Les armées celtes avant notre ère, architectes d’un nouveau monde guerrier

En 390 avant notre ère, une armée celte marche sur Rome, s’empare de la ville et la pille. Plus de cent ans après, en 279, une grande expédition celte pénètre le territoire hellénique et saccage le sanctuaire de Delphes. Depuis l’antiquité jusqu’à la fin de l’après-guerre[1], ces deux événements semblent, à eux seuls, ponctuer artificiellement la très longue histoire d’un ensemble de groupes humains établis de l’Atlantique à la Bohême, en passant par le bassin parisien et l’Allemagne du sud. Ces dates marquent aussi la rupture d’un discours historiographique. Face à l’arrivée des armées celtes en Italie du Nord et la menace grandissante qu’elles constituent, les auteurs de l’antiquité détournent leur attention bénéfique à l’égard de ces peuples d’Europe centrale encore méconnus, pour commencer à souligner la différence de ces derniers qu’ils caractérisent notamment par un certain bellicisme[2]. Depuis cette période, les textes grecs et romains tendent à les inscrire, en fonction des événements et de leurs conséquences, dans un discours idéologique à partir duquel ils développent le concept de barbare.

Pourtant, l’archéologie nous indique qu’aux IV et III siècles, les peuples celtes vivent une période particulièrement dynamique et démontrent une maturité technique dans plusieurs domaines : il se produit la plus grande expansion colonisatrice en Italie, dans les Balkans et en Anatolie ; leur savoir-faire artisanal et leur maîtrise artistique atteint un haut-degré de technicité ; les sépultures offrent un contenu plus riche, malgré une infrastructure moins spectaculaire. Au carrefour de cet entrelacs d’évolutions se trouve une même donnée, ressource privilégiée de l’archéologie : l’armement – qu’il s’agisse des armes défensives ou offensives, des éléments constitutifs du fourreau ou de la panoplie.

Si les guerriers celtes de La Tène[3] – appellation du second âge du fer – semblent concentrer les progrès techniques en métallurgie de leurs époques, force est de constater que les documentations iconographiques transmises par les gréco-romains proposent une représentation bien éloignée d’un soldat à l’équipement militaire novateur. Au regard de plusieurs décennies d’historiographie privilégiant une étude de l’hellénisation et de la romanisation, un tel contraste peut, sinon surprendre, amener à une simple interrogation : de quelle manière retranscrire avec justesse la réalité des armées celtes avant notre ère ? Pour dépasser la description ou l’interprétation, il faut réfléchir, à la lumière de la transdisciplinarité, l’évolution de leurs armements tout au long du V au II siècle, en contextualisant leur mode d’organisation sociétale, en questionnant le concept d’innovation militaire propre à l’antiquité, et en étudiant l’évolution de leurs armements grâce aux traces archéologiques.

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La horde barbare, d’après M. Guizot (1870), illustration du XIX siècle mettant en scène les barbares et leurs attributs, André Rapin, Des messages enfouis sous la rouille, figure 1

Une société aristocratique, rurale et complexe, au format inclassable

Questionner la réalité d’un peuple à travers son histoire militaire ne saurait se limiter à l’étude exclusive de l’armement. Pour comprendre les évolutions successives et mieux appréhender son degré de technicité, il faut observer l’ancrage sociétal de ce dernier. Et, si la plupart des recherches récentes se concentrent sur des formes semblables ou avérées d’une organisation centralisée, très peu d’entre elles s’attachent à étudier la complexité anthropologique des sociétés celtes, en dehors des grandes nécropoles princières du V siècle ou de l’intégration à l’empire romain à partir du II siècle. Les chercheurs qualifient par défaut les IV et III siècles de « période de transition »[4], car ils observent une « disparition des agglomérations et des sépultures les plus riches », et ne constatent les formes d’une nouvelle dynamique sociale qu’à partir de la romanisation, avec l’apparition d’un mouvement d’urbanisation accompagné de la création de plusieurs centaines d’oppida.

L’archéologie révèle cependant une véritable organisation du territoire en termes d’habitat, d’agriculture et de religion. Celle-ci, spécifique aux sociétés celtes de cette époque, invalident dès lors les anciennes représentations de clairières cultivées, de forêts-frontières ou d’agricultures itinérantes[5]. Depuis trois décennies, les fouilles attestent d’une certaine densité des fermes réparties dans un paysage en habitats dispersés, preuve d’une propriété foncière organisée.  La structure de ces sociétés celtes des IV et III siècles s’appuie en réalité « essentiellement sur un tissu rural riche aux mailles serrées »[6]. Trois mailles entremêlent en effet ces différents groupes humains : les fermes, les sanctuaires et l’aristocratie.

Depuis l’âge du bronze, les sociétés celtiques pratiquent une agriculture complexe et intensive. Évoluant selon les régions en différents systèmes parcellaires, elles alternent aussi bien l’élevage que des cultures variées de céréales et de légumineuses de saison[7].  Les fermes se composent de quelques bâtiments fonctionnels, où loge la famille du propriétaire estimée à une dizaine de personnes. Les réserves sont entreposées, soit dans des silos souterrains, soit dans des greniers surélevés, deux techniques de préservation parfois utilisées simultanément et partagées par l’ensemble des cultures rurales antiques. Certaines fermes, néanmoins, concentrent des batteries à silos bien trop importantes, signe d’une consommation à destination non pas d’une, mais de plusieurs familles. Cette gestion de la nourriture signifierait alors l’intervention d’une autorité ou d’une entente entre famille pour un espace géographique donné[8].

