Fontaine-Française, 1595 : Henri IV joue sa vie contre sa panache !

« Dans bien des affaires, j’ai combattu pour la victoire ; mais à Fontaine-Française, j’ai combattu pour la vie. » (Le roi de France Henri IV suite au combat de Fontaine-Française)

Portrait du roi Henri IV (Source-New York Public Library Digital Collection

Le 22 mars 1594, Paris valant bien une messe, le nouveau roi de France, Henri IV de Bourbon, 41 ans, entrait enfin à Paris, capitale d’un royaume de France, se soumettant peu à peu à l’autorité de ce souverain si charismatique et pourtant si détesté par une partie du pays parce qu’anciennement protestant. Roi de Navarre depuis 1572, puis de France en 1589, Henri IV avait donc mis  près de cinq ans à enfin entrer dans cette ville de Paris qu’il avait essayé de conquérir par tous les moyens. Et en ce jour, le maréchal de Brissac, militaire de renom, lui en ouvrait les portes : il faut dire que Paris était à bout et que ce vrai-faux siège ne pouvait durer… Tant pis pour la religion du roi, que l’on donne du pain !

Sitôt installé au Louvre, demeure des rois de France, Henri IV peut se consacrer à essayer d’apaiser les tensions qui, déjà, naissent ou renaissent partout en France : les régions centrales du Limousin et du Massif central s’agitent de révoltes paysannes. Mais surtout, il reste les résidus des forces de la Ligue Catholique, ses pires ennemis, des nobles qui ont juré de mourir plutôt que  de voir un roi ex-protestant sur le trône de France. Les Ligueurs ne sont pas dupes de son abjuration de la foi protestante du 25 juillet 1593: pour eux, le Béarnais reste un hérétique. À la tête des derniers Ligueurs, Charles de Guise duc de Mayenne. 40 ans, le physique disgracieux et bedonnant mais la haine farouche et tenace, Charles de Guise est le frère du fameux Henri de Guise dit le Balafré assassiné quelques années plus tôt. Par sa famille, Mayenne est un Grand du royaume de France et s’est affirmé, depuis 1589, comme le seul commandant militaire capable d’affronter Henri IV en bataille rangée.

Charles de Guise duc de Mayenne, 1554-1611 (Source-Anonyme-Wikimédia Commons)

Dès l’automne 1594, celui-ci a regroupé ses forces en Bourgogne, un choix qui n’est pas innocent. Déjà, Mayenne est gouverneur de cette riche contrée. Mais surtout, la Bourgogne est limitrophe de la Franche-Comté, alors province espagnole : l’idée serait d’obtenir, une nouvelle fois, le soutien de l’Espagne, appui récurrent des Ligueurs catholiques depuis des années dans ce conflit franco-français, mais souhaitant s’en désengager depuis quelques temps. Or, se présentant comme la monarchie catholique par excellence, l’Espagne du roi Philippe II ne peut refuser la main tendue de Mayenne. Et puis, pour l’Espagne, affaiblir la France, une potentielle rivale pour la suprématie en Europe, semble assez alléchant. De toute manière, très vite, Henri IV va prendre les devants en déclarant lui-même la guerre à l’Espagne : pourquoi ? D’aucuns affirment qu’Henri IV a fait exprès de provoquer l’entrée directe de l’Espagne dans le conflit pour présenter les Ligueurs de Mayenne comme des alliés d’une puissance étrangère et donc des traîtres à la ‘‘nation’’ française : un calcul certes risqué car cela entraîne la France dans un nouveau conflit de haute intensité après des années de guerres civiles. Un conflit au Nord où l’Espagne amène des troupes depuis ses provinces de Hollande pour venir faire le siège des places fortes de Picardie. Un conflit à l’Ouest où les Espagnols débarquent des troupes en Bretagne car le gouverneur de cette province, un Ligueur, les accueille à bras ouverts à Nantes. Un conflit à l’Est car une armée de plus de 12 000 hommes soldés par le roi d’Espagne et recrutés aussi bien en Sicile, à Naples et en Lombardie vient de quitter Milan, capitale du Milanais espagnol. Mise sous les ordres du connétable de Castille, Juan Fernandez de Velasco, 45 ans, Grand d’Espagne, duc de Frias, comte de Haro et marquis de Berlanga, cette armée doit franchir les Alpes pour rejoindre Besançon, ville espagnole, et ainsi être à même de soutenir les troupes de la Ligue du duc de Mayenne en Bourgogne.

