« En tant que romancier irakien, voici les questions que je me pose : comment écrire sur l’effacement massif ? Quelle est la forme la plus appropriée ? Est-il possible d’accepter l’ampleur et la magnitude de la violence ? »[1]
En réponse aux attentats du 11 septembre 2001, le gouvernement américain met en place une campagne militaire appelée Global War Terrorism[2] soutenue par les pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN)[3]. Cette opération militaire englobant plusieurs actions concrètes vise à anéantir les organisations terroristes islamistes comme Al-Qaïda[4]. Le Conseil de sécurité des Nations unies applique la résolution 1373[5], obligeant les divers États membres à prendre des mesures législatives contre le terrorisme. Ces mesures aboutissent à des guerres préventives visant des États accusés d’abriter des groupes terroristes ou détenant des armes de destruction massive. Tout comme l’Afghanistan, l’Irak se trouve parmi la liste des bourreaux.
Dès lors que les États-Unis interviennent en Irak en 2003 avec la coopération de la British Army[6], Kofi Annan[7], Secrétaire général des Nations unies, condamne ouvertement l’unilatéralisme[8] américain. De nombreuses interviews et émissions prolifèrent concernant l’illégalité de la guerre en Irak. Dans ce décor, Mounia Daoudi, journaliste pour Radio France internationale (RFI), met en évidence la réticence internationale face à ce conflit en s’appuyant sur les propos du Secrétaire général.
Le Secrétaire général des Nations unies n’a eu aucune hésitation face au journaliste de la BBC qui lui demandait s’il jugeait l’entrée en guerre contre l’Irak illégale. « Oui, si vous voulez. J’ai signalé qu’elle n’était pas conforme à la Charte de l’ONU de notre point de vue et qu’elle était donc illégale de ce point de vue […]. Je suis l’un de ceux qui croient qu’il y aurait dû y avoir une deuxième résolution du Conseil de sécurité pour donner le feu vert à l’invasion de l’Irak par les États-Unis »[9].

L’invasion militaire en Irak par la British Army présente des sensibilités géopolitiques considérables puisqu’elle rejoint une tradition impérialiste remontant à la période mandataire.
Tout au long des XIXe et XXe siècles, l’Irak possède une place centrale dans l’histoire de l’Empire britannique pour divers enjeux géostratégiques, politiques, militaires et scientifiques. L’Irak sous la période ottomane est constitué d’une société cosmopolite. Cependant, les chiites constituent 60 % de la population mésopotamienne. De nombreuses villes sacrées enracinent la mémoire collective de cette communauté et témoignent des révoltes face à la domination ottomane et, plus tard, face à la puissance mandataire.
À la suite de la Première Guerre mondiale, les différentes composantes de la population irakienne expriment des trajectoires différentes dont le maintien de l’ancien ordre ottoman sans changement, l’indépendance structurée par la loi islamique, une autonomie territoriale par groupes identitaires ou l’union du territoire avec d’autre pays de la région[10]. Bien que les divergences existent, la présence des Britanniques constitue une menace menant à la cohésion du groupe et à des nombreuses révoltes, dont la révolution de 1920[11].
La Mésopotamie offre une multitude de représentations symboliques et culturelles à l’égard des sociétés européennes. Les civilisations anciennes, en particulier les pays mentionnés dans la Bible, sont des références fondamentales dans le développement de l’assyriologie. Tout comme les missionnaires, les archéologues rejoignent le sol ottoman, et mènent plusieurs fouilles dans l’objectif de consolider la mémoire collective des Écritures[12]. L’historien Yannick Le Pape évoque le rôle important de la presse dans la mise en valeur des récits d’exploration des archéologues, ainsi que du patrimoine assyrien[13]. Dans le contexte des rivalités entre les nations, les musées font face à une fréquentation invraisemblable.
Il faut garder à l’esprit que l’assyriologie constitue un outil politique et militaire non négligeable dans la mise en place de l’État et dans la définition des frontières contemporaines[14]. En guise d’illustration, le musée archéologique de Bagdad[15], propulsé par l’archéologue, diplomate et femme de lettres, Gertrude Bell[16], vise à intégrer les minorités locales à la fabrique nationale de l’Irak[17].
Tout comme les Français, les Britanniques organisent des bataillons militaires en vue de contrecarrer les aspirations de leurs coreligionnaires[18]. De nombreuses populations locales, comme les Assyro-Chaldéens et les Araméens, sont instrumentalisées par les deux puissances mandataires. Dans ce décor, le patrimoine archéologique sert de propagande séductrice en vue de rattacher les ferveurs nationalistes à la cause des puissances, et d’identifier les populations locales tout en renforçant le soft power des nations occidentales[19]. Cependant, la définition des frontières en 1933 répond uniquement aux intérêts anglo-américains aboutissant à des émigrations[20] et à des violences extrêmes, jusqu’au génocide, en particulier envers les minorités chrétiennes et juives[21].
