Pavillon de la Marine de l'Armée Populaire de Libération chinoise

Brève histoire de la marine de l’Armée populaire de libération

En jetant un coup d’œil à l’histoire de la Chine sur le temps long, ce pays a davantage eu de considération pour la terre que pour la mer. Hormis les voyages de l’eunuque Zheng He (郑和) dans le Sud-Est asiatique et en Afrique de l’Est, sous la dynastie des Ming (Míng cháo 明朝), au début du XVe siècle, les différentes dynasties chinoises se sont peu souciées des océans. Il faut dire que le centre de gravité de la Chine impériale est avant tout continental. Cette assise territoriale n’a cessé de s’étendre au gré des guerres de conquête orchestrées par les différentes dynasties chinoises, vers le Sud-Est asiatique, la Sibérie et l’Asie centrale.

Préoccupés par la gestion des affaires d’un vaste empire continental, par les désordres provenant des peuples nomades des steppes, les souverains chinois ont accordé peu d’attention aux affaires maritimes. Cette négligence a précipité la perte de la dernière dynastie chinoise des Qing (Qīng cháo 清朝) au XIXe siècle. Ignorant tout du colonialisme outre-mer des Européens et de la constitution naissante d’une économie mondiale capitaliste centralisée sur l’Europe, les derniers empereurs Qing n’ont pu que s’incliner face à l’impérialisme colonial des puissances européennes. En proie aux dissensions internes, incapables de s’industrialiser et de se moderniser, la dernière dynastie chinoise périclite définitivement en 1911.

Si le régime politique successeur, la République de Chine (Zhōnghuá mínguó 中华民国) essaie tant bien que mal de moderniser et d’industrialiser la Chine, son pouvoir est contesté par les seigneurs de la guerre, les communistes chinois puis par l’impérialisme japonais. Du fait des guerres civiles et de l’agression japonaise, l’existence même de ce qui fait la nation chinoise est menacée. Cette longue période de troubles et de souffrances s’étalant de la première guerre de l’opium (1839-1842) jusqu’à la création de la République populaire de Chine (Zhōnghuá rénmín gònghéguó 中华人民共和国) en 1949 a profondément marqué la mémoire nationale chinoise au point qu’elle est surnommée « siècle de l’humiliation » (bǎinián guóchǐ 百年国耻).

Ayant retenu les leçons de l’Histoire, les communistes chinois ont, dès 1949, l’aspiration de posséder une marine puissante. Pourtant, il faut attendre plus d’un demi-siècle pour que ce vœu commence véritablement à se concrétiser. Le propos de notre article est d’offrir ici une perspective générale et synthétique du développement de la marine de la République populaire de Chine. Si, en France, la montée en puissance de la marine chinoise fait régulièrement l’actualité, il y a cependant peu de travaux historiques qui examinent le développement de cette marine sur une temporalité plus longue. C’est ce que nous nous avisons de faire ici, comme nous l’avons fait pour notre article sur l’armée de l’air chinoise[1].

Nous distinguons cinq grandes étapes dans le développement de la marine chinoise. En premier lieu, nous examinons la création de cette nouvelle arme au lendemain de la fondation de la « Nouvelle Chine » (xīn zhōngguó 新中国). Nous pouvons noter un certain nombre de parallèles entre la création des forces aériennes et la marine[2]. Les communistes n’ont aucune expérience ni technologie, le matériel qui a été capturé aux nationalistes est lui-même d’origine étrangère. Face à ce constat, les communistes n’ont d’autres choix que de compter sur l’aide de l’URSS.

C’est ce qui nous amène à étudier les modalités de cette aide. À l’instar de l’armée de l’air chinoise, les Soviétiques ont grandement aidé les communistes à bâtir des forces maritimes. Grâce à des livraisons de matériel, l’envoi d’experts, des transferts de savoir-faire et de technologies, la Chine populaire a ainsi pu constituer les prémisses d’une industrie de construction navale.

Compte tenu du caractère modeste de ces forces navales et de l’hostilité des nationalistes, des Américains puis des Soviétiques, la marine populaire a pour premier objectif la protection du littoral. Dans le même temps, du fait de la rupture sino-soviétique, les communistes chinois ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Les chantiers navals commencent lentement à assimiler les technologies étrangères pour la production nationale de bâtiments. La Chine populaire commence à être en mesure de produire des navires de plus en plus imposants et complexes.

Par la suite, la fin du dogmatisme idéologique et la conversion progressive de l’économie chinoise à l’économie de marché entraînent des changements dans la stratégie maritime. La marine populaire n’a plus pour mission de protéger le littoral, mais elle doit pouvoir opérer dans les eaux frontalières du pays. C’est ce qui nous amène à considérer cette transformation comme une nouvelle étape dans la montée en puissance de la marine chinoise.

Le XXIe siècle et l’année 2008 inaugurent une nouvelle phase dans l’ascension des capacités navales de la Chine. En 2008, en commençant à s’engager dans la lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden par l’envoi de navires de guerre, la Chine a prouvé qu’elle peut projeter ses forces navales loin de ses côtes. La construction à vive allure de bâtiments de plus en plus sophistiqués et surtout de porte-avions démontre que la marine chinoise est devenue une marine de haute mer.

Nous clôturons notre exposé sur un survol d’une thématique moins étudiée, la diplomatie navale chinoise. Cantonnée sous l’ère maoïste à entretenir des relations avec des partenaires de connivence idéologique, la marine a depuis multiplié et densifié ses relations avec une multitude de partenaires. Elle effectue fréquemment des visites, rejoint nombre de forums sur la sécurité maritime, participe et organise des exercices. L’ouverture de la première base chinoise à l’étranger, à Djibouti, est un résultat significatif du développement des relations militaires chinoises avec l’étranger.

La fondation de la marine chinoise (1949-1950)

Préalablement à leur prise de pouvoir en Chine continentale, les communistes chinois ne disposent pas de marine. Cela dit, les nationalistes chinois du Kuomintang (KMT)[3] ont pu créer des forces navales avec l’appui des Américains[4]. En 1947, le KMT possède une flotte de 449 navires pour un tonnage total de 130 000 tonnes[5]. Ces navires sont opérés par 30 000 à 40 000 hommes. Toutefois, pendant la guerre civile chinoise, la supériorité navale des nationalistes chinois ne joue pas en faveur du KMT dans leur lutte contre les communistes du Parti communiste chinois (PCC). Pire encore, une partie des forces navales du KMT fait défection et rejoint les communistes[6]. Les raisons de cette rébellion sont multiples : corruption du KMT, défaites des armées nationalistes, divisions internes au sein du KMT, séditions suscitées par l’infiltration de communistes. En 1949, 22,7 % des navires et 9,5 % des effectifs de la marine nationaliste se rendent volontairement aux communistes[7].

À la création de la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949, le leadership politique des communistes prend la décision de créer une marine de guerre. Le 21 septembre 1949, Mao Zedong (毛泽东) évoque devant la conférence consultative du peuple chinois (zhōngguó rénmín zhèngzhì xiéshāng huìyì 中国人民政治协商会议) la création d’une « marine puissante »[8]. Le commandant en chef de l’Armée populaire de libération (APL), Zhu De (朱德), mentionne la nécessité d’une marine moderne. Le premier ministre Zhou Enlai (周恩来) indique également pendant la conférence, « qu’il faut établir une force aérienne et une marine populaires fortes »[9].

L’année 1950 marque les balbutiements de la marine populaire de l’Armée populaire de libération. En avril 1950, le quartier général de la marine est fondé à Beijing à partir de 2 000 officiers du 12e régiment de l’armée de terre[10]. Xiao Jinguang (萧劲光) est nommé comme premier commandant en chef de cette nouvelle armée. Outre l’état-major, le quartier général de la marine comporte aussi le département politique, celui de la logistique et de la santé publique. Dans les années 1950-1952, il s’agrémente d’autres bureaux comme ceux dédiés à la gestion des cadres, aux forces aéronavales, à l’artillerie côtière, aux machines, à l’ingénierie, à la réparation et la construction navale, etc.[11].

L’amiral Xiao Jinguang (1903-1989) en 1955. 1955
L’amiral Xiao Jinguang (1903-1989) en 1955. 1955, Gouvernement chinois, Wikimedia Commons

Concomitamment à l’établissement des organes de direction de la marine, le mois d’avril 1950 est aussi celui de la création de la première flotte de guerre, la marine de la région militaire de Chine orientale (huádōng jūnqū hǎijūn 华东军区海军)[12]. Le 9 septembre 1950, la base navale de Qingdao, dans la province chinoise du Shandong, ouvre également. Cette base reste jusqu’à aujourd’hui une installation majeure de la marine chinoise[13]. Peu après son ouverture, elle abrite déjà 65 navires. Le 31 octobre 1950, la marine de la région militaire centre-sud (zhōngnán jūnqū hǎijūn 中南军区海军) est instituée[14]. À la fin 1952, elle a en sa possession 104 bâtiments. Ce découpage en trois régions militaires permet d’établir des zones de responsabilité pour la protection de l’intégralité du pourtour maritime de la nouvelle république.

Les missions demandées à cette marine balbutiante restent modestes. Elle doit se cantonner à la défense côtière. Lors d’une réunion de la marine, en août 1950, il est clairement indiqué que l’objectif est de « construire une force navale moderne, capable et légère, dotée en capacités offensives et défensives », elle doit être « stratégiquement défensive, tactiquement offensive »[15]. En outre, il est clairement indiqué que la construction de bâtiments lourds est à proscrire[16]. La priorité est accordée à la défense du littoral côtier par des bâtiments légers et des fortifications.

Originellement, les premiers bâtiments de la marine populaire sont en très grande majorité, soit des navires capturés aux nationalistes, soit des navires civils reconvertis pour un usage militaire[17]. Ainsi, la marine compte 183 navires repris au KMT pour un tonnage total de 43 268 tonnes. S’y ajoutent 169 navires marchands et de pêche, représentant 64 856 tonnes. Nous pouvons y ajouter 48 vieux bâtiments totalisant 25 470 tonnes, achetés à Hong-Kong. Nombre de ces navires sont dans un mauvais état, et leur réparation s’avère ardue[18]. De plus, les communistes manquent d’experts et de techniciens pour cette tâche.

À ses débuts, le personnel de la marine est composé en très grande majorité de militaires de l’armée de terre (en 1951, ils représentent 87,5 % des effectifs), de marins du KMT et de jeunes intellectuels[19]. Hormis ces deux derniers groupes, l’immense majorité des militaires ne possède aucune expérience maritime ni compétences techniques. Un énorme effort de formation doit donc être entrepris afin de former du personnel apte à servir sur mer. Les Chinois comptent notamment sur les marins vétérans du KMT, les intellectuels et les Soviétiques pour former les futurs marins[20].

Qui dit formation, dit écoles. En 1949, les écoles navales ouvrent les unes après les autres. La toute première école, l’école navale d’Andong, est fondée le 15 mai 1949[21]. C’est sur cette base que se formalise l’ouverture de l’académie navale de Dalian, le 22 novembre 1949[22]. En août 1949, à Nanjing s’ouvre l’école de la région militaire de Chine orientale[23]. L’année suivante, suite à son expansion, elle est transformée en l’école navale conjointe.

L’aide cruciale de l’URSS au développement initial de la marine chinoise (1950-1960)

Du fait du retard industriel et technologique de la Chine, du manque d’expérience maritime, de finances limitées, les communistes chinois savent très bien qu’ils ne peuvent compter sur leurs propres capacités pour développer une marine de guerre et un complexe militaro-industriel. Avant même la proclamation de la République populaire de Chine, les communistes se tournent vers leur puissant voisin et allié idéologique, l’URSS, pour obtenir de l’aide dans la création d’une marine de guerre. Ils n’ont, de toute manière, pas le choix, car la jeune république est placée sous embargo technologique par les Occidentaux.