D’ailleurs, celui-ci n’a pas perdu son temps et, n’attendant pas le renfort espagnol, a déjà pris sur lui de mettre en coupe réglée toute la Bourgogne. Dès le 29 octobre 1594, le maire de Dijon, Jacques Laverne, qui a ‘‘osé’’ proclamer Henri IV roi légitime, est décapité sur ordre de Jean de Saulx vicomte de Tavannes, second de Mayenne, maréchal de la Ligue et gouverneur local en Bourgogne. Issu d’une famille bourguignonne très renommée, ce noble de 40 ans, troisième fils d’un grand maréchal de France de l’époque de Charles IX, s’est toujours montré un défenseur acharné de la Ligue catholique et contrairement à son frère aîné Guillaume qui rejoint Henri IV en 1589, Jean ne peut l’accepter. Aussi, reste-t-il fidèle au duc de Mayenne : il vient même d’obtenir le titre de maréchal de la Ligue, plus symbolique qu’autre chose vu l’état de la Ligue en ce moment.

Moins de deux jours plus tard, Mayenne en personne et ses gens arrivent à Dijon, mettant la ville sous contribution et organisant l’insurrection de toute la province de Bourgogne. Les semaines suivantes, les Ligueurs catholiques poursuivent sur le cours du fleuve Saône s’emparant de Beaune et de Châlons-sur-Saône, respectivement à 38 et 67 kilomètres au sud de Dijon.

Alors qu’Henri IV vient d’obtenir la soumission de la Normandie notamment Rouen et de la Champagne avec Troyes et Reims, il se voit obligé de mettre un terme à cette situation intolérable en Bourgogne : ce sera sa campagne du printemps 1595.

Le Roi de France se porte en Bourgogne !


En ce début d’année 1595, Henri IV doit régler de nombreux problèmes, très vite et tous en même temps : il ne peut pourtant se dédoubler ! Il y a les Ligueurs certes mais aussi ces Espagnols à contrôler en Bretagne et surtout en Picardie où ils montrent très véhéments. Il y a également la grande noblesse protestante dont il faut se méfier : certes ralliée officiellement, elle est toujours dangereuse par sa potentielle agitation. Il y a la bourgeoisie parisienne et les parlementaires qu’il faut rapidement encadrer. Il y a les révoltes paysannes… Et puis, Henri IV a également des soucis personnels… Le 7 janvier 1595, il obtient le divorce de la jeune Gabrielle d’Estrées d’avec son mari. Cette jeune femme radieuse de 21 ans, décrite comme une adorable blonde aux yeux évaporés et rêveurs, est depuis deux ans la maîtresse du roi, qui l’avait marié pour lui garantir une situation sans toutefois oser se montrer avec elle en public.[1] À présent, maître du pays, il n’hésite plus et nourrit des projets de mariage avec Gabrielle qu’il aime passionnément ; malgré le fait que celle-ci soit détestée d’une partie du peuple et de la noblesse pour son image de parvenue, Henri IV n’en a rien faire : il veut faire de la douce Gabrielle d’Estrées sa femme, il est le roi que diantre ! Lui ayant offert un magnifique hôtel particulier près du palais du Louvre, l’hôtel du Bouchage, le roi y passe un grand nombre de journées et surtout de nuits (au péril de sa vie puisqu’il y est victime d’une tentative d’assassinat le 27 décembre 1594). L’idylle entre les deux amants semble devoir vaincre tous les obstacles.[2]

Gabrielle d’Estrées, 1573-1599 (Source-Gravure anonyme, 1907, Wikimedia Commons

Heureusement pour lui, Henri IV peut compter sur d’excellents lieutenants pour le seconder là où il ne peut être. Le maréchal Charles de Gontault, duc de Biron, en fait partie. Âgé de 33 ans, ce grand noble du Périgord, fils d’un très grand maréchal de la Ligue catholique ayant vite rallié Henri IV en 1589, est un des plus proches compagnons d’armes d’Henri IV depuis plusieurs années : ensembles, ils ont tout connu, tout traversé, tout vaincu. Henri IV ne serait pas Henri IV sans Biron et Biron ne serait pas Biron sans Henri IV. De cette amitié à la vie à la mort est née une très fructueuse collaboration militaire qui s’est illustrée dans toutes les plus grandes victoires d’Henri IV : à Arques en 1589, dans la plaine d’Ivry en 1590 ou au siège de Rouen en 1591.

Le maréchal de Biron, 1562-1602 (Source-Daniel Dumonstier,
Christie’s-Wikimédia Commons

Combattant parfois côte à côte au cœur de la mêlée, le Béarnais et le Périgourdin partagent les liens du sang : une amitié passionnelle pleine de fureur et de tourments les unit.