Notons que le territoire mésopotamien englobe trois vilayets[22] regroupant l’ensemble des provinces et consolide l’importance des villes de Bassora, de Mossoul et de Bagdad. Chacune de ces villes possède des caractéristiques particulières permettant d’accroître les intérêts britanniques. L’ensemble du territoire constitue une interface permettant de relier la Méditerranée aux Indes. Dès la période antique, les îles du golfe Persique étaient perçues comme des domaines maritimes déterminants dans les échanges entre le monde méditerranéen et l’océan Indien[23]. En vue d’accélérer les flux commerciaux, les divers projets d’aménagements mis en place avaient concrétisé la convoitise des empires. Tout comme les civilisations passées, les Alliés avaient pris soin d’assouvir une présence dans cet archipel insulaire et de mettre en place des infrastructures dont l’objectif était l’accélération des échanges entre l’Occident et l’Orient : c’est ainsi que la voie ferroviaire du Bagdad Bahn[24] est mise en place.
Dans ce décor, le vilayet de Mossoul[25], tant de fois contesté par les Turcs et les puissances occidentales, constitue une place importance dans le ravitaillement des ressources agricoles. Ainsi, de nombreux projets d’irrigation sont prévus par les impérialistes, en particulier pour la culture du coton, du blé, de l’orge, des légumes et des fruits[26]. Tout comme les ressources agricoles, le vilayet comporte des réserves en hydrocarbures alimentant les pipelines anglais. En effet, l’oléoduc de Mossoul construit par les Britanniques, traverse les territoires du royaume irakien, de l’émirat de Transjordanie et de la Palestine mandataire (1935-1948)[27]. Cependant, ce projet controversé suscite des révoltes populaires menant à la guerre de 1941…
À la suite de la Conférence de San Remo, la Société des Nations accorde des mandats à la France et à la Grande-Bretagne. La France possède une autorité sur la Syrie et le Liban, tandis que la Palestine, la Jordanie et l’Irak sont des entités administratives supervisées par les Britanniques. Dès la fin de la période ottomane, ces derniers entretiennent des relations considérables avec le monde arabe. En guise d’illustration, l’archéologue et officier militaire Thomas Lawrence[28] organise la révolte arabe face aux Ottomans. La dynastie hachémite[29] s’associe aux Britanniques en vue de concrétiser ses aspirations et, en particulier, la création d’un grand État arabe.
Toutefois, les nombreux accords secrets organisés entre les puissances mandataires remettent en cause ces perspectives. Le traité Sykes-Picot met en évidence les intérêts géostratégiques occidentales au détriment des aspirations nationalistes locales[30]. Ainsi, l’arrivée des Français en Syrie oblige le roi Fayçal[31] à prendre le chemin de l’exil à Londres.
Or, les Anglais rencontrent de nombreuses difficultés pour légitimer leur présence en Irak. En effet, ils sont perçus comme des impérialistes remettant en cause l’indépendance des populations locales[32]. Réfugié à Londres, Fayçal, le leader national arabe rencontre l’officier et archéologue britannique Thomas Lawrence bouleversant à jamais son destin. Face aux mécontentements populaires incessants, Winston Churchill[33], alors ministre des Affaires étrangères, recommande à ses compatriotes de se retirer de l’administration en vue de laisser la place à un système monarchique avec à la tête Fayçal. Ce dernier est proclamé roi en 1921 et nomme Nuri Saïd[34] en tant que Premier ministre de l’Iraq. Tout comme de nombreux territoires ex-ottomans, le régime des Jeunes-Turcs[35] est perçu comme un modèle de référence[36]. Ainsi, le Premier ministre s’inspire de cet héritage pour mettre en place un régime totalitaire[37].
Face à la mise en place de la monarchie arabe, une grande partie de la population irakienne réclame le respect des conventions élaborées par la Société des Nations. Cette opposition populaire s’accentue avec le traité anglo-irakien[38] de 1930 donnant aux Britanniques des privilèges militaires comme le contrôle des bases aériennes, le droit de passage des troupes sur le territoire, ainsi que le droit d’exploiter les ressources pétrolières du territoire avec la monopolisation de l’Iraq Petroleum Company (IPC)[39]. Bien que l’indépendance du territoire soit accordée en 1932, la tutelle anglaise remet en cause fortement la question de la souveraineté nationale. La même année, l’Irak devient membre de la Société des Nations et les populations locales aspirent à une évolution du droit international. Dans ce décor, la question de l’établissement des minorités constitue un véritable fardeau.
Les Britanniques mettent en place un comité spécifique en vue de trouver une solution concernant l’établissement des populations assyro-chaldéennes et araméennes. En outre, le Premier ministre irakien démontre les efforts du gouvernement à prendre en considération ses minorités. L’échec des politiques est attribué à la non-coopération du patriarche Assyro-Chaldéen[40] et ses partisans. Des documents et signatures falsifiés accompagnent l’argumentaire élaboré par les Britanniques. La France, quant à elle, détenant une autorité mandataire sur la Syrie, entre en jeu. Le ministre français des Armées aspire à la création d’un État assyro-chaldéen en vue de contrer la puissance anglaise au Moyen-Orient. Dans cette perspective, Agha Petros[41] sensibilise ses compatriotes en Irak pour le rejoindre en Syrie. Bien que la France déclare prendre position en faveur du gouvernement arabe, le régime dénonce des rencontres organisées avec les chefs et diverses tribus[42].
