Rapport Stora : l’engagement contemporain de l’historien sur la guerre d’Algérie

Charles de Gaulle parlait de la guerre d’Algérie comme d’une « boîte à chagrins »[1] avec laquelle il voulait en finir. Cette expression utilisée dans les années 1960 trouve encore son actualité aujourd’hui alors que le 20 janvier 2021 fut remis à Emmanuel Macron un rapport public sur « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie » par l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie contemporaine. Le chercheur a plusieurs thèmes de prédilection dont la colonisation française au Maghreb, l’histoire des Juifs d’Algérie, l’immigration maghrébine en France et la question de la mémoire de la guerre d’Algérie.

Ce rapport s’inscrit dans une mission confiée par le Président de la République française à Benjamin Stora afin de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France »[2] sur les mémoires plurielles du conflit algérien et de la colonisation. Cette mémoire, du moins ces mémoires – car elles sont nombreuses – sont souvent perçues comme complexes, antagonistes, instrumentalisées, passionnelles, passionnées et communautarisées. Déjà en 1991 dans son ouvrage majeur La Gangrène et l’oubli, Stora écrivait :

« J’avais tenté de montrer comment cette guerre ne se finissait pas, dans les têtes et dans les coeurs. Parce que, de part et d’autre de la Méditerranée, elle n’avait pas été suffisamment nommée, montrée, assumée dans et par une mémoire collective »[3].

Trente ans après cet écrit fondateur sur la question mémorielle autour de l’Algérie, et bientôt soixante ans après son indépendance, ce document vient interroger une histoire qui concerne près d’un Français sur dix[4]. Une histoire écrite depuis des décennies dans des centaines d’ouvrages mais qui continue à susciter les passions à son évocation. Car cette boîte à chagrins n’est toujours pas fermée. Au contraire, depuis ces dernières décennies, notamment à travers les descendants de ces histoires algériennes, une accélération mémorielle a caractérisé l’espace public français. C’est à travers ce constat qu’Emmanuel Macron aurait souhaité tenter de réconcilier ces mémoires afin de se tourner vers un avenir plus apaisé et une mémoire pacifiée pour les Français touchés par cette histoire, pour les Algériens, et pour les relations entre la France et l’Algérie. De surcroît, le rapport Stora s’ancre aussi dans un contexte qui est celui de l’élection présidentielle de 2022 qui d’ores et déjà s’incarne autour de questions comme l’identité, l’intégration, l’immigration ou l’islam. Toutes ces thématiques ont des rapports plus ou moins éloignés avec la guerre d’Algérie et ses héritages, puisque ce conflit continue à être présent dans les débats politiques. À l’aube des soixante ans de l’indépendance de l’Algérie, en juillet 2022, le travail historique mené par Benjamin Stora vient questionner la place et l’engagement de l’historien dans l’existant politique, mémoriel et historique que porte la guerre d’Algérie.

Afin d’étudier cette question, nous nous intéresserons tout d’abord au contenu du rapport Stora et de ce qu’il vient apporter aux travaux préexistants sur la colonisation et la guerre d’Algérie. Puis, nous reviendrons sur les réceptions vives de ce document qui ont soulevé le débat public. Enfin, nous étudierons les répercussions de ce rapport dans la vie politique française près d’un an après sa remise au chef de l’État et de la place qu’illustre l’historien dans cet enjeu politique majeur de l’histoire française[5].

I. Un rapport dense qui raconte et préconise

En préambule de son rapport, Benjamin Stora choisit deux citations, l’une de l’écrivain Français d’Algérie, Albert Camus, à l’occasion de son Appel pour une trêve civile en Algérie du 22 janvier 1956 :

« J’ai aimé avec passion cette terre où je suis né, j’y ai puisé tout ce que je suis, et je n’ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent, de quelque race qu’ils soient. Bien que j’aie connu et partagé les misères qui ne lui manquent pas, elle est restée pour moi la terre du bonheur, de l’énergie et de la création » [6].

Juste en-dessous, une citation de l’écrivain kabyle, Mouloud Feraoun, issue de son Journal qu’il tient de 1955 à 1962 :

« Le pays se réveille aveuglé par la colère et plein de pressentiments; une force confuse monte en lui doucement. Il est tout effrayé encore mais bientôt il en aura pleinement conscience. Alors, il s’en servira et demandera des comptes à ceux qui ont prolongé son sommeil »[7].

Mouloud Feraoun et Albert Camus étaient amis, par l’intermédiaire de l’écrivain Français d’Algérie Emmanuel Roblès. Bien que chacun dans un camp, les deux hommes se ressemblent dans leur combat pour dénoncer les violences de part et d’autre. Feraoun écrit d’ailleurs une lettre ouverte à Albert Camus, « La source de nos malheurs communs »[8], où il se confie sur ce qui les rapproche et surtout sur ce qui les différencie. Ils sont unis par les mêmes valeurs morales et humanistes, et c’est de là que pourrait s’expliquer le choix de Stora d’avoir fait parler en introduction ces deux hommes qui ont chacun combattu pour leur vision d’une Algérie de l’entre-deux, qui ne répondrait pas à un extrême ou à l’autre. Ironiquement, aucun des deux ne voit l’indépendance de l’Algérie : Albert Camus décède en France dans un accident de voiture le 4 janvier 1960 tandis que Mouloud Feraoun est tué en Algérie par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) le 15 mars 1962.