Ainsi, Biron, prévenant la campagne de son roi, est déjà parti avec plusieurs dizaines de cavaliers sur la route de Dijon et repoussant tout ce qui se trouve devant lui, prend l’itinéraire du Sud par Beaune, Autun et Nuits-Saint-Georges, arrivant devant la ville le 27 mai avec seulement 25 gentilshommes armés parmi les plus rapides de sa troupe. Là, secondé par une population dijonnaise excédée par les exactions du maréchal vicomte de Tavannes et de ses sbires ligueurs, Biron met immédiatement, avec moins de 200 hommes, le siège à la citadelle dans laquelle le vicomte de Tavannes s’est enfermé en compagnie de Don Francisco, noble espagnol, avec quelques troupes. Mais ce siège ne peut durer si Biron n’est renforcé au plus vite : en effet, la réaction des Ligueurs se fait attendre… Retranché dans son camp de base à Saint-Seine, environ 40 kilomètres au nord-est de Dijon, le duc de Mayenne espère impatiemment l’entrée en campagne des 12 000 Espagnols du connétable de Castille qui sont en train d’arriver depuis Besançon : ayant déjà franchi la frontière avec la France, les Espagnols sont en train de créer la panique dans la Haute-Saône et les faibles détachements fidèles au roi de France se voient contraints de  reculer sans pouvoir rien faire, comme le seigneur de Tremblecourt qui vient de se faire bousculer et de perdre la ville de Vesoul.

Depuis son quartier-général de Troyes, le roi de France Henri IV règle les derniers détails avant de se lancer dans les traces de son ami Biron. Pour un esprit aussi bouillant que celui d’Henri IV, l’affaire ne pourra être réglée qu’en sa présence, aussi ne manquerait-il pour rien au monde le rendez-vous, dusse-t-il se trouver seul face à l’Espagnol. Car le gros problème du roi est que son armée est très largement dispersée, les troupes royales en route depuis Paris, les grands vassaux mettant du temps à rejoindre et il faut presque uniquement compter sur les petites levées d’hommes de quelques seigneurs locaux bourguignons.

Carte des opérations générales au mois de juin 1595 (Source-Google Maps modifié par l’auteur)

Nous sommes alors le jeudi 1er juin 1595. Henri IV, maintenant à Bar-sur-Seine, 30 kilomètres au sud de Troyes, va se jeter sur la route de Dijon : à peu près 116 kilomètres qu’il compte franchir en moins de trois jours pour arriver le samedi 3 juin à Dijon et s’y unir avec Biron et l’avant-garde des 900 cavaliers de Jacques de Matignon comte de Thorigny qui viennent de partir. Suivant le roi, seulement 2000 fantassins et 400 cavaliers peuvent se porter sur Dijon. C’est peu pour affronter les Espagnols… Henri IV compte, de plus, en laisser une partie pour assiéger Tavannes et les Ligueurs tandis qu’il se lancera à la poursuite de Mayenne et des Espagnols. Comme il l’écrit lui-même au seigneur Jean de Roussat, lieutenant-général du roi à Langres, en couverture 73 kilomètres au nord de Dijon : « pour avec le reste de mon armée, m’en aller droit où sera le connétable de Castille, en quelque lieu que je puisse le joindre. De sorte qu’il ne faut plus craindre qu’il puisse entreprendre aucune chose qu’il ne m’ait aussitôt sur les bras. » Henri IV a décidé d’en finir.

Avalant les kilomètres et crevant ses chevaux, Henri IV arrive finalement devant Dijon le dimanche 4 juin à 10 heures du matin en ayant largement devancé la plus grande partie de son armée. Près de 3000 hommes le suivent, échelonnés sur la route de Dijon. Rejoint par Biron, le roi apprend alors que le duc de Mayenne s’est réfugié à Gray, une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Dijon à l’abri de la Saône, dans l’optique d’y attendre l’arrivée des renforts espagnols du connétable de Castille. Qu’à cela ne tienne ! Henri IV ne lui laissera pas un instant de répit !

Cavalier lourd et arquebusier à cheval français (Source-Collection Vinkhuijzen, New York Public Library Digital Collection)

Laissant les troupes du comte de Thorigny en surveillance autour de la citadelle de Dijon, Henri IV part donc vers Gray avec les quelques centaines de cavaliers restés avec lui. Son armée proprement dite est encore loin en arrière, aussi, le roi envoie-t-il des injonctions aux petits nobles de cette région d’amener des cavaliers de leurs domaines pour le rejoindre à la bataille qui s’annonce. On retrouve ici le concept de ‘‘Suivez le panache blanc’’ de la bataille d’Ivry. Le roi donne rendez-vous à ces petits nobles le lendemain sur la route de Gray, à Lux, environ 25 kilomètres au nord-est de Dijon.

Aussitôt, les seigneurs locaux partent vers leurs domaines pour mobiliser leurs gentilshommes, leurs hommes d’armes, leurs domestiques parfois. C’est Jacques Chabot marquis de Mirebeau, dont la famille est apparentée à François Ier par une alliance heureuse et dont le domaine se trouve près de Lux, c’est le vénérable seigneur de Grancey, Guillaume d’Hautemer de Fervaques, un noble qui combat maintenant depuis 1554, c’est le seigneur d’Assonville, c’est le seigneur capitaine de Gemeaux, c’est le seigneur baron de Lux… 200 cavaliers par-ci, 50 par-là, les renforts affluent… Mais est-ce que cela sera suffisant pour affronter les très expérimentés et acharnés cavaliers de la Ligue ? Et que dire des redoutables troupes espagnoles ?

