American Sniper : l’Amérique face à la violence armée et ses conséquences psychologiques dans les conflits contemporains

Chris Kyle, incarné par Bradley Cooper, au retour d’une bataille urbaine éprouvante pour son unité (Plan de EASTWOOD Clint, American Sniper, États-Unis, Mad Chance Productions/Malpaso Productions, 2014, 132 min)

Nous prévenons nos lectrices et nos lecteurs que cette brève dévoile des éléments majeurs de l’intrigue du film. Si vous ne souhaitez pas connaître son dénouement, nous vous invitons à la lire une fois le film visionné !

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Succès cinématographique de 2015 des deux côtés de l’Atlantique, American Sniper est l’adaptation de l’ouvrage éponyme[1] écrit par Chris Kyle, sniper[2] des Navy SEALs de l’US Navy[3], sorti en janvier 2012 et déjà succès de librairie à l’époque. Il est l’adaptation des événements de la vie de ce dernier, par nul autre que Clint Eastwood, acteur, réalisateur et producteur chevronné, légende vivante d’Hollywood et figure moins manichéenne qu’il n’y paraît.

En revenant brièvement sur la carrière et les idées exprimées par ce dernier, nous nous attacherons d’abord à mieux comprendre le point de vue global de cette adaptation. Né en 1930 en Californie, Clint Eastwood commence sa carrière d’acteur par de petits rôles dans les années 1950. Puis, il apparaît dans des séries télévisées (Maverick, 1957) tout en se positionnant pour la première fois politiquement puisqu’il vote pour Dwight D. Eisenhower, un républicain, dès 1952. Il se démarque déjà à l’époque par son physique, qu’on lui trouve avantageux, notamment par sa haute silhouette athlétique (il mesure 1m95) et son regard bleu perçant. Plus tard, la grande force de son jeu d’acteur sera justement sa présence et la façon dont il occupe l’espace. Saisissant sa chance avec le réalisateur Sergio Leone en 1952, il est choisi pour incarner le mystérieux Homme sans nom dans la trilogie de westerns dite « du Dollar », devenue culte dans l’histoire du cinéma par la suite. L’un des acteurs les mieux payés au monde à seulement quarante ans, ce passionné de voitures et de westerns va continuer à tracer un chemin singulier à Hollywood. Il se démarque d’abord en tant qu’acteur, puis en réalisant et produisant lui-même des films singuliers, souvent remarqués, quand ils ne sont pas récompensés par les instances du cinéma (quatre Oscars, respectivement et à parts égales pour Impitoyable et Million Dollar Baby, trois Césars dont un César d’honneur en 1998, trois Golden Globes, Prix Spécial 2008 et Palme d’Honneur 2009 du Festival de Cannes).

Sans entrer dans une rétrospective qui dépasserait par son ampleur le simple cadre de cette brève, nous pouvons citer parmi les plus notables : Impitoyable (1992), Un monde parfait (1993), L’évadé d’Alcatraz (1979), Bird (1988), Sur la route de Madison (1995), Josey Wales – hors la loi (1976), Mystic River (2003), Honkytonk Man (1982), Million Dollar Baby (2004), Gran Torino (2008). Par ailleurs, deux films de guerres, Lettres d’Iwo Jima et Mémoires de nos pères, sortis en 2006, sont particulièrement intéressants à citer ici, car ils dépeignent deux points de vue opposés à propos des mêmes évènements ; en l’occurrence la bataille d’Iwo Jima (février-mars 1945), vue par les Japonais et les Américains. Beaucoup de ces films, sans même citer les westerns eastwoodiens des années 1970, font intervenir une figure solitaire héroïque, défendant souvent une morale et des actions discutables. À cet égard, la figure la plus connue dans la filmographie de Clint Eastwood est sans doute celle de l’inspecteur Harry, car c’est une figure particulièrement clivante, aussi bien dans ses actes que par sa posture morale.