Entre juin et août 1949, le secrétaire du bureau politique du comité central du PCC (zhōnggòng zhōngyāng zhèngzhìjú 中共中央政治局), Liu Shaoqi (刘少奇), entame des pourparlers avec les Soviétiques à Moscou[24]. Les Soviétiques sont d’accord pour livrer des bâtiments militaires et fournir une assistance militaro-technique à la nouvelle Chine. En août 1950, la Chine reçoit six torpilleurs soviétiques[25]. Le 8 octobre 1950, Mao écrit en personne à Staline pour lui demander les équipements, pièces et techniques nécessaires à la construction de navires[26]. Le 28 octobre 1950, Mao s’adresse une fois de plus à Staline[27]. Dans un télégramme, il exige la livraison de torpilleurs rapides, de mines flottantes, de navires blindés, de chasseurs de sous-marins, de canons côtiers, de chasseurs de mines. En mai 1951, l’URSS livre une trentaine de torpilleurs aux Chinois[28]. Le 19 septembre 1949, l’URSS prend la résolution d’envoyer des conseillers militaires[29]. Par ailleurs, l’URSS accepte d’accueillir des marins et des officiers chinois pour parfaire leur apprentissage et leurs connaissances de la chose maritime.

C’est grâce aux Soviétiques que les Chinois acquièrent de nouvelles capacités aéronavales et sous-marines, totalement inconnues aux Chinois. À l’été 1950, la Chine populaire achète à l’URSS 31 avions pour la formation de ses pilotes de l’aéronavale[30]. En septembre 1950, grâce à l’assistance soviétique, les première et deuxième écoles de l’aviation navale sont fondées[31]. Dans le même temps, en décembre 1950, l’amiral Xiao Jinguang dépose une requête auprès des Soviétiques pour l’achat de sous-marins de petite taille[32]. En avril 1951, 275 soldats et officiers sont envoyés à Port-Arthur (encore sous administration soviétique) pour recevoir une formation de sous-mariniers. En mai 1952, la base navale de Qingdao accueille la première base de sous-marins du pays[33]. La même année, une école pour les sous-mariniers est fondée.

Le déclenchement de la guerre de Corée (1950-1953) et la participation de la Chine aux côtés de la Corée du Nord et de l’URSS, face aux troupes de l’ONU sous commandement américain, posent un frein temporaire au développement de la marine populaire. En effet, pour Mao, la priorité doit être donnée à l’armée de terre et à l’armée de l’air[34]. Les dépenses publiques sont réorientées vers ces deux armées.

Le 4 juin 1953, la RPC et l’URSS signent un « accord sur la fourniture d’équipements navals et d’une assistance technique à la Chine pour la construction de navires de guerre[35] »[36]. Dit simplement, « accord 6.4 », il est structurant pour le développement des forces navales et l’édification d’une industrie de construction navale. Ainsi, entre 1953 et 1955, les Soviétiques livrent aux Chinois plus de 143 navires de guerre de toutes sortes (frégates, sous-marins, chasseurs de mines, torpilleurs, etc.)[37]. Les Chinois acquièrent particulièrement quatre destroyers soviétiques de 3 000 tonnes. De plus, les Soviétiques transmettent des technologies de construction navale. La générosité des Soviétiques est à relativiser, le matériel livré est vieillissant et n’est pas toujours en bon état. Par exemple, à l’été 1953, la marine chinoise reçoit son premier sous-marin. Hors d’âge, il est inutilisable[38].

Cependant, l’aide soviétique permet à la marine populaire de créer une modeste force de sous-marins. Le 19 juin 1954, grâce aux sous-mariniers formés à Port-Arthur, une modeste force sous-marine voit officiellement le jour[39]. Le 24 juin de la même année, l’URSS livre à la marine chinoise deux petits submersibles de 200 tonnes de classe C[40] (C C级). En juillet, elle reçoit deux sous-marins de 860 tonnes de classe C (CC级).

Les capacités de production navale de la Chine sont à l’époque inexistantes. Certes, chaque région militaire est dotée d’un chantier naval, comme celui de Jiangnan pour la région militaire de Chine orientale, celui de Qingdao pour la région de Qingdao, ou encore celui de Guangzhou pour la région militaire centre-sud[41]. Toutefois, ces chantiers navals se cantonnent à la réparation et à l’armement de navires existants et de petites dimensions[42]. Ce n’est pas avant 1955 que ces chantiers sont en mesure de réparer des navires plus imposants comme des destroyers ou des sous-marins.

En matière de construction navale, les réalisations restent modestes. En 1952, le chantier de Jiangnan commence la construction d’un patrouilleur de 50 tonnes, le Type-53 (53 Jiǎ xíng 53 甲型)[43]. Ce patrouilleur est produit à 82 exemplaires entre 1952 et 1955. En 1955, grâce à l’assistance soviétique, les chantiers chinois parviennent à produire le patrouilleur Type-55 (55 Jiǎ xíng 55 甲型) de 75 tonnes[44]. À la fin 1955, l’industrie navale chinoise a construit plus de 236 bâtiments de petite taille (patrouilleurs, barges de débarquement, etc.) pour un total de 12 556 tonnes[45]. Il faut tout de même noter la construction du premier sous-marin de classe W[46] (WW级), dont la construction est lancée en avril 1955[47]. Dans le cadre de l’accord 6.4, les Soviétiques ont octroyé la licence de fabrication de ce sous-marin. Ils ont aussi fourni des équipements et dépêché des experts sur les chantiers navals chinois.

Outre le sous-développement industriel, la faiblesse du niveau d’éducation au sein de la marine frappe également. En 1952, 65 % du personnel est illettré à des degrés divers[48]. Un mouvement est donc lancé pour élever le niveau d’éducation et éradiquer l’illettrisme, aussi bien chez le simple soldat que chez l’officier. À la fin 1956, les hommes de la marine populaire ont tous acquis des connaissances techniques liées à leur profession[49]. En 1957, les multiples écoles de la marine, successivement créées depuis 1949, permettent la formation de 2 800 instructeurs, 14 900 cadres techniques et 21 500 soldats spécialistes[50].

Les actions de formation mises en œuvre par les Soviétiques ont énormément contribué à l’éducation d’une génération entière de marins. D’une part, une minorité de sous-officiers, d’officiers et de hauts gradés ont pu poursuivre leurs études en URSS[51]. D’autre part, l’éducation navale militaire a été fortement inspirée du modèle soviétique[52]. Manuels militaires, entraînement, tactiques, organisation, règles. Dans tous ces aspects, les conseillers militaires soviétiques ont apporté leur expertise. Ce mimétisme a même poussé certains Chinois à adopter les habitudes alimentaires des Soviétiques, suscitant la controverse. Progressivement, les Chinois réalisent qu’il ne s’agit pas de copier mécaniquement tout ce que font les Soviétiques, mais d’adapter leur savoir à la situation chinoise[53].

L’année 1955 est déterminante pour mesurer la progression de la marine chinoise. Elle a obtenu un renforcement de ses capacités. Dans le domaine des sous-marins, la marine reçoit quatre submersibles soviétiques[54]. L’aéronavale dispose maintenant de six divisions, cinq régiments et 515 appareils de tous types[55]. La défense des côtes[56] est consolidée par la création de 19 régiments de défense côtière possédant 343 canons[57]. Une première division de troupes de marine vient d’être instituée[58]. N’oublions pas les destroyers vendus par les Soviétiques dans le cadre de l’accord 6.4. En 1956, la marine populaire possède 1 300 bâtiments et 360 avions[59]. La grande majorité de ces navires sont des bâtiments de petite taille et technologiquement obsolètes.

La même année, les troupes soviétiques quittent la base navale stratégique de Port-Arthur juxtaposée à la ville chinoise de Dalian[60]. La rétrocession du territoire à bail de Port-Arthur aux Chinois met fin au régime de l’extraterritorialité russe en Chine datant du siècle passé. Dalian devient, comme Qingdao, une base navale majeure de la marine chinoise. Au cours de l’année 1955, la marine est également réorganisée[61]. La région militaire de Chine orientale est renommée en flotte de la mer de l’Est (dōnghǎi jiànduì 东海舰队). La marine de la région militaire centre-sud est restructurée en flotte de la mer de Chine méridionale (nánhǎi jiànduì 南海舰队).

La marine chinoise connaît son premier baptême du feu lors de la reconquête d’un groupe d’îles situées au large de la province du Zhejiang, encore occupées par les nationalistes du KMT. Le 29 avril 1953, la flotte de la région militaire de Chine orientale soutient le débarquement visant la capture des îles Dalushan (大鹿山), Xiaolushan (小鹿山), Yangyu (羊屿) et Jiguanshan (鸡冠山)[62]. Le 21 juin, l’APL capture avec succès Xiaolushan et Yangyu. Les nationalistes sont mis en déroute. Poursuivant sur leur lancée, les communistes parviennent à s’emparer de l’île de Jigushan (积谷山岛) le 24 juin 1953. Le 20 avril 1954, l’île de Dongjilie (东矶列岛) est occupée par l’APL, ouvrant la voie à des offensives sur les îles Yijiangshan (一江山岛) et Tachen (大陈岛)[63].

Entre novembre 1954 et janvier 1955, les navires de guerre chinois obtiennent des succès notables en coulant des navires nationalistes, bloquant l’arrivée de renforts ennemis. La force aéronavale communiste effectue plus de 287 sorties[64]. Elle bombarde les installations insulaires et les navires du KMT. La suprématie maritime acquise, les communistes débarquent et occupent Yijiangshan le 18 janvier 1954[65]. En juin de la même année, les nationalistes décident alors de procéder à un retrait stratégique de leurs troupes de Tachen vers les îles Jinmen (金门岛) et Mazu (妈祖岛). Tachen, désertée, est prise par l’APL le 23 juin 1954[66].

Soldats du KMT capturés lors de la bataille des Yijiangshan.
Soldats du KMT capturés lors de la bataille des Yijiangshan. 20/11/955, Photographe inconnu, Wikimedia Commons

Une marine limitée à la défense des côtes (1956-1980)

Compte tenu du retard économique et technologique du pays, de la présence navale américaine et de la menace posée par les nationalistes qui n’ont pas renoncé à reconquérir la Chine continentale, le comité central du parti communiste chinois adopte une stratégie de « défense côtière » (jìnàn fángyù 近岸防御)[67].

Cette stratégie structure le développement de la marine chinoise. D’une part, l’accent est mis sur la création d’une flotte dotée de bâtiments de petite taille[68]. D’autre part, la priorité est accordée à la construction d’ouvrages défensifs pour la fortification des côtes[69]. L’amiral Xiao Jinguang préconise une défense maritime coordonnée entre aviation aéronavale, navires de surface et artillerie côtière. La commission du parti de la marine (hǎijūn dǎngwěi 海军党委) et l’état-major de la marine entérinent son idée. L’épine dorsale de la marine communiste repose sur l’aviation navale, les sous-marins et des petits navires d’attaque rapide[70].

Sur le plan tactique, la marine chinoise doit pratiquer la guérilla maritime et détruire l’ennemi quand les conditions y sont favorables (« yǐ fēnsàn de hǎishàng yóujízhàn yù yǒulì tiáojiàn xià jízhōng dǎ jiānmièzhàn xiāng jiéhé 以分散的海上游击战与有利条件下集中打歼灭战相结合 »)[71]. En outre, elle doit mener des opérations de sabotage sur mer et faire face à des tentatives de débarquement sur les côtes de la Chine continentale (« hǎishàng pòxízhàn yǔ yánhǎi kàngdēnglùzhàn xiāng jiéhé 海上破袭战与沿海抗登陆战相结合 »)[72]. À partir des années 1960, la marine doit également être capable d’agir seule sur mer, en y conduisant des opérations de sabotage (« kāipì hǎishàng dúlì zhànchǎng, jìnxíng hǎishàng pòxíyóujízhàn 开辟海上独立战场进行海上破袭游击战 »)[73].

