Le Rainbow Warrior de Green Peace à quai

La place de l’arme nucléaire en Asie-Pacifique depuis 1945

« Depuis près de 60 ans, nous avons été chassés de notre pays, comme une noix de coco flottant dans la mer »[1]. Lemyo Avob, témoin des essais nucléaires dans les îles Marshall.

Quel est le point commun entre la Thaïlande, les Samoa, la Malaisie, Nauru et les Fidji ? Chacun de ces pays s’oppose depuis des décennies à la présence d’armes nucléaires autour du Pacifique[2]. Tous ces États ont signé le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) qui vise à abolir l’armement nucléaire en 2017. Ces États sont également tous membres de la zone Asie-Pacifique[3] comme une partie importante des autres signataires. Ça n’est sans doute pas un hasard si un mouvement antinucléaire s’est historiquement développé dans les îles du Pacifique et les pays asiatiques marqués au fer rouge par la bombe.

En effet, du premier largage atomique jusqu’à la tentative d’interdiction du nucléaire militaire, le Pacifique a une relation tourmentée avec la question. Pourtant, l’Asie-Pacifique, dans son immense diversité, est loin de parvenir à établir un consensus sur la question. Alors que la majorité des États possesseurs de l’arme atomique se trouvent dans la zone, la relation entre le nucléaire et la sécurité nationale semble complexe. La question paraît d’autant plus importante au XXIe siècle où la région devient centrale dans la géopolitique mondiale.

Le Pacifique et l’arme atomique : une brève chronologie.

En guise d’avant-propos, voici une brève chronologie des événements principaux dans la zone Pacifique concernant le nucléaire militaire :

1945 : les États-Unis larguent une bombe atomique sur Hiroshima, le 6 août au Japon, marquant le début de l’ère nucléaire ;

1946-1958 : dans le cadre de l’opération Crossroads[4], les États-Unis mènent une série d’essais nucléaires aux îles Marshall ;

Champignon atomique avec des navires en contrebas lors du test d'armes nucléaires de l'opération Crossroads sur l'atoll de Bikini
Champignon atomique avec des navires en contrebas lors du test d’armes nucléaires de l’opération Crossroads sur l’atoll de Bikini, 1946, Library of Congress

1952 : premiers essais britanniques en Australie sur l’atoll de Montebello ;

1954 : les États-Unis lancent l’essai Castle Bravo aux îles Marshall[5] ;

1960-1996 : la France met en place une série d’essais nucléaires dans le Pacifique[6] ;

1964-1996 : la Chine mène des essais nucléaires dans l’ouest du pays ;

1968 : le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est initié ;

1974 : l’Inde procède à son premier essai nucléaire « Bouddha souriant » ;

1978 : la Chine mène des essais nucléaires dans le Pacifique ;

1996 : Le traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) est signé ;

1998 : l’Inde mène une série d’essais nucléaires Pokhran-II ;

2006 : la Corée du Nord effectue son premier essai nucléaire ;

2016-2017 : la Corée du Nord procède à de nouveaux essais ;

2020-2021 : le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) entre en vigueur.

La construction d’un certain rejet atomique dans le Pacifique Sud

Un rejet politique et sanitaire

La première bombe atomique est larguée sur le Japon par un avion qui décolle des îles Mariannes. Le Pacifique Sud sert aux essais nucléaires français, américains et britanniques. La Chine, grande puissance régionale, se dote, elle aussi, de l’arme dévastatrice en 1964, puis viennent l’Inde et le Pakistan. En bref, la majorité des détenteurs de l’arme atomique ont un pied dans le Pacifique encore aujourd’hui[7]. L’atome et le Pacifique ont une longue histoire commune.

Cet entremêlement marque la région. Les essais lourds de conséquences sont effectués par des puissances lointaines. Le Pacifique Sud[8] est un terrain d’essai pour repousser les limites du possible. Bien souvent, les prévisions des pays testeurs sous-estiment l’impact de l’atome. Par exemple, en 1954, lors de l’essai Castle Bravo, les États-Unis contaminent des soldats, des habitants des îles Marshall et un chalutier japonais, le Daigo Fukuryū Maru[9], dans ce qui reste un des pires désastres écologiques de l’histoire. Depuis le chalutier, les marins ramassent à main nue les débris de l’essai qui retombent en fine pluie. Le Japon, déjà marqué par les largages sur son sol, renforce son rejet de l’arme atomique après cet événement.

Qu’il s’agisse des États-Unis, de la France ou de la Grande-Bretagne, les pays concernés refusent longtemps de reconnaître l’impact de leurs essais sur les milieux et populations[10]. Le traité de 1963[11] vient interdire les essais en surface pour limiter les conséquences écologiques déjà observées à l’époque sans reconnaître pour autant les conséquences sur les populations des essais précédents[12]. C’est en partie pour cela que les essais souterrains sont majoritaires depuis 1945, comme l’ONU le souligne : 75 % des essais nucléaires de la guerre froide sont souterrains[13].

Dans le cas du Pacifique, il s’agit d’essais à l’air libre et les dégâts sanitaires sont significatifs. Des cas de leucémie, de lymphome, de cancer de la thyroïde et du poumon sont observés des années après les essais menés à l’air libre[14].