Dans American Sniper, le personnage principal coche toutes les cases du stéréotype héroïque américain, figure virile, déterminée, et qui ne s’en laisse pas compter : Texan, initié à la chasse et aux armes à feu par son père dès son plus jeune âge, cow-boy dans sa jeunesse, Chris Kyle passe l’essentiel de sa vie active en opérations militaires durant la guerre en Irak. De ces engagements armés, il ressort auréolé du statut de héros de guerre, mais surtout psychologiquement affecté par la violence, exercée ou subie, du conflit. Aux États-Unis, le patriotisme est fortement ancré dans la culture politique et s’exprime en particulier par le respect très marqué envers les soldats, et surtout les vétérans. Bien que son mental n’en soit pas sorti indemne, Chris Kyle n’a, en réalité, pas exprimé de remords envers les victimes de ses tirs. C’est tout le contraire. La représentation du personnage dans le film fait ressortir la prise de distance du réalisateur vis-à-vis des faits et son choix de traiter un personnage qui apparaît comme beaucoup plus humain à l’écran, du moins dans son cheminement moral à travers le long-métrage. De même, il avait regretté publiquement de n’avoir pas tué plus de cibles, ce qui en dit long sur la vision du monde du personnage. Selon le Pentagone, le bilan de Chris serait ainsi de pas moins de 160 tirs mortels homologués en six ans d’engagement et quatre campagnes militaires distinctes[4], soit le meilleur bilan jamais réalisé par un sniper américain, lui-même affirmant par ailleurs que ce bilan était encore plus élevé, dépassant selon lui la barre des 200 tirs réussis.

Nous avons donc devant les yeux l’énième incarnation du héros solitaire eastwoodien, cette fois-ci prétexte à un film de guerre qui interroge l’Amérique sur ces hommes, que beaucoup considèrent comme des héros, là où d’autres ne voient que des brutes manichéennes, violentes et même incapables de vivre normalement hors d’un théâtre d’opération militaire. Le film, porté par Bradley Cooper dans le rôle principal, prend ainsi largement ses distances avec les déclarations controversées de son inspirateur citées précédemment, faisant le pari d’une introspection sur un personnage solitaire à fort caractère, élément majeur de la filmographie de Clint Eastwood des deux côtés de la caméra (Gran Torino, Million Dollar Baby, et de façon plus lointaine Inspecteur Harry), incarnant la détresse psychique des soldats. Le réalisateur adoucit cependant les traits de son personnage, aux prix de certains ajustements et partis pris, notamment en ce qui concerne la géopolitique du conflit en Irak[5]. Quand on sait que Clint Eastwood a pu être traité de « fasciste » , mais ne se considère pas comme un belliciste convaincu ou comme un fou de la gâchette dans un pays ou les armes à feu possèdent un ancrage historique et politique particulier[6], il est possible de mieux mesurer l’étroitesse du fil sur lequel avance son œuvre.

Pour mieux comprendre le choix d’Eastwood, il nous faut examiner brièvement l’histoire des traumatismes psychologiques liés aux conflits. En 1980, l’American Psychiatric Association crée la catégorie « stress post-traumatique » dans la troisième version révisée de son Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM)[7]. L’on associe aujourd’hui communément cette affliction psychique avec le domaine de la guerre, bien qu’il ne soit pas le seul propice à ce type de troubles, étant donné qu’une agression, un accident grave ou une catastrophe naturelle peuvent avoir des conséquences similaires. Nous trouvons de nombreux exemples mythologiques, historiques et littéraires à ce sujet. Ainsi, l’Épopée de Gilgamesh[8] raconte déjà comment la mort de son ami, Enkidu, plonge le héros éponyme dans une peur panique de la mort. L’auteur et historien grec Hérodote décrit comment un soldat est devenu définitivement aveugle sans cause physique apparente lors de la bataille de Marathon (490 av. J.-C.)[9]. Jean Froissart, chroniqueur français de la Guerre de Cent ans (1337-1453), relate dans ses Chroniques le cas de Pierre de Béarn, qui sortait de son sommeil lors de crises de somnambulisme pour se saisir d’une arme[10]. Par la suite, les champs scientifiques de la psychologie et de la psychanalyse commencent à se structurer plus finement, y compris au travers de conflits modernes et contemporains comme la guerre de Sécession (1861-1865), considérée comme une charnière entre les guerres modernes et contemporaines, aussi bien en raison de l’armement et des tactiques utilisées, que par l’ampleur des pertes subies, mais plus encore par les traumatismes engendrés chez les vétérans de ce conflit. La Première Guerre mondiale achève de faire basculer ce qu’on ne pouvait pas toujours appréhender clairement auparavant ou comprendre dans le domaine de la médecine, nommant les choses pour mieux les traiter. Ainsi, dès 1917, on parle de « névrose de guerre », pour ce qu’on appelait auparavant « hystérie de combat » ou « neurasthénie de combat »[11].

