« Restons-nous amis quoiqu’il arrive ? » [1]
Pour leur treizième édition, les Rencontres cinématographiques de Genève[2] débutaient ce 28 novembre 2024, avec comme film d’ouverture Avant, il n’y avait rien[3]de Yvann Yagchi[4]. Invité sur les plateaux journalistiques un jour plus tôt, le producteur suisse d’origine palestinienne retrace une amitié d’enfance symbolique, mais remise en cause par le conflit actuel. Son film met en évidence un retour vers le territoire familial, où la mémoire collective et la question identitaire font face au déracinement et à une négation soutenue par le discours politique israélien. Puisque le territoire reste primordial dans la constitution des affects et dans la reconstitution de l’Histoire[5], Yvann décide de prendre la route vers le berceau familial, c’est-à-dire la Cisjordanie.
La relation solide entre un homme juif habitant les terres ancestrales des parents de son meilleur ami, Palestinien vivant en diaspora, est ruinée. Cette situation illustre une dualité constante où les rivalités géopolitiques nuisent à la cohésion sociale entre les peuples. Le 27 novembre, soit un jour avant le début du festival, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu[6] s’exprime devant les diplomates du monde entier lors d’une réunion des Nations unies à New York[7]. Ce discours d’une heure et demie constitue une réponse du gouvernement face aux hostilités à l’égard de ses actions et celles de son armée dans les territoires palestiniens et libanais. Cependant, le message du Premier ministre ne fait pas l’unanimité en Israël. Tout comme les familles des otages du pogrom datant du 7 octobre 2023[8], la presse israélienne dénote l’absence de la mention d’un accord avec le Hamas[9].
La libération des otages est un sujet primordial nécessitant la mise en place d’un cessez-le-feu immédiat. Toutefois, l’académicien Camille Mansour explique que cette situation constitue un objectif secondaire[10]. Par ailleurs, la découverte des corps des récentes victimes[11] ne cesse d’accentuer la crise sociale et politique de l’État hébreu. À la suite de l’attaque terroriste du 7 octobre faisant plus de 1 200 morts et 240 otages[12], le gouvernement déclare officiellement la guerre au Hamas[13]. Cette situation est perçue comme un échec dans le processus de paix souhaité par les associations et les organisations non gouvernementales. L’opération militaire Épées de fer[14] englobe des bombardements aériens et le renforcement du blocus de la bande de Gaza[15] établi depuis 2007.
Tout comme pour l’État hébreu, cette guerre constitue l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire du peuple palestinien. L’invasion terrestre qui s’accompagne dans la bande de Gaza ravive la mémoire de l’opération militaire israélienne Plomb durci du 27 décembre 2008. Cette guerre met en évidence des dynamiques essentielles pour comprendre le conflit actuel. Dans cet objectif, il est important de remonter aux origines des rivalités entre les acteurs de la région. Dès lors que nous abordons le conflit israélo-palestinien, les accusations de « crimes de guerre » soutenues par l’Organisation israélienne B’Tselem et l’Organisation des Nations unies, surgissent de manière cyclique[16]. La relation entre le Hamas et l’État hébreu est sans cesse rythmée par des conflits armés et des trêves de courte durée.
Dès la première intifada[17] en 1987, l’État hébreu fait face à une rébellion populaire palestinienne soutenue par des branches terroristes comme les Frères musulmans[18]. D’après Tsahal[19], le Hamas s’impose au fur et à mesure en profitant du chaos général et de la déstabilisation de l’ordre public. Deux années plus tard, le mouvement islamique de résistance[20] mène des attaques violentes à l’encontre de deux soldats israéliens, déclarant officiellement le jihad[21]. Il s’ensuivit, dans les années 2000, des attentats sur l’ensemble du territoire israélien. La seconde intifada de 2000 à 2005[22] est décrite comme l’une des conséquences des actions souhaitées par le Hamas. Des attentats, des tirs de roquettes, et des kidnappings font parti des armes utilisées par l’organisation terroriste en vue de terroriser l’adversaire[23]. Les principales victimes de ce conflit sont des civils avec plus de 1 000 morts[24].
Dans l’objectif de pacifier les relations et sécuriser la population, le gouvernement décide de déplacer 9 000 Israéliens de Gaza[25]. Toutefois, cette situation renforce un phénomène de ségrégation entre les peuples et contribue à la marginalisation de la bande Gaza. Lors de cette opération, des violences envers les Palestiniens, dont les massacres de Shiloh et de Shefa Amr[26], sont observées. Rappelons qu’à la suite de la création de l’état israélien, 75 000 Palestiniens prennent la fuite ou sont chassés par la force[27]. En 1948, 170 000 d’entre eux trouvent refuge dans des camps à Gaza sous contrôle de l’égypte[28]. Cependant, dès 1967, Israël s’empare du territoire, célébrant sa victoire face au monde arabe et remettant en cause le plan de partage proposé par l’Organisation des Nations unies[29]. En effet, l’historien Jean-François Le Grain explique que la bande de Gaza reste définie comme un territoire sous occupation au regard des conventions internationales[30].
Les conditions de vie de la population gazaouie se dégradent au fur et à mesure des années provoquant, ainsi, la première intifada. Les archives proposées par l’Institut national de l’audiovisuel (INA) insistent sur un rapport de force inégal entre les forces de l’ordre israélienne et la population civile[31]. Ces conflits entraînent la mise en place de négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. En 1993, la poignée de main historique entre Yitzhak Rabin[32], Premier ministre israélien, et Yasser Arafat[33], chef de l’Organisation de libération pour la Palestine[34], centralise les écrans télévisés du monde entier. Conviés à Washington par Bill Clinton[35], le président des États-Unis, les deux protagonistes signent les accords d’Oslo[36] mettant fin à des décennies d’affrontements et de conflits. Les parties adhèrent à plusieurs principes, dont le respect des valeurs démocratiques en particulier à l’égard du peuple palestinien de la bande de Gaza (art. III)[37].

