La diplomatie par la poésie, une arme de négociation de la chine antique

La « diplomatie poétique » 赋诗外交 fù shī wài jiāo[1] est un phénomène culturel particulier à l’histoire chinoise, qui trouve son origine dans la dynastie des Zhou occidentaux 西周 Xī Zhoū et qui était employé de manière prépondérante durant la période des Printemps et Automnes 春秋 Chūnqiū (722 av. J.-C.- 481 av. J.-C.). La « diplomatie poétique » désigne une forme de discours diplomatique dans lequel les négociateurs expriment leurs positions et transmettent des messages en récitant un certain poème ou quelques strophes lors d’occasions spéciales : réunions, entretiens, conférences ou banquets[2].

L’évolution du paysage politique de l’époque l’a fait prospérer pendant cette période. À partir de Chūnqiū, le pouvoir de la famille royale Zhou commence à décliner progressivement, alors que la force des États Vassaux s’accroît et cinq hégémons 五霸 Wǔ bà ont émergé : Qi 齐国, Jin 晋国, Qin 秦国, Chu 楚国 et Wu 吴国[3]. Le système de rituels et de musique 礼乐制度 lǐ lè zhì dù, qui était auparavant principalement pratiqué par la famille royale Zhou, a été modifié pour être pratiqué par les seigneurs vassaux. En même temps, les activités politiques et diplomatiques entre les États Vassaux sont devenues de plus en plus fréquentes, et les acteurs politiques ont souvent récité des poèmes tirés du Classique des vers 诗经 Shījīng en réponse aux alliances et lors des banquets, montrant ainsi leurs vertus tout en poursuivant leurs objectifs politiques. Le Classique des vers est le plus ancien recueil (vers le XIe siècle avant J.-C. – VIe siècle avant J.-C.) de poésie chinoise et reflète le système rituel et musical de la dynastie Zhou. Grâce à son contenu riche en connotations institutionnelles, hiérarchiques, morales et rituelles, il se vit attribuer des fonctions importantes dans les domaines de la diplomatie, la politique et l’éducation. Il était considéré comme un trésor pour les envoyés diplomatiques et devint même un genre rhétorique particulier.

Carte des États Vassaux de la période des Printemps et Automnes, représentant l’État de Jin 晋国 en haut au milieux en berge, l’Etat de Qin 秦国 à gauche en vert, l’État de Chu 楚国 en bas en rose, et l’État de Qi 齐国 en haut à droite en vert, les autres États sont de taille relativement réduite. (peintre inconnu)
À voir : https://zh.wikipedia.org/wiki/春秋时期#/media/File:春秋诸侯大国简图.png

En s’appuyant sur l’article de Wang Li 王力, professeur à l’université chinoise des affaires étrangères, intitulé  « La Fonction du récit du Shijing dans le discours diplomatique durant la période des Printemps et Automnes » 吟诵《诗经》在春秋外交辞令中的作用, les paragraphes qui suivent indiquent, illustrent et contextualisent les deux fonctions rhétoriques de base des récits du Classique des vers : l’expression directe et la critique euphémique. Les arguments sont soutenus par des fragments d’anecdotes historiques, tirés du « Commentaire de Zuo » 左传 Zuǒ zhuàn et du « Discours des royaumes » 国语 Guóyǔ.

Edition illustrée du Livre des Odes 御笔诗经图 de l’empereur Qianlong 乾隆 (1736-1795) de la dynastie Qing.
À voir :  https://zh.wikipedia.org/wiki/诗经#/media/File:Shi_Jing.jpg
  1. Le Shijing : deviner les intentions, conduire à la coopération

       La période turbulente des Printemps et Automnes est marquée par les conflits d’intérêts constants entre les États Vassaux. Dans ce contexte de tension entre les acteurs politiques, les négociations diplomatiques occupent la place centrale dans la résolution des différends et l’élaboration des alliances. Ainsi la récitation de poèmes du Classique des vers s’impose. Cette pratique connue sous le nom de Fù shī 赋诗 qui a le but d’affiner la rhétorique des acteurs permet aussi à chacun des partis impliqués dans l’affaire de mesurer les intentions de son interlocuteur et réfléchir au plus avantageux dénouement.