« La langue n’est pas une barrière à notre colère Monsieur Chirac ». Affiche en Australie contre les essais nucléaires français
« La langue n’est pas une barrière à notre colère Monsieur Chirac ». Affiche en Australie contre les essais nucléaires français, 1996, Lpele, Wikimedia Commons

Pour autant, la France a longtemps nié ou minimisé les conséquences sanitaires de ses essais, effectués en Polynésie française, et les États-Unis refusent encore d’admettre les séquelles lourdes marquant les îles Marshall. Pourtant, sur ces îles, les conséquences écologiques sont irréversibles, comme l’exprime un rapport de l’ONU daté de 2012[15]. Selon l’institut de santé de l’INSERM, « les essais nucléaires réalisés par la France pourraient être responsables de 2,3 % des cas de cancer de la thyroïde[16]». Les États du Pacifique sont donc en avant-poste pour affirmer leur rejet du nucléaire, en particulier les pays victimes, les petites îles, l’Australie et la Nouvelle-Zélande[17].

C’est au gré des essais que se construit une véritable doctrine régionale (toujours dans le Pacifique Sud), assez stable dans le temps. La lutte antinucléaire devient alors un moyen de regagner leur souveraineté pour les peuples du Pacifique en pleine décolonisation. Les puissances effectuant des essais sont hautement critiquées pour leur utilisation et destruction des îles, des atolls et des territoires dans la région. Bon nombre de peuples ayant une culture valorisant la proximité avec la nature[18], le nucléaire devient pour eux synonyme de destruction.

À ce titre, un événement-charnière dans le Pacifique Sud survient en 1985. Par suite des essais français en Polynésie française, l’organisation Greenpeace décide de mener une campagne contre la politique nucléaire française. Un bateau de l’organisation met le cap sur la Nouvelle-Zélande pour protester. Cette action ne plaît pas aux autorités françaises qui décident d’envoyer la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE)[19] pour couler le navire. Un membre de Greenpeace meurt dans l’opération et les agents secrets français sont démasqués et remis à la police néo-zélandaise. Peu à peu, la piste française est confirmée par les enquêtes et divers médias. Le discrédit est jeté sur la France et sur ses services secrets. Finalement, le fiasco sert le courant anti-atome dans le monde et dans le Pacifique. Il vient renforcer la doctrine régionale, en particulier en Nouvelle-Zélande.

Le Rainbow Warrior de Green Peace à quai
Le Rainbow Warrior de Green Peace à quai, Anefo et Koen Suyk, 1979, Archives nationales des Pays-Bas, Wikimedia Commons

Par ailleurs, la Nouvelle-Zélande s’affirme également contre ses partenaires historiques. En 1986, elle quitte l’ANZUS[20], alliance militaire, pour protester contre l’éventuelle présence nucléaire dans la région des États-Unis. La Nouvelle-Zélande refuse alors les navires de guerre qui pourraient transporter des armes nucléaires dans ses eaux. Or, les États-Unis laissent planer le doute en 1986 sur leurs propres bâtiments. Cela explique sa décision de quitter l’alliance. De plus, les bâtiments militaires états-uniens ne peuvent plus mouiller dans les ports du pays.

Enfin, une dernière cause de ce rejet est à chercher dans le nucléaire civil, associé au nucléaire de manière générale. Les dommages causés par un séisme et un tsunami sur la centrale de Daiichi à Fukushima au Japon en 2011 engendrent trois explosions qui propagent des radiations, contaminent toute la zone et ses eaux. Une fois de plus, les dommages environnementaux sont lourds. L’événement est décrit comme la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl en URSS (1986). C’est pourquoi certains pays abandonnent alors leurs programmes nucléaires[21] (dans le domaine civil particulièrement).

La législation internationale sur la non-prolifération.

À ce jour, il existe plusieurs textes internationaux qui concernent le nucléaire militaire. Ils viennent renforcer le contrôle de l’atome, au niveau du Pacifique comme au niveau mondial. La première initiative date de 1957, c’est la création de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elle souhaite coordonner l’encadrement du nucléaire aussi bien militaire que civil sous l’égide de l’ONU. Elle compte aujourd’hui 177 États membres. L’agence promeut le nucléaire civil, vu comme pacifique, et veut limiter ses usages militaires. Pour cela, elle réalise chaque année un rapport détaillé pour l’ONU.

Concernant la législation internationale, le premier traité majeur en la matière est celui sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) entré en vigueur en 1970. Signé par plus de 180 États, ce traité limite la prolifération nucléaire, promeut un usage civil pacifique et amorce un désarmement nucléaire pour les puissances détentrices[22]. Les États se réunissent périodiquement pour examiner son bon fonctionnement, car le traité à une durée indéfinie.

Une autre initiative est engagée en 1996, il s’agit du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN). C’est le deuxième texte qui a une portée mondiale sur la question de la non-prolifération. L’objectif du traité est de prolonger le TNP en bannissant les essais nucléaires souterrains. Quelques chiffres édifiants pour montrer l’ampleur du phénomène nucléaire de 1945 jusqu’à la signature du TICEN : les États-Unis ont effectué 1 032 essais, l’URSS 715, le Royaume-Uni 45 essais, la France 210 et la Chine 45. Nous pouvons également ajouter l’Inde avec un unique essai sur la période[23].

Le troisième et dernier texte est le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) de 2021. Il prévoit l’abolition du nucléaire militaire, pour les États détenteurs et non détenteurs. Le TIAN interdit aux États signataires de développer, tester, produire, acquérir, posséder, stocker, transférer, utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires. Il porte aussi l’accent sur les conséquences du nucléaire avec une assistance aux victimes et une réparation environnementale. Il n’est aujourd’hui pas en vigueur faute de signataires suffisants. Il résume parfaitement à lui seul le bras de fer engagé entre les puissances nucléaires et les États opposés sur la scène internationale. Ce sont ces traités qui restent, entre autres, au cœur des débats dans la zone Pacifique.

