Réflexion sur La Guerre des Gaules

De 58 à 50 avant Jésus-Christ, les légions de la République romaine vinrent conquérir et pacifier les Gaules, régions qui correspondent aujourd’hui à la France et une partie du Benelux. Cette conquête ne répondait pas à un impératif stratégique de prime abord, bien que les tribus celtes aient par moments réussi à ébranler la puissance romaine. Sous couvert de venir en aide à des factions alliées, le principal instigateur, acteur et profiteur de cette campagne, Jules César, s’attelle à se couvrir d’une gloire qui lui permettrait de rivaliser avec ses deux comparses du Triumvirat, Crassus, immensément riche, et Pompée, couvert de gloire militaire.

La Guerre des Gaules n’est autre que la compilation des notes que prit César au cours de sa campagne, débutée en 58 avant J.-C. avec la migration des Helvètes, jusqu’à la victoire sur Vercingétorix en 52 avant J.-C.. Découpées en 7 livres, ces notes sont complétées dans un 8e livre, par celles d’un autre auteur, Aulus Hirtius, ami et partisan du Consul. L’ouvrage est relativement bien écrit et se lit aisément. En plus de ses qualités littéraires, c’est par son contenu qu’il se démarque.

Plus qu’une description de la conquête des Gaules, il s’agit ni plus ni moins d’un récit voué à louer les qualités de son auteur. Il faut en effet penser au contexte : en exagérant les difficultés surmontées, César parvient aisément à amplifier sa gloire et ainsi, égaler ses deux collègues du Triumvirat (enfin surtout Pompée, puisque Crassus perd la vie lors de la bataille de Carrhes en 53 avant J.-C.). Les effectifs ennemis sont ainsi énormément gonflés, leur qualité martiale et leur férocité mises en avant et le courage et la conduite des légions, menées par l’auteur, exemplaires.

Mais cet ouvrage est bien plus qu’un simple écrit politique. Il est en effet possible d’obtenir par ce récit une description des Gaules, des us et coutumes de leurs peuples, des éléments de stratégie et de tactique, notamment en poliorcétique (l’art de prendre ou de défendre des villes), mais surtout de mieux comprendre la mentalité et la géopolitique de l’époque. Autant d’éléments très intéressants qui, recoupés d’autres ouvrages, permettent d’approfondir notre connaissance de l’antiquité romaine et des mondes celtes et germains.

La Guerre des Gaules mérite donc d’être lu, d’une part pour les connaissances qu’il permet d’acquérir, bien que celles-ci soient orientées afin de glorifier son auteur, mais surtout afin d’apprécier l’effort que ce dernier a effectué dans cette quête de renommée.

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