Henri IV court vers son destin…


Portrait d’Henri IV (Source-New York Public Library Digital Collection)

Le lundi 5 juin 1595, à 5 heures du matin, Henri IV sort de Dijon par la porte Saint-Nicolas pour prendre la route du nord-est vers Gray. Comme prévu, il n’est que faiblement accompagné : une quarantaine de gentilshommes, la plupart des jeunes nobles des grandes familles française qui veulent faire leurs preuves auprès du roi et le suivent partout, ainsi que quelques centaines de gens de pied. En arrière, Guillaume de Saulx vicomte de Tavannes, 42 ans, frère du Ligueur Jean mais lui rallié à Henri IV depuis 1589 et soutien indiscutable depuis, amène plusieurs centaines de cavaliers tandis que l’intenable Biron est déjà parti en avant avec une petite avant-garde.

Quelques heures plus tard, il est environ 13 heures et Henri IV et sa troupe arrivent aux abords de la petite localité de Fontaine-Française, bourg de quelques centaines d’habitants. Comme prévu, il a été rejoint en cours de route par plusieurs centaines de cavaliers aux ordres des seigneurs locaux : un renfort nécessaire certes, mais toujours insuffisant pour affronter les Espagnols et les Ligueurs en rase campagne. Les troupes royales ne sont alors qu’à moins de 5 kilomètres de Saint-Seine où campent les Espagnols : il s’agit d’être prudent. Aussi, Henri IV envoie-t-il plusieurs reconnaissances en avant pour voir de quoi il en retourne… Le seigneur d’Assonville et 150 cavaliers, le baron de Lux avec une centaine de ses gens, le marquis de Mirebeau éclairant avec une soixantaine des siens, tandis que le roi garde une réserve d’environ 120 cavaliers autour de lui.

Arquebusier et capitaine des Gendarmes français (Source-Collection Vinkhuijzen, New York Public Library Digital Collection)

Alors que ces troupes royalistes s’éparpillent devant Saint-Seine, les avant-garde du duc de Mayenne viennent le prévenir : le roi impie est là ! Voyant que les royalistes sont en faible nombre, Mayenne entend porter un coup immédiat et veut lancer une attaque générale : il se heurte en cela au connétable de Castille. En effet, Don Juan Fernando a des ordres précis de son roi : protéger la Franche-Comté d’une incursion des Français mais en aucun cas engager l’armée royale dans une bataille de grande ampleur au sort incertain, qui plus est si le roi de France est présent. Mayenne enrage ! Le connétable reste sur ses positions et refuse de faire sortir ses troupes du camp pour une bataille générale. Mayenne tempête ! Finalement, le connétable de Castille trouve un compromis : puisque Mayenne veut son affrontement et qu’il s’agit de cavalerie en face, il va lui donner cinq compagnies d’arquebusiers à cheval espagnols aux ordres de Don Rodrigo Belluno. Cela représente au moins 600 cavaliers relativement expérimentés et efficaces. Mayenne saisit cette chance au vol et, rameutant ces cinq compagnies de chevau-légers de la Ligue menées par le seigneur français Louis de Villars-Houdan, il envoie immédiatement les directives pour faire la chasse aux troupes royalistes dans la plaine de Fontaine-Française… En avant ! Dieu est avec nous !

Carte des opérations menant à Fontaine-Française en juin 1595 (Source-Google Maps modifiée par l’auteur)

La plus formidable mêlée de cavalerie du XVIème siècle français !


Villars-Houdan a une vieille dette à régler avec ces royalistes qu’il déteste au plus haut point en raison du fait qu’ils ont rallié un roi à la foi maudite. Presque en transe, il va voir les cavaliers espagnols de Don Rodrigo Belluno pour les lancer à brides abattues sur les royalistes qui ne se doutent de rien mais voilà que l’Espagnol refuse ! Villars-Houdan parle d’honneur, de gloire, de devoir, rien n’y fait. Suivant la prudence de son commandant en chef, Don Rodrigo ne veut pas agir en compromettant ses hommes ; de plus, les Espagnols n’ont aucune estime pour ces Français combattant des Français, fussent-ils catholiques comme eux.

Cavalier espagnol (Source-Collection Vinkhuijzen-New York Public Library Digital Collection)

Au désespoir, Villars-Houdan va alors trouver les derniers grands noms de la noblesse française présents dans les rangs des quelques centaines de cavaliers ligueurs : c’est le capitaine Jean-Baptiste Samson son ami, c’est le seigneur de Thianges, c’est le seigneur de Thenissey… Tous tombent d’accord : l’honneur commande de charger ! Que les Espagnols suivent ou pas, les Ligueurs iront !