Une histoire emblématique qui permet de comprendre le fonctionnement de l’échange des poèmes est celle de Chong’er 重耳 (697 av. J.-C.- 628 av. J.-C.), le fils du duc Xian de l’État de Jin 晋献公 Jìn Xiàn Gōng (?- 651 av. J.-C.), exilé à Qin.

En 656 av. J.-C., Li Ji 骊姬 (?- 651 av. J.-C.), la concubine du duc Xian de Jin, a faussement accusé le prince héritier Shen Sheng 申生 (?- 655 av. J.-C.) de parricide en entraînant  Chong’er dans l’affaire. Suite à cela, le jeune homme fut contraint à l’exil pendant 19 ans, passant par Wei 卫国, Qi 齐国, Cao 曹国, Song 宋国, Zheng 郑国 et Chu 楚国 avant d’arriver finalement à Qin 秦国 en 637 av. J.-C.. Grâce à l’aide du duc Mu de Qin 秦穆公 Qín Mù Gōng (?- 621 av. J.-C.), Chong’er put quitter l’exil du royaume de Qin pour retrouver son pays natal (Jin) et honorer son statut de duc Wen de Jin 晋文公 Jìn Wén Gōng[4].

Initialement, dans le cadre géopolitique des Printemps et Automnes, les royaumes Qin et Jin se distinguent par leur puissance supérieure comparativement aux autres États Vassaux. Pour garantir la stabilité de l’État de Qin, le duc Mu de Qin avait longtemps préconisé une politique étrangère pacificatrice et amicale à l’égard de Jin, mais elle n’a jamais abouti. Ainsi, lorsque Chong’er arrive en exil à Qin, le duc Mu s’aperçoit que le jeune homme peut  l’aider à mettre un terme à la relation belliqueuse des deux États ! C’est pourquoi, il décide d’organiser un banquet pour le mettre à l’épreuve. Chong’er accepte la proposition du duc Mu car il a besoin de son aide pour retourner à Jin[5].

À propos de cette médiation diplomatique entre le duc Mu de Qin et Chong’er, le Commentaire de Zuo ne fait qu’évoquer brièvement la scène du banquet. La séquence complète des événements est décrite en détail dans les Livres de Jin 晋语 Jinyu du Discours des royaumes. Six poèmes ont été récités par les deux partis tout au long du processus. Au début du banquet, le duc Mu de Qin a récité « Cueille des Pois » 采菽 Cǎi shū, un poème qui décrit la grande cérémonie d’accueil des vassaux au roi de Zhou. Ce choix a été fait pour montrer à Chong’er qu’il est prêt à l’aider à retourner dans son pays.

« On cueille et on cueille des pois

panier carré ou corbeille ronde

Le prince vient à moi

que donner en offrande?

Je n’ai rien à offrir

sinon char et attelage

Que lui donner?

robe noire et tunique brodée

L’eau jaillit bouillante de la fontaine

sur la cresson que l’on cueille

Le prince vient à moi

je regarde son fanion

Virevolter

les grelots de ses harnais tintent

Quadrige à chevaux latéraux

le prince arrive

Grenouillères rouges

lacets en-dessous.

Le tout attaché sans défaut

le Fils du ciel[6] l’a voulu ainsi

Heureux le prince

envoyé du Fils du ciel

Heureux le prince

à la fortune éternelle

Sur les branches du chêne

le feuillage abonde

Heureux le prince

qui défend le domaine du Fils du ciel

Heureux le prince

dix mille biens[7] s’unissent en lui.

Rangés à gauche et à droite

les hommes lui obéissent.