De futurs Navy Seals plongent ensemble dans les eaux froides du Pacifique dans le cadre de leur entraînement initial (Plan de EASTWOOD Clint, American Sniper, États-Unis, Mad Chance Productions/Malpaso Productions, 2014, 132 min)

Si le film traite en partie de psychologie dans la guerre, en l’occurrence de troubles psychiques, il ne s’interroge pas sur les conflits dans lesquels les États-Unis se sont engagés, notamment en ce qui concerne l’Irak malgré un débat vieux de deux décennies à cet égard. La problématique des vétérans américains de retour de guerre a, pour sa part, été largement traitée au cinéma depuis une cinquantaine d’années, avec des questionnements parfois beaucoup plus directs que dans American Sniper. Certains de ces anciens soldats ont été des opposants politiques (surtout à la guerre du Vietnam dans les années 1970 et 1980), et ont beaucoup souffert des troubles psychiques liés aux combats menés, tombant parfois dans une situation de sans-abrisme, ajoutant la détresse matérielle à la détresse psychique et sociale déjà lourdement handicapante. On estime ainsi qu’il existait plusieurs dizaines de milliers de vétérans devenus sans-abris aux États-Unis dès les années 1980 après la fin du conflit américain au Vietnam, un nombre similaire à celui recensé encore en 2013[12].

Le sujet a donc été traité sous diverses formes depuis la guerre du Vietnam, aussi bien dans des films devenus cultes et récompensés, que des productions au succès plus restreint. Ainsi, dans Taxi Driver, un ancien US Marine, détruit par la guerre qu’il a menée, conduit un taxi dans le New York sombre des années 1970, s’engageant dans une rédemption violente à travers les armes pour sauver une jeune prostituée[13] ; dans Voyage au bout de l’Enfer[14], un groupe de jeunes gens de Pennsylvanie voit sa vie bouleversée par l’expérience de la guerre et les trajectoires de chacun pendant et après celle-ci ; dans Rambo, un vétéran et héros de la guerre du Vietnam, devenu un sans-abri errant, est ulcéré par le traitement qu’on lui inflige à lui ainsi qu’à ses camarades et se lance dans une véritable guérilla contre son propre pays[15]. Citons aussi brièvement une variation originale sur le sujet, sortie la même année que l’invasion de l’Irak, à savoir Le Dernier Samouraï[16]. Dans ce drame inspiré de faits réels[17], un vétéran des « Guerres indiennes » (1778-1890), lourdement alcoolique et hanté par les horreurs dont il a été acteur et témoin, va s’engager sur le chemin de la rédemption au contact de samouraïs qui mènent une guérilla contre un système politique voulant occidentaliser le Japon, et tend à les y intégrer de force.

Finalement, le succès d’American Sniper a peut-être été plus le fait d’une récupération politique conservatrice, qui y a vu un élan patriotique très affirmé, que de la réalité de ce portrait qui aurait séduit massivement le public américain. Ce qui, pourtant, n’est pas si clair au visionnage. Ainsi, le principal protagoniste semble parfois presque gêné des louanges qu’on lui adresse, lui qui est pourtant le héros patriote, fier de ses valeurs conservatrices, depuis la Bible qu’il possède depuis toujours aux traditions qu’il pratique comme la chasse, ou encore son rapport à la violence. Ceci nous est d’ailleurs suggéré dès le début du film par la ceinture que pose sur la table le père de Chris, énonçant qu’il corrige ses fils s’ils se comportent « comme des voyous », soulignant déjà le fait que Chris évolue dans un milieu qui lui apprend à résoudre un problème avant tout par la violence. En ce sens, l’œuvre pose surtout la question de ce rapport à la violence dans une société qui semble, comme le héros, se trouver dans une fuite en avant qui parfois, la rattrape. Par ailleurs, et y compris hors du domaine de la guerre, la problématique de la violence par armes à feu aux États-Unis, en particulier en milieu scolaire, est un débat récurrent depuis plusieurs décennies, oscillant entre traditions et actualité morbide récurrente. C’est ce type de questionnement et de débat qui est finalement traité à travers l’œuvre, même si personne n’apporte ici de réponse claire à ces questions, tout au plus un point de vue montrant que ces problématiques travaillent les représentations de la société américaine contemporaine.