L’administration du territoire est confiée à l’Autorité palestinienne dirigée par Yasser Arafat. Bien que cet épisode marque un nouveau tournant dans l’histoire des deux territoires, les rivalités et les conflits surgissent constamment. Les accords d’Oslo ne sont pas reconnus par l’ensemble des acteurs dans la région et le Hamas reste sur ses positions en refusant la coopération avec Israël. De nouvelles émeutes éclatent et l’instabilité regagne du terrain, en particulier autour des lieux de culte de la ville sainte de Jérusalem. Le statut de l’esplanade des Mosquées[38] et du mont du Temple[39] occupe un débat essentiel entre les acteurs politiques israéliens et palestiniens. En 2000, Yasser Arafat, à la tête de l’Autorité palestinienne, demande à Ehud Barak[40], Premier ministre israélien du Likoud[41] d’interdire la visite du lieu de culte musulman pouvant être susceptible d’amplifier les tensions entre les deux peuples.
Les précautions souhaitées par l’Autorité palestinienne n’ont pas été respectées. De fait, la visite d’Ariel Sharon[42] sur l’esplanade des Mosquées provoque la colère des Palestiniens. Cet événement constitue un échec considérable dans le processus de paix israélo-palestinien relancé durant les sommets de Camp David[43]. La seconde intifada, mise en évidence comme un renforcement du terrorisme palestinien selon le gouvernement israélien, ne possède pas la même définition pour les Gazaouis. La population civile réclame la fin de l’occupation et de la colonisation[44]. De 2000 à 2002, plusieurs opérations militaires sont déployées en vue de contrer les séries d’attentats aboutissant à la construction d’un mur de séparation[45]. Depuis 2005, la bande de Gaza reste sous embargo maritime, terrestre et aérien. Les populations locales souffrent des conditions sanitaires et alimentaires misérables.
L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) sensibilise l’opinion publique sur le sort des Gazaouis, tout en dénonçant le caractère de « punition collective »[46]. Le Conseil législatif palestinien[47], quant à lui, organise des élections démocratiques en 2006, permettant aux Gazaouis d’exprimer leur souveraineté. Différents partis politiques sont représentés, dont le Hamas, le Mouvement de libération national de la Palestine ou Fatah[48], la Troisième Voix[49], l’Alternative[50] et le Front de lutte populaire palestinien[51] entre autres. Jusqu’alors, l’Assemblée est dominée par le Fatah. Face aux inquiétudes du gouvernement israélien et à son opposition face à ces élections à Jérusalem-Est[52], l’Union européenne met en évidence le respect des valeurs démocratiques et la régularité du scrutin[53]. Cependant, elle ne reconnaît pas la victoire écrasante du Hamas en raison de son statut.
L’organisation classée terroriste obtient la majorité absolue avec 74 sièges sur 132 au Parlement[54]. Bien que Ismaël Haniyeh[55] soit nommé Premier ministre par le président Mahmoud Abbas[56], des opérations clandestines soutenues par les États-Unis sont organisées pour permettre au Fatah de reprendre le pouvoir par la force[57]. L’année suivante, les membres du Hamas défilent armés dans les rues et renforcent leur autorité en assassinant les membres du Fatah.
Les vidéos de propagande diffusées par Tsahal définissent le Hamas comme un régime politique totalitaire endoctrinant les enfants à combattre Israël[58].Notons que le rôle des femmes israéliennes dans le monde militaire constitue un sujet discutable répondant à plusieurs enjeux dont l’engagement national et l’émancipation de la société juive. Notons qu’Israël se définit comme l’unique démocratie au Moyen-Orient et la femme israélienne sert notamment de mise en scène afin de promouvoir l’égalité et la modernité[59]. En effet, Gilles Ferragu, maître de conférences à l’Université de Nanterre explique que dès la création de l’État en 1948, la femme juive est étroitement liée à la défense des frontières et soumise au service militaire[60]. Elisabeth Marteu, politologue, met en évidence la dualité présente entre les valeurs démocratiques offertes pour les juifs et le caractère identitaire opposé aux populations arabes[61]. Ces idées rejoignent les travaux d’Ella Shohat démontrant le rapport de domination exercée par le gouvernement à l’égard de l’altérité[62].
Dans ce cadre, les vidéos transmises par Tsahal présente l’image de la femme gazaouie comme soumise et brutalisée par la violence du patriarcat[63]. L’objectif pour Israël est de légitimer les interventions militaires perçues comme indispensables à la défense des libertés démocratiques à Gaza. Des militaires israéliens, arabes et musulmans sont également mis en évidence au niveau de la presse médiatique et des vidéos propagandistes[64]. Cependant, Gilles Ferragu invite à réfléchir sur l’utopie égalitaire véhiculée par le gouvernement en démontrant que les tâches militaires restent inégalement réparties selon le genre : « N’ayant pas accès à des postes exposés, les femmes n’ont pas les carrières de leurs homologues masculins et accèdent rarement aux grades supérieurs, en dépit de revendications qui s’appuient sur la loi pour l’égalité des femmes de 1951 »[65].