La barque en peuplier ballotte

est amarrée

Heureux le prince

que jauge le Fils du ciel.

Heureux le prince

dont les biens[8] sont nombreux.

Fabuleux ! on court partout !

le prince vient nous voir. »[9]

Ces deux tableaux sont tirés des « Illustrations d’objets célèbres du Classique des vers » 诗经名物图解,  publiées en 1848. Ces tableaux auraient été peints par un certain Hosoi Shun 細井徇, l’érudit confucéen de l’époque Edo (1603-1868) au Japon. Les deux peintures font principalement référence au céleri et au chêne dans le poème « Cueille des Pois » 采菽.
À voir: https://sou-yun.cn/reading.aspx?path=詩文觀止/詩經(集注版)/采菽&poemId=330

Structuré en cinq strophes, chacune à huit vers, le style principal du poème récité par le duc Mu de Qin est l’énoncé direct 赋 fù, un procédé typique du Classique des vers qui « consiste à exposer un thème ou à décrire un fait de façon directe, sans détours »[10]. Les deux premières strophes décrivent principalement la cueillette des pois et du céleri pour louer le roi Zhou d’avoir accueilli les vassaux qui venaient lui rendre hommage, exprimant ainsi la prévenance du Fils du Ciel. La troisième strophe est une explication directe du pèlerinage des vassaux vers le roi, que le poète observait de près. Les deux dernières strophes font l’éloge  de la prospérité du pays en faisant référence aux branches florissantes de chêne. Ensuite, ils approuvent la stabilité du monde par le biais d’une métaphore où la gouvernance du roi est comparée à une amarre. En récitant ce poème, le duc Mu de Qin va droit au but et suggère qu’il voulait que Chong’er devienne le duc de Jin pour assister le roi Zhou. Après avoir appris l’intention du duc Mu de Qin, Zhao Cui a rappelé à Chong’er de réciter le poème « Jeune Millet »[11] en réponse. À travers le vers « Le jeune millet est luxuriant, engraissé par la pluie » 芃芃黍苗, 阴雨膏之[12], Chong’er exprime son espoir que le duc Mu de Qin l’aidera comme la pluie « aide » les semis à pousser. Le duc Mu de Qin, ému, promet de l’aider en répondant par le poème « Minuscule » 小宛 Xiǎo wǎn[13]. Comme réaction, Chong’er récite le poème intitulé « Rivière coulant à Flots » 沔水 Miǎn shuǐ[14], où le vers « Cette rivière coule à flots, comme courtisans vers la mer » 沔彼流水, 朝宗于海[15] vient exprimer sa gratitude envers le duc Mu de Qin. Comme la rivière, Chong’er trouva sa maison à Qin et reçut l’aide de Qin pour retourner à Jin et gouverner. S’il réussit, Chong’er servirait certainement Qin au mieux de ses capacités[16]. Enfin, le duc Mu de Qin a répondu par « Sixième mois »[17]. C’est un poème qui fait l’éloge de la victoire de Yin Jifu 尹吉甫 (852 av. J.-C.-775 av. J.-C.) qui a aidé le roi Xuan de Zhou 周宣王 (?- 782 av. J.-C.) dans son expédition dans le Nord du pays. En comparant Chong’er à Yin Jifu, en utilisant les vers, tels que « pour rétablir l’ordre dans l’empire » 以匡王国, « pour assister le Fils du Ciel » 以佐天子, « pour le contrôle de l’empire » 以定王国[18], le duc Mu de Qin lui souhaite de revenir au pouvoir et de devenir un vassal pour aider le Fils du Ciel.