États signataires du TIAN en jaune et ayant ratifié en vert
États signataires du TIAN en jaune et ayant ratifié en vert, JayCoop, 2017, Wikimedia Commons

Il existe également différents accords passés entre une partie des États dans le Pacifique qu’il convient de mentionner. En premier lieu le traité de Rarotonga, qui est initié par le forum du Pacifique Sud[24]. Le texte vient établir une « zone dénucléarisée dans le Pacifique Sud »[25]. Le but affiché : limiter le nucléaire dans la région[26], notamment vis-à-vis des essais menés par la France dans le même temps. Les pays signataires s’engagent à ne pas détenir d’arme nucléaire, mais la circulation d’appareils contenant du nucléaire n’est pas interdite (sous-marins nucléaires, bombardiers entre autres). En 1995, un autre traité signé à Bangkok vient instaurer une « zone exempte d’armes nucléaires » entre dix pays : le Brunei Darussalam, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge, le Laos et le Myanmar[27].

Nucléaire en Asie-Pacifique, pas si pacifique

Les évolutions contemporaines.

Une part de l’Asie-Pacifique est donc marquée par un fort courant contre le nucléaire, avec un recours à la législation internationale et une politique extérieure plus ou moins ferme vis-à-vis des pays possesseurs. Cependant, certains intérêts et certaines peurs poussent des acteurs, auparavant opposés, à venir bouleverser la doctrine régionale.

C’est particulièrement le cas en Australie. Le pays est tourné vers une économie minière avec notamment le charbon, mais encore l’uranium. Même si historiquement l’île n’est qu’exportatrice, sa politique économique remet en cause l’équilibre régional autour du nucléaire. De plus, cette rupture n’est plus seulement économique, aussi stratégique, car en 2019, l’Australie commande des sous-marins français, puisqu’elle a besoin d’une nouvelle génération opérationnelle.

Finalement, le contrat est rompu, ce qui provoque la colère des diplomates et industriels français. De fait, l’Australie change sa doctrine de défense, sur fond de pression de l’allié états-unien. Ce revirement s’explique surtout par la montée de la menace chinoise. L’économie australienne, très dépendante de la Chine, est vulnérable et l’Australie rompt alors l’équilibre autour de l’atome pour paraître plus menaçante. Les nouveaux sous-marins achetés sont à propulsion nucléaire, et davantage, ils sont américains, ce qui est susceptible d’inquiéter la Chine. Ainsi, l’Australie s’écarte des préceptes du TNP pour faire face à une Chine vue comme menaçante. Le constat sur la possession d’armement nucléaire est particulièrement saisissant en contraste avec le voisin néo-zélandais.

L’Australie n’est pas le seul pays du Pacifique à entretenir le doute sur ses positions. Le Japon, par exemple, nourrit depuis des décennies une politique que nous pourrions situer en « zone grise ». Le pays n’a pas d’arme atomique, mais possède techniquement les capacités pour s’en doter en un temps record. Avec une marine, des forces aériennes, une industrie nucléaire civile, le pays entretient volontairement le doute, y compris auprès de l’allié américain, avec des forces qui ne constituent pas une armée officielle. Le Japon ne peut pas pleinement se militariser du fait de sa constitution, en particulier avec l’article 9 qui leur interdit le développement militaire. Ainsi, le « pacifisme constitutionnel »[28] japonais est un pacifisme en trompe-l’œil qui peut illustrer la possibilité des revirements doctrinaux dans la région.

De fait, le Japon ne peut ouvertement développer des armes nucléaires, à cause de ses alliances, mais aussi en raison d’une société civile frileuse. En revanche, le Japon adopte depuis des décennies une politique d’ « arsenal virtuel »[29], ce qui veut dire qu’elle est une puissance nucléaire en potentialité. Le pays a développé des industries technologiques très avancées et a les compétences industrielles pour produire des armes. Un revirement politique, voire géopolitique, peut donc faire basculer le pays signataire du TNP[30]. Nous pouvons comparer la situation japonaise à celle de la Corée du Sud qui a, elle aussi, un programme nucléaire civil et de bonnes capacités militaires. Nous sommes donc en droit de douter que le rejet de l’atome soit gravé dans le marbre au sein de la région. Qui plus est, bon nombre d’acteurs militaires majeurs ont historiquement une présence dans la région.

Une présence historique dans la région : l’oncle Sam[31] dans le Pacifique

L’histoire nucléaire des États-Unis dans la zone commence très tôt, dès 1946, avec des essais dans la région comme mentionné plus haut. La stratégie du « parapluie nucléaire », qui protège les pays alliés pour éviter que ces derniers ne soient tentés de développer l’arme nucléaire, les amène très tôt à déployer de l’armement au Japon et en Corée.

Les États-Unis ont historiquement plaidé pour une limitation de la prolifération verticale et horizontale[32] dans la zone, d’une part pour éviter la hausse de l’insécurité, mais aussi pour éviter toute concurrence et perte d’influence éventuelle. La présence d’armement nucléaire permet de maintenir un partenariat militaire avec ses alliés. La question prend de l’importance avec la montée chinoise et les essais nucléaires nord-coréens dont nous parlerons plus bas. Si les États-Unis se reposent moins sur l’atome depuis une vingtaine d’années, en passant d’un budget de 98 milliards à 35 milliards de dollars[33], la place de l’armement nucléaire reste importante.

D’autant plus en ce qui concerne l’île de Taïwan[34], qui constitue un risque majeur d’escalade depuis des décennies. Après la Seconde Guerre mondiale, Taïwan est rétrocédée à la Chine. Néanmoins, la situation change en 1949 lorsque le gouvernement de la république de Chine se retire sur l’île à la suite de sa défaite face aux communistes dirigés par Mao Zedong pendant la guerre civile chinoise[35]. Dès lors, deux entités distinctes se séparent : la Chine et Taïwan. L’île devient un État autonome avec son propre gouvernement, son économie dynamique et ses institutions démocratiques, malgré les revendications de souveraineté de la Chine. Depuis la scission, la Chine place la question au centre de sa politique extérieure et souhaite récupérer l’île.