Bien que Tsahal médiatise l’engagement militaire des femmes israéliennes, la réalité démontre le combat permanent de ces femmes pour déconstruire ce système de dualité en s’insérant dans les troupes opérationnelles. Tout comme la guerre du Liban en 2006, le nombre des femmes au combat s’impose dans le conflit face au Hamas.
Dans les mêmes configurations propagandistes, l’armée israélienne valorise une éthique humanitaire visant à déconstruire les accusations étrangères sur le sort réservé aux populations locales[66]. L’opération Plomb durci entre dans ce cadre où la société gazaouie est au cœur des crispations entre plusieurs acteurs face à l’État hébreu. Du 27 décembre 2008 au 21 janvier 2009, Tsahal lance l’opération Plomb durci à Gaza comme moyen de riposte aux activités terroristes et aux tirs de roquette du Hamas. La description du contexte offerte par l’État hébreu positionne l’armée comme héroïne et prête à sauver les civils.
D’après l’historien Jean-François Legrain, cette intervention vise à camoufler une tout autre réalité. Dans son article intitulé « Pour une autre lecture de la guerre de Gaza », l’auteur évoque l’absence de roquettes tirées entre juillet et octobre 2008 et constate l’amplification des attaques au moment du renforcement du blocus[67]. L’auteur s’appuie sur la documentation proposée par les Nations unies et dénonce la responsabilité israélienne dans la dégradation des conditions sécuritaires à Gaza, mais également dans le sud de l’État hébreu. Nicolas Dot-Pouillard, historien et chercheur à l’Institut français du Proche-Orient, insiste sur l’asymétrie du bilan humain, soit 5 450 blessés avec 1 330 morts palestiniens contre dix soldats et trois civils israéliens décédés[68]. Cette offensive englobe une campagne aérienne, terrestre et maritime prenant pour cible les infrastructures militaires, administratives et les tunnels utilisés pour la contrebande d’armes et de munitions entre le Sinaï et la bande de Gaza[69].
D’après Olivier Crone, officier de réserve de l’armée française, 60 avions de chasse de type F-16 Falcon et F-15 Eagle et d’hélicoptères de combat sont mobilisés sur plusieurs sites dont le quartier d’al-Sarya[70], l’université islamique de Gaza[71] et les centres d’entraînement dans les tours al-Maqs[72] au nord du territoire. Les dirigeants du Hamas ne sont pas à l’abri des forces déployées par l’État hébreu. Des forces navales du Hamas sont bombardées par la marine israélienne. Enfin, l’offensive terrestre favorise le contrôle des lieux, contribue à ralentir le développement militaire de l’ennemi et de sécuriser le territoire.
Des bombardements dans le nord de Gaza sont organisés. Tsahal applique plusieurs stratégies militaires dont la théorie des cinq cercles[73] inspirée par le colonel américain John A. Warden III[74]. Afin d’affaiblir les forces du Hamas et se prémunir des lieux à forte densité urbaine, l’armée divise la bande de Gaza en deux, d’est en ouest avant de rejoindre le sud vers Rafah. Les villes de Beit Lahiya et Beit Hanoun permettent de se rapprocher au fur et à mesure du centre de Gaza. Les forces navales du Hamas sont bombardées et un débarquement est prévu. Certains militaires israéliens s’infiltrent parmi les membres du Hamas en vue de le déstabiliser. Des hélicoptères d’attaque Cobra (AH-1E/F) et AH-64 Apache sont déployés et dix activistes du Hamas sont abattus. Les descriptions offertes par Olivier Crone insistent sur les efforts déployés par Tsahal ainsi que le danger encouru par ses membres en faveur de la nation[75].

La complexité de cette opération est liée à son environnement urbain et à la présence d’acteurs asymétriques. En plus de sa branche militaire et de ses forces officielles de sécurité, le Hamas dispose du soutien des différentes brigades militaires des différents partis politiques palestinien dont les Brigades des martyrs[76], les Brigades d’Al-Nasser Salahdin[77] et des Brigades Al-Qods du jihad islamique[78]. La connaissance parfaite du terrain par les miliciens islamistes permet la fortification de lieux stratégiques reliés par des tunnels et de mettre en place des zones piégées. Des tentatives d’enlèvement de soldats israéliens ont lieu. Les combattants utilisent des batteries de mortiers moyens (81 et 82 mm) et des lance-roquettes antichars portatifs[79]. Notons que des commandos suicides et des véhicules blindés S-4700 Safaro sont employés contre les blindés israéliens[80].
Face à la préparation de l’armement et des leçons tirées du conflit libanais de 2006[81], l’armée israélienne renforce sa position dominante sur la bande de Gaza par le biais d’un usage massif d’armes de technologie de pointe. L’opération mobilise des unités spéciales, plusieurs bataillons d’infanterie dont le 432e Tsabar, ainsi que l’intervention des Brigades Golani, Kfir et Givati, spécialisées dans la contre-insurrection et la contre-guérilla. L’utilisation d’armes chimiques et d’expérimentation, dont les obus fumigènes M825 au phosphore blanc, font polémique. Certaines de ces armes ont des effets cancérogènes, génotoxiques et provoquent des lésions incurables[82]. Bien que le gouvernement israélien et son armée diffusent des séries d’annonces et d’avertissements pour informer et sécuriser les civils palestiniens, les organisations non gouvernementales et la presse internationale révèlent l’envers du décor.