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Silos à grain souterrains et greniers surélevés, Stephan Fichtl, http://www.patrimoineindustriel-apic.com

Cette piste nous amène à explorer, pour les IV et III siècles, l’existence d’habitats complexes. Ces habitats diffèrent des structures princières des VI et V siècles ou des agglomérations commerciales qui affleurent un peu partout vers la fin du III siècle. Généralement, ces fermes plus élaborées appartiennent à un propriétaire avec un statut particulier et se composent d’un talus élevé, d’un profond fossé et d’un impressionnant portail. L’habitat de Paule est l’un des exemples les plus représentatifs de ce type de propriété aristocratique, car il affiche une certaine régularité structurelle dans la construction des bâtiments, plusieurs étapes de construction de fortifications, contient plusieurs sculptures et un nombre impressionnant d’amphores à vin. Autre exemple, en Loire-moyenne, il est possible de trouver des petites agglomérations réunissant des habitations, des batteries à silos, des structures semi-enterrées, ou encore des ateliers de métallurgie.

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Restitution de la résidence de Paule vers -300. Un petit rempart de pierre et de bois doté de quatre tours portières protège le logis, probablement doté d’un étage. L’avant-cour abrite les dépendances. (Laurence Stéphanon, Arts graphiques et Patrimoine.), Une résidence de la noblesse Gauloise à Paule, Yves Menez (2016), http://bcd.bzh/becedia/fr/une-residence-de-la-noblesse-gauloise-a-paule

Les sanctuaires, qui se développent par exemple en Gaule dès le début du IV siècle, présentent des caractéristiques identiques : concentration de dépôts d’objets avec une présence récurrente d’armes et codification de l’architecture – à l’intérieur d’une galerie, un bâtiment central se développe autour d’une fosse à sacrifice, le tout entouré par une clôture constituée de deux fossés parallèles avec un portail monumental. Des armes, des ossements et des amphores ornementent la cour, véritable lieu d’exposition. Les sanctuaires, géographiquement isolés comme les habitats, indiquent de facto l’absence de concentration de la population mais, en tant qu’espaces dynamiques, jouent le rôle de la seconde maille de ce tissu rural dense et riche, où peut se rassembler ponctuellement la plèbe, les druides et les aristocrates.

C’est donc à travers les rituels dispensés par les druides et leurs adjoints que se croisent ces trois catégories sociales, normalement dispersées dans les campagnes. Les dépendants se déplacent de leur ferme pour venir participer aux activités religieuses ou aux rassemblements que l’aristocratie provoque grâce aux sanctuaires. Celle-ci, via des fonctions militaires ou religieuses, contrôle ainsi toutes les formes d’un territoire où l’habitat est isolé et l’activité collective limitée au partage des batteries de silos, au dépôt d’armes, et à l’activité religieuse. Cette organisation du territoire complexe spécifique aux sociétés celtes des IV et III siècles devait certainement apparaître comme archaïque aux yeux des grecs et des romains. L’opposition – à la défaveur des celtes – entre le modèle inclassable d’un proto-état décentralisé, et la norme de la centralisation, constitue l’une des nombreuses différenciations qui nourrit un « clivage nord-sud »[9] peu à peu instauré par la littérature antique, concept récurrent et fondamental pour penser l’innovation, notamment militaire, tout au long de l’antiquité.

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Reproduction du  sanctuaire celtique de Gournay-sur-Aronde. Construit au début du IIIe siècle av. J.-C. par les Bellovaques, à l’emplacement d’un petit enclos servant peut-être lui-même de lieu de culte à une époque antérieure, le sanctuaire accueillait les dépouilles et les armes de leurs ennemis, Ph. L. Petit © Archives Larbor, Larousse

Le concept d’innovation militaire à l’antiquité, ou le clivage du « guerrier civilisé »

Les récentes recherches sur l’organisation des peuples celtes laténiens nous offrent désormais un logiciel d’analyse plus affiné pour comprendre les mécanismes et les vecteurs de l’innovation tout au long de l’antiquité. Et, contrairement à la théorie de Patrice Brun, proposant une économie-monde centrée sur la méditerranée d’où proviendrait la création de proto-états périphériques, le dynamisme des sociétés celtes nécessite une double grille de lecture. D’abord exogène, ce dynamisme s’exprime bien, aux VI et V siècles, par l’introduction puis la diffusion de biens de valeur ou de comportements en provenance de la méditerranée. Néanmoins, la « période de transition »[10], dont il parle pour les deux siècles suivants, ne saurait souffrir des dénominations de « crise » ou de « recul », car elle se distingue par des stimuli internes aux sociétés celtes. Dans un modèle décentralisé, l’élite aristocratique domine une population paysanne rurale stable et vit, en effet, une émulation, voire une compétition entre les différentes familles. Les liens qu’elles entretiennent ne sont pas exclusivement pacifiques et, parfois, se révèlent extrêmement fécondes en termes d’innovations jusqu’à la romanisation du II siècle.