Le document de plus de 150 pages se découpe en trois grandes parties. La première, « Algérie, l’impossible oubli »[9], revient sur la singularité des relations entre la France et l’Algérie qui ont partagé 132 ans d’une histoire commune. Ainsi que sur l’exercice difficile d’écrire les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie, et sur le chemin déjà parcouru. La seconde est consacrée aux « rapports de la France avec l’Algérie »[10], qui traite de  la coopération qui lie les deux pays depuis 1962. Il souligne l’immense travail historique accompli qui n’a pas empêché l’explosion mémorielle autour des années 2000. Il cite Jacques Chirac qui, à Madagascar en 2005, a évoqué le massacre colonial des années 1947-1948 sur l’île et mentionnait déjà l’idée « d’un travail de mémoire qui retrace les faits et qui puisse apaiser les coeurs »[11]. Enfin, dans la troisième partie[12], l’historien s’attèle à étudier quatre défis de coopération qu’il reste encore à relever, parmi lesquels le sujet épineux des archives, la question des « disparus » dont les corps n’ont jamais été retrouvés, la représentation de la guerre d’Algérie par les images et surtout le cinéma, et l’éternelle question des excuses pour la période coloniale. Dans une conclusion[13], il insiste sur l’importance de mettre en place un Traité de réconciliation et d’amitié entre le peuple algérien et français. Par conséquent, il en vient à faire des préconisations pour « s’éloigner d’une mémoire devenue enfermement dans un passé »[14].

Toutes les préconisations faites par Benjamin Stora ont pour objectif d’être impulsées par une Commission « Mémoires et vérité » qui travaillerait sur une coopération entre les deux rives de la Méditerranée. Selon lui, cette Commission pourrait être composée d’acteurs des sociétés civiles algérienne, française et de chercheurs.

Afin de mieux les étudier, nous les avons recoupé dans des thèmes
communs :

  • Des personnages de l’histoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie :

Dans son rapport, l’historien évoque plusieurs personnes qui ont marqué l’histoire de la France en Algérie afin qu’elles soient commémorées ou représentées dans l’espace public français. Il propose notamment qu’une stèle en l’honneur de l’émir Abd-el-Kader soit érigée à Amboise, lieu où il a vécu après sa défaite contre les Français avant d’être libéré en 1852 par Napoléon III. Abdelkader ibn Muhieddine a résisté à la conquête française de 1830 à 1848, et est considéré aujourd’hui en Algérie comme le fondateur de l’État algérien moderne.

Statue de l’émir Abd-el-Kader sur la place éponyme, à Alger (cf. Wikimedia commons).

Aussi, il recommande que soit reconnu le crime d’État par la France d’Ali Boumendjel lors de la Bataille d’Alger en 1957, qui viendrait s’inscrire à la suite de la reconnaissance par Emmanuel Macron en 2018 de l’assassinat du militant communiste Maurice Audin. Ali Boumendjel était un avocat et militant politique algérien qui fut arrêté par les parachutistes de l’armée française le 9 février 1957. Il a été torturé dans un centre du quartier d’El-Biar, où furent aussi torturés les militants Henri Alleg et Maurice Audin. Il est assassiné le 23 mars 1957, sur les ordres du commandant Paul Aussaresses qui l’a reconnu au début des années 2000[15] – pendant des décennies, l’armée française maquille sa mort en suicide -. L’historien demande que cet meurtre soit reconnu comme un crime d’État perpétré dans le cadre d’un système mis en place autour des pouvoirs spéciaux votés en 1956.

De surcroît, il demande l’entrée au panthéon de Gisèle Halimi. L’avocate est notamment célèbre pour ses positions anticolonialistes et sa défense avec Simone de Beauvoir de la militante du FLN Djamila Boupacha, accusée de tentative d’attentat puis violée et torturée par des soldats français.

Enfin, il indique que plus de noms de rues en France devraient être donnés à des personnes issues de l’immigration et de l’outre-mer ainsi qu’à des Français d’origine européenne issus de territoires anciennement colonisés. Ces préconisations en faveur de figures de l’histoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie sont perçues comme un moyen de donner des visages à ces mémoires blessées et de montrer que certains personnages peuvent faire consensus en dépit de leurs engagements ou leurs combats.

Portrait de Djamila Boupacha (cf. Wikimedia commons).
  • Les réparations mémorielles :

Plusieurs héritages de la présence de la France en Algérie restent encore à traiter aujourd’hui. Un sujet complexe est celui des 17 essais nucléaires réalisés entre 1960 et 1966 par la France dans le désert algérien. En effet, la question du Sahara algérien dans les accords d’Évian (18 mars 1962) était cruciale entre les membres du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) et le gouvernement français pendant les négociations. Le Sahara était alors vu comme le terrain idéal pour expérimenter l’arme nucléaire. Les essais ont eu des conséquences indélébiles sur les populations locales, nomades et chez les appelés algériens qui se trouvaient à proximité. Plusieurs lieux sont encore contaminés. Un travail conjoint entre la France et l’Algérie est déjà en cours pour identifier ces lieux et les populations touchées afin d’ouvrir un droit à l’indemnisation. Cette question des indemnisations est un litige entre les deux gouvernements, puisque les officiels algériens estiment que celles-ci ne doivent pas être individuelles car cela reviendrait à dépolitiser le problème. À cela s’ajoute le sujet des mines posées par l’armée française aux frontières marocaine et tunisienne dont beaucoup sont encore enterrées et actives. Une coopération sur les plans de ces mines entre la France et l’Algérie est nécessaire pour éviter des dégâts.