L’exposition des civils non impliqués dans le conflit à des bombardements incessants fait partie des modes opératoires assumés par la doctrine israélienne intitulée Dahiya[83]. Elle vise à impacter le moral en poussant les civils à se retourner contre l’autorité adverse. Tsahal applique cette stratégie militaire lors du conflit libanais en 2006, où la banlieue de Dahieh Janoubia fut complètement rasée par des bombardements[84].
Toutefois, Cécile Dauvergne, historienne japonologue, met en évidence l’inefficacité de ces modes opératoires en prenant pour exemple le cas de la capitulation japonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Dans son article intitulé « Japon, 1945 : l’inefficacité stratégique de la bombe atomique », l’historienne évoque le cas des bombardements américains sur les villes japonaises en 1945[85]. Bien que la doctrine Douhet[86] fut utilisée comme une mesure coercitive en rasant plusieurs villes japonaises, le gouvernement impérial n’a pas pris en considération la souffrance des civils[87]. En effet, la capitulation du Japon ne résulte pas des attaques aériennes perpétrés par la puissance américaine, mais par le blocus naval imposé par cette dernière et par l’entrée en guerre de l’URSS contre le Japon avec l’opération August Storm[88].
S’agissant de la guerre à Gaza en 2008, les enquêtes menées par Human Rights Watch mettent en évidence l’incapacité de la population gazaouie de se protéger face aux attaques à venir. L’absence des abris anti-bombes et le temps restreint entre la transmission des signalements et l’attaque à venir remettent en cause la position de l’État hébreu[89]. D’autres cas de figures dénotent l’absence d’une rigueur constante concernant la transmission de ces avertissements.
Quelles que soient les divergences évoquées autour de cette question, Tsahal pointe du doigt la responsabilité du Hamas, installant ses infrastructures terroristes dans les zones densément peuplées de la bande de Gaza. Bien que l’opération Plomb durci soit présentée comme une victoire par Israël, l’historien Nicolas Dot-Pouillard et la presse internationale considèrent que cette offensive favorise la position du Hamas à l’échelle régionale et internationale[90]. L’organisation terroriste constitue une force symbolique à Gaza s’expliquant par sa résistance militaire et les résultats des élections législatives de 2006.
De fait, plusieurs personnalités politiques occidentales prennent en considération la position du Hamas sur la scène politique internationale, comme Jean-François Poncet, sénateur de l’Union pour un mouvement populaire (UMP)[91]. Ce dernier rencontre Khaled Mechaal, responsable politique du Hamas à Damas en 2009[92]. D’après la politologue Leïla Seurat, la ville syrienne constitue un pôle extérieur permettant de renforcer les liens avec l’Iran, mais également d’entretenir des relations avec les puissances mondiales comme la Russie[93]. Cependant, les conséquences du Printemps arabe de 2012 reconduisent le Hamas à recentrer ses positions dans la région moyen-orientale englobant la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite. Bien que considérés comme des « citoyens étrangers » à l’égard de l’État hébreu, les Arabes de nationalité israélienne constituent un réel obstacle aux aspirations du Hamas[94].
Revendiquant une égalité ethnique et dénonçant les formes de séparatismes souhaités par les deux extrêmes politiques, les Arabes israéliens arriveront-ils à faire porter leurs droits ? Évoquer le Hamas sans faire allusion à la bande de Gaza est impossible. Cette situation entraîne la propagation des amalgames, ainsi que des stéréotypes autour des aspirations nationalistes palestiniennes et à la mise en place d’une « épuration » véhiculée par le discours des extrêmes en vue d’assurer la paix. Bien que les Gazaouis soient victimes des assassinats perpétrés par les mouvements terroristes, les Palestiniens et leurs aspirations nationales plurielles restent associés à une image terrifiante renforcée par l’épisode du 7 octobre 2023.
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TSAHAL – Armée de Défense d’Israël, « Comment Tsahal prévient les pertes civiles », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2023, 3 min 8 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=ukhDmSRVlBU (dernière consultation le 18/12/2024)
TSAHAL- Armée de Défense d’Israël, « The full story of Hamas », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2023, 6 min 11 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=dB29k9vafEA&t=251s (dernière consultation le 18/12/2024)
TSAHAL – Armée de Défense d’Israël, « Hamas Summer Camp Brainwashes Gaza Children to Hate », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2012, 38 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=lJPRxDAlYZc (dernière consultation le 18/12/2024)
TSAHAL – Armée de Défense d’Israël « Yahya, a Muslim Arab Israeli Combat Soldier », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2021, 1 min 24 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=Frl5_YT7gVU (dernière consultation le 18/12/2024)
YAGCHI Yvann (réal.), Avant, il n’y avait rien, Suisse, Maximage (CH), 2024, 71 min
[1] « Restons-nous amis quoiqu’il arrive ? » est une question posée dans le film documentaire intitulé Avant il n’y avait rien d’Yvann Yagchi. YAGCHI Yvann (réal.), Avant, il n’y avait rien, Suisse, Maximage (CH), 2024, 71 min
[2] Les Rencontres cinématographiques de Genève sont un festival présentant des films et des documentaires visant à sensibiliser l’opinion publique sur une question géopolitique actuelle. La Palestine est la thématique centrale de la treizième édition de ce festival du 28 novembre au 3 décembre 2024.
[3] Avant, il n’y avait rien est un film documentaire retraçant l’histoire du producteur d’origine palestinienne et de son ami d’enfance juif. Ce film met en évidence son voyage en Cisjordanie à la rencontre de son ami dénonçant, entre autres, la question identitaire et la mémoire du territoire.