Le Duc Wen de Jin récupère son État 晋文公复国图, peinture de la dynastie des Song qui montre le retour d’exil de Chong’er dans l’État de Jin. Il devient le Duc Wen et règne de 636 à 628 avant J.-C. (LI Tang 李唐, 1066-1150)
à voir: https://www.metmuseum.org/art/collection/search/40051

Dans une négociation diplomatique aussi compliquée, le duc Mu de Qin et Chong’er ont exprimé leurs idées respectives de manière implicite et précise à travers quelques poèmes. Ils ont réussi à deviner l’intention de l’autre tout en évitant l’embarras causé par la rhétorique diplomatique directe, pour finalement aboutir à une coopération. Cela démontre pleinement le rôle important de la poésie dans les négociations diplomatiques où les poèmes donnent à tout échange un beau vernis littéraire, réalisant une combinaison parfaite de littérature et de débat politique.

Le Classique des vers a une grande valeur rituelle. Outre les descriptions de grands rites, cérémonies et banquets, il traite également de l’actualité et de la politique. Face à une crise diplomatique, la récitation du poème pourrait, par euphémisme, critiquer la situation contemporaine aux faits et inciter au changement.

  1. Le Shijing 诗经 : désamorcer une crise diplomatique en employant le détournement

Pendant la période des Printemps et Automnes, le maintien et la rupture d’alliances s’enchaînent à cause des conflits d’intérêts. Cette inconstance pouvait à tout moment conduire directement à la guerre et voire même à la destruction d’ États.Par la suite, nous allons observer le rôle de la récitation poétique dans le traitement des crises diplomatiques en analysant deux situations spécifiques : la rupture d’un pacte et la guerre.

En 547 av. J.-C., Jin a violé le code des États Vassaux en détenant comme prisonnier le duc Xian de Wei 卫献公 (?- 544 av. J.-C.) lors d’une visite. Cette nouvelle provoqua un bouleversement parmi les autres États Vassaux. Alors, le duc Jing de Qi 齐景公 (?- 490 av. J.-C.) et le duc Jian de Zheng 郑简公 (?- 530 av. J.-C.) se rendirent ensemble à Jin pour apaiser le conflit et sauver le duc Xian de Wei. Devant le refus ferme du duc Ping de Jin 晋平公 (?- 532 av. J.-C.) de libérer le prisonnier, les ambassadeurs de Qi et de Zheng employèrent des poèmes pour expliquer au duc le grand danger auquel il s’exposait en détenant un vassal. Le résultat est que le duc Xian de Wei fut libéré.

Bien que la dynastie Zhou ait déjà décliné durant l’époque des Printemps et Automnes, les concepts moraux et hiérarchiques, en particulier ceux inscrits dans le Shijing qui vénérait l’étiquette, la loyauté et l’amour du peuple, influencent encore largement les habitudes psychologiques et comportementales des habitants de l’ensemble des pays. Dans une situation diplomatique aussi conflictuelle, la récitation du poème a non seulement préservé la réputation du duc Ping de Jin, mais a également assuré le retour du duc Xian de Wei, ce qui a permis de résoudre pacifiquement la crise.

Dans le deuxième exemple, cette fois-ci concernant la guerre, le poème permet d’exprimer  une critique de manière détournée.

En 557 av. J.-C., l’État de Qi envahit le Lu 鲁国. La puissance de Lu n’était pas à la hauteur de celle de Qi, Shusun Bao 叔孙豹 (?- 538 av. J.-C.), le ministre des Armées de Lu 鲁国司马[19], alla demander de l’aide à Jin. Après avoir été poliment éconduit, il   rencontra d’abord confidentiellement Xun Yan 荀偃 (?- 554 av. J.-C.), le général de l’armée de Jin, à qui il récita « Ministre de la guerre » 祈父 Qí fù[20], par ce moyen, il reprocha à Jin de ne pas tenir compte de l’accord d’alliance et laisser le Lu dans une situation désespérée. Plus tard, il rencontra Fan Xuanzi 范宣子 (?- 548 av. J.-C.), le chef militaire et le premier ministre de Jin à qui il récita « Oies Sauvages » 鸿雁 Hóng yàn, une métaphore de la situation périlleuse dans laquelle se trouvait l’État de Lu. Le poème raconte l’histoire d’une oie sauvage qui avait perdu sa place pour atterrir. De cette manière, le poème cache la réprimande acerbe de Shusun Bao en évitant de nuire à la réputation de Jin, mais lui permettant de mieux comprendre la gravité de la situation et l’urgence d’envoyer des renforts.