Face à cela, les États-Unis ont une politique d’ambiguïté stratégique. Ils n’ont pas reconnu officiellement le pays comme un État indépendant, mais ils soutiennent son autonomie et fournissent une assistance en matière de défense, notamment des ventes d’armes. Cela passe d’abord par un traité de coopération mutuelle et de sécurité, signé en 1955, puis par le Taiwan Relations Act signé en 1979. Les deux accords renforcent les liens militaires entre les deux pays. Des manœuvres militaires conjointes sont effectuées, particulièrement entre l’US Navy et la marine taïwanaise. En parallèle, Taiwan effectue chaque année des simulations d’invasion de la Chine continentale.

Exercice Han Kuang, simulant une attaque de la république populaire de Chine sur Taïwan
Exercice Han Kuang, simulant une attaque de la république populaire de Chine sur Taïwan, 2017, 總統府, Wikimedia Commons

La question de l’emploi des armes nucléaires en cas de conflit reste une préoccupation majeure pour la stabilité régionale du point de vue états-unien. La Chine se trouve très proche de l’île et dispose donc de la possibilité d’utiliser ses missiles sans une grande capacité de projection. Les États-Unis peuvent, quant à eux, compter sur leurs sous-marins nucléaires et leurs bombardiers. La zone constitue donc l’un des terrains les plus favorables à l’étude des doctrines nucléaires au XXe siècle et au XXIe siècle.

La Chine, du divorce soviétique à l’autonomie stratégique

Comme nous l’avons observé, l’une des causes pouvant expliquer la montée des tensions dans la région est la rapide croissance chinoise et son poids politique depuis 1945. Le pays a connu une prospérité sans précédent depuis la mort de Mao Zedong[36] en 1976. Le PIB chinois connaît une nette accélération de 1979 à 2015 avec une forte accumulation de capital[37]. L’éducation massive et la création d’une classe moyenne expliquent ce développement spectaculaire. La richesse créée permet alors à la Chine d’investir massivement dans le militaire, ce qui en fait la deuxième puissance en termes de dépenses derrière les États-Unis depuis la dissolution de l’URSS en 1991[38]. Ces fonds servent la puissance chinoise qui investit dans son armée, sa marine et ses forces aériennes. La Chine se dote de l’arme nucléaire dès 1964, dans une période marquée par un éloignement de l’URSS ayant alors instauré un processus de « déstalinisation »[39].

Sous Mao, la doctrine d’emploi est formulée par le maréchal Nie Rongzhen. Il s’agit d’envisager l’atome comme un moyen de dissuader l’ennemi d’utiliser ses armements atomiques[40]. C’est la doctrine dite de « dissuasion minimale »[41]. Dans le contexte de 1964, la Chine se sent menacée par son voisin soviétique bien plus que par les États-Unis. C’est seulement à la mort de Mao en 1976 que l’emploi du nucléaire se précise avec un changement vers une doctrine de « représailles nucléaires limitées »[42], à savoir des représailles plus importantes après une première frappe ennemie. Le concept de dissuasion est totalement absent dans la pensée militaire, contrairement à celle des autres puissances. Dès 1980, la Chine adopte une doctrine où elle n’emploie pas en premier la bombe.

En 1990, la Chine articule son emploi de l’atome autour d’une complémentarité entre le nucléaire et les armes conventionnelles. Ces dernières servent à contrôler l’escalade dans la pensée militaire chinoise. Il y a également la question taïwanaise, comme nous l’avons noté. La Chine dispose de capacités suffisantes pour utiliser le nucléaire à des fins tactiques. Toutefois, l’arme atomique a aussi pu servir des fins politiques, car la Chine remplace Taïwan au conseil de sécurité de l’ONU, six ans après ses premiers essais en 1971. Depuis 2010, elle modernise son arsenal et se sert de celui-ci pour servir ses intérêts géopolitiques et économiques, notamment en mer de Chine méridionale.

La Corée du Nord : Un acteur hautement imprévisible

La Corée du Nord vient pareillement ajouter à l’instabilité régionale[43] vis-à-vis des armes nucléaires. Le pays est tourné vers le nucléaire civil depuis les années 1960, sans pour autant inquiéter ses voisins[44]. L’effondrement de l’Union soviétique vient changer le pays, puisque les deux alliés avaient noué des liens forts en raison de leur proximité idéologique. Avec la fin de l’URSS, la Corée du Nord se trouve isolée, même le voisin chinois se convertit à l’économie de marché sous Deng Xiaoping. La survie de l’État s’en trouve directement menacée et, sans l’aide financière soviétique, l’économie nord-coréenne peine à subsister.

De plus, le pays fait face à une importante famine, couplée à des inondations massives la même décennie[45]. La scission de la Corée en deux entraîne une instabilité constante depuis la fin de la guerre de Corée[46]. Les deux Corées signent un accord en 1991 qui leur interdit de développer des armes nucléaires dans la péninsule. La Corée du Nord cherche à s’ouvrir au monde extérieur, mais la situation change dès 1993 où l’État se referme peu à peu[47]. D’abord signataire de cet accord et du TNP, elle se retire de ce dernier en 2003 pour développer l’arme nucléaire.

Les raisons sont diverses. La Corée du Nord repose sur une économie planifiée où la survie passe avant les besoins élémentaires des civils. Des négociations sont menées avec les voisins et les États-Unis, mais se soldent par un échec[48]. Pour la Corée du Nord, l’atome est un moyen d’acquérir une marge de manœuvre plus importante pour négocier avec les États-Unis.