[4] Yvann Yagchi (1983-) est un réalisateur suisse d’origine palestinienne et irakienne. Titulaire d’un master en journalisme de l’Université libre de Bruxelles et en réalisation documentaire à la National Film and Television School au Royaume-Uni, il s’intéresse à la culture européenne et à celle du Moyen-Orient. Né à Genève, le réalisateur devient caméraman pour la British Broadcasting Corporation (BBC). Ses expériences dans le journalisme en Belgique et en Suisse, et dans la production cinématographique, lui confèrent une expertise de qualité. Avant, il n’y avait rien permet à Yvann de renouer avec ses origines.
[5] HALBWACHS Maurice, La mémoire collective, Paris, Albin Michel, 1950, 304 p.
[6] Benyamin Netanyahu (1949-) est président du Likoud, parti national-conservateur israélien. Il est également Premier ministre de 1996 à 1999, de 2009 à 2021 et de nouveau à partir de 2022.
[7] KERKOUK Tom, « Sifflets, Gaza, Liban… Ce qu’il faut retenir du discours de Netanyahu devant les Nations unies », dans BFMTV, Paris, RMC-BFM, RCS2024, [en ligne] https://www.bfmtv.com/international/moyen-orient/israel/sifflets-gaza-liban-ce-qu-il-faut-retenir-du-discours-de-netanyahu-devant-les-nations-unies_AV-202409270823.html (dernière consultation le 17/12/2024)
[8] Le massacre de Be’eri fait référence au massacre des civils israéliens dans le kibboutz du même nom. Cette attaque terroriste a lieu le 7 octobre 2023 en pleine période de fêtes juives.
[9] Le Hamas est une organisation terroriste constituée d’une branche politique et d’une branche armée (les brigades Izz al-Din al-Qassam). Fondée en 1987, l’organisation fait référence au Mouvement islamiste et nationaliste palestinien et rattaché au mouvement des Frères musulmans. Après la première intifada, le Hamas s’impose dans le paysage politique pour lutter contre l’occupation et la destruction de l’État d’Israël. Déclaré comme terroriste par une trentaine de pays (États-Unis, le Royaume-Uni et les pays membres de l’Union européenne entre autres), le Hamas se définit comme un mouvement de résistance palestinien.
[10] MANSOUR Camille, « Gaza, une guerre coloniale du XXe siècle », dans Politique Étrangère, n°241, Paris, Institut français des relations internationales, 2024, 220 p., pp 91-103, [en ligne] https://shs.cairn.info/revue-politique-etrangere-2024-1-page-91?lang=fr&tab=resume (dernière consultation le 17/12/2024)
[11] BRUNEL Pascal, « Guerre à Gaza : le discours de Netanyahou au Congrès américain passe mal en Israël », dans Les Échos, Paris, Les Échos, 2024, [en ligne] https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/guerre-a-gaza-le-discours-de-netanyahou-au-congres-americain-passe-mal-en-israel-2110268 (dernière consultation le 17/12/2024)
[12] MANSOUR Camille, art. cit.
[13] La guerre entre Israël et le Hamas de 2023 résulte de l’attaque terroriste du 7 octobre de la même année. Encore d’actualité, elle constitue un des conflits les plus traumatisants pour l’État hébreu, mais également pour le peuple palestinien.
[14] L’opération Épée de Fer fait suite à l’infiltration des combattants du Hamas sur le territoire israélien en vue d’affronter l’armée du Tsahal. L’attaque de l’organisation terroriste combine des tirs de roquettes et des kidnappings. Le nombre important de victimes (1 150 personnes, dont 779 civils) et de personnes kidnappées (environ 259) mène le gouvernement à déclarer l’établissement d’un jour commémoratif.
[15] Le blocus de la bande de Gaza est imposé par Israël, avec l’appui de l’Égypte, depuis la prise de contrôle par le Hamas en juin 2007.
[16] MAGID Jacob et SHARON Jeremy, « B’Tselem accuse Israël de crimes de guerre dans sa riposte au Hamas », dans The Times of Israel, Jérusalem, Société d’édition en ligne, The Times of Israel, 2023, [en ligne] https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/btselem-accuse-israel-de-crimes-de-guerre-dans-sa-riposte-au-hamas/ (dernière consultation le 04/01/2025)
[17] Intifada est un terme provenant de l’arabe pour désigner un soulèvement ou une révolte populaire non-armée. La première intifada fait référence au soulèvement des Palestiniens dans les territoires occupés et d’Israël. Cette période s’étend du 9 décembre 1987 à la signature des accords d’Oslo en 1993.
[18] En 1928, Hassan al-Banna fonde l’organisation panislamiste des Frères musulmans en Égypte. Celle-ci est considérée comme terroriste par plusieurs pays comme la Syrie, l’Arabie saoudite, la Russie, les Émirats arabes unis et l’Égypte.
[19] Tsahal en hébreu signifie « Force de défense d’Israël ». Il s’agit du nom de l’armée de l’État d’Israël.
[20] Le mouvement islamique de la résistance palestinienne est une autre appellation pour faire référence au Hamas.
[21] Dans ce cadre, la notion de « jihad » renvoie à celle du combat armé au nom de la religion. Cependant, dans les sources canoniques, ce terme ne fait pas toujours référence à une dimension guerrière, mais à l’ensemble des efforts récompensés que tout croyant doit mener vers le savoir et la guidance.
[22] La seconde intifada résulte de la visite d’Ariel Sharon, le chef de l’opposition israélienne, sur l’esplanade des mosquées et le mont du Temple, le 28 septembre 2000. Elle fait référence à la période de violence israélo-palestinienne à partir de septembre 2000 jusqu’en février 2005. Les événements sont décrits par Israël comme une campagne de terrorisme palestinien, tandis qu’ils sont proposés par les Palestiniens comme une révolte contre l’occupation et la colonisation.
