De la lutte armée à un modèle politique : Cuba et la Révolution

La Révolution cubaine a passionné nombre de chercheurs en tout genre, des militants tombés amoureux de cet idéal révolutionnaire et des adeptes épris de « transitologie »[1]. Cette théorie, par laquelle des scientifiques étudient le processus de passage d’un régime politique autoritaire à un autre régime politique, est toujours d’actualité, que ce soit dans les sciences sociales et chez certains cubanistes. Cet intérêt d’observer Cuba de cette manière peut, sur un plan scientifique, être réducteur puisque cette théorie présuppose des constats en relation à des schémas types fondés sur d’autres régimes autoritaires.

À cette limite vient s’agréger d’autres questions théoriques comme la définition du régime ainsi que l’observation longue de la contestation existante sur le terrain qui souhaiterait renverser le régime politique en place. Bien que ce regard soit critiquable, au point d’être considéré comme absurde par certains, il a eu pour intérêt d’observer de près les transformations du régime de la Révolution au pouvoir sur un temps long. La durabilité de ce régime permet d’observer de près sa construction en tant qu’État et également son façonnement idéologique par le biais d’un imaginaire national d’une Cuba révolutionnaire.

De la guerre d’indépendance à la Révolution

Notre point de départ est la Révolution cubaine qui a été marquée par l’arrivée en jeep de ces guérilleros cubains à La Havane, en 1959. Néanmoins, pour comprendre cette période, il est essentiel de remonter dans la chronologie, notamment en 1898. En effet, une révolution n’arrive pas d’un coup, c’est un processus long qui met plusieurs années et qui parfois échoue, se transformant en révolution avortée. Cuba a été l’un des « derniers lambeaux »[2] de la couronne espagnole à obtenir son indépendance, en 1898. Cette indépendance a été le fruit de longues années de guerres[3] contre le Royaume d’Espagne.

En 1898, les États-Unis envoient le cuirassé Maine afin de protéger leurs intérêts[4] économiques. L’historien Pierre Chaunu a recensé dans son ouvrage, Histoire de l’Amérique Latine, l’élément déclencheur également utilisé comme prétexte que fut l’accident du « cuirassé américain Maine »[5] qui « explosa dans la rade de La Havane »[6]. Cet événement est explicité par l’historien cubain Valdés Rodriguez et traduit par Gonzalo Dorado dans la revue de l’association Cuba Coopération France : 

« Le 25 janvier 1898, à 11 heures du matin, le cuirassé de deuxième classe Maine faisait son entrée dans la Baie de La Havane. Le 15 février à 9 heures 40 du soir, il explosa mystérieusement. Son équipage qui comptait 266 hommes dont une grande partie de noirs, périt. L’explosion eut lieu à la proue où se situaient les dortoirs des marins et de suite, le feu s’étendait en un spectacle tragique de mort et d’horreur »[7].

À la croisée des deux lectures des historiens, nous comprenons que le lieu et le foyer de l’explosion ont été des symboles dont la presse étasunienne a su se saisir pour lancer une campagne en faveur de la fin de l’occupation espagnole sur Cuba. Dans son article, l’historien Alban Dignat[8] a confirmé que même les journalistes de l’époque n’avaient pas observé le déclenchement d’une guerre de la part de la couronne espagnole envers les États-Unis[9] mais plutôt que cette guerre ait été la volonté politique de la détrôner comme puissance coloniale afin d’asseoir leur propre pouvoir dans les Amériques. Ce traitement de l’information a pu s’opérer grâce à une pression politique de la part des États-Unis sur leur propre presse[10] afin d’influencer les décisions politiques ainsi que l’opinion publique concernant le pouvoir colonial espagnol. 

Bien que ce nouveau colonisateur ait relâché son occupation physique du territoire cubain, il promulgua, en 1901, l’amendement Platt qui permit d’instaurer une mainmise totale des États-Unis dans les sphères politiques, économiques et militaires. Peu à peu, des rébellions ont émergé en réaction à des événements ponctuels, comme en 1906 avec ce qui se nomme Guerrita de Agosto[11]. Le terme de guerrita signifie « petite guerre » et met en avant le caractère éphémère de ces mouvements d’insurgés qui ont été massacrés par les forces armées de l’État cubain et des États-Unis.