En effet, la Corée du Nord est capable de produire des armes nucléaires et a même fait des démonstrations en 2006, 2009, 2016 et 2017. Le jeudi 28 septembre 2023, elle inscrit son statut d’État nucléaire dans la constitution[49], ce qui laisse peu de doute sur sa détermination à garder l’arme. Le pays opte historiquement pour une stratégie nucléaire de « dissuasion minimale »[50], c’est-à-dire le développement d’un nombre d’ogives qui lui permettent d’éviter une invasion extérieure. Ni plus, ni moins. Nous ne pouvons pas pour autant affirmer que le pays refuse toute négociation : il alterne depuis 1990 entre fermeture totale et ouverture aux négociations[51].

Poster de propagande nord-coréenne dans une école primaire
Poster de propagande nord-coréenne dans une école primaire, auteur inconnu, 2008, Stephan et Flickr, Wikimedia Commons

L’affrontement au sommet entre la Chine et l’Inde

L’Inde est particulièrement préoccupée par la question du nucléaire, car elle a deux voisins possesseurs de l’arme avec qui elle a déjà fait la guerre par le passé. Il s’agit de la Chine et du Pakistan. Concernant la Chine, le défi est de taille puisque le pays possède un arsenal très important. Par le passé, les deux puissances se sont affrontées en 1962 à propos du tracé des frontières, mal définies par le colon britannique lors de l’indépendance indienne en 1947. La guerre aboutit à une défaite indienne. La Chine fait alors progresser ses frontières dans la chaîne de l’Himalaya. À ce jour, la question n’est pas réglée et des heurts ont lieu régulièrement[52]. Le Pakistan s’est d’ailleurs allié à la Chine dès 1962[53], faisant peser une menace d’autant plus forte qu’elle réunit deux puissances nucléaires ennemies.

La Chine cherche stratégiquement à nouer des relations avec les voisins de l’Inde, que ce soit le Pakistan, les Maldives, le Sri Lanka ou encore le Myanmar. En réponse, l’Inde favorise le dialogue avec les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, les Seychelles et l’Iran[54]. Depuis le début du siècle, le pays cherche également à moderniser son armée face à la montée de la Chine dans la région, mais aussi dans le monde. L’enjeu nucléaire fait partie du débat, car aujourd’hui l’Inde ne dispose pas de capacités comparables à celles de la Chine avec 156 ogives contre 350, et ce pour l’année 2021[55]. Depuis son indépendance, la puissance indienne a toujours plaidé pour un équilibre, d’abord entre Soviétiques et États-uniens, ensuite dans un monde multipolaire. Elle ne dispose donc pas d’alliés sûrs, ce qui l’a poussé à développer son propre arsenal nucléaire, majoritairement à des fins dissuasives. La Chine comme l’Inde disposent d’une doctrine d’emploi de l’arme qui se cantonne à la riposte[56] (No First Use).

La rivalité indo-pakistanaise, un duel persistant

Lorsque la question de l’Asie-Pacifique est abordée, la rivalité intense entre la Chine et les États-Unis, ou encore à celle entre l’Inde et la Chine, viennent souvent à l’esprit. Pourtant, un autre grand duel entre puissances nucléaires est ravivé régulièrement. Il s’agit de l’opposition entre Inde et Pakistan. Les pays rivaux se sont affrontés continuellement depuis la partition de l’Inde en 1947, pour des raisons religieuses[57] et géopolitiques. De fait, cette division sépare l’ancienne colonie britannique en deux États indépendants : l’Inde et le Pakistan. Cette partition s’accompagne de violences à grande échelle, de mouvements de population et de massacres religieux.

Dans le même temps, éclate la première guerre indo-pakistanaise (1947-1948), principalement dans le territoire contesté du Cachemire. Cela finit par un cessez-le-feu parrainé par l’ONU et par la division de cette région en zones contrôlées par l’Inde et le Pakistan. La deuxième guerre indo-pakistanaise (1965) est déclenchée en raison des tensions persistantes au sujet du Cachemire. Un nouveau cessez-le-feu est alors instauré avec la médiation des États-Unis et de l’Union soviétique. Toutefois, les tensions subsistent et la guerre indo-pakistanaise renaît en 1971 à l’occasion de la lutte pour l’indépendance du Pakistan oriental, devenu par la suite le Bangladesh.

Le général pakistanais Niazi signant la reddition en 1971 à l’issue de la troisième guerre Indo-Pakistanaise, 16 décembre 1971
Le général pakistanais Niazi signant la reddition en 1971 à l’issue de la troisième guerre Indo-Pakistanaise, 16 décembre 1971, Wikimedia Commons

La rivalité est donc au cœur des politiques étrangères des deux pays, ennemis héréditaires. L’Inde possède la bombe nucléaire depuis 1974, suite à quoi le Pakistan la développe avec succès dans les années 1970. Le duel passe dès lors d’une dimension conventionnelle à une dimension nucléaire, ce qui fait craindre une escalade dans la région. Depuis sa première bombe, le Pakistan développe une politique de prolifération nucléaire quantitative. Aujourd’hui, le pays a plus d’ogives que son voisin[58].

Côté indien, la bombe n’est pas vue comme d’utilité militaire, mais bien plus politique. Il ne s’agit pas de mesurer sa capacité tactique, mais l’efficacité de sa dissuasion vis-à-vis de ses voisins. Les forces conventionnelles sont plus susceptibles d’être utilisées sur le terrain. La doctrine du Pakistan est bien différente, car elle prévoit l’utilisation de l’atome en premier et à des fins tactiques. Le seuil d’utilisation de l’arme pakistanaise n’est pas clairement établi, mais le pays multiplie la production d’armes tactiques, ce qui suppose un abaissement du seuil d’utilisation. L’objectif stratégique affiché après les guerres indo-pakistanaises est de faire douter l’Inde et de récupérer à terme la région contestée du Cachemire. Cette dernière est donc particulièrement importante en Asie, tant en termes de recours au nucléaire qu’en termes d’éclatement d’une potentielle guerre.