La coopération franco-algérienne doit aussi se faire, selon le rapport, pour les cimetières européens et juifs en Algérie. Ces cimetières sont grandement laissés à l’abandon depuis l’indépendance et méritent une réhabilitation et un entretien régulier. En 2003 lors d’une visite d’État en Algérie, le Président Chirac annonce un plan pour entretenir et rénover les cimetières européens d’Algérie. Dans les faits, cela n’a été que peu appliqué alors que les cimetières relèvent du patrimoine mémoriel commun entre la France et l’Algérie.

Une dernière réparation mémorielle concerne les disparus et les restes humains. Benjamin Stora souhaite œuvrer à la publication d’un guide des disparus qui recenserait toutes les personnes dont on a perdu la trace pendant le conflit algérien. Ce guide permettrait l’apaisement mémoriel des familles et d’ancrer ces hommes sans sépulture dans l’histoire franco-algérienne. En ce qui concerne les restes humains, Benjamin Stora désigne les crânes de combattants algériens du XIXe siècle qui sont conservés au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris à des fins scientifiques. En juillet 2020, 24 de ces crânes de résistants algériens sont rendus à l’Algérie[16]. Ils avaient été découverts en 2011 par l’anthropologue et historien algérien Ali Belkadi à l’occasion de recherches dans les collections du Musée de l’Homme.

  • La coopération archivistique et universitaire :

La question des archives constitue un contentieux majeur des relations entre la France et l’Algérie depuis 1962. À son départ du territoire algérien, la France a récupéré les archives de souveraineté et y a laissé celles de gestion. En effet, comme cela fut le cas dans le cadre des indépendances, les archives des administrations ayant exercées des fonctions de souveraineté ont été rapatriées en France quant aux archives concernant la gestion sont restées sur place[17]. Depuis, la France a renvoyé plusieurs cartons à l’Algérie, dans le cadre de détente des relations diplomatiques. Toutefois, dans les deux pays, la question de l’accès aux archives reste difficile. Dans son rapport, l’historien souhaite rassembler un groupe de chercheurs afin de revenir sur le chemin accompli dans l’inventaire des archives de la France en Algérie. Il promeut, aussi, une coopération entre les chercheurs français et algériens avec l’idée de visas dédiés aux chercheurs algériens qui leur permettraient de rester sur une année universitaire afin de consulter les Archives nationales d’outre-mer conservées à Aix-en-Provence. En retour, l’Algérie pourrait accueillir des chercheurs français dans ses archives. En ce qui concerne une coopération directe entre les deux pays, il propose la mise en place d’un fonds d’archives commun accessible librement.

En outre, dans une dynamique franco-française, Benjamin Stora rappelle qu’encore plusieurs cartons d’archives sont inaccessibles aux chercheurs car ils sont classés « secret défense ». Ils auraient dû être consultables cinquante ans après les événements évoqués. Pourtant, certains documents déclassifiés ont été par la suite reclassifiés « secret défense ». Une des conséquences directes est que cela empêche les travaux de chercheurs sur la guerre d’Algérie. Les dérogations sont très longues à obtenir. Benjamin Stora dénonce cette pratique archivistique qui consiste à reclassifier des documents déjà déclassifiés. Selon lui[18], cela n’a pas de sens de défendre l’accès à certains documents déjà étudiés et répertoriés dans des mémoires et thèses.

  • La transmission :

Une thématique centrale du rapport Stora est celle de la transmission, puisque dans sa lettre de mission, Emmanuel Macron insiste sur l’apaisement nécessaire des mémoires pour la jeunesse. L’Élysée précise que « c’est pour eux désormais, pour la jeunesse française et algérienne, qu’il nous faut avancer sur la voie de la vérité, la seule qui puisse conduire à la réconciliation des mémoires »[19].

Benjamin Stora revendique une place plus grande faite à l’histoire de la France en Algérie dans les programmes scolaires et d’inclure la guerre d’Algérie dans l’histoire de la colonisation. En effet, aujourd’hui, la guerre d’Algérie est traitée en même temps que la guerre d’Indochine dans le chapitre des décolonisations. Or, cette guerre n’est pas insérée dans le continuum historique qu’a représenté la présence coloniale française en Algérie depuis 1830. Dans le programme scolaire de seconde générale, un choix est fait par les professeurs d’histoire-géographie de traiter soit les mémoires de la guerre d’Algérie soit les mémoires de la Seconde Guerre mondiale. Dans une grande majorité des cas, ce sont les mémoires de cette dernière qui sont traitées car les professeurs manquent des connaissances nécessaires pour étudier la guerre d’Algérie. Benjamin Stora note ainsi que les professeurs, de lycée et d’université, sont peu formés durant leurs études à l’histoire de la colonisation. Seuls quelques universitaires français se partagent aujourd’hui l’histoire du Maghreb contemporain. Le problème de ce manque est qu’il entre en contradiction avec des élèves souvent issus de l’immigration maghrébine contemporaine qui ont à cœur d’apprendre leur histoire. L’absence d’apprentissage de leur histoire commune laisse place à des interprétations et des imaginaires qui perdurent ensuite dans le futur.