Le mouvement s’engage ! Alors que Biron, qui a pris en main la centaine de cavaliers du baron de Lux, est en train d’éclairer à moins d’un kilomètre de Saint-Seine, il découvre soudain une immense masse de cavaliers ennemis, entre 400 et 600 chevaux, en train de fondre sur les infortunés cavaliers du seigneur d’Assonville… N’écoutant que son panache et son sens tactique, Biron fonce au contact pour rétablir la ligne royaliste en réunissant tous les cavaliers disponibles autour de lui : regroupant près de 200 hommes, il aligne Lux sur sa gauche, le marquis de Mirebeau à sa droite tandis que lui-même prend le centre de sa position pour recevoir le choc de l’ennemi. Il ne tarde pas : le seigneur de Rhoosne, un noble belge de la Wallonie espagnole, menant ce fort parti de cavaliers espagnols qui ont finalement accepté d’intervenir, scinde ses forces en deux pour couper les ailes de Biron et l’écraser par le nombre. Voyant cela, Biron réagit avec la vitesse de l’éclair et allonge sa ligne pour contrer la tentative : le choc est inévitable. Les deux cavaleries se rentrent dedans avec fracas. Une mêlée furieuse s’engage. Biron, déchainé, est impérial au milieu des siens. Sa droite tient bien grâce aux exploits du marquis de Mirebeau… Sa gauche, elle, est en perdition suite à la blessure du baron de Lux qui voit son cheval tué sous lui… Menacé d’encerclement par la gauche, Biron a alors la mauvaise surprise de voir plus de 120 cavaliers de la Ligue faire irruption d’un petit sous-bois : menés par Villars-Houdan en personne, ils se jettent avec hargne sur les royalistes. Biron, qui essayait de venir en aide à son flanc gauche en train de craquer, tente alors de retraiter vers la butte où se tient le roi avec les dernières réserves mais c’est peine perdue : il est encerclé. Le combat terrible, violent, sanglant se développe… Les cavaliers de Biron, luttant à un contre quatre, tombent les après les autres, déjà de 200, ils ne sont plus qu’une centaine ; Biron lui-même, se fait larder de coups d’épée et de lances : une blessure au ventre et une plus sévère à la tête qui lui a fait sauter son casque, sont venus l’ensanglanter. Encore quelques minutes et tout cela finira dans un bain de sang… Et qui viendra alors protéger le roi de France de la cavalerie espagnole et des Ligueurs ?

« À moi messieurs et faites comme vous allez me voir faire ! »


Henri IV trépigne sur sa butte : ses renforts, à savoir sa vraie armée, ne sont toujours pas là et il voit, presque sous ses yeux, ses braves gentilshommes se faire découper par les cavaliers ennemis… Et puis, il n’est pas acceptable de laisser son fidèle Biron en face d’une mort certaine ! Le roi essaye bien d’inverser la tendance en envoyant une centaine de cavaliers en renfort avec le capitaine Choupes mais ceux-ci sont immédiatement absorbés par la masse espagnole. On n’est jamais si bien servi que par soi-même : le roi ira lui-même ! Parole de Béarnais !

N’ayant même pas le temps de remplacer son chapeau par son casque de guerre, Henri IV, seulement protégé par une petite armure, donne les ordres pour la charge de la dernière chance : au duc d’Elbeuf de rallier les fuyards des cavaliers de Biron qui galopent en tous sens, au duc de la Trémouille de former la réserve, au vicomte de Tavannes de le suivre avec ses quelques 200 cavaliers… Rameutant également une centaine d’arquebusiers à cheval, Henri IV se porte alors devant les jeunes nobles qui l’accompagnent depuis Paris et Troyes et leur lance : « À moi messieurs et faites comme vous allez me voir faire ! »[3] Galvanisés par cet exemple, les jeunes seigneurs français se jettent à la suite du roi, espérant chacun que, s’il devait en mourir un en sauvant la vie du roi, ce serait lui.

La charge est lancée ! Environ 350 cavaliers royalistes contre plus de 700 à 800 Espagnols et Ligueurs, voire davantage  : le choc est terrifiant ! Mais il était temps car Biron, ne luttant plus qu’avec une soixantaine de cavaliers, est bien proche de succomber…

Chevau-léger de l’armée d’Henri IV (Source-Adrien Petit, Histoire de l’armée française, collection de l’auteur)

Le roi, combattant comme un simple cavalier, se fait jour au travers de la mêlée à force de coups d’épée… Derrière lui, le gentilhomme Mainville garde un pistolet chargé au cas où un Espagnol viendrait menacer la vie du roi en traître… Les duels singuliers se multiplient…