L’atome en Asie-Pacifique, que retenir ?

La question du nucléaire militaire est une des préoccupations majeures de la région, il n’existe à ce titre aucun consensus. Comme nous l’avons remarqué, le Pacifique Sud a été profondément marqué par les essais français et américains. Ce qui a façonné un rejet de l’atome dans la région, y compris dans les technologies militaires. Les États de la zone se sont montrés particulièrement actifs dans la défense d’un monde sans nucléaire, régi par le droit international et les différents traités.

Cependant, bon nombre d’États s’opposent à la dénucléarisation du monde. La France, qui a fait ses premiers essais dans la zone, souhaite prendre part à la politique régionale, sur le plan géopolitique et militaire. Les États-Unis, précurseurs sur les technologies nucléaires, qui comptent sur l’atome à des fins civiles et militaires, en particulier face à l’émergence de la Chine, suscitent d’importants remous sur la question nucléaire. Cette instabilité de la zone est renforcée par l’imprévisibilité de la Corée du Nord, puissance affirmée. Enfin, l’Inde et le Pakistan viennent aussi user de la bombe en raison de la forte rivalité entre les pays, qui passe par une compétition nucléaire.

Ainsi, la proximité entre différentes puissances majeures dans la région a façonné l’emploi ou non du nucléaire, son rejet, mais aussi les différentes doctrines d’emploi. Si certains pays l’utilisent à des fins de dissuasion comme l’Inde, d’autres en font le cœur de la survie du pouvoir comme au Pakistan ou en Corée du Nord. Enfin, la montée de la Chine et du duel avec les États-Unis pourrait bien venir modifier les doctrines respectives et mettre en lumière le rôle du nucléaire militaire dans la région.

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Bibliographie :

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TERTRAIS Bruno, L’arme nucléaire, Paris, Presses universitaires de France, 2008, 128 p., [en ligne] https://www.cairn.info/l-arme-nucleaire–9782130564973.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

VERINE Stéphane, « Le traité de Rarotonga », dans Politique étrangère, vol. 52, n°1, Paris, Institut français des relations internationales, 1987, 269 p., pp. 101‑102, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1987_num_52_1_5272 (dernière consultation le 04/12/2023)


[1] « For almost 60 years, we have been displaced from our homeland, like a coconut floating in the sea with no place to call home », MACLELLAN Nic (dir.), « Banning nuclear weapons, a Pacific Islands perspective », Genève, International Campaign to Abolish Nuclear Weapons, 2014, 20 p., p. 7, [en ligne] https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/ican/pages/746/attachments/original/1620204799/ICAN-PacificReport-FINAL.pdf?1620204799 (dernière consultation le 04/12/2023)

[2] La zone Pacifique englobe les régions et nations entourant l’océan Pacifique, représentant un enjeu stratégique majeur pour de nombreux pays en termes de commerce, sécurité, et relations internationales. Ici, cela comprend aussi bien le Pacifique Nord que le Pacifique Sud, tout comme les pays voisins.

[3] La notion d’Asie-Pacifique sera régulièrement évoquée dans notre article. La zone couvre conventionnellement un axe géographique s’étendant du Pakistan au Japon pour l’axe est-ouest et de la Mongolie à la Nouvelle-Zélande pour l’axe nord-sud.

[4] L’opération Crossroads consistait en une série d’essais nucléaires menés par les États-Unis en 1946. Ces essais avaient pour objectif d’évaluer les effets des armes nucléaires sur les navires et les structures militaires.

[5] L’essai Castle Bravo, mené par les États-Unis le 1ᵉʳ mars 1954, fut le premier essai d’une bombe à hydrogène. Dépassant de loin les prévisions initiales par sa puissance, il créa des conséquences graves dans les îles Marshall, notamment une contamination radioactive généralisée et des impacts environnementaux considérables.

[6] Entre 1966 et 1996, la France a procédé à des essais nucléaires dans le Pacifique, principalement sur les atolls de Mururoa et Fangataufa en Polynésie française. Il s’agit notamment de plus de 200 essais nucléaires de différents types, tels que des essais atmosphériques, souterrains, sous-marins et aériens.

[7] À l’exception notable du Royaume-Uni, possesseur historique de territoires dans le Pacifique, mais qui n’en a plus à ce jour. La dernière possession anglaise dans la région est Hong Kong, rétrocédée à la Chine en 1997 conformément à un accord commun.

[8] Le Pacifique Sud désigne les îles à l’est de l’Australie et de la Papouasie présentes dans l’océan Pacifique.

[9] « Dragon chanceux numéro 5 » en japonais.

[10] La France est particulièrement concernée, car la loi sur la reconnaissance et l’indemnisation des victimes n’est votée qu’en 2010.

[11] Voir plus loin section sur les différentes législations concernant les essais atomiques concernant le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires.

[12] La Chine et la France, en pleine période d’essais nucléaires atmosphériques, ne signèrent pas le traité et continuèrent leurs expérimentations.