Une immense bannière étoilée suspendue à une grue mobile, au passage du convoi funéraire de Chris Kyle en 2013 (Plan de EASTWOOD Clint, American Sniper, États-Unis, Mad Chance Productions/Malpaso Productions, 2014, 132 min)

Le dénouement nous présente Chris, rendu à la vie civile et travaillant désormais pour une société de sécurité privée, permettant à d’autres vétérans comme lui de reprendre pied face aux troubles de stress post-traumatique, en les faisant notamment participer à des séances de tir sportif. Le 2 février 2013, alors qu’il encadre un jeune vétéran du nom d’Eddie Ray Rough au stand de tir, ce dernier retourne une arme contre lui. En proie à une violente paranoïa, il l’assassine en le criblant de balles. Pour finir, le convoi funéraire de Chris Kyle est accompagné, sur des images d’archives[18], par des foules le long des routes texanes, gros pick-up et bannières étoilées omniprésentes, pour célébrer une figure héroïque qui, ironie du sort, a péri par les armes, dont la culture est si profondément ancrée aux États-Unis. Un hommage en forme de point final, tout comme celui offert par le réalisateur à cette figure contemporaine, Clint Eastwood, qui, s’il est conscient des failles de son pays, avait déclaré vouloir dédier ce film « aux familles de ceux qui ont souffert ou sont morts là-bas »[19].

Sources & filmographie

BUCHON Jean-Alexandre (éd.) et FROISSART Jean, Les chroniques de sire Jean Froissart, Paris, A. Desrez, 1835, 561 p., [en ligne] https://fr.m.wikisource.org/wiki/Les_Chroniques_de_Sire_Jean_Froissart (dernière consultation le 10/05/2022)

KYLE Chris, American Sniper: The Autobiography of the Most Lethal Sniper in U.S. Military History, New York, William Morrow, 2012, 350 p.

Hérodote, Histoires, vol. 2, Paris, Charpentier, 1850, 321 p., traduit par LARCHER Pierre-Henri, [en ligne] https://fr.m.wikisource.org/wiki/Histoire_(H%C3%A9rodote)/Trad._Larcher,_1850 (dernière consultation le 09/05/2022)

MYERS Charles Samuel, « A Contribution to the Study of Shell Shock: Being and Account of Three Cases of Loss Memory, Vision, and Taste, Admitted into the Duchess of Westminster’s War Hospital, Le Touquet », dans The Lancet, vol. 185, n°4772, Amsterdam, Elsevier, 1915, 358 p., pp. 316-320, [en ligne] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(00)52916-X/fulltext (dernière consultation le 10/05/2022)

Sources secondaires

« Une épopée babylonienne. Is-Tu-Bar – Gilgamès », dans Revue de l’histoire des religions, vol. 1, Paris, Ernest Leroux, 1892, 576 p., pp. 306-328, 398-423 et 521-548, traduit par SAUVEPLANE Jules Justin, [en ligne] https://archive.org/details/revuedesreligion04pariuoft/mode/2up (dernière consultation le 09/05/2022)

« Une épopée babylonienne. Is-Tu-Bar – Gilgamès », dans Revue de l’histoire des religions, vol. 2, Paris, Ernest Leroux, 1893, 576 p., pp. 50-79, 123-144, 226-253, 315-329 et 439-446, traduit par SAUVEPLANE Jules Justin, [en ligne] https://archive.org/details/revuedesreligion05pariuoft/mode/2up (dernière consultation le 09/05/2022)

BERTEAU Franck, « Chris Kyle, le “sniper” le plus meurtrier de l’histoire américaine » , dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2012, [en ligne] https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2012/01/20/chris-kyle-le-sniper-le-plus-meurtrier-de-l-histoire-americaine_1631596_4497319.html (dernière consultation le 08/05/2022)

BLUMENFELD Samuel, « Le vieil homme et la guerre » , dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2006, [en ligne] https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2006/10/18/clint-eastwood-le-vieil-homme-et-la-guerre_824850_3208.html (dernière consultation le 09/05/2022)

ICHER Bruno, « Clint Eastwood : “La guerre suscite une fascination pour la violence” », dans Libération, Paris, SARL Libération, 2015, [en ligne] https://www.liberation.fr/culture/2015/02/13/la-guerre-suscite-une-fascination-pour-la-violence_1202272/ (dernière consultation le 07/05/2022)

MCGILLIGAN Patrick, Clint Eastwood : une légende, Paris, Nouveau Monde, 2008, 766 p.