Ce dynamisme endogène des IV et III siècle s’exprime principalement à travers l’artisanat guerrier, déjà très développé à cette époque. Mais, un élément retient particulièrement l’attention des archéologues : la similarité des panoplies, des symboles de pouvoir et des armements. En Bavière, en Auvergne et en Gironde, ils retrouvent des fibules en alliages cuivreux, des épées courtes avec leur fourreau à bouterolle circulaire et même des panoplies incluant un système de suspension, toutes relativement similaires. En France, en Italie du nord, en Hongrie et en Angleterre, les fouilles révèlent des fourreaux d’épée de forme identique décorés de lyres zoomorphes[11]. A l’aube du IV siècle avant notre ère, se produit, à travers l’artisanat de guerre, un phénomène d’homogénéisation sans précédent qui marque un tournant dans l’histoire du monde celtique laténien. De l’atlantique aux rives de la mer Noire, l’uniformisation des standards militaires atteint une ampleur inégalée, au cœur d’un mouvement d’innovations et de mutations d’une extrême rapidité et simultanéité.

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Ensemble de fourreaux ornementés de lyres zoomorphes de La Tène B et du début C1, 1: Villeperrot, tombe 21, bronze,d’après BULARD 1982 ; 2: Barbey, tombe 6, bronze ; 3: Plessis-Gassot, tombe 1002, Val-d’Oise, d’après GINOUX 1998 ; 4: Saint-Benoit-sur-Seine, tombe 8, fer, d’après GINOUX 1994 ; 5: Sanislau, tombe 1, bronze, d’aprés BULARD 1982 ; 6; Ensérune, tombe 163, corail, d’après RAPIN, SCHWALLER 1987, Les fourreaux d’épée laténiens, supports et ornementation, Lejars, 2003

Si les forgerons laténiens ont été des pionniers dans l’évolution de la métallurgie du fer, s’ils ont su répondre aux mutations des armées par d’astucieuses innovations, comment expliquer les descriptions souvent pauvres dont souffre l’histoire militaire des sociétés celtes du second âge du fer ? Trois raisons semblent sous-tendre les discours idéologiques qui mystifient la culture militaire celte en lui attribuant les caractéristiques du barbare telles que la nudité, le manque de tactiques ou le défaut de technologies. De la plus matérielle à la plus conceptuelle, la première raison relève d’un constat archéologique établissant un vide technologique, à partir d’une quasi-absence de traces de boucliers, d’une répétition de formes irrégulières des lances et d’une arrivée tardive des casques, interprétée de fait comme un emprunt méditerranéen.

Une raison généalogique complète cette constatation. La continuité entre la période du premier et du second âge du fer souffre en effet d’une double imprécision : d’une part, une vision partielle et non globale des armes hallstattiennes conduisant à une identification relativement complexe du phénomène d’innovation ; d’autre part, une identification erronée ou inexistante des moteurs de mutation. Si dans le premier cas la corrosion peut entraîner cette imprécision, dans le second, il s’agit davantage d’une subtile combinaison entre deux concepts ethnologiques : l’évolutionnisme culturel et le diffusionnisme. Patrice Brun postule par exemple que les sociétés celtes évoluent d’une « chefferie » vers un « proto-état » pendant l’âge du fer, selon un schéma général de hiérarchisation des sociétés et de concentration du pouvoir admettant des reculs et des avancées[12]. Depuis les cités méditerranéennes, épicentre civilisationnel de l’économie monde de cette époque, proviendrait un gonflement de la demande entraînant une création de proto-états périphériques. Et, aux IV et III siècles, une période de transition, voire de recul, précéderait une révolution agricole, premier pas vers l’urbanisation et la centralisation. Comment expliquer alors qu’après la bataille d’Allia en 390 avant notre ère, l’empereur Camille intègre à l’équipement romain les orles en fer consolidant le tour des boucliers, savoir-faire développé par les artisans celtes ? [13]

Cette approche généralisante dépasse le cadre de notre temporalité contemporaine et s’inscrit dans une longue tradition. Troisième raison contribuant à pérenniser l’image du barbare, celle-ci relève d’une anthropologie et d’une historiographie de l’innovation militaire marquée par le clivage Nord-Sud[14] des « guerriers du premier Fer » et des « hoplites de Bronze » [15]. L’équipement défensif se trouve au cœur de cette problématique. Universelle aux IX et VIII siècles, la panoplie de l’hoplite – casque, cuirasse, cnémides, bouclier au blindage circulaire – est utilisée par l’ensemble des fantassins au nord comme au sud. Les phalanges grecques lourdement blindées utilisent donc une cuirasse de bronze, qu’ils considèrent comme l’attribut principal du « guerrier civilisé », tandis que les peuples de l’Europe moyenne abandonnent progressivement l’usage de ces équipements lourds dès le début de l’exploitation du fer. Cet abandon parait à ce point singulier aux yeux des grecs qu’ils le notent dans des récits légendaires avant, deux siècles plus tard, d’adopter un équipement identique pour gagner en dynamisme. De la souplesse et la légèreté de la cuirasse à son inexistence, la frontière du fictif ne tarde pas à être franchie, aboutissant à la création du mythe de la nudité pour les armées celtes. A partir de cette différence, se développent les concepts de faiblesse et d’innovation tardive de l’équipement défensif, renforçant cette croyance du « guerrier barbare » combattant frénétiquement face au « guerrier civilisé » jusqu’à l’adoption de l’équipement romain.