Pendant cette période, les accrochages maritimes sont fréquents entre les communistes et les nationalistes. En effet, les nationalistes tentent des infiltrations spéciales du continent par la mer, ou mènent des attaques-surprises sur les forces communistes[74]. Nous pouvons citer la tentative de débarquement raté de forces spéciales du KMT le 6 août 1965, d’où le nom de « bataille navale 8-6 » (bāliù hǎizhàn 八六海战).

La dépendance technologique à l’égard de l’allié soviétique perdure jusqu’à la rupture sino-soviétique de 1960. En 1956, la Chine populaire met à l’eau sa première frégate, le Chengdu (成都)[75], construite sous licence soviétique[76]. En octobre 1958, la marine populaire passe une grosse commande d’achats d’équipements auprès de l’URSS. Outre l’achat de cinq navires et de deux appareils de propulsion de missile, elle comprend aussi des sonars, radars, radios, instruments de navigation, des plans techniques, des licences de production[77].

Concomitamment, un effort national de recherche est mis en place afin de mitiger la dépendance envers l’URSS[78]. En 1958, des instituts de recherche sont établis. En 1960, un groupe spécial sur la construction maritime et la recherche (zàochuán gōngyè jí kēyán zhuānyè xiǎozǔ 造船工业及科研专业小组) est fondé. Il est chargé de l’introduction de technologies étrangères et de répliquer des équipements étrangers. En 1961, le premier institut de recherche navale est créé. Ce travail d’introduction et d’assimilation du savoir-faire étranger (notamment soviétique) est payant pour la montée en compétence de l’industrie navale chinoise. À la fin de l’année 1965, la Chine populaire est capable de produire des torpilleurs, frégates, navires lance-missiles, sous-marins, démineurs et autres navires de surface[79].

L’armement de missiles sur un navire de surface est une technologie particulièrement convoitée par les Chinois. Après plus de dix années de recherche, en 1970, les Chinois parviennent à convertir des destroyers classiques en destroyers lance-missiles[80]. L’année suivante, le premier destroyer lance-missile de fabrication nationale, le Jinan (济南), entre au service actif. En 1972, la production de masse de destroyers lance-missiles est lancée.

Concernant les sous-marins, le premier construit par la Chine, sous licence soviétique, le Type 03 de classe W (W W级), entre au service actif en octobre 1957[81]. Décliné en cinq versions[82], il mesure 58 m de long pour 6,3 m de large. En plongée, il affiche un déplacement de 1 300 tonnes pour une vitesse de 13 nœuds[83]. Ayant une autonomie de 30 jours et un équipage de 52 marins, il est équipé de six tubes lance-torpilles de 533 mm. Au total, 21 exemplaires sont produits.

À la veille du schisme sino-soviétique, les deux géants communistes signent l’« accord 2.4 ». L’URSS accepte d’octroyer des licences de fabrication du sous-marin de classe R (R R级) et du sous-marin lance-missiles de classe G (G G级)[84]. Compte tenu du refroidissement des relations sino-soviétiques et du départ des experts soviétiques du pays, les Chinois sont seuls pour produire ces deux nouvelles classes de sous-marins. Le premier sous-marin de classe R, le Type 033, est mis à l’eau en 1968. Il entre au service actif le 22 juin 1969. Jusqu’en 1987, les chantiers chinois produisent plus de 106 sous-marins de ce type. Il s’agit du sous-marin chinois le plus produit.

D’une longueur de 76,8 m et une largeur de 7,3 m avec un déplacement en plongée de 1 800 tonnes, il est toujours équipé de six tubes lance-torpilles de 533 mm. Utilisant des torpilles améliorées, un nouvel alliage pour sa coque, de nouveaux équipements électroniques et un nouveau système de ventilation, ses performances sont supérieures aux sous-marins de classe W.

Un seul sous-marin de classe G a été construit. Mis à l’eau en septembre 1964, il est déclaré apte au service en août 1966. Avec un déplacement en plongée de 3 000 tonnes, il est le premier sous-marin de la marine populaire pouvant emporter des missiles balistiques, de conception soviétique SS-N-4 d’une portée de 3 500 km. Il a surtout servi de plateforme d’essai pour le développement de missiles balistiques mer-sol chinois comme le JL-1 (jùlàng 巨浪-1), qui est tiré avec succès le 12 octobre 1981. La Chine prouve ainsi qu’elle possède une capacité de dissuasion nucléaire depuis les fonds marins.

En 1967, la commission militaire centrale (zhōngyāng jūnwěi 中央军委) lance les études sur un nouveau sous-marin de classe Ming (明级)[85]. Il est mis à l’eau en juillet 1971 et entre au service actif en avril 1974. Par rapport aux sous-marins de classe R, il est plus rapide, plus facile à opérer et possède une meilleure navigabilité. Il peut rester plus longtemps en mer et il est moins bruyant. Mesurant 76 m de long pour 7,6 m de large, il affiche un déplacement en plongée de 2 113 tonnes, il peut plonger jusqu’à 180 m de profondeur, avec une vitesse maximale de 18 nœuds en plongée. Il peut emporter 16 torpilles de conception chinoise, de deuxième génération.

Le développement des sous-marins à propulsion nucléaire a déjà été évoqué de façon détaillée dans un précédent article sur la dissuasion nucléaire chinoise. Nous nous refrénons de les évoquer à nouveau dans cet article. Nous rappelons juste ici l’entrée en service du premier sous-marin nucléaire d’attaque, Changzheng 1 (长征1号), le 1er août 1974[86].

En 1974, les marines chinoise et vietnamienne s’affrontent pour le contrôle des îles Paracels (Xīshā qúndǎo 西沙群岛) qui sont revendiquées par les deux pays[87]. La marine populaire l’emporte ce qui permet à la RPC d’exercer un contrôle effectif sur cet archipel qui demeure toujours contesté jusqu’à nos jours.

Une marine chargée de la défense des eaux côtières (1980-2008)

L’évolution de la politique intérieure de la Chine populaire et le développement du droit maritime international infléchissent la stratégie de la marine populaire. D’un côté, l’arrivée du dirigeant réformiste Deng Xiaoping (邓小平), qui prône en 1978 l’ouverture progressive de la Chine au capitalisme et au commerce international, renouvelle l’intérêt d’une marine forte. Elle doit être en mesure de protéger le commerce maritime[88]. D’un autre côté, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 a pour effet de multiplier les prétentions territoriales des États maritimes quant à l’extension de leur Zone économique exclusive (ZEE)[89].

Les déclarations de Deng Xiaoping énoncent les grandes idées de la stratégie maritime chinoise de l’époque. D’abord, le Petit Timonier insiste sur l’aspect défensif de cette stratégie :

« Notre stratégie a toujours été une stratégie défensive et, dans 20 ans, elle sera encore une stratégie défensive, ce qui inclut les sous-marins nucléaires, qui sont également des armes de défense stratégique. Envers Vladivostok, le détroit de Tsushima, le détroit de Malacca, il s’agit aussi de défense, une défense qui sera modernisée, cela reste une défense stratégique. »[90]

Il ajoute également que « notre stratégie est une guerre au large des côtes »[91]. Deng précise aussi ses ambitions pour « construire une marine capable et véritablement fonctionnelle avec des capacités de combat modernes »[92].

L’amiral Liu Huaqing (刘华清) sur la base des idées de Deng Xiaoping, précise le concept de « défense des eaux côtières » (jìnhǎi fángyù 近海防御)[93]. Les eaux côtières englobent la mer Jaune, la mer de Chine orientale, la mer de Chine méridionale, les îles Nansha, Taïwan et l’archipel d’Okinawa. La marine chinoise doit donc être capable de projeter sa puissance dans ces eaux, vaincre ses adversaires et obtenir la suprématie maritime. Il ajoute que la défense des eaux côtières est une « défense active » (jījí fángyù 积极防御). Il est confiant que ce nouveau concept de défense des eaux côtières, en accroissant la profondeur stratégique de la marine, participe au renforcement de la sécurité du pays.

Par ailleurs, Liu attache beaucoup d’importance à la combinaison des forces terrestres et maritimes[94]. La mer est le prolongement du champ de bataille sur terre. La stabilité maritime est à la fondation de la stabilité sur terre. La stratégie maritime doit prendre en compte la planification terrestre selon les circonstances. Face à un ennemi plus fort, l’amiral compte sur l’adoption d’une ligne défensive, l’étirement de la ligne de front de l’attaquant et le dispersement de ses forces, afin de frapper ses points faibles. Il mise sur une guerre prolongée conduite par une coordination des unités terrestres et maritimes, pouvant réagir avec flexibilité et attaquer l’adversaire depuis leur ligne défensive.

Liu Huaqing (1916-2011), promu vice-amiral en 1955.
Liu Huaqing (1916-2011), promu vice-amiral en 1955. 1955, Auteur inconnu, Wikimedia Commons

Ces nouvelles exigences en termes de missions et de responsabilités pour la marine ne peuvent être accomplies sans une modernisation de ses bâtiments, selon les mots de Deng Xiaoping et de son successeur Jiang Zemin (江泽民)[95]. En 1999, Jiang Zemin appelle à « s’efforcer de construire une marine moderne dotée de solides capacités de combat globales »[96].

Au milieu des années 1980, la Chine lance un programme de destroyers de nouvelle génération, les destroyers Type 052[97]. Le premier destroyer de cette série, le Harbin (哈尔滨舰), entre en service au début des années 1990. Il représente un saut technologique capital. De plus, le 14 décembre 1986, la marine reçoit sa première frégate lance-missiles[98].

En matière de sous-marins, le premier sous-marin conventionnel Type 039 de classe Song (宋级) est mis à l’eau en mai 1994[99]. Il entre au service actif en avril 1996. Progressivement, cette nouvelle classe de sous-marins remplace la classe R et la classe Ming. Construite par l’arsenal de Wuchang, la classe Song inaugure la structure en double coque et la motorisation diesel-électrique. Mesurant 75 m de long, pour 8,4 m de large, le Type 039 a un déplacement en plongée de 2 250 tonnes. Sa vitesse en plongée est de 22 nœuds. Il peut rester plus longtemps en plongée. Composé de 60 membres d’équipage, il est équipé de six tubes lance-torpilles, d’un sonar à moyenne et basse fréquence et d’un radar. Beaucoup moins bruyant que ses prédécesseurs, il est considérablement plus furtif.

Une marine de haute mer (2008-aujourd’hui)

Au XXIe siècle, nous pouvons constater des évolutions notables dans les opérations menées par la marine chinoise. Elle se projette désormais bien loin des côtes du pays et agit également dans le cadre de coalitions internationales. Compte tenu de l’internationalisation de l’économie chinoise et de l’expansion des intérêts chinois à l’étranger, la marine chinoise doit être en mesure de maintenir une telle capacité d’action. En 2008, le successeur du président Jiang Zemin, Hu Jintao (胡锦涛), indique qu’il faut « s’efforcer de construire une marine populaire puissante, à la hauteur du statut du pays et apte à remplir les missions d’un nouveau siècle, d’une nouvelle phase dans son histoire »[100]. L’année 2008 apparaît donc comme une année charnière en ce qu’elle marque littéralement pour la marine chinoise la « marche vers le bleu profond » (zǒuxiàng shēnlán 走向深蓝)[101].