En effet, en date du 30 juillet 1933, l’inspecteur administratif de Mossoul explique que les Français encouragent les populations à rejoindre la Syrie, en les acceptant et en les nourrissant sur place. Cette propagande anti-gouvernementale est attribuée au patriarche Assyro-Chaldéen, suspecté d’établir des liens de communication avec les fugitifs. Ainsi, le patriarcat est détenu à Bagdad, permettant au gouvernement arabe de mener à bien des actions sur le reste de la population. En outre, des rassemblements armés et des guérillas sont organisés, constituant un obstacle aux intérêts politiques anglais. Des propagandes et des informations douteuses au sujet des populations concernées sont diffusées en vue de légitimer les violences perpétuées par la monarchie arabe. Le soutien des Britanniques au régime totalitaire mène au génocide de Simele en 1933[43].

Cette année-là marque également la fin du pouvoir de Fayçal remplacé par son fils Ghazi Ier[44]. Toutefois, le nouveau roi ne partage pas les mêmes convictions que son père, en particulier à l’égard des Britanniques. Jusqu’en 1936, l’Irak est plongé dans une instabilité politique chaotique. De nombreux ministres se succèdent et Nouri Saïd, devenu ministre des Affaires étrangères, doit faire face à un sentiment antibritannique majoritaire. L’oléoduc de Mossoul à Haïfa exporte le pétrole d’Irak en Palestine, suscitant la colère des nationalistes arabes. L’émigration des populations juives propulsée par le sionisme anglais est perçue comme une menace. Par conséquent, en octobre 1936, le roi Ghazi Ier soutient officiellement le coup d’État du général Bakr Sidqi[45]. Associé à Hikmet Souleymane[46], le général favorise des interactions avec les nationalistes du monde arabe.
Il faut garder à l’esprit que les deux personnalités sont issues des minorités non reconnues de l’Irak et le panarabisme n’est pas au centre de leurs trajectoires géostratégiques. En juillet 1937, un pacte de non-agression est conclu avec la Turquie, l’Afghanistan et l’Iran. Les membres de ce pacte sont dans l’interdiction d’interférer dans les affaires nationales de chacune des parties. Dans les mêmes configurations, le gouvernement irakien conclut un autre pacte avec l’Iran, favorisant sa position sur les questions frontalières. Les nationalistes arabes mettent en place des actions violentes pour renverser le général Bakr Sidqi et Hikmet Souleymane est destitué.
Dans ce décor, le roi Ghazi Ier se rapproche des minorités au Koweït souhaitant l’annexion du territoire à l’Irak. Bien que l’invasion militaire soit prévue, le roi meurt dans des circonstances douteuses en 1939. D’après l’historien Adel Abd Al-Mahdî al-Muntafikî, la préoccupation constante des politiques vis-à-vis du Koweït vise à masquer la faiblesse du pouvoir et « ne constitue pas, à la différence de la Palestine, un souci de la population »[47].
Ainsi, son fils Fayçal II[48] le remplace, mais son jeune âge mène son oncle Abdullah[49] à assurer la gérance. Toutefois, reprenant son titre de Premier ministre, Nouri Saïd assure la coalition avec le reste du monde arabe. À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni mène des pressions sur le gouvernement, mais Nouri Saïd préfère déclarer la neutralité du pays. Cependant, l’exil du mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini[50], en Irak génère des tensions avec les Anglais.
En effet, le mufti[51] palestinien se rapproche de Hitler en vue de déstabiliser le mandat britannique et diffuse la propagande antisémite dans le monde arabe[52]. Dès 1940, Rashid al-Gailani[53] prend la position de Premier ministre et consolide les rapprochements avec les Nazis. L’Allemagne est perçue comme une puissance libératrice des peuples arabes. Des rencontres avec l’ambassadeur allemand Franz Von Papen[54] en Turquie sont organisées visant à mettre en place une coalition secrète contre les Britanniques.
Le Premier ministre irakien s’engage à offrir les richesses pétrolières du pays à l’Axe[55] en échange du soutien incontestable des Nazis pour la souveraineté nationale irakienne et du monde arabe. Cependant, les Britanniques poussent le Premier ministre à démissionner, jugeant son rapprochement avec les Allemands comme une menace. Or, en 1941, Rashid al-Gailani organise un coup d’État accompagné de son parti révolutionnaire « Le Carré d’or »[56]. Il décide de fermer le droit de passage aux troupes anglaises en provenance des Indes. Une coalition internationale est formée avec les régimes fascistes où la question de l’unification de la Syrie et du Liban favoriserait l’arrivée des troupes allemandes au Moyen-Orient. La nationalisation des usines de pétrole est prévue en contrepartie des côtes portuaires délaissées aux Allemands et aux Italiens[57]. Ainsi, Rashid al-Gailani coupe le ravitaillement du pétrole vers la Palestine et souhaite l’expédier au Liban.

Face à ces projets, le Royaume-Uni intervient militairement à Bassorah le 18 avril 1941. Tout comme les Irakiens, les Britanniques possèdent un armement obsolète. Les combats s’articulent autour du lac de Habbaniya. En effet, le gouvernement irakien déplace des forces importantes, soit 9 000 hommes accompagnés d’une brigade d’infanterie, douze voitures blindées, ainsi que des chars surplombant une des grandes bases britanniques de la Royal Air Force au bord de l’Euphrate[58]. Les Anglais, quant à eux, disposent de 96 avions, dont la plupart reste des avions d’entraînement datant de l’entre-deux-guerres. La mobilisation des bataillons en sous-effectif, la participation d’Assyrian Levies[59], ainsi que 18 véhicules blindés et une compagnie de la Royal Air Force[60] participent à l’effort de guerre, soit, au total, 2 200 soldats pour la défense de la base[61].