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Cuirasses d’hoplites grecs et macédoniens, A: cuirasse souple des hoplites grecs du V siècle ; B: cuirasse sans dossière du Mars de Todi, fin V siècle, Italie ; C: cuirasse en fer de la tombe de Vergina « dite de philippe », Macédoine, fin IV siècle, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier, André rapin

Ce clivage se retrouve à travers de nombreux témoignages laissés par la littérature romaine. Les historiens de l’antiquité critiquent les armes des celtes, et n’hésitent pas à puiser abondamment dans les mœurs et les comportements de leurs guerriers pour accentuer l’image du barbare – non sans paradoxe, car les anciens estimaient les gaulois pour leur maîtrise de la métallurgie[16]. Polybe, par exemple, parle de la mauvaise qualité des épées celtiques en expliquant leur inefficacité à l’action du premier choc, ne frappant que de taille[17]. Il décrit aussi la facilité avec laquelle ces mêmes épées se tordent dans leur longueur comme dans leur largeur, obligeant le guerrier à redresser la lame avec son pied. La citation en 1906 de Salomon Reinach met cependant un terme à tout débat : « « la torsion des épées celtiques est un rite, la mollesse du fer celtique est un mythe »[18].

Dès le VI et V siècles, des sources iconographiques méditerranéennes, comme les cuirasses peintes sur des céramiques grecques dites de « figure rouge »[19] illustrent trois types de représentations de guerriers celtes en duel, en combat et en fuite après un pillage. Même si leur identité en tant que celte n’est pas absolue, des traits distinctifs les différencient des combattants méditerranéens : nudité totale ou partielle, longue chevelure, attributs identitaires comme le port de l’épée sur le flanc droit, la ceinture à la taille, le bouclier ovale, la torque[20]. A titre d’exemple, la petite taille des boucliers représentés sur la frise de Civitalba trouvée dans la région des Marches en Italie tient plus d’une valorisation idéologique que d’une description du réel. Jusqu’à récemment, l’historiographie privilégiait ces représentations et délaissait l’étude de l’iconographie celtique. Soit à cause de la rareté des sources ; soit par une interprétation conceptuelle erronée des protections militaires, empêchant la compréhension des normes celtiques en matière d’élaboration d’iconographie figurative[21].

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Frise de Civitalba (Marches, d’après Massa-Pairault, 1978)

La découverte de plusieurs sculptures en pierre d’origine celte démontre cette incompréhension maintenant révolue, et atteste d’une réalité tout à fait différente de ce que nous transmettent les images gréco-romaines. Une première série confirme ainsi l’ancienneté du concept de cuirasse : d’une part, l’une des deux statuettes accroupies de Vix datant du premier âge du fer est un guerrier recouvert d’une cuirasse lambrequins (plaque de fer tombant depuis la nuque) et armé d’un bouclier à spina vertical ; d’autre part, le petit personnage assis en tailleur trouvé dans la tombe de Glauberg est un guerrier portant une cuirasse, probable représentation de celles composées en matériaux organiques. Une seconde série témoigne d’un équipement plus récent : les grandes statues de Grès, près de Glauberg, affichent une épée, un fourreau, un bouclier et une cuirasse souple propre au V siècle et totalement différentes des normes grecs ou étrusques ; enfin, les personnages assis en tailleur de la Roquepertuse portent bien des cuirasses renforcées par un large dossier rectangulaire, contrairement à la première identification ayant conclut à un habit de grand prêtre alors en usage dans la Massilia grecque[22]. Ces dernières se distinguant encore une fois des cuirasses helléniques ou italiques.

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A gauche la grande statue en grès de Glauberg (Hermann, 1997) et la statue du guerrier assis de Vix  portant une cuirasse à ptériges (B. Chaume, 1996) ; à droite la statue du guerrier de Roquepertuse restituée avec une cuirasse complète et la statue du guerrier assis de Glanum avec la restitution partielle de sa cuirasse. André rapin (1999)

Une fois le concept d’innovation à l’antiquité questionné à travers l’archéologie et une lecture critique de l’historiographie, de la généalogie et de l’anthropologie, une assise plus fine, nuancée et équilibrée se dessine alors pour appréhender l’histoire artisanale des armées celtes laténiennes.


L’armement des armées celtes laténiennes : continuité et mutations du V au II siècle

Cette histoire militaire des sociétés celtes se révèle notamment à travers l’évolution de l’armement. Chaque siècle contient en effet ses propres singularités techniques, résultats de diverses mutations qui peuvent se traduire par l’apparition, la disparition, l’allègement ou le renforcement des armes et des panoplies. Ces changements, bien qu’ils se manifestent avec une extrême rapidité, doivent être inscrits dans une continuité.