En effet, à compter de l’année 2008, les navires de guerre chinois rejoignent la coalition internationale contre la piraterie maritime dans le golfe d’Aden[102]. De 2008 à 2018, plus de 100 navires et 26 000 militaires ont été déployés par la Chine populaire pour lutter contre la piraterie et protéger les navires transitant par le golfe d’Aden[103]. Qui plus est, la marine chinoise a conduit plusieurs opérations d’évacuation de ressortissants dans des pays en proie à l’instabilité politique et à une situation sécuritaire dégradée. Par exemple, au Yémen en 2015, les navires chinois ont évacué plus de 600 ressortissants chinois et 200 ressortissants étrangers de quinze pays[104].

Le livre blanc sur la stratégie militaire chinoise de 2015 indique que les intérêts du pays se sont déjà étendus vers les océans et l’espace (exo-atmosphérique[105])[106]. Il mentionne que l’océan est devenu un espace pour le développement durable. Le livre blanc de 2019, intitulé la « Défense nationale de la Chine dans une ère nouvelle », évoque clairement une nécessité stratégique pour la marine de réaliser « une combinaison de la défense des eaux côtières et une escorte en mer lointaine » (jìnhǎi fángyù yǔ yuǎnhǎi hùwèi xiāng jiéhé 近海防御与远海护卫相结合)[107].

L’actuel président Xi Jinping (习近平) a des prétentions encore plus audacieuses pour la marine chinoise. Lors du XIXe congrès du parti communiste, il indique qu’il faut « construire une marine de rang mondial » (quánmiàn jiànchéng shìjiè yīliú hǎijūn 全面建成世界一流海军)[108]. Il le justifie en avançant que cette ambition répond à l’aspiration générationnelle de la nation chinoise à se tourner vers la mer, qu’elle est la garantie de la « grande renaissance de la nation chinoise » (zhōnghuá mínzú wěidà fùxīng 中华民族伟大复兴)[109].

Pour les chercheurs chinois Liu Lijiao (刘丽娇贾) et Jia Benjia (贾本甲) de l’Institut de recherche de la marine, la formule de Xi répond à une triple logique théorique[110]. Premièrement, la velléité de se tourner vers les mers et de bâtir une marine puissante soutenant un État maritime puissant. Deuxièmement, un développement exigeant de la marine sur tous les plans : l’obéissance au parti, la capacité à gagner des guerres, une marine forte intègre, la révolution, la modernisation, la standardisation… Troisièmement, une marine de classe mondiale exige d’elle de pouvoir faire la guerre, d’être victorieuse, une efficacité au combat, une force de compétition et d’influence. Elle doit aussi pouvoir façonner la situation, contrôler des crises, arrêter des guerres et gagner des guerres.

Par ailleurs, toujours selon Liu et Jia, une telle marine répond également à une logique historique[111]. Au XXIe siècle, l’espace maritime est imbriqué avec la sécurité et le développement d’un État. Le développement d’un État fort implique une marine forte. Pour les deux chercheurs, au regard de l’Histoire, une marine de premier rang est justifiée.

Tout d’abord, parce que la Chine fait face, selon eux, à des menaces quant à sa sécurité comme l’endiguement, le séparatisme et la violation de ses droits[112]. Ensuite, comme nous l’avons fait remarquer, l’internationalisation de l’économie chinoise a entraîné une expansion des intérêts économiques à l’étranger. Pour Liu et Jia, la marine doit être en mesure de se projeter pour protéger ces intérêts. Par la suite, cette montée en puissance répond à une évolution du visage de la guerre maritime. La guerre maritime est de plus en plus une guerre de haute technologie reposant sur « l’intelligentisation » (zhìnénghuà 智能化) », « l’informatisation » (xìnxīhuà 信息化), l’action symbiotique multi-domaines, l’intégration homme-machine, la machinisation, l’agilité et la flexibilité. Enfin, une marine puissante permet d’influencer l’édification d’une communauté maritime, c’est-à-dire la gouvernance des espaces marins, en faisant de la Chine une grande puissance responsable.

De manière concrète, selon Liu et Jia, cette montée en puissance s’accorde à une logique pratique[113]. Une marine puissante doit obéir à la direction absolue du parti. L’innovation en théorie militaire doit être encouragée, afin d’avoir un regard prospectif sur les conflits de demain, pour obtenir la supériorité d’initiative et la supériorité asymétrique. L’entraînement et la formation du personnel doivent être améliorés, afin de former une force talentueuse. Le développement qualitatif de l’armement doit être promu. Enfin, la marine doit être davantage soumise à la règle de droit (fǎzhì huà 法制化). Cela signifie que la réglementation structure l’organisation de la marine.

Le signe le plus visible de cette prétention à devenir une grande puissance maritime se reflète dans le bond technologique des dernières réalisations des chantiers navals, particulièrement celles du chantier de Jiangnan. De plus en plus lourds, de mieux en mieux armés, de plus en plus sophistiqués, les navires de guerre chinois ont peu à envier à ceux des autres puissances maritimes. Nous présentons ci-dessous quelques bâtiments iconiques de la montée en puissance des forces navales chinoises.

Le destroyer Type 052D (052D xíng 052D型) est la déclinaison la plus avancée de la série des destroyers multi-rôles Type 052[114]. Pesant 7 000 tonnes, sa conception vise à minimiser les réflexions radars, ce qui le rend furtif. Il est équipé du radar à éléments de phase 346A, le plus avancé et le plus performant en service sur les destroyers chinois. En outre, il est aussi doté du radar aérien à longue distance 571B et du radar aérien et maritime SR-64. Il est également pourvu d’un nouveau système de commandement et de partage de l’information aux autres armées. En matière d’armements, le Type 052D est doté de 64 silos verticaux à missiles. Il peut emporter toute une panoplie de missiles différents pour frapper des cibles aériennes, maritimes, sous-marines et terrestres.

Par exemple, le missile HQ-9 (Hóngqí-9 红旗-9) permet de frapper des cibles aériennes à plus de 180 km de portée. Le missile de croisière naval YJ-18 (Yīngjī 鹰击-18) peut atteindre des navires à plus de 600 km. Le missile HQ-10 (Hóngqí-10 红旗-10) est un missile antiaérien de courte portée (moins de 5 km de portée). Outre ses missiles, il est aussi équipé de deux lances-torpilles Type 7424 (7424xíng 7424型), de deux systèmes d’armes rapprochés Type 730 (730型) et d’un lance-leurres à 18 tubes Type 726-4 (726-4xíng 726-4型). En outre, son canon de 130 mm de 40 tonnes peut tirer à une fréquence de 30 coups/min, des grenades, des obus, des missiles d’artillerie et des obus guidés. Selon le projectile utilisé, il peut tirer jusqu’à 30 km, voire 100 km, de distance. Qui plus est, le navire embarque un hélicoptère de lutte anti-sous-marine. À la fin de l’année 2021, 25 destroyers Type 052D sont en service, constituant la principale force de destroyers de la marine chinoise.

Le destroyer Type 055 (055 xíng 055型) est le destroyer le plus imposant jamais construit par la Chine[115]. D’un tonnage supérieur à 10 000 tonnes, le Type 055 est lourdement armé, possédant presque deux fois plus de silos à missiles que le Type 052 (112 silos pour le Type 055 contre 64 silos pour le Type 052). Équipé aussi du radar à éléments de phase 346A et d’un canon de 130 mm, il joue un rôle essentiel dans l’escorte des porte-avions chinois et en appui-feu à un débarquement amphibie.

Concernant les opérations amphibies, le navire d’assaut amphibie Type 075 (075 xíng 075型) pallie les insuffisances du Type 071 (071 xíng 071型)[116]. D’un tonnage de 40 000 tonnes, son pont d’envol permet de faire décoller et atterrir sept hélicoptères en même temps. Il peut héberger des aéroglisseurs de débarquement Type 726 (726xíng 726型), des chars Type 96 (96 shì tǎnkè 96式坦克) et des véhicules de combat d’infanterie amphibie Type 05 (05 shì liǎngqī zhuāngjiǎchē zú 05式两栖装甲车族).

En matière de sous-marins conventionnels, la classe Yuan (元级) succède à la classe Song[117]. Possédant une motorisation diesel-électrique, il est aussi le premier sous-marin asiatique à être équipé d’un système de propulsion anaérobie[118]. Le premier sous-marin Type 039 (039 xíng 039型) est mis à l’eau le 31 avril 2004 et entre au service actif en 2005-2006. À la fin de l’année 2013, la marine chinoise en possède déjà onze. Décliné en plusieurs versions, la 039C est la plus moderne. Mesurant 77,6 m de long pour 8,4 m de large, son déplacement en plongée est d’environ 3 600 tonnes. D’un équipage de 65 hommes, il a une vitesse maximale de 20 nœuds et est équipé de six tubes lance-torpilles de 533 mm.

Depuis quelque temps, les médias de masse ont pris l’habitude d’évoquer avec régularité la montée en puissance de la marine chinoise, notamment la mise en service de porte-avions. Aspirant à posséder une marine puissante de haute mer, la Chine ne peut faire l’impasse sur les porte-avions pour projeter sa puissance. Dès 1987, l’ambition apparaît de pouvoir fabriquer nationalement un porte-avions[119]. Très peu de pays au monde possèdent le savoir-faire et la technologie pour construire de A à Z un navire aussi complexe. Il faut attendre plus de 30 années pour que les Chinois acquièrent et assimilent les technologies étrangères (notamment soviétiques) nécessaires à la fabrication d’un tel bâtiment.

En 1999, la Chine rachète le porte-avions soviétique Varyag à l’Ukraine, dont la construction est restée inachevée du fait de la chute de l’URSS. Le 4 mars 2003, le Varyag est enfin acheminé au port de Dalian. Le 26 avril 2005, la marine chinoise commence la rénovation et la modification du navire jumeau du porte-avions russe Amiral Kouznetsov. Après sept années de travaux, l’ex-Varyag ou Liaoning (辽宁舰) entre enfin au service de la marine chinoise le 25 août 2012. Deux mois plus tard, le premier chasseur embarqué chinois, le J-15 (Jiān-15 歼-15) réussit à décoller et atterrir du Liaoning.

Toutefois, le Liaoning n’a été que la rénovation et modernisation d’une vieille coque soviétique. C’est sur la base de l’expérience acquise sur le Liaoning que les Chinois se lancent subséquemment dans la construction entière d’un nouveau porte-avions, le Shandong (山东舰)[120]. Construire un bâtiment de 300 m de long et de plusieurs dizaines de milliers de tonnes et un défi de taille pour le chantier naval de Jiangnan. Pourtant, les ingénieurs et techniciens chinois parviennent à construire ce porte-avions en un temps record. Le 26 avril 2017, le Shandong est mis à l’eau. Après plus de deux années d’essai, le 17 décembre 2019, le Shandong rejoint officiellement la marine populaire. Même si, visuellement parlant, il apparaît comme une copie du Liaoning, il y a néanmoins quelques différences. L’espace occupé par l’îlot sur le pont a été diminué, et présente désormais deux niveaux. Son système informationnel a été amélioré.