Après maintes années, la Révolution cubaine (1953-1959) a émergé en réaction à une accumulation de contestations des politiques pilotées par les États-Unis à Cuba. L’île cubaine perçue comme le « bordel des États-Unis »[12], a été un argument indéniable pour la création d’une guérilla. L’élite politique cubaine et étasunienne ainsi que la mafia avaient le champ libre à travers les nombreux casinos, la prostitution et les alcools disponibles à seulement 150 km de Miami en bateau. À cela, il est indispensable de rappeler le contexte international de la Guerre froide où le communisme était l’ennemi juré des États-Unis et du Bloc de l’Ouest, un ennemi qu’il fallait débusquer et neutraliser. C’est dans cet environnement que la guérilla cubaine a émergé, échoué, persisté puis finalement réussi.

En effet, la Révolution cubaine, qui a duré de 1953 à 1959, fut un moment clé de l’histoire de l’île, mais également à l’échelle internationale puisqu’elle a été une figure d’espoir de changement de système politique, une symbolique qui perdure encore aujourd’hui.

Photographie de l’arrivée en jeep des guérilleros à La Havane, auteur inconnu, 1959, Wikimedia. Il est possible de distinguer une foule composée du peuple cubain ainsi que, de gauche à droite, Fidel Castro tendant le bras, Raúl Castro en arrière et Ernesto Guevara. https://en.wikipedia.org/wiki/Cuban_Revolution#/media/File:Habana_entrance_Fidel_and_Huber_Matos.jpg

Bien qu’elle ait abouti à un succès, l’échec a fait partie de la Révolution cubaine. Cette phrase peut sembler incohérente et pourtant… Relevons le fiasco de l’attaque de la caserne Moncada (Santiago de Cuba) en 1953 où certains des assaillants ont été massacrés par les soldats tandis que, pour les survivants, ce fut un procès et la prison. Ce fut le cas de Fidel Castro qui fut arrêté et prononça au tribunal son célèbre plaidoyer dont la phrase « La historia me absolverá »[13] est restée, jusqu’à aujourd’hui, dans les annales de la presse mais également dans les mémoires de ceux qui ont souhaité se soulever contre le dictateur Fulgencio Batista.

Le discours de Fidel Castro ne l’a pas empêché d’aller en prison. Cependant, grâce à la contestation populaire exigeant sa libération, il a été dans l’obligation de quitter le territoire cubain. Cet exil forcé, au Mexique, a été le point de départ d’un atout stratégique pour constituer des groupes de guérillas afin de revenir à Cuba. Cette tactique s’est façonnée progressivement en terre mexicaine où il a rencontré Ernesto Guevara, surnommé « El Che ». En effet, par leurs observations mutuelles et leur constat critique envers les États-Unis, les deux hommes ont constitué au Mexique une guérilla qui avait pour but de rejoindre Cuba et de renverser le pouvoir dictatorial en place.

Trois ans plus tard, en 1956, Fidel Castro, Ernesto Guevara et d’autres, ont débarqué du bateau nommé Granma à Cuba. Au sol, de nombreux morts ont été déplorés bien que cette manœuvre ait permis aux guérilleros d’atteindre l’île afin de commencer la formation en guérilla. En effet, dans l’essai politique Guerre de guérilla[14], publié en 1961 Ernesto Guevara a dressé le panorama de la pratique de la guérilla notamment celle utilisée à Cuba. Il y a souligné deux dimensions clés, la première étant qu’une cette formation peut commencer par une douzaine d’individus.

La deuxième est la typologie des guérillas. Selon lui, il en a fallu deux types, la « guérilla urbaine » et la « Sierra » qui se déroule en campagne. Si nous devions retenir l’utilité de ces deux formes de guérillas, c’est qu’elles étaient complémentaires et s’alimentaient entre elles puisque l’une a permis de recruter, tandis que l’autre de former les futurs combattants tout en favorisant l’adhésion de la masse du peuple, notamment des paysans pour des denrées alimentaires.

Si la formation et la persistance de la guérilla ont eu leur importance, c’est toutefois grâce à un soutien extérieur et un approvisionnement en munitions que la force armée populaire est parvenue à gagner du terrain. Dans cette situation, entre autres, Hubert Matos fait son entrée en 1958 à la Sierra Maestra[15] avec une cargaison de « cinq tonnes de munitions et d’armes »[16]. Cette action a, probablement, été un élément amenant la guérilla vers la victoire de 1959[17].