Bien que l’armée de l’air royale irakienne dispose de machines modernes de construction britannique, italienne et américaine, elle ne fait pas le poids face à la puissance mandataire. Les Irakiens reçoivent quatre chasseurs-bombardiers Blenheim en guise de renfort et d’autres armements depuis la Syrie[62]. Toutefois, les forces britanniques possèdent la supériorité aérienne et détruisent l’ensemble des équipements militaires de la partie adverse. Les troupes irakiennes au sol, quant à elles, sont complètement démunies face aux forces militaires anglaises arrivées en renforts, dont la participation de la Légion arabe en provenance de la Transjordanie et de la Palestine, et des troupes indiennes supplémentaires de Bassorah[63]. Ainsi, l’armée irakienne se replie à Falloujah et est poursuivie jusqu’à Bagdad. La guerre s’achève le 18 mai de la même année.

L’incompétence de l’artillerie arabe met en évidence un bilan rudement élevé, soit 2 500 irakiens face à 1 200 britanniques morts[64]. La puissance mandataire célèbre sa victoire en ouvrant la route vers Bagdad. Quelques jours plus tard, Rashid al-Gailani s’exile en Allemagne et est accueilli par le Führer. Bien que les Juifs d’Iraq ne prévoient pas de s’exiler en Israël, le Farhoud précipite de nouvelles dynamiques et pousse ces minorités à prendre le chemin vers Lod[65]. La guerre anglo-irakienne a pour conséquence le renforcement militaire britannique sur le territoire. Le roi Fayçal II et son oncle Abdallah avec le ministre Nuri Saïd reprennent le trône et ne sont pas représentatifs des aspirations locales. Les revendications kurdes et les dynamiques en Syrie s’entremêlent à la colère populaire.
Très vite, la famille royale est décapitée. Les corps exhumés d’Abdallah et de Nuri Saïd, mutilés et suspendus dans les rues de Bagdad, témoignent des atrocités de la fabrique irakienne[66]. L’enchaînement des violences résulte de l’exécution d’un projet inspiré de l’étranger, défini comme une entité à abattre :
« Le nouvel État voulait transformer la société à son image et il se fit un devoir d’apposer sa marque sur tout : que ce soit dans les questions juridiques, éducatives, culturelles, économiques ou autres, il imposait ses conceptions à une société soumise et vaincue, mais récalcitrante. »[67]
Ferveurs de l’arabité, les Britanniques favorisent la mise en place du Protocole d’Alexandrie déterminant les bases de la Ligue des États arabes. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Ligue arabe[68] est fondée et possède un statut d’observateur au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette dernière consolide l’unité nationale arabe et vise l’indépendance des États membres. Tout comme l’ONU, la Ligue arabe est-elle vraiment efficace face aux conquêtes militaires extérieures ? Qu’en est-il du conflit israélo-palestinien ?
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[1] TAQA Shathil Nawaf, Sinan Antoon, « Je raconte l’histoires des exilés dans le trou noir de la guerre », dans Philitt, Paris, Philitt, 2020, [en ligne] https://philitt.fr/2020/11/19/sinan-antoon-je-raconte-lhistoires-des-exiles-dans-le-trou-noir-de-la-guerre/ (dernière consultation le 01/04/2024)
[2] Le Global War Terrorism est le nom donné par l’administration américaine du président George W. Bush à ses campagnes militaires faites en réplique aux attentats du 11 septembre 2001.
[3] L’OTAN.
[4] Al-Qaïda est une organisation terroriste islamiste fondée en 1987 par le cheikh Abdallah Yusuf Azzam et son élève Oussama ben Laden. D’inspiration salafiste djihadiste, cette organisation considère que les gouvernements occidentaux, avec à leur tête celui des États-Unis, interfèrent dans les affaires intérieures des nations islamiques et ce, dans l’intérêt unique des États-Unis et des sociétés occidentales. Les membres de cette organisation ont recours au terrorisme pour faire entendre leurs revendications.
[5] Le Conseil de sécurité des Nations unies réaffirme cette résolution datant de 2001 selon laquelle tous les États membres doivent mettre en place un ensemble d’actions en vue de combattre le terrorisme dont : « Encourage tous les États Membres à communiquer au Comité, aux fins d’inscription sur la Liste relative aux sanctions contre l’EIIL (Daech) et Al-Qaida, les noms de personnes, groupes, entreprises et entités qui concourent, par tous moyens, à financer ou soutenir des actes ou activités du réseau de l’EIIL, d’Al-Qaida et de personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés ; Engage vivement tous les États Membres à appliquer les normes internationales détaillées que constituent les quarante recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et sur le financement du terrorisme et de la prolifération […] », ORGANISATION DES NATIONS UNIES, « S/RES/2462(2019) », dans Conseil de Sécurité des Nations unies, New York, Organisation des Nations unies, 2019, [en ligne] https://www.un.org/securitycouncil/fr/sanctions/1267/resolutions#:~:text=Le%20Conseil%20de%20sécurité%20réaffirme%20la%20décision%20qu’il,de%202019%2C%20sur%20l’action%20menée%20à%20cet%20effet (dernière consultation le 01/04/2024)
[6] La British Army est la branche terrestre des Forces armées britanniques. Elle a pris part à de nombreux conflits dans l’histoire récente et à travers le monde, ceci lui conférant un grand prestige dans l’histoire militaire. Il s’agit aujourd’hui d’une armée professionnelle, qui ne fait donc pas appel à la conscription.