La transmission des mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie passe aussi par la littérature. Le rapport étudie l’idée d’un fonds de traduction arabo-français, et possiblement berbère, d’œuvres littéraires historiques. Ce fonds permettrait la diffusion d’ouvrages pertinents dans le cadre des mémoires franco-algériennes. Aussi, Stora propose la création d’une collection « franco-algérienne » dans une maison d’édition afin de « poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés et de chaque côté de la Méditerranée »[20].

Dernièrement, l’organisation de colloques et d’expositions sur des thèmes communs de l’histoire franco-algérienne viserait à la continuité d’une transmission des mémoires plurielles. Il étudie notamment la possibilité d’un colloque international sur les personnalités qui ont refusé la guerre d’Algérie, comme François Mauriac ou Raymond Aron. De plus, il imagine l’organisation d’une exposition sur les indépendances africaines au Musée national de l’histoire de l’immigration, dont Stora a été le président du Conseil d’orientation de 2014 à 2020. Toute cette richesse d’expositions et de colloques pourrait également s’incarner dans le projet d’un musée de l’histoire de la France et de l’Algérie, qui avait été prévu à Montpellier puis abandonné par le maire sous la pression des associations algérianistes. Le MHFA (Musée de l’Histoire de la France et de l’Algérie) se voulait l’initiation d’un parcours commun de l’histoire des deux pays[21].

Ces principales thématiques constituent le cœur du rapport Stora, et s’inscrivent encore une fois dans une volonté de réconcilier les mémoires. À sa publication, le rapport et l’historien font face à de vives critiques dans la presse et le débat public. Car, cela a toujours été démontré, la colonisation et la guerre d’Algérie sont des sujets passionnés en France. Il est dès lors intéressant de revenir dans un second temps sur les réceptions de ce rapport et les avancées qu’il a suscitées.

Le rapport Stora grave dans l’histoire politique française le chantier mémoriel qui a été au cœur de la campagne présidentielle puis du mandat d’Emmanuel Macron. En 2017, alors candidat à la présidentielle, il qualifie la colonisation française en Algérie de « crime contre l’humanité »[22] lors d’un entretien pour la chaîne algérienne Echorouk News. Cette déclaration provoque de violents remous en France. Puis dans les premiers mois de sa Présidence, le 13 septembre 2018, il reconnaît officiellement l’assassinat de Maurice Audin comme un crime d’État. Par là, il « reconnaît aussi que si sa mort est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a été néanmoins rendue possible par un système légalement institué : le système “arrestation-détention” mis en place »[23]. Maurice Audin était un militant communiste qui s’est engagé pour l’indépendance algérienne. Il est arrêté, torturé puis tué lors de la Bataille d’Alger en 1957. Par cette démarche, Macron souhaite s’engager dans une vérité et une réconciliation des mémoires.

II. Les réceptions passionnées du rapport Stora : un début d’avancée sur la question mémorielle ?

Le rapport Stora a été reçu différemment selon les groupes mémoriels attachés à l’histoire de la guerre d’Algérie. Plusieurs Algériens et Français ont reconnu l’importance d’un tel travail et y voient une avancée importante sur la question mémorielle et la volonté de la France de guérir de cette histoire. Nonobstant, Benjamin Stora et le rapport ont essuyé plusieurs critiques négatives. Lui-même raconte qu’une des critiques formulées est celle de ne pas avoir travaillé dans le cadre de ce rapport avec des historiens algériens. Il se défend en disant que ce rapport est écrit dans une démarche franco-française et que la présence d’historiens algériens ne lui semblait pas prégnante dans ce cadre-là. Il dit s’être surtout aidé de la société civile, notamment de membres du mouvement associatif, pour mettre en place ses préconisations. Néanmoins, sa volonté de créer une Commission Mémoires et Vérité se ferait avec la participation d’historiens des deux rives de la Méditerranée. Aussi, on lui reproche les personnages historiques évoqués comme l’émir Abd-el-Kader qui est certes un des symboles de la résistance à la conquête française, mais qui n’est pas le seul si on pense à Lalla Fatma N’Soumer ou El Mokrani. La première est une résistante berbère à la colonisation française dans les années 1850. Quelques années plus tard, El Mokrani mène en 1871 une insurrection de plus de 250 tribus en Kabylie contre les colons français. Il répond aux critiques qui concernent les manques, les absences par l’idée que ce rapport n’est qu’un début de travail sur le mémoriel et que donc plusieurs préconisations pourraient être ajoutées par la suite.

D’autres critiques sont portées par des groupes, à commencer par les autorités algériennes qui ont dénoncé un rapport qui ne parle pas d’excuses ou de repentance. Le directeur général des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi dénonce un rapport « franco-français »[24] qui n’a donc pas de sens pour l’Algérie. Il explique aussi que ce rapport n’a pas été transmis officiellement au gouvernement algérien. Chikhi avait été chargé, en même temps que Stora, de travailler sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie côté algérien par le président Abdelmadjid Tebboune. Benjamin Stora s’est défendu en affirmant que les questions d’excuses et de repentance sont des non-sens puisqu’elles cachent les véritables problèmes mémoriels liés à l’Algérie. De surcroît, en tant qu’historien qui a dû produire un travail le plus neutre possible, il rappelle que son objectif à lui était de produire un rapport historique et non politique. Commence à se poser ici la question de l’engagement que doit avoir l’historien dans le cadre d’un sujet où la frontière entre politique et histoire est si fine. Un historien, qui plus est, qui est touché personnellement par la colonisation et la guerre d’Algérie. En effet, Benjamin Stora est né à Constantine en Algérie en 1950 et s’exile en France avec ses parents en 1962. Son lien avec l’Algérie est personnel pourtant il a dû produire un travail qui tend vers une justesse et une objectivité propres au métier d’historien. Ainsi, quelle est la place et l’engagement de l’historien dans un sujet aussi intimiste et politiquement complexe ?