Le 1er janvier 1959 a marqué un tournant historique par l’entrée de la guérilla dans les rues de La Havane. Composée de cubains et cubaines dont les quelques meneurs comme Hubert Matos, Fidel Castro, Ernesto Guevara « El Che », Camilo Cienfuego et Raúl Castro, cette guérilla fut une humiliation pour la « grande puissance étasunienne ».

Excepté ce changement de régime politique, la Révolution cubaine a été peu à peu une source d’inspiration, notamment pour les peuples encore colonisés. Son exportation tant politique que culturelle vers l’international ainsi que sur son propre territoire est bien évidemment un élément indéniable pour comprendre sa durabilité.

L’exportation d’un modèle révolutionnaire

Si, par le terme de Révolution, nous pensions à un événement ponctuel, du passage d’un point A à un point B, le cas de Cuba serait un bon contre-exemple, puisqu’il illustre comment une période est devenue la ligne directrice de l’État cubain à partir de 1959, un concept à part entière comme en témoigne le discours de Fidel Castro en 2000[18].

En effet, l’action de « faire la révolution » ne va pas de pair avec l’installation d’un gouvernement révolutionnaire. Le Movimiento de Izquierda Revolucionaria[19] (MIR), qui se traduit en français par le Mouvement de la Gauche Révolutionnaire, n’a pas renversé la dictature bureaucratico-militaire d’Augusto Pinochet, et pourtant il a mené à bien des actions que nous pouvons qualifier de révolutionnaires. Contrairement au MIR, la guérilla cubaine a atteint le pouvoir en devenant le nouveau régime politique grâce à la constitution d’un gouvernement révolutionnaire soutenant des luttes internationales, notamment décoloniales, anticoloniales et anti-impérialistes[20].

Ces trois éléments ont été la source d’émergence pour la création des « foyers guévaristes »[21], ainsi nommés par Régis Debray[22]. En effet, la lutte pour la révolution permanente emmène Ernesto Guevara au Congo, au Mali, en Angola… Malgré l’élaboration de ces foyers, le manque de prise en compte du contexte national, de l’histoire et de la sociologie du territoire ont signé l’échec de ces groupes de rébellion. Cependant, ces tentatives ont permis d’asseoir le modèle politique cubain comme un idéal politique à atteindre pour les peuples opprimés.

Les nombreux exemples donnés précédemment dépeignent les relations de Cuba avec d’autres pays opprimés et symbolisent le renforcement de l’appui et du soutien de la Révolution cubaine vers ces alliés. Citons, à ce titre, la venue d’Ernesto Guevara en 1963 pour le premier anniversaire de l’indépendance de l’Algérie[23], ou encore en 1971[24], la venue de Fidel Castro au Chili pour saluer l’élection de Salvador Allende en 1970. En effet, ces deux visites en disent long sur l’importance pour le gouvernement cubain de montrer la Révolution comme un modèle à suivre pour construire une société plus égalitaire. En somme, l’action de « faire la Révolution » ne se résume pas à une affiliation idéologique et à son bon suivi, mais constitue une véritable manière de vivre et se pratique par des actions en formation de guérilla dans un objectif de lutter contre la domination des puissances occidentales sur un peuple opprimé. 

Pour une Cuba révolutionnaire

Bien que le modèle de la Révolution se soit exporté, c’est son ancrage et sa diffusion nationale qui ont servi de base arrière afin de pouvoir l’ériger en un imaginaire. L’observation du façonnement de la Révolution a pu être révélée grâce à sa durabilité, à sa manière de concevoir et de traiter de la Révolution sur son propre territoire. En l’occurrence, la construction de cet imaginaire d’une Cuba révolutionnaire s’observe et se vit au sein de l’espace public. En effet, il a été le moyen de « faire vivre » la Révolution, car les touristes et le peuple cubain sont immergés dans cet univers composé par des figures, des mots d’ordres et des lieux de mémoire.

