L’Europe de la Défense face aux crises contemporaines : ou l’impuissance de l’Europe de la Sécurité

L’Europe de la Défense face aux crises contemporaines : ou l’impuissance de l’Europe de la Sécurité

Avant-propos :

L’article que vous allez découvrir est une réécriture du premier chapitre d’un mémoire de recherche intitulé « La France et la Défense européenne : le rôle des armées dans l’affirmation d’un leadership », rédigé pour Sciences Po Lille en mai 2024. Ce mémoire aborde les modalités des transformations du leadership français dans un contexte de redéfinition stratégique, tant géographique que conceptuel (avec un passage de la « sécurité au flanc sud » à la « défense du flanc est »).

Ce premier chapitre se concentre sur les « architectures européennes de sécurité et de défense » et sur leurs évolutions. Le second chapitre, lui, propose un panorama des différentes puissances évoluant au sein de ces architectures (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne). Le troisième chapitre, enfin, aborde spécifiquement le rôle français et la transformation de ce dernier.

La couverture du rapport d’expertise « la France et la Défense européenne »
La couverture du rapport d’expertise « la France et la Défense européenne », Romain Devaux, 2024

Cet article s’insère donc dans un ensemble de raisonnement plus large. Il entend détailler les architectures européennes de sécurité au sein desquelles la France dispose (ou disposait) d’éléments de leadership conséquent. Or, ces outils apparaissent comme inadaptés. Dès lors, si la France avait un leadership dans « l’Europe de la sécurité », ce leadership est dépassé dès lors qu’il s’agit « d’Europe de la Défense ».

Introduction : sécurité et défense, deux synonymes ?

L’ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne Bruno Alomar résumait la construction européenne de défense ainsi : « Il existe une politique de projection[1] civile et militaire de l’Union européenne (la PSDC) au travers de laquelle l’Union participe au maintien de la paix à sa périphérie plus ou moins lointaine. Ce n’est nullement une politique de défense »[2]. Nous développerons ce propos dans cet article. Il y a, en effet, une différence fondamentale entre « défense » et « sécurité ». Si le premier concept s’intéresse surtout à l’organisation des forces armées et à la défense d’un territoire (on parle parfois de « sécurité nationale »), le deuxième a une conception beaucoup plus large pour intégrer différentes sphères (telle que l’économie, le développement, les droits humains, etc.) qui sont « sécuritisées »[3].

En effet, L’outil militaire européen a d’abord été conçu pour des opérations extérieures de stabilisation et se montre donc relativement inadéquat face aux défis majeurs posés par la guerre en Ukraine. Nous irons, par ailleurs, jusqu’à dire que l’Union européenne (UE) est incompatible avec l’idée de puissance : que ce soit par son fonctionnement même ou par l’omniprésence de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) sur les questions sécuritaires qui empêchent de réelles réformes.

Il convient néanmoins de souligner des transformations importantes, en particulier au niveau de la coopération opérationnelle et sur le nouveau consensus dans la définition des menaces. Cependant, l’UE peine toujours à s’émanciper de la « gestion de crise » en termes d’action prises. Ce n’est, par ailleurs, pas un hasard si la coopération en matière de défense se développe surtout en dehors des institutions européennes : au travers de structures innovantes ou au travers de l’OTAN.

La relation avec l’Alliance atlantique est, par ailleurs, particulièrement ambiguë. D’un côté, la France tente, relativement seule, de pousser l’idée d’une autonomie stratégique. De l’autre, la construction européenne de défense s’accroche à l’OTAN via des innovations institutionnelles (comme Berlin Plus[4]). De plus, les événements en Ukraine marquent un franc retour de l’Alliance dans les affaires de défense de l’Europe.

L’Europe de la sécurité : ou l’impuissance européenne

L’outil militaire de la sécurité extérieure n’est pas un outil de défense

L’Union européenne est une organisation qui fonctionne selon plusieurs modes de gouvernance en fonction des compétences[5]. Ainsi, les domaines économiques répondent à une logique communautaire[6] avec, par exemple, un droit supranational consacré par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Ce premier mode de fonctionnement est consacré par l’existence d’un « gouvernement de Bruxelles », incarné par la Commission européenne et le Parlement européen. Cependant, d’autres modes de gouvernance sont privilégiés sur d’autres sujets, comme la coordination (pour les politiques culturelles et éducatives notamment). Enfin, les « deux autres piliers » de la politique européenne, c’est-à-dire la justice et la politique extérieure, tendent à répondre à une logique intergouvernementale, bien plus horizontale.

À défaut d’être intégrée, la « défense européenne », dont nous verrons qu’il est plus pertinent de la qualifier de « sécurité européenne », est historiquement passée par une méthode multilatérale ou bilatérale, soucieuse de respecter la souveraineté de chacun[7]. À la fin de la guerre froide, elle s’oriente plus spécifiquement non pas vers une logique de défense du continent, mais vers une stratégie de sécurité globale au travers de la gestion de crise en périphérie. En effet, c’est à cette période que se développent d’autres visions de la sécurité qui n’est plus simplement « territoriale »[8], et recouvre des aspects bien plus variés au sein d’une « sécurité humaine » comprenant le développement économique, les droits fondamentaux ou encore le niveau de vie.

Dès lors, les paradigmes pour assurer la sécurité de l’Europe connaissent de profonds changements et s’orientent vers les opérations extérieures[9] : « Il s’agit moins d’une guerre que d’une opération de police »[10]. Il n’est plus question de « gagner », mais plutôt de « stabiliser » et on abandonne le mythe de la bataille décisive au profit d’investissements de long terme passant davantage par l’outil civil.

Ce changement d’état d’esprit n’est pas propre aux institutions européennes et se retrouve au sein de textes nationaux. Ainsi, le même glissement est observé dans les textes français : le livre blanc de 1994 fait le constat d’une « globalisation de la sécurité »[11]. On passe alors de la « défense nationale » à la « sécurité nationale » (expression qui apparaît cette fois-ci dans le livre blanc de 2008), tandis que d’autres menaces sont identifiées : terrorisme, migration, trafics, etc. En ce sens, la défense européenne qui se développe à ce moment, notamment à travers la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), va davantage se construire en réponse à cette vision et à ces problématiques. Si bien qu’en 2013, le livre blanc français appelle à développer les actions extérieures de la PSDC[12] : la sécurité de l’Europe participe à la sécurité nationale.