En conclusion, qu’il s’agisse d’exprimer directement ses intentions ou de critiquer l’interlocuteur de façon détournée, nous pouvons observer que le rôle du poème est d’assurer une forme de médiation entre les discours, tout comme le rite sert d’intermédiaire aux comportements. Le Classique des vers apporte un effet harmonisateur et euphémique au discours politique, créant ainsi un style rhétorique à part.

Bibliographie:

  1. HE Xinwen 何新文, Les personnages de Zuo Zhuan (左传人物论稿), Presse chinoise des sciences sociales, 2004, 372 p.
  2. SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019, traduit du chinois par Pierre Vinclair, 423 p.
  3. WANG Li 王力, La Fonction du récit du Shijing dans le discours diplomatique durant la période des Printemps et Automnes (吟诵《诗经》在春秋外交辞令中的作用), Université chinoise des Affaires étrangères, n°3, 2003, 5 p.
  4. CHEN Pengcheng 陈鹏程, Analyse pour la citation de Shijing à Guoyu (国语用诗探析), journal de l’université de Chang’an, n°3, 2009, 5 p.
  5. CHENG François, Bi 比 et xing 兴, Cahiers de linguistique – Asie orientale, vol. 6, 1979, 12 p.
  6. PIAO Zhongjin 朴钟锦, Origine et le développement de la « diplomatie de la poésie » chinoise 中国“诗赋外交”的起源及近代发展, Revue d’études politiques internationales, n°1, 2012, 15 p.
  7. BAN Gu 班固, Baihu tongde lun 白虎通德论, ci-après BHTDL, j.1, p._46. [en ligne] < https://ctext.org/library.pl?if=gb&file=77788&page=46&remap=gb#n52859 > [Consulté le 10/02/2021]

[1] Piao Zhongjin 朴钟锦, « Origine et le développement de la diplomatie de la poésie chinoise » (中国“诗赋外交”的起源及近代发展), Revue d’études politiques internationales, n°1, 2012, p. 149.

[2] Ibid., p. 149.

[3] Les cinq hégémons de la période des Printemps et Automnes ne sont pas unifiés dans les archives chinoises classiques. Ici, nous nous référons au livre Baihu tongde lun 白虎通德论 édité par le célèbre historien Ban Gu班固 (32-92)de la dynastie des Han de l’Est. À voir : Ban Gu 班固, Baihu tongde lun 白虎通德论, ci-après BHTDL, j.1, p._46. [en ligne] < https://ctext.org/library.pl?if=gb&file=77788&page=46&remap=gb#n52859 > ) [Consulté le 10/02/2021]

[4] Il était un célèbre souverain de l’État de Jin au début de la période des Printemps et Automnes et était l’un de ses cinq hégémons. À voir : He Xinwen 何新文, Les personnages de Zuo Zhuan (左传人物论稿), Presse chinoise des sciences sociales, 2004, p. 258.

[5] He Xinwen 何新文, Les personnages de Zuo Zhuan (左传人物论稿), Presse chinoise des sciences sociales, 2004, p. 258-263, 269.

[6] Le Fils du Ciel 天子 est une expression canonique qui désigne l’empereur dans la Chine ancienne.

[7] Les biens 福 signifie le bonheur.

[8] Les biens 禄 signifie l’émolument d’un fonctionnaire dans l’ancienne Chine.