Tel est le cas de l’armement celte du V siècle avant notre ère qui, d’une part poursuit un processus d’allègement, d’autre part associe matériaux organiques et métalliques[23]. Le char de guerre à deux roues, dont l’usage est attesté entre la Rhénanie et la Champagne dès le début du V siècle, est probablement l’exemple le plus représentatif de cet allègement. En pleine transition entre le premier et le second âge du fer, il se différencie des chars à quatre roues des « princes hallstattiens » lourdement blindés par d’épaisses tôles de fer dont il se déleste. Ses composantes métalliques se réduisent considérablement, notamment au niveau de la roue et des jantes : le nombre de clous nécessaires à la fixation du cerclage des deux roues diminue grâce à une meilleure technique de soudure des bandages et une meilleure précision lors des assemblages à chaud ; deux clavettes maintiennent sur l’essieu[24] les roues, dont les moyeux[25] sont consolidés par deux frettes ; deux plaques renforcent l’essieu du char et le protègent d’une érosion précoce en absorbant une partie de la chaleur dégagée par le frottement des moyeux ; enfin, deux tiges articulées assurent la suspension de la caisse sur l’essieu.

Une transformation de l’équipement défensif accompagne celle du char de guerre. Tout d’abord, le bouclier, dont la présence commence à être attestée dès le début du V siècle, se renforce par l’ajout de pièces métalliques : les manipules[26] en bois et leurs assemblages de tenons et mortaises en matériaux organiques détériorés sont très souvent remplacés par des pièces en fer ; des orles en fer consolident les bords des boucliers ovales, tandis que les artisans latins utilisent encore du cuivre ; des extensions en fer fortifient l’axe de la spina[27], complétées vers la fin du V siècle par l’apparition de l’umbo métallique, devenue possible grâce aux progrès des forgerons celtes dans la tôlerie du fer. Les casques présentent aussi des caractéristiques spécifiques à la transition du début de La Tène. Un premier type dit de « Berru » fréquent en Europe occidentale, de forme conique et équipé d’un couvre nuque prolongé, est d’abord majoritairement composé d’alliages cuivreux, sa réalisation complexe demandant une longue période d’adaptation avant l’utilisation du fer. Un second casque dit de Bockweiler, davantage présent en Europe Centrale et orientale et arborant une forme de récipient hémisphérique adopte, lui, plus facilement et rapidement une composition en fer.

 

Enfin, l’équipement offensif du V siècle se résume par l’usage extrêmement diversifié des armes d’hast. Les lances sont utilisées comme des armes d’estoc si leur fer est fortement nervuré. A l’inverse, celles dont l’armature est longue, non nervurée et qui présentent des cannelures de raidissement partiel au niveau de la moitié inférieure du fer servent d’arme de jet[28].

équipement V siècle
A: char à deux roues B: armatures métalliques du bouclier, umbo bivalve à ailettes,
couvre-spina et orle C: casques de type « Bérru » et de type « Bockweiler » (2) D: armes d’hast. André Rapin (1999)

Au IV siècle avant notre ère, la réalité militaire des sociétés celtes commence progressivement à se redéfinir en une culture artisanale plus uniforme, avec deux principales nouveautés. La première est une nouvelle conception de la bouterolle[29], désormais soudée à l’extrémité du fourreau par un seul tenant. Cette simplification, qui se retrouve sur une grande partie des nouveaux fourreaux laténiens traduit un besoin concret des forgerons celtes : décomplexifier l’élaboration de cette pièce et les interventions de réparation. Les recherches artisanales considèrent en effet une augmentation de la fréquence des dommages infligés aux armes due à l’accroissement des activités militaires. Développer la nouvelle bouterolle d’un seul tenant permet alors de remplacer facilement les pièces défectueuses du fourreau. La seconde nouveauté tient davantage d’une meilleure connaissance de l’armement offensif des armées celtes dans leur globalité. Pendant longtemps, les recherches ont estimé que l’usage du poignard s’était prolongé durant toute la phase ancienne de La Tène, à cause notamment des fourreaux d’environ soixante centimètres. S’il est vrai que les armes courtes « caractérisent une brève phase de transition avec le premier âge du fer, les armes très longues leur succèdent chronologiquement »[30]. Au IV siècle, trois types d’épées équipent les militaires celtes : une épée très longue (65 à 70 cm) et très large (5 à 6 cm) ; une autre d’une longueur médiane (60 à 64 cm) ; puis, une plus petite, d’une longueur moyenne de 50 cm et d’une largeur de 3 à 4 cm.

La dynamique d’uniformisation se poursuit et s’accentue tout au long du III siècle, période la mieux représentée dans les cimetières laténiens d’Europe grâce à une augmentation des dépôts militaires dans les sépultures. Et, à nouveau, l’équipement défensif concentre les investigations des artisans celtes. Ils travaillent en effet sur les cottes de mailles – dont la présence est attestée au III siècle[31] – et sur le bouclier. Ce dernier, plutôt destiné à une élite aristocratique au V siècle, conserve à l’identique les évolutions précédentes, mais se distingue par un usage nettement plus fréquent, voire normalisé. Cette large diffusion s’expliquerait d’abord par une fabrication simplifiée de l’umbo devenu monocoque, ne couvrant plus la totalité de la spina ; ensuite, par la disparition des ailettes au profit d’un rivet de fixation traversant la coque. L’allègement de l’orle recouvrant le tour du bouclier de deux ou trois dizaines de centimètres aurait aussi contribuer à un meilleur confort et par conséquent une plus large utilisation.