[23] INSTITUT NATIONAL DE L’AUDIOVISUEL, « L’histoire de la bande de Gaza depuis la création de d’Israël », Créteil, Institut national de l’audiovisuel, 2023, 5 min 20 s, [en ligne] https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/bande-gaza-histoire-israel-palestine-guerre-proche-orient- (dernière consultation le 04/01/2025)
[24] Ibid.
[25] Ibid.
[26] IMBERT Louis, « En Israël, la contestation de la réforme de la justice rejoint la critique des violences commises par des colons à Huwara », dans Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, 2023, [en ligne] https://www.lemonde.fr/international/article/2023/03/02/en-israel-la-contestation-de-la-reforme-de-la-justice-rejoint-la-critique-des-violences-commises-par-des-colons-a-huwara_6163882_3210.html (dernière consultation le 04/01/2025)
[27] INSTITUT NATIONAL DE L’AUDIOVISUEL, op. cit. ; d’après l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, 700 000 à 750 000 sur 900 000 arabes palestiniens fuient ou sont chassés de leurs terres par l’armée israélienne.
[28] Ibid.
[29] ASSOCIATION FRANCE PALESTINE SOLIDARITÉ, « 29 novembre 1947 : Plan de partage de la Palestine », dans Repères historiques, Paris, Association France Palestine Solidarité, 2023, [en ligne] https://www.france-palestine.org/29-novembre-1947-Plan-de-partage-de-la-Palestine (dernière consultation le 04/01/2025)
[30] LE GRAIN Jean-François, « Pour une autre lecture de la guerre de Gaza », dans EchoGéo, Aubervilliers, PRODIG, 2023, [en ligne] http://journals.openedition.org/echogeo/10901 (dernière consultation le 18/12/2024)
[31] INSTITUT NATIONAL DE L’AUDIOVISUEL, op. cit.
[32] Yitzhak Rabin (1922-1995) est un militaire et homme d’État israélien, Premier ministre de 1974 à 1977, puis de 1992 jusqu’à sa mort.
[33] Yasser Arafat (1929-2004), de son véritable nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qoudwa al-Husseini, est un activiste et homme d’État palestinien. Il est le dirigeant du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine. Yasser Arafat est une personnalité controversée de l’expression nationale palestinienne. Il apparaît pour Israël comme un partenaire de discussions dans le cadre du processus de paix entre les deux États dans les années 1990.
[34] L’Organisation de libération pour la Palestine (OLP) est une organisation palestinienne politique et militaire, créée le 28 mai 1964 à Jérusalem. L’OLP, dont le dirigeant est Yasser Arafat (à partir de 1969) est composée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP).
[35] Bill Clinton (1946-), de son véritable nom William Clinton, est le 42e président des États-Unis du 20 janvier 1993 au 20 janvier 2001. Membre du parti démocrate, son mandat en tant que président est marqué par une période d’essor économique, par la mise en place du processus de paix israélo-palestinien et par les premiers attentats terroristes commis contre la culture et représentation politique américaine.
[36] Les accords d’Oslo prennent leur nom de la ville d’Oslo en Norvège où se déroulent les discussions entre les négociateurs politiques en vue du processus de résolution du conflit israélo-palestinien.
[37] LE CAPE DE JÉRUSALEM, « Les Accords d’Oslo du 13/9/1993 », dans Le CAPE de Jérusalem – Centre des Affaires étrangères et sécuritaires (JCFA), Jérusalem, Le CAPE de Jérusalem, 2012, [en ligne] https://jcpa-lecape.org/declaration-de-principes-portant-sur-les-dispositions-dauto-gouvernement-par-interim/ (dernière consultation le 18/12/2024)
[38] L’esplanade des Mosquées est localisée dans la vieille ville de Jérusalem englobant le dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa. Cet ensemble constitue le troisième lieu saint de l’islam.
[39] Le mont du Temple est une colline située dans la vieille ville de Jérusalem. Ce site met en évidence l’histoire juive sacrée du temple de Jérusalem. Ce dernier est détruit à deux reprises en 586 av. J.-C. par le roi Nabuchodonosor II et en 70 par l’empereur Titus. Le Mur occidental (Kotel) ou mur des Lamentations constitue les seules traces de ce temple. La partie orientale du site, quant à elle, fait partie des remparts de Jérusalem. Ce lieu symbolique présente des rivalités identitaires et politiques. En effet, la majeure partie du mont du Temple englobe deux monuments majeurs de l’islam : la mosquée al-Aqsa et le dôme du Rocher.
[40] Ehud Barak (1942-) est le Premier ministre de l’État d’Israël de 1999 à 2001. Membre du parti travailliste, il est également ministre de l’Intérieur en 1995, puis des Affaires étrangères de 1995 à 1996.
[41] Le Likoud est un parti politique israélien de tendance national-libérale.
[42] Ariel Sharon (1928-2014), de son véritable nom Ariel Scheinermann, est le Premier ministre d’Israël de 2001 à 2006.
[43] Les accords de Camp David (1978) englobent des déclarations politiques importantes entre Menahem Begin, le Premier ministre israélien, et Anouar al-Sadate, le Président égyptien. Ces négociations sont signées à la Maison-Blanche avec pour objectif d’aboutir à des traités de paix ainsi que des relations pacifistes entre Israël et ses voisins arabes. Les accords de Camp David ont permis la signature du premier traité de paix israélo-égyptien de 1979 avec le retrait de l’armée israélienne du Sinaï.