National Alliance to End Homelessness, The State of Homelessness in America 2014 Washington, D.C., National Alliance to End Homelessness, 2014, 84 p., [en ligne] https://www.novoco.com/sites/default/files/atoms/files/nateh_state_of_homelessness_2014_061114.pdf (dernière consultation le 10/05/2022)

PICARD Maurin, « Chris Kyle : “Je n’aime pas ce que vous avez fait vous les Français…” », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2015, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/culture/2015/02/17/03004-20150217ARTFIG00022-chris-kyle-je-n-aime-pas-ce-que-vous-avez-fait-vous-les-francais.php (dernière consultation le 08/05/2022)

Filmographie non exhaustive

CIMINO Michael, Voyage au bout de l’enfer, États-Unis/Royaume-Uni, Universal Pictures, 1978, 182 min

EASTWOOD Clint, American Sniper, États-Unis, Mad Chance Productions/Malpaso Productions, 2014, 132 min

FLYNN John, Légitime Violence, États-Unis, Lawrence Gordon Productions,1977, 95 min

HAGGIS Paul, Dans la vallée d’Elah, États-Unis, Blackfriars Bridge Films, 2007, 124 min

KOTCHEFF Ted, Rambo, États-Unis, Anabasis N.V., 1982, 93 min

LYNE Adrian, L’échelle de Jacob, États-Unis, TriStar, 1990, 115 min

SCORSESE Martin, Taxi Driver, États-Unis, Columbia Pictures, 1976, 113 min

TRUMBO Dalton, Johnny s’en va-t-en guerre, États-Unis, World Entertainment, 1971, 111 min

WYLER William, Les plus belles années de notre vie, États-Unis, MGM, 1946, 172 min

ZWICK Edward, Le Dernier Samouraï, États-Unis/Japon/Nouvelle-Zélande, Cruise/Wagner Productions, 2003, 154 min


[1] KYLE Chris, American Sniper: The Autobiography of the Most Lethal Sniper in U.S. Military History, New York, William Morrow, 2012, 350 p.

[2] En français, « tireur de précision ».

[3] Les SEALs, communément appelés Navy SEALs, sont la principale force spéciale de la marine de guerre des États-Unis d’Amérique (US Navy).

[4] BERTEAU Franck, « Chris Kyle, le “sniper” le plus meurtrier de l’histoire américaine » , dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2012, [en ligne] https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2012/01/20/chris-kyle-le-sniper-le-plus-meurtrier-de-l-histoire-americaine_1631596_4497319.html (dernière consultation le 08/05/2022)

[5] Le film mélange effectivement différents protagonistes locaux, de même que l’antagoniste principal change d’affiliation au fil du temps. PICARD Maurin, « Chris Kyle : “Je n’aime pas ce que vous avez fait vous les Français…” », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2015, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/culture/2015/02/17/03004-20150217ARTFIG00022-chris-kyle-je-n-aime-pas-ce-que-vous-avez-fait-vous-les-francais.php (dernière consultation le 08/05/2022)

[6] ICHER Bruno, « Clint Eastwood : “La guerre suscite une fascination pour la violence” », dans Libération, Paris, SARL Libération, 2015, [en ligne] https://www.liberation.fr/culture/2015/02/13/la-guerre-suscite-une-fascination-pour-la-violence_1202272/ (dernière consultation le 07/05/2022)

[7] Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (également désigné par l’acronyme DSM, abréviation de l’anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) est un ouvrage de référence publié par l’Association américaine de psychiatrie, décrivant et classifiant les troubles mentaux.

[8] Récit épique de la Mésopotamie ancienne, rédigée en langue akkadienne entre le XVIIIe et le XVIIe siècle av. J.-C. Il relate les aventures de Gilgamesh, roi d’Uruk, figure mythique et héroïque du monde antique babylonien. Sources : « Une épopée babylonienne. Is-Tu-Bar – Gilgamès », dans Revue de l’histoire des religions, vol. 1, Paris, Ernest Leroux, 1892, 576 p., pp. 306-328, 398-423 et 521-548, traduit par SAUVEPLANE Jules Justin, [en ligne] https://archive.org/details/revuedesreligion04pariuoft/mode/2up (dernière consultation le 09/05/2022) et « Une épopée babylonienne. Is-Tu-Bar – Gilgamès », dans Revue de l’histoire des religions, vol. 2, Paris, Ernest Leroux, 1893, 576 p., pp. 50-79, 123-144, 226-253, 315-329 et 439-446, traduit par SAUVEPLANE Jules Justin, [en ligne] https://archive.org/details/revuedesreligion05pariuoft/mode/2up (dernière consultation le 09/05/2022)

