Somosierra 1808 : Les Polonais de l’Empereur ouvrent la route de Madrid !

L’ouverture de la rubrique “Guerre et Littérature” débute par la rencontre symbolique entre un jeune écrivain et une des grandes figures de l’histoire militaire. A travers ce court entretien avec Raphael Romeo (âgé de 28 ans), rédacteur prolifique de LRHM et spécialiste des guerres napoléoniennes, nous souhaitons vous présenter l’homme derrière l’ouvrage Somosierra 1808 : Les Polonais de l’Empereur ouvrent la route de Madrid !, publié le 28 août 2020. Dialogue qui, nous l’espérons, vous donnera l’envie de vous lancer dans cette lecture captivante. 

P.B. : Sur le site de “La Revue”, tu es décrit comme un « passionné de l’épopée napoléonienne depuis 1998 ». Pourquoi cette année précise ? Quel a été l’événement déclencheur de ton intérêt pour l’histoire militaire ?

R.R. : Si j’ai daté de 1998 ma passion pour les guerres napoléoniennes, c’est parce que cette date correspond à la première fois où je suis allé à une reconstitution historique. Alors âgé de six ans, j’ai pu voir le débarquement de Napoléon à Golfe-Juan, visiter un bivouac, voir évoluer les troupes, etc. En réalité, je portais cette passion en moi depuis toujours mais je pense que je peux dater de là mon intérêt ‘’conscient’’ pour la chose militaire, en général, et l’Épopée napoléonienne, en particulier. 

P.B. : A quel moment tu t’es décidé à écrire un livre ?

R.R. : Sans tomber dans le cliché, j’ai éprouvé, un soir où j’avais besoin d’échapper à certaines réalités, le besoin voire l’appel de l’écriture historique sérieuse. ‘’Sérieuse’’ dans le sens où je pourrais amener ma production jusqu’au stade de livre complet. Auparavant, je n’écrivais que de courts textes sans penser les destiner à la publication, du moins dans l’immédiat. Alors que là, je ne me suis pas arrêté et le manuscrit de ‘’Somosierra” a été quasiment prêt en seulement 6 semaines. 

Extrait du livre de Raphael Romeo

P.B. : Pourquoi la bataille de Somosierra ? 

R.R. : Mon master effectué à la Sorbonne en 2014-2016 portait sur les chevau-légers polonais de la Garde Impériale de Napoléon Ier. De fait, la place de la charge de Somosierra, le plus grand exploit de ces cavaliers, y est centrale. Je me rappellerais toujours la première fois où j’ai découvert cette bataille par l’intermédiaire des Mémoires du sous-lieutenant Andrzej Niegolewski, l’un des héros du jour. Alors malade et cloué au lit, j’ai lu son livre en une seule journée et depuis, Somosierra ne m’a jamais quitté, restant comme une obsession, un devoir. Un devoir pour moi, historien, de raconter ce qui s’est passé et de perpétuer ainsi le souvenir. 

P.B. : Quelles ont été les difficultés rencontrées dans le processus d’écriture ?

R.R. : Les principales difficultés que j’ai rencontré se sont concentrées dans la ‘’mise en scène’’ de cette fameuse journée du 30 novembre 1808. En effet, les récits polonais, français, espagnols ne concordent pas, se chevauchent, se contredisent parfois et il a fallu faire des choix tout en sachant que chaque récit ne part jamais vraiment de rien : il faut donc tenir compte de tout et écouter tout le monde avant prendre une décision. Certaines seront peut-être critiquables mais j’ai essayé de peser tous les ‘’avis’’.

P.B. : Est-ce que tu as des parties du manuscrit qui te tiennent à cœur ? Lesquelles ?

R.R. : Pour plusieurs raisons, ma partie favorite reste celle de la charge proprement dite. J’ai tenté et espère avoir réussi à retranscrire au plus près les sept minutes qui ont vu ces 125 cavaliers Polonais mettre en fuite près de 5000 à 6000 soldats espagnols qui ne comprirent pas comment arrêter cette furie à cheval. Mettre en scène cette action est le cœur absolu de ce qui m’intéresse et me motive dans l’étude de l’Histoire militaire : se faire le conteur des exploits militaires en retrouvant les personnalités qui en ont été les auteurs. 

Je suis également assez fier de mes recherches concernant la version espagnole des événements, versant peu étudié en France. Cela a été certes un défi pour moi mais je pense  qu’il est toujours primordial de mettre en valeur, dans la mesure du possible, les deux camps lors du récit d’une bataille. 

P.B. : As-tu déjà réfléchi à des futurs projets ?

R.R : Ils sont déjà presque prêts ! Je suis en train de finaliser une étude, commencée, il y a près d’un an sur la bataille de Waterloo et je suis extrêmement fier du résultat ! La bataille, au cœur même de l’action, à travers les parcours individuels de plus d’une centaine de soldats, officiers ou généraux, dont j’ai pu retracer les actions grâce à leurs souvenirs et des recherches généalogiques et biographiques pour établir leur ‘’profil’’ psychologique. Je suis certain que ce ‘’Waterloo’’ fera du bruit le jour de sa publication ; j’en ai déjà de très bons échos via les réseaux sociaux pour les quelques pages que j’en ai partagé… Et puis un autre projet me tient également à cœur, il est presque fini aussi mais ce sera une surprise : cela parlera de combat au sabre dans le désert égyptien, du général Lasalle et de Murat, de Mamelouks tout harnachés d’or et mettra en scène l’une des aventures humaines sans doute parmi les plus incroyables et très peu connu des guerres napoléoniennes…

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