L’arme aéronavale durant la guerre d’Asie-Pacifique

En Asie, la Seconde Guerre mondiale est relativement connue pour les doctrines terrestres offensives et défensives – alliées ou japonaises – appliquées sur les différentes îles du Pacifique. L’exemple le plus cité étant sûrement Iwojima. Pourtant, lorsque l’on s’intéresse plus précisément aux tactiques employées tout au long du conflit, on remarque le développement et la maîtrise d’un nouvel instrument de combat : l’arme aéronavale.

Tout au long de la campagne du pacifique, les Alliés comme les Japonais mettent en avant, batailles après batailles, l’atout que représente une flotte armée d’appareils embarqués. Après la relative victoire japonaise à Pearl Harbor et celle alliée pendant la bataille de la mer de Corail, un affrontement décisif consacre l’adoption définitive et la suprématie d’une tactique axée sur l’arme aéronavale : la bataille de Midway.

Le croiseur Hikuma coule après avoir été bombardé par les Dauntless pendant la bataille de Midway (National Archive)

Du 4 au 7 juin 1942, l’amiral japonais Yamamoto souhaite provoquer la bataille finale et mobilise la quasi-totalité de ses forces aéronavales : huit porte-avions, onze cuirassés, vingt et un croiseurs, soixante-quinze destroyers, vingt et un sous-marins, sept cents avions. Il commet cependant deux erreurs. D’abord, Yamamoto remet en place le système d’avant-guerre avec les cuirassiers à l’avant et les porte-avions en appui. Puis, seconde erreur, il divise sa flotte en deux petites armadas. Ses manœuvres sont rapidement repérées par les Américains. En face, les Alliés ont réussi à mobiliser trois porte-avions, treize croiseurs, vingt-cinq destroyers, dix-neuf sous-marins, deux cent quarante avions embarqués et cent trente et un à terre.

Dauntless lâchant des bombes au-dessus du croiseur Mikuma, U. S. Navy, 1942, Wikimedia Commons

À partir de ce moment précis, une bataille commence, où marine et aviation constituent les deux principaux outils de la doctrine. Le déroulement de la bataille se résume en plusieurs attaques de l’aviation américaine et une défense acharnée de la défense antiaérienne (DCA) japonaise. Celle-ci réussit en effet, dans un premier temps, à neutraliser un premier assaut. Mais, une seconde vague de chasseurs américains Dauntless fond en piqué sur les porte-avions japonais, pendant que les torpilleurs se rapprochent et aident à couler l’Akagi, le Koga et le Hiryu.

L’Akagi, Kure Maritime Museum, 1942 Wikimedia Commons

Après la bataille de Midway, la Navy prend l’ascendant sur les forces japonaises. Ces dernières s’enferment alors dans une stratégie défensive. Par la suite, les autres batailles seront gagnées selon un même schéma utilisant l’arme aéronavale, maintenant bien appréhendée et maîtrisée : la reconnaissance repère la flotte, les bombardiers en piqué prennent de l’altitude pour fondre sur leurs proies, pendant que les torpilleurs se rapprochent des navires. Des chasseurs accompagnent les bombardiers pour passer la DCA.

Mitsubishi A6M zero, IJN, 1943, Wikimedia Commons

La chasse est par ailleurs un élément capital de cette nouvelle arme. Les Japonais, au tout début de la guerre – et un peu de la même manière qu’à Pearl Harbor – surprennent les armées occidentales avec un tout nouveau type de chasseur qui acte la transformation du combat aérien : le Mitsubishi A6M zéro. Moderne, extrêmement manœuvrable, il profite d’une telle rapidité qu’il surpasse ses homologues britanniques Buffalo à Singapour et à Hong-Kong, autant que les Wildcat américains, trop lents malgré un excellent blindage. Comprenant l’enjeu du combat aérien et la nécessité de maîtriser les mers, les Alliés se lancent dans le développement d’une chasse plus performante : les Américains, au tournant du conflit et de la bataille de Midway, opposent à l’aviation japonaise leur tout premier modèle de chasseur lourd bimoteurs P 38 lightning et leur Hellcat.

Après la bataille de Midway, l’arme aéronavale aura permis aux Alliés de contrôler les mers et les airs sur les différents théâtres d’opération de l’Asie-Pacifique, forts d’une flotte embarquée de 21 porte-avions et 16 770 appareils.

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