Or, la véritable innovation de ce siècle est la création d’un ceinturon à chaines, résultat de plusieurs décennies de recherches technologiques. Conçu non pas pour assurer la seule suspension du fourreau, mais bel et bien pour stabiliser l’arme[32], les forgerons celtes résolvent alors des contraintes anatomiques et ergonomiques, en développant une nouvelle technique métallurgique complexe : la semi-rigidité[33]. Une première chaîne courte se situe vers l’avant, entre la hanche droite et le centre de la taille. Elle s’accroche à la pièce de suspension du fourreau par un petit anneau et se fixe à l’œillet de la sangle de cuir par un crochet ouvert et bouleté. Une seconde chaîne, trois à quatre fois plus grande, entoure les hanches par l’arrière. Un double anneau permet de la lier à la petite chaîne et un autre anneau se fixe au fourreau. La semi-rigidité, tout en contrebalançant chaque oscillation du fourreau provoquée par les mouvements du guerrier, doit permettre de réduire les mouvements aléatoires de l’épée le long de la jambe droite. L’objectif étant d’offrir une rapidité maximum sans qu’aucun membre inférieur ne soit encombré.

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Illustration du ceinturon à chaîne standardisé et caractéristique du III siècle av.n.è. André Rapin (1996)

En très peu de temps, les forgerons commencent à alourdir les chaînes pour gagner en stabilité, mais le poids triple, voire quadruple, atteignant parfois 1.5kg. Il leur faut alors imaginer une autre technique pour alléger l’ensemble, tout en maintenant une stabilité et un confort optimum ; ils relèvent à nouveau ce défi technologique avec brio, en simplifiant le système de fermeture et de tension : le crochet bouleté de la petite chaîne est remplacé par un anneau simple et transféré à l’extrémité de la plus longue chaîne. Ils agrandissent ensuite le diamètre des anneaux sur la pièce à suspension du fourreau. Cette solution s’accompagne d’une diminution continue du diamètre de ces anneaux, d’une réalisation toujours plus fine des maillons des chaînes, dont le nombre augmentera et le poids baissera jusqu’à quatre ou cinq fois.

Jusqu’au troisième quart du III siècle, l’ensemble des technologies développées par les artisans ciblent les fantassins et, plus particulièrement, ceux munis d’une épée de dimensions moyennes. Le bouclier ou le ceinturon à chaînes et leur standardisation amènent ainsi à formuler deux hypothèses. La première soulève la probabilité de la spécialisation au sein des armées celtes[34] : tous les fantassins n’étant pas pourvus d’un système de stabilisation, l’on pourrait imaginer le début d’une diversité des rôles en fonction des missions et des attributions – d’autant plus que « l’existence de plusieurs panoplies-types contemporaines se vérifie de plus en plus fréquemment sur l’ensemble de l’Europe celtique. »[35] Seconde hypothèse : la disparation simultanée des deux autres types de combattants possédant des épées longues et courtes ne signifierait-elle pas une normalisation structurelle des fantassins, corollaire du processus d’uniformisation ? L’expansion militaire, requérant des armées plus nombreuses et mieux organisées, aurait pu amorcer cette transformation, consciente ou inconsciente, vers l’adoption d’un seul et même standard pour les combattants à l’épée.

Quoiqu’il en soit, l’hypothèse de la spécialisation se confirme à la toute fin du III siècle, avec l’apparition de l’usage de la cavalerie. Les dernières évolutions d’armement confirment cette nouvelle distinction entre cavaliers et fantassins. Celles-ci prennent une direction inverse au mouvement d’allègement ou de réduction initié depuis le V siècle : les umbos des boucliers s’agrandissent et leur coque métallique recouvre de plus en plus la spina en bois ; l’armature des lances dépassent largement les 70 centimètres de longueur ; l’épée n’assume plus qu’une fonction de taille ; enfin, de nouvelles formules de maillons sont inventées pour les ceinturons à chaînes, dont l’ultime évolution n’est autre que le système de gourmette, encore utilisé aujourd’hui. Inutile pour les cavaliers, les ceinturons à chaînes ne tardent pas à disparaître vers le début du II siècle. Seuls les trois anneaux et le crochet en métal persisteront pour pérenniser le système antérieur de suspension.


La Tène Finale et le début de la romanisation : continuité ou rupture ?

Le II siècle clôt petit à petit cette formidable dynamique de mutation de l’armement celtique. Durant la Tène Finale, le même souci de continuité doit caractériser la transition de la fin du III au début du II siècle, malgré un manque avéré de sources[36]. Les lames d’épées, par exemple, poursuivent leur allongement, s’affinent en largeur et compensent la perte de leur nervure centrale par de nouvelles techniques d’enlèvement de matière, pour renforcer la rigidité du métal. Ces lames pouvant désormais atteindre les 80 centimètres de longueur, voire 96 centimètres, devaient appartenir aux cavaliers. Ensuite, les boucliers et l’allongement de l’umbo donnent lieu, dès le début du II siècle, à trois nouvelles typologies : une forme rectangulaire longue qui se raccourcira, une forme à ailettes limitées par un arc de cercle, ainsi qu’une forme à ailettes trapézoïdales toujours en usage lors de la conquête de la Gaule par César. Enfin, les casques réapparaissent sous diverses formes qui tendent, pour certaines à fusionner entre elles, sans pouvoir déterminer si les romains ont influencé les celtes, ou inversement.