[44] GRESH Alain, « Les colonies au cœur de l’affrontement, Intifada pour une vraie paix », dans Le Monde diplomatique, Paris, Le Monde diplomatique S. A., 2000, p. 18, [en ligne] https://www.monde-diplomatique.fr/2000/12/GRESH/2577 (dernière consultation le 04/01/2025)
[45] La barrière de séparation israélienne est une construction située en partie le long de la ligne verte (en Cisjordanie et en Israël). Elle est définie comme une nécessité par le gouvernement israélien en vue de protéger les civils face aux attaques terroristes. Initialement, cette barrière fut construite au cours de la seconde intifada causant la mort de 800 civils.
[46] ORGANISATION DES NATIONS UNIES, « Quatrième Commission: pour l’UNRWA, la “punition collective” infligée à la population de Gaza constitue une violation du droit international humanitaire », dans Nations unies, New York, Organisation des Nations unies, 2023, [en ligne] https://press.un.org/fr/2023/cpsd795.doc.htm (dernière consultation le 04/01/2025)
[47] Le Conseil législatif Palestinien dont le siège est à Ramallah, est le parlement des territoires palestiniens administrés par l’Autorité palestinienne. Cette entité politique regroupe 132 membres élus constituant une référence dans la mise en place d’un État palestinien indépendant.
[48] Le Fatah est un parti politique nationaliste palestinien fondé en 1959 au Koweït par plusieurs figures symboliques dont Yasser Arafat entre autres.
[49] Troisième Voix est un parti politique centriste actif au sein de l’Autorité nationale palestinienne.
[50] L’Alternative est une coalition politique de plusieurs partis politiques palestiniens.
[51] Le Front de lutte populaire palestinien est une organisation palestinienne résultante d’une division avec le Front populaire de libération de la Palestine en 1969. Ce mouvement est représenté par Bahjat Abu Gharbiyya et Fariz Hamdan.
[52] AFP, « La participation du Hamas hypothèque la tenue des élections palestiniennes », dans Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, 2023, [en ligne] https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2005/12/21/la-participation-du-hamas-hypotheque-la-tenue-des-elections-legislatives-palestiniennes_723607_3218.html (dernière consultation le 18/12/2024)
[53] JANNE D’OTHEE Nathalie, « Liste des organisations terroristes. Quand l’Union européenne s’emmêle », dans Orient XXI, Paris, 2022, [en ligne] https://orientxxi.info/magazine/liste-des-organisations-terroristes-quand-l-union-europeenne-s-emmele,5286 (dernière consultation le 04/01/2025)
[54] PARIS Gilles, « Victoire des islamistes du Hamas aux élections palestiniennes », dans Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, 2023, [en ligne] https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2006/01/26/victoire-des-islamistes-du-hamas-aux-elections-palestiniennes_734705_3208.html (dernière consultation le 18/12/2024)
[55] Ismaël Haniyeh (1962-2024) est un homme politique palestinien, chef du Hamas de 2017 à 2024.
[56] Mahmoud Abbas (1935-1935) est un homme d’État palestinien, président de l’Autorité palestinienne à partir de 2005, puis président de l’État de Palestine depuis 2013, ainsi que secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine jusqu’en 2015.
[57] HASKI Pierre, « Vanity Fair dévoile le plan secret américain contre le Hamas », dans Le Nouvel Observateur, Paris, Nouvel Observateur, 2008, [en ligne] https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-monde/20080306.RUE3366/vanity-fair-devoile-le-plan-secret-americain-contre-le-hamas.html (dernière consultation le 18/12/2024)
[58] TSAHAL – Armée de Défense d’Israël, « Hamas Summer Camp Brainwashes Gaza Children to Hate », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2012, 38 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=lJPRxDAlYZc (dernière consultation le 18/12/2024)
[59] FERRAGU Gilles, « Israël, un engagement déjà ancien », dans Chemins de Mémoire, Paris, Ministère des Armées, [en ligne] https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/israel-un-engagement-deja-ancien (dernière consultation le 18/12/2024)
[60] Ibid.
[61] MARTEU Elisabeth, « Israël est un État démocratique pour les juifs et un État juif pour les Arabes », dans Interventions médiatiques, Paris, Institut français des relations internationales, 2018, [en ligne] https://www.ifri.org/fr/presse-contenus-repris-sur-le-site/israel-est-un-etat-democratique-pour-les-juifs-et-un-etat-juif (dernière consultation le 18/12/2024)
[62] SHOHAT Ella, Le sionisme du point de vue de ses victimes juives : les juifs orientaux en Israël, Paris, La Fabrique éditions, 2006, 124 p.
[63] Le Hamas est mis en évidence comme un assassin à l’égard du peuple palestinien. Le statut de la femme, quant à lui est négligée. TSAHAL- Armée de Défense d’Israël, « The full story of Hamas », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2023, 6 min 11 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=dB29k9vafEA&t=251s (dernière consultation le 18/12/2024)
[64] TSAHAL – Armée de Défense d’Israël « Yahya, a Muslim Arab Israeli Combat Soldier », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2021, 1 min 24 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=Frl5_YT7gVU (dernière consultation le 18/12/2024)
[65] FERRAGU Gilles, art. cit.
[66] TSAHAL – Armée de Défense d’Israël, « Comment Tsahal prévient les pertes civiles », Jérusalem, Israel Defense Forces, 2023, 3 min 8 s, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=ukhDmSRVlBU (dernière consultation le 18/12/2024)
[67] LEGRAIN Jean François, art. cit.