[9] 采菽采菽,筐之莒之。君子来朝,何锡予之?虽无予之?路车乘马。又何予之?玄衮及黼。

觱沸槛泉,言采其芹。君子来朝,言观其旂。其旂淠淠,鸾声嘒嘒。载骖载驷,君子所届。

赤芾在股,邪幅在下。彼交匪纾,天子所予。乐只君子,天子命之。乐只君子,福禄申之。

维柞之枝,其叶蓬蓬。乐只君子,殿天子之邦。乐只君子,万福攸同。平平左右,亦是率从。

汎汎杨舟,绋纚维之。乐只君子,天子葵之。乐只君子,福禄膍之。优哉游哉,亦是戾矣。”

La traduction du poème vient du livre SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019, traduit du chinois par Pierre Vinclair, p. 294-295.

[10] Cheng François, Bi 比 et xing 兴, Cahiers de linguistique – Asie orientale, vol. 6, 1979. p. 65-66.

[11] SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019,  traduit du chinois par Pierre Vinclair, p. 301.

[12] Ibid., p. 301.

[13] Le nom du poème enregistré dans le Zuo Zhuan est Hóng fēi 鸿飞 signifiant « Le vol des grandes oies sauvages », qui ne se trouve pas dans le Shijing. Wei Zhao 韦曜 (204-273) dans son livre Commentaire sur Guoyu 国语注 Guóyǔ zhù indique que le poème doit faire référence à « Minuscule » 小宛 Xiǎo wǎn. La première strophe du poème se lit comme suit : « La tourterelle minuscule, peut aller rencontrer le ciel. Mon cœur est meurtri de chagrin quand je repense à mes parents. Je ne dors toujours pas à l’aube, à force de songer à eux. » “宛彼鸣鸿,翰飞戾天。我心忧伤,念昔先人。明发不寐, 有怀二人”. C’est une déclaration directe de souvenir des ancêtres et des parents. Le duc Mu de Qin a utilisé ce poème pour exprimer qu’il ne pouvait pas dormir parce que les parents de Chong’er lui manquaient, et pour transmettre sa promesse d’aider Chong’er. À voir : CHEN Pengcheng 陈鹏程, Analyse pour la citation de Shijing à Guoyu (国语用诗探析), journal de l’université de Chang’an, n°3, 2009,  p. 98.

La traduction du poème vient du livre SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019, traduit du chinois par Pierre Vinclair, p. 251.

[14] Le nom du poème compilé à la fois dans le Zuo Zhuan et dans le Guoyu est « Flots » 河水 Hé shuǐ, mais Wei Zhao souligne dans son livre Commentaire sur Guoyu que l’erreur est due à la similitude des caractères 河 et 沔 Miǎn. Le poème doit donc faire référence à 沔水 Miǎn shuǐ dans le Shijing. À voir : CHEN Pengcheng 陈鹏程, Analyse pour la citation de Shijing à Guoyu (国语用诗探析), journal de l’université de Chang’an, n°3, 2009, p. 98

La traduction du titre de poème vient du livre SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019, traduit du chinois par Pierre Vinclair, p. 231.

[15] SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019, traduit du chinois par Pierre Vinclair, p. 231.

[16] WANG Li 王力, La Fonction du récit du Shijing dans le discours diplomatique durant la période des Printemps et Automnes (吟诵《诗经》在春秋外交辞令中的作用), université chinoise des affaires étrangères, n°3, 2003,
p. 97-98.

[17]  SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019, traduit du chinois par Pierre Vinclair, p. 222.

[18] Ibid,. p.222.

[19] Sima 司马, le nom d’un ancien fonctionnaire chinois dont l’autorité variait de dynastie en dynastie, désignait principalement le gouverneur du gouvernement central chargé de l’administration et des tâches militaires pendant les périodes du Zhou occidental, des Printemps et Automnes et des Royaumes Combattants. [en ligne] < http://www.zdic.net/hans/司马 > ) [Consulté le 10/02/2021]

[20] SHIJING / Le grand recueil, Le corridor bleu, 2019, traduit du chinois par Pierre Vinclair, p. 233.

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