évolution de l'umbo
Evolution de l’umbo de la fin du II siècle au début du I siècle. André Rapin (1999)

La romanisation des territoires celtiques en Italie du nord ne met pas pour autant un terme à l’influence laténienne, l’occurrence des premières armes romaines utilisées par des celtes ne datant que du milieu du I siècle avant notre ère[37]. Les Insubres, les Cénomans ou les Vertamocoris, malgré une perte d’autonomie, continuent par exemple de pratiquer des dépôts d’armes et d’épées du type La Tène. Néanmoins, l’artisanat celte spécifique à cette époque ne témoigne plus d’une véritable dynamique de création ou d’innovation ; on constate un retour aux alliages cuivreux ou tout simplement au cuivre pour certains fourreaux, démontrant peut-être des préoccupations plus visuelles et symboliques que militaires[38]. Ces étuis sont moins rigides que le fer, se plient, cassent, les bouterolles se démontent ou les pièces de suspension se détachent[39]. Équipés d’un petit couvre-nuque, les casques ne font pas exceptions, avec une élaboration simplifiée en alliages cuivreux. Comme le précise André Rapin, l’ensemble de ce nouveau siècle « évoque plutôt l’armement de prestige d’une classe militaire aristocratique qu’une quelconque tendance évolutive de l’armement celtique interrompue par l’expansionnisme romain. Les moteurs classiques de l’innovation technique et militaire semblent perturbés avant la conquête romaine. L’initiative des mobilisations militaires ne leur appartient plus. C’est Rome qui impose désormais, son « calendrier » expansionniste. »[40]


Conclusion

Héritières de la culture hallstattienne et devancière de la romanisation, les sociétés celtes du second âge du fer ont pendant longtemps souffert d’une mauvaise appréciation de leur savoir-faire, de leur niveau de technicité et de leur capacité d’innovation. Leur enclave entre deux temporalités prisées par la recherche, associée à une lecture anthropologique parfois erronée au profit d’un roman national fictif, a conduit à les déconsidérer, en qualifiant la culture laténienne de « période de recul ». Les témoignages laissés par leurs contemporains lettrés constituent une documentation sur laquelle s’appuie cette thèse qui consacre la conceptualisation du « barbare » développée au cours des siècles suivants. Ce dernier voit alors une multitude d’attributs distinctifs le mystifier, comme la nudité, la férocité et l’impétuosité au combat, le bellicisme clanique et la cruauté, l’incapacité à maîtriser des stratégies et tactiques militaires, l’avidité et la soif de richesse, la méconnaissance de toute forme d’expression culturelle, d’organisation sociétale ou de concentration du pouvoir. L’histoire militaire, à travers une démarche transdisciplinaire, permet de surmonter ces images mythiques en révélant la maturité artisanale, artistique et technique des celtes laténiens. C’est ainsi au regard d’une analyse croisée de l’archéologie, de l’anthropologie et de la généalogie, que se dévoile une réalité militaire partagée par des sociétés décentralisées mais complexes, remettant en cause les présupposés idéologiques. Le perfectionnement des équipements défensifs par de nouvelles normes de protection, la recherche de solutions pratiques pour la réparation et l’entretien des matériels, la création d’un système unique de stabilisation de l’épée pour s’adapter aux nouvelles stratégies militaires : autant de découvertes techniques qui constituent, sinon l’expression d’une maîtrise novatrice dans la métallurgie du fer, une assise technologique qui amorcera une vague de progrès dans le domaine de l’armement militaire jusqu’à la fin de l’antiquité et bien après.

Notes

[1] Les époques et leurs idéologies ont structuré les approches successives de la culture laténienne des peuples celtes. Après l’antiquité et ses discours visant à inscrire des dates, des événements, des faits et leurs conséquences dans une idéologie aussi bien républicaine qu’impériale, au XIX siècle affleurent deux écoles qui coexistent : celle de Joseph Déchelette et Camille Jullian. Les descriptions qu’elles proposent sont à ce point différentes qu’il est difficile de reconnaître un seul et même peuple. L’entre-deux-guerres connait, quant à elle, plusieurs tentatives combinant l’histoire et l’archéologie. Le débat scientifique reste néanmoins marqué par un excès de théories migrationnistes et racistes. L’historiographie de la fin de la seconde guerre mondiale ne rencontre pas moins de difficultés. Le cloisonnement universitaire, cette fois-ci, empêche une organisation correcte des enseignements avec, d’une part, les historiens et archéologues classiques s’intéressant plus à l’hellénisation et à la romanisation ; d’autre part, des amateurs exploitant les sources, qu’ils traitent ensuite au contact d’universitaires qui créent des « typo-chronologies » complexes. Deux universitaires tenteront d’aller à contre-courant : Paul-Marie Duval et Jean-Jacques Hatt. Jusqu’à Vencesla Kruta, l’hétérogénéité des sources pose problème et s’accompagne alors d’un intérêt populaire relevant davantage de l’imaginaire. Voir Buchsenschutz, Olivier, Katherine Gruel, et Thierry Lejars. L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C

[2] Buchsenschutz, Olivier, Katherine Gruel, et Thierry Lejars. L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C., Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 67e année, no. 2, 2012, §4

[3] La culture du fer s’articule en deux âges : au premier âge du fer appelé Hallsatt succèdent le second âge du fer, nommé La Tène.