En outre, le rapport est vivement critiqué par les Harkis et les descendants d’Harkis, notamment dans une tribune collective publiée dans Le Figaro « Nous, filles et femmes de harkis, récusons le rapport Stora sur la guerre d’Algérie »[25], qui dénoncent l’absence de mention des Harkis dans le rapport. Cette tribune d’une cinquantaine de co-signataires parle d’un rapport qui serait plus politique qu’historique et qui par-là même oublie de prendre en considération les Harkis de même que les camps, notamment, dans lesquels ils ont été parqués à leur rapatriement d’Algérie. Cette critique rejoint une critique plus large qui est celle du rapport Stora qui ferait le jeu du pouvoir algérien, en n’évoquant que les aspects consensuels des mémoires de la guerre d’Algérie. À la suite de la publication du rapport, Emmanuel Macron a demandé pardon aux Harkis et a reconnu un « abandon de la République française »[26].

Enfin, les anciens appelés de la guerre d’Algérie, représentés dans plusieurs associations dont l’UNC (Union nationale des combattants) se disent contre certaines propositions comme la commémoration des accords d’Évian qui pour eux est loin de marquer une fin aux combats de l’Algérie mais ouvre plutôt une autre guerre, plus violente, avec un redoublement des attentats du FLN et de l’OAS. Aussi, ils s’opposent à la panthéonisation de Gisèle Halimi qu’ils jugent responsable de la mort de soldats français car elle a soutenu les indépendantistes algériens. Enfin, pour revenir au rôle de l’historien engagé, pour eux Benjamin Stora montre trop ses préférences personnelles en termes de préconisations, ce qui le pousse ainsi à oublier des points majeurs. En effet, l’historien se définit comme trotskiste jusqu’en 1984 avant de rejoindre le Parti socialiste. Il soutient Ségolène Royal à la présidentielle en 2007 puis François Hollande en 2012. Son engagement politique de gauche lui est souvent reproché au regard de la guerre d’Algérie. Il serait ainsi pro-indépendance de l’Algérie et les préconisations du rapport découleraient de ses propres appétences.

Gisèle Halimi en 1968, par Ron Kroon, Anefo (cf. Wikimedia commons).

Les critiques autour du rapport Stora sont ainsi nombreuses. Nous avons évoqué les principales mais étant donné la pluralité de mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie, il en reste encore beaucoup qui concernent des points précis du texte. Il est évident qu’un rapport porté par un seul homme, bien qu’aidé par d’autres, ne peut mettre d’accord tout le monde, surtout sur un sujet aussi complexe. Alors près d’un an après la remise du rapport, qu’est-ce qui a été fait en ce qui concerne les préconisations ? Aussi, où se trouve le rôle de l’historien engagé dans ce sujet ?

III. Les répercussions du rapport Stora et du rôle de l’historien engagé

Le rapport Stora se veut historique mais est politique. Un sujet aussi contemporain comme la guerre d’Algérie est un objet politique qui s’inscrit dans le débat public, malgré lui. En dépit des innombrables travaux d’historiens, de géographes, de sociologues, de politologues, l’histoire de la guerre d’Algérie n’est pas unique et commune. Alors, le rapport Stora ne peut faire consensus, rien que dans la Nation française. Dans l’histoire récente de la France, le rôle de l’historien engagé a été porté plusieurs fois. Pierre Vidal-Naquet s’engage, au coeur de la guerre d’Algérie, pour faire reconnaître l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française. Avec les outils de l’historien, les témoignages, les archives, les dossiers d’enquête, il a pu démêler les circonstances mystérieuses de sa mort. En 1957, il publie son premier travail historique aux Éditions de Minuit, L’Affaire Audin[27]. Le travail de Vidal-Naquet a été primordial au sein du Comité Maurice Audin et a permis de rétablir la vérité sur une affaire. Dans sa déclaration sur la mort de Maurice Audin, Macron évoque « ceux qui, dans la lignée de Pierre Vidal-Naquet, ont enquêté sur l’affaire : historiens, journalistes, documentaristes »[28] leur rendant par-là même hommage.

L’engagement de Benjamin Stora s’inscrit dans la même lignée que celle de Pierre Vidal-Naquet. En effet, ce rapport peut être vu comme l’aboutissement concret d’une carrière longue de plusieurs décennies pendant laquelle il a essayé d’expliquer la colonisation et la guerre d’Algérie dans toute leur complexité. Depuis La Gangrène et l’oubli en 1991 où il évoquait déjà la question de la mémoire jusqu’en 2021, ce sont plus de trente ans qui se sont écoulés pendant lesquelles l’historien engagé a été à l’affût des moindres actualités sur la question mémorielle. Qu’un tel travail ait été confié à Benjamin Stora peut être discutable, notamment de par son positionnement politique à gauche, ou son rapport personnel à l’Algérie. Néanmoins, son expertise sur le sujet est indiscutable. Et aucun historien actuel n’a atteint la somme de travaux qu’il a produite sur le sujet. De l’autre côté de la Méditerranée, on peut citer Mohammed Harbi avec lequel il codirige en 2004 l’ouvrage La guerre d’Algérie 1954-2004, la fin de l’amnésie[29].