La période de l’immédiat après-guerre froide est particulièrement propice au développement des outils de la défense européenne. En 1992, est créée la politique européenne de sécurité commune (PESC, qui deviendra la PSDC), il est alors intéressant de noter qu’il est question de « sécurité » et non pas de « défense »[13]. Alors que la défense territoriale du continent cesse d’être une préoccupation immédiate, on se concentre sur les opérations extérieures : Bosnie en 1994, Kosovo en 1999, Afghanistan en 2003. En 2000, d’autres institutions sont créées, notamment le Comité militaire de l’Union européenne (CMUE) et l’État-major de l’Union européenne (EMUE)[14]. Le mot d’ordre reste la recherche d’un compromis entre unanimité et flexibilité, surtout pour empêcher les États favorables à une intervention d’être entravés par les divergences au sein de l’UE[15]. Malgré ces développements, on réaffirme que l’Organisation de traité de l’Atlantique nord reste « le fondement de leur [des États] défense collective »[16].

L’OTAN reste, en effet, toujours très présente en Europe. Pour éviter un découplage des moyens, certains, comme le journaliste Rob de Wijk, proposent de diviser les tâches : « aux Américains, les combats de haute intensité [comprenez : les conflits majeurs et la défense territoriale du vieux continent], aux Européens, le maintien de la paix et la stabilisation post conflit »[17]. En ce sens, l’Europe de la défense va davantage se développer vers des missions de stabilisation face à la déliquescence des États[18] : elle souhaite contribuer à la « construction d’un monde meilleur » et « veillant à ce que les pays qui lui sont frontaliers soient bien gouvernés »[19].

Les missions de la PESD, il est intéressant de souligner la surreprésentation des missions civiles (en bleu) tandis que les objectifs relèvent du maintien de la paix
Les missions de la PESD en 2018, il est intéressant de souligner la surreprésentation des missions civiles (en bleu), tandis que les objectifs relèvent du maintien de la paix, 2018 – Service européen pour l’action extérieure

La défense européenne s’est donc plutôt construite autour de la gestion de crise, soit un éventail d’activités autant militaires que civiles[20]. Les opérations humanitaires ayant ceci de simple qu’elles ne nécessitent pas de définir un « intérêt national européen ». L’approche se veut alors globale, avec une empreinte militaire la plus réduite possible[21], tandis que la génération des forces repose sur le seul volontariat des États membres. L’UE se trouve dès lors une niche opérationnelle que l’OTAN avait tendance à délaisser[22]. Cette spécialisation européenne[23], principalement axée sur le déploiement d’atouts civils, fait de l’UE un acteur important dans la gestion de crise et la positionne comme un acteur géopolitique majeur. Pourtant, cette « culture stratégique européenne »[24] est peu adaptée face aux crises majeures comme celle qui se joue à ses frontières orientales en Ukraine.

L’Union européenne et l’impossible puissance

Le général Jean-Paul Perruche, directeur général de l’EMUE de 2004 à 2007, écrivait en 2020 : « Les nations européennes sont de moins en moins capables de faire face, seules, à ce qui les menace, la garantie de sécurité américaine devient de plus en plus incertaine et coûteuse, et l’UE est cantonnée à un rôle mineur, par autocensure de ses ambitions et de ses moyens »[25]. Cette idée « d’autocensure » mentionnée par la citation précédente est relativement intéressante. En effet, historiquement, l’UE s’est construite en « rejet de la puissance »[26]. Tandis que la paix et la prospérité sont des notions qui se retrouvent au cœur de son narratif idéologique (« l’Europe, c’est la paix »[27]), la méthode Monnet[28] cherchait en permanence le compromis sans jamais imposer la moindre mesure. Précisément alors que la puissance se définit comme la faculté pour une entité X de faire adopter à une autre entité Y un comportement qu’elle n’aurait pas eu sans son intervention. Ainsi, dès sa création, se cachent les germes des difficultés pour réellement parler de « puissance européenne » et, par extension, de défense.

Après 1989, l’UE ne se conçoit guère que comme une puissance normative, laissant le hard power à d’autres[29]. Cette division entre hard power et soft power se retrouve d’ailleurs au niveau institutionnel[30]. L’entité européenne (incarnée par le Parlement ou la Commission) se charge surtout des valeurs et des normes, c’est-à-dire du soft power. À l’inverse, les États membres (représentés au Conseil européen) ont toujours la charge des prérogatives régaliennes telles que la défense ou la diplomatie, donc du hard power, tandis que les instruments, tels que la PESC, relèvent davantage de la coordination plutôt que de la décision effective et autonome. En résumé, les valeurs ont été définies d’un côté pour être communes, tandis que les intérêts stratégiques sont restés le monopole des États, sans grandes discussions pour en définir de communs[31].

En ce sens, l’idée de défense européenne est déconnectée de toute idée de guerre[32] et de toute idée d’action par la force (qui serait, par essence, contraire aux « valeurs européennes »). Tout juste pouvons-nous trouver l’article 42-7[33] du traité sur l’Union européenne (TUE) de 2009 qui prévoit une clause de défense mutuelle, mais qui n’annule pas la neutralité de certains États et qui ne vient pas contrebalancer les engagements atlantistes[34].

Par ailleurs, l’OTAN a toujours veillé à ralentir la construction d’une spécificité européenne au sein de l’alliance[35], ce qui n’empêche pas un fourmillement intellectuel qui accouche des concepts d’identité européenne de sécurité et de défense (IESD), de « pilier » ou encore de « caucus » européen. Les documents alors édités viennent brimer les velléités d’indépendance (et donc de puissance) de l’Europe. En 1996, au sommet de l’OTAN, on parle de « forces séparables, mais non séparés »[36], tandis que la Secrétaire d’État des États-Unis, Madeleine Albright, définissait en 1998 les 3 D[37] : non-decoupling (non-découplage entre l’UE et les États-Unis), non-ducplication (non-duplication des moyens de l’OTAN), non-discrimination (non-discrimination à l’égard des pays de l’Alliance non-membres de l’UE). L’année suivante, George Robertson, alors secrétaire général de l’OTAN, poursuit cette liste de recommandations en parlant des 3 I[38] : Improvement (amélioration des capacités de défense collective), Inclusiveness (inclusion de tous les alliés européens dans le processus) et Indivisibility (indivisibilité de la sécurité des alliés). La somme de ces plans et de ces recommandations vient limiter l’Europe à une simple addition de nations souveraines et sans intérêts communs[39]. En ce sens, les accords de Berlin Plus consacrent l’impossibilité d’une institution européenne indépendante, puisque rattachée aux structures de planification de l’OTAN.