[7] Kofi Annan (1938-2008) est un diplomate ghanéen et le septième Secrétaire général des Nations unies. Il occupe cette fonction de 1997 à 2006. Le 10 décembre 2001, il reçoit le prix Nobel de la paix.
[8] L’unilatéralisme se définit comme la politique d’un État, d’une organisation qui ne prend en considération que ses seuls intérêts (stratégiques, économiques, etc.).
[9] DAOUDI Mounia, « La guerre en Irak ‘‘illégale’’ pour Kofi Annan », dans Radio France Internationale, Paris, France Médias Monde, 2004, [en ligne] http://www1.rfi.fr/actufr/articles/057/article_30522.asp (dernière consultation le 03/04/2024)
[10] AL-MUNTAFIKÎ Adel Abd Al-Mahdî, « La “question irakienne” : ses enjeux intérieurs et extérieurs », dans Monde Arabe, n°163, Paris, La Documentation française, 1991, 312 p., pp. 233-246, traduit par GODÉ Pierre
[11] Ibid. ; la Révolution de 1920 commence à Bagdad par des manifestations de masse des Irakiens contre les Britanniques. La révolte prend une ampleur transfrontalière comportant des tribus du milieu et du cours inférieur de l’Euphrate, ainsi des masses urbaines et officiers irakiens en Syrie. Par ailleurs, les Kurdes, localisés dans le Nord du pays, tentent d’obtenir l’indépendance. Les cheikhs chiites Mehdi al-Khalissi et kurde Mahmoud Barzanji sont les principaux chefs de la révolte.
[12] GUERFI Sarah, « L’assyriologie au service des rivalités conflictuelles du XXe siècle dans les frontières ottomans », dans La Revue d’Histoire Militaire, les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2021, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2022/12/15/lassyriologie-au-service-des-rivalites-conflictuelles-du-xxe-siecle-dans-les-frontieres-ottomanes/ (dernière consultation le 20/04/2024)
[13] LE PAPE Yannick, « Fantaisie et idéologie des premières expositions assyriennes : l’exemple de “Nineveh Court” au Cristal Palace 1854-1866 », dans Contextualités : réflexions et regards hybrides, Paris, Institut national d’histoire de l’art, 2020, [en ligne] https://contextualites.hypotheses.org//1183 (dernière consultation le 01/04/2024)
[14] GUERFI Sarah, Du millet à la nation, le nationalisme assyro-chaldéen et sa diaspora en Europe (XIX-XXe siècles), projet de thèse en cours à l’école doctorale des Sciences juridiques, Sciences politiques, Histoire de l’Université de Strasbourg, 2020-2024
[15] Le musée archéologique de Bagdad est fondé en 1922 par Gertrude Bell. Les collections du musée national d’Irak sont parmi les plus importantes au monde concernant les fonds mésopotamiens.
[16] Gertrude Bell (1868-1926) est une archéologue, exploratrice, écrivaine, femme politique, espionne et diplomate britannique.
[17] Tout comme une grande partie de la population irakienne, les minorités ne se reconnaissent pas dans la monarchie arabe mise en place par les Anglais.
[18] Tout comme les Français, les Britanniques utilisent les populations locales pour combattre sur les frontières et revendiquer le titre de puissance au Moyen-Orient. La France et le Royaume-Uni s’opposent dans la région.
[19] GUERFI Sarah, Du millet à la nation, le nationalisme assyro-chaldéen et sa diaspora en Europe (XIX-XXe siècles), projet de thèse en cours à l’école doctorale des Sciences juridiques, Sciences politiques, Histoire de l’Université de Strasbourg, 2020-2024
[20] Les minorités sont contraintes à l’exil vers les territoires voisins, en Israël ou vers l’Europe.
[21] Nous faisons référence au génocide de Simele en 1933 à l’encontre des Assyro-Chaldéens et Araméens, ainsi qu’aux différents pogroms et violences commises envers les populations juives de Bagdad.
[22] Le vilayet est une subdivision administrative de premier ordre durant la période ottomane.
[23] Depuis la période antique, les Empires et les États portent une attention particulière en Égypte, perçue comme une interface d’échanges bénéfiques, réduisant les distances géographiques entre l’Occident et l’Orient. Sous la période mandataire, les Britanniques facilitent cet accès via le canal de Suez.
[24] La voie ferroviaire appelée Bagdad Bahn permettait d’assurer la liaison entre Konya et Bagdad depuis Istanbul. Elle permettait également d’accéder aux voies annexes situées en Syrie et en Irak. Construite entre 1903 et 1940, la ligne de chemin de fer B. B. B. (Berlin-Byzance-Bagdad) atteint 3205 km. Il s’agit de l’un des plus grands ouvrages économiques reliant l’Europe centrale au Levant et témoigne de la prépondérance de l’impérialisme allemand.