[9] « CXVII. (…) Il arriva en cette bataille une chose bien étonnante à un Athénien nommé Épizélus, fils de Cuphagoras. Pendant qu’il était aux prises avec l’ennemi, et qu’il se conduisait en homme de cœur, il perdit la vue sans avoir été frappé en aucune partie du corps, ni de près ni de loin, et depuis ce moment il demeura aveugle le reste de sa vie. On m’a assuré qu’en parlant de cet accident, il disait qu’il avait cru voir devant lui un grand homme pesamment armé, dont la barbe ombrageait tout son bouclier ; que ce spectre le passa, et alla tuer celui qui combattait à ses côtés. Telle est l’histoire que raconte Épizélus, suivant le récit qu’on m’en a fait. », Hérodote, Histoires, vol. 2, Paris, Charpentier, 1850, 321 p., traduit par LARCHER Pierre-Henri, [en ligne] https://fr.m.wikisource.org/wiki/Histoire_(H%C3%A9rodote)/Trad._Larcher,_1850 (dernière consultation le 09/05/2022)

[10] BUCHON Jean-Alexandre (éd.) et FROISSART Jean, Les chroniques de sire Jean Froissart, Paris, A. Desrez, 1835, 561 p., [en ligne] https://fr.m.wikisource.org/wiki/Les_Chroniques_de_Sire_Jean_Froissart (dernière consultation le 10/05/2022)

[11] De nombreux documents, notamment autobiographiques, décrivent le désarroi psychologique des combats. Nous pouvons mentionner ici, que l’expression shell shock fut employée pour la première fois en 1915 (littéralement « choc de l’obus », soit un trouble psychique lié aux effets physiques des tirs d’artillerie sur le moral, et plus globalement sur la santé mentale des combattants). MYERS Charles Samuel, « A Contribution to the Study of Shell Shock: Being and Account of Three Cases of Loss Memory, Vision, and Taste, Admitted into the Duchess of Westminster’s War Hospital, Le Touquet », dans The Lancet, vol. 185, n°4772, Amsterdam, Elsevier, 1915, 358 p., pp. 316-320, [en ligne] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(00)52916-X/fulltext (dernière consultation le 10/05/2022)

[12] Selon une estimation, il y aurait 58 000 vétérans sans-abris sur environ 600 000 sans-abris, et sur une population totale de 310 millions de personnes. National Alliance to End Homelessness, The State of Homelessness in America 2014 Washington, D.C., National Alliance to End Homelessness, 2014, 84 p., [en ligne] https://www.novoco.com/sites/default/files/atoms/files/nateh_state_of_homelessness_2014_061114.pdf (dernière consultation le 10/05/2022)

[13] SCORSESE Martin, Taxi Driver, États-Unis, Columbia Pictures, 1976, 113 min

[14] CIMINO Michael, Voyage au bout de l’enfer, États-Unis/Royaume-Uni, Universal Pictures, 1978, 182 min

[15] KOTCHEFF Ted, Rambo, États-Unis, Anabasis N.V., 1982, 93 min

[16] ZWICK Edward, Le Dernier samouraï, Etats-Unis/Japon/Nouvelle-Zélande, The Bedford Falls Company Cruise/ Wagner Productions Radar Pictures, 2003, 154 minutes

[17] Bien que le héros présenté soit un vétéran américain, l’inspiration initiale vient des événements vécus par un officier français, le lieutenant d’artillerie dans la Garde impériale Jules Brunet, envoyé auprès de l’empereur du Japon par Napoléon III, dans le cadre de la mission militaire française au Japon de 1867-1868.

[18] La musique qui accompagne cette ultime scène est par ailleurs composée par Ennio Moricone, célèbre compositeur et chef d’orchestre italien : Clint Eastwood a réutilisé le morceau The Funeral, tiré du western spaghetti hispano-italien, Le retour de Ringo (TESSARI Duccio, Le retour de Ringo, Espagne/Italie, 1965, PCM/Rizzoli Film, 1965, 99min).

[19] ICHER Bruno, op. cit.

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