Depuis la publication du rapport, plusieurs actions concrètes ont été menées par Emmanuel Macron. Le 17 octobre 2021, 60 ans après la répression de travailleurs algériens en région parisienne, Emmanuel Macron s’est rendu au pont de Bezons, près de Nanterre, où plusieurs corps jetés dans la Seine par la police ont été repêchés parfois des jours après. Il parle alors dans une déclaration de crimes « inexcusables pour la République »[30] dont il impute la responsabilité au préfet de police, Maurice Papon. Preuve de la complexité de la commémoration, Macron dit sans dire. Il ne parle pas en public et s’adresse sous la forme d’un communiqué officiel. Toutefois, sa présence à l’événement reste un moment fort dans le cadre des commémorations des dates importantes de la guerre d’Algérie. Les autres dates majeures évoquées par le rapport sont celles du 19 mars 1962, qui marque les accords d’Évian mais qui fut instituée par François Hollande en 2016 comme « journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Cette date est encore aujourd’hui très contestée en France, surtout par la droite qui juge que c’est loin d’être la fin de la guerre d’Algérie et que d’autres évènements ont eu lieu comme la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962 ou les enlèvements d’Européens à Oran et les massacres des Harkis. Emmanuel Macron a la volonté d’être présent pour trois dates que sont le 19 mars, le 16 octobre et le 25 septembre (Journée nationale d’hommage aux Harkis et aux membres des formations supplétives de l’armée française en Algérie).

Le rapport Stora s’inscrit  dans la réconciliation des difficiles mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie. Demandé par Emmanuel Macron à l’historien Benjamin Stora, il souligne une volonté du Président de guérir de cette rente mémorielle et de transmettre une histoire apaisée aux futures générations, spécifiquement aux descendants dont les parents sont issus de l’immigration. Du côté de l’historien, ce rapport est une forme d’aboutissement de son travail de recherche. Il met son travail sur la mémoire de l’Histoire au service, ici, du gouvernement français afin que celui-ci puisse apporter un éclairage et un avancement sur des questions prégnantes du débat public. Ainsi, Benjamin Stora incarne complètement la figure de l’historien engagé.

À l’aube des 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, on peut se demander quelles seront les prochaines répercussions de ce rapport dans le débat politique français surtout à quelques mois de l’élection présidentielle qui voit déjà des candidats s’affronter sur des questions comme l’identité ou l’immigration, qui sont toujours plus ou moins reliées à la colonisation et au conflit algérien. Les héritages de la colonisation questionnent encore les impensés de la République française et l’historien engagé est un moyen idéal de s’interroger.

Bibliographie

Sources primaires

MACRON Emmanuel, « Cérémonie de commémoration des 60 ans du 17 octobre 1961 », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2021, [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/10/16/ceremonie-de-commemoration-des-60-ans-du-17-octobre-1961 (dernière consultation le 1er décembre 2021).

MACRON Emmanuel, « Déclaration du Président de la République sur la mort de Maurice Audin », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2018, [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/09/13/declaration-du-president-de-la-republique-sur-la-mort-de-maurice-audin (dernière consultation le 1er décembre 2021).

MACRON Emmanuel, « Reconnaissance par la France de l’assassinat d’Ali Boumendjel », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2021, [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/03/02/reconnaissance-par-la-france-de-lassassinat-dali-boumendjel (dernière consultation le 1er décembre 2021).

STORA Benjamin, « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2021, 160 p., [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/01/20/remise-du-rapport-sur-la-memoire-de-la-colonisation-et-de-la-guerre-dalgerie (dernière consultation le 1er décembre 2021).

Ouvrages et articles autour de la colonisation, de la guerre d’Algérie et de la figure de l’historien

BLOCH Marc, Apologie pour l’histoire : ou Métier d’historien, Paris, Dunod, 2020 (1re éd. 1949), 216 p.

CAMUS Albert, Actuelles III : Chroniques algériennes 1939-1958, Paris, Gallimard, 2002 (1re éd. 1958), 224 p.

CORNEDE Martine (dir.), Archives nationales d’outre-mer, Aix-en-Provence, Ministère de la Culture et de la Communication, [en ligne] http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anom/fr/Presentation/Archives-rapatriees.html (dernière consultation le 12 décembre 2021)

FERAOUN Mouloud, Journal : 1955-1962, Paris, Éditions du Seuil, 1962, 348 p.

FERAOUN Mouloud, « Lettre à Albert Camus. La source de nos malheurs communs », dans Preuves, n°91, Paris, Julliard, 1958, pp. 72-75.

HARBI Mohammed (dir.) et STORA Benjamin (dir.), La guerre d’Algérie : 1954-2004, la fin de l’amnésie, Paris, Robert Laffont, 2004, 736 p.

HENRY Jean-Robert, « L’histoire aux prises avec les mémoires. L’exemple du musée avorté de Montpellier sur l’histoire de la France et de l’Algérie », dans L’Année du Maghreb, n°19, Paris, CNRS éditions, 2018, 272 p., pp. 133-164, [en ligne] https://journals.openedition.org/anneemaghreb/4240 (dernière consultation le 12 décembre 2021)

JAUFFRET Jean-Charles, Ces officiers qui ont dit non à la torture : Algérie 1954-1962, Paris, Éditions Autrement, 2005, 176 p.