Un chasseur J-15 décolle du porte-avions Shandong le 10/04/2023 lors d’exercices militaires.
Un chasseur J-15 décolle du porte-avions Shandong le 10/04/2023 lors d’exercices militaires. 2023, Gouvernement du Japon, Wikimedia Commons

Moins de cinq années plus tard, la RPC est en train de finaliser son porte-avions de nouvelle génération, le Fujian (福建舰)[121]. Le 17 juin 2022, l’imposant bâtiment a été mis à l’eau. Il commence ses essais en mer le 1er mai 2024. Représentant un saut technologique par rapport à ses prédécesseurs, il est le premier porte-avions à être équipé de catapultes électromagnétiques. En comparaison du tremplin présent sur le Liaoning et le Shandong, les catapultes permettent de faire décoller des avions avec davantage de munitions et des avions de guet aérien. Pesant 80 000 tonnes, le Fujian est toujours à propulsion conventionnelle. Grâce à ses trois catapultes électromagnétiques, il est pressenti pour accueillir de nouveaux avions comme le chasseur multirôles J-35 (Jiān-35 歼-35) et l’avion de guet aérien embarqué KJ-600 (Kōng jǐng-600 空警).

La diplomatie navale chinoise

Cette section aborde rapidement les relations internationales militaires de la marine populaire depuis sa création. Nous avons vu précédemment qu’initialement la marine chinoise entretenait des liens très étroits avec son homologue soviétique. Les Soviétiques ont énormément contribué au développement de la marine chinoise jusque dans les années 1960. Cette coopération prend subitement fin du fait du schisme sino-soviétique. Dans les années 1970, la marine chinoise entame alors un rapprochement avec d’autres pays socialistes ou communistes, comme le Vietnam, l’Albanie, la Tanzanie, le Pakistan, la Corée du Nord ou encore le Cambodge[122].

Par exemple, jusqu’en 1974, les Chinois livrent aux Vietnamiens des navires. Par la même occasion, ils assistent les Vietnamiens dans des opérations de déminage dans les eaux vietnamiennes. En 1975, les Chinois livrent des torpilleurs, armes et munitions à leurs alliés cambodgiens (les Khmers rouges). Jusqu’en 1977, les marins chinois contribuent également à la formation de marins nord-coréens, vietnamiens, pakistanais.

Le décès de Mao Zedong en 1976 et l’arrivée des réformistes au pouvoir comme Deng Xiaoping mettent fin au dogmatisme idéologique. La fin des années 1970 et les années 1980 annoncent une ouverture des relations vers de nouveaux partenaires comme les pays occidentaux[123]. Entre 1979 et 1999, les navires de guerre de 22 pays effectuent plus de 60 visites en Chine. La marine française est la première marine occidentale à effectuer une visite en Chine populaire. En effet, en 1978 la frégate anti-sous-marine Duguay-Trouin accoste à Shanghai. L’année suivante, une délégation chinoise de haut niveau conduit par le vice-amiral Liu Daosheng (刘道生) se rend au Royaume-Uni. En 1986, une escadre américaine jette l’ancre à Qingdao. En 1989, la marine populaire visite pour la première fois les États-Unis, en s’arrêtant à Hawaï. Les visites réciproques des marines chinoise et russe en 1993 et 1994 posent la première pierre d’une étroite coopération navale sino-russe qui perdure jusqu’à aujourd’hui[124].

Depuis les années 1980, la diplomatie navale chinoise a pour objectif d’instaurer des relations amicales et de confiance avec les marines étrangères, tout en coopérant pour préserver la sécurité des espaces maritimes[125]. L’objectif est de contribuer à un environnement maritime sûr et stable nécessaire au développement économique et commercial. De plus, elles sont des canaux d’expression de la vision chinoise de la sécurité maritime[126]. Ainsi, la Chine populaire s’efforce d’influencer l’environnement normatif du droit international de la mer, selon ses propres conceptions.

Les relations qu’entretient la marine chinoise n’ont cessé de s’étendre et de s’approfondir, les coopérations internationales de se densifier[127]. Visites de haut niveau, établissement de dialogues bilatéraux, participation à des forums sur la sécurité, exercices militaires conjoints, etc. Les modalités sont nombreuses, et nous évoquons ci-dessous quelques concrétisations des actions de coopération internationale par la marine chinoise.

La marine américaine sillonnant activement les eaux de l’Asie-Pacifique, elle devient très tôt un interlocuteur essentiel de la marine chinoise. Dès 1998, les marines chinoise et américaine mettent en place un mécanisme de consultation bilatérale sur la sécurité maritime, afin de minimiser les incidents et les incompréhensions[128]. En 2001, ce mécanisme est activé pour la première fois suite à la collision d’un chasseur chinois et d’un avion de reconnaissance américain[129]. En 2014, les deux parties signent un mémorandum d’accord sur le partage d’informations sur des opérations militaires majeures et un code de conduite aérien et maritime entre les deux marines. En 2015, Chinois et Américains sont d’accord pour mettre en place un canal de discussion sur les crises militaires et les patrouilles aériennes et maritimes[130].

La Chine et le Japon, qui ont un contentieux territorial à propos des îles Senkaku/Diaoyu (钓鱼岛), ne peuvent faire l’impasse sur le dialogue pour minimiser les tensions et éviter l’escalade. En 2007, les deux puissances maritimes se mettent d’accord pour établir un mécanisme de communication maritime interministériel[131]. En 2015, ce mécanisme est renforcé pour y ajouter l’espace aérien. En 2018, Chinois et Japonais s’entendent pour mettre en place un règlement pour les communications directes entre leurs ministères de la défense[132].

La marine chinoise a instauré de façon identique une ligne de communication directe avec son homologue sud-coréen en 2008 et vietnamien en 2011[133]. En 2016, la Chine et les pays de l’ASEAN[134] ont conclu un accord pour instaurer une plateforme de communication directe sur les urgences maritimes[135]. La même année, les dirigeants chinois et de l’ASEAN ont émis une déclaration commune pour travailler sur un code de conduite maritime en mer de Chine méridionale[136]. Compte tenu des différends territoriaux opposant la Chine à nombre de membres de l’ASEAN dans ces eaux, il signifie une volonté des différentes parties de maintenir le dialogue.

La poldérisation de récifs et d’îles occupés par la RPC en mer de Chine méridionale est une des pommes de la discorde entre la Chine et les pays sud-est asiatique ainsi que les États-Unis. La Chine populaire est pointée du doigt, accusée de militariser la mer de Chine méridionale afin de gagner un avantage stratégique et d’imposer ses prétentions territoriales. Pour le chercheur français de l’IFRI[137] Marc Julienne, la poldérisation des îles répond à une double stratégie de défense nationale et d’interdiction de ces eaux à la marine américaine[138].

Ce n’est pas l’avis de la position chinoise. Par exemple, le chercheur chinois Shi Chunlin (史春林) de l’université maritime de Dalian avance plutôt que cette poldérisation est une nécessité afin de pallier les défauts capacitaires chinois de secours en mer et de sauvetage dans cette vaste zone[139]. Ultimement, toujours selon lui, la Chine agit en tant que puissance responsable par la fourniture d’un bien commun dans cette région très fréquentée et menacée par la piraterie maritime[140]. La Chine doit essayer de convaincre ses partenaires du bien-fondé d’une telle action[141]. Dans le même temps, il reconnaît que ces infrastructures peuvent renforcer la présence stratégique de son pays et ainsi mieux protéger les intérêts chinois[142].

En ce début du XXIe siècle, la Chine a également rejoint les forums régionaux multilatéraux de discussion stratégique sur la sécurité maritime comme le Western Pacific Naval Symposium (WPNS), l’ASEAN Regional Forum (ARF), le Indian Ocean Naval Symposium (IONS), le Galle Dialogue, etc[143].

En 2003, la marine populaire mène son premier exercice militaire conjoint avec la marine pakistanaise[144]. Depuis cette date, les exercices conjoints ne cessent de se multiplier, de se diversifier, d’impliquer un plus grand nombre de partenaires. Ils ont pour thème des situations relevant de la sécurité militaire traditionnelle, que d’autres approches moins classiques de la sécurité. Les marines pakistanaise et russe sont deux partenaires privilégiés de la marine chinoise.

La coopération internationale a un double intérêt pour la marine chinoise. D’une part, les visites à l’étranger et les exercices militaires conjoints améliorent la préparation opérationnelle des marins chinois[145]. Ils constituent des opportunités pour l’entraînement des équipages en simulant des scénarios proches de la réalité. D’autre part, les Chinois peuvent améliorer leur connaissance des marines étrangères[146]. Qu’il s’agisse de leurs commandements, leurs armements, leurs tactiques et stratégies, leurs façons de s’entraîner, leurs logistiques opérationnelles, etc. Cela donne aux marins chinois, des éléments de comparaison sur le niveau technologique et opérationnel des marines étrangères.

Le 1er août 2017, la première base militaire chinoise à l’étranger entre officiellement en activité. Située à Djibouti, dans la « corne de l’Afrique », la Chine suit l’exemple d’autres grands pays comme les États-Unis, la France et le Japon qui ont également établi des bases militaires dans ce petit pays[147]. Pour la marine chinoise, la base de soutien de Djibouti revêt un intérêt stratégique majeur. Situé à l’intersection de l’Europe, l’Afrique et l’Asie, Djibouti est proche des grandes voies de navigation empruntées par les navires marchands. Il garde la mer rouge, le détroit de Bab el-Mandeb et le golfe d’Aden, points de transits obligés pour les bâtiments marchands en direction du canal de Suez. Chaque année, plus de 22% du trafic mondial de conteneurs et 10% des produits transportés passent par Suez[148].

Sur le plan économique et commercial, Djibouti permet à la Chine de protéger ses intérêts économiques et commerciaux florissants en Afrique et au Moyen-Orient[149]. Surtout, il lui permet de sécuriser ses approvisionnements énergétiques. L’Arabie Saoudite est par exemple le premier fournisseur de pétrole de la Chine. Dans une région très instable, Djibouti sert de point d’appui à la projection des forces navales chinoises dans le cadre d’opérations militaires[150]. Ce sont par exemple des missions de sécurité maritime, comme la participation chinoise à la coalition contre la piraterie maritime dans le golfe d’Aden ou des opérations d’évacuation de ressortissants. Le rapatriement de nationaux chinois en Libye en 2011 et au Yémen en 2015 par la marine populaire a été révélateur de la nécessité de disposer de bases militaires outre-mer. Par ailleurs, cette infrastructure militaire peut servir de facilitateur au développement des nouvelles routes de la soie et au corridor économique Chine-Pakistan.

En définitive, la base de Djibouti représente la montée en puissance de la marine chinoise en marine de haute mer[151]. Elle s’accorde avec la stratégie maritime de projection de puissance et de protection des intérêts nationaux du pays à l’étranger. Elle est un pas de plus dans la volonté de la RPC de devenir une grande puissance maritime.

Conclusion

Il y a 70 ans de cela, en février 1953, Mao Zedong a déclaré : « afin de nous opposer à l’agression impérialiste, nous devons construire une marine forte »[152]. Nous pouvons considérer aujourd’hui son souhait comme exaucé. Jamais dans l’Histoire la présence de la Chine ne s’est autant ressentie sur les mers du globe, au point d’inquiéter les autres puissances maritimes. En 2020, un rapport du département de la défense américain avance que la marine de la RPC est devenue la première au monde en termes de navires[153]. L’ancien chef d’état-major de la marine française a même laissé supposer l’hypothèse d’une confrontation avec la marine chinoise[154]. Qui aurait pu l’imaginer en voyant l’état archaïque des forces navales chinoises dans les années 1950 ?

Les propos que nous avons tenus rétrospectivement sur le développement de l’armée de l’air chinoise s’appliquent également ici. Parties de rien, les premières générations de marins, d’officiers et d’ingénieurs se sont en premier lieu « soviétisés ». Cependant, le refroidissement des rapports sino-soviétiques a vite orienté les Chinois sur le chemin de l’autonomie. Progressivement, ils se sont efforcés d’apprendre de l’étranger, de l’assimiler et de le reproduire. Conscients de la faiblesse de leur marine, ils se sont tâchés de restreindre les missions de leurs forces navales à la protection de leurs côtes.