Qui de mieux d’ailleurs pour créer un imaginaire que des artistes ? C’est le choix de tout gouvernement qui, par la promotion d’un art légitime, promeut un modèle ainsi que des valeurs. Le gouvernement cubain n’échappe pas à cette règle, bien que son choix se soit dirigé avant tout vers la promotion de la Révolution de 1959. En effet, faire parler de la Révolution revient à faire en sorte que celle-ci devienne presque une culture, ce à quoi contribue largement l’espace public.

La Révolution s’observe sur les façades, par des graffitis, dans les politiques culturelles et publiques… Il s’agit de veiller à ce que la Révolution fasse l’objet d’un respect quasi religieux. À ce titre, les lieux de mémoires présents sur l’île cubaine tels que le Museo de la Revolución[25] représentent l’environnement révolutionnaire perceptible au quotidien.

Photographie du Musée de la Révolution à La Havane, Paul Mannix, 1999, Wikimedia. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Museum_of_Revolution_Cuba.jpg

De la même manière, le Ballet national de Cuba illustre le caractère malléable de la Révolution. Il a été nationalisé en 1961 sous la direction d’Alicia Alonso qui en a été la figure de proue et a diffusé l’excellence du ballet cubain à l’échelle internationale.

Ainsi, la Révolution cubaine n’est pas statique, elle se transforme, elle est le fait d’individus et structures qui, ayant délaissé treillis kaki et bérets, visent désormais à faire société.

La Révolution d’aujourd’hui

L’image d’une Cuba révolutionnaire, bien que promue par le gouvernement, n’est pas pleinement lisse et respectée. Bien que nombre de militants communistes l’idéalisent encore aujourd’hui, l’idée simpliste selon laquelle « tout le monde aime la Révolution à Cuba » n’en est pas moins contestée. Ce raccourci erroné peut être contredit puisqu’une contestation, celle des artistes, existe depuis 1961[26]. Peu connue, elle a pu être invisibilisée par l’affût des différentes vagues d’exils retenant plus l’attention de la presse que celle des artistes cubains vivant à Cuba.

L’observation de la contestation par le regard de l’artiste peut produire non seulement une réflexion sur la production de l’art à Cuba mais également sur le rapport à la Révolution que les artistes peuvent entretenir ou vouloir rompre. L’artiste cubain a, comme l’artiste soviétique avant lui, un rôle politique, celui de « soldat de la culture »[27], chargé non seulement de diffuser l’image de la Révolution, mais aussi d’en engendrer l’expression.

Outre ce parallèle, il faut mentionner l’appartenance des artistes à un organe culturel étatique bien que l’indépendance ne pose pas de problème légal. Dans le cas des artistes cubains, il est essentiel pour leur réseau et leur promotion qu’ils appartiennent à la Unión Nacional de Escritores Artistas Cubanos[28] (UNEAC), l’important étant que les artistes cubains respectent la Révolution. Pour les artistes contestataires, l’adoption d’une posture négociatrice pour pratiquer leur art, à mi-chemin entre le respect de la Révolution et celui d’une contestation astreinte à certaines limites, est plausible.

Ce n’est qu’en 2018, avec la promulgation du décret 349[29], que l’étau s’est resserré, notamment par une interdiction légale des pratiques artistiques indépendamment des institutions culturelles étatiques. À la suite de cette mesure visant à réguler le monde de l’art à Cuba, des artistes indépendants et contestataires se sont organisés, donnant naissance au Mouvement San Isidro (MSI). Les affiliations politiques du MSI permettent aux États-Unis, et notamment à la diaspora cubaine de Miami, d’espérer un renversement du pouvoir politique à Cuba[30]

Photographie d’une manifestation pour la libération des prisonniers politiques à Cuba sur la Place de la République à Paris, Laura Duguet, 2021.

En conclusion, si la Révolution cubaine s’est transformée en un idéal difficile à faire perdurer, qu’adviendra-t-il de sa contestation ? En effet, les artistes indépendants et contestataires témoignent d’un changement de paradigme : de pilier de la Révolution, l’artiste est devenu son juge. La contestation de ces artistes outrepasse leurs propres revendications, ils sont inclus, malgré eux, dans un conflit antérieur qui les dépasse… Et si, par la contestation grandissante, la Révolution venait à disparaître, que deviendrait Cuba sans cet idéal révolutionnaire ?