Le fringant duc de Roquelaure qui suit le roi partout se voit ordonné par ce-dernier d’essayer de ramener les fuyards des cavaliers de Biron mais Roquelaure refuse, pour une bonne raison comme il s’en explique rapidement: “Vous m’excuserez on croiroit que je fuis avec eux; l’action sera chaude; je combattrai à vos côtés y et je serai bien aise d’écrire à ma belle amie que j’y étois ![4] Le panache à la française ! La première ligne espagnole est vite trouée : les cavaliers du roi se jettent déjà sur la seconde ! Les chevau-légers ligueurs du capitaine Samson sont littéralement taillés en pièces ! Le malheureux Villars-Houdan, spectateur impuissant de la déconfiture des siens, se voit soudain chargé par le roi de France en personne : il ne demande pas son reste et se dégage de la cohue, n’osant pas l’affronter… Pan ! Et voilà, Villars-Houdan blessé au bras d’un coup de mousquet bien ajusté… Pan ! Henri IV sursaute car jamais un coup de feu ne l’a frôlé d’aussi près : c’est le brave Mainville qui vient d’exploser la tête d’un Espagnol à bout portant alors que celui-ci allait percer le roi d’un coup mortel ! La seconde ligne espagnole se désagrège, déjà on peut voir les rescapés de Biron au loin qui luttent encore pour leur survie ! « Gare, la Curée ! »[5] La voix forte et tonitruante du roi de France vient de résonner à travers le chaos de la mêlée mais elle vient de sauver le seigneur Gilbert Filhet de la Curée, qui se retournant sur l’injonction du roi, arriver à transpercer un Espagnol qui lui fonçait dessus, sa lance baissée… La Trémouille, voyant le roi aussi violemment engagé, quitte sa réserve avec les derniers cavaliers qui restent et rejoint la mêlée ! Le capitaine ligueur Samson et ses derniers hommes sont tous tués… Christophe de Rabutin baron de Chantal, un noble bourguignon de 31 ans, se bat sans relâche pour protéger le roi, tombe blessé sous ses yeux… Le seigneur local de Gemeaux est blessé, le seigneur de Langres sauve le roi de cinq coups de lance consécutifs, le jeune du Chauffour montre une telle ardeur au combat que le roi demande son nom immédiatement… Mais la mêlée est encore indécise… En vain, des gentilshommes essayent de suivre le roi de France pour lui donner un cheval arabe qui lui permettrait de quitter plus rapidement cette cohue de mort : refus catégorique d’Henri IV qui répond avec fougue : « Il y a plus de périls à la fuite qu’à la chasse, je n’ai pas besoin de conseils mais d’assistance ! »[6] Aux côtés du roi de France, les ducs de Roquelaure et de Liancourt, les marquis de Pisani, du Tresnel et de Château-vieux, les seigneurs de Dinteville, de Montigny et de Mirepoix courent mille dangers pour éviter de le voir encerclé et assailli par les masses ennemies…

Lanciers au service de l’Espagne (Source-Collection Vinkhuijzen, New York Public Library Digital Collection)

Enfin, Biron est rejoint ! Les deux compères de toujours, Henri et Charles, n’ont pas le temps de fêter les retrouvailles mais poursuivent le combat, côte à côte, comme ils ont toujours fait ! Biron, malgré ses blessures, réussit ainsi à regrouper près de 120 cavaliers et fait maintenant la chasse aux ultimes cavaliers ennemis qui osent encore résister à cette terrible Furia Francese !

Finalement, les survivants des cavaliers ligueurs se regroupent autour des Espagnols qui ont su conserver un meilleur ordre : Don Rodrigo Belluno réunit ainsi ses cinq compagnies près d’un bois. Mayenne qui rejoint à ce moment doit être atterré.

La charge du roi s’arrête pourtant très vite. En effet, s’avançant vers Saint-Seine, il voit alors l’armée espagnole en train de se déployer au grand complet avec de fortes masses de cavalerie et d’infanterie. On ne peut risquer un affrontement dans ces conditions. Retraitant en très bon ordre pour montrer de l’assurance et impressionner l’ennemi, Henri IV et Biron rejoignent alors la butte initiale : c’est là qu’ils se voient rejoints par le gros de la cavalerie royale. C’est toute la grande noblesse française qui débouche : c’est le duc de Vendôme, le comte de Chiverny, le comte d’Auvergne, les seigneurs d’Oise, de Vitry, de Clermont, de Ricey, de Rambures, de la Boulayes, de Saint-Guéran, plus de 800 des meilleurs cavaliers du pays avec notamment les chevau-légers de la Maison du roi.

Cavaliers français au combat (Source-Collection Vinkhuijzen-New York Public Library Digital Collection)

Impressionnés par cette démonstration de force de la part du roi de France et croyant qu’il a sous la main une très importante armée, fortement ébranlés par la charge de cavalerie et surtout échaudés sur le fait d’aider Mayenne et les Ligueurs qu’ils méprisent, les Espagnols décident finalement d’abandonner la partie et de repartir vers la Franche-Comté espagnole. Henri IV, vainqueur, triomphe.