STORA Benjamin, La Gangrène et l’oubli : la mémoire de la guerre d’Algérie, Paris, Éditions La Découverte, 1992 (1re éd. 1991), 376 p.

VIDAL-NAQUET Pierre, L’Affaire Audin, Paris, Les Éditions de Minuit, 1958, 100 p.

Articles autour du rapport Stora

« Emmanuel Macron confie à l’historien Benjamin Stora une mission sur “la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie” », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2020, [en ligne] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/24/emmanuel-macron-confie-a-l-historien-benjamin-stora-une-mission-sur-la-memoire-de-la-colonisation-et-de-la-guerre-d-algerie_6047236_3212.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

« Emmanuel Macron reconnaît que l’avocat Ali Boumendjel a été “torturé et assassiné” par l’armée française en Algérie », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/03/guerre-d-algerie-emmanuel-macron-reconnait-qu-ali-boumendjel-a-ete-torture-et-assassine-par-l-armee-francaise_6071747_3212.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

« France-Algérie. Le rapport Stora qualifié de “franco-français” par Alger », dans Ouest France, Rennes, Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance, 2021, [en ligne] https://www.ouest-france.fr/monde/algerie/france-algerie-le-rapport-stora-qualifie-de-franco-francais-par-alger-fdc784d0-a0d6-448c-b434-59706ce2a7f4 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

« France-Algérie : peut-on réconcilier les mémoires ? », dans L’Histoire, Paris, Les Éditions Croque Futur, 2021, [en ligne] https://www.lhistoire.fr/entretien/france-alg%C3%A9rie-peut-r%C3%A9concilier-les-m%C3%A9moires (dernière consultation le 1er décembre 2021)

« Guerre d’Algérie : ce qu’il faut retenir du rapport Stora remis aujourd’hui à Emmanuel Macron », dans France info, Paris, France Télévisions, 2021, [en ligne] https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/histoire/guerre-d-algerie-ce-quil-faut-retenir-du-rapport-stora-remis-aujourdhui-a-emmanuel-macron_4265199.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

« Guerre d’Algérie : Emmanuel Macron reconnaît que le militant Ali Boumendjel a été “torturé et assassiné” par l’armée française », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2021, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/guerre-d-algerie-macron-reconnait-que-le-militant-ali-boumendjel-a-ete-torture-et-assassine-par-l-armee-francaise-20210302 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

« Nous, filles et femmes de harkis, récusons le rapport Stora sur la guerre d’Algérie », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2021, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/vox/societe/nous-filles-et-femmes-de-harkis-recusons-le-rapport-stora-sur-la-guerre-d-algerie-20210127 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

« Rapport Stora sur la mémoire de la guerre d’Algérie : certaines propositions seraient inadmissibles », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2021, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/rapport-stora-sur-la-memoire-de-la-guerre-d-algerie-certaines-propositions-seraient-inadmissibles-20210224 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

AFP, « Gisèle Halimi honorée aux Invalides : les féministes espèrent encore let Panthéon », dans L’Express, Paris, Groupe l’Express, 2021, [en ligne] https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/gisele-halimi-honoree-aux-invalides-les-feministes-esperent-encore-le-pantheon_2157260.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

KESSOUS Mustapha, « Emmanuel Macron demande « pardon » aux harkis en reconnaissant leur “singularité dans l’histoire de France” », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/09/21/emmanuel-macron-demande-pardon-aux-harkis-en-reconnaissant-leur-singularite-dans-l-histoire-de-france_6095391_823448.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

RECKER Fabien, « Gisèle Halimi : pourquoi Macron lui refuse le Panthéon », dans Public Sénat, Paris, Public Sénat, 2021, [en ligne] https://www.publicsenat.fr/article/politique/gisele-halimi-pourquoi-l-elysee-ne-souhaite-pas-lui-ouvrir-le-pantheon-190204 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

ZERROUKY Madjid, « La France remet à l’Algérie vingt-quatre crânes de résistants décapités au XIXe siècle entreposés à Paris », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2020, [en ligne] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/03/la-france-remet-a-l-algerie-24-cranes-de-resistants-decapites-au-xixe-siecle-et-entreposes-a-paris_6045108_3212.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[1] JAUFFRET Jean-Charles, Ces officiers qui ont dit non à la torture : Algérie 1954-1962, Paris, Éditions Autrement, 2005, 176 p., p. 35.

[2] « Emmanuel Macron confie à l’historien Benjamin Stora une mission sur “la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie” », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2020, [en ligne] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/24/emmanuel-macron-confie-a-l-historien-benjamin-stora-une-mission-sur-la-memoire-de-la-colonisation-et-de-la-guerre-d-algerie_6047236_3212.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[3] STORA Benjamin, « 1999-2003, guerre d’Algérie, les accélérations de la mémoire », dans HARBI Mohammed (dir.) et STORA Benjamin (dir.), La guerre d’Algérie : 1954-2004, la fin de l’amnésie, Paris, Robert Laffont, 2004, 736 p., p. 502.