[13] Organisation des nations unies, « Journée internationale contre les essais nucléaires – Mettre fin aux essais nucléaires », dans Nations unies, New York, Organisation des nations unies, 2023, [en ligne] https://www.un.org/fr/observances/end-nuclear-tests-day/history (dernière consultation le 04/12/2023)

[14] Disclose, « L’héritage empoisonné des essais nucléaires dans le Pacifique », dans Disclose, Le Pré-Saint-Gervais, Disclose, 2021, [en ligne] https://disclose.ngo/fr/article/lheritage-empoisonne-des-essais-nucleaires-dans-le-pacifique (dernière consultation le 04/12/2023)

[15] GEORGESCU Calin, « Nuclear Legacy in the Marshall Islands: “Nomads in Their Own Country” – UN Expert », New York, The Office of the High Commissioner for Human Rights, 2012, [en ligne] https://www.ohchr.org/en/press-releases/2012/03/nuclear-legacy-marshall-islands-nomads-their-own-country-un-expert (dernière consultation le 04/12/2023)

[16] INSERM, « Conséquences sur la santé des essais nucléaires en Polynésie française », dans Salle de presse de l’Inserm, Paris, Institut National de la santé et de la recherche médicale, 2023, [en ligne] https://presse.inserm.fr/consequences-sur-la-sante-des-essais-nucleaires-en-polynesie-francaise/67004/ (dernière consultation le 04/12/2023)

[17] ARGOUNES Fabrice, « Le nucléaire dans le Pacifique », dans Hermès, La Revue, n°65, Paris, CNRS éditions, 2013, 234 p., p. 67, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2013-1-page-67.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[18] Nous pouvons, par exemple, citer le peuple orien Nouvelle-Zélande et leur concept de kaitiakitanga (sauvegarde de la nature et de ses attributs). Pour eux, tout est lié à la terre et chaque fois qu’elle s’abîme ce sont les hommes qui se détériorent.

[19] La DGSE est le service de renseignement français au service de sa politique étrangère.

[20] L’ANZUS est un accord de défense mutuelle signé en 1951 entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis pour fournir un soutien militaire en cas d’attaques extérieures dans la région Asie-Pacifique.

[21] Nous pouvons notamment citer l’Allemagne qui abandonne le nucléaire à la suite des événements de Fukushima.

[22] Il s’agit de l’objectif affiché, l’application étant bien plus souple.

[23] Organisation des nations unies, art. cit.

[24] Le Forum du Pacifique Sud, ou Forum des îles du Pacifique (FIP), est un groupe régional de coopération économique et politique regroupant 18 États insulaires du Pacifique, créé en 1971. L’objectif affiché est la coopération en matière économique, politique et environnementale.

[25] VERINE Stéphane, « Le traité de Rarotonga », dans Politique étrangère, vol. 52, n°1, Paris, Institut français des relations internationales, 1987, 269 p., pp. 101‑102, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1987_num_52_1_5272 (dernière consultation le 04/12/2023)

[26] À noter que le traité s’inspire grandement des précédents en la matière couvrant les zones antarctique et latino-américaine.

[27] CHUN Kwang-Ho, « Établir une Zone Exempte d’Arme Nucléaire en Asie du Nord-Est ? Les leçons tirées de la comparaison des traités internationaux », dans Revue internationale de politique comparée, vol. 13, n°3, Paris, De Boeck Supérieur, 2006, pp. 373-547, pp. 513‑535, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2006-3-page-513.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[28] Le pacifisme constitutionnel au Japon fait référence à la politique énoncée dans l’article 9 de la constitution japonaise, adoptée après la Seconde Guerre mondiale. Cet article renonce à la guerre en tant que moyen de résoudre les conflits et interdit le maintien de forces militaires agressives. Cela reflète l’engagement du Japon en faveur de la paix et de la sécurité internationale sans recourir à la force militaire, lié entre autres à la constitution de 1947 qui a été imposée par les États-Unis.

[29] CUMIN David, « La dissuasion nucléaire à la japonaise, ou la “virtualité stratégique” », dans Les Champs de Mars, n°25, Paris, La documentation française, 2013, 168 p., pp. 129‑131, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-les-champs-de-mars-ldm-2013-1-page-129.htm?ref=doi (dernière consultation le 04/12/2023)

[30] Le pays a longtemps hésité avant de ratifier le traité en 1976, arguant de l’injustice de ce dernier qui donnait aux États déjà détenteurs un net avantage.

[31] Surnom donné aux États-Unis.

[32] La prolifération verticale se réfère à l’augmentation des armes en circulation et à la hausse de leur capacité de frappe, de leur puissance et de leur portée. La prolifération horizontale, quant à elle, concerne l’augmentation du nombre de pays détenteurs de l’arme atomique.

[33] TERTRAIS Bruno, L’arme nucléaire, Paris, Presses universitaires de France, 2008, 128 p., pp. 67-103, [en ligne] https://www.cairn.info/l-arme-nucleaire–9782130564973.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[34] GARCIN Thierry, « Taïwan, cas d’espèce géopolitique », dans Revue Défense Nationale, n°790, Paris, Comité d’étude de Défense Nationale, 2016, 140 p., pp. 89‑95, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2016-5-page-89.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[35] La guerre civile chinoise (1927-1950) a opposé le Parti communiste chinois (PCC) et le Parti nationaliste chinois (KMT). Le PCC, dirigé par Mao Zedong, est victorieux en 1949 et proclame la république populaire de Chine à Beijing. Le KMT se replie à Taïwan, continuant à revendiquer la souveraineté sur toute la Chine.

[36] Mao Zedong était un dirigeant politique chinois. Il a fondé la république populaire de Chine en 1949. Mao Zedong a eu un impact significatif sur l’histoire chinoise avec des politiques telles que la Révolution culturelle et le Grand Bond en avant. Il est l’architecte de la Chine moderne sur un plan politique avec le communisme d’État, bien que son règne soit marqué par la mort de millions de Chinois liée aux réformes et purges.