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[1]Concept défini par Guillermo O’Donnell et Philippe Schmitter au sein de l’ouvrage O’DONNELL Guillermo et SCHMITTER Philippe, Transitions from Authoritarian Rule: Tentative Conclusions About Uncertain Democracies, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1986, 96 p.La transitologie émerge à la fin des années 1980 lors des transitions à la démocratie en Amérique latine. Cette théorie est utilisée pour d’autres pays bien que l’Amérique latine soit prise en exemple afin d’analyser les processus politiques pour passer d’un régime autoritaire à un régime démocratique.

[2]CHAUNU Pierre, Histoire de l’Amérique latine, Paris, Presses universitaires de France, 2009 (1re éd. 1949), 127 p., p. 114

[3]Nous faisons référence à deux guerres au cours du XIXe en vue d’obtenir l’indépendance de la couronne espagnole, la Guerre des Dix Ans (1868 – 1878) et la Guerre de 95 (1895 – 1898).

[4]À partir de 1894, les États-Unis ont investi dans les plantations de canne à sucre cubaine.

[5]Ibid.

[6]Ibid.

[7]VALDES RODRIGUEZ Israel, « Histoire de Cuba : L’explosion du Maine et l’intervention nord-américaine », dans Association Cuba Coopération France, Ivry-sur-Seine, Cuba Coopération France, 2015, [en ligne] https://cubacoop.org/Histoire-de-Cuba-L-explosion-du-Maine-et-l-intervention-nord-americaine (dernière consultation le 10/01/2022), traduit par GONZALO Dorado

[8]DIGNAT Alban, « 15 février 1898 – Explosion du cuirassé Maine », dans Herodote.net, Paris, HERODOTE.NET, 2020, [en ligne] https://www.herodote.net/15_fevrier_1898-evenement-18980215.php (dernière consultation le 10/01/2022)

[9]Alban Dignat mentionne que les États-Unis souhaitaient détruire la puissance de la couronne espagnole. Par ailleurs, il explique qu’un affrontement au rade de Manille (Philippines) a eu lieu quelques mois avant l’explosion du cuirassé dans les eaux cubaines face au Royaume d’Espagne. Ces deux événements sont liés puisqu’il faut savoir que l’armée étasunienne qui est intervenue à Cuba était composée de soldats philippins.

[10]Ibid.

[11]« Petite guerre d’Août » en français (traduction personnelle de l’autrice), est une rébellion contre la candidature à l’élection présidentielle de Tomas Estrada Palma. « Guerrita de Agosto », dans EcuRed, EcuRed, 2019 (1re éd. 2010), [en ligne] https://www.ecured.cu/Guerrita_de_Agosto (dernière consultation le 4/01/2022)

[12]MARTINEZ MOLINA Julio, « La Cuba-burdel de Estados Unidos » (« Cuba, le bordel des États-Unis »), dans Cuba Periodistas, La Havane, UPEC, 2020 (1re éd. dans 5 de septiembre), [en ligne] https://www.cubaperiodistas.cu/index.php/2020/10/la-cuba-burdel-de-ee-uu/, (dernière consultation le 13/01/2022)

[13]En français, « L’histoire m’acquittera ».

[14]CHE GUEVARA, Guerre de guérilla, Paris, Flammarion, 2010 (1re éd. François Maspéro, 1966), 216 p, traduit par VILLAUME Laurence

[15]La Sierra Maestra est une chaîne de montagnes à Cuba. Elle est connue pour avoir été le lieu de naissance de la guérilla sous les ordres de Fidel Castro afin d’étendre la Révolution pour atteindre en 1959 La Havane (capitale de Cuba).

[16]PARANAGUA Paulo Antonio, « Huber Matos (1918-2014), révolutionnaire puis dissident cubain », dans Le Monde, Paris, Société Éditrice du Monde, 2014, [en ligne] https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/02/28/huber-matos-1918-2014-revolutionnaire-puis-dissident-cubain_4375832_3382.html (dernière consultation le 06/01/2022)

[17]Cette hypothèse a pu être émise grâce à la chronologie dressée par Pierre Vayssière dans son ouvrage Les révolutions d’Amérique latine, Paris, Éditions Points, 2002 (1re éd. 1991, Éditions du Seuil), 469 p., p. 423

[18]« Revolución », dans EcuRed, EcuRed, 2022 (1re éd. 2010), [en ligne] https://www.ecured.cu/Revoluci%C3%B3n (dernière consultation le 10/01/2022) Un extrait du discours de Fidel Castro à la Place de la Révolution en 2000 (La Havane, Cuba) figure dans ce lien où il évoquait l’application théorique de la Révolution cubaine à Cuba.