[4] « France-Algérie : peut-on réconcilier les mémoires ? », dans L’Histoire, Paris, Les Éditions Croque Futur, 2021, [en ligne] https://www.lhistoire.fr/entretien/france-alg%C3%A9rie-peut-r%C3%A9concilier-les-m%C3%A9moires (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[5] Pour approfondir ce sujet, lire l’ouvrage de BLOCH Marc, Apologie pour l’histoire : ou Métier d’historien, Paris, Dunod, 2020 (1re éd. 1949), 216 p.

[6] CAMUS Albert, Actuelles III : Chroniques algériennes 1939-1958, Paris, Gallimard, 2002 (1re éd. 1958), 224 p., pp. 225-226.

[7] STORA Benjamin, « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2021, 160 p., p. 1, [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/01/20/remise-du-rapport-sur-la-memoire-de-la-colonisation-et-de-la-guerre-dalgerie (dernière consultation le 1er décembre 2021).

[8] FERAOUN Mouloud, « Lettre à Albert Camus. La source de nos malheurs communs », dans Preuves, n°91, Paris, Julliard, 1958, pp. 72-75.

[9] STORA Benjamin, « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », op. cit. pp. 4-33.

[10] Ibid., pp. 34-59.

[11] Ibid., pp. 51-52.

[12] Ibid., pp. 60-87.

[13] Ibid., pp. 88-94.

[14] Ibid., p. 92.

[15] « Emmanuel Macron reconnaît que l’avocat Ali Boumendjel a été “torturé et assassiné” par l’armée française en Algérie », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/03/guerre-d-algerie-emmanuel-macron-reconnait-qu-ali-boumendjel-a-ete-torture-et-assassine-par-l-armee-francaise_6071747_3212.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[16] ZERROUKY Madjid, « La France remet à l’Algérie vingt-quatre crânes de résistants décapités au XIXe siècle entreposés à Paris », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2020, [en ligne] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/03/la-france-remet-a-l-algerie-24-cranes-de-resistants-decapites-au-xixe-siecle-et-entreposes-a-paris_6045108_3212.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[17] Pour plus d’informations sur la question du rapatriement des archives lors des indépendances, consultez le site des Archives nationales d’outre-mer : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anom/fr/Presentation/Archives-rapatriees.html

[18] Il évoque notamment cette idée dans un entretien pour la radio Beur FM : « [Les Grands Témoins] Rapport Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie » https://www.youtube.com/watch?v=ontzLTFH1Io&list=PLi0FSGbiAtGmh4Ap6-qeOEhWGsMsfprJV&index=8 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[19] MACRON Emmanuel, « Reconnaissance par la France de l’assassinat d’Ali Boumendjel », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2021, [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/03/02/reconnaissance-par-la-france-de-lassassinat-dali-boumendjel (dernière consultation le 1er décembre 2021).

[20] STORA Benjamin, « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », op. cit., p. 99.

[21] Pour comprendre mieux ce projet, lire l’article HENRY Jean-Robert, « L’histoire aux prises avec les mémoires. L’exemple du musée avorté de Montpellier sur l’histoire de la France et de l’Algérie », dans L’Année du Maghreb, n°19, Paris, CNRS éditions, 2018, 272 p., pp. 133-164, [en ligne] https://journals.openedition.org/anneemaghreb/4240 (dernière consultation le 12 décembre 2021)

[22] Expression tenue par le candidat à la présidence la République Emmanuel Macron, dans un entretien à la chaîne algérienne Echorouk News, le 15 février 2017. « Emmanuel Macron parle de la relation algéro-française » https://www.youtube.com/watch?v=fZZyN9tcjhs&t=67s (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[23] MACRON Emmanuel, « Déclaration du Président de la République sur la mort de Maurice Audin », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2018, [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/09/13/declaration-du-president-de-la-republique-sur-la-mort-de-maurice-audin (dernière consultation le 1er décembre 2021).

[24] « France-Algérie. Le rapport Stora qualifié de “franco-français” par Alger », dans Ouest France, Rennes, Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance, 2021, [en ligne] https://www.ouest-france.fr/monde/algerie/france-algerie-le-rapport-stora-qualifie-de-franco-francais-par-alger-fdc784d0-a0d6-448c-b434-59706ce2a7f4 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[25] « Nous, filles et femmes de harkis, récusons le rapport Stora sur la guerre d’Algérie », dans Le Figaro, Paris, Société du Figaro, 2021, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/vox/societe/nous-filles-et-femmes-de-harkis-recusons-le-rapport-stora-sur-la-guerre-d-algerie-20210127 (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[26] KESSOUS Mustapha, « Emmanuel Macron demande « pardon » aux harkis en reconnaissant leur “singularité dans l’histoire de France” », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2021, [en ligne] https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/09/21/emmanuel-macron-demande-pardon-aux-harkis-en-reconnaissant-leur-singularite-dans-l-histoire-de-france_6095391_823448.html (dernière consultation le 1er décembre 2021)

[27] VIDAL-NAQUET Pierre, L’Affaire Audin, Paris, Les Éditions de Minuit, 1958, 100 p.

[28] MACRON Emmanuel, « Déclaration du Président de la République sur la mort de Maurice Audin » op. cit.

[29] HARBI Mohammed (dir.) et STORA Benjamin (dir.), op. cit.

[30] MACRON Emmanuel, « Cérémonie de commémoration des 60 ans du 17 octobre 1961 », dans Élysée, Paris, Présidence de la République, 2021, [en ligne] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/10/16/ceremonie-de-commemoration-des-60-ans-du-17-octobre-1961 (dernière consultation le 1er décembre 2021).

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