L’insertion de la Chine dans la mondialisation et la réactivation des disputes territoriales ont rebattu les cartes de cette politique. Dans le même temps, les Chinois ont grandement profité des transferts de technologies et de savoir-faire doublement facilités par la mondialisation. Depuis le début du XXIe siècle, en raison de l’expansion des intérêts économiques du pays à l’étranger, de la dépendance de l’économie nationale à l’égard du commerce international et de l’affirmation des luttes de puissance, la Chine a accéléré la montée en puissance de sa marine.

Par la possession d’une marine de haute mer et de plusieurs groupes aéronavals, la Chine populaire sera ainsi pleinement en mesure de se projeter partout où elle considère ses intérêts et ses ressortissants menacés.

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Bibliographie

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Dagongbao 大公报, « Dàguó zhòng qì/diàncí tánshè hángmǔ fújiàn jiàn shǒu hǎi shì » 大国重器/电磁弹射航母 福建舰首海试 (« L’arme d’une grande puissance/le porte-avions à catapultes éléctromagnétiques – Premiers essais en mer du Fujian »), dans takungpao.com, Hong Kong, Hong Kong Ta Kung Wen Wei Media Group, 2024, [en ligne] https://www.takungpao.com/news/232108/2024/0502/967739.html (dernière consultation le 02/05/2024)

DU Bo 杜博, « 70 niánlái de rénmín hǎijūn wàijiāo: Lìchéng, jīngyàn hé zhǎnwàng » 70年来的人民海军外交:历程、经验和展望 (« La diplomatie navale de la marine populaire depuis 70 ans : histoire, expérience et perspectives »), dans Biānjiè yǔ hǎiyáng yánjiū 边界与海洋研究 (« Journal des études frontalières et maritimes »), n°2019/06, Wuhan, Wǔhàn dàxué, 2019, 128 p., pp. 61-77, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2020&filename=BJYH201906008&uniplatform=OVERSEA&v=ppGyCnUiSK5fQSBDf1pTi9A5_w_8w3nexqmm8be-zgmurmq4ndHFQutg3lo5bfWH (dernière consultation le 15/05/2024)

Centres d’études stratégiques de la Marine (CESM), Octobre 2020 : Capacités et stratégie navale chinoises, dans Centres d’études stratégiques de la Marine (CESM), Paris, Ministère des Armées, 2020, [en ligne] https://www.defense.gouv.fr/cesm/nos-publications/carto-du-mois/octobre-2020-capacites-strategie-navale-chinoises#:~:text=Il%20fait%20d%C3%A9sormais%20%C3%A9tat%20de,tonnage%20de%20la%20marine%20fran%C3%A7aise. (dernière consultation le 15/05/2024)

GAO Yang 高扬 et YANG Ke 杨克, « Qiǎn xī jíbùtí bǎozhàng jīdì jiànshè de zhànlüè jiàzhí » 浅析吉布提保障基地建设的战略价值 (« Une brève analyse de la valeur stratégique de la construction de la base de soutien de Djibouti»), dans Shíjiāzhuāng xuéyuàn xuébào 石家庄学院学报 (« Journal de l’Université de Shijiazhuang »), n°2018/02, Shijiazhuang, Shíjiāzhuāng xuéyuàn, 2018, 161 p., pp. 81-84, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2018&filename=SSZK201802015&uniplatform=OVERSEA&v=ewXvlDV3rR_aQlj68NHg9SjKk0yCL9TbirC1B6cqo1xU_fEPdl6bvuIkkgZWDDaQ (dernière consultation le 15/05/2024)

HE Huaikai 贺怀锴, « 1953—1956 nián rénmín hǎijūn de chūbù jiànshè yǔ fāzhǎn » 1953—1956年人民海军的初步建设与发展 (« La construction initiale et le développement de la Marine populaire de 1953 à 1956 »), dans Dāngdài zhōngguó shǐ yánjiū 当代中国史研究 (« Recherches sur l’histoire de la Chine contemporaine »), n°2020/03, Beijing, Dāngdài zhōngguó yánjiūsuǒ, 2020, 161 p., pp. 81-93, [en ligne ] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2020&filename=DZSY202003009&uniplatform=OVERSEA&v=JcbtLMruBXvAoSOxPUPk1G75rox0BdAocpwhwCx1yEQGNIAaFtIFdTwtdiVhHjtf (dernière consultation le 15/05/2024)

HE Huaikai 贺怀锴 et SUN Zexue 孙泽学, « Rénmín hǎijūn de chuàngjiàn yǔ diànjī » 人民海军的创建与奠基 (« La création et la fondation de la Marine populaire »), dans Dǎng de wénxiàn 党的文献 (« Littérature du parti communiste chinois »), n°2019/03, Beijing, Zhōnggòng zhōngyāng dǎng shǐ hé wénxiàn yán jiù yuàn; zhōngyāng dǎng’àn guǎn, 2019, 129 p., pp. 115-123, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2019&filename=DANG201903017&uniplatform=OVERSEA&v=VDLX04c3XYz7YDPHsH7Iu4e-lFUQwTyJ-ptJz0y26qMaXQdWWifgcXmc-SFg2QMb (dernière consultation le 15/05/2024)

HO David, « Brève histoire de la force aérienne de l’Armée populaire de libération » dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2024, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2024/04/18/breve-histoire-de-la-force-aerienne-de-larmee-populaire-de-liberation/ (dernière consultation le 15/05/2024)

HO David, « La dissuasion nucléaire de la République populaire de Chine » dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2024, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2024/02/08/la-dissuasion-nucleaire-de-la-republique-populaire-de-chine/ (dernière consultation le 15/05/2024)

HUANG Qi 黄祺, « Zhōngguó dì yī sōu guóchǎn hángmǔ xiàshuǐ » 中国第一艘国产航母下水 (« Le premier porte-avions chinois est mis à l’eau »), dans Zhōngguó jūnzhuǎnmín 国防科技工业 (« Industrie des sciences et technologies de la défense »), n°2023/05, Shanghai, Shànghǎi bào yè jítuán, 2023, 79 p., pp. 54-55, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLASN2023&filename=XMZK202315002&uniplatform=OVERSEA&v=zjQWmE21ND3rwZkppu0QcOxI-G2Po-EcIxFGkgFfi-kSE3tjKqODH1a0LCP3Yn7m (dernière consultation le 15/05/2024)

JIA Benjia 贾本甲 et LIU Lijiao 刘丽娇贾, « “Quánmiàn jiànchéng shìjiè yīliú hǎijūn” de lǐlùn luójí, lìshǐ luójí yǔ shíjiàn luójí »“全面建成世界一流海军”的理论逻辑、历史逻辑与实践逻辑 (« Logique théorique, historique et pratique de la « “construction globale d’une marine de rang mondial” »), dans Jūnshì lìshǐ 军事历史 (« Histoire militaire », n°2023/03, Beijing, Jūnduì zhèngzhì gōngzuò yánjiùyuàn, 2023, 91 p., pp. 6-8, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2023&filename=JSLS202303002&uniplatform=OVERSEA&v=na4vfLYdnjQtQMylwK8GqmxfaDZuBfq2uHsXeXHdgv7N4ZvUTWDMDJ-NM2n0RPxv (dernière consultation le 15/05/2024)

JI Haitao 纪海涛, « Rénmín hǎijūn zhuāngbèi jiànshè fāzhǎn de lìshǐ huígù jí jīngyàn qǐshì » 人民海军装备建设发展的历史回顾及经验启示 (« Examen historique du développement de la construction d’équipements pour la marine populaire et leçons tirées de l’expérience»), dans Jūnshì lìshǐ 军事历史 (« Histoire militaire »), n°2014/01, Beijing, Jūnduì zhèngzhì gōngzuò yánjiùyuàn, 2014, 77 p., pp. 24-26, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFD2014&filename=JSLS201401008&uniplatform=OVERSEA&v=xtBZd3vvyFuIfEBW_bT-H9oQUX9M2gGd7Tygecxmv21y60HgsS97pXg-MaG-NyNO (dernière consultation le 15/05/2024)

JIANG Wei 姜炜 et LI Jie 李杰, « Hǎishàng qiáng jūn zhī lù——rénmín hǎijūn 60 nián jiànshè yǔ fāzhǎn » 海上强军之路——人民海军60年建设与发展 (« La route vers une marine forte – 60 ans de construction et de développement de la marine populaire»), dans Jūnshì lìshǐ 军事历史 (« Histoire militaire »), n°2009/03, Beijing, Jūnduì zhèngzhì gōngzuò yánjiùyuàn, 2009, 77 p., pp. 27-30, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFD2009&filename=JSLS200903007&uniplatform=OVERSEA&v=gRLa_A3WlyXpYuD_EOUsgqDWEsOwCbRT6mvLGF3dr9hWnS4jgOp5Mq8-jUVvqSNK (dernière consultation le 15/05/2024)

JULIENNE Marc, « Les intérêts chinois en mer de Chine méridionale », dans Areion24.news, Aix-en-Provence, Areion group, 2017, [en ligne] https://www.areion24.news/2017/01/24/interets-chinois-mer-de-chine-meridionale/ (dernière consultation le 20/05/2024)

SHI Chunlin 史春林, « Zhōngguó zài nánhǎi dǎo jiāo jiànshè sōujiù jīdì wèntí yánjiū » 中国在南海岛礁建设搜救基地问题研究 (« Étude sur la construction par la Chine de bases de recherche et de sauvetage dans les îles et récifs de la mer de Chine méridionale »), dans Tàipíngyáng xuébào 太平洋学报 (« Journal du Pacifique »), n°2017/06, Beijing, Zhōngguó tàipíngyáng xuéhuì, 2017, 105 p., pp. 78-87, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2017&filename=TPYX201706007&uniplatform=OVERSEA&v=XwaP2oRRdcxZuMEyGCr7RQsDjNM00_gEFKba5ihMhS4sQIHBSDY3A8z_qIusPEL6 (dernière consultation le 20/05/2024)

YIN Zhaolu 殷昭鲁 et ZHOU Yulan 周于兰, « Xīn zhōngguó chénglì yǐlái zhōngguó hǎijūn zhànlüè zhuǎnxíng yánjiū » 新中国成立以来中国海军战略转型研究 (« Étude sur la transformation stratégique de la marine chinoise depuis la fondation de la Chine nouvelle »), dans Lǐlùn guānchá 理论观察 (« Observation théorique »), n°2021/07, Qiqihar, Qíqíhā’ěr shì shèhuì kēxué jiè liánhé huì, 2021, 176 p., pp. 66-70, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2021&filename=LLGC202107018&uniplatform=OVERSEA&v=9zFHHkVeQiLPl-f_35WT5kzXN2ayZKHxLeKdax4EXWRRgWxpabuHcljbFIfUUN6a (dernière consultation le 15/05/2024)

YUAN Shan 远山, « Rénmín hǎijūn de wǔqì zhuāngbèi jiànshè » 人民海军的武器装备建设 (« La construction de l’armement et de l’équipement de la marine populaire »), dans Zhōngguó jūnzhuǎnmín 中国军转民 (« Conversion de l’industrie de la défense en Chine »), n°2021/19, Beijing, Zhōngguó hépíng lìyòng jūngōng jìshù xiéhuì, 2021, 70 p., pp. 65-70, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2021&filename=ZJZM202119035&uniplatform=OVERSEA&v=QufbhQ_dKZvSFkTsNpmkntJffTpKFzzItNiKr-2WTLp3SPj-QpgQpweQDjlU9rVE (dernière consultation le 15/05/2024)