[25] Au moment de la définition des frontières en 1933 entre la Turquie et l’Irak, le vilayet de Mossoul (comportant l’ensemble des territoires allant de la frontière turque jusqu’à la frontière iranienne dont la capitale de Mossoul, Zakho, Kirkouk et Souleimaniye) est au cœur des convoitises entre les différents acteurs. De nombreuses enquêtes instrumentalisées par les parties visent à consolider le rattachement de ce vilayet à l’un ou à l’autre.
[26] LEFEBVRE Théodore, « Le Vilayet de Mossoul », dans Annales de Géographie,t. 36, n°199, Paris, Librairie Armand Colin, 1927,96 p., pp. 76-81, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1927_num_36_199_8610 (dernière consultation le 01/04/2024)
[27]STIÉNON Charles, Les campagnes d’Orient et les intérêts de l’Entente, Paris, Payot et cie, 1918, 328 p.
[28] Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d’Arabie (1888-1935), était un officier et écrivain britannique. Passionné par l’histoire et notamment celle du Moyen-Orient, Lawrence entreprend une thèse sur l’influence des croisés sur l’architecture européenne au Levant durant le XIIe siècle. En 1910, l’écrivain britannique se spécialise en archéologie. À Beyrouth, il apprend l’arabe et participe à de nombreuses fouilles archéologiques, du Liban, en passant par l’Égypte et la Jordanie, jusqu’au sud de la Turquie. Durant le premier conflit mondial, il décide de s’engager auprès des services de renseignements militaires britanniques. Sa très bonne connaissance de la culture arabe en fait un agent de liaison idéal entre les Britanniques et les forces arabes.
[29] La dynastie des Hachémites désigne les descendants de Hâchim ibn Abd Manaf, de la tribu des Quraychites et arrière-grand-père du prophète Mahomet.
[30] GUERFI Sarah, « Les accords Sykes-Picot », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2022, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2023/07/12/les-accords-sykes-picot/ (dernière consultation le 02/03/2024)
[31] Fayçal ben Hussein al-Hachimi (1885-1933) est le fils du chérif Hussein Ibn Ali de la Mecque. Après avoir été roi de Syrie du 7 mars au 27 juillet 1920, il est élu par les Britanniques en tant que roi d’Irak jusqu’à sa mort.
[32] L’historienne Myriam Yacoub explique que les Anglais sont face à de nombreuses révoltes remettant en cause leurs mandats en Mésopotamie. Les populations locales ne sont pas en accord avec les résolutions prises par la Société des Nations. Les Britanniques créent une monarchie arabe en vue de pouvoir occuper l’Irak militairement. FRANCE CULTURE
[33] Winston Churchill (1874-1965) est un homme d’État et écrivain britannique, membre du parti conservateur malgré un intermède au parti libéral, il est Premier ministre du Royaume-Uni de mai 1940 à juillet 1945, puis d’octobre 1951 à avril 1955 ; il joue un rôle décisif dans la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale.
[34] Le général de brigade Nuri Pacha Saïd (1888-1958) est un homme d’État irakien. Il est à plusieurs reprises le Premier ministre du royaume d’Irak.
[35] Les Jeunes-Turcs (en turc Jöhn Türkler) est un mouvement politique nationaliste, moderniste et réformateur ottoman officiellement connu sous le nom de Comité union et progrès (en turc Ittihat ve Terraki Cemiyeti), dont les chefs ont mené une rébellion contre le sultan Abdülhamid II (renversé et exilé en 1909). Ils planifient un génocide contre les populations arménienne, grecque pontique et assyro-chaldéenne. D’autres crimes et violences sont commis à l’encontre de l’ensemble des minorités chrétiennes et juives tout au long du XXe siècle au niveau des frontières anatoliennes et dans les grandes villes comme Istanbul. Ce génocide est un moyen pour les bourreaux de purifier la nation ottomane – future turque.
[36] AYDIN Sultane, « Le réveil des peuples colonisés sous l’égide de la Turquie (1919-1923) », dans Guerres mondiales et conflits contemporains, n°250, Paris, Presses universitaires de France, 2013, 152 p., pp. 111-125, [en ligne] https://doi.org/10.3917/gmcc.250.0111 (dernière consultation le 01/04/2024)
[37] Le totalitarisme est un régime et système politique dans lequel existe un parti unique, n’admettant aucune opposition organisée et où l’État tend à exercer une mainmise sur la totalité des activités de la société. Un tel système restreint l’opposition individuelle à l’État. Il exerce ainsi un degré extrêmement élevé de contrôle sur la vie publique et privée. Il est considéré comme la forme d’autoritarisme la plus extrême et la plus complète. Dans les États totalitaires, le pouvoir politique est souvent détenu par des autocrates (c’est-à-dire des dictateurs ou des monarques absolus) qui utilisent des campagnes globales dans lesquelles la propagande est diffusée par les médias de masse contrôlés par l’État.