Les Etats membres de l’UE, de l’OTAN ou des deux
Les états membres de l’UE, de l’OTAN ou des deux, Joebloggsy, 2024 (2009), Wikimedia Commons

Jean-Paul Perruche identifie alors quatre difficultés pour un projet d’Europe véritablement puissante[40]. Premièrement, un manque de convergence des intérêts nationaux, se traduisant par des besoins de défense très hétérogènes. Par exemple, les États d’Europe de l’Ouest sont davantage concernés par les menaces posées par le terrorisme international, tandis que ceux de l’Est sont plus préoccupés par la menace russe. Ainsi, même dans un cas où les États européens parviennent à s’entendre sur la nature d’une menace, ils divergent encore sur la façon dont il faut y répondre. L’actualité internationale est frappante sur ce point : face à l’agression russe de l’Ukraine, certains États préféraient une solution diplomatique (France, Allemagne) pour ne pas « humilier la Russie »[41], alors que d’autres, notamment dans les États baltes, étaient partisans d’une réponse plus ferme.

Deuxièmement, à un niveau plus politique, il souligne l’absence de « conscience européenne » : même si les différents eurobaromètres montrent un certain engouement pour les projets de défense européenne[42], peu sont ceux prêts à en « payer le prix ». Troisièmement, il pointe du doigt une véritable « culture de dépendance » vis-à-vis des États-Unis qui, quant à eux, considèrent l’UE comme un rival, notamment commercial, dès lors qu’elle se renforce. Enfin, il souligne les difficultés des Européens à véritablement unir leurs forces, par exemple en citant les échecs successifs de différents programmes communs d’armement.

L’UE (et sa PESD) s’était construite dans les années 1990-2000 où le multilatéralisme avait le vent en poupe. Or, de nos jours, on assiste à un retour de la nécessité de puissance, dans un monde « de plus en plus compétitif et brutal »[43] qui appelle à des réformes de l’appareil militaro-sécuritaire européen[44]. Pierre Vimont, Secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure de 2010 à 2015 résumait : « Le concept de puissance est contradictoire avec ce qui a été à l’origine de la démarche des européens »[45].

Quels avenirs pour la Défense de l’Europe ?

Quelles réformes de l’UE après la guerre d’Ukraine ?

L’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février 2022, a-t-elle initié une révolution dans les affaires européennes de défense ? Y a-t-il eu un « réveil européen » ? En réalité, malgré la menace immédiate posée à ses frontières, les outils militaires européens peinent à se réformer, et même à se concevoir autrement que comme ils ont toujours été. Ainsi, un travail prospectif de l’European Union Institute for Security Studies (EUISS) élabore des scénarios de possible évolution de la PSDC[46]. Il est frappant de relever que, dans son premier scénario « Europe first », le soutien à l’Ukraine et le pivot vers l’est de la politique européenne continuent de ne relever que de la mission de stabilisation et de la gestion de crise. Aucun tournant géopolitique majeur ni politique de puissance dans la région : l’UE maintient son rôle de stabilisation par des missions essentiellement civiles ou de formation militaire.

Plusieurs types de changements sont cependant soulignés par le chercheur Samuel Faure[47]. Ils sont d’abord majeurs au niveau des pratiques décisionnelles au sommet. En comparaison des autres crises (comme la pandémie du COVID-19), on observe ainsi une réelle unité européenne sur la question et ce durant toute la durée du conflit[48]. Les instruments, eux, connaissent des évolutions partielles. Sans être révolutionnés, ils sont réadaptés au contexte actuel : par exemple, les missions de formation (classiques) sont, cette fois-ci, menées dans le voisinage proche en Ukraine (bouleversement). La Commission européenne a pu se transformer en entrepreneur politique, même si les budgets sont limités. Là encore, les changements ne sont que partiels, car ce sont toujours les États qui ont la charge du « grenier à arme » et les dossiers les plus importants relèvent toujours de la négociation interétatique (souvent bilatérale). En ce sens, les structures institutionnelles sont, elles, complètement inchangées au regard des événements.

Ce qui ne veut pas dire que l’UE n’a connu aucun changement. Au contraire, des efforts importants ont été notés, même s’ils relevaient davantage de « l’improvisation »[49]. Par exemple, une série de sanctions sans précédent a été votée contre la Russie, jusque-là un partenaire économique important pour certains États membres. L’European Union Military Assistance Mission (EUMAM) en Ukraine est relativement classique dans son format, mais innove en se déroulant aussi près des frontières européennes pour une guerre de haute intensité. On peut également citer les déblocages de fonds pour l’achat d’armement au profit d’un pays en guerre. Pourtant, derrière ces effets, ce sont bien « les États [qui sont] plus que jamais, au centre du jeu »[50] et que l’on retrouve derrière ces initiatives.

Une importance grandissante des coopérations hors UE

Ce n’est pas un hasard si les coopérations en sur le continent européen, mais pourtant en dehors de l’UE, se sont multipliées. Les États, toujours aux commandes, cherchent de nouvelles plateformes de coopération mieux adaptées aux crises actuelles.

Pour commencer, la Communauté politique européenne (CPE), déjà théorisée en mai 2022 dans un discours du président Emmanuel Macron[51]. L’idée était ainsi de créer un forum « rassemblant des nations européennes démocratiques qui adhèrent à notre socle de valeur » sur un versant politique et géopolitique. Ce rassemblement se veut le plus large possible (intégrant notamment la Serbie et la Turquie), ce qui ne l’a pas empêché d’éditer des déclarations conjointes. Ce souhait d’inclure des États non-membres de l’UE permet également d’esquiver les problèmes d’intégration. Ce « G-20 à l’européenne »[52] doit fonder un forum biannuel pour favoriser la construction d’une « intimité stratégique » nécessaire pour en venir à une lecture commune sur les menaces pesant sur le continent européen. Sans institutionnalisation à outrance, la CPE s’organise surtout sur le format de rencontres presque informelles (un espace de dialogue plus que de décision), toujours dans une logique intergouvernementale.

Cependant, la CPE ne s’éloigne pas complètement de l’Union européenne[53]. Pour commencer, elle est presque conçue comme une « antichambre » de l’intégration européenne pour des États qui en exprimeraient le souhait, mais qui ne seraient pas encore prêts. On consacre ainsi le concept de coopération renforcée (traité d’Amsterdam en 1997) dans une Union à deux vitesses et on évite également les frustrations de réformes trop lentes, mais nécessaires (pour être conforme aux critères de Copenhague[54]). Ensuite, la CPE incarne un renversement du modèle d’intégration européenne : ce sont des accords sur des questions politiques et géopolitiques qui précèdent l’intégration au niveau économique.