WANG Jiajia 王甲甲, « Zhōngguó hǎijūn “zhǎngzǐ” de chéngzhǎng zhī lù——rénmín hǎijūn gè xíng qiántǐng de fǎ zhǎn » 中国海军“长子”的成长之路——人民海军各型潜艇的发展 (« Le chemin de croissance du « fils aîné » de la marine chinoise – le développement de divers types de sous-marins de la marine populaire »), dans jfdaily.com, Shanghai, Shangguan, 2019, [en ligne] https://www.jfdaily.com/news/detail?id=146149 (dernière consultation le 15/05/2024)

ZHANG Yilong 张亦隆, « Quánmiàn tíshēng de sān dà jiàn——kàn zhòng guó xīnrù yì de sān sōu xīnxíng zuòzhàn jiàntǐng » 全面提升的三大舰——看中国新入役的三艘新型作战舰艇 (« Trois navires de guerre pleinement améliorés – Aperçu des trois nouveaux navires de combat récemment mis en service par la Chine »), dans Zhōngguó jūnzhuǎnmín 国防科技工业 (« Industrie des sciences et technologies de la défense »), n°2021/05, Beijing, Guójiā guófáng kējì gōngyè jú xīnwén xuānchuán zhōngxīn, 2021, 90 p., pp. 24-26, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2021&filename=ZGBG202105012&uniplatform=OVERSEA&v=Ca1EzkcEHMah5ikqLuvUmDpOTVkUZjhut7Ti34JmTVe-Kw8_OfxGBf-AqvJkoPtD (dernière consultation le 15/05/2024)

ZHENG Guoxiong 郑国祥, « Tāo hǎi zhōngjiān: Guóchǎn 052D xíng dǎodàn qūzhújiàn » 滔海中坚:国产052D型导弹驱逐舰 (« L’épine dorsale de la mer : le destroyer à missiles guidés national de type 052D»), dans Zhīshì jiùshì lìliàng 知识就是力量 (« Industrie des sciences et technologies de la défense »), n°2023/07, Beijing, Zhōngguó kēxué jìshù chūbǎn shè yǒuxiàn gōngsī, 2023, 98 p., pp. 52-55, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLASN2023&filename=ZSLL202307022&uniplatform=OVERSEA&v=6YDYQuGg0mvtoWgbLObdHtxXX-P-O7FiQJWB9s2IqUnaVrC23iwrTml2iWvZq5l8 (dernière consultation le 15/05/2024)


[1] HO David, « Brève histoire de la force aérienne de l’Armée populaire de libération », dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2024, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2024/04/18/breve-histoire-de-la-force-aerienne-de-larmee-populaire-de-liberation/ (dernière consultation le 15/05/2024)

[2] Ibid.

[3] Si nous suivons la transcription pinyin, nous devrions plutôt utiliser l’acronyme GMD (Guómíndǎng 国民党). Cependant, l’acronyme KMT (pour Kuomintang) est bien plus communément utilisé.

[4] HE Huaikai 贺怀锴 et SUN Zexue 孙泽学, « Rénmín hǎijūn de chuàngjiàn yǔ diànjī » 人民海军的创建与奠基 (« La création et la fondation de la Marine populaire »), dans Dǎng de wénxiàn 党的文献 (« Littérature du parti communiste chinois »), n°2019/03, Beijing, Zhōnggòng zhōngyāng dǎng shǐ hé wénxiàn yán jiù yuàn; zhōngyāng dǎng’àn guǎn, 2019, 129 p., p. 116, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2019&filename=DANG201903017&uniplatform=OVERSEA&v=VDLX04c3XYz7YDPHsH7Iu4e-lFUQwTyJ-ptJz0y26qMaXQdWWifgcXmc-SFg2QMb (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[5] Ibid., p. 116

[6] Ibid., pp. 116-117

[7] Ibid., p. 116

[8] Ibid., p. 119

[9] Ibid., p. 119

[10] Ibid., p. 118

[11] Ibid., pp. 118-119

[12] Ibid., p. 117

[13] Ibid., pp. 117-118

[14] Ibid., p. 118

[15] Ibid., p. 119

[16] Ibid., p. 119

[17] YUAN Shan 远山, « Rénmín hǎijūn de wǔqì zhuāngbèi jiànshè » 人民海军的武器装备建设 (« La construction de l’armement et de l’équipement de la marine populaire »), dans Zhōngguó jūnzhuǎnmín 中国军转民 (« Conversion de l’industrie de la défense en Chine »), n°2021/19, Beijing, Zhōngguó hépíng lìyòng jūngōng jìshù xiéhuì, 2021, 70 p., p. 65, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2021&filename=ZJZM202119035&uniplatform=OVERSEA&v=QufbhQ_dKZvSFkTsNpmkntJffTpKFzzItNiKr-2WTLp3SPj-QpgQpweQDjlU9rVE (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[18] Ibid., p. 65

[19] HE Huaikai et SUN Zexue, art. cit., pp. 119-120

[20] Ibid., pp. 119-121

[21] Ibid., p. 121

[22] Ibid., p. 121

[23] Ibid., p. 121

[24] Ibid., p. 123

[25] Ibid., p. 123

[26] YUAN Shan, art. cit., p. 66

[27] Ibid., p. 66

[28] HE Huaikai et SUN Zexue, art. cit., p. 123

[29] Ibid., p. 123

[30] YUAN Shan, art. cit., p. 66

[31] HE Huaikai et SUN Zexue, art. cit., p. 122

[32] Ibid., p. 123

[33] Ibid., p. 123

[34] HE Huaikai 贺怀锴, « 1953—1956 nián rénmín hǎijūn de chūbù jiànshè yǔ fāzhǎn » 1953—1956年人民海军的初步建设与发展 (« La construction initiale et le développement de la Marine populaire de 1953 à 1956 »), dans Dāngdài zhōngguó shǐ yánjiū 当代中国史研究 (« Recherches sur l’histoire de la Chine contemporaine »), n°2020/03, Beijing, Dāngdài zhōngguó yánjiūsuǒ, 2020, 161 p., p. 84, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2020&filename=DZSY202003009&uniplatform=OVERSEA&v=JcbtLMruBXvAoSOxPUPk1G75rox0BdAocpwhwCx1yEQGNIAaFtIFdTwtdiVhHjtf (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[35] En chinois : « Guānyú gōngyìng hǎijūn zhuāngbèi jí jūnjiàn zhìzào fāngmiàn duì zhōngguó jǐyǔ jìshù yuánzhù yuánzhù de diàodù » (《关于供应海军装备及在军舰制造方面对中国给予技术援助的协定》)

[36] Ibid., p. 84

[37] Ibid., p. 84

[38] WANG Jiajia 王甲甲, « Zhōngguó hǎijūn “zhǎngzǐ” de chéngzhǎng zhī lù——rénmín hǎijūn gè xíng qiántǐng de fǎ zhǎn » 中国海军“长子”的成长之路——人民海军各型潜艇的发展 (« Le chemin de croissance du « fils aîné » de la marine chinoise – le développement de divers types de sous-marins de la marine populaire »), dans jfdaily.com, Shanghai, Shangguan, 2019, [en ligne] https://www.jfdaily.com/news/detail?id=146149 (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[39] Ibid.

[40] Selon la nomenclature OTAN c’est la classe Charlie. Pour la nomenclature soviétique, c’est le projet 670. Visiblement, il y aurait une erreur dans la source que nous citons qui évoque la réception de deux sous-marins soviétiques de classe M. La classe M fait référence à une classe de sous-marins nucléaires d’attaque soviétique qui n’existe pas encore en 1954. En consultant d’autres sources, nous pensons qu’il s’agit plutôt ici de sous-marins de classe C.

[41] YUAN Shan, art. cit., p. 65

[42] Ibid., p. 65

[43] HE Huaikai, art. cit., p. 85

[44] Ibid., p. 85

[45] Ibid., p. 85

[46] Le sous-marin soviétique dont est copié le modèle chinois, correspond à la classe Whiskey selon la nomenclature OTAN. Pour la nomenclature soviétique, c’est le projet 613.

[47] WANG Jiajia, art. cit.

[48] HE Huaikai, art. cit., p. 87

[49] Ibid., p. 88

[50] Ibid., p. 88

[51] Ibid., p. 89

[52] Ibid., pp. 91-92

[53] Ibid., p. 92

[54] Ibid., p. 85

[55] Ibid., p. 86

[56] La première unité d’artillerie côtière est créée en août 1950.

[57] Ibid., p. 86

[58] Ibid., p. 86

[59] Ibid., p. 93

[60] Ibid., p. 83

[61] Ibid., p. 83

[62] HE Huaikai, art. cit., p. 90

[63] Ibid., p. 90

[64] JIANG Wei 姜炜 et LI Jie 李杰, « Hǎishàng qiáng jūn zhī lù——rénmín hǎijūn 60 nián jiànshè yǔ fāzhǎn » 海上强军之路——人民海军60年建设与发展 (« La route vers une marine forte – 60 ans de construction et de développement de la marine populaire»), dans Jūnshì lìshǐ 军事历史 (« Histoire militaire »), n°2009/03, Beijing, Jūnduì zhèngzhì gōngzuò yánjiùyuàn, 2009, 77 p., p. 29, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFD2009&filename=JSLS200903007&uniplatform=OVERSEA&v=gRLa_A3WlyXpYuD_EOUsgqDWEsOwCbRT6mvLGF3dr9hWnS4jgOp5Mq8-jUVvqSNK (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[65] Ibid., p. 90

[66] Ibid., p. 91

[67] YIN Zhaolu 殷昭鲁 et ZHOU Yulan 周于兰, « Xīn zhōngguó chénglì yǐlái zhōngguó hǎijūn zhànlüè zhuǎnxíng yánjiū » 新中国成立以来中国海军战略转型研究 (« Étude sur la transformation stratégique de la marine chinoise depuis la fondation de la Chine nouvelle »), dans Lǐlùn guānchá 理论观察 (« Observation théorique »), n°2021/07, Qiqihar, Qíqíhā’ěr shì shèhuì kēxué jiè liánhé huì, 2021, 176 p., p, 67 [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2021&filename=LLGC202107018&uniplatform=OVERSEA&v=9zFHHkVeQiLPl-f_35WT5kzXN2ayZKHxLeKdax4EXWRRgWxpabuHcljbFIfUUN6a (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[68] Ibid., p. 67

[69] Ibid., p. 67

[70] Ibid., p. 67

[71] JIANG Wei et LI Jie, art. cit., p. 29

[72] Ibid., p. 29

[73] Ibid., p. 29

[74] Ibid., p. 29

[75] Il s’agit d’une copie de la frégate soviétique de classe Riga.

[76] Ibid., p. 29

[77] JI Haitao 纪海涛, « Rénmín hǎijūn zhuāngbèi jiànshè fāzhǎn de lìshǐ huígù jí jīngyàn qǐshì » 人民海军装备建设发展的历史回顾及经验启示 (« Examen historique du développement de la construction d’équipements pour la marine populaire et leçons tirées de l’expérience»), dans Jūnshì lìshǐ 军事历史 (« Histoire militaire »), n°2014/01, Beijing, Jūnduì zhèngzhì gōngzuò yánjiùyuàn, 2014, 77 p., p. 24, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFD2014&filename=JSLS201401008&uniplatform=OVERSEA&v=xtBZd3vvyFuIfEBW_bT-H9oQUX9M2gGd7Tygecxmv21y60HgsS97pXg-MaG-NyNO (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[78] JIANG Wei et LI Jie, art. cit., p. 29

[79] Ibid., p. 29

[80] Ibid., p. 29

[81] WANG Jiajia, art. cit.