[38] LUIZARD Pierre-Jean, « Annexe VII. Le traité anglo-iraquien de 1922 », dans La formation de l’Irak contemporain : le rôle politique des ulémas chiites à la fin de la domination ottomane et au moment de la création de l’état irakien,Paris, Centre national de la Recherche scientifique Éditions, 2002, 557 p., pp. 506-507, [en ligne] https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.1470 (dernière consultation le 20/04/2024)
[39] L’Iraq Petroleum Company (IPC) est une compagnie pétrolière fondée en 1912, sous le nom de Turkish Petroleum Company (TPC), pour l’exploitation pétrolière au Moyen-Orient, notamment dans l’Empire ottoman qui contrôlait alors l’essentiel des territoires. Les propriétaires étaient un groupe de grandes sociétés européennes : la Deutsche Bank, l’Anglo Saxon Oil Company (une filiale de Royal Dutch Shell), la National Bank of Turkey (une entreprise britannique) et l’homme d’affaires arménien Calouste Gulbenkian. La force motrice derrière sa création était Gulbenkian et le plus grand actionnaire unique était l’Anglo-Persian Oil Company contrôlée par le gouvernement britannique, qui en 1914 détenait 50 % des actions. L’implication des autorités allemandes, très présentes dans l’Empire ottoman avant la Première Guerre mondiale, permet l’utilisation du tronçon anatolien du Chemin de fer Berlin-Bagdad. À l’issue de la guerre, les Français exigent cette participation comme butin de guerre, confirmé par l’Accord pétrolier, dans le cadre de la conférence de San Remo. La Turkish Petroleum Company obtient une concession d’exploration de pétrole en 1925, en échange d’une promesse que le gouvernement irakien reçoive une redevance pour chaque tonne de pétrole extraite, mais la compagnie exploite le pétrole à travers tout le Moyen-Orient, excepté le Koweït.
[40] Mar Eshai Shimun XXIII (1908-1975) est le 119e catholicos-patriarche de l’Église assyrienne de l’Orient de 1920 à 1975.
[41] Agha Petros Elloff (1880-1932) est un chef militaire assyrien durant la Première Guerre mondiale. Il représente le bataillon assyro-chaldéen organisé par la France.
[42] GUERFI Sarah, Du millet à la nation, le nationalisme assyro-chaldéen et sa diaspora en Europe (XIX-XXe siècles), projet de thèse en cours à l’école doctorale des Sciences juridiques, Sciences politiques, Histoire de l’Université de Strasbourg, 2020-2024
[43] Ibid.
[44] Ghazi Ier (1912-1939) est le souverain du royaume d’Irak de 1933 à 1939. Il est le fils aîné du roi Fayçal Ier.
[45] Bakr Sidqi (1890-1937) est un général irakien d’origine kurde rejoignant l’armée ottomane pendant l’occupation du pays par l’Empire ottoman. Après l’indépendance du royaume d’Irak, le roi Fayçal, Bakr organise la répression des révoltes des minorités assyriennes et est responsable de la mise à mort de 3000 civils assyriens dans la ville de Shemail. Le génocide de Simele est perpétué par les troupes militaires irakiennes avec à la tête le général Bakr Sidqi. En 1936, pendant le règne du roi Ghazi Ie,, Bakr Sidqi procède à un coup d’État avec son associé Hikmat Suleyman. Il s’agit du premier coup d’État moderne au sein du monde arabe. Après le renversement du gouvernement, le général gouverne de facto l’Irak jusqu’à son assassinat le 12 août 1937, entraînant la démission de son collègue Hikmet Suleyman.
[46] Nous n’avons aucune information supplémentaire à son sujet.
[47] AL-MUNTAFIKÎ Adel Abd Al-Mahdî, « La “question irakienne” : ses enjeux intérieurs et extérieurs », dans Monde Arabe, n°163, Paris, La Documentation française, 1991, 312 p., p. 246, traduit par GODÉ Pierre
[48] Fayçal II (1935-1958) est le troisième et dernier roi d’Irak. Il règne du 4 avril 1939 jusqu’au coup d’État de juillet 1958.
[49] Abdullah (1913-1958) est le cousin et le beau-frère du roi Ghazi du royaume hachémite d’Irak. Il est le régent de son neveu le roi Fayçal II du 4 avril 1939 au 23 mai 1953, date à laquelle Fayçal atteint sa majorité. Abdullah porte également le titre de prince héritier de l’Iraq de 1943 à 1953.
[50] Haj-Amin al-Husseini (1895-1974), de son nom entier Mohammad Amin al-Husseini, est le grand mufti de Jérusalem. Chef religieux, nationaliste et homme politique palestinien, il occupe une place centrale dans le nationalisme palestinien. En 1936, il organise la révolte contre les autorités britanniques et collabore avec l’Allemagne nazie dont il sert la propagande pendant la Seconde Guerre mondiale. Il rencontre Hitler et appelle à la participation des Arabes aux armées allemandes.
[51] Un mufti est un religieux musulman sunnite qui joue le rôle d’interprète de la loi musulmane. Il a l’autorité d’émettre des avis juridiques, appelés « fatwas ». Le mufti est un connaisseur de la religion musulmane et peut être consulté par des particuliers ou par les organes officiels des oulémas. Son rôle est de fournir des réponses sur des questions d’ordre culturel, juridique ou politique, afin d’être en conformité avec la religion musulmane. Dans les pays ayant un système de muftis, notamment ceux de l’ancien Empire ottoman, le pouvoir nomme un grand mufti, qui est la plus haute autorité religieuse du pays. Le mufti doit généralement satisfaire des critères tels que la maîtrise des principes de la jurisprudence (fiqh), la connaissance des hadiths, la compréhension des objectifs de la charia (Maqasid ach-Chari’a), et la maîtrise de la langue arabe
[52] EIRLICH Sarah, « Farhud memories: Baghdad’s 1941 slaughter of the Jews », dans BBC News, Londres, British Broadcasting Corporation, 2011, [en ligne] https://www.bbc.com/news/world-middle-east-13610702 (dernière consultation le 03/04/2024)
[53] Rashid al-Gailani (1882-1965) est le Premier ministre du royaume d’Irak à trois reprises entre 1933 et 1941. Lors de la Seconde Guerre mondiale, cet homme politique intègre l’Irak dans la sphère d’influence nazie. En réponse aux projets organisés par les Britanniques et le non-respect des aspirations arabes, Rashid al-Gailani utilise la haine grandissante des populations locales pour se ranger aux côtés de Hitler.