Epilogue


Dès la fin du combat de Fontaine-Française, Henri IV charge le jeune duc de Guise, le fils du célèbre ‘‘Balafré’’, de se lancer à la poursuite des Ligueurs : ce dernier, seulement âgé de 24 ans, fait honneur à la mémoire de son père et se met rapidement en évidence en remportant un duel devant le front des troupes face à un Ligueur qui l’avait défié.

Alors qu’Henri IV fait le compte de la journée, un jeune trompette espagnol vient lui rendre le casque du maréchal de Biron : charmante attention de la part des ennemis du jour ! Quelques temps après, le seigneur de la Curée arrive pour chaudement remercier le roi de l’avoir sauvé au cours du combat. Finalement, Henri IV peut tranquillement aller passer la nuit au château du baron de Lux.

Henri IV à la tête de ses troupes (Source-New York Public Library Digital Collection)

Ce combat se solde finalement par de très faibles pertes pour les royalistes : entre 4 et 6 tués pour les gentilshommes combattant autour du roi et de Biron. Il faut néanmoins compter un nombre plus élevé mais inconnu parmi les gens d’armes et simples soldats. Les pertes des Ligueurs et des Espagnols sont inconnues mais nettement plus élevées.

En revanche, les conséquences de Fontaine-Française sont incalculables. L’armée de la Ligue est définitivement dispersée : Villars-Houdan, fait prisonnier à la fin du combat, est reconduit chez les siens sous promesse de ne plus servir tandis que le duc de Mayenne est complétement lâché par ses alliés espagnols.

Henri IV peut ainsi orchestrer son retour en grandes pompes à Dijon le mardi 7 juin suivant dans une ville qui le célèbre comme il se doit. Les derniers Ligueurs réfugiés dans la citadelle ne peuvent que se rendre à sa clémence.

C’est dans ces moments de triomphe que le roi écrit une lettre touchante à sa sœur, Catherine de Bourbon, de six ans sa cadette et qui gouverne alors, en son nom, ses domaines royaux dans le Béarn. Cette lettre révèle combien, à travers l’héroïque de cette charge, le téméraire Henri IV a réellement craint pour sa vie dans cette mêlée furieuse de Fontaine-Française :

La sœur du roi Henri IV, Catherine de Bourbon, régente du Béarn, 1559-1604 (Amélie Cordelier de la Noue, Château de Pau-RMN, Wikimédia Commons)

« Ma chère sœur, tant plus je vais en avant et plus j’admire la grâce que Dieu me fit au combat de lundi, où je pensois n’avoir défait que douze cents chevaux, mais il en faut compter deux mille. Le connestable de Castille y étoit en personne avec le duc de Mayenne qui m’y virent, et m’y cognurent toujours fort bien, ce que je sais de leurs trompettes et prisonniers. Ils m’ont envoyé demander tout plein de leurs capitaines italiens et espagnols, lesquels n’étant point prisonniers, faut qu’ils soyent des morts qu’on a enterrés, car je commandai le lendemain qu’ils le fussent. Beaucoup de mes jeunes gentilshommes me voyant partout avec eux, ont fait feu en cette rencontre, et y ont montré de la valeur beaucoup et du courage, entre lesquels j’ai remarqué Grammont, Termes, Boissy, La Curée et le marquis de Mirebeau, qui fortuitement s’y trouvèrent, sans autres armes que leurs hausse-cols et gaillardets et si firent merveille. Aussi y en fut-il d’autres qui n’y firent pas si bien, et beaucoup qui firent très mal. Ceux qui ne s’y sont pas trouvés y doivent avoir du regret, car j’y ai eu affaire de tous mes bons amis, et vous ai vu bien près d’être mon héritière. Je suis à cette heure devant le château que les ennemis, après avoir joint leurs forces, font état de secourir encore une fois. Mais Dieu leur en a déjà ôté un grand moyen, et m’a donné un si grand pied sur eux, qu’ils auront tout besoin de se défendre et non de m’assaillir, quand j’aurai passé vers eux, comme je me délibère. Je me porte bien, Dieu merci, vous aimant comme moi-même. »

La suite des opérations se déroule sans problèmes pour Henri IV et la Bourgogne est pacifiée très rapidement. Les Espagnols de l’autre côté de la frontière de la Franche-Comté ne bougent plus, et hormis un violent accrochage de cavalerie à Gray le 12 juillet, plus rien ne se passe ; Henri IV peut alors quitter Dijon le 13 juillet laissant Biron[7] en Bourgogne avec plus de 25 000 hommes de troupes royales. C’est plus qu’il n’en faut. Pendant ce temps, le roi gagne Lyon pour y attendre les lettres du Pape lui donnant l’absolution divine pour sa foi révoquée : elles arriveront le 17 septembre 1595. Dès lors, plus rien n’empêche Henri IV de terminer -enfin- les guerres de religion qui ensanglantent la France depuis maintenant plus de trente ans. Le 11 janvier 1596, un traité définitif mettait fin à la guerre interne avec la Ligue catholique et Mayenne l’irréductible se rendait aux conditions du roi de France lors d’une entrevue restée célèbre où le svelte et sportif Henri IV s’amusa à humilier le bedonnant Mayenne en le faisant marcher trop longtemps à ses côtés dans la forêt du château de Montceau en région parisienne. Mais Mayenne ne lui en tiendra pas rancune, devenant l’un de ses meilleurs chefs militaires.[8]