[82] La principale différence entre ces versions réside dans la présence ou non d’un canon à la surface du submersible. La version I et IV ont un canon situé après la plateforme de commandement. La version II a un canon situé à l’avant et à l’arrière de la plateforme de commandement. La version III et V n’ont pas de canon.

[83] Un nœud est l’équivalent de 1,85 km/h.

[84] Ibid.

[85] Ibid.

[86] HO David, « La dissuasion nucléaire de la République populaire de Chine » dans La Revue d’Histoire Militaire, Les Lilas, La Revue d’Histoire Militaire, 2024, [en ligne] https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2024/02/08/la-dissuasion-nucleaire-de-la-republique-populaire-de-chine/ (dernière consultation le 15/05/2024)

[87] JIANG Wei et LI Jie, art. cit., p. 29

[88] YIN Zhaolu et ZHOU Yulan, art. cit., p. 68

[89] Ibid. p. 68

[90] Ibid. p. 68

[91] Ibid. p. 68

[92] Ibid. p. 68

[93] Ibid. p. 68 (traduction personnelle)

[94] Ibid. p. 68

[95] JIA Benjia 贾本甲 et LIU Lijiao 刘丽娇贾, « “Quánmiàn jiànchéng shìjiè yīliú hǎijūn” de lǐlùn luójí, lìshǐ luójí yǔ shíjiàn luójí »“全面建成世界一流海军”的理论逻辑、历史逻辑与实践逻辑 (« Logique théorique, historique et pratique de la « “construction globale d’une marine de rang mondial” »), dans Jūnshì lìshǐ 军事历史 (« Histoire militaire », n°2023/03, Beijing, Jūnduì zhèngzhì gōngzuò yánjiùyuàn, 2023, 91 p., p. 6, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2023&filename=JSLS202303002&uniplatform=OVERSEA&v=na4vfLYdnjQtQMylwK8GqmxfaDZuBfq2uHsXeXHdgv7N4ZvUTWDMDJ-NM2n0RPxv (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[96] Ibid. p. 6

[97] YIN Zhaolu et ZHOU Yulan, art. cit., p. 67

[98] JI Haitao, art. cit., p. 26

[99] WANG Jiajia, art. cit.

[100] JIA Benjia et LIU Lijia, art. cit., p. 6 (traduction personnelle)

[101] YIN Zhaolu et ZHOU Yulan, art. cit., p. 70 (traduction personnelle)

[102] DU Bo, art. cit., p. 68

[103] Ibid., p. 68

[104] Ibid., p. 71

[105] Selon une définition fréquemment rencontrée, l’espace exo-atmosphérique se caractérise par une raréfaction de l’air qui n’a plus d’influence sur les mouvements des corps et la propagation des ondes électromagnétiques. Il est le milieu où orbitent les satellites. Il n’y a pas de consensus sur l’altitude à partir de laquelle nous entrons dans l’espace exo-atmosphérique. L’espace exo-atmosphérique recèle d’importants enjeux stratégiques, militaires et commerciaux.

[106] YIN Zhaolu et ZHOU Yulan, art. cit., p. 69

[107] Ibid., p. 69 (traduction personnelle)

[108] JIA Benjia et LIU Lijia, art. cit., p. 6

[109] Ibid., p. 7 (traduction personnelle)

[110] Ibid., p. 7

[111] Ibid., p. 7

[112] Ibid., p. 7

[113] Ibid., p. 8

[114] ZHENG Guoxiong 郑国祥, « Tāo hǎi zhōngjiān: Guóchǎn 052D xíng dǎodàn qūzhújiàn » 滔海中坚:国产052D型导弹驱逐舰 (« L’épine dorsale de la mer : le destroyer à missiles guidés national de type 052D»), dans Zhīshì jiùshì lìliàng 知识就是力量 (« Industrie des sciences et technologies de la défense »), n°2023/07, Beijing, Zhōngguó kēxué jìshù chūbǎn shè yǒuxiàn gōngsī, 2023, 98 p., pp. 52-55, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLASN2023&filename=ZSLL202307022&uniplatform=OVERSEA&v=6YDYQuGg0mvtoWgbLObdHtxXX-P-O7FiQJWB9s2IqUnaVrC23iwrTml2iWvZq5l8 (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[115] ZHANG Yilong 张亦隆, « Quánmiàn tíshēng de sān dà jiàn——kàn zhòng guó xīnrù yì de sān sōu xīnxíng zuòzhàn jiàntǐng » 全面提升的三大舰——看中国新入役的三艘新型作战舰艇 (« Trois navires de guerre pleinement améliorés – Aperçu des trois nouveaux navires de combat récemment mis en service par la Chine »), dans Zhōngguó jūnzhuǎnmín 国防科技工业 (« Industrie des sciences et technologies de la défense »), n°2021/05, Beijing, Guójiā guófáng kējì gōngyè jú xīnwén xuānchuán zhōngxīn, 2021, 90 p., p. 24, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2021&filename=ZGBG202105012&uniplatform=OVERSEA&v=Ca1EzkcEHMah5ikqLuvUmDpOTVkUZjhut7Ti34JmTVe-Kw8_OfxGBf-AqvJkoPtD (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[116] Ibid., p. 25

[117] WANG Jiajia, art. cit.

[118] Le système de propulsion anaérobie permet à un sous-marin de ne pas avoir à utiliser l’air extérieur Il peut rester plus longtemps en plongée, sans avoir à remonter à la surface. Ses risques de détection sont donc diminués.

[119] HUANG Qi 黄祺, « Zhōngguó dì yī sōu guóchǎn hángmǔ xiàshuǐ » 中国第一艘国产航母下水 (« Le premier porte-avions chinois est mis à l’eau »), dans Zhōngguó jūnzhuǎnmín 国防科技工业 (« Industrie des sciences et technologies de la défense »), n°2023/05, Shanghai, Shànghǎi bào yè jítuán, 2023, 79 p., p. 54, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLASN2023&filename=XMZK202315002&uniplatform=OVERSEA&v=zjQWmE21ND3rwZkppu0QcOxI-G2Po-EcIxFGkgFfi-kSE3tjKqODH1a0LCP3Yn7m (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[120] Ibid., pp. 54-55

[121] Dagongbao 大公报, « Dàguó zhòng qì/diàncí tánshè hángmǔ fújiàn jiàn shǒu hǎi shì » 大国重器/电磁弹射航母 福建舰首海试 (« L’arme d’une grande puissance/le porte-avions à catapultes éléctromagnétiques – Premiers essais en mer du Fujian »), dans takungpao.com, Hong Kong, Hong Kong Ta Kung Wen Wei Media Group, 2024, [en ligne] https://www.takungpao.com/news/232108/2024/0502/967739.html (dernière consultation le 02/05/2024) (traduction personnelle)

[122] DU Bo 杜博, « 70 niánlái de rénmín hǎijūn wàijiāo: Lìchéng, jīngyàn hé zhǎnwàng » 70年来的人民海军外交:历程、经验和展望 (« La diplomatie navale de la marine populaire depuis 70 ans : histoire, expérience et perspectives »), dans Biānjiè yǔ hǎiyáng yánjiū 边界与海洋研究 (« Journal des études frontalières et maritimes »), n°2019/06, Wuhan, Wǔhàn dàxué, 2019, 128 p., pp. 62-63, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2020&filename=BJYH201906008&uniplatform=OVERSEA&v=ppGyCnUiSK5fQSBDf1pTi9A5_w_8w3nexqmm8be-zgmurmq4ndHFQutg3lo5bfWH (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[123] Ibid., p. 64

[124] Ibid., p. 65

[125] Ibid., pp. 66-67

[126] Ibid., p. 76

[127] Ibid., pp. 66-67

[128] Ibid., pp. 65-66

[129] Ibid., p. 67

[130] Ibid., p. 67

[131] Ibid., p. 67

[132] Ibid., p. 67

[133] Ibid., p. 68

[134] Association des Nations d’Asie du Sud-Est

[135] Ibid., p. 68

[136] Ibid., p. 73

[137] IFRI est l’abréviation de l’Institut Français des Relations Internationales.

[138] JULIENNE Marc, « Les intérêts chinois en mer de Chine méridionale », dans Areion24.news, Aix-en-Provence, Areion group, 2017, [en ligne] https://www.areion24.news/2017/01/24/interets-chinois-mer-de-chine-meridionale/ (dernière consultation le 20/05/2024)

[139] SHI Chunlin 史春林, « Zhōngguó zài nánhǎi dǎo jiāo jiànshè sōujiù jīdì wèntí yánjiū » 中国在南海岛礁建设搜救基地问题研究 (« Étude sur la construction par la Chine de bases de recherche et de sauvetage dans les îles et récifs de la mer de Chine méridionale »), dans Tàipíngyáng xuébào 太平洋学报 (« Journal du Pacifique »), n°2017/06, Beijing, Zhōngguó tàipíngyáng xuéhuì, 2017, 105 p., pp. 78-80, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2017&filename=TPYX201706007&uniplatform=OVERSEA&v=XwaP2oRRdcxZuMEyGCr7RQsDjNM00_gEFKba5ihMhS4sQIHBSDY3A8z_qIusPEL6 (dernière consultation le 20/05/2024) (traduction personnelle)

[140] Ibid., p. 80

[141] Ibid., p. 87

[142] Ibid., p. 80

[143] Ibid., pp. 68-69

[144] Ibid., p. 68

[145] Ibid., p. 72

[146] Ibid., p. 72

[147] GAO Yang 高扬 et YANG Ke 杨克, « Qiǎn xī jíbùtí bǎozhàng jīdì jiànshè de zhànlüè jiàzhí » 浅析吉布提保障基地建设的战略价值 (« Une brève analyse de la valeur stratégique de la construction de la base de soutien de Djibouti»), dans Shíjiāzhuāng xuéyuàn xuébào 石家庄学院学报 (« Journal de l’Université de Shijiazhuang »), n°2018/02, Shijiazhuang, Shíjiāzhuāng xuéyuàn, 2018, 161 p., pp. 81-82, [en ligne] https://chn.oversea.cnki.net/KCMS/detail/detail.aspx?dbcode=CJFD&dbname=CJFDLAST2018&filename=SSZK201802015&uniplatform=OVERSEA&v=ewXvlDV3rR_aQlj68NHg9SjKk0yCL9TbirC1B6cqo1xU_fEPdl6bvuIkkgZWDDaQ (dernière consultation le 15/05/2024) (traduction personnelle)

[148] Ibid., p. 81

[149] Ibid., p. 82

[150] Ibid., pp. 82-83

[151] Ibid., p. 84

[152] YIN Zhaolu et ZHOU Yulan, art. cit., p. 66 (traduction personnelle)

[153] Centres d’études stratégiques de la Marine (CESM), Octobre 2020 : Capacités et stratégie navale chinoises, dans Centres d’études stratégiques de la Marine (CESM), Paris, Ministère des Armées, 2020, [en ligne] https://www.defense.gouv.fr/cesm/nos-publications/carto-du-mois/octobre-2020-capacites-strategie-navale-chinoises#:~:text=Il%20fait%20d%C3%A9sormais%20%C3%A9tat%20de,tonnage%20de%20la%20marine%20fran%C3%A7aise. (dernière consultation le 15/05/2024)

[154] ALDEBERT, Mayeul, « “Contre la marine chinoise, nous gagnerons si nous nous battons ensemble », dans Le Figaro, Paris, Figaro SAS, 2022, [en ligne] https://www.lefigaro.fr/international/taiwan-contre-la-marine-chinoise-nous-gagnerons-si-nous-nous-battons-ensemble-affirme-l-amiral-vandier-20220811 (dernière consultation le 15/05/2024)

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