Les dirigeants européens participant au premier sommet de la CPE en République tchèque
Les dirigeants européens participant au premier sommet de la CPE en République tchèque, 2022, Présidence de l’Azerbaidjan, Wikimedia Commons

Dans la même lignée, et toujours un cas à résolution française : l’Initiative européenne d’intervention (IEI), qui est mentionnée une première fois dans le discours à la Sorbonne du président Emmanuel Macron en 2017[55]. La volonté affichée était alors de prolonger la Coopération structurée permanente (CSP) et le Fonds européen de défense (FED) pour « aller plus loin ». Dans le contexte de 2017, le discours se veut politique et non techniciste, dans un contexte post-Brexit, avec une volonté de marquer un souhait de poursuivre le chemin européen.

Pourtant, l’IEI a spécifiquement été formulée, elle aussi, en dehors de tout cadre des institutions européennes[56]. Ce nouveau cadre doit sans doute être considéré comme plus aisé pour maintenir la relation avec les Britanniques : une politique de la main tendue pour changer de la fermeté sur le dossier de la FED et de la CSP. C’est aussi un projet qui permet une certaine souplesse de la France sur le choix de ses partenaires, l’Hexagone privilégiant une coopération en matière de défense plus sélective que son homologue allemand[57]. L’IEI doit ainsi permettre, pour citer le discours de la Sorbonne, « à des militaires venant de tous les pays européens volontaires pour participer, le plus en amont possible, à nos travaux d’anticipation, de renseignement, de planification et de soutien aux opérations »[58].

En plus de ces deux créations précédentes, sous leadership français, on peut également citer des initiatives différentes sous l’égide d’autres pays européens. Ainsi, on retrouve le Royaume-Uni derrière le Joint Expeditionary Force (JEF) ou le Northern Group. Le premier fait office de regroupement interopérable depuis 2018 et a déjà effectué des exercices en mer afin d’améliorer la réaction rapide conjointe de ses membres ; tandis que le deuxième sert de plateforme d’échange sur les sujets sécuritaires communs aux pays membres. Il faut également mentionner le Groupe de Visegrad (V4), sous leadership polonais, dans l’Est de l’Europe, dont le rôle premier était de faciliter l’intégration de ses membres à l’OTAN et à l’UE. Il sert aujourd’hui de regroupement pour faire valoir les intérêts de ses pays membres, notamment dans les affaires de défense, particulièrement depuis 2014 et la déclaration de Budapest[59].

La défense européenne comme architecture complexe : beaucoups d’organes fonctionnent en dehors de l’UE
La défense européenne comme architecture complexe : beaucoup d’organes fonctionnent en dehors de l’UE. Audition de Mme Alice Guitton et M. Nicolas Roche, 2019, Sénat

L’impossible armée européenne

En novembre 2018, le président Emmanuel Macron déclarait : « On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne »[60]. Les mots sont forts, surtout venant d’une haute autorité française, même si le concept n’est pas neuf (et rappelle dans l’esprit de certains l’échec de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954). Jusque-là, les projets de défense européenne ne visaient qu’à améliorer les capacités de défense du continent, sur un volet plus industriel. La date d’une telle déclaration n’a rien d’un hasard : les années 2017-2018 marquent le début du mandat de Donald Trump comme 45e président des États-Unis. Cela avait été l’occasion d’un rapprochement inédit entre la France et l’Allemagne sur les questions d’autonomie stratégique (incarnée dans le vocabulaire de l’armée européenne plus que dans un réel projet)[61].

Les partisans d’un tel projet se contentent souvent d’avancer l’argument du nombre qui fait la force : en termes d’homme, l’UE des 27 serait dotée de la 4e armée du monde[62], pratiquement à égalité avec les États-Unis, largement au-dessus de la Russie. Elle serait équipée de près de 2 000 chars, de 1 500 avions de chasse, tandis que les « doublons »[63] cesseraient d’exister au profit d’une standardisation garantissant une interopérabilité jamais atteinte. Le tout permettrait également de faire des économies d’échelles (un point central dans tous les discours sur la nécessité d’une défense européenne[64]).

Pourtant, même si la question semble toujours abordée par ses partisans sous l’angle de la rationalisation économique (et il est frappant de constater que lesdits partisans ne s’éloignent pas réellement du néolibéralisme cher à l’Union européenne), la question politique est trop souvent mise de côté. En effet, le nœud du problème par rapport à l’armée européenne reste l’impossibilité de former un gouvernement européen[65]. Une armée se doit d’obéir à un pouvoir politique, en vertu du fait que la Stratégie est nécessairement subordonnée au Politique. Or, la Commission européenne n’est pas un gouvernement et n’est, par ailleurs, pas responsable devant le Parlement, tandis que les difficultés à créer une communauté politique européenne avec le consentement des populations (potentiellement amenées à intégrer les armées) sont réelles. Il n’y a pas de peuple (demos) européen, pas plus qu’il n’y a de pouvoir européen capable d’assumer un engagement militaire[66]. De ce fait, en souhaitant créer une armée européenne, il faudrait créer un gouvernement européen et possiblement une communauté « nation » européenne : bien au-delà des simples questions de matériels et de stratégie[67].

Il faut néanmoins souligner la construction réussie de « l’Europe opérationnelle des forces »[68]. Les forces armées des États membres s’intègrent bien entre elles dès lors qu’elles vont au-delà du simple partage, particulièrement dans les domaines liés à la formation et aux entraînements conjoints. Le domaine aérien est un cas d’école : on peut citer l’initiative du « ciel unique européen » géré par l’European Aviation Safety Agency (EASA) ou encore les différentes missions de police du ciel. Le domaine terrestre n’est pas en reste puisque, là aussi, l’interopérabilité se construit de manière certaine, notamment grâce au standard commun de l’OTAN. Ainsi, en 2023, l’exercice Milex-23 fut le premier exercice militaire réel organisé par l’Union européenne.

L’autonomie stratégique : un rêve français

Un « gaullo-mitterrandisme » revisité et mal placé

La notion « d’autonomie stratégique », au-delà de toute considération européenne, est avant tout un concept propre à la culture stratégique française[69]. La notion est ainsi intimement liée à l’histoire nationale, marquée par une méfiance vis-à-vis des États-Unis après la crise de Suez en 1956[70] et le retrait du commandement intégré de l’OTAN, notamment à la suite du développement de l’arsenal nucléaire français. Dès lors, on peut considérer que le concept d’autonomie stratégique européenne n’est que l’européanisation du concept français d’autonomie stratégique.

Il faut alors comprendre la notion comme « un moyen de pouvoir parler, d’égal à égal, avec le pays le plus important de l’Alliance Atlantique, les États-Unis, et non pas un moyen d’affaiblir l’OTAN »[71]. Une notion franco-française donc, liée à sa spécificité culturelle en matière de stratégie et de défense[72], qui apparaît dans un contexte très particulier, et son extension à l’échelle européenne ne va pas de soi. Par exemple, dans l’Hexagone, les outils diplomatiques et militaires sont extrêmement structurés au sein d’un cadre institutionnel donnant de grands pouvoirs au président de la République. De plus, la tradition d’indépendance du gaullo-mitterrandisme « allié mais non-aligné » place le pays dans une place à part au sein des architectures européennes de défense.