Henri IV et son héraut d’armes (Source-Liliane et Fred Funcken, collection de l’auteur)

En guise de conclusion, notons ceci. Le 27 juin 1570, un jeune noble et prince héritier de Navarre, combattait à Arnay-le-Duc étonnant tout le monde par son panache lors d’une  charge décisive menée personnellement. Il avait alors 16 ans et se nommait Henri de Navarre. Un peu moins de 25 ans plus tard, Henri, 42 ans, devenu roi de France, assurait définitivement son trône à Fontaine-Française à seulement 90 kilomètres au nord-est d’Arnay-le-Duc lors de la charge d’anthologie racontée ici. Une charge où il avait risqué sa vie comme jamais. Ne devait-il pas lui-même déclarer par la suite : « Dans bien des affaires, j’ai combattu pour la victoire mais à Fontaine-Française, j’ai combattu pour la vie. »[9] En effet. Mais si Paris valait bien une messe, le trône de France, lui, valait bien un tel panache. Et sans doute, jamais plus qu’à Fontaine-Française, Henri IV prouva bien qu’il était digne d’être roi.

Bibliographie

Agrippa d’Aubigné Théodore, Histoire universelle, Volume 9, Paris, Librairie Renouard, 1897, 510 p.

-Girault C.X., Combat de Fontaine-Française soutenu par Henri IV en personne, Dijon, 1822, 28 p.

-Gascon Richard-Edouard, Histoire de Fontaine-Française, Dijon, Imprimerie Darantière, 1892, 502 p.

-Poirson Auguste, Histoire du règne de Henri IV, t. II, Paris, Didier, 1864, deux volumes.

-Béthunes Maximilien duc de Sully, Mémoires du Duc de Sully, t. II, Paris, Étienne Ledoux, 1827, cinq volumes.

-Tavannes Guillaume de, Mémoires de messire Guillaume de Saulx, seigneur de Tavannes, dans Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l’histoire de France, t. XLIX, Londres, 1789, 648 p.

Notes

[1]Notons que le roi est toujours marié officiellement avec la reine Marguerite de Valois, la fameuse Reine Margot mais les deux époux font depuis assez longtemps chambre à part ; le mariage sera d’ailleurs dissous en 1599.

[2]Il n’en sera, hélas, pas ainsi : alors qu’Henri IV annonce à la Cour en février 1599 son intention officielle d’épouser Gabrielle d’Estrées, elle décède deux mois plus tard dans des circonstances atroces et mystérieuses : atteinte d’une maladie foudroyante, elle expire le 10 avril défigurée par l’infection à tel point que l’on voudra empêcher le roi de la voir sur son lit de mort. Certains soupçonneront un empoisonnement étant donné le nombre d’ennemis qu’elle avait même si de nos jours, la thèse en vigueur va à l’éclampsie, une horrible maladie survenant généralement chez la femme enceinte. Henri IV sera complètement inconsolable de la perte de sa Gabrielle : « Les regrets et les plaintes m’accompagneront jusqu’au tombeau. La racine de mon cœur est morte… »

[3]Henri IV cité dans Giraud, Combat de Fontaine-Française, p. 10, d’après les mémoires du vicomte Guillaume de Tavannes.

[4]Duc de Roquelaure cité dans Giraud, Combat de Fontaine-Française, p. 16, d’après les mémoires de Sully.

[5]Henri IV cité dans Giraud, Combat de Fontaine-Française, p. 16.

[6]Henri IV cité dans Giraud, Combat de Fontaine-Française, p. 16.

[7]Malheureusement pour Henri IV, Biron, pourtant couvert d’honneurs, décide, pour une raison obscure, de le trahir quelques années plus tard en complotant avec la Savoie et l’Espagne. Malgré tous les efforts du roi pour le sauver via une repentance, Biron restera sur ses positions et sera exécuté en 1602.

[8]La guerre avec les Espagnols durera néanmoins jusqu’en 1598 mais sur d’autres fronts. Cela se passera principalement en Bretagne mais surtout en Picardie avec un épique siège d’Amiens en 1597 où le duc de Mayenne se distinguera aux côtés du roi de France. La paix de Vervins le 2 mai 1598 viendra clore les hostilités, laissant les deux puissances sur un statu quo finalement très favorable à la France.

[9]Henri IV cité dans Giraud, Combat de Fontaine-Française, p. 15, d’après Agrippa d’Aubigné.

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