[54] Franz von Papen (1879-1969) est un officier, diplomate et homme d’État allemand. Il aide Adolf Hitler à accéder au pouvoir, mais se retrouve marginalisé à des postes d’ambassadeur. Non coupable à Nuremberg, il est condamné en 1946 avant d’être relaxé en appel.
[55] L’Axe est une alliance militaire comportant l’Allemagne nazie, le Japon et l’Italie fasciste durant la Seconde Guerre mondiale.
[56] Le Carré d’or est le groupe des généraux irakiens nationalistes qui participèrent avec Rashid al-Gailani à la tentative du coup d’État de 1941 au sein du royaume d’Irak. Bien que les généraux du Carré d’or étaient impressionnés par les succès d’Hitler, ces derniers n’étaient pas pronazis. D’après l’ouvrage sur le Moyen-Orient proposé par l’historien Christian Destremau, l’allégeance à l’Allemagne nazie permettait de s’émanciper de la tutelle anglaise. DESTREMAU Christian, Le Moyen-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, Tempus Perrin, 1015, 640 p.
[57] LUIZARD Pierre-Jean et YAKOUBI Myriam, « L’Irak sous mandat britannique : de la conquête à l’indépendance », dans Le Cours de l’histoire, Paris, Société nationale de Radiodiffusion Radio France, 2023, 59 min, [en ligne] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/l-irak-sous-mandat-britannique-de-la-conquete-a-l-independance-2877380 (dernière consultation le 20/04/2024)
[58] BELL Kelly, « Habbaniya surprise: Battle of Britain, Iraqi Style », dans Flight Journal, Wilton, Air Age Inc., 2015, 258 p., pp. 38- 47 [en ligne] https://www.flightjournal.com/habbaniya-surprise-battle-britain-iraqi-style/ (dernière consultation le 03/04/2024)
[59] Les Assyrian Levies sont un bataillon militaire organisé par les Britanniques comportant essentiellement des populations assyriennes chrétiennes.
[60] La Royal Air Force est la force aérienne de l’armée britannique et est créée le 1er avril 1918.
[61] AIR VICE-MARSHAL COMMANDING ROYAL AIR FORCE IN IRAQ, « The Battle for Habbaniyah : The forgotten war RAF », dans Royal Air Force Archives, Londres, Ministry of Defence’s Intellectual Property Rights Group, 2003, [en ligne] https://raf-waddington.com/history/opsrep.html (dernière consultation le 03/04/2024)
[62] Ibid. ; des bombardiers et des chasseurs lourds de la Luftwaffe (l’armée de l’air allemande) et des chasseurs biplans obsolètes de la Regia Aeronautica (l’armée de l’air italienne) ont effectué des missions depuis Mossoul pour contrer la base britannique ainsi que les renforts provenant de la Transjordanie.
[63] AIR VICE-MARSHAL COMMANDING ROYAL AIR FORCE IN IRAQ, op. cit.
[64] Ibid.
[65] GUERFI Sarah, « L’État d’Israël, dynamiques complexes et fragilités », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2024, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2024/03/13/letat-disrael-dynamiques-complexes-et-fragilites/ (dernière consultation le 01/04/2024)
[66] MEDAWAR Samia, « Nouri Saïd, le défenseur haï du royaume hachémite d’Irak », dans L’Orient-Le Jour, Beyrouth, Société générale de Presse et d’Éditions, 2017, [en ligne] https://www.lorientlejour.com/article/1068303/1-nouri-said-le-defenseur-hai-du-royaume-hachemite-dirak.html (dernière consultation le 03/04/2024)
[67] AL-MUNTAFIKÎ Adel Abd Al-Mahdî, « La “question irakienne” : ses enjeux intérieurs et extérieurs », dans Monde Arabe, n°163, Paris, La Documentation française, 1991, 312 p., p. 246, traduit par GODÉ Pierre
[68] La Ligue arabe est une organisation régionale possédant le statut d’observateur auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). Elle est fondée le 22 mars 1945 au Caire par six États. En 2023, elle compte 22 États membres. L’organisation de la Ligue arabe repose sur quatre organismes principaux : le sommet des chefs d’État, le Conseil des ministres, les comités permanents et le Secrétariat général dirigé par Ahmed Aboul Gheit depuis 2016. De plus, divers organismes ont été créés en application de traités qui complètent le pacte de 1945 et plusieurs agences spécialisées travaillent en étroite collaboration avec elle. Les six membres fondateurs de la Ligue arabe sont : l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Irak, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Le Yémen du Nord les rejoint le 5 mai 1945. L’association vise à affirmer l’unité de la « nation » arabe et l’indépendance de chacun de ses membres.