Pourtant, avec le président Emmanuel Macron, l’UE est devenue un « cadre d’action prioritaire » pour la France[73]. Ce « gaullo-mitterrandisme revisité » ne passe plus par l’échelon national, mais par l’échelon européen. Ce tournant constitue une petite révolution pour les industriels et militaires français qui doivent, dès lors, reconsidérer leur échelle d’action (par exemple, sur l’autosuffisance des équipements)[74].

De l’Union de l’Europe occidentale (UEO), à l’Initiative européenne d’intervention, en passant par le concept d’identité européenne de sécurité et de défense, la volonté de faire cette « Europe européenne » est intimement lié à l’ADN stratégique français[75]. Selon les chercheurs Brack, Crespy et Roman, « Ce désir de ‘‘souveraineté européenne’’ semble donc avant tout une projection de puissance française à travers l’Union européenne »[76]. Par extension, le fait de voir l’UE se doter de meilleurs outils permettrait à la France de mener des politiques étrangères plus ambitieuses (par exemple au travers de la PSDC)[77]. Le fait de se prémunir d’un désengagement américain répond également au même impératif, car cela garantirait à la France une meilleure place au sein des architectures européennes de défense.

Et pour cause, certains pourraient avoir le sentiment que « la France ne fait la promotion de l’Europe de la défense que lorsqu’elle peut être leader »[78], quitte parfois à nier le regard de ses partenaires dans des domaines où elle dispose d’un avantage stratégique. S’en ressort une impression, désagréable pour ses partenaires, que la France cherchait à « gouverner la PESD » par son volontarisme affiché, et dissimulant des intérêts certains. Du point de vue de ces autres partenaires européens, le calcul est révélé par le propos suivant : « Quel intérêt aurions-nous à passer de l’arrogance américaine à l’arrogance française ? La seule différence est que vous, Français, n’avez pas les mêmes moyens que les Américains ! Dans l’OTAN, tout le monde est à égalité, c’est-à-dire en dessous des ÉtatsUnis, alors que dans l’UE, il y a plusieurs vitesses »[79].

La France reste donc bien seule avec cette idée et ses partenaires européens ne la rejoignent guère. En témoigne, par exemple, l’ambiguïté de la déclaration franco-britannique de Saint-Malo en 1998 où la France souhaite faire la promotion d’une Europe autonome, là où les britanniques préfèrent insister sur un pilier européen de l’OTAN[80]. C’est finalement cette deuxième vision qui s’impose en France et en Europe. L’idée de l’autonomie n’est alors plus de marquer un éloignement des États-Unis, mais plutôt comme une échelle à grimper, un objectif à atteindre ou une tendance à encourager : on se dirige vers « plus d’autonomie »[81].

La relation ambiguë avec l’OTAN qui se renforce depuis 2022

L’argument financier, seul, pourrait suffire à décourager les plans d’autonomie stratégique[82]. En effet, cela représenterait un coût important à l’UE d’être aussi efficace que l’OTAN, surtout lorsque les États-Unis en assument presque 70 % du budget. De la même manière, nombreux sont les États membres de l’Alliance qui peinent à satisfaire le critère des 2 % du PIB consacré à la défense. La nécessité d’un appui américain sur les opérations, même strictement européennes, restent latentes[83]. Leurs capacités de renseignement et de communication, par exemple, sont encore inégalées et manquent cruellement aux capacités européennes. Les exemples en ce sens se multiplient : en Libye, les Américains sont derrières les frappes les plus efficaces de la coalition durant les premières 24h et fournissent d’importants moyens (ravitailleurs, AWACS, ISR), ce qui acte les manquements européens et la nécessité d’aide américaine[84]. La même chose est observée au Mali, lorsque la France reçoit une assistance américaine pour des éléments de logistique et de renseignement.

Les dépenses de défense des pays membre de l’Alliance en pourcentage du PIB
Les dépenses de défense des pays membre de l’Alliance en pourcentage du PIB – NATO, 2023, NATO Review

De manière générale, en Europe, les dividendes de la paix et la crise financière de 2008 amènent une réduction conséquente du budget des armées[85]. Cette diminution de moyens impliquait d’ailleurs des difficultés pour intervenir à l’étranger tandis que les crises se multipliaient et que les puissances (ré)émergentes consacraient une part de plus en plus importante de leur budget à leur appareil de défense. Le chercheur Adrien Schu résume : « Pour simplifier, depuis 2001, l’Amérique a réarmé, quand l’Europe a désarmé »[86].C’est pour répondre à cette double incitation d’austérité budgétaire d’un côté et d’augmentation des dépenses de défense de l’autre que l’OTAN édite le concept de Smart Defence. L’idée est ainsi de « dépenser mieux »[87], faute de « dépenser plus » au sein de nouvelles structures de coopération au sein de l’OTAN. Ce concept s’applique surtout aux pays européens, il s’agit d’une « initiative visant à renforcer la coopération entre les États européens dans le domaine capacitaire », et qui œuvre donc, de fait, pour une certaine autonomie stratégique européenne.

Cependant, des structures de coopérations existent entre l’UE et l’OTAN. Les accords de Berlin Plus (2003) posent, en ce sens, quelques fondements de coopération[88]. Lesdits accords permettent, en théorie, à l’OTAN de soutenir des opérations dirigées par l’UE sans que des pays extérieurs de l’UE, mais membres de l’OTAN (comme les États-Unis ou la Turquie), ne soient impliqués. Cela se traduit par le fait que l’UE utilise des institutions de l’OTAN pour les questions de planification et de commandement. Pourtant, cet outil ne semble pas régler les tensions existantes : fruit de son époque, il a, lui aussi, été conçu pour des missions de gestion de crise et risque de se montrer inadapté pour des scénarios de haute intensité.

Dès lors, selon la chercheuse Amélie Zima, « pour certains États de l’UE, ceux d’Europe centrale et du Nord notamment, l’OTAN reste la seule organisation capable d’assurer efficacement la défense territoriale. Doter l’UE d’une telle capacité reviendrait à une coûteuse et peu efficiente duplication des tâches et des moyens »[89]. On en arrive à une autre division des tâches, laissant à nouveau la haute intensité à l’OTAN, tandis que l’UE trouve une nouvelle spécialisation dans la gestion des menaces hybrides (qui ont un volet civil important), la résilience ou encore les technologies innovantes. La guerre d’Ukraine marque, en ce sens, un regain d’importance de l’Alliance Atlantique pour défendre le « Flanc Est »[90]. Le renforcement de la présence américaine, qui tranche particulièrement avec le mandat de Donald Trump, vient confirmer cet état de fait : l’OTAN est redevenue la clef de voûte de la défense européenne. Le président Joe Biden appuie en ce sens : « Si la Russie voulait une ‘‘finlandisation de l’Europe’’, elle obtient au contraire une ‘‘otanisation de l’Europe’’ »[91].