[19]Le MIR est fondé en 1965, c’est un mouvement d’extrême gauche chilien d’inspiration guévariste, c’est-à-dire, se fondant sur des théories écrites par Ernesto Guevara ainsi que sur son vécu en tant que guérillero à Cuba. En cela, il est pertinent d’ajouter que la forme de militantisme du MIR a été celle de la lutte par les armes comme à Cuba. Ce choix s’est très certainement fait à cause de l’instauration de la dictature bureaucratico-militaire d’Augusto Pinochet (1973-1989).

[20]Le décolonialisme fait ici référence au processus politique et armé par lequel les peuples opprimés ont mené des actions afin de faire fuir une puissance coloniale. Nous distinguons cette théorie de celle de l’anticolonialisme, qui est un positionnement politique contre une occupation coloniale. À propos de l’impérialisme, il s’agit de celui des États-Unis. L’ exemple le plus représentatif est l’organisation de la rencontre tricontinentale ainsi que la création en 1966 à La Havane (Cuba) d’une revue portant le même nom et existant toujours de nos jours. « Acerca De », dans Tricontinental, Instituto Tricontinental de Investigación Social, La Havane, [en ligne] https://thetricontinental.org/es/acerca-de/ (dernière consultation le 10/01/2022)

[21]DEBRAY Régis, Révolution dans la révolution ? : lutte armée et lutte politique en Amérique Latine, Paris, François Maspéro, 1967, 138 p.

[22]Régis Debray est un écrivain et philosophe français né en 1940 à Paris. Il est connu pour avoir participé à la lutte armée avec le « Che ». Il a publié des ouvrages sur la lutte armée notamment sur son vécu de guérillero, comme en témoigne l’un de ses mémoires, Loués soient nos seigneurs.

[23]Archives Numériques du Cinéma Algérien, « Che Guevara à Alger (1963) », Archives Numériques du Cinéma Algérien,2012, 11 minutes 50 secondes, [en ligne] https://www.youtube.com/watch?v=kWNTvvoAja0 (dernière consultation 13/01/ 2022)

[24]Cuba-Chili : rencontre symbolique entre deux processus historiques, La Havane, Editora Política, 2009 (1re éd. 1972), 655 p.

[25]« Museo de la Revolución », dans EcuRed, EcuRed, 2021 (1re éd. 2010), [en ligne] https://www.ecured.cu/Museo_de_la_Revoluci%C3%B3n (dernière consultation le 10/01/2021)

[26]« PM : ciné, censure et clap de fin », dans Serendipia, Reims, Serendipia, 2018, [en ligne] https://serendipia-cc.com/pm-cine-censure-et-clap-de-fin/ (dernière consultation le 12/01/2022)

[27]VILLETELLE Marc, « Musiciens havanais à l’épreuve de “la période spéciale” : quotidien sous tension et rapport au politique à Cuba », thèse de doctorat en Sociologie, PERALVA Angelina (dir.), Toulouse, Université de Toulouse-Jean Jaurès, 2012, 474 p., p. 235, [en ligne] https://www.theses.fr/2012TOU20067 (dernière consultation le 13/01/2022)

[28]Union Nationale des Écrivains et Artistes Cubains en français, est l’organisation cubaine regroupant les artistes de toutes les disciplines. Elle a été fondée en 1961 par le poète Nicolas Guillén.

[29]« DECRETO LEY NO. 349 », dans Juriscuba, Juricuba, 2018, [en ligne] http://juriscuba.com/legislacion-2/decretos-leyes/decreto-ley-no-349/ (dernière consultation le 18/01/2022)

[30]Pour plus d’informations à propos de cet historique de la contestation des artistes et de son actualité à Cuba, voir DUGUET Laura, « Qui sont les artistes contestataires à Cuba ? », dans Le Vent Se Lève, Guidel, LVSL, 2022, [en ligne] https://lvsl.fr/qui-sont-les-artistes-contestataires-a-cuba/
(dernière consultation le 13/01/2022)

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