[37] HERRERA Rémy et ZHIMING Long, « L’énigme de la croissance chinoise », dans La Pensée, n°396, Pantin, Fondation Gabriel Péri, 2018, 160 p., pp. 121‑131, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-la-pensee-2018-4-page-121.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[38] Stockholm International Peace Research Institute, « Trends in World Military Expenditure, 2022 », Solna, Stockholm International Peace Research Institute, 2023, 12 p., [en ligne] https://www.sipri.org/sites/default/files/2023-04/2304_fs_milex_2022.pdf (dernière consultation le 04/12/2023)

[39] La déstalinisation s’assimile à un processus de démantèlement des politiques, des doctrines et du culte associés à Staline dès sa mort en 1953. Ce processus a eu lieu notamment sous la direction de ses successeurs, en particulier de Nikita Khrouchtchev.

[40] BRUSTLEIN Corentin, « La Chine et l’avènement de la “dissuasion stratégique intégrée” », dans Revue Défense Nationale, n°812, Paris, Comité d’étude de Défense Nationale, 2018, 190 p., pp. 32‑36, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2018-7-page-32.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[41] Ibid.

[42] Ibid.

[43] Le pays est indépendant depuis 1953, date correspondant à la fin d’une guerre ayant eu lieu entre les deux Corées. Le Nord reste depuis « communiste », ce qui façonne sa politique vis-à-vis du nucléaire.

[44] LEE Seung-Keun, « La crise nucléaire nord-coréenne : le bilan et la résolution », Hérodote, n°141, Paris, La Découverte, 2011, 208 p., pp. 34‑46, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-herodote-2011-2-page-34.htm?ref=doi (dernière consultation le 04/12/2023)

[45] CHUN Kwang-Ho, « Approches multiniveaux du dilemme de la question nucléaire en Corée du Nord et de la sécurité en Asie du Nord-Est », dans Revue internationale de politique comparée, vol. 19, n°3, Paris, De Boeck Supérieur, 2012, 204 p., pp. 169‑191, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2012-3-page-169.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[46] La guerre de Corée s’est déroulée de 1950 à 1953. Elle fait suite à la division de la péninsule après la Seconde Guerre mondiale. La Corée du Nord, soutenue par l’Union soviétique et la république populaire de Chine affronte la Corée du Sud, soutenue par les États-Unis et d’autres pays de l’ONU. Elle se solde par la division durable de la péninsule entre Nord et Sud après la guerre.

[47] Ibid.

[48] Les négociations sont dénommées « dialogue à six ». Elles forment un processus de négociation avec six acteurs de l’Asie-Pacifique : la Corée du Nord, la Corée du Sud, la Chine, les États-Unis, la Russie et le Japon. L’objectif principal de ce dialogue est de discuter de la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les négociations sont aujourd’hui gelées.

[49] BIENVENUE Julie, « Fukushima : que s’est-il passé il y a 11 ans ? », dans Le Monde, Paris, Société éditrice du monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/11/fukushima-que-s-est-il-passe-il-y-a-dix-ans_6072695_3244.html (dernière consultation le 04/12/2023)

[50] CHUN Kwang-Ho, « Approches multiniveaux du dilemme de la question nucléaire en Corée du Nord et de la sécurité en Asie du Nord-Est », art. cit.

[51] Outre les négociations du « dialogue à six » (voir note 48), la Corée du Nord a pris part à de nombreux pourparlers. D’abord avec l’accord-cadre d’Agreed Framework (1994) où est prévu le gel du programme nucléaire nord-coréen en échange d’aide économique. Plus récemment, nous pouvons citer le rapprochement entre Kim Jong-un, dirigeant nord-coréen, Moon Jae-in, président sud-coréen, et Donald Trump pour la dénucléarisation (2018-2019). Toutefois, les tensions se poursuivent à ce jour.

[52] Les tensions entre l’Inde et la Chine se sont intensifiées depuis mai 2020 avec des affrontements meurtriers dans la vallée de Galwan et d’autres zones contestées le long de la ligne de contrôle réel. Ces confrontations ont ravivé les contentieux frontaliers, entraînant un renforcement militaire des deux côtés dans la région de l’Himalaya. Les deux pays ont maintenu des pourparlers pour tenter d’apaiser la situation, mais elle reste précaire.

[53] BRISSET Jean-Vincent et MEMHELD Pierre, « Inde-Chine, entre encerclement et contre-encerclement », dans Revue Défense Nationale, n°783, Paris, Comité d’étude de Défense Nationale, 2015, 136 p., pp. 85‑90, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2015-8-page-85.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[54] Ibid.

[55] ROMANACCE Thomas, « Voici le nombre d’armes nucléaires que possèdent les 9 puissances atomiques de la planète », dans Capital, Gennevilliers, Prisma Media, 2021, [en ligne] https://www.capital.fr/economie-politique/voici-le-nombre-darmes-nucleaires-que-possedent-les-9-puissances-atomiques-de-la-planete-189216 (dernière consultation le 04/12/2023)

[56] RAJAGOPALAN Rajesh, « Le défi nucléaire indien : contrer la stratégie d’escalade pakistanaise », dans Revue Défense Nationale, n°812, Paris, Comité d’étude de Défense Nationale, 2018, 190 p., pp. 53‑57, traduit par SADOZAÏ Mélanie, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2018-7-page-53.htm (dernière consultation le 04/12/2023)

[57] L’Inde a une majorité hindoue et a fréquemment mis en avant une conception religieuse de la société dans laquelle les minorités étaient délaissées, voire persécutées. Quant au Pakistan, l’État est, lui aussi, fondé autour d’une religion majoritaire qui est l’islam, ce qui engendre des tensions avec son voisin.

[58] RAJAGOPALAN Rajesh, art. cit.

Une réflexion sur “La place de l’arme nucléaire en Asie-Pacifique depuis 1945

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