Le sommet de Vilnius en juillet 2023 vient consacrer ce regain d’importance de l’OTAN au détriment des institutions européennes : les États membres reconnaissant que leur sécurité dépend beaucoup de l’allié américain[92]. Le leader presque incontesté de l’Alliance organise plusieurs réunions à la base de Ramstein (Allemagne) pour coordonner l’aide à l’Ukraine. La guerre a, par ailleurs, motivé le déploiement de huit groupements tactiques interarmes (GTIA) otanien, de taille régimentaire, capables de monter au niveau brigade sur court préavis. L’Alliance et le forum transatlantique apparaissent alors plus cruciaux que jamais, même si le communiqué final rappelle l’importance du partenariat avec l’UE (davantage concernée par les menaces hybrides).

Les déploiement de l’OTAN sur le Flanc Est et les nations participantes
Les déploiements de l’OTAN sur le Flanc Est et les nations participantes, 2022, OTAN

Conclusion

L’outil européen de sécurité n’est donc pas un outil de défense. Davantage tourné vers les opérations extérieures à forte composante civile, ce qui en fait aussi sa force et sa complémentarité avec d’autres, il se retrouve inadapté dès lors qu’il doit faire face à la guerre de haute intensité. Cette inadaptation se retrouve d’ailleurs dans son fonctionnement même.

Si des réformes ont bien eu lieu, elles n’ont rien de structurelles et elles n’arrivent pas à s’émanciper du carcan sécuritaire pour transitionner vers un réel outil de puissance et de défense. Pourtant, l’Europe de la Défense se concrétise bien, même si elle se fait en dehors de l’Union européenne. De nouveaux outils ont été créés et l’OTAN revient à sa mission primaire de défense du continent européen (comme au temps de la guerre froide).

L’autonomie stratégique, ce grand rêve français, peine à se réaliser dans ces conditions. Les événements récents en Ukraine et le sommet de Vilnius viennent, par ailleurs, consacrer cette omniprésence de l’OTAN : seule institution perçue comme réellement capable d’assurer la défense du continent.

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[1] La projection désigne ici la capacité à envoyer des éléments (qu’ils soient civils ou militaires) sur un théâtre d’opération extérieur.

[2] ALOMAR Bruno, La réforme ou l’insignifiance : dix ans pour sauver l’Union européenne, Paris, éditions de l’École de guerre, 2018, 147 p., p. 56

[3] La sécuritisation est un phénomène impliquant qu’un fait social donné acquiert une importance telle que les pouvoirs politiques estiment que des mesures spécifiques doivent être prises. Un fait social est d’abord politisé (il intéresse le politique) puis il peut être sécuritisé. Ce phénomène montre que n’importe quel objet peut devenir une priorité de sécurité : l’économie, les valeurs, etc.

[4] Les accords de Berlin Plus (1999) régissent les relations entre l’UE et l’OTAN. Ils permettent notamment aux institutions européennes de disposer des outils de l’Alliance atlantique (par exemple de la planification) pour effectuer des missions où cette dernière ne serait pas impliquée.

[5] CARTONNET Alexis, « L’Europe de la sécurité, configuration historique et dimensions politiques de la sécurité européenne », dans LAURENT Sébastien-Yves (dir.) et WARUSFEL Bertrand (dir.), Transformations et réformes de la sécurité et du renseignement en Europe, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2016, 316 p., pp. 17–41, p. 24

[6] Le chercheur Alexis Cartonnet parle même d’un fonctionnement « fédéral » pour ces sujets. Ibid.

[7] SOUTOU George-Henri, « L’Armée européenne : une gageure historique et structurelle », dans Revue Défense Nationale, n°819, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2019, 144 p., pp. 15-21, p. 16-17, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-4-page-15.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[8] CARTONNET Alexis, op. cit., p. 31

[9] FAVIN LEVEQUE Jacques, « Armée européenne ou “coalition” structurée permanente européenne ? », dans Revue Défense Nationale, n°819, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2019, 144 p., pp. 26-28, p. 27, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-4-page-26.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[10] CARTONNET Alexis, op. cit., p. 34

[11] LAURENT Sébastien-Yves, « De la “défense nationale” à la “sécurité nationale” : à la recherche d’un concept de sécurité depuis 1945 », dans LAURENT Sébastien-Yves (dir.) et WARUSFEL Bertrand (dir.), Transformations et réformes de la sécurité et du renseignement en Europe, op. cit. , pp. 41–55, p. 50

[12] DE LANGLOIS Maurice, « La France entre UE et OTAN, à l’épreuve des nouveaux enjeux de sécurité », Ibid. , pp. 151–173, p. 153

[13] DEVAUX Romain, « L’Europe de la défense, une histoire militaire », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2022/10/19/leurope-de-la-defense-une-histoire-militaire/ (dernière consultation le 21/07/2024)

[14] IRONDELLE Bastien, « L’Europe de la défense à la croisée des chemins ? », dans Critique Internationale, n°26, Paris, Presses de Sciences Po, 2005, 180 p., pp. 45-55, p. 46, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2005-1-page-45.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[15] Ibid., p. 46-47

[16] Article 42 TUE (ex-article 17 TUE)

[17] Ibid., p. 49

[18] Ibid., p. 48

[19] Ibid., p. 48

[20] TOJE Asle, « Enjeux géostratégique et absence d’une stratégie supranationale : pour un unilatéralisme français », dans Revue Défense Nationale, n°821, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2019, 212 p., pp. 109-116, p. 112, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-6-page-109.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[21] Les États peuvent d’ailleurs éditer des « caveats » (« mise en garde »), des restrictions dans l’usage des forces qu’ils allouent aux missions européennes

[22] Ibid., p. 113

[23] BAGAYOKO-PENONE Niagalé, « L’Européanisation des militaires français, socialisation institutionnelle et culture stratégique », dans Revue française de science politique, n°56, Paris, Presses de Sciences Po, 2006, 182 p., pp. 49-77, p. 52, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2006-1-page-49.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[24] Expression que l’on retrouve en titre de partie dans le texte de Bastien Irondelle. IRONDELLE Bastien, op. cit. , p. 48

[25] PERRUCHE Jean-Paul, « Problématique de la construction d’une défense de l’Europe par les européens et spécificités française », dans L’ENA hors les murs, n°498, Paris, Association des anciens élèves de l’École nationale d’administration, 2020, 68 p., pp. 48-50, p. 48, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-l-ena-hors-les-murs-2020-2-page-48.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[26] CHOPIN Thierry et LEQUESNE Christian, « L’Union européenne dans un continent en guerre », dans Politiques étrangères, n°235, Paris, Institut français des relations internationales, 2022, 232 p., pp. 75-87, p. 76, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2022-3-page-75.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[27] Certains préféraient cependant affirmer le contraire : ce serait la Paix qui aurait bâti l’Europe et non l’inverse.

