concordance-des-temps/grippe-espagnole-1914-1918-comprendre-l-epidemie-5741900 (dernière consultation le 08/04/2022)

[31]JEANNENEY Jean-Noël, Grippe espagnole 1914-1918 : comprendre l’épidémie, Paris, Société Nationale de Radiodiffusion Radio France, 2020, 58 min, [en ligne] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/concordance-des-temps/grippe-espagnole-1914-1918-comprendre-l-epidemie-5741900 (dernière consultation le 08/04/2022)

[32]MAMELUND Svenn-Erik, « La grippe espagnole de 1918 est-elle responsable du baby-boom de 1920 en Norvège ? Le cas d’un pays neutre », dans Population, vol. 59, n°2, 2004, 398 p., p. 275, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_2004_num_59_2_7477#:~:text=%2D%20La%20grippe%20espagnole%20de%201918,rest%C3%A9%20neutre%20lors%20du%20conflit. (dernière consultation le 15/05/2022)

[33]L’encéphalite léthargique est une maladie dont les symptômes privent presque entièrement le patient de paroles et de l’expression de ses mouvements.

[34]MALBOEUF Marie-Claude, « L’impact mystère de la COVID-19 sur le cerveau », dans La Presse, Montréal, La Presse Inc., 2021, [en ligne] https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2021-02-14/l-impact-mystere-de-la-covid-19-sur-le-cerveau.php (dernière consultation le 09/05/2022)

[35]Ibid.

[36]Historien spécialiste des représentations de l’enfer et du paradis, ses recherches ont également porté sur la notion de peur dans le monde occidental chrétien.

[37]DELUMEAU Jean, op. cit., p. 71

[38]DUMAS Georges, Traité de psychologie, t. 2, Paris, Librairie Félix Alcan, 1924, p. 897, [en ligne] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9214576 (dernière consultation le 15/05/2022)

[39]LOVE Shayla, « The Strange Link Between Pandemics and Psychosis », dans Vice, Montréal, Vice Media, 2020, [en ligne] https://www.vice.com/en/article/g5x3gq/link-between-pandemics-and-psychosis-spanish-influenza-and-psychotic-disorders (dernière consultation le 10/05/2022)

[40]Ibid.

[41]DERRIEN Marie, « La tête en capilotade » Les soldats de la Grande Guerre internés dans les hôpitaux psychiatriques français (1914-1980), Lyon, Lyon 2, 2015, p. 180

[42]NOÉ Jean-Baptiste, « Épidémie de grippe espagnole : septembre-décembre 1918 », dans France Archives, Paris, Service interministériel des Archives de France, 2018, [en ligne] https://francearchives.fr/fr/pages_histoire/82611687 (dernière consultation le 10/05/2022)

[43]BOURON Françoise, op. cit., p. 84.

[44]Ibid. p. 90

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