[68] DOT-POUILLARD Nicolas et ROUXEL Mathilde, « Entretien avec Nicolas Dot-Pouillard – Le Mouvement national palestinien », dans Les clefs du Moyen-Orient, Paris, Histoire & Actualité, 2017, [en ligne] https://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Nicolas-Dot-Pouillard-Le-Mouvement-national-palestinien.html (dernière consultation le 02/01/2025)
[69] Ibid.
[70] CRONE Olivier, « “Plomb durci” : l’opération militaire israélienne contre le Hamas à Gaza du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 », dans Outre-Terre, n°22, Toulouse, Érès, 2009, 214 p., pp 98-105
[71] Ibid.
[72] Ibid.
[73] La théorie des cinq cercles présente un système composé de cinq cercles prenant comme cible plusieurs acteurs et/ou éléments en vue d’anéantir l’adversaire principal. Ces acteurs/éléments sont le commandant (premier cercle), puis les ressources essentielles à l’armement et à la survie des combattants – comme la production d’énergie, fourniture de carburant, approvisionnement en nourriture et en finance – (deuxième cercle), les infrastructures (troisième cercle), la population (quatrième cercle), pour terminer par les forces armées principales (cinquième cercle). GEOSTRAS, « Analyse succincte de l’opération “Plomb durci” 27 décembre 2008 – 18 janvier 2009 », dans Outre-Terre, n°22, Toulouse, Érès, 2009, 214 p., pp 85-97
[74] John Ashley Warden III (1943-) est un colonel de l’United States Air Force, connu pour avoir élaboré la théorie des cinq cercles.
[75] CRONE Olivier, art. cit.
[76] Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa sont l’une des milices armées de la faction al-Fatah, faction de l’OLP, du leader palestinien Yasser Arafat. Cette organisation est l’une des plus actives au cours de la seconde intifada.
[77] Les brigades Al-Nasser Salah al-Din sont l’aile militaire du Comité de résistance populaire, un ensemble de diverses organisations armées palestiniennes qui opèrent dans la bande de Gaza.
[78] Les Brigades al-Qods sont l’aile armée du Jihad islamique palestinien (JIP). Elles sont particulièrement actives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
[79] Ibid.
[80] Ibid.
[81] Ibid.
[82] Ibid.
[83] La doctrine Dahiya est une doctrine militaire israélienne prônant l’usage de la force dans les zones civiles servant de base à des attaques. Il n’y a plus de distinction entre cibles civiles et militaires. Cette doctrine a été mise en évidence lors du conflit israélo-libanais de 2006 par le général israélien Gadi Eizenkot. Elle porte le nom de la banlieue sud de Beyrouth, Dahieh Janoubia. Cette zone densément peuplée abritait un bastion du Hezbollah et elle fut rasée par les bombardements israéliens en 2006.
[84] La banlieue sud de Beyrouth ou Dahieh Janoubyé est un faubourg à majorité chiite au sud de Beyrouth, au Liban. Pendant, le conflit israélo-libanais de 2006, la banlieue fut bombardée car la maison de Hassan Nasrallah, ancien leader du Hezbollah s’y trouvait.
[85] DAUVERGNE Cécile, « Japon, 1945 : l’inefficacité stratégique de la bombe atomique », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/ (dernière consultation le 02/01/2025)
[86] La doctrine Douhet provient du nom de Giulio Douhet, militaire italien reconnu pour promouvoir la théorie des bombardements massifs contre les civils. Cécile Dauvergne explique clairement cette idéologie militaire dans la gestion des conflits mondiaux et des attaques perpétrées contre le Japon.
[87] Ibid.
[88] Ibid.
[89] HUMAN RIGHT WATCH, « Gaza : L’offensive israélienne met en danger des centaines de milliers de civils », New-York, Human Right Watch, 2024, [en ligne] https://www.hrw.org/fr/news/2024/10/26/gaza-loffensive-israelienne-met-en-danger-des-centaines-de-milliers-de-civils (dernière consultation le 18/12/2024)
[90] SEELOW Soren, « Le Hamas n’est plus le mouvement révolutionnaire et religieux que l’on veut bien décrire », dans Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, 2009, [en ligne] https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/02/03/le-hamas-n-est-plus-le-mouvement-revolutionnaire-et-religieux-que-l-on-veut-bien-decrire_1150309_3218.htm (dernière consultation le 18/12/2024)
[91] Jean François-Poncet (1928-2012) est un diplomate et homme politique français, ministre des Affaires étrangères de 1978 à 1981 sous Valéry Giscard d’Estaing.
[92] Khaled Mechaal (1956-) est l’un des dirigeants politiques de l’organisation palestinienne Hamas. Il est parfois aussi présenté comme le dirigeant politique de la branche syrienne du Hamas. Cependant, il n’agit plus aujourd’hui depuis Damas, mais mène ses activités militantes depuis Doha, au Qatar.
[93] SEURAT Leïla, Le Hamas et le monde, Paris, CNRS éditions, 2015, 344 p.
[94] SIBANY Suha, « Les Arabes d’Israël : une minorité nationale palestinienne ? », dans Hérodote, n°124, Paris, La Découverte, 2007, 192 p., pp. 79-92, [en ligne] https://shs.cairn.info/revue-herodote-2007-1-page-79?lang=fr (dernière consultation le 18/12/2024)

Une réflexion sur “L’opération Plomb durci et Gaza : un cycle de violence sans fin ?”