[28] La méthode Monnet, au sein de la construction européenne, désigne le fonctionnalisme : l’Europe est construite fonction par fonction, compétence par compétence. Un processus plus lent, mais qui respecte la souveraineté de chacun au sein des discussions

[29] VAN MIDDELAAR Luuk, Le réveil géopolitique de l’Europe, Paris, Collège de France, 2022, 96 p., p. 14

[30] Ibid., p. 16

[31] Ibid., p. 16

[32] DUFOURCQ Jean, « La marche en crabe de la défense européenne », dans Revue Défense Nationale, n°819, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2019, 144 p., pp. 80-88, p .80, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-4-page-80.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[33] « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres. Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre. »

[34] Ibid., p. 80

[35] GNESOTTO Nicole, « Europe européenne ou Europe atlantique, histoire de deux illusions », dans Revue Défense Nationale, n°821, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2019, 212 p., pp. 50-55, p. 53, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-6-page-50.htm (dernière consultation le 21/07/2024)

[36] Ibid.

[37] Ibid.

[38] Ibid.

[39] Ibid., p. 53

[40] PERRUCHE Jean-Paul, op. cit., pp. 48-49

[41] Propos tenus par le président Emmanuel Macron

[42] « 81 % des citoyens de l’UE sont favorable à une politique de défense et de sécurité commune » et « 85 % pensent que la coopération en matière de défense au niveau de l’UE devrait être renforcée » . PARLEMENT EUROPÉEN, Défense : l’Union européenne crée-t-elle une armée européenne ?, Strasbourg, Direction Générale de la communication du parlement européen, 2023, 4 p. , p. 2 [en ligne] https://www.europarl.europa.eu/pdfs/news/expert/2019/6/story/20190612STO54310/20190612STO54310_fr.pdf (dernière consultation le 06/08/2024)

[43] GAUTIER Louis, « La solitude stratégique des européens », dans GAUTIER Louis, louisgautier.fr, Louis Gautier, 2019, [en ligne] https://www.louisgautier.fr/strategie/la-solitude-strategique-des-europeens/ (dernière consultation le 21/07/2024)

[44] Ibid.

[45] DE LANGLOIS Maurice, op. cit., p. 152

[46] ANDERSON Jan Joel, « Into the breach! EU military CSDP missions and operations », Bruxelles, European Institute for Security Studies, 2024, 4 p., [en ligne] https://www.jstor.org/stable/resrep58191 (dernière consultation le 21/07/2024)

[47] FAURE Samuel, conférence intitulée « L’Europe de la défense dans le nouveau contexte géopolitique », tenue à l’école militaire lors des rendez-vous d’Athéna des jeunes IHEDN, 2023

[48] Exception peut être noté de quelques pays européens proches de la Russie comme la Hongrie. Néanmoins, ces derniers parviennent à rejoindre le reste de l’Europe sur certains points précis.

[49] OCKRENT Christine (prod.), « Un an de guerre : l’Europe transformée », dans Affaires étrangères, Paris, Société nationale de radiodiffusion Radio France, 2023, 59 min, min. 33, [en ligne] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/affaires-etrangeres/un-an-de-guerre-l-europe-transformee-3021800 (dernière consultation le 10/11/2023)

[50] FAURE Samuel, « La relance de la défense européenne : par les États, pour les États », dans Le réveil européen et transatlantique, LE RUBICON, Paris, Des équateurs EDS, 2022, 128 p., pp. 13-29, p. 24

[51] AIRIAU Baptistine, « De la guerre d’Ukraine au fédéralisme européen », dans Nemrod-ecds, Paris, Nemrod-ecds, 2022, [en ligne] https://nemrod-ecds.com/?p=5906 (dernière consultation le 21/07/2024)

[52] NEMROD ECDS, « La Communauté politique européenne (CPE), instrument d’une nouvelle architecture de sécurité par et pour les européens à quelles conditions ? », dans Nemrod-ecds, Paris, Nemrod-ecds, 2023, [en ligne] https://nemrod-ecds.com/?p=6116 (dernière consultation le 21/07/2024)

[53] AIRIAU Baptistine, op. cit.

[54] Les conditions essentielles que chaque État candidat doit satisfaire pour intégrer l’UE (critères politiques, économiques, administratifs et institutionnels).

[55] MAULNY Jean-Pierre, « L’initiative européenne d’intervention (IEI) : le désir d’une Europe plus autonome d’Emmanuel Macron », dans L’Europe en formation, n°389, Nice, Centre international de formation européenne, 2019, 206 p., pp. 51–66, p. 59-60, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-l-europe-en-formation-2019-2-page-51.htm (dernière consultation le 24/07/2024)

[56] Ibid., p. 62

[57] La France et l’Allemagne ont, en effet, deux visions différentes de la défense européenne. Ainsi, l’Allemagne serait plutôt partisane d’un partenariat « inclusif », souhaitant spécifiquement faire avancer la construction européenne dans son sens large. La France, quant à elle, souhaiterait des partenariats plus sélectifs, et donc plus efficaces, quitte à construire une Europe à deux vitesses. On trouve là un point de désaccord idéologique tenace au sein du couple-moteur. Voir GIEGERICH Bastian, « Coopération franco-allemande de sécurité et de défense et autonomie stratégique européenne », dans Revue Défense Nationale, n°821, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2019, 212 p., pp. 43-49, p. 46, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-6-page-43.htm (dernière consultation le 24/07/2024)

[58] MAULNY Jean-Pierre, op. cit., p. 59

[59] La déclaration de Budapest du V4 est une déclaration commune de la Pologne, de la Slovaquie, de la Hongrie et de la République Tchèque appelant à une meilleure coordination de défense, particulièrement au vue de la situation sécuritaire de l’époque (annexion de la Crimée).

[60] Ibid., p. 64

[61] CHAUVANCY François, « Europe de la défense, défense de l’Europe, défense nationale, le temps du choix », dans Humanisme, n°322, Paris, Grand Orient de France, 2019, 132 p., pp. 44–48, p. 46, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-humanisme-2019-1-page-44.htm (dernière consultation le 24/07/2024)

[62] COMITE EUROPE DES JEUNES IHEDN, « Une armée européenne ? l’hypothèse fédérale », dans Pivot to EU, Paris, Les jeunes IHEDN, 2021, 12 p., p. 3, [en ligne] https://jeunes-ihedn.org/wp-content/uploads/2021/04/LJI_PIVOT-TO-EU-3_une-armee-europeenne-H3_042021-1.pdf (dernière consultation le 24/07/2024)

[63] C’est ainsi que son qualifié les matériels jugés en trop selon Louis Gautier, au point qu’il écrit : « Les Européens dépensent beaucoup et mal ». GAUTIER Louis, « La défense européenne, maintenant ou jamais », dans GAUTIER Louis, louisgautier.fr, Louis Gautier, 2019, [en ligne] https://www.louisgautier.fr/defense/securite-europeenne/la-defense-europeenne-maintenant-ou-jamais/ (dernière consultation le 24/07/2024)

[64] On le retrouve, par exemple, dans beaucoup de texte de Louis Gautier, ancien secrétaire général du SGDSN, qui a, par ailleurs, rédigé le rapport « Défendre notre Europe » (qui n’a pas été rendu public).

[65] DEVAUX Romain, L’avenir de la défense européenne : comment les obstacles, controverses et solutions viennent-ils structurer les débats relatifs à la défense européenne ?, Lille, Sciences Po Lille, 2023, 4 p., p. 4

[66] CHAUVANCY François, op. cit., p. 46

[67] DEVAUX Romain, « L’avenir de la défense européenne : Comment les obstacles, controverses et solutions viennent-ils structurer les débats relatifs à la défense européenne ? », op. cit. , p. 4

[68] LAURENT Jean-Marc, « Le fait de la défense en Europe repose largement sur la construction de l’Europe opérationnelle des forces armées : le cas des forces aériennes », dans LAURENT Sébastien-Yves (dir.) et WARUSFEL Bertrand (dir.), Transformations et réformes de la sécurité et du renseignement en Europe, op. cit. , pp. 137-151, p. 143

[69] MAULNY Jean-Pierre, « Vers une autonomie stratégique européenne », dans Revue Défense Nationale, n°821, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2019, 212 p., pp. 82-87, p. 82, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-6-page-82.htm (dernière consultation le 24/07/2024)

[70] La crise de Suez se déclenche lorsque Gamal Abdel Nasser nationalise le canal éponyme. Une intervention conjointe franco-israélo-britannique est décidée, mais elle prend rapidement fin à la suite des pressions soviétiques et américaines. L’événement entame sérieusement la confiance française envers son allié américain.

[71] Ibid., p. 83

[72] MAULNY Jean-Pierre, « L’initiative européenne d’intervention (IEI) : le désir d’une Europe plus autonome d’Emmanuel Macron », op. cit., p. 55

[73] Ibid., p. 57-58

[74] Ibid., p. 58

[75] GNESOTTO Nicole, op. cit., p. 50

[76] Emmanuel Macron reconnaît cependant que le terme « souveraineté », utilisé dans son discours, était trop fort du fait de sa connotation fédéraliste. BRACK Nathalie, CRESPY Amandine et ROMAN Ramona, « La souveraineté européenne, une projection surtout française ? », dans Blog de l’IEE-ULB, Bruxelles, Institut d’études européennes de l’université libre de Bruxelles, 2021, [en ligne] https://www.iee-ulb.eu/blog/academique/la-souverainete-europeenne-une-projection-surtout-francaise/ (dernière consultation le 24/07/2024)

[77] MAULNY Jean-Pierre, « L’initiative européenne d’intervention (IEI) : le désir d’une Europe plus autonome d’Emmanuel Macron », op. cit., pp. 65-66

[78] C’est ce qui ressort de certains entretiens menés par la chercheuse Niagalé Bagayoko-Penone. BAGAYOKO-PENONE Niagalé, op. cit., p. 67-68

[79] Un autre entretien réalisé par Niagalé Bagayoko-Penone. Ibid., p. 68

[80] SCHEEK Laurent, « Les interprètes de l’ambivalence. La relation UE-OTAN et les nouveaux acteurs de la PESD », dans Les Champs de Mars, n°16, Paris, Institut de recherche scientifique de l’École militaire, 2004, 240 p., pp. 29–55, p. 43, [en ligne] https://www.cairn.info/revue-les-champs-de-mars-ldm-2004-2-page-29.htm (dernière consultation le 24/07/2024)

[81] MAULNY Jean-Pierre, « Vers une autonomie stratégique européenne », op. cit., p. 85

[82] GNESOTTO Nicole, op. cit., p. 52

[83] ZIMA Amélie, L’OTAN, Paris, Que sais-je ?,2023, 128 p., p. 108

[84] SCHU Adrien, « Les armées face à l’austérité budgétaire : le concept de smart defence otanien », dans LAURENT Sébastien-Yves et WARUSFEL Bertrand (dir.), Transformations et réformes de la sécurité et du renseignement en Europe, op. cit. , pp. 77 – 95, p. 85

[85] Ibid., p. 77

[86] Ibid., p. 83

[87] Ibid., p. 77

[88] ZIMA Amélie, op. cit., p. 111

[89] Ibid., p. 113

[90] PEYRONNET Arnaud, « Le retour de la logique des blocs comme défi à la souveraineté européenne », dans Fondation méditerranée d’études stratégiques, Toulon, Institut FMES, 2022, 9 p., p. 5, [en ligne] https://fmes-france.org/wp-content/uploads/2023/08/le-retour-de-la-logique-des-blocs-comme-defi-a-la-souverainete-europeenne.pdf (dernière consultation le 25/07/2024)

[91] LE MONDE avec AFP, « Guerre en Ukraine : Joe Biden annonce le renforcement de la présence militaire américaine en Europe », dans Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde, 2022, [en ligne] https://www.lemonde.fr/international/article/2022/06/29/joe-biden-annonce-le-renforcement-de-la-presence-militaire-americaine-en-europe_6132535_3210.html (dernière consultation le 25/07/2024)

[92] VINET Guy, « Avec l’Ukraine, la défense européenne a-t-elle fait long feu à Vilnius ? », dans Revue Défense Nationale, tribune n°1499, Paris, Comité d’études de défense nationale, 2023, 7 p., p. 4-5, [en ligne] https://www.defnat.com/e-RDN/vue-tribune.php?ctribune=1606 (dernière consultation le 25/07/2024)

Une réflexion sur “L’Europe de la Défense face aux crises contemporaines : ou l’impuissance de l’Europe de la Sécurité

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