[4] Buchsenschutz, Olivier, Katherine Gruel, et Thierry Lejars. L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C., Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 67e année, no. 2, 2012, §1

[5] Idem, §22

[6] Idem, §22

[7] Katherine Gruel et Thierry Lejars soulignent l’importance des travaux des paléobotanistes et des archéozoologues relatifs aux évolutions survenues dans l’alimentation carnée. Les recherches effectuées dans ces deux domaines démontrent en effet un abandon de la chasse au profit d’une domination de l’élevage de bœuf, de moutons et de porc, la gestion des troupeaux privilégiant autant la production de viande que la production de laitage. Voir Buchsenschutz, Olivier, Katherine Gruel, et Thierry Lejars, L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C., Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 67e année, no. 2, 2012, §7.

[8] Buchsenschutz, Olivier, Katherine Gruel, et Thierry Lejars, L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C., Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 67e année, no. 2, 2012, §22

[9] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 42-46

[10] Buchsenschutz, Olivier, Katherine Gruel, et Thierry Lejars, L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C., Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 67e année, no. 2, 2012, §50

[11] La lyre zoomorphe est une bête chimérique de l’imaginaire celte, au même titre que le dragon ou le griffon. Voir : Thierry Lejars, Latherine Gruel, Analyse des images dans l’art celtique : privilégier les critères descriptifs au détriment de l’interprétation, archéo.ens.fr, Laboratoire Aoroc, février 2019,

[12] Buchsenschutz, Olivier, Katherine Gruel, et Thierry Lejars, L’âge d’or de l’aristocratie celtique, IVe et IIIe siècles av. J.-C., Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 67e année, no. 2, 2012, §49

[13] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 47

[14] André Rapin parle de divergences nord-sud. Par nord, il entend au sens large l’ensemble des foyers de peuplement des celtes : de l’atlantique jusqu’au Danube, en passant par la vallée du Rhin, du Rhône et du Pô. A l’inverse, le sud sous-entend l’Italie centrale et méridionale, ainsi que le Grèce et, plus largement, l’espace méditerranéen à l’exception de l’Italie septentrionale.

[15] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 47

[16] Lejars, Thierry, L’armement des Celtes d’Italie, Les Celtes et le Nord de l’Italie (Premier et Second Âges du fer), Actes du XXXVIe colloque international de l’A.F.E.A.F. (Vérone, 17-20 mai 2012). 401 p. 401-434 (36e supplément à la R.A.E.) © S.A.E. et A.F.E.A.F., 2014, p. 407

[17] Idem p. 407

[18] Idem p. 407

[19] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 51

[20] Lejars, Thierry, L’armement des Celtes d’Italie, Les Celtes et le Nord de l’Italie (Premier et Second Âges du fer), Actes du XXXVIe colloque international de l’A.F.E.A.F. (Vérone, 17-20 mai 2012). 401 p. 401-434 (36e supplément à la R.A.E.) © S.A.E. et A.F.E.A.F., 2014, p. 407

[21] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 36-37

[22] Idem, p. 36-37

[23] Idem, p. 46

[24] Pièce supportant les roues d’un véhicule à ses extrémités, disposé transversalement sous le véhicule

[25] Partie centrale d’une pièce technique tournante

[26] Poignée du bouclier par laquelle le guerrier empoigne l’équipement

[27] Armature verticale en demi-fuseau

[28] L’absence de nervure permet en effet de prévoir une flexion au moment du premier impact, afin que l’adversaire ne puisse par réutiliser la lance. Les cannelures, elles, permettent d’induire une zone de faiblesse et donc de flexion par la discontinuité de la structure

[29] Pièce placée à l’extrémité du fourreau pour empêcher que la lame ne le transperce

[30] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 51

[31] Idem, p. 57

[32] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 57

[33] Rapin André, Les armes des Celtes. Des messages enfouis sous la rouille, In: Mélanges de l’Ecole française de Rome. Antiquité, tome 108, n°2, 1996, p. 514

[34] Idem, p 516

[35] Idem, p 516

[36] Ce sont les nouveaux rites funéraires qui provoquent la disparition de la documentation dans les sépultures. Dans la majorité des provinces celtiques, la tradition du dépôt disparait et peu nombreux sont ceux qui continuent d’effectuer les anciens rites

[37] Lejars, Thierry, L’armement des Celtes d’Italie, Les Celtes et le Nord de l’Italie (Premier et Second Âges du fer), Actes du XXXVIe colloque international de l’A.F.E.A.F. (Vérone, 17-20 mai 2012). 401 p. 401-434 (36e supplément à la R.A.E.) © S.A.E. et A.F.E.A.F., 2014, p. 409

[38] Rapin A., 1999, L’armement celtique en Europe : chronologie de son évolution technologique du Ve au Ier s. av. J.-C., Gladius, XIX, 1999, p. 67

[39] Idem, p. 67

[40] Idem, p